Le Conseil de sécurité est préoccupé par la détérioration de la sécurité dans certaines régions d’Afrique centrale

12 mai 2014
CS/11390

Le Conseil de sécurité est préoccupé par la détérioration de la sécurité dans certaines régions d’Afrique centrale

12/5/2014
Conseil de sécurité
CS/11390
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité                                        

7171e séance – matin                                       


LE CONSEIL DE SÉCURITÉ EST PRÉOCCUPÉ PAR LA DÉTÉRIORATION DE LA SÉCURITÉ

DANS CERTAINES RÉGIONS D’AFRIQUE CENTRALE


De nombreuses délégations condamnent fermement

les enlèvements par Boko Haram de plus de 200 lycéennes


Le Conseil de sécurité a, ce matin, exprimé sa préoccupation face à la détérioration de la sécurité dans certaines parties d’Afrique centrale, « en particulier la crise en République centrafricaine dont l’impact régional ne cesse de grandir, ainsi que la menace terroriste, y compris l’extension des activités terroristes de Boko Haram aux pays de la sous-région ».


Au cours du débat qui a suivi l’exposé du Représentant spécial du Secrétaire général et Chef du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (BRENUAC), M. Abou Moussa, de nombreuses délégations ont fermement condamné l’enlèvement par Boko Haram, le mois dernier dans le nord-est du Nigéria, près de la frontière du Cameroun et du Tchad, de plus de 200 lycéennes.


Dans une déclaration présidentielle, le Conseil de sécurité, s’est dit également préoccupé par « l’insécurité maritime dans le golfe de Guinée, le commerce illicite d’espèces sauvages et la criminalité transnationale organisée ».


En outre, « le Conseil condamne, de nouveau, fermement les attaques inqualifiables, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité, ainsi que les violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme perpétrés par l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), y compris le recrutement et l’emploi d’enfants en période de conflit armé, les meurtres, les mutilations, les viols, l’esclavage sexuel, autres violences sexuelles et enlèvements qui lui sont imputables ».


Le Conseil « encourage vivement » les États voisins à coopérer avec la Force régionale d’intervention de l’Union africaine dans la région afin de mettre fin à la menace que représente la LRA.


Il exhorte ainsi les missions des Nations Unies et de l’Union africaine dans la région, notamment la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), à poursuivre leur lutte contre la LRA.


M. Moussa, qui effectuait devant le Conseil de sécurité sa dernière intervention en cette qualité, et dont son rôle de chef de file au service de la consolidation de la paix et de la prévention des conflits dans la région d’Afrique centrale a été salué par les membres du Conseil, a souligné que la situation politique et sécuritaire en Afrique centrale restait fragile. 


La violence « a mis à mal les efforts déployés pour promouvoir et garantir la stabilité dans la sous-région », tandis que « de nouveaux défis transfrontaliers ont émergé », a expliqué le Représentant spécial, qui présentait le rapport du Secrétaire généralsur les activités du BRENUAC et sur les zones où sévit la LRA*.


« En particulier, l’explosion des violences communautaires en République centrafricaine depuis décembre 2013 a eu un impact régional considérable, compte tenu des conséquences graves de la crise sur les plans sécuritaire, économique et humanitaire pour les pays voisins. »


De même, a estimé M. Moussa, les violences déclenchées au Soudan du Sud depuis décembre 2013 mettent en péril la mise en œuvre de l’initiative de coopération régionale de l’Union africaine pour l’élimination de la LRA.  La crise au Soudan du Sud a, en effet, conduit les gouvernements de l’Ouganda et du Soudan du Sud à retirer une partie de leurs troupes de la Force régionale d’intervention de l’Union africaine chargée de lutter contre la LRA.


Le groupe Boko Haram, basé au Nigéria, est un autre sujet de grande préoccupation pour l’Afrique centrale, a-t-il ajouté, en notant que le groupe islamiste continuait de profiter de la porosité des frontières entre le nord-est du Nigéria et les États voisins et que la récente intensification de ses activités violentes avait de graves conséquences sécuritaires et humanitaires pour le Cameroun et le Tchad.


Au cours du débat, des délégations se sont félicitées des initiatives des États de la région pour lutter contre cette menace, le représentant de la France, rappelant, à cet égard, la tenue à Paris, samedi 17 mai, d’un sommet réunissant les pays limitrophes du Nigéria pour évoquer les problèmes de sécurité en lien avec Boko Haram.


« Boko Haram n’a pas d’autre ordre du jour que la couardise, le sadisme, l’ignorance et la mort, devenant ainsi l’adversaire de la communauté internationale », a déclaré la représentante des États-Unis, dont le pays est en communication étroite avec les responsables nigérians et met « tout en œuvre afin que les écolières enlevées par Boko Haram puissent regagner leurs familles ».


Pour le Nigéria, qui s’est concentré sur le seul rapport du Secrétaire général, la pleine mise en œuvre de la Stratégie régionale des Nations Unies visant à contrer la menace que représente la LRA et à remédier aux effets de ses activités « est cruciale » pour neutraliser ce groupe criminel. 


Son Représentant a demandé des ressources en temps opportun pour renforcer les capacités des pays où ce groupe armé opère et a appelé la communauté internationale à soutenir les efforts déployés par toutes les parties prenantes.


Par ailleurs, les membres du Conseil ont pris note de la mort annoncée à la fin de 2013 du commandant en second de la LRA, Okot Odhiambo, inculpé par la Cour pénale internationale (CPI), et de la capture du commandant de rang intermédiaire, Charles Okello, en avril 2014.


*S/2014/319


RÉGION DE L’AFRIQUE CENTRALE


Rapport du Secrétaire général sur les activités du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale et sur les zones où sévit l’Armée de résistance du Seigneur(S/2014/319)


Le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, relate, dans son rapport, les activités du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (BRENUAC) et les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la stratégie régionale des Nations Unies visant à contrer la menace que représente l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) et à remédier aux effets de ses activités.


Il rend compte des tendances d’ordre politique et sécuritaire majeures à l’œuvre dans la sous-région de l’Afrique centrale depuis la parution de son dernier rapport du 14 novembre 2013 (S/2013/671), des progrès réalisés par le BRENUAC dans l’exécution de son mandat et de l’action menée pour contrer la menace que fait peser l’Armée de résistance du Seigneur et remédier aux effets de ses activités.


La sous-région de l’Afrique centrale, écrit-il, a continué de connaître une dégradation de la situation générale en République centrafricaine s’accompagnant de répercussions toujours plus fortes à l’échelon régional, une expansion, au-delà du territoire nigérian, des activités de Boko Haram qui se sont étendues à d’autres pays de la sous-région, la menace du terrorisme ainsi que l’insécurité maritime dans le golfe de Guinée qui continue de susciter des préoccupations, le trafic des espèces sauvages et la criminalité transnationale organisée.  Ensemble, ces problèmes ont eu des incidences néfastes sur la situation humanitaire dans la sous-région, souligne-t-il.


Le Secrétaire général se dit inquiet des conséquences des combats entre l’armée nigériane et Boko Haram, qui ont provoqué le déplacement de dizaines de milliers de Nigérians vers le nord du Cameroun et le Tchad.


Il est également préoccupé par les agissements –notamment des enlèvements et attentats à la bombe meurtriers– auxquels se livre Boko Haram dans certains États de la sous-région.  Il se félicite des efforts qui sont faits pour renforcer la coopération aux frontières et engage les pays d’Afrique centrale concernés à coopérer avec le Nigéria pour mettre rapidement un terme aux activités des groupes armés et extrémistes qui continuent de compromettre la paix et la stabilité dans la région.


Il salue également la détermination des États de la région à aller de l’avant dans l’élaboration du plan pour la mise au point d’une stratégie intégrée de lutte contre le terrorisme et les armes légères et de petit calibre en faveur de l’Afrique centrale.  Le BRENUAC continuera d’appuyer ces efforts, en collaboration avec les entités des Nations Unies concernées.


Par ailleurs, estime le Secrétaire général, les pertes financières que la piraterie et l’insécurité maritime dans le golfe de Guinée représentent pour l’économie des États membres de l’Afrique centrale sont colossales.  Il salue les importants progrès qui ont été faits pour asseoir plus solidement la gestion durable des affaires maritimes en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale et se félicite de l’adoption officielle, à la vingt-deuxième session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, de la Stratégie maritime africaine intégrée à l’horizon 2050.


De même, il se félicite des initiatives prises par les chefs d’État, les pays d’Afrique centrale et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) pour s’attaquer au problème du commerce illicite d’espèces sauvages.  Il demeure préoccupé par les liens qui existent entre le commerce illicite d’espèces sauvages et les groupes armés qui sévissent dans la sous-région, en particulier la LRA.  Le BRENUAC continuera d’aider la sous-région à mettre au point des stratégies concertées pour faire face à ce problème, assure-t-il.


Tout en prenant note des préoccupations de certains États en ce qui concerne la libre circulation des personnes et des biens, le Secrétaire général encourage la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) à continuer de s’employer, en collaboration avec le BRENUAC, à accroître l’intégration politique et économique des États d’Afrique centrale, ce qui permettra de renforcer le développement de la région.


M. Ban salue les avancées enregistrées dans la lutte contre la menace que représente la LRA et se félicite de la fructueuse coopération qu’entretiennent le BRENUAC et l’Union africaine ainsi que des contributions versées par les pays dans lesquels sévit la LRA, le système des Nations Unies, les organisations non gouvernementales et les donateurs.


En outre, le Secrétaire général exhorte la Force régionale d’intervention de l’Union africaine et la MISCA à mieux coordonner leurs activités d’ici au 15 septembre prochain, date à laquelle sera opéré le transfert des responsabilités de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA).


Déclarations


M. ABOU MOUSSA, Représentant spécial du Secrétaire général, qui présentait le sixième rapport du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (BRENUAC), a souligné que la situation politique et sécuritaire en Afrique centrale restait fragile.  Depuis le dernier rapport publié en novembre 2013, la violence a mis à mal les efforts déployés pour promouvoir et garantir la stabilité dans la sous-région.  Par ailleurs, de nouveaux défis transfrontaliers ont émergé.


L’explosion des violences communautaires en République centrafricaine depuis décembre 2013 a eu un impact régional considérable, compte tenu des conséquences graves de la crise sur les plans sécuritaire, économique et humanitaire pour les pays voisins, a-t-il dit.


M. Moussa a estimé que les violences déclenchées au Soudan du Sud depuis décembre 2013 mettaient en péril la mise en œuvre de l’initiative de coopération régionale de l’Union africaine pour l’élimination de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA).  La crise au Soudan du Sud a en effet conduit les gouvernements de l’Ouganda et du Soudan du Sud à retirer une partie de leurs troupes de la Force régionale d’intervention de l’Union africaine chargée de lutter contre la LRA.


Le groupe Boko Haram, basé au Nigéria, est un autre sujet de grande préoccupation pour l’Afrique centrale, a-t-il ajouté, en notant que le groupe islamiste continuait de profiter de la porosité des frontières entre le nord-est du Nigéria et les États voisins, et que la récente intensification de ses activités violentes avait de graves conséquences sécuritaires et humanitaires pour le Cameroun et le Tchad.


Le mois dernier, les enlèvements par Boko Haram de plus de 200 lycéennes, près de la frontière du Cameroun et du Tchad, et les indications par ses dirigeants que les filles seraient vendues a entraîné, à juste titre, une ferme condamnation de la communauté internationale, a-t-il souligné.


Le rapport, a indiqué le Représentant spécial, détaille les initiatives du BRENUAC en vue de promouvoir la stabilité dans la sous-région.  Ses missions au Tchad, au Cameroun, au Congo et en République démocratique du Congo (RDC) ont mis en évidence les conséquences régionales de la crise en République centrafricaine, y compris les défis humanitaires auxquels sont confrontés les gouvernements et les agences des Nations Unies.


Ces États ont également exprimé la crainte que les flux d’armes, les activités de groupes armés et de la violence sectaire ne se propagent à travers les frontières de la République centrafricaine et ne menacent leur propre stabilité.


Le BRENUAC, a-t-il expliqué, a poursuivi sa collaboration avec l’Union africaine pour coordonner les efforts internationaux dans le cadre de la stratégie régionale des Nations Unies visant à contrer la menace que représente l’Armée de résistance du Seigneur et à remédier aux effets de ses activités. 


Il a informé le Conseil de sécurité que le nombre de décès liés à la LRA, les enlèvements et les personnes déplacées avaient continué de diminuer, tandis que les opérations militaires et la campagne de défections avaient encore affaibli la LRA.


Après avoir énuméré les différentes réalisations obtenues au cours de son mandat de trois ans de Représentant du Secrétaire général et de Chef du BRENUAC, M. Moussa a souligné qu’en dépit des efforts déployés par les dirigeants des pays d’Afrique centrale et de leurs populations, la sous-région demeurait fragile et avait toujours besoin d’un soutien continu de la communauté internationale, en particulier de l’Organisation des Nations Unies.


Il s’est dit convaincu qu’avec le soutien constant et l’orientation de ce Conseil, le BRENUAC continuera à jouer un rôle déterminant pour soutenir les États de la sous-région à faire face aux défis urgents qui menacent la paix, la stabilité et le développement en Afrique centrale.


M. MARK LLYAL GRANT (Royaume-Uni) a, lui aussi, déploré la situation qui prévaut actuellement en Afrique centrale, des ravages de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) en passant par la crise en République centrafricaine.  Pour le représentant britannique, il faudrait renforcer l’efficacité des patrouilles menées le long des frontières en pariant sur la coopération transfrontalière entre États limitrophes et opérations de maintien de la paix des Nations Unies déployées dans la région.  Le représentant a également déploré les ravages causés à la faune et à la bonne gouvernance en Afrique centrale par le braconnage et le trafic d’ivoire qui en découle.  En Centrafrique, a rappelé M. Lyall Grant, les groupes armés continuent de se livrer à des actes de terreur partout dans le pays.  C’est pourquoi sa délégation s’est félicitée de la décision du Conseil d’autoriser le déploiement de la MINUSCA.  Il a ensuite condamné les agissements de Boko Haram, un groupe « moralement abject » contre lequel la communauté internationale doit s’unir.  Le BRENUAC joue, pour le représentant, un rôle vital dans la coordination des efforts et dans l’élaboration de solutions à l’échelle régionale contre tous ces problèmes.


M. GÉRARD ARAUD (France) a déclaré que, malheureusement, le rapport du Secrétaire général était l’illustration d’une dégradation alarmante de la situation politique, sécuritaire et humanitaire dans la région.  Il a rappelé que lors de la précédente réunion de ce Conseil en novembre 2013, sa délégation avait lancé un cri d’alarme sur la situation en République centrafricaine pour mobiliser ses partenaires sur cette crise trop longtemps ignorée.  « Six mois plus tard, les conséquences régionales que nous anticipions sont désormais une réalité et la crise humanitaire dans ce pays une tragédie. »  Heureusement, a poursuivi le représentant, la communauté internationale -et ce Conseil- s’est mobilisée.


De son côté, a noté M. Araud, l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) a profité du vide sécuritaire dans certaines zones reculées de cet immense pays qu’est la Centrafrique, ainsi que vraisemblablement de complicités avec certains groupes armés dont les ex-Séléka.  « Nous devons donc nous assurer que les membres de la LRA ne puissent pas prospérer dans ces zones, de même que dans l’enclave de Kafia Kingi, à la frontière de la Centrafrique, du Soudan et du Soudan du Sud, où Joseph Kony et son entourage auraient à nouveau trouvé refuge. »


Se félicitant des actions de la force régionale de l’Union africaine pour lutter contre ce groupe, le représentant de la France a souhaité qu’elles s’accompagnent de la poursuite des efforts humanitaires en faveur des victimes.  « Enfin, nous ne devons pas oublier la nécessité de justice et c’est pourquoi, il faut traduire en justice les principaux dirigeants de l’Armée de résistance du Seigneur.  M. Joseph Kony est visé par un mandat d’arrêt international délivré par la Cour pénale internationale le 8 juillet 2005.  Ce mandat n’a toujours pas été exécuté, a fait remarquer M. Araud.  « Nous encourageons les États parties au Statut de Rome concernés à renforcer leur coopération et leur collaboration avec la CPI afin que M. Kony soit arrêté et remis à la Cour et rende compte de ses actes abominables devant la justice.


Alors que la menace de la LRA s’affaiblit, a continué M. Araud, c’est à un autre mouvement dont nous assistons à l’émergence sur la scène régionale: les groupes terroristes Boko Haram et Ansaru.  À ce titre, les enlèvements de centaines de jeunes filles et la multiplication des attentats revendiqués par Boko Haram au Nigéria sont révoltants, a-t-il dénoncé.  « Le rapport du Secrétaire général sur l’Afrique centrale met en lumière les conséquences régionales des activités de ce groupe sur le Cameroun et on ne peut les exclure sur la République centrafricaine et sur le Tchad. »  Il s’est ainsi félicité des initiatives des États de la région pour lutter contre cette menace, en assurant de l’entier soutien de la France, par la tenue à Paris, samedi 17 mai, d’un sommet réunissant les pays limitrophes du Nigéria pour évoquer les problèmes de sécurité en lien avec Boko Haram.


« Terrorisme donc, mais aussi braconnage, trafics d’espèces menacées, trafics de drogues, piraterie, les menaces transversales dans cette région ne manquent pas.  Avec l’effondrement du Soudan du Sud dans la guerre civile le 15 décembre dernier, il y a peu de place pour l’optimisme », a conclu le représentant avant d’encourager les États de la région, ainsi que les organisations sous-régionales, à poursuivre leur coopération.


M. EDUARDO GÁLVEZ (Chili) a affirmé notamment que la crise en République centrafricaine et au Soudan du Sud avaient créé des vulnérabilités sur le plan de la sécurité dont la LRA pourrait tirer parti.  Il a appelé à redoubler d’efforts pour éliminer ce groupe.


La communauté internationale doit continuer à appuyer les pays de l’Afrique centrale pour contribuer à garantir la paix et la sécurité, a-t-il dit.  À cet égard, il a salué les récentes visites en République centrafricaine et au Soudan du Sud du Secrétaire général, M. Ban Ki-moon.


La communauté internationale doit aider, en particulier, à relever le défi de masse que constitue le chômage de masse parmi les jeunes, en invitant le BRENUAC à évaluer les initiatives sur cette question.


Mme PHILIPPA KING (Australie) a déclaré que le défi le plus important qui se pose aujourd’hui en Afrique centrale était la situation en République centrafricaine, qui s’enfonce dans une spirale de violences et de représailles.  Elle s’est dite également préoccupée par la menace posée par les agissements de Boko Haram et de l’Armée de résistance du Seigneur.  La Cour pénale internationale, a-t-elle rappelé, a émis depuis maintenant 9 ans des mandats d’arrêt contre les dirigeants de la LRA, dont Joseph Kony, qui, à ce jour, ne sont toujours pas exécutés.  C’est pourquoi, a-t-elle insisté, il est indispensable de maintenir l’élan actuel, impulsé par le Groupe de travail régional de l’Union africaine, avec l’appui de l’Union européenne et des États-Unis.  « Nous sommes toutefois préoccupés par le fait que les crises en République centrafricaine et au Soudan du Sud puissent remettre en cause les progrès réalisés jusqu’à présent, en accaparant les ressources et les forces de sécurité régionales indispensables pour lutter contre la LRA », a prévenu Mme King.  


Dans ce contexte, a-t-elle souligné, il est d’une importance capitale que les Missions de l’Union africaine et des Nations Unies dans la région –la MONUSCO, la MINUSS, la MISCA/MINUSCA et la MINUAD– continuent de renforcer leurs échanges d’informations, leur coordination et leur coopération dans les efforts de lutte contre la LRA.  Les comités des sanctions et les groupes d’experts actifs dans la région sont également des composantes précieuses du dispositif, a fait observer la représentante de l’Australie.  Le BRENUAC doit être soutenu, ainsi que les efforts déployés au niveau régional, pour prendre en compte les autres défis qui se posent à la paix et à la sécurité en Afrique centrale, comme la prolifération des armes légères et de petit calibre et le braconnage.


Mme SAMANTHA POWER (États-Unis) a mis l’accent sur les risques d’explosion de la région, à laquelle il convient d’accorder la priorité.  Elle s’est dite, en particulier, choquée par la campagne de destruction entreprise par le groupe Boko Haram qui étend ses activités criminelles à l’est du pays et s’en prend à des civils sans défense.


Boko Haram n’a pas d’autre ordre du jour que la couardise, le sadisme, l’ignorance et la mort, devenant ainsi l’adversaire de la communauté internationale.  Les États-Unis sont en communication étroite avec les responsables nigérians et mettent tout en œuvre afin que les lycéennes enlevées par Boko Haram puissent regagner leurs familles. 


Les efforts de la communauté internationale et de la société ont permis de réduire le nombre de combattants de la LRA, s’est-elle félicitée, en saluant également la baisse des activités criminelles de ce groupe.  Il faudrait travailler avec les dirigeants locaux pour permettre aux communautés touchées de se redresser, a-t-elle estimé. 


La représentante a souligné que son pays avait versé, au cours des trois dernières années, 87 millions de dollars pour aider les communautés touchées par la LRA, en particulier sur le plan humanitaire.  Après tant d’années de brutalité de la part de ce groupe, aucun État ne devrait l’abriter ou lui fournir un appui, a ajouté Mme Power. 


La déléguée des États-Unis s’est également dite préoccupée par la situation politique intérieure au Burundi.  Elle a insisté sur la nécessité de déployer tous les efforts nécessaires en vue d’assurer la diplomatie préventive à cet égard.


M. EUGÈNE-RICHARD GASANA (Rwanda) a, lui aussi, déploré les multiples menaces qui pèsent sur l’Afrique centrale.  Toutefois, a-t-il affirmé, plusieurs pays ont enregistré des progrès significatifs dans la lutte contre l’Armée de résistance du Seigneur, dont le nombre d’attaques et d’enlèvements en République centrafricaine et en République démocratique du Congo a diminué par rapport aux années précédentes.  En outre, la LRA connaît de plus en plus de désertions.  Ce groupe armé n’en reste pas moins dangereux, a-t-il dit.  « Nous pensons que les activités de coordination déployées par le BRENUAC sont d’une importance vitale dans le cadre des efforts déployés par les pays de la région et leurs partenaires contre la LRA », a déclaré M. Gasana.  Il s’est également dit préoccupé par les agissements de Boko Haram, qui exigent que les opérations de sécurisation et les patrouilles transfrontières soient renforcées le plus rapidement possible.  Ces menaces ont aussi un impact économique, puisqu’elles découragent les investissements directs étrangers, a fait observer le représentant.  Enfin, a-t-il estimé, compte tenu de la situation en RCA, le BRENUAC devrait recevoir des ressources supplémentaires pour pouvoir s’acquitter pleinement de son mandat.


Mme RITA KAZRAGIENE (Lituanie) a constaté la forte baisse des combattants de l’Armée de résistance du Seigneur, ainsi que celle du nombre total d’attaques imputables à ce groupe terroriste.  Toutefois, la menace posée par ce groupe persiste, a-t-elle dit, en estimant que la communauté internationale ne devrait pas faire preuve de complaisance et que le rôle du BRENUAC était essentiel.


La détérioration de la sécurité en République centrafricaine et au Soudan du Sud risque de saper les progrès atteints à ce jour.  Elle a ainsi noté avec préoccupation l’augmentation des activités de la LRA en République centrafricaine.  Elle a exhorté tous les pays concernés de la région à respecter leurs engagements dans la lutte contre la LRA.  Elle a aussi jugé crucial d’assurer une coopération transfrontalière étroite et un partage d’informations entre les acteurs de la région.


La représentante a, en outre, exprimé sa préoccupation face aux activités du groupe terroriste Boko Haram, lequel constitue une menace pour la sécurité de toute la région.  Elle a condamné fermement les actes de violence contre les écolières de Chibok, dans l’État de Borno, au Nigéria.  Il s’agit d’une grave violation des lois nationales et internationales, a-t-elle dit. 


L’enlèvement, la violence et l’exploitation sexuelle constituent de graves violations du droit international humanitaire et du droit international relatif aux droits de l’homme et peuvent constituer des crimes contre l’humanité tels que définis dans le Statut de Rome et, par conséquent, la Cour pénale internationale (CPI) doit connaître des crimes commis par le groupe Boko Haram.


M. MAHAMAT ZENE CHERIF (Tchad) a déclaré que si la sécurité dans l’est de la RDC s’est améliorée à la suite de la défaite du M23, la situation n’en demeure pas moins précaire.  Il a ensuite dénoncé les violences « inimaginables » perpétrées en République centrafricaine (RCA), qui s’est vidée de la moitié de sa population et est devenue le théâtre d’affrontements entre bandes rivales.  C’est dans ce contexte que la MINUSCA doit être déployée au plus tard le 15 septembre prochain. 


Dans l’intervalle, le représentant du Tchad a estimé que des mesures urgentes devraient être prises pour consolider l’autorité de l’État sous toutes ses formes, assurer la sécurité des civils, garantir l’accès des populations à l’aide humanitaire et payer les salaires des fonctionnaires.  Pour sa délégation, ces mesures devraient pouvoir faciliter le retour des personnes déplacées et le déploiement de l’opération de maintien de la paix.  Le représentant tchadien s’est félicité de la stratégie mise en œuvre par le BRENUAC contre les agissements de la LRA et de l’appui fourni par les États-Unis en ce sens.


M. WANG MIN (Chine) a mis l’accent sur la nécessité d’accorder la priorité à la stabilisation de la situation régionale dans les meilleurs délais.  Le délégué de la Chine a appelé la communauté internationale à accélérer le soutien apporté à la République centrafricaine dans ses efforts en vue de retrouver une situation normale.


Le délégué chinois a en outre souligné l’importance du développement économique pour la stabilité à long terme de la région.  L’appropriation des pays doit être respectée, a-t-il également déclaré. 


M. OLIVIER MAES (Luxembourg) s’est félicité des avancées réalisées contre l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), tout en se déclarant inquiet des informations qui font état de la présence de dirigeants de ce groupe dans une enclave située aux confins du Soudan et du Soudan du Sud.  Rappelant que la crise dans ce pays avait été l’origine du redéploiement des forces onusiennes dans la région, le représentant a émis l’espoir que l’accord de cessez-le-feu, conclu vendredi dernier, permettrait de relancer les efforts de lutte contre la LRA.  Sur ce plan, les échanges d’informations entre opérations de maintien de la paix déployées en Afrique centrale sont vitales pour mettre fin aux agissements de ce groupe, a estimé le représentant.  Il a par ailleurs demandé aux pays de la région d’exécuter les mandats d’arrêt lancés contre les dirigeants de ce groupe par la Cour pénale internationale, il y a déjà 9 ans.  Le Luxembourg a en outre recommandé à la Force régionale d’intervention (FRI) de l’Initiative de coopération régionale conduite par l’Union africaine pour l’élimination de l’Armée de résistance du Seigneur d’intégrer la protection de l’enfance dans son mandat.  Avant de conclure, le délégué du Luxembourg s’est dit préoccupé par les liens qui existent entre le trafic illicite d’espèces animales et d’ivoire et les activités des groupes armés, ainsi que par l’enlèvement, par Boko Haram, de plus de 200 lycéennes dans le nord du Nigéria.


M. EIHAB OMAISH (Jordanie) a dit espérer que la situation en République centrafricaine s’améliorerait, en soulignant que la coopération et la coordination entre les acteurs régionaux et internationaux étaient indispensables, tout comme la détermination des pays de la région à respecter leurs engagements.


Pour contrer la menace que constitues les groupes de terroristes, il est indispensable de tout mettre en œuvre pour saper leurs activités, éliminer leurs sources de financement et mener à bien des opérations qualitatives contre ces groupes.  Le délégué jordanien a également mis l’accent sur la nécessité de renforcer le contrôle des frontières.  Il a notamment condamné l’enlèvement par Boko Haram des lycéennes de Chibok.


M. KAYODE LARO (Nigéria) a déclaré que sa délégation se limiterait à faire des commentaires sur le rapport du Secrétaire général dont le Conseil de sécurité est saisi, en se félicitant du fait que la LRA n’ait pas commis d’atrocités de masse au cours de la période considérée et que le nombre des enlèvements commis par ce groupe soit en déclin.  Ces succès, a-t-il affirmé, sont imputables à une amélioration de la sécurité grâce aux efforts du Groupe de travail régional de l’Union africaine, avec le soutien de ses partenaires internationaux. 


Notant l’absence de l’Armée de résistance du Seigneur au Soudan du Sud au cours de la période d’examen, le représentant du Nigéria a cependant déploré qu’elle ait été active en République centrafricaine (RCA) et en République démocratique du Congo, où elle a commis des attaques et des enlèvements.  En outre, les dirigeants de l’Armée de résistance du Seigneur ont contribué à l’instabilité en RCA afin de se regrouper dans le nord-est de ce pays.  Le représentant a ainsi émis l’espoir que le Groupe de travail régional prendrait toutes les mesures nécessaires pour remédier à cette situation.  La pleine mise en œuvre de la stratégie régionale est cruciale pour neutraliser la LRA, a-t-il dit, en demandant des ressources en temps opportun pour renforcer les capacités des pays où opère ce groupe criminel.  Le représentant du Nigéria a ainsi appelé la communauté internationale à soutenir les efforts déployés par toutes les parties prenantes.


M. FRANCISCO JAVIER DE ANTUENO (Argentine) s’est dit préoccupé par la crise en République centrafricaine, appelant le BRENUAC à continuer de collaborer avec les autorités de transition du pays.  Le délégué a condamné dans les termes les plus fermes les activités du groupe Boko Haram, en estimant que la création d’une force multinationale était un pas en avant pour mettre un terme aux activités de ce groupe.


Il s’est également félicité de l’affaiblissement de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), même si ce groupe demeure encore actif.  À cet égard, il a exprimé sa préoccupation face à la décision de l’Ouganda de redéployer ses contingents de la Force régionale d’intervention affectés aux opérations de lutte contre la LRA.


M. PETR V. ILIICHEV (Fédération de Russie) a déclaré qu’il avait appuyé les efforts déployés par les pays de la région et le BRENUAC contre l’Armée de résistance du Seigneur.  Il a noté la diminution des actes criminels commis par la LRA, un groupe qui ne comprendrait désormais pas plus que 350 personnes.  Les activités de cette bande ne représentent plus, de l’avis de sa délégation, une menace à la paix et à la sécurité internationales, a estimé le représentant, qui s’est félicité des succès remportés par la Force régionale d’intervention (FRI) de l’Initiative de coopération régionale conduite par l’Union africaine, notamment en République centrafricaine (RCA).  Toutefois, a-t-il ajouté, on ne pourra pleinement mettre fin à l’existence d’un tel groupe et rétablir la sécurité seulement par des voies militaires.  Pour la délégation russe, la réforme du secteur de la sécurité et la solution aux problèmes sociaux et économiques graves, ainsi qu’à la situation humanitaire dans les pays concernés contribueront à rétablir la stabilité.


M. OH JOON (République de Corée) a estimé que la Stratégie commune de l’Union africaine et de l’ONU avait joué un rôle central dans la lutte contre l’Armée de résistance du Seigneur.  Il s’est dit préoccupé par le fait que la détérioration de la situation en République centrafricaine pourrait profiter à la LRA. 


Le délégué a en outre dénoncé les activités criminelles irresponsables de Boko Haram, en condamnant en particulier l’enlèvement d’écolières. 


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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