Conseil de sécurité: après l’élection présidentielle du 25 mai, la communauté internationale appelée à favoriser l’émergence d’une Ukraine pacifique, stable et prospère

28 mai 2014
CS/11417

Conseil de sécurité: après l’élection présidentielle du 25 mai, la communauté internationale appelée à favoriser l’émergence d’une Ukraine pacifique, stable et prospère

28/5/2014
Conseil de sécurité
CS/11417
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité                                        

7185e séance – après-midi                                  


CONSEIL DE SÉCURITÉ: APRÈS L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE DU 25 MAI, LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE APPELÉE À FAVORISER L’ÉMERGENCE D’UNE UKRAINE PACIFIQUE, STABLE ET PROSPÈRE


Le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. Jeffrey Feltman, a rendu compte devant le Conseil de sécurité, cet après-midi, de la situation en Ukraine, marquée, il y a deux jours, par l’élection d’un nouveau président, mais également par des violences, ces dernières semaines, dans l’est du pays.


Le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, « appelle la communauté internationale à utiliser le résultat de l’élection comme une chance pour s’unir en vue d’appuyer l’émergence d’une Ukraine pacifique, stable et prospère », a déclaré M. Feltman, après avoir donné des détails sur le scrutin, caractérisé par une forte participation, en dépit de l’environnement sécuritaire hostile dans deux régions de l’est du pays.


Cette réunion d’urgence* avait été demandée par la délégation de l’Ukraine, en raison de la détérioration de la situation en Crimée, qui menace, selon elle, « l’intégrité territoriale de l’Ukraine ».


M. Feltman a annoncé aux membres du Conseil de sécurité que M. Petro Porochenko, selon des résultats provisoires, avait été élu dès le premier tour avec 55% des voix.  Ce matin, a-t-il dit, le Secrétaire général s’est entretenu au téléphone avec le Président élu pour le « féliciter d’avoir reçu un mandat fort de la population », l’inviter à « éloigner rapidement le pays de l’instabilité politique, économique, sociale et sécuritaire » et le diriger vers une « plus grande prospérité et une véritable gouvernance démocratique ».


M. Ban, a-t-il dit, a salué l’intention déclarée de M. Porochenko d’engager immédiatement le dialogue et la désescalade, réaffirmant que la retenue et la main tendue à l’Ukraine orientale étaient essentielles.


Le Secrétaire général adjoint a en outre indiqué que les régions de Lugansk et de Donetsk avaient connu une intensification spectaculaire des combats meurtriers, le nombre de victimes ne cessant de croître des deux côtés.


M. Feltman a par ailleurs fait état de l’enlèvement, dans la région de Donetsk, de 15 observateurs déployés dans le cadre de la mission spéciale d’observation de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), 11 d’entre eux ayant été libérés aujourd’hui.


Au cours du débat, le représentant de l’Ukraine a estimé que le nouveau Président avait toute la légitimité requise pour représenter toute la nation ukrainienne, confirmant qu’il avait manifesté sa disposition à se rendre dans l’est du pays dans les meilleurs délais. 


Le délégué ukrainien a néanmoins dénoncé les tentatives d’invasion du territoire de son pays, jugeant que ce type d’opérations était non seulement encouragé mais aussi financé par la Fédération de Russie, qui orchestre cette agression, avec des mercenaires entraînés, armés et prêts à malmener la population locale. 


Pour la Fédération de Russie, qui « respecte les vœux du peuple ukrainien », l’élection du 25 mai est un « pas dans la bonne direction ».  Son représentant a néanmoins voulu que l’on tienne compte des événements qui ont précédé ce scrutin, comme le coup d’État contre un gouvernement légitime ou le lancement d’opérations punitives.


Il a en outre déploré le fait que certains membres du Conseil de sécurité continuent de justifier les agissements des autorités de Kiev, jugeant que certaines déclarations ne pouvaient qu’inciter les gens à la perplexité.   Il a assuré que son pays était prêt à participer de nouveau aux pourparlers de paix, à condition que soit mis fin aux opérations punitives, notamment dans le sud-est de l’Ukraine.


Les autres délégations se sont félicitées de la bonne tenue du scrutin et ont salué la victoire de M. Porochenko.  Celle-ci, a commenté le représentant du Royaume-Uni, « envoie un message clair sur la volonté d’un peuple qui veut rester uni et démocratique », tandis que le taux de participation élevé de dimanche dernier est « un pied de nez » aux groupes armés qui persistent dans leurs activités de déstabilisation dans l’est de l’Ukraine.


Tout comme le Secrétaire général, plusieurs pays, dont les États-Unis, ont accueilli avec satisfaction l’intention de M. Porochenko de poursuivre le dialogue pour une Ukraine démocratique et stable, notamment des discussions directes avec la Fédération de Russie. 


« Pour l’Ukraine, il n’y a pas d’autre chemin à suivre que celui de l’unité et de la réconciliation », a déclaré le délégué de la France, qui a espéré que le nouveau Président œuvrera à consolider l’unité de son pays, en poursuivant le dialogue national lancé avec l’appui de l’OSCE le 14 mai dernier et en accompagnant la mise en œuvre du Mémorandum pour la paix et la concorde adopté par la Rada le 20 mai.


La plupart des délégations ont exprimé leur préoccupation face aux actes violents qui se poursuivent, en particulier dans les régions de Donetsk et Louhansk.


Nombre d’entre elles ont également appelé au respect de l’indépendance, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine.  La Lituanie a, elle, invité la Fédération de Russie à retirer ses troupes de la frontière ukrainienne, à stopper le flux d’armes et de combattants vers l’Ukraine et se dissocier des militants séparatistes du sud-est du pays. 


*     S/2014/136



LETTRE DATÉE DU 28 FÉVRIER 2014, ADRESSÉE À LA PRÉSIDENTE DU CONSEIL DE SÉCURITÉ PAR LE REPRÉSENTANT PERMANENT DE L’UKRAINE AUPRÈS DE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES (S/2014/136)


Déclarations


M. JEFFREY FELTMAN, Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, a indiqué que le 25 mai dernier, un peu moins de 60% des électeurs ukrainiens ont participé à l’élection présidentielle anticipée.  Un nombre sans précédent d’observateurs nationaux et internationaux ont conclu que ce scrutin avait été « caractérisé par une forte participation et une volonté claire des autorités d’organiser ce qui fut une véritable élection largement conforme aux engagements internationaux et qui respecte les libertés fondamentales, en dépit de l’environnement sécuritaire hostile dans deux régions de l’est du pays ».


L’ONU est profondément préoccupée, en revanche, par les actions de ceux qui ont tenté de faire dérailler l’élection et d’empêcher les citoyens d’avoir leur mot à dire dans la direction de leur pays.


Selon les résultats préliminaires, a souligné M. Feltman, M. Petro Porochenko a été élu dès le premier tour avec 55% des voix.  Ce matin, le Secrétaire général s’est entretenu au téléphone avec le Président élu pour le féliciter d’avoir reçu un mandat fort de la population, l’inviter à éloigner rapidement le pays de l’instabilité politique, économique, sociale et sécuritaire et le diriger vers une plus grande prospérité et une véritable gouvernance démocratique.


Le Secrétaire général a salué l’intention déclarée de M. Porochenko d’engager immédiatement le dialogue et la désescalade.  Il a réaffirmé que la retenue et la main tendue à l’Ukraine orientale étaient essentielles.


Depuis les dernières consultations du Conseil de sécurité, le 21 mai, les régions de Lugansk et de Donetsk ont connu une intensification spectaculaire des combats meurtriers.  Le nombre de morts et de blessés continue de croître des deux côtés, a-t-il dit, signalant également des victimes civiles.  Le Secrétaire général, a-t-il confié, est préoccupé par les informations faisant état de nombreuses victimes et de la circulation et de l’utilisation d’armes lourdes dans l’est du pays.  Il est aussi préoccupé par les allégations sur l’entrée en Ukraine d’armes, de combattants et de camions.


Le Secrétaire général adjoint s’est dit informé des images vidéo montrant un hélicoptère frappé du sigle de l’ONU utilisé à l’intérieur des frontières de l’Ukraine.  L’ONU, a-t-il affirmé, n’est pas en mesure de déterminer la véracité de ces images.  Il a souligné que les autorités ukrainiennes avaient assuré à l’ONU qu’aucun des hélicoptères marqués du sigle de l’Organisation n’avait été utilisé dans des opérations à l’intérieur de l’Ukraine.


M. Feltman a déclaré, qu’après l’enlèvement de quatre observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) le 26 mai dernier, le siège de l’organisation à Kiev avait aujourd’hui perdu le contact pendant plusieurs heures avec 11 autres de ses observateurs, qui auraient été capturés ou détenus par un groupe armé dans la région de Donetsk.  Il a indiqué avoir été informé par le Chef de la Mission d’observation de l’OSCE que les 11 observateurs avaient finalement été libérés à Donetsk.  En revanche, on est toujours sans nouvelles des quatre observateurs enlevés, ces deux derniers jours, a-t-il ajouté.


Le Secrétaire général, a avoué M. Feltman, est consterné de voir que le personnel international a de nouveau été exposé à un tel danger.  Il demande leur libération immédiate et exhorte tous ceux qui ont une influence sur les parties de contribuer à cette libération.


Le Secrétaire général demeure engagé à contribuer à la recherche d’une solution pacifique à la crise en Ukraine et à aider le pays à surmonter les nombreuses difficultés qui se présentent à lui.  Dans cette optique, a conclu M. Feltman, le Secrétaire général appelle la communauté internationale à utiliser le résultat de l’élection comme une chance pour s’unir et appuyer l’émergence d’une Ukraine pacifique, stable et prospère.


M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) a félicité le peuple ukrainien pour une élection libre et conforme aux normes internationales.  La victoire décisive de M. Porochenko envoie un message clair sur la volonté d’un peuple qui veut rester uni et démocratique.  Le représentant a assuré de la disposition de son pays à coopérer avec le futur gouvernement de M. Porochenko, arguant que le taux de participation élevé de dimanche dernier est « un pied de nez » aux groupes armés qui persistent dans leurs activités de déstabilisation dans l’est de l’Ukraine.  Il est vraiment déplorable que les régions de Donetsk et de Lougansk n’aient pu participer au scrutin, a-t-il poursuivi, en condamnant la violence des milices armées.  Aucun pays ne saurait accepter que des insurgés illégaux se saisissent de bâtiments officiels par la force.


Depuis le 21 février, a poursuivi le représentant, les autorités ukrainiennes ont montré à maintes reprises leur désir d’abandonner les agissements du passé et de jeter les bases d’un processus démocratique.  Rien ne justifie donc l’action des groupes armés, a-t-il affirmé, en lançant un appel à leur dissolution.  Il a salué la libération de 11 observateurs de l’OSCE ce matin et voulu qu’il en soit de même pour les quatre autres. 


L’élection de dimanche permet de regarder au-delà des difficultés et de se tourner vers l’avenir, a-t-il conclu.  L’instabilité n’est pas dans l’intérêt du peuple ukrainien ou de ses voisins.  Les activités des groupes armés ont mené à des pertes de vies évitables et à la désorganisation de l’économie du pays.  Le représentant a appelé à la mise en œuvre du Mémorandum sur la paix et la concorde et à la poursuite d’un dialogue qui permette à toutes les parties d’exprimer leur avis sur des questions clefs pour l’avenir de l’Ukraine.  Le Royaume-Uni ne saurait accepter ni reconnaître l’annexion de la Crimée par la Fédération de Russie, a-t-il réitéré, en rejetant toute tentative visant à la déstabilisation de l’Ukraine.  Il a exhorté tous les membres du Conseil et la communauté internationale à se joindre à l’effort en faveur de l’Ukraine. 


M. KAYODE LARO (Nigéria), qui a condamné les violences récentes dans l’est de l’Ukraine, a pris note du résultat de l’élection présidentielle.  Il s’est félicité de la décision du Président russe, M. Vladimir Poutine, de respecter le résultat du scrutin.  Le dialogue entre toutes les parties concernées constitue la seule voie vers un règlement et une stabilité durables, a-t-il dit.  Il a estimé que la déclaration d’indépendance de la Crimée était une déclaration séparatiste qui viole la Constitution de l’Ukraine et qui n’a donc pas d’effet juridique.


M. ZEDI RA’AD ZEID AL-HUSSEIN (Jordanie) a estimé que le résultat de l’élection présidentielle du 25 mai représentait le début de la stabilité de l’Ukraine.  Il s’est félicité des efforts déployés par le Gouvernement ukrainien pour faire de cette élection un succès.  Il a exhorté la communauté internationale à reconnaître le résultat du scrutin et à travailler avec le Président élu, M. Petro Porochenko.


Mme ROSEMARY DICARLO (États-Unis) a aussi relevé la forte participation électorale et félicité le peuple ukrainien qui s’est massivement rendu aux urnes.  Elle a assuré de l’appui de son pays pour faire fond sur la victoire de M. Porochenko, confirmée par la déclaration de l’OSCE, et par de nombreux observateurs internationaux.  Elle a voulu que l’on condamne les agissements des groupes séparatistes prorusses à Donetsk et Lougansk, qui ont occupé des centres de vote ou encore tiré sur le représentant d’un candidat.  Toutefois, de nombreux Ukrainiens courageux se sont déplacés pour voter, a-t-elle noté, en se félicitant des efforts locaux qui ont permis aux Criméens de voter à l’extérieur de leur région toujours occupée par la Fédération de Russie.


Elle a salué l’intention du nouveau Président ukrainien de poursuivre le dialogue pour une Ukraine démocratique et stable, notamment des discussions directes avec la Fédération de Russie.  En dépit des progrès réalisés dimanche, les États-Unis restent préoccupés par l’occupation de l’aéroport de Donetsk.  La représentante a appelé les séparatistes à déposer les armes et à renoncer à leurs actions.  Elle s’est inquiétée de la prolifération des armes à la frontière qui contribue à la crise.


M. WANG MIN (Chine) a affirmé que son pays respectait le choix fait par le peuple ukrainien lors de l’élection présidentielle.  Les turbulences et les flambées de violence continuent de faire des victimes et de préoccuper la Chine, a-t-il avoué.  Rappelant la position de son pays en faveur du respect de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale des États, il a exhorté toutes les parties à faire preuve de retenue et à éviter toute escalade.  La solution politique est la seule issue possible à cette crise, a-t-il ajouté, exhortant l’ensemble des parties concernées au dialogue.  Les parties doivent revenir au consensus de Genève et l’appliquer intégralement.


Mme SYLVIE LUCAS (Luxembourg) s’est félicitée de la tenue de l’élection présidentielle du 25 mai, au cours de laquelle, a-t-elle précisé, la volonté du peuple ukrainien s’est exprimée.  Selon Mme Lucas, l’élection s’est tenue dans de bonnes conditions, dans la très grande majorité des régions de l’Ukraine, le succès du scrutin revenant avant tout aux citoyens ukrainiens.  Leur choix a été clair: ils ont voté en faveur d’une Ukraine unie et stable jouissant de sa pleine souveraineté et de son intégrité territoriale.


Mme Lucas a condamné les actes de violence qui se poursuivent depuis plusieurs semaines, en particulier dans les régions de Donetsk et de Louhansk.  Elle s’est dite préoccupée par de nombreux cas de meurtres, de tortures, de passages à tabac et d’enlèvements, en particulier de journalistes, commis par des groupes anti-gouvernementaux bien armés et bien organisés.  Elle a condamné dans les termes les plus forts l’enlèvement dans la région de Donetsk de 15 observateurs déployés dans le cadre de la Mission spéciale d’observation de l’OSCE.  Elle a invité la Fédération de Russie à coopérer avec le nouveau Président légitimement élu, à poursuivre le retrait des forces armées de la frontière ukrainienne et à user de son influence auprès des séparatistes armés pour apaiser la situation dans l’est du pays.


Mme PHILIPPA JANE KING (Australie) a félicité l’Ukraine pour l’organisation réussie du scrutin présidentiel du 25 mai, ainsi que le nouveau Président élu qui s’est vu confier un mandat clair pour diriger le pays.  Elle a loué les efforts des autorités ukrainiennes pour tenter de ramener la stabilité dans l’est du pays, où des groupes prorusses continuent de déstabiliser la région.  Les autorités ukrainiennes ont le droit de protéger leurs propres citoyens et de restaurer la sécurité sur leur propre territoire, a-t-elle dit.  L’heure est venue de lancer un dialogue sérieux entre l’Ukraine et la Fédération de Russie, cette dernière devant respecter l’intégrité territoriale de l’Ukraine, a-t-elle dit, exprimant la solidarité de son pays à l’égard du peuple ukrainien.


M. ALEXIS LAMEK (France) a déclaré que le 25 mai, le peuple d’Ukraine a enfin pu s’exprimer au travers d’une élection présidentielle libre et transparente, malgré les violences perpétrées par les groupes armés séparatistes dans les régions de Donetsk et de Lougansk, à l’est du pays.  Il a souligné qu’un résultat clair est rapidement apparu dès le premier tour, avant de saluer la victoire de M. Porochenko.  Cette élection, dès le premier tour et bénéficiant d’une forte participation, nous confirme l’aspiration à l’unité d’une majorité d’Ukrainiens, a-t-il commenté. 


Il a mis l’accent sur le caractère libre et pluraliste de l’élection, avec pas moins de 21 candidats enregistrés, ce qui traduit « la vaste pluralité des projets politiques sur lesquels tous les Ukrainiens ont été invités à se prononcer pour construire leur destin ».  Pas de candidat unique et pas de résultat imposé, a-t-il encore soutenu, en relevant également la transparence du scrutin, avec 2 784 observateurs internationaux chargés de s’assurer du bon déroulement des élections.  Il a précisé que la déclaration, hier, de l’OSCE constitue un premier pas positif car elle a mis en évidence que cette élection avait respecté les standards démocratiques et que le Président élu était pleinement légitime.


Le représentant a tenu à affirmer que ces résultats confirment aussi à quel point la propagande dénonçant le poids des fascistes en Ukraine était sans fondement car à eux deux, les partis d’extrême droite recueillent moins de 3% des voix.  Pourtant, a-t-il remarqué, cette élection s’est déroulée dans un contexte sécuritaire particulièrement difficile, la situation dans le Donbass restant très préoccupante.  Il a aussi souligné qu’il ne fallait pas oublier que la Crimée restait occupée.


Pour l’Ukraine il n’y a pas d’autre chemin à suivre que celui de l’unité et de la réconciliation, a dit le représentant qui a espéré que M. Porochenko travaillera à consolider l’unité de son pays, en poursuivant le dialogue national lancé avec l’appui de l’OSCE le 14 mai dernier et en accompagnant la mise en œuvre du Mémorandum pour la paix et la concorde adopté par la Rada le 20 mai.  Ce processus doit être mené par l’Ukraine elle-même, avec l’appui de l’OSCE mais il appartient à la communauté internationale d’accompagner le pays dans l’écriture des prochaines pages de son histoire.


Mme MARÍA CRISTINA PERCEVAL (Argentine) a déclaré que son pays suivait de près et avec inquiétude la situation à l’est de l’Ukraine et a réitéré sa position de principe sur la non-ingérence politique, militaire ou économique.  Elle a espéré que les élections du 25 mai aideront à mettre un terme à la spirale de la violence qui menace la stabilité et la sécurité des civils et du pays en général.  Elle s’est également inquiétée du sort des observateurs internationaux qui n’ont pas encore été relâchés et appelé à leur libération immédiate.  La représentante a lancé un appel à toutes les parties pour qu’elles maintiennent le dialogue et renforcent la confiance entre les différentes communautés.  Toute violation des droits de l’homme est intolérable, et les cas d’intimidation, de harcèlement, d’enlèvements ou de disparitions doivent être dûment examinés et leurs auteurs poursuivis en justice, a-t-elle conclu.  


M. CRISTIÁN BARROS MELET (Chili) a salué la précieuse coopération avec les organisations régionales et internationales avant et durant l’élection de dimanche mais a regretté que le processus électoral n’ait pu se dérouler dans toutes les régions ukrainiennes.  Il a en particulier déploré les flambées de violence à Donetsk durant le processus pré-électoral et a encouragé les pays de la région à la coopération pour mener le dialogue national à bon port.  Il a invité les groupes séparatistes à s’efforcer de trouver un terrain d’entente pour le règlement de la crise et a insisté sur l’établissement des responsabilités de tous les auteurs de violations des droits de l’homme, quels qu’ils soient. 


M. MAHAMAT ZENE CHERIF (Tchad) a félicité le peuple ukrainien et le nouveau Président élu, M. Petro Porochenko.  Cette élection, a-t-il dit, offre au nouveau Président l’autorité et la légitimité nécessaires pour restaurer la confiance dans le pays et respecter les minorités.  Le représentant a préconisé un processus de stabilisation par le dialogue et le redressement économique du pays.  La communauté internationale doit accompagner le pays dans les nombreux défis auxquels il fait face.  Il s’est dit préoccupé par la situation de tension et a condamné les violences qui ont fait plusieurs morts.


M. OLIVIER NDUHUNGIREHE (Rwanda) a félicité le peuple ukrainien et le nouveau Président élu, M. Petro Porochenko, qui a la légitimité nécessaire pour sortir le pays de la crise.  Il a félicité ce dernier pour sa volonté d’engager le dialogue et tenter de mettre fin à cette crise.  Il s’est dit préoccupé par les événements dans l’est de l’Ukraine, en particulier dans la région de Donetsk, les meurtres de journalistes et l’enlèvement des observateurs de l’OSCE.  Estimant que l’élection présidentielle constituait un tournant, il a invité la communauté internationale et la Fédération de Russie à accompagner l’Ukraine dans ce processus politique.


Mme RAIMONDA MURMOKAITĖ (Lituanie) s’est, à son tour, félicitée, d’une élection juste et libre, estimant qu’on ne pouvait pas invoquer de problème de légitimité.  Elle a demandé que l’on cesse de diaboliser l’Ukraine et son peuple, une attitude qui a déjà fait beaucoup de tort aux relations entre deux nations sœurs et qui a entraîné un bain de sang.  « Le peuple de l’Ukraine a parlé », a-t-elle dit, et le résultat de l’élection prouve que ce peuple ne veut pas de la fragmentation de son pays.  Au contraire, a-t-elle ajouté, la vaste majorité des Ukrainiens, y compris ceux de l’est et du sud, sont en faveur d’une Ukraine unie et démocratique.  La représentante a souligné l’ampleur de la tâche qui incombe au nouveau Président, afin de rétablir l’état de droit après des décennies de corruption.


Mme Murmokaitė a appelé au respect de l’indépendance, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, invitant la Fédération de Russie à laisser de côté sa propagande de guerre contre l’Ukraine et à s’engager sur la voie du dialogue.  La Fédération de Russie doit retirer ses troupes de la frontière ukrainienne et stopper le flux d’armes et de combattants vers l’Ukraine, a-t-elle exigé.  Elle a demandé à Moscou de dénoncer et de se dissocier des militants séparatistes du sud-est de l’Ukraine.  Quant à l’occupation de la Crimée, elle a dénoncé la violence qui défie les principes fondamentaux du droit international et national.  Elle s’est inquiétée de l’implication de combattants étrangers de plus en plus nombreux, notamment des mercenaires tchétchènes.  Il y a une quarantaine d’otages détenus par le maire autoproclamé de Sloviansk, a-t-elle dénoncé, en condamnant aussi l’enlèvement de 11 agents de l’OSCE par des séparatistes prorusses. 


M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a indiqué que l’élection du 25 mai est un pas dans la bonne direction, la Fédération de Russie respectant les vœux du peuple ukrainien.  Il a néanmoins voulu que l’on tienne compte des événements qui ont précédé ce scrutin, comme le coup d’État contre un gouvernement légitime ou le lancement d’opérations punitives.  Il a dénoncé les menaces contre certains candidats et le climat extrêmement volatile dans lequel les médias ont dû travailler.  Une partie du territoire de l’Ukraine est toujours en état de guerre, a-t-il fait remarquer, en exprimant l’inquiétude de son pays car la violence en cours se déroule tout près du territoire russe.  Il a appelé à un véritable dialogue, à l’abri des opérations punitives en cours dans certaines régions de l’Ukraine.  Au lieu de la concorde, les citoyens sont confrontés à des actes de violence que d’aucuns tentent d’attribuer à la Fédération de Russie, a-t-il dénoncé.  Malgré les appels, la population civile ne peut quitter la zone de combat et rien n’est effectivement fait pour son évacuation.


M. Churkin a déploré que certains membres du Conseil de sécurité continuent de justifier les agissements des autorités de Kiev, jugeant qu’un bon nombre de déclarations ne peuvent que jeter les gens dans la perplexité.  Évoquant les incidents violents survenus le 26 mai à Lougansk, il a demandé des enquêtes sur tous les cas de violations des droits de l’homme et de crimes, s’agissant en particulier de l’utilisation de substances chimiques.  Il a regretté que les autorités ukrainiennes ne coopèrent pas pleinement sur ces questions.  Il a aussi dénoncé l’arrestation et la détention d’un journaliste d’une chaîne de télévision russe et l’assassinat d’un journaliste italien.  La responsabilité première de la sécurité des observateurs internationaux incombe à l’Ukraine, a-t-il ajouté, en estimant que l’absence de définition claire du statut d’observateurs présente une menace pour leur sécurité personnelle.  Il a voulu que l’espoir du peuple ukrainien ne soit pas déçu à un tournant crucial de son histoire.


M. OH JOON (République de Corée) s’est félicité du bon déroulement et du résultat de l’élection présidentielle, résultat qui, a-t-il dit, constitue un pas en avant.  Le représentant a condamné les violences liées au scrutin perpétrées par des groupes armés illégaux.  Il a salué la décision du nouveau Président élu de se rendre dans les régions orientales du pays et de s’efforcer de trouver une solution qui réponde aux besoins de toutes les parties.  La prospérité et la stabilité de l’Ukraine sont essentielles non seulement pour la paix et la sécurité de l’Europe, mais aussi pour celles du monde, a estimé M. Oh.


M. YURIY SERGEYEV (Ukraine) a remercié les membres du Conseil pour tout leur appui et les encouragements adressés au nouveau Président qui va tenter de stabiliser l’Ukraine.  Il a rappelé que l’OSCE avait conclu que l’élection du 25 mai a été un « succès historique » pour le peuple ukrainien, qui a rejeté l’agression russe et confirmé son attachement à l’Europe.  Ce scrutin déclaré pleinement légitime a fait mentir la propagande selon laquelle les Ukrainiens sont des fascistes.  L’écrasante majorité des électeurs, y compris en Crimée, ont voté pour des candidats soutenant la démocratie et l’unité du pays.  Ainsi le nouveau Président a toute la légitimité requise pour représenter toute la nation ukrainienne. 


Il a d’ores et déjà manifesté sa disposition à se rendre dans l’est dans les meilleurs délais.  Compte tenu de l’annexion de la Crimée, a regretté le représentant, il n’a pas été possible d’y placer des centres de vote mais les Criméens ont pu participer au scrutin depuis l’extérieur.  Le représentant a dénoncé la fermeture par la force de certains centres de vote, la confiscation du matériel électoral et les blessures par balle infligées au représentant d’un candidat, autant d’informations confirmées par l’évaluation de l’OSCE au lendemain de l’élection.


Le représentant a dénoncé le fait que 40 véhicules, avec à bord des hommes armés, aient tenté de forcer la frontière.  Il s’est demandé ce que faisaient des bataillons tchétchènes en Ukraine, soi-disant venus « protéger leurs intérêts ».  Il s’est également demandé ce que faisaient des ressortissants russes dans le Donbass, qui disent s’exprimer au nom de la population locale.   En dépit des signaux dans le sens de la réconciliation avant l’élection, le représentant a fait état de tentatives d’envahir le territoire ukrainien.  Il a estimé que ce type d’opérations était non seulement encouragé mais aussi financé par la Fédération de Russie, qui orchestre cette agression, avec des mercenaires entraînés, armés et prêts à malmener la population locale. 


La Fédération de Russie a proposé son aide militaire aux populations de certaines régions de l’Ukraine, a-t-il affirmé, soulignant le désir du peuple ukrainien de voir se matérialiser la réconciliation nationale.  Il a exhorté le Conseil de sécurité et la communauté internationale à obliger tous les groupes, et la Fédération de Russie, à respecter l’Accord de Genève.


Reprenant la parole, le représentant de la Fédération de Russie n’a pas voulu répondre en détail mais s’est contenté de dire que le représentant de l’Ukraine ne tenait pas pleinement compte du point de vue de sa population.  Les accusations stériles ne vont pas résoudre les problèmes du peuple ukrainien, a-t-il conclu.


Réagissant à son tour, son homologue de l’Ukraine a rappelé la patience et le pacifisme du peuple ukrainien.  Il a répété la question de savoir ce que font des centaines de Tchéchènes ou de Cosaques en Ukraine.  Qu’en serait-il si dans votre territoire vous retrouviez des citoyens armés venant d’autres pays, a-t-il lancé à l’adresse du représentant russe.  Si la solution doit passer par le dialogue, il faudrait commencer par renvoyer les mercenaires chez eux et ne pas contribuer à la déstabilisation de l’Ukraine.


Le représentant de la Fédération de Russie a rétorqué que le dialogue avec la population ukrainienne a été lancé et que les bombardements contre la population n’allaient pas résoudre la crise.  Il a recommandé des mesures constructives et exigé la fin des opérations militaires menées par le Gouvernement ukrainien.  Mon pays est allé à Genève pour participer aux pourparlers de paix et il est prêt à continuer, à condition que l’on mette fin aux opérations punitives, notamment dans le sud-est de l’Ukraine, a dit le représentant. 


Voulant terminer sur une note d’optimisme, il a rappelé que l’Ukraine avait interrompu l’approvisionnement en eau de la Crimée, sans tenir compte de l’impact économique d’une telle décision.  L’opération menée à la frontière de la Fédération de Russie ne fait qu’exacerber les relations, a-t-il poursuivi, concluant que dans une grande mesure, la solution est entre les mains du Gouvernement de l’Ukraine.  Revenant sur la mort du journaliste italien, il a souhaité que l’on dise qui l’a tué.  Il faut cesser la violence politique et songer, entre autres, à nommer un représentant spécial du Secrétaire général dans le sud-est de l’Ukraine.


Le représentant ukrainien a invité la Fédération de Russie à demander aux mercenaires tchétchènes de quitter l’Ukraine et d’user de son influence auprès des groupes armés cosaques.  Adoptez une attitude constructive, a tranché son homologue russe.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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