L’année 2014 est cruciale pour la Somalie qui doit rester unie si elle veut surmonter ses défis sécuritaires et politiques, affirme le Chef de la MANUSOM

11 mars 2014
CS/11312

L’année 2014 est cruciale pour la Somalie qui doit rester unie si elle veut surmonter ses défis sécuritaires et politiques, affirme le Chef de la MANUSOM

11/3/2014
Conseil de sécurité
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Conseil de sécurité

7132e séance – matin

L’ANNÉE 2014 EST CRUCIALE POUR LA SOMALIE QUI DOIT RESTER UNIE SI ELLE VEUT SURMONTER

SES DÉFIS SÉCURITAIRES ET POLITIQUES, AFFIRME LE CHEF DE LA MANUSOM

Le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission d’assistance des Nations Unies en Somalie (MANUSOM), M. Nicholas Kay, a affirmé, ce matin devant le Conseil de sécurité, que le « meilleur espoir de paix et de stabilité » dans le pays, la Corne de l’Afrique et au-delà résidait dans une « Somalie unie, sécurisée et fédérale ».

Par vidéoconférence M. Kay, qui présentait le rapport* du Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, a estimé que « cet objectif est réalisable », précisant que la Somalie pouvait « atteindre son objectif d’obtenir une constitution, de réaliser un processus électoral à l’échelle nationale et une sécurité accrue d’ici à 2016 ».

La Somalie est aujourd’hui l’hôte de deux missions: la Mission de l’Union africaine (AMISOM) chargée du maintien de la paix et la Mission d’assistance des Nations Unies (MANUSOM) qui, créée par la résolution 2102 du 2 mai 2013, a pour tâche d’offrir les bons offices de l’ONU à l’appui du processus de paix et de réconciliation mené par le Gouvernement somalien et de fournir un appui sous forme d’orientations et de conseils stratégiques en matière de consolidation de la paix et d’édification de l’État.  La MANUSOM remplace le Bureau politique des Nations Unies pour la Somalie (UNPOS).

Le Chef de la MANUSOM a prévenu le Conseil de sécurité que « les temps sont durs et, à court terme, pourraient l’être plus encore ».  Il a noté que l’insécurité à Mogadiscio posait « des défis pour les Somaliens, les Nations Unies et la communauté internationale ». 

« 2014 est une année cruciale », a poursuivi M. Kay.  « Elle est marquée par des défis sécuritaires et politiques qui ne seront surmontés que si le Gouvernement fédéral de la Somalie et les partenaires internationaux restent unis et s’ils accélèrent la réalisation de leurs engagements mutuels. »

Selon le Chef de la MANUSOM, les Somaliens ont « désespérément besoin d’une amélioration de la sécurité ».  De même, « la réconciliation nationale doit être accélérée ».  Ainsi, « la création d’États fédéraux est essentielle à l’établissement d’une structure fédérale cohérente et efficace en Somalie ».

« Les efforts de réconciliation doivent continuer » et constitueront, a assuré M. Kay, un « outil supplémentaire dans la lutte contre les ennemis de la paix ».

Le Représentant spécial a notamment expliqué aux membres du Conseil de sécurité que la situation sécuritaire à Mogadiscio s’était détériorée depuis son dernier exposé, rappelant les attentats-suicide au mois de février contre un convoi des Nations Unies, le site présidentiel à la Villa Somalia et le quartier général des services de renseignement.

Le Gouvernement fédéral et la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) ont augmenté le nombre des opérations de sécurisation dans la ville, a-t-il dit, se réjouissant de la mise en œuvre rapide d’une nouvelle stratégie de sécurité de Mogadiscio, laquelle, a-t-il espéré, devra être soutenue activement par les partenaires internationaux de la Somalie.

Pour faire face aux menaces qui affectent sa sécurité et sa stabilité, « la Somalie a également besoin de ressources », a poursuivi M. Kay, qui a demandé instamment aux donateurs et aux partenaires de contribuer au fonds d’affectation spéciale pour la fourniture d’un soutien non létal à l'Armée nationale somalienne, conformément à la résolution 2124 (2013).

Le Représentant a expliqué qu’après près de trois mois de négociations, la Somalie avait désormais un nouveau Gouvernement fédéral, sous la direction du Premier Ministre Abdiweli Sheikh Ahmed. 

Il a ajouté que le 24 février, s’était tenue la première réunion du Forum de partenariat de haut niveau, l’organe supervisant la mise en œuvre du Pacte pour la Somalie qu’il copréside avec le Chef de l’État Hassan Sheikh Mohamud.  Le Forum a conclu que le moment était « venu pour le Gouvernement et les partenaires internationaux de convertir les plans en actions, les engagements en projets concrets et de faire de réels progrès politiques ».

Le Représentant spécial a indiqué que le Gouvernement fédéral était en train de finaliser un plan et un calendrier détaillés pour un processus conduisant à la formation d’États fédéraux, à une constitution définitive et la démocratisation d’ici à 2016.  « L’ONU est prête à jouer un rôle central dans le soutien de sa mise en œuvre », a-t-il dit.

M. Kay a également souligné que suite à la démission de l’ancien Gouverneur de la Banque centrale en novembre 2013, le Gouvernement avait fait des « progrès vers la reconstruction de la confiance nationale et internationale dans ses institutions financières ».

Le Chef de la MANUSOM est aussi revenu sur l’élection, le 8 janvier, de M. Abdiweli Mohamed Ali Gaas à la présidence de l’État somalien du Puntland, laquelle s’est déroulée pacifiquement.  Il s’est dit encouragé par l’engagement du nouveau Gouvernement en faveur de la reprise du processus de démocratisation du Puntland et le rétablissement des relations avec le Gouvernement fédéral de la Somalie.

« La promotion et le respect des droits de l’homme est au cœur de l’appui de la MANUSOM au Gouvernement fédéral », a par ailleurs affirmé le Représentant spécial, notant que l’ONU, l’AMISOM et l’Armée nationale somalienne œuvraient ensemble à fournir des formations sur les droits de l’homme, le droit international humanitaire et le droit des réfugiés.

Il s’est dit également « profondément préoccupé » par la poursuite des violences sexuelles en Somalie, se félicitant néanmoins de la mise en œuvre des recommandations de l’Équipe d’experts de l’état de droit et des questions touchant les violences sexuelles commises en période de conflit, établie en vertu de la résolution du Conseil 1888 (2009), qui s’est rendue en Somalie en décembre 2013.

M. Kay a d’autre part rappelé que la crise humanitaire du pays était « parmi les plus grandes et les plus complexes au monde », précisant que l’on estimait à 2,9 millions le nombre de personnes qui auraient besoin d’une aide nécessaire pour la survie au cours des six prochains mois.  « Les améliorations récentes de la situation humanitaire sont fragiles et risquent d’être compromises si la tendance actuelle d’un financement faible et lent de l’appel humanitaire de 2014 se poursuit. »

Il a en outre souligné que le 10 décembre 2013, avait été signé un accord tripartite entre les Gouvernements du Kenya, de la Somalie et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) pour le rapatriement volontaire des réfugiés somaliens au Kenya.  « Mais la situation en Somalie n’est pas encore propice à un retour à grande échelle des réfugiés », a-t-il dit, des arrivées de masse pouvant, en effet, « entraîner une instabilité et aggraver la situation humanitaire dans le pays ».

Le Chef de la MANUSOM a demandé instamment à la communauté internationale de continuer à fournir l’appui nécessaire en vue de « renforcer la capacité du Gouvernement fédéral à entreprendre le travail important qui reste ».  « Les Somaliens ont besoin de voir et de comprendre les bénéfices d’un accroissement de la paix et de la stabilité », a-t-il affirmé.

« Après près d’un quart de siècle de guerres, d’effondrement de l’État et d’immenses souffrances humaines, les Somaliens sont déterminés à construire une paix durable », a conclu le Représentant spécial, ajoutant: « Ils ont besoin et méritent notre soutien ».

Le représentant de la Somalie, M. Elmi Ahmed Duale, a rappelé que le Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale, M. Abdirahman Duale Beyle, avait, le 5 mars dernier, exprimé l’engagement de son pays à répondre aux exigences imposées dans la résolution 2142 (2014) du Conseil de sécurité portant sur l’embargo sur les armes qui le frappe. 

Le délégué somalien a mis l’accent sur la nécessité de renforcer les capacités du Gouvernement fédéral de pourvoir en toute sûreté et transparence à l’entreposage, à la distribution et à la gestion des armes et du matériel militaire, y compris d’exercer toutes activités de contrôle et de vérification.

En outre, M. Duale a souligné l’importance du fonds d’affectation spéciale pour les organes de sécurité, « nécessaire le plus rapidement possible », a-t-il dit.  « Toutes les promesses de dons doivent être respectées », a-t-il déclaré, ajoutant qu’elles contribueraient à « aider le Gouvernement somalien à remplir ses obligations ».

* S/2014/140

LA SITUATION EN SOMALIE

Rapport du Secrétaire général sur la Somalie (S/2014/140)

Le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, dans son rapport sur la Somalie, qui porte sur les principaux faits intervenus du 16 novembre 2013 au 15 février 2014, observe que la désignation d’un nouveau premier ministre en décembre 2013 et la formation d’un nouveau gouvernement en janvier 2014 à l’issue d’un processus constitutionnel ont montré que les institutions politiques de la Somalie continuaient d’évoluer dans la bonne direction.

Le Secrétaire général affirme accueillir favorablement l’engagement pris publiquement par le Premier Ministre, M. Abdiweli Sheikh Ahmed, de prendre des mesures sans tarder afin d’atteindre les objectifs convenus dans le Pacte pour la Somalie. 

Il importe de faire progresser les priorités nationales, notamment la formation des États fédéraux, la réconciliation politique dans les régions somaliennes et l’accélération de la révision de la Constitution et de la mise en œuvre de la nouvelle Constitution.  Il est également primordial de renforcer la gestion des finances publiques.

De même, il accueille favorablement les progrès accomplis dans la mise en œuvre de l’Accord d’Addis-Abeba d’août 2013, notamment les mesures prises en vue de l’établissement d’un conseil exécutif et d’une assemblée régionale.  L’un et l’autre devraient être ouverts à tous, agir dans l’intérêt de toutes les populations et régler les problèmes à mesure qu’ils surgissent.

Le Secrétaire général engage les parties somaliennes à continuer de progresser et d’agir en faveur de la mise en œuvre de tous les aspects de l’Accord dans un esprit de dialogue et de compromis.

La Somalie continue de faire face à des problèmes de sécurité considérables, estime M. Ban dans son rapport.  Il rend hommage à la Mission d'assistance des Nations Unies en Somalie (MANUSOM) et à l’Armée nationale somalienne pour les sacrifices qu’elles continuent de faire dans la lutte contre les Chabab. 

Il félicite la direction de la Commission de l’Union africaine d’avoir élaboré un nouveau concept d’opérations pour la MANUSOM, en concertation avec le Gouvernement fédéral somalien, l’ONU et la communauté internationale, en application de la résolution 2124 (2013) du Conseil de sécurité.

Il exhorte tous les partenaires internationaux et les États membres de l’Union africaine à fournir un appui adéquat à la MANUSOM, notamment sous forme de multiplicateurs de force, afin de l’aider à s’acquitter efficacement de son mandat.

Selon M. Ban, les progrès politiques et les progrès sur les plans de la sécurité et du développement en Somalie peuvent encore être remis en cause.  Les moyens militaires ne suffiront pas à faire aboutir la campagne contre les Chabab. 

Il accueille favorablement le mécanisme de coordination institué par le Gouvernement fédéral somalien en vue de relier les offensives militaires, les mesures politiques et les efforts de stabilisation.  Une démarche multidimensionnelle, écrit-il, est essentielle si l’on veut consolider les progrès militaires et veiller à ce que le pays tout entier tire parti d’une meilleure gouvernance, de l’état de droit, des débouchés économiques et des services de base.

M. Ban demande de nouveau au Gouvernement de placer les droits de l’homme au premier plan de son programme de renforcement de l’État, conformément à la Constitution provisoire et à ses obligations internationales.  Cela comprend notamment la création de la Commission nationale des droits de l’homme, l’instauration d’un moratoire sur l’application de la peine de mort et la promotion des droits et de l’autonomisation de la femme.

Enfin, le Secrétaire général exhorte la communauté internationale à contribuer généreusement à la procédure d’Appel global pour la Somalie de 2014, car il est capital de maintenir le niveau d’assistance à la Somalie si l’on veut éviter que les gains réalisés jusqu’à présent ne soient remis en question.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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