Le Conseil de sécurité examine la situation au Burundi à neuf mois de la tenue d’élections qui seront cruciales pour le pays et la sous-région des Grands Lacs

6 août 2014
CS/11511

Le Conseil de sécurité examine la situation au Burundi à neuf mois de la tenue d’élections qui seront cruciales pour le pays et la sous-région des Grands Lacs

06/08/2014
Conseil de sécurité
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Conseil de sécurité                                        

7236eséance – après-midi                                  

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ EXAMINE LA SITUATION AU BURUNDI À NEUF MOIS DE LA TENUE D’ÉLECTIONS QUI SERONT CRUCIALES

POUR LE PAYS ET LA SOUS-RÉGION DES GRANDS LACS

Tout en se disant optimiste, le Représentant spécial du Secrétaire général

recommande l’établissement d’un environnement politique plus ouvert et plus libre

Le Conseil de sécurité a examiné cet après-midi la situation au Burundi à neuf mois de la tenue d’élections primordiales pour le pays et la sous-région, et qui seront « un test ultime de la qualité de la démocratie et de la stabilité au Burundi », selon le Représentant spécial du Secrétaire général dans ce pays, M. Parfait Onanga-Anyanga.

Présentant le dernier rapport* du Bureau des Nations Unies au Burundi (BNUB), M. Onanga-Anyanga a jugé que l’absence de véritable dialogue politique sur les questions qui se posent véritablement au plan national au Burundi était inquiétante à neuf mois des élections de 2015.  C’est pourquoi, a-t-il indiqué, il est nécessaire de disposer d’un espace politique plus ouvert, où l’ensemble des forces politiques auraient un droit égal de mener leurs activités sans craindre aucune forme de harcèlement ou de violence. 

Le Représentant spécial du Secrétaire général a estimé que ceci permettrait d’envoyer un message sans équivoque sur la réalité d’un ferme engagement de toute la classe politique d’entrer dans une compétition politique plus apaisée, tout en mettant en garde les fauteurs de troubles.  Le Représentant spécial a appelé le parti au pouvoir à faire régner plus de discipline dans ses rangs, tout en ajoutant que les mises en garde faites par le Président du parti, le Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD), sont encourageantes et montrent qu’il est possible d’endiguer le fléau de la violence à l’approche des scrutins de 2015.

M. Onanga-Anyanga a ajouté que la raison pour laquelle le Secrétaire général insiste sur la nécessité d’un processus électoral crédible tient au fait qu’au-delà de leur complexité technique, les élections au Burundi ont une haute teneur politique.  En assurer le bon déroulement, a-t-il dit, doit faire partie de la stratégie de prévention de la résurgence des conflits au Burundi et de la consolidation de la paix et de la stabilité nationale.

De plus, a précisé le Représentant spécial, le Burundi va inaugurer un cycle électoral qui peut avoir des implications pour l’ensemble de la sous-région des Grands Lacs.  M. Onanga-Anyanga a, à cet égard, rappelé que les tensions politiques actuelles découlent pour une large part de la crise consécutive au boycott des élections de 2010 et des équilibres politiques qui en ont résulté.  Il a aussi insisté sur le fait que le déploiement en temps et en heures des observateurs électoraux sera décisif. 

«  Tout faire pour réaliser les promesses du processus lancé en 2012 lors de la Conférence de Genève visant à la mise en œuvre effective du cadre stratégique de lutte contre la pauvreté de deuxième génération du Burundi (CSLP-II) doit être une priorité », a poursuivi M. Onanga-Anyanga en rappelant à ce propos la base que constituent les engagements mutuels pris par le Burundi et ses partenaires, un processus auquel l’Ambassadeur Paul Seger, de la Suisse, Président de la formation Burundi de la Commission de consolidation de la paix, continue de consacrer toute son énergie. 

Au début de sa présentation, le Représentant spécial du Secrétaire général a dit qu’il y avait lieu d’être optimiste.  Il a à cet égard indiqué avoir entendu le Président du Burundi, M. Pierre Nkurunziza, déclarer le 1er  juillet 2014 que les élections de 2015 seraient les meilleures élections jamais organisées dans son pays.  À cela, s’ajoute le fait que les partis d’opposition burundais sont résolus à rester engagés dans le jeu politique et à ne pas boycotter les élections de 2015, a relevé M. Onanga-Anyanga.  Parmi les autres motifs de satisfaction, il s’est félicité de l’adoption par consensus du nouveau Code électoral et de sa promulgation le 3 juin; de la signature le 9 juin sous les auspices du Gouvernement et de la BNUB du Code de conduite pour les élections de 2015, dans lequel tous les acteurs condamnent la violence politique; et, enfin, la publication du calendrier électoral par le Président de la Commission électorale nationale indépendante. 

Après avoir remercié le Représentant spécial pour le travail qu’il a accompli dans son pays, le Représentant permanent du Burundi, M. Herménégilde Niyonzima, s’est élevé contre les informations faisant état d’entrainements militaires offerts sur le territoire de la République démocratique du Congo (RDC) à certains groupes –les « Imbonerakure »- réputés proches du Gouvernement burundais.  « Il ne faut pas associer les délits commis aux partis politiques dont sont issus les délinquants coupables de ces délits », a demandé le représentant.  « Il n’y a pas de crimes perpétrés par les « Imbonerakure » en tant que groupe organisé, a argué le représentant en estimant que le parti au pouvoir ne devait pas être mis à l’index sur cette question.

M. Niyonzima a estimé que les élections démocratiques confèrent la légitimité constitutionnelle, mais que la légitimité politique de la gestion du pouvoir s’acquiert par l’exercice de l’autorité.  « Une autorité qui ne s’exerce pas cesse d’être légitime.  On n’obéit pas à une autorité parce qu’elle est légitime.  Elle est légitime parce qu’on lui obéit.  C’est cela le fonctionnement de nos sociétés africaines », a estimé le représentant.  « Le Gouvernement du Burundi considère qu’à trop s’habituer aux écarts, on finit par ne plus savoir où se trouvent les marges », « les libertés ont des limites», a déclaré M. Niyonzima.

Il a regretté que les actes de prévention des crimes et de protection de l’ordre public posés par son gouvernement soient perçus comme des obstructions aux libertés publiques.  Il a aussi souhaité que l’on évite de faire porter au parti au pouvoir, le CNDD-FDD, la responsabilité d’actes isolés.  Il a rappelé que la paix et la sécurité étaient garanties sur tout le territoire national burundais en insistant que la résilience sociopolitique et sécuritaire du Burundi, à laquelle la communauté internationale a participé, avec la reconnaissance de son pays, est cependant principalement due à la fermeté bienfaisante du Président Pierre Nkurunziza.

* S/2014/550

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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