Les délégations appellent la République démocratique du Congo à accélérer le processus DDR et la réforme du secteur de la sécurité pour assurer sa stabilité

7 août 2014
CS/11513

Les délégations appellent la République démocratique du Congo à accélérer le processus DDR et la réforme du secteur de la sécurité pour assurer sa stabilité

07/08/2014
Conseil de sécurité
CS/11513
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Conseil de sécurité                                          

7237eséance – matin                                         


LES DÉLÉGATIONS APPELLENT LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO À ACCÉLÉRER LE PROCESSUS DDR

ET LA RÉFORME DU SECTEUR DE LA SÉCURITÉ POUR ASSURER SA STABILITÉ


« Les FDLR disposent d’un dernier délai de six mois

à compter du 2 juillet 2014 pour déposer les armes », insiste M. Martin Kobler


Malgré les progrès réalisés depuis la défaite du M23 qui avait pris la ville de Goma en novembre 2012 et l’affaiblissement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), la plupart des délégations intervenues ce matin, au Conseil de sécurité, se sont inquiétées des lenteurs du processus de désarmement des FDLR et de la réforme du secteur de la sécurité en République démocratique du Congo (RDC).  Depuis le récent ultimatum, seulement 250 membres des FDLR sur les 1 400 à 1 500 encore en activité se sont rendus, alors que la démobilisation des combattants du M23 reste incomplète, a fait observer le Ministre des affaires étrangères de la RDC.


La plupart des intervenants ont estimé que seule la mise en œuvre des réformes structurelles énoncées dans l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, qui avait été signé le 24 février 2013, permettra de garantir une paix et une stabilité durables en République démocratique du Congo.  C’est pourquoi, ont-ils souligné, il est important d’axer les efforts sur la réforme du secteur de la sécurité -dans la police mais aussi dans l’armée-, la bonne gouvernance, la décentralisation, le secteur judiciaire et l’administration territoriale.


Réagissant à ces inquiétudes, le Ministre des affaires étrangères de la RDC, M. Raymond Tshibanda N’Tungamulongo, a assuré que son pays avait entrepris des efforts remarquables dans la normalisation de l’ordre politique interne et la mise en œuvre des réformes institutionnelles nécessaires.  Concernant le secteur de la sécurité, il a mis l’accent sur la constitution en cours de la Force de réaction rapide, la restructuration de la police –dont l’expérimentation du concept de police de proximité– et l’adoption du plan désarmement, démobilisation et réintégration III en décembre 2013.


Présentant le dernier rapport* du Secrétaire général sur la situation en RDC, le Représentant spécial et Chef de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), M. Martin Kobler, a exhorté les FDLR à saisir cette dernière chance de démobilisation dans le délai de six mois à compter du 2 juillet 2014, comme l’ont demandé la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).  L’ensemble des délégations a appelé à garder l’option de la force au cas où les FDLR ne désarmeraient pas dans les délais impartis.  Si les FDLR démobilisés ne veullent pas rentrer chez eux, a souligné le Ministre des affaires étrangères de la RDC, il est indispensable qu’ils trouvent refuge dans un pays lointain d’où ils ne pourraient pas être considérés comme une menace pour le Rwanda, ce qui « cessera de servir de prétexte aux activités de déstabilisation de ce pays en RDC ».


Les 10 000 anciens FDLR sont rentrés au Rwanda depuis 10 ans grâce uniquement à des pressions militaires et politiques crédibles, a soutenu, pour sa part, le représentant du Rwanda.  Au-delà du nombre de redditions signalées ce matin par M. Kobler, il a jugé nécessaire d’établir des statistiques sur les recrutements effectués et les atrocités commises par les FDLR depuis 2002 pour mieux comprendre le caractère pressant du problème.


Le Ministre des affaires étrangères de l’Ouganda, M. Oryem Okello, a regretté les allégations infondées du Groupe d’experts sur la RDC selon lesquelles les membres du M23 se déplaçaient en toute liberté en Ouganda.  Convaincu que le défi principal de la région demeurait l’absence de financement des projets de développement, il a appelé les partenaires au développement et la communauté internationale à fournir un véritable soutien aux pays concernés pour leur permettre de mettre en place les infrastructures indispensables et établir des programmes de développement alternatifs.  Pour le Ministre de la défense de l’Angola, M. João Manuel Gonçalves Lourenço, la stabilité dans la région peut être restaurée si la communauté internationale s’engage fermement et si les signataires des accords conclus en assurent l’application.


Le succès des élections locales de 2015 et 2016 sera déterminant pour la stabilité de la RDC, ont assuré la majorité des intervenants.  À cet égard, M. Tshibanda N’Tungamulongo a précisé que le calendrier des élections municipales, urbaines et locales avait été publié le 26 mai 2014.


Il est essentiel, a estimé le représentant de la France, que ces élections se déroulent dans le respect des règles constitutionnelles et dans l’esprit de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, dont la RDC est signataire.  Le Gouvernement congolais, a-t-il demandé, doit établir une feuille de route crédible et légitime qui comporte un calendrier et un budget précis pour ces élections.


* S/2014/450


LA SITUATION CONCERNANT LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO


Rapport du Secrétaire général sur la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (S/2014/450)


Déclarations


M. MARTIN KOBLER, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), s’est félicité de l’évolution positive de la situation en RDC, « inimaginable il y a à peine un an ».  En août 2013, le M23 était aux portes de Goma, provoquant les souffrances et les déplacements de populations, a-t-il rappelé, en précisant qu’en même temps, les activités des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans l’est du pays s’étaient intensifiées.  Aujourd’hui, 4 000 combattants appartenant à différents groupes congolais se sont rendus et 500 000 personnes déplacées ont pu regagner leur foyer, s’est-il félicité.


M. Kobler a salué les efforts déployés par le Gouvernement de la RDC pour mettre en œuvre les engagements pris à Nairobi, en promulguant une loi d’amnistie dont pouvaient bénéficier les combattants du M23 qui se trouvaient en Ouganda et au Rwanda.  La mise en œuvre de la Déclaration de Nairobi, a-t-il regretté, demeure cependant très lente.  Il est important que la RDC et le Rwanda renforcent leur coopération en faveur de la paix dans la région, a insisté le Représentant spécial, qui a mis en garde contre le danger que représentent des frontières mal définies.


Si la situation en matière de sécurité s’est considérablement améliorée, elle n’en demeure pas moins fragile, a-t-il prévenu.  Malgré l’existence d’un mécanisme d’alerte précoce, la réaction est encore trop lente, comme en témoigne le massacre de 33 personnes commis le 3 juin, à Mutarule, en dépit de la présence de la police et l’armée congolaises dans cette zone et de la proximité de la base de la MONUSCO.  L’inaction ne doit pas restée impunie, a-t-il souligné.  M. Kobler a assuré que depuis cet incident, le Commandant de la Force et lui-même avaient enjoint les équipes civiles et militaires de la MONUSCO à agir et à ne pas poser de questions lorsque des vies humaines sont en danger.


Selon les estimations, 1 500 membres des FDLR seulement se trouvent encore dans le pays, a fait remarquer M. Kobler, qui a estimé que le moment était venu pour qu’ils regagnent le Rwanda.  Le Gouvernement de la RDC a établi deux camps, le 27 mai, dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu pour faciliter le regroupement des combattants des FDLR et procéder à leur désarmement dans un délai de 22 jours, a-t-il indiqué.  Cependant, la prorogation de cette période pour six mois, le 2 juillet, avait été interprétée par les FDLR comme un appel pour freiner le processus.  Depuis cette date, a déploré M. Kobler, aucun mouvement n’a été signalé en direction du camp de Kisangani, et les dirigeants des FDLR refusent de donner l’ordre de transférer les groupes qui se trouvent dans les camps préliminaires, faisant ainsi obstacle aux efforts de désarmement.  Ceci montre clairement un manque de coopération et nous faisons maintenant marche arrière, a regretté le Représentant spécial.


Le consensus demeure entre la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) au sujet du maintien de l’option militaire au cas où le processus serait encore immobilisé, a indiqué M. Kobler, qui a aussi proposé de lancer une action militaire contre les factions des FDLR qui refusent d’être désarmés.  Tout report du processus de désarmement risque de déboucher sur une escalade du conflit en raison du positionnement des FDLR dans certaines zones, a-t-il mis en garde.  La fin des FDLR sera un point tournant qui changera de manière fondamentale la situation sécuritaire dans l’est de la RDC.


M. Kobler a appelé les FDLR à faire avancer le processus, à désarmer et à mettre immédiatement terme aux violations des droits de l’homme.  Le Gouvernement de la RDC doit de son côté veiller à ce que toutes les parties impliquées s’accordent sur la marche à suivre.  Le Représentant spécial a aussi appelé les acteurs régionaux à utiliser l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération ainsi que les bons offices du Président angolais, qui préside la CIRGL, pour trouver des compromis idoines pour faire cesser les intérêts qui entrent en concurrence et provoquent l’instabilité que connaît la RDC depuis des décennies.  M. Kobler a aussi appelé la communauté internationale à offrir une « destination finale » aux anciens combattants qui ne peuvent ou ne veulent pas regagner le Rwanda.


Un dialogue inclusif est essentiel pour assurer la crédibilité du processus électoral, a souligné M. Kobler, qui a précisé que l’opposition doit pouvoir s’exprimer.  La MONUSCO suit la situation de près, notamment depuis l’arrestation d’un membre du Parlement.  M. Kobler a aussi insisté sur l’importance de la réforme du secteur de sécurité, en rappelant que c’est la condition nécessaire au retrait de la MONUSCO, avant de déplorer la lenteur des progrès réalisés à ce jour dans ce domaine.  Le Représentant spécial a par ailleurs annoncé que le transfert des activités de déminage au Service de la lutte antimines des Nations Unies (UNMAS/SLAM) n’avait pas reçu le financement nécessaire et devait donc être interrompu.


Mme MARY ROBINSON, Envoyée spéciale du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, s’est dite encouragée par les perspectives de la mise en place de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo malgré les difficultés rencontrées.  Elle a rappelé l’implication de son Bureau pour mettre en œuvre un plan d’action régional présentant des mesures prioritaires et un mécanisme de contrôle pour s’assurer que les États de la région des Grands Lacs respectent leurs engagements.  Elle a insisté sur l’importance du soutien de la communauté internationale à la mise en œuvre de l’Accord-cadre.  Elle a rappelé à tous les signataires de l’Accord-cadre qu’ils doivent honorer pleinement les engagements qu’ils ont pris au niveau régional. 


Mme Robinson a assuré qu’elle travaillait à mettre en place une plateforme visant à promouvoir la participation des femmes à la mise en œuvre de l’Accord-cadre.  L’Envoyée spéciale a également mis l’accent sur les initiatives de lutte contre le chômage des jeunes, en se disant convaincue que les ombres lugubres de la violence disparaîtront avec la croissance économique.  Une table ronde sur les investissements durables dans la région des Grands Lacs a été organisée par son Bureau, a-t-elle indiqué.  Avant de conclure, Mme Robinson a regretté le manque de progrès dans le processus de désarmement et de démobilisation des groupes armés et insisté sur l’urgence d’éliminer toutes les forces négatives dans la région.  


Même s’il y a eu des problèmes dans le processus de stabilisation de l’est de la République démocratique du Congo, le Ministre de la défense de l’Angola, M. JOÃO MANUEL GONÇALVES LOURENÇO, a estimé qu’il était important pour la communauté internationale et, en particulier pour les pays de la région, de parvenir à instaurer la stabilité.  Les pays de la région des Grands Lacs devraient bénéficier en priorité d’une aide humanitaire et d’une assistance technique qui les aideront à trouver une solution effective à leurs problèmes politiques et sociaux et à appuyer la mise en œuvre de leurs plans de développement à long terme.  


L’Angola, qui a assumé la présidence tournante de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, n’a épargné aucun effort pour rechercher des solutions durables au conflit dans l’est de la RDC et pour trouver un consensus concernant les crises en République centrafricaine et le Soudan du Sud, a assuré son Ministre de la défense.  Il a cependant regretté la lenteur du désarmement volontaire des membres des FDLR.  Toujours en cette qualité, l’Angola, a ajouté M. Gonçalves, a accueilli des sommets de chefs d’État et de gouvernement pour discuter des questions de paix et de sécurité sur le continent africain.


M. MARK SIMMONDS, Ministre britannique des affaires étrangères pour l’Afrique du Royaume-Uni, a fait observer qu’il y a un an, peu de personnes pouvaient imaginer les progrès réalisés à ce jour dans la région des Grands Lacs et que ces progrès avaient été possibles avec l’ensemble des pays de la région.  Aujourd’hui, nous pouvons imaginer la situation dans la région au cours des deux prochaines années lorsque les groupes armés ne représenteront plus une menace et la réduction des effectifs de la MONUSCO sera effective.  Pour que cet objectif se concrétise, a-t-il dit, il faudrait assurer la pleine mise en œuvre de la Déclaration de Kampala, en particulier le désarmement total des FDLR.  La Mission devrait être prête à utiliser la force si le processus de désarmement ne progresse pas suffisamment ou n’est pas crédible.  Les engagements pris par la communauté internationale doivent également être honorés.  M. Simmonds s’est inquiété de la lenteur et de la précarité des progrès réalisés à ce jour.  Il a aussi insisté sur la nécessité d’appuyer les efforts du Gouvernement de la République démocratique du Congo, les processus régionaux, ainsi que la transformation de la MONUSCO.


M. ALEXIS LAMEK (France) a qualifié de remarquable le chemin parcouru par la République démocratique du Congo en un peu plus de 18 mois.  Aujourd’hui le M23 est défait militairement et le Gouvernement congolais regagne une partie du contrôle de son territoire et les personnes déplacées commencent à retourner dans leurs villages.  Il a estimé que la présence de la MONUSCO devrait permettre de mettre un terme à la spirale de la violence que connaît la RDC.  Le M23 a été battu militairement mais il n’a pas disparu, a prévenu le représentant.  La démobilisation de ses combattants est incomplète et la perspective de sa réorganisation militaire est une menace importante.  Pour la délégation de la France, il faudrait impérativement veiller à ce que les parties signataires mettent en œuvre les dispositions des déclarations de Nairobi sur ce point.


Le représentant a par ailleurs estimé que la décision de la SADC et de la CIRGL de prolonger de six mois le processus de désarmement des FDLR, « pour lequel ils n’ont donné aucun signe tangible d’engagement sincère », n’est pas cohérente avec les tensions et les exactions dont les FDLR sont responsables depuis plus de 20 ans.  La pression doit rester maximale sur le leadership des FDLR pour qu’il s’engage de bonne foi et c’est pourquoi l’option militaire doit rester sur la table, a-t-il souligné.


Seule la mise en œuvre des réformes structurelles énoncées dans l’Accord-cadre d’Addis-Abeba permettra de garantir une paix et une stabilité durables en RDC, a souligné M. Lamek. Il a aussi affirmé que la bonne tenue du processus électoral était un aspect essentiel à la paix et à la stabilité.  La RDC a un rôle déterminant à jouer dans la mise en œuvre de ces réformes et la MONUSCO doit l’appuyer et l’accompagner, sans toutefois se substituer à elle, a-t-il déclaré avant de conclure.


Mme PHILIPPA JANE KING(Australie) a noté des signes de progrès avec, d’une part, la défaite du M23 et, d’autre part, l’affaiblissement des FDLR.  Elle s’est toutefois inquiétée des activités et exactions d’une kyrielle de groupes armés, comme en témoignent l’instabilité au Katanga ou le massacre de Mutarule.  La représentante a appelé à mettre fin une fois pour toutes à la menace que constituent les agissements des FDLR.  Elle a mis l’accent sur le succès des actions conjuguées de l’armée congolaise et de la brigade d’intervention qui, après la défaite du M23, a vu la reddition de 6 000 membres des groupes armés et le retour chez eux de 250 000 civils. 


Mme SAMANTHA POWER (États-Unis) a rappelé qu’il y a 18 mois, les chefs d’État s’étaient réunis pour la signature de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo.  Après les récents massacres, les États-Unis avaient appuyé la déclaration du Représentant spécial du Secrétaire général, M. Martin Kobler, sur la nécessité de passer d’une protection par la présence à une protection par l’action.  « Plus les militants du FDLR sont libres d’agir, plus le processus de paix est menacé », a-t-elle estimé, avant d’exhorter la RDC et la MONUSCO à appliquer une pression militaire robuste contre les FDLR qui refusent de participer au processus de désarmement.  Les élections ne garantissent pas à elles seules la démocratie, a-t-elle rappelé, en insistant sur l’importance d’une garantie de bonne gouvernance.  Elle a appelé les pays de la région se préparant à des élections à garantir les composantes d’une société libre. 


M. LIU JIEYI (Chine) s’est félicité de la stabilité croissante que connaît aujourd’hui la région des Grands Lacs.  Il a appelé la communauté internationale à œuvrer davantage pour promouvoir la notion de paix commune et le développement à long terme.  Elle devrait également encourager les pays concernés à privilégier le dialogue pour résoudre leurs différends et renforcer la confiance mutuelle.  Le développement de l’ensemble de la région est nécessaire, a-t-il souligné, en rappelant les nombreuses richesses que possède la région.  Le représentant a aussi insisté sur la nécessité de privilégier la coopération régionale.  La Chine accorde une attention particulière à la création d’un mécanisme de défense collective pour l’Afrique, a-t-il assuré.


M. MAHAMAT ZENE CHERIF (Tchad) s’est félicité de la présence de l’administration de l’État dans les provinces orientales de la République démocratique du Congo, preuve, a-t-il dit, du rétablissement de l’autorité de l’État.  Il a toutefois déploré la lenteur de la réforme du secteur de sécurité et a engagé le Gouvernement de la RDC à poursuivre le processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) afin d’assurer une paix et une sécurité durables dans le pays. Le représentant tchadien s’est inquiété de l’activisme de certains éléments de groupes armés qui alimentent l’insécurité dans l’est du pays. Le représentant a ensuite salué les efforts déployés par la RDC pour lutter contre l’impunité.  Avant de conclure, le représentant a appelé la communauté internationale  à appuyer la RDC pour l’aider à achever son processus de normalisation.


M. SAMER ANTON AYED NABER (Jordanie) s’est inquiété des menaces que les groupes armés continuent de faire peser sur les populations dans l’est de la RDC malgré les progrès d’ensemble observés en matière de stabilisation du pays.  Il a noté, néanmoins, l’amélioration de la situation des Forces armées congolaises.  La MONUSCO, a-t-il estimé, doit enquêter sur les violations commises à l’encontre des civils.  Le représentant jordanien a rappelé que l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo et la région demeurait essentiel.  Il a également souligné l’importance de la Stratégie internationale d’appui en matière de sécurité et de stabilisation.


M. OH JOON (République de Corée) a souligné qu’il était essentiel d’éliminer les menaces que constituent les groupes armés, en particulier les ADF et FDLR.  Il a estimé que la reddition récente des FDLR était un événement positif, en souhaitant que l’option militaire reste au cas où le processus de reddition ne pourra pas être finalisé dans les délais impartis.  Il est indispensable que les processus électoraux prévus en 2015 et 2016 soient appuyés par la MONUSCO et se tiennent dans les meilleures conditions, a recommandé le représentant.


Mme RAIMONDA MURMOKAITÉ (Lituanie) a souligné qu’il était important de maintenir l’élan de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la région des Grands Lacs.  Elle a salué les efforts déployés sur le plan régional, en particulier au moment où la République démocratique du Congo (RDC) s’apprête à engager un cycle électoral qui s’achèvera en 2016.  La représentante s’est dite très préoccupée par la crise humanitaire « entropique » que connaît actuellement le Katanga.  Il est urgent, a-t-elle insisté, que l’ensemble des combattants des FDLR soient désarmés.  Si ce processus de désarmement, démobilisation et réintégration n’aboutit pas, l’option militaire doit être envisagée, a-t-elle estimé.  La représentante a ensuite mis l’accent sur la nécessité de répondre aux causes sous-jacentes du conflit, en s’attaquant aux problèmes liés à la propriété foncière, à la gestion des terres et à l’exploitation des ressources naturelles.  La transparence du processus d’exploitation des ressources naturelles doit être assurée, a-t-elle souligné.  Mme Murmokaité s’est aussi inquiétée du nombre important de victimes de viols dans le pays et a demandé que les auteurs de ces actes soient traduits en justice.


M. CARLOS OLGUÍN CIGARROA (Chili) a estimé qu’il faudrait profiter de la défaite du M23 pour promouvoir le dialogue et la réconciliation en République démocratique du Congo.  Il a aussi insisté sur la nécessité de désarmer les membres des FDLR, de réaliser le processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) et de cesser le recrutement d’enfants parmi les forces armées.  Les efforts humanitaires doivent répondre aux besoins des femmes et des filles, en particulier ceux des victimes de violence sexuelles.  Le représentant a aussi insisté sur l’importance de lutter contre le trafic illicite de minerais qui permet de financer les groupes armés.  M. Cigarroa a par ailleurs regretté la manière dont les crimes commis à grande échelle à Minova avaient été traités par les institutions judiciaires du pays.


M. PETR V. ILIICHEV (Fédération de Russie) s’est félicité des progrès observés sur le terrain dans le contexte de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo.  Il s’est dit cependant préoccupé par les incidents armés du mois de juin à la frontière entre le Rwanda et la RDC et a appelé à recourir au régime conjoint de vérification prévu dans l’Accord-cadre dans de telles situations.  Tout aussi importante est l’amnistie pour les hommes armés qui ne sont pas rendus coupables de crimes graves, a-t-il dit.  Le représentant a ainsi salué le retour en Ouganda et au Rwanda de plusieurs centaines d’anciens combattants du M23.  Il a estimé qu’il faudrait exercer des pressions militaires au cas où les FDLR refusent de désarmer.  L’autorité de l’État dans les zones libérées et reprises aux rebelles doit, en revanche, être renforcée, a-t-il rappelé. 


M. EUGÈNE-RICHARD GASANA (Rwanda) a déclaré que la MONUSCO avait réalisé quelques progrès dans des domaines importants, comme la lutte contre les violations des droits de l’homme et le renforcement de l’état de droit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).


Il reste cependant beaucoup de travail à accomplir, a-t-il dit, en citant notamment la lenteur dans la réforme du secteur de la sécurité et l’impunité des crimes.  Le représentant a déclaré qu’il incombait au Gouvernement de la RDC de respecter les principes fondamentaux de responsabilité.  Il a regretté les faibles progrès réalisés pour neutraliser les FDLR qui sont présentes dans la région depuis 1994.  Plus de 10 000 anciens membres des FDLR sont retournés au Rwanda au cours de ces 10 dernières années, grâce, a-t-il rappelé, à des pressions militaires et politiques crédibles.  Au-delà des chiffres en matière de reddition depuis 2002 que M. Kobler a présentés ce matin, il est nécessaire, a estimé le représentant du Rwanda, d’établir des statistiques sur les recrutements effectués et atrocités commises par les FDLR depuis cette date pour mieux comprendre le caractère pressant du problème.  Il a fustigé les manœuvres de diversion des FDLR qui ne sont pas nouvelles, avant d’appeler à synchroniser les efforts régionaux et internationaux.


M. MARTIN SENKOM ADAMU (Nigéria) a insisté sur l’importance que revêt le processus de réforme pour la paix et la stabilité en RDC.  La réforme du secteur sécurité est essentielle, a-t-il souligné, avant de saluer les efforts déployés par la RDC en la matière.  Il a estimé que la création de structures gouvernementales à tous les niveaux était également nécessaire pour renforcer l’autorité de l’État.


Le représentant a ensuite salué la décision de certains éléments des FDLR de déposer les armes et a appelé les gouvernements des pays de la région à agir pour faire accélérer le processus de désarmement des groupes armés.  Il s’est félicité de la décision du Gouvernement de la RDC de créer une commission spéciale pour répondre à la situation humanitaire à laquelle est confronté le pays.  Le représentant a par ailleurs estimé que l’application de la résolution 2147 devrait bénéficier de ressources adéquates.


Mme MARÍA CRISTINA PERCEVAL (Argentine) s’est félicitée des nombreux progrès réalisés en RDC, en particulier en ce qui concerne le rétablissement de l’autorité de l’État dans les provinces orientales.  Elle s’est toutefois inquiétée de la menace réelle que représentent les activités des FDLR et d’autres groupes armés aux efforts visant à instaurer la paix et la stabilité dans le pays.  La représentante s’est aussi dite préoccupée du manque de progrès concernant la réforme du secteur de sécurité, lequel, a-t-elle dit, retarde le déploiement d’une force de réaction rapide prenant le relais de la Brigade d’intervention déployée par la MONUSCO à titre exceptionnel.  Elle a appelé les autorités à respecter les engagements régionaux en matière de développement durable.


Par ailleurs, Mme Perceval s’est inquiétée du peu de progrès réalisés en matière de lutte contre l’impunité, en dénonçant les cas de violences sexuelles commises récemment dans le pays.  Elle a exhorté le Gouvernement de la RDC à engager des enquêtes sur ces incidents.  La libération des enfants soldats doit être suivie de la défense de leurs droits, a-t-elle également souligné.


Mme SYLVIE LUCAS (Luxembourg) a encouragé les autorités de la RDC à redoubler d’efforts en matière de collaboration avec l’Ouganda et le Rwanda pour parvenir à désarmer les membres du M23.  Non seulement le succès du programme de désarmement, démobilisation et réintégration les empêchera de reprendre la lutte armée mais il incitera des membres d’autres groupes armés à déposer les armes et réintégrer la vie civile.  Il est temps de mettre fin aux FDLR une fois pour toutes, a-t-elle insisté, avant d’appeler à garder sur la table l’option militaire pour mettre fin à ce mouvement.  La représentante du Luxembourg s’est particulièrement inquiétée qu’entre janvier 2012 et décembre 2013, 4 000 enfants avaient été recrutés, 180 écoles attaquées, pillées ou utilisées à des fins militaires.  Le procès des militaires poursuivis pour des viols, meurtres et pillages commis en novembre 2012 à Minova laisse un goût amer alors que les verdicts rendus illustrent l’importance d’avancer dans la réforme de l’appareil judiciaire pour lutter efficacement contre l’impunité.


M. RAYMOND TSHIBANDA N’TUNGAMULONGO, Ministre des affaires étrangères, de la coopération internationale et de la francophonie de la République démocratique du Congo (RDC), a estimé que son pays avait fait des efforts remarquables dans la normalisation de l’ordre politique interne, dans la mise en œuvre des réformes institutionnelles nécessaires pour une croissance forte, durable et socialement partagée et dans l’amélioration des relations avec les États voisins conformément aux termes de l’accord cadre.  S’agissant du secteur de la sécurité, il a indiqué que le recrutement et la formation de nouvelles unités en vue de la constitution de la Force de réaction rapide étaient largement engagés et progressaient de manière satisfaisante.  Il en est de même avec la police qui voit la restructuration et la mise en place de nouveaux commandements consécutifs aux ordonnances de décembre 2013, l’expérimentation du concept de police de proximité et la promulgation de la loi de programmation de la réforme de la police.  Il a aussi cité l’adoption par son gouvernement du plan désarmement, démobilisation et réintégration III approuvé en Conseil des ministres en décembre 2013, en précisant que les opérations pré-DDR entièrement financées par la RDC étaient en cours.


Les FDLR ont répondu par courrier du 8 avril 2014 à l’ultimatum qui leur avait été lancé pour désarmer, a indiqué le Ministre, en notant que seulement 250 éléments FDLR sur les 1 400 à 1 500 encore en activité s’étaient rendus et avaient été rassemblés dans des sites de regroupement sécurisés par les FARDC et la MONUSCO.  Si les FDLR désarmés et démobilisés ne veulent pas rentrer chez eux, il est indispensable qu’ils trouvent refuge dans un pays lointain d’où ils ne pourraient pas raisonnablement être considérés comme une menace pour le Rwanda, cessant ainsi de servir de prétexte aux activités de déstabilisation de ce pays en RDC.  Le Ministre a souligné la tenue de réunions mensuelles le 14 juillet, le 2 août et le 2 septembre entre les ambassadeurs des États de la CIRGL et de la SADC, ainsi que le rôle du Représentant spécial du Secrétaire général pour évaluer et mesurer la qualité du processus de désarmement et démobilisation des FDLR.


Par ailleurs, le Ministre a indiqué que la consolidation de l’autorité de l’État se poursuivait dans les territoires repris aux ex-combattants du M23 et aux autres groupes armés.  Il s’est aussi félicité du transfert progressif de compétences aux provinces et entités territoriales.  Rappelant que la RDC entrait dans une nouvelle phase d’élections prévue pour le cycle 2015-2016, M. Tshibanda N’Tungamulongo a indiqué que le calendrier des élections municipales, urbaines et locales avait été publié le 26 mai 2014.  Avant de conclure, il a appelé à une nouvelle dynamique basée sur un nouvel ordre sécuritaire, en soulignant que la consolidation de la paix et de la stabilité de la RDC allait de pair avec celle de toute la sous-région.


M. HENRY ORYEM OKELLO, Ministre d’État des affaires étrangères de l’Ouganda, a rappelé que son gouvernement, en sa capacité de Président de La CIRGL, avait pris l’initiative d’organiser le Dialogue de Kampala. Il a demandé à la RDC et au M23 d’appliquer pleinement les déclarations de Nairobi, en prévenant que si les engagements qu’ils ont pris ne sont pas respectés, la région risque de sombrer à nouveau dans une situation de conflit.  M. Okello, qui s’est dit préoccupé par le fait que le rapatriement des anciens combattants du M23 ne soit pas achevé, a appelé la RDC à accélérer le processus.  Il a également rejeté les « fausses allégations » du Groupe d’experts sur la RDC selon lesquelles des membres du M23 continuent de se déplacer librement en Ouganda, malgré tous les efforts déployés par son gouvernement pour fournir des informations détaillées, en particulier les listes d’anciens combattants et des armes déposées.  Ceci met en doute les intentions du Groupe d’experts, a-t-il affirmé.


Le Ministre d’État a souligné que le manque de financement était le principal obstacle à la mise en œuvre de différentes déclarations et a appelé les partenaires pour le développement et la communauté internationale à faire preuve d’un « appui authentique ».  Il a salué l’engagement de la Banque mondiale à consacrer un milliard de dollars au développement de la région des Grands Lacs.  M. Okello a aussi annoncé que l’Ouganda avait créé un Centre régional de formation sur les violences sexuelles.


Poursuivant, M. Okello a insisté sur la nécessité de renforcer les organisations régionales et sous-régionales, d’accélérer la mise en œuvre des déclarations de Nairobi ainsi que le processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) des anciens combattants du M23.  La création de partenariats stratégiques, a-t-il également souligné, contribuera à renforcer l’efficacité du maintien de la paix.  C’est pourquoi, il a appelé à une interaction régulière entre le Conseil de sécurité et les organisations régionales et sous-régionales.


M. DOCTOR MASHABANE (Afrique du Sud) a constaté que la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs et dans l’est de la RDC demeurait fragile en dépit des progrès notables qui ont été réalisés.  Il a appelé à la pleine mise en œuvre de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération.


Le représentant a ensuite parlé de la récente réunion ministérielle de la CIRGL et de la SADC et a qualifié de « politiquement correcte » la décision prise à cette occasion de proroger pour une période de six mois le processus de désarmement des FDLR, en assurant un suivi à mi-parcours.  Il a appelé les parties prenantes à définir ensemble les critères de cet examen qui aura lieu dans trois mois.  Il a aussi insisté sur la nécessité de respecter les décisions prises par la CIGRL et la SADC.  Le représentant de l’Afrique du Sud a par ailleurs appelé le Conseil de sécurité et la communauté internationale à fournir les ressources nécessaires pour assurer la mise en œuvre du processus de désarmement.


Reprenant la parole, le représentant du Rwanda a précisé que le 24 avril dernier, l’ambassade du Rwanda à Kinshasa avait reçu une note du Gouvernement de la RDC annonçant son intention de dépêcher une équipe d’enquêteurs au Rwanda dans les jours à venir.  Le lendemain, le 25 avril à 8 h 45, l’équipe s’était présentée à la frontière du Rwanda alors que l’ambassade n’avait pas encore adressé de demande officielle à Kigali.  Cette visite a finalement pu être effectuée du 18 au 24 juillet, a-t-il assuré.


À son tour, le Ministre des affaires étrangères, de la coopération internationale et de la francophonie de la République démocratique du Congo a précisé que la note verbale avait été envoyée à l’ambassade du Rwanda après l’accord intervenu entre les deux pays pour que l’équipe se rende sur place.  Dans sa réponse, le Rwanda a également demandé de passer par le Mécanisme conjoint de vérification élargi, lequel n’a rien à voir avec ce processus, a fait remarquer le Ministre.  Cependant, grâce à l’entremise des envoyés spéciaux, a-t-il dit, cette exigence a pu être levée.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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