Assemblée générale: l’OMS met les États face à leur responsabilité de créer l’environnement social nécessaire à la lutte contre les maladies non transmissibles

10 Juillet 2014
AG/11530

Assemblée générale: l’OMS met les États face à leur responsabilité de créer l’environnement social nécessaire à la lutte contre les maladies non transmissibles

10/7/2014
Assemblée générale
AG/11530
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-huitième session

100e & 101e séances plénières

matin & après-midi

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE: L’OMS MET LES ÉTATS FACE À LEUR RESPONSABILITÉ DE CRÉER L’ENVIRONNEMENT SOCIAL NÉCESSAIRE

À LA LUTTE CONTRE LES MALADIES NON TRANSMISSIBLES

Trois ans après la Déclaration politique de 2011, l’Assemblée générale a tenu aujourd’hui une Réunion de haut niveau sur l’étude et l’évaluation des progrès accomplis dans la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles, au cours de laquelle la Directrice générale  de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Mme Margaret Chan, a placé les États face à leur responsabilité de créer l’environnement social nécessaire à la victoire contre ce fléau.  La Réunion de haut niveau a donné lieu à un « Document final  »* dans lequel les ministres et représentants d’État fixent des objectifs à réaliser d’ici à 2025. 

Les maladies non transmissibles dont les plus fréquentes sont les maladies cardiovasculaires, les cancers, les maladies respiratoires chroniques et le diabète ont tué 36 millions de personnes en 2008 et en tueront 44 millions en 2020, selon l’OMS.  Elles sont pour la plupart liées à quatre facteurs de risque courants, à savoir le tabagisme, l’abus d’alcool, une alimentation malsaine et le manque d’activité physique. 

Les facteurs de risque de ces maladies sont devenus une partie intégrante du tissu même de la société moderne, s’est résignée la Directrice de l’OMS, Mme Margaret Chan, en prévenant que les gouvernements ne devraient pas assumer que les maladies non transmissibles relèvent du seul ressort du secteur de la santé car c’est à eux qu’incombe la responsabilité de la prévention, clef de la victoire.

Les défis sont énormes et ils exigent des changements dans la manière dont le progrès social est mesuré, dont les gouvernements travaillent, dont les responsabilités sont assignées et dont les frontières entre les différents secteurs d’un gouvernement sont définies. 

La Directrice de l’OMS a dénoncé une situation où les ministères de l’agriculture ne s’occupent que de la quantité et de la sûreté de la production agricole, où les ministères de l’éducation ne pensent pas forcément à améliorer les cantines, à supprimer les distributeurs de snacks ou à faire de l’éducation physique une partie intégrante des programmes scolaires, et où les ministères du commerce continuent à promouvoir les investissements étrangers directs, donnant toute la latitude à l’industrie du tabac pour attaquer les autorités publiques qui ont osé introduire des mesures pour inverser la tendance du tabagisme.

Dans leurs interventions, ministres et représentants ont décrit leur politique de prévention, dont les pressions sur l’industrie agroalimentaire pour réduire les taux de sel, de sucre et d’acides gras insaturés dans les aliments.   « Une société en bonne santé produit plus et coûte moins », a commenté la représentante de l’Italie.  En effet, d’après l’Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Mme Helen Clark, les coûts économiques des quatre principales maladies non transmissibles devraient dépasser, dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, les 7 000 milliards de dollars entre 2011 et 2025, soit l’équivalent de 500 milliards de dollars par an, ou 4% du PNB de ces pays en 2010.

Fière que « la diète méditerranéenne » soit inscrite au patrimoine mondial de l’humanité, la représentante de l’Italie a voulu que l’on évite des systèmes d’évaluation des aliments basés sur les profils nutritionnels ou pire, des graphiques qui, de manière injustifiée, mettent l’accent sur la composition sans tenir compte de la fréquence avec laquelle on consomme.  La représentante s’est aussi dite « perplexe » devant les approches visant à majorer les taxes car elles pourraient pousser le consommateur vers des produits de faible qualité nutritionnelle. 

Le « Document final » de la Réunion de haut niveau fixe des objectifs nationaux pour 2025.  Notre feuille de route est en place, il s’agit maintenant de la mettre en œuvre, ont encouragé les représentants de Monaco et de la Suisse qui, avec d’autres, ont insisté pour que les maladies non transmissibles aient toute leur place dans le programme de développement pour l’après-2015.  Mais, a mis en garde le représentant suisse, il faut tirer les leçons de la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) qui montrent qu’il faut dépasser l’approche en silos. 

Le futur objectif relatif à la santé devrait inclure de cibles allant au-delà du secteur de la santé, en parallèle, les cibles liées à la santé devraient être intégrées dans les autres objectifs, par exemple, ceux relatifs à la sécurité alimentaire et à la nutrition, à l’éducation ou encore à l’eau.        

Dans le Document final, le Secrétaire général est invité à soumettre à l’Assemblée générale avant la fin de 2017, un rapport sur les progrès accomplis en prévision d’un bilan global prévu pour 2018. 

Les ministres et représentants, confirmant le chef de file de l’OMS, se sont félicités du Plan d’action mondial de l’OMS 2013-2020 et des neuf indicateurs, de la création de l’Équipe interorganisations des Nations Unies et du mécanisme de coordination mondial.  Ils relayent la demande faite à la Directrice générale de l’OMS visant à ce qu’elle prépare un cadre d’action à l’échelle nationale pour adaptation à différents contextes.   

* A/68/L.53

RÉUNION DE HAUT NIVEAU SUR L’ÉTUDE ET L’ÉVALUATION D’ENSEMBLE DES PROGRAMMES ACCOMPLIS DANS LA PRÉVENTION ET LA MAÎTRISE DES MALADIES NON TRANSMISSIBLES

Déclarations liminaires

M. JOHN ASHE, Président de l’Assemblée générale, a souligné que les maladies non transmissibles sont désormais reconnues par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) comme la cause la plus importante des morts et des handicaps dans le monde, responsable de quelque 36 millions de morts en 2008, soit 63% des 57 millions de morts.  L’OMS dit aussi qu’en 2020, le nombre des morts imputables à ces maladies passera à 44 millions par an.  Trois ans après la Déclaration politique de 2011, beaucoup a été fait, a reconnu le Président, mais de nombreux pays en développement n’ont toujours pas les ressources techniques et financières pour mener une véritable action multisectorielle contre les impacts sur la santé et le développement socioéconomique des maladies non transmissibles, alors que c’est chez eux que 80% des morts dues à ces maladies sont enregistrées.  Chaque année plus de 14 millions y meurent prématurément entre l’âge de 30 et de 70 ans.  En fait, le quart de ces morts frappent les personnes de moins de 60 ans. 

Le fardeau sur la santé et l’économie que représentent les maladies non transmissibles a gravement compromis le développement de nombreux pays en développement, en particulier des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, a rappelé le Président.  L’incidence de ces maladies dans les régions du Pacifique et des Caraïbes est « très troublante ».  Quelque 25% de la population de ces deux régions souffrent de l’une ou l’autre maladie non transmissible.  Les pays de ces régions, faut-il le rappeler, ont une très petite population et ce sont précisément ceux qui sont dans leurs années les plus productives et qui devraient faire la plus grande contribution au développement national, qui sont frappés. 

L’OMS, a poursuivi le Président, signale qu’en 2010, le nombre d’enfants de moins de 5 ans en surcharge pondéral était de 42 millions, dont 35 millions dans les pays en développement.  Cette situation pose une question qui n’a pas vraiment été traitée à la Conférence Rio+20 sur le développement durable ou dans les débats sur le programme de développement pour l’après-2015, a estimé le Président.  C’est la question des modes de vie, et de la consommation et de la production durables qui doit faire partie de toute discussion sur les moyens d’inverser les tendances des maladies non transmissibles. 

Le Président a révélé que pendant les auditions informelles qu’il a tenues, il a été dit qu’à l’heure actuelle environ 31 milliards de dollars d’aide publique sont alloués au secteur de la santé et que seuls 377 millions vont aux maladies non transmissibles. 

Mme SUSANA MALCORRA, Chef de Cabinet du Secrétaire général de l’ONU, a lu un message de M. Ban Ki-moon, dans lequel ce dernier espère que la prochaine réunion de haut niveau de l’Assemblée générale en 2018 permettra de faire des évaluations réelles.  Le succès dans la lutte contre les maladies non transmissibles dépendra de la faculté des pays à adopter des mesures plus audacieuses.  Le système de l’ONU doit faire des maladies non transmissibles une priorité.   Le Secrétaire général rappelle d’ailleurs qu’il a créé, l’année dernière, l’Équipe spéciale interorganisations des Nations Unies pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles, dirigée par l’OMS.  L’Équipe aide les pays à mettre en œuvre le Plan d’action de l’OMS qui vise à réduire de 25% les morts prématurées dues aux maladies non transmissibles d’ici à 2025.  Aujourd’hui, estime le Secrétaire général, la Réunion de haut niveau peut définir les actions concrètes que les pays doivent mener jusqu’en 2018, et les mesures identifiées dans le Document final peuvent lever les obstacles à une bonne santé qui barrent la vie d’un nombre trop élevé de personnes dans le monde.     

Mme MARGARET CHAN, Directrice générale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a relevé que 95% des 172 pays qui ont répondu au questionnaire de l’OMS, ont une unité ou un département au Ministère de la santé qui s’occupe des maladies non transmissibles.  La moitié d’entre eux ont désormais un plan opérationnel intégré doté d’un budget spécifique.  Le nombre de pays qui mènent des études sur les facteurs de risque est passé de 30% en 2011 à 63% l’année dernière.  En un mot comme en 100, de plus en plus de pays mettent en place les fondamentaux, a indiqué Mme Chan.

Devant les progrès malgré tout inégaux, la Directrice générale a dit: « je ne vois pas d’absence d’engagement.  Je vois un manque de capacité d’agir, en particulier dans le monde en développement », où 85% des morts prématurées liées aux maladies non transmissibles interviennent.  Les défis sont énormes, a-t-elle avoué, et ils exigent des changements dans la manière dont le progrès social est mesuré, dont les gouvernements travaillent, dont les responsabilités sont assignées et dont les frontières entre les différents secteurs d’un gouvernement sont définies.

Mme Chan s’est expliquée: dans le monde en développement, la plupart des systèmes de santé ont été conçus pour les « évènements brefs » comme les accouchements ou les infections aigües, mais pas pour la gestion à long terme des maladies chroniques aux traitements coûteux et compliqués. 

La grande partie de l’histoire de l’humanité a été forgée par la lutte contre les maladies infectieuses qui ont fini par disparaître avec l’amélioration des conditions de vie.  Or aujourd’hui, on voit le contraire; le progrès socioéconomique a créé des conditions favorables à la propagation des maladies non transmissibles.  Les facteurs de risque de ces maladies sont devenus une partie intégrante du tissu même de la société moderne. 

Les systèmes de santé certes doivent s’attaquer à ces maladies mais ils n’ont que très peu de contrôle de leurs causes.  Les professionnels de la santé peuvent plaider pour une législation forte contre le tabagisme et l’alcool, pour plus d’exercice physique et pour des régimes alimentaires plus sains.  Ils peuvent soigner les maladies et prescrire des ordonnances mais ils ne peuvent pas recréer l’environnement social pour promouvoir une vie saine. 

Les gouvernements ne devraient pas assumer que les maladies non transmissibles sont du seul ressort du secteur de la santé car c’est à eux qu’incombe la responsabilité de la prévention, clef de la bataille contre les maladies non transmissibles.  L’environnement social doit changer et ceci n’arrivera que s’il y a un engagement au plus haut niveau. 

Or, aujourd’hui, a dénoncé Mme Chan, les ministères de l’agriculture ne s’occupent que de la quantité et de la sûreté de la production agricole.  Les ministères de l’éducation ne pensent pas forcément à améliorer les cantines, à supprimer les distributeurs de snacks ou à faire de l’éducation physique une partie intégrante des programmes scolaires.  Les ministères du commerce continuent à promouvoir les investissements étrangers directs, donnant toute la latitude à l’industrie du tabac pour attaquer les autorités publiques qui ont osé introduire des mesures antitabagisme.

Les chefs d’État et de gouvernement, a conclu Mme Chan, sont les mieux placés pour adopter des politiques publiques cohérentes, coordonner les actions et solliciter un appui législatif.  Les défis sans précédent exigent des engagements sans précédent.

Mme HELEN CLARK, Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a d’emblée souligné que la santé est indissociable du développement et que les maladies non transmissibles ont été trop longtemps vues comme un problème des pays riches.  En conséquence, la manière dont elles empêchent les progrès en matière de développement et leur impact sur la vie des plus pauvres n’ont jamais vraiment été combattus.  L’Administratrice s’est donc félicité de ce que la Déclaration politique de 2011 ait corrigé cette mauvaise perception et noté explicitement que c’est dans les pays en développement qu’interviennent 80% des morts liées à ces maladies.

Pour les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, les coûts économiques des quatre principales maladies non transmissibles devraient dépasser les 7 000 milliards de dollars entre 2011 et 2025.  C’est environ l’équivalent de 500 milliards de dollars par an, ou 4% du PNB de ces pays en 2010.  Au Soudan, par exemple, un enfant diabétique absorbe 65% des dépenses de santé de toute la famille.  Un rapport de la Banque mondiale de 2012 estime que la dialyse des diabétiques a coûté au Gouvernement de Samoa 38 700 dollars par patient, entre 2010 et 2011, soit 12 fois plus que le revenu par habitant du pays.

Pour faire des progrès, il faudra revoir les modes du commerce mondial, de la consommation, de la gouvernance et de l’urbanisation, entre autres, et ne plus se limiter à traiter et à gérer les maladies par des interventions médicales.  Les discussions sur le programme de développement pour l’après-2015 offrent l’occasion de changer la perception des maladies non transmissibles qui ne sont plus « un défi de la santé » mais, plus largement, « un défi du développement ».  L’accélération des progrès ne peut être retardée, s’est impatienté l’Administratrice, en suggérant par exemple, des mesures restreignant le nombre des « fast-food » dans les zones urbaines à faible revenu, ce qui peut être fait sans coût. 

Face à l’absence de mécanisme de financement, on pourrait, a encore suggéré l’Administratrice, créer des fonds d’affectation spéciale ou imposer des taxes plus élevées aux produits alimentaires nocifs.  Les Tonga l’ont fait, tout en baissant les taxes sur l’importation du poisson frais et en augmentant les taxes sur le tabac.  

Aucun pays ne peut mener cette lutte seul, a reconnu l’Administratrice, en pointant du doigt la responsabilité de tous.  En effet, si ce sont les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire qui portent le fardeau le plus lourd des maladies non transmissibles, ce sont des pays à revenu élevé que viennent les producteurs et exportateurs de tabac et de produits alimentaires nocifs, contribuant à ces maladies. 

M. TEZER KUTLUK, Président de l’Union internationale contre le cancer (UICC), a fait observer que dans les pays développés, 80% des malades sont guéris contre 10% dans les pays en développement où souvent les malades meurent sans avoir eu accès à un traitement, alors que la santé est un droit fondamental.  Il a demandé une mise en œuvre accélérée et le suivi de la Déclaration de 2011.  Il a aussi demandé que la lutte contre les maladies non transmissibles figure en bonne place dans le programme de développement pour l’après-2015.  Il a soulevé la question des ressources financières, en trouvant injuste qu’un pour cent seulement de l’aide publique au développement (APD) soit consacré à la lutte contre les maladies non transmissibles.  Il a pointé du doigt la responsabilité des gouvernements devant cette « lutte pour la vie ».  Il faut dire que cela suffit, a clamé M. Tezer Kutluk qui a souhaité le lancement d’un mouvement populaire.

Déclarations

M. MICHEL BLOKLAND, Ministre de la santé de Suriname, qui s’exprimait au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), s’est dit préoccupé par l’augmentation du nombre des enfants obèses ou en surpoids dans la région des Caraïbes, lequel a doublé ou triplé en 20 ans dans plusieurs pays.  Un quart des enfants et des adolescents souffrent d’obésité, montrant un problème complexe qui exige une approche et des réponses à plusieurs niveaux.  Après s’être félicité des progrès enregistrés s’agissant des quatre catégories de maladies non transmissibles, le Ministre a avoué les retards en ce qui concerne la nutrition, en particulier la suppression des acides gras trans de la chaîne alimentaire, l’élaboration de lois sur l’étiquetage, l’adaptation des accords commerciaux à la nécessité de corriger les environnements favorisant l’obésité, l’amélioration de l’environnement scolaire ou encore la lutte contre la publicité des produits alimentaires riches en sel et en sucre. 

La communauté internationale doit reconnaître, a voulu le Ministre, la nécessité de faire en sorte que les négociations sur le commerce et la politique étrangère tiennent comptent de la manière d’améliorer les environnements favorisant l’obésité et de prévenir et maîtriser les maladies non transmissibles.  Les pays de la CARICOM méritent que leurs partenaires au développement, y compris les institutions financières internationales incluent la prévention et la maîtrise de ces maladies dans leurs séries de mesures sur l’élimination de la pauvreté et la protection sociale.  Les politiques d’urbanisation et de transport qui encouragent les voies alternatives comme le vélo ou la marche sont bonnes pour la santé, la planète, la lutte contre les changements climatiques et la sécurité énergétique. 

Nous voulons un transfert des technologies pour produire de meilleurs aliments.  Nous voulons des investissements dans la mise en œuvre du Plan d’action de l’OMS.  Nous voulons que le secteur privé fasse plus pour promouvoir des milieux de travail sains.  Nous voulons que les compagnies d’assurance investissent dans la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles.  Nous voulons la collaboration des médias et de compagnies de télécommunications pour appuyer le suivi des mesures prises et sensibiliser l’opinion publique, a conclu le Ministre.

Au nom du Groupe des 77 et de la Chine. M. SACHA SERGIO LLORENTTY SOLÍZ(Bolivie) a appelé à contrôler les conséquences socioéconomiques des maladies non transmissibles par le biais d’une politique de prévention intersectorielle.  Il a appelé à une coopération efficace Nord-Sud, Sud-Sud et triangulaire pour renforcer les capacités et moyens des pays en développement.  Il a souligné l’importance de l’accès aux médicaments et aux traitements, saluant le Plan d’action de l’OMS.  

M. ANTHONY BORG, Commissaire européen de la santé, a assuré de la volonté de l’Union européenne à contribuer à la lutte contre les maladies non transmissibles et contre les facteurs de risque.  Il est indispensable que les gouvernements tiennent compte de la prévention et de la maîtrise de ces maladies dans le renforcement global de leur système de santé et qu’ils évitent la fragmentation, en créant des activités distinctes liées à telle ou telle maladie.  Le temps est venu d’agir, de passer à la mise en œuvre et l’Union européenne attend avec intérêt de travailler avec l’OMS, le mécanisme mondial de coordination, l’Équipe interorganisations, les États, la société civile et les acteurs non étatiques pour relever le défi mondial des maladies chroniques.

M. ALEJANDRO GAVIRIA URIBE, Ministre de la santé de la Colombie, a révélé que les maladies non transmissibles représentent 55% des morts en Colombie qui compte 100 000 morts par an liées à ces maladies.  Il a cité le Plan d’action national de santé publique qui a été mis en place avec la participation d’une centaine d’organisations de la société civile.  Nous avons mis les moyens nécessaires à notre politique de couverture de santé universelle, a dit le Ministre, en s’attardant sur les efforts contre le cancer et le diabète.  La politique colombienne a permis de faire passer de 17 à 12% le nombre de fumeurs.

M. FENTON FERGUSON, Ministre de la santé de la Jamaïque, a dit que le grand défi est celui de l’accès aux soins.  Les réalités historiques et économiques dictent une approche graduelle et la nécessité d’établir un équilibre entre l’allocation stratégique des ressources pour réaliser les objectifs à long terme et les réponses immédiates.  La question est de savoir comment passer de la politique à la mise en œuvre.  En un mot, comment financer la couverture de santé universelle?  Nous devons reconnaître, a dit le Ministre, que le coût des traitements et le danger imminent du nivellement des modèles de prix, comme on le voit avec les vaccins, compromettront nos meilleurs efforts pour réaliser le rêve de la couverture de santé universelle. 

S’agissant en particulier des maladies non transmissibles, la Jamaïque, a dit le Ministre, a commencé par la lutte contre le tabagisme.  Le Ministre s’est d’ailleurs félicité de l’acceptation généralisée des règles limitant l’impact du tabac sur la santé.  Le nombre des admissions pour problèmes respiratoires a considérablement diminué, a-t-il affirmé.  En traitant des autres facteurs de risque comme les régimes alimentaires nocifs ou la consommation excessive d’alcool, la Jamaïque a engagé, de manière constructive, les acteurs des industries concernées.  Mais, le pays attend des directives mondiales pour l’engagement de toutes parties prenantes et appuie l’idée d’intégrer les maladies non transmissibles dans le programme de développement pour l’après-2015.

Mme MERCEDES JUAN LÓPEZ, Secrétaire d’État à la santé du Mexique, a rappelé que son pays a adopté des lois interdisant le tabac dans les restaurants, demandant aux boulangers de réduire le taux de sel dans le pain.  Le pays a aussi lancé une campagne contre l’alcoolisme au volant et un plan visant à diminuer les facteurs de risque du cancer, surtout parmi les jeunes, est mis en œuvre.  La Secrétaire d’État a reconnu que l’obésité et le diabète représentent un problème de santé publique au Mexique où 70% des adolescents et des adultes sont en surcharge pondérale ou diabétiques.  La stratégie de l’État vise le changement dans l’alimentation, la promotion des activités physiques, la taxation des produits alimentaires nocifs, l’interdiction de la publicité sur les produits riches en sucre, aux heures de grande écoute.  Un impôt spécial a été mis en place depuis janvier 2014 pour les boissons à haute teneur calorifique.

M. FRANÇOIS IBOVI, Ministre de la santé et de la population de la République du Congo, a cité la Déclaration de Luanda de 2013 comme un des exemples de l’engagement des gouvernements africains à lutter contre les maladies non transmissibles.  Au regard de l’ampleur de ces maladies dans le monde, la lutte ne devrait pas se limiter aux seuls ministères de la santé.  La société civile et toutes les parties prenantes qui œuvrent dans le secteur de la santé doivent s’y investir.  D’où l’intérêt des partenariats public-privé, a dit le Ministre. 

En République du Congo, les accidents cardiovasculaires représentent désormais la première cause de mortalité dans les grands hôpitaux.  Le Gouvernement vient de mettre en place une direction générale de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies dans le système de santé dont l’élément principal de développement devient le district sanitaire.  Pour permettre une mobilisation accrue de la société civile et une plus grande implication du secteur privé et du secteur extérieur de la santé, le Gouvernement prépare un cadre juridique de coopération qui va mettre en synergie tous les acteurs de la santé.  Le Gouvernement soutient le Plan 2013-2020 de l’Assemblée mondiale de la Santé, a encore dit le Ministre.

Mme NATSAG UDVAL, Ministre de la santé de la Mongolie, a dit que les maladies non transmissibles représentent 72% des maladies en Mongolie.  Elle a parlé de l’initiative « Mongolie sans alcool » qui, lancée en 2009, a fait qu’aujourd’hui trois provinces ont interdit l’alcool et une est déclarée « sans tabac ».  Le Gouvernement prépare une convention-cadre sur le contrôle de l’alcool.  Cette année, un Comité national de la santé a été créé et doté d’un document pour la coordination multisectorielle de l’action contre les facteurs de risque des maladies non transmissibles, sans compter le programme de détection précoce des cinq maladies non transmissibles les plus communes.  Le Parlement a renforcé la loi sur le contrôle du tabac et ratifié le Protocole de l’OMS.  Le Ministre a aussi attiré l’attention sur le Forum de la participation et de l’appropriation citoyennes de la santé lancé par les ONG de Mongolie. 

M. EDUARDO BUSTOS VILLAR, Vice-Ministre de la santé de l’Argentine, a dit que les maladies non transmissibles sont devenues une priorité dans les objectifs de santé de l’Argentine.  Il a particulièrement mis l’accent sur la lutte contre l’obésité en indiquant que l’Argentine aura complètement interdit les acides gras en décembre 2014.  Il a annoncé la création d’un registre national des maladies non transmissibles qui aidera à compiler les données épidémiologiques et à améliorer les soins en cas d’infarctus du myocarde et autres maladies cardiovasculaires.  Le troisième sondage national sur les facteurs de risques liés à l’obésité réalisé en 2013, après ceux de 2005 et 2009, donnera à l’Argentine un tableau plus clair sur ce fléau et les moyens nécessaires pour y faire face.

M. DMITRY KOSTENNIKOV, Vice-Ministre de la santé de la Fédération de Russie, a annoncé que les programmes de modernisation du secteur de la santé, chiffrés à 19 milliards de dollars, ont été achevés en 2013.  Il a rappelé que son pays est l’un des initiateurs de l’inclusion des maladies non transmissibles dans l’agenda mondial.  Il a estimé que le mécanisme mondial de coordination pourrait organiser des fora dont les résultats résumés seraient utilisés comme élément principal des rapports d’évaluation de la Directrice générale.  Le premier forum pourrait se tenir en 2017.  Le Vice-Ministre a dit attacher beaucoup d’importance à la deuxième Conférence sur la nutrition qui doit se tenir à Rome du 19 au 21 novembre prochain. 

Mme EKOWATI RAHAJENG, Directrice du contrôle des maladies non transmissibles du Ministère de la santé de l’Indonésie, a dit que les maladies non transmissibles sont à l’origine des 60% des décès dans son pays.  En conséquence, le contrôle et la maîtrise de ces maladies ont été intégrés dans les plans de développement dont le projet du plan à moyen terme pour la période 2015-2019.  La Directrice a souligné l’importance des communautés, de l’accès à la santé, aux services et à la couverture sociale, de la collaboration entre toutes les parties prenantes et des cadres réglementaires et institutionnels.  Elle n’a pas oublié de souligner l’importance pour les pays en développement d’avoir des conditions favorables à la lutte contre les maladies transmissibles dont la pleine mise en œuvre des flexibilités prévues dans la Déclaration de Doha sur l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC).  La mise en œuvre de cet Accord doit être mentionnée dans le programme de développement pour l’après-2015, a-t-elle tranché.

M. DAVID ACURIO, Vice-Ministre de la santé de l’Équateur, a déclaré que pour lutter contre les maladies non transmissibles, il faut une bonne alimentation, une politique fiscale visant à réduire la consommation des boissons calorifiques, l’étiquetage obligatoire des produits alimentaires, la sensibilisation de l’opinion publique et surtout une gouvernance qui aide les populations à prendre des mesures contre la consommation d’aliments nocifs.  Il a révélé que le nombre des obèses a augmenté de 50% depuis 1986 dans son pays, d’où la nécessité qui s’imposait au Gouvernement de prendre des mesures législatives pour préserver la santé publique.  

M. KHALED AL-SAHLAWI, Vice-Ministre de la santé du Koweït, a annoncé que son pays a lancé sa politique dès 2011 après l’adoption de la Déclaration politique.  La société civile a été impliquée et les mesures qui ont été prises comprennent la diminution de 20% de la teneur en sel du pain, une action contre le tabagisme par des amendes élevées imposées aux contrevenants et la promotion des activités physiques à l’école.  Le Koweït a aussi organisé des conférences pour marquer son implication dans la lutte contre les maladies non transmissibles.  Le pays a mis en place des systèmes de détection rapide, des campagnes de vaccination contre l’hépatite et un programme de lutte contre les maladies chroniques.    

M. JAIME BURROWS, Ministre de la santé du Chili, a dit que l’efficacité se joue sur la pertinence des politiques sectorielles susceptibles de provoquer les changements dans les comportements.  Il a indiqué que son pays a identifié des objectifs nationaux tenant compte des neuf objectifs volontaires mondiaux et du Plan d’action mondial 2013-2020.  Nous avons approuvé une loi imposant la tolérance zéro en matière d’alcool pour les conducteurs ainsi qu’une loi imposant l’affichage des informations sur les teneurs en sucre et graisses insaturées sur les produits alimentaires.  Des taxes ont été imposées.

Mme ISABELLE PICCO (Monaco) a indiqué que son pays vient de participer à la première Réunion de haut niveau des petits États européens sur la mise en œuvre du Plan santé 2020.  Ce nouveau cadre politique européen de l’OMS permettra de renforcer le système de santé et de redynamiser les infrastructures et les institutions de santé publiques en faisant participer toutes les parties prenantes tant publiques que privées.  Monaco investit dans la santé publique tant au niveau national que dans le cadre de sa coopération internationale.  La Principauté est également partenaire de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dans la lutte contre le cancer.  La prévention et la lutte contre les maladies non transmissible seront un élément essentiel du programme de développement de l’après-2015, a affirmé la représentante.  La feuille de route est déjà tracée et les efforts entrepris doivent s’amplifier afin que l’examen inclusif de 2018 soit porteur de progrès substantiels.

M. JOHAN CARLSON (Suède) a dit qu’il était temps de faire le bilan du travail effectué depuis trois ans après l’adoption de la Déclaration politique.  Nous devons concentrer sur la mise en œuvre et souligner le rôle de chef de file de l’OMS.  Il faut aussi obtenir des États Membres qu’ils prennent des mesures en matière de prévention et de lutte contre les inégalités devant les maladies non transmissibles.  La Suède a pris des mesures contre le tabagisme et l’abus d’alcool.  Elle a mis en place des directives dans le système de santé pour changer les modes de vie et réduire les facteurs de risques.  En matière de coopération internationale, le programme de développement pour l’après-2015 devra traiter des facteurs de risques des maladies non transmissibles dont un des objectifs est d’améliorer la longévité.

M. DANIEL MERON, Chef du Bureau des Nations Unies et des organisations internationales du Ministère des affaires étrangères d’Israël, a déclaré que la lutte contre les maladies non transmissibles est un effort de la société dans son ensemble.  Elle doit mobiliser les secteurs public et privé ainsi que la société civile.  Israël a obtenu des résultats positifs en allouant les ressources nécessaires et en établissant une coopération efficace entre le Gouvernement et les autorités locales.  Établir des critères et des objectifs concrets est la manière la plus efficace d’amorcer les profonds changements sociétaux nécessaires à la lutte contre les maladies non transmissibles.  Le secteur de la santé publique travaille en étroite collaboration avec les Ministères de l’éducation, de l’environnement et du bien-être social.  Le Gouvernement coopère avec le secteur privé, le milieu universitaire et la société civile pour mener des campagnes de sensibilisation sur les questions de santé publique.  Le représentant a cité les efforts dans le domaine de l’alimentation, des activités physiques et du tabagisme. 

Sur le front de la coopération internationale, il a parlé du travail de MASHAV, l’agence de coopération au développement, qui travaille, par exemple, avec des partenaires au Kenya pour rééquiper le Département pédiatrique d’oncologie de l’hôpital Kenyatta à Nairobi.  Israël est aussi membre de l’initiative « Grand Challenges » qui vise à encourager l’innovation scientifique et technologique pour résoudre les problèmes de santé dans le monde en développement.  Le partenariat avec l’Université hébreu de Jérusalem a permis d’offrir des bourses à des étudiants du monde en développement candidats à la maîtrise en santé publique. 

M. HU HONGTAO, Membre de la Commission nationale de la santé et de la planification familiale de la Chine, a attiré l’attention sur le Plan national de lutte contre les maladies non transmissibles 2012-2015.  Après avoir passé en revue les mesures prises dans le cadre de ce Plan, le représentant a reconnu que son pays est confronté au double défi des maladies transmissibles et non transmissibles.  Les gens ne prennent pas vraiment soin d’eux et sont très mal informés sur les maladies non transmissibles.  La Chine, a affirmé le représentant, a reconnu qu’elle doit renforcer l’appui financier et public aux politiques mises en place.  Elle doit encore créer un environnement où la société tout entière participe à la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles. 

La responsabilité première des gouvernements doit être davantage soulignée, a estimé le représentant, en jugeant aussi que la communauté internationale doit coordonner les actions, intégrer la prévention et la maîtrise dans le programme de développement pour l’après-2015 et obtenir des multinationales qu’elles appuient et participent aux efforts.  Le rôle de chef de file de l’OMS doit être strictement respecté et les pays développés doivent augmenter leur appui financier et technique aux pays en développement. 

M. ANTONIO DE AGUIAR PATRIOTA (Brésil) s’est félicité de la mise en place d’un mécanisme mondial de coordination, avant de citer les initiatives nationales du Brésil pour intégrer les maladies non transmissibles dans tous ses programmes de développement.  Il a estimé que le suivi et le contrôle sont essentiels.  Alors que le Brésil doit adapter son programme national aux objectifs et indicateurs de l’OMS, il doit aussi traiter les facteurs sociaux à l’origine des problèmes de santé.  Le représentant a mis l’accent sur l’importance de l’accès universel à la santé et aux médicaments à des prix abordables.  Après avoir mis l’accent sur les Accords ADPIC, il a jugé nécessaire que l’industrie agroalimentaire s’engage dans les efforts pour réduire le sel, le sucre et les acides gras de ses produits.   

Mme MARGARET HAMBURG (États-Unis) a parlé de la Stratégie multisectorielle nationale, dont les efforts de l’Administration pour lutter contre le tabagisme, grâce à des campagnes de sensibilisation.  Elle a aussi cité les efforts contre l’hypertension artérielle et les maladies cardiovasculaires.  Elle a attiré l’attention sur l’initiative « Un million de cœurs » qui vise à prévenir un million de crises cardiaques d’ici à 2016.  Le Gouvernement poursuit aussi ses efforts pour réduire le taux des matières grasses transformées dans l’alimentation et améliorer l’étiquetage des produits afin de permettre aux consommateurs de faire des choix informés.    

« Une société en bonne santé produit plus et coûte moins », a dit Mme SABRINA DE CAMILLIS (Italie) qui a indiqué que son pays a donné la priorité à la lutte contre les facteurs de risque et à la promotion des déterminants positifs à travers des investissements dans la prévention et des interventions multisectorielles qui impliquent plusieurs administrations publiques et la société civile.  « le Plan d’action mondiale de l’OMS a confirmé la validité de notre approche », s’est enorgueillie la représentante qui a rappelé que l’Italie a été le premier pays européen à adopter une législation régissant la consommation de tabac dans les établissements publics et en présence d’enfants et de femmes enceintes.  La vente de cigarettes et d’alcool est interdite aux mineurs. 

La représentante s’est aussi enorgueillie du fait que « la diète méditerranéenne » est inscrite au Patrimoine mondial de l’humanité.  Elle a souligné que c’est grâce à un dialogue constant et constructif avec l’industrie alimentaire que des résultats positifs ont été obtenus en ce qui concerne l’élimination des acides gras trans et la réduction de 5 à 15% de sel dans certains aliments.  En la matière, a-t-elle prévenu, les démons à combattre ne sont pas les ingrédients pris individuellement mais les mauvaises habitudes, et ce, par l’éducation.  Elle a aussi estimé qu’il faut éviter des systèmes d’évaluation des aliments basés sur les profils nutritionnels ou pire, des graphiques qui, de manière injustifiée, mettent l’accent sur la composition sans tenir compte de la fréquence avec laquelle on consomme. 

S’alignant sur les orientations scientifiques les plus avérées, l’Italie a toujours considéré fondamentale la composition du régime dans son ensemble.  La représentante s’est aussi dite « perplexe » devant les approches visant à majorer les taxes car elles pourraient pousser le consommateur vers des produits de fiable qualité nutritionnelle. 

M.AMIRHOSSEIN TAKIAN (République islamique d’Iran) a dit que son gouvernement met l’accent sur la prévention.  Il a noté que 45% des décès ont été attribués aux maladies non transmissibles en 2013.  Un conseil national a été créé pour mener la lutte, lequel peut prendre des mesures comme l’interdiction de fumer dans les lieux publics ou la réduction du taux de sel dans les aliments.  Le Conseil va revoir la politique fiscale et élaborer une nouvelle Vision jusqu’en 2020.  Le 5 mai 2014, le plan national de couverture de santé universelle a été lancé qui prévoit une augmentation de 50% du budget de la santé, une taxe sur les produits dangereux et des soins gratuits pour huit millions de personnes qui vivent dans les faubourgs.  La philosophie est de mieux protéger les pauvres et d’assurer l’équité, a dit le représentant qui a pointé du doigt le rôle central des Nations Unies pour aider les États, en particulier les pays en développement, dans la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles.

Mme ELSE SMITH (Danemark) a déclaré qu’en tant que membre du Conseil d’administration de l’OMS, le Danemark milite pour que les maladies non transmissibles figurent au programme de développement pour l’après-2015.  Demandant une augmentation des ressources, elle a dit: « la santé est un investissement ».  Le Gouvernement danois a défini sa stratégie pour la décennie à venir.  Des fonds ont été alloués aux partenaires de santé.  La population danoise est vieillissante, a rappelé la représentante, en parlant d’une situation qui pose un nouveau défi à la gestion des maladies chroniques.  C’est pourquoi, un train de mesures a été pris pour établir les priorités et affiner la planification au niveau local.  Les municipalités se font aider par les organisations locales.  « Le Danois est heureux mais il a tendance à boire trop », a avoué la représentante, en voyant là un danger pour les courbes de longévité.  Mais c’est un défi que le Danemark est prêt à relever, a-t-il assuré.

M. PAUL SEGER (Suisse) a estimé que l’OMS doit assumer un rôle central et s’est réjoui de ce que les mandats qui lui ont été confiés par la Déclaration de 2011 et la résolution WHA66 de l’Assemblée mondiale de la santé aient été remplis.  Notre feuille de route est en place, il s’agit maintenant de la mettre en œuvre, a dit le représentant.  Il a souligné la responsabilité primaire des États et indiqué que dans sa coopération internationale, la Suisse met l’accent sur le renforcement des systèmes de santé et la lutte contre les inégalités.  À son tour, il a voulu que les maladies non transmissibles aient toute leur place dans le programme de développement pour l’après-2015 mais pas au détriment des maladies transmissibles. 

Au contraire, il faut tirer les leçons de la mise en œuvre des OMD qui montrent qu’il faut dépasser l’approche en silos.  Le futur objectif relatif à la santé devrait inclure de cibles allant au-delà du secteur de la santé, en parallèle, les cibles liées à la santé devraient être intégrées dans les autres objectifs, par exemple, ceux relatifs à la sécurité alimentaire et à la nutrition, à l’éducation ou encore à l’eau. 

M. MASOOD KHAN (Pakistan) a cité un plan d’action doté d’objectifs nationaux et provinciaux.  « Nous intégrons les maladies non transmissibles dans le système national d’informations sur la santé », a-t-il ajouté avant de citer la mise en place de normes uniformes pour les secteurs privé et public.  Le Pakistan développe des partenariats avec tous les acteurs concernés à savoir le secteur privé, la société civile et les organisations internationales.  

M. DARI ISSIFI ALZOUMA (Niger) a prévenu que les maladies non transmissibles sont en train de gagner du terrain au Niger où elles constituent déjà un lourd fardeau pour l’économie.  Un taux de 22% de la population âgée de 25 à 44 ans présente trois facteurs de risques au moins.  La politique de santé adoptée en mai 2002 a beaucoup contribué à lutter contre ces maladies.  Il a cité la loi du 15 mai 2006 contre le tabagisme et le Plan national intégré pour lutter contre les maladies cardiovasculaires, le cancer, le diabète et les maladies respiratoires, et doté d’un cadre de suivi.  Il n’a pas oublié de mentionner l’insuffisance des ressources financières et des moyens techniques du Niger, avant d’appeler à l’appui de la communauté internationale.

M. YOSSEF LARM (Qatar) a dit que la santé fait partie intégrante de la vision du Qatar pour 2030.  Les défis croissants liés à la propagation des maladies non transmissibles ont un impact négatif sur les OMD car ils réduisent la productivité.  Le Qatar accorde donc de l’importance à la prévention et plaide pour l’intégration des maladies non transmissibles dans les objectifs de développement pour l’après-2015.     

M. KENNETH GEORGE (Barbade) a dit que le quart de la population vit avec une maladie non transmissible qui est de fait un problème national impliquant toute la société.  La solution passe par la lutte contre le tabagisme, le contrôle de l’obésité, et la mise en œuvre de la directive sur une alimentation saine.  Le représentant a souligné la nécessité d’une approche multisectorielle qui devrait prévoir un contrôle strict pour réduire de 25% les maladies non transmissibles d’ici à 2025.  Le représentant a souligné que le classement de la Barbade parmi les pays à haut revenu barre l’accès aux ressources.  Il a demandé aux Nations Unies d’apporter leur aide à son pays et aux Caraïbes.  Il a également plaidé pour une approche qui aille au-delà de la santé et qui fasse appel à l’expérience de l’OMS mais aussi du PNUD et du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).  Il a, à son tour, plaidé pour que les maladies non transmissibles figurent dans le programme de développement pour l’après-2015.

M. MOHAMED ALI ALHAKIM(Iraq) a dit que la lutte contre les maladies non transmissibles est une priorité nationale en Iraq.  Le programme de développement national dans son volet sur la santé s’appuie sur la politique régionale de lutte contre les maladies non transmissibles tandis que le Plan d’action de lutte contre ces maladies s’inspire des directives de l’OMS.  Le représentant a évoqué à titre d’exemple que les efforts dans l’accès des soins de santé primaire visent à améliorer les données sur les maladies non transmissibles.  Des études sur le tabagisme chez les jeunes ont été menées.  Il a appelé à l’accélération de la mise en œuvre de la Convention-cadre de l’OMS sur la lutte contre le tabac.  Il a également demandé un appui au dépistage du cancer, ainsi qu’une meilleure coordination entre l’OMS et les bureaux régionaux chargés de la mise en œuvre de la Déclaration de 2011. 

M. HUSSEIN HANIFF (Malaisie) a fait part des multiples efforts menés par son pays, avant de souligner qu’un des défis majeurs est d’identifier une réponse régionale commune.  Il a attribué ce défi « aux complexités » des maladies non transmissibles et aux facteurs de risque qui dépassent les frontières et donc la capacité des États à répondre à l’épidémie.  C’est la raison pour laquelle la Malaisie a organisé la Réunion régionale de haut niveau sur les plans d’action multisectoriels avec l’OMS à Kuala Lumpur en juin 2012.  L’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) a créé un groupe de travail pour définir une réponse coordonnée au niveau régional et le mandat du groupe a été renforcé par la Déclaration de Bandar Seri Begawan adoptée par les chefs d’État et de gouvernement de l’ASEAN le 9 octobre 2013. 

M. HÉCTOR ENRIQUE JAIME CALDERÓN (Salvador) a dit que l’hypertension artérielle et le diabète sont les deux maladies non transmissibles pour lesquelles on consulte le plus dans son pays.  EL Salvador a ratifié en 2013 la Convention-cadre de l’OMS sur le contrôle du tabagisme.  Le Gouvernement a publié en février 2013 un guide pour la lutte contre l’obésité.  Il faut renforcer la coopération internationale pour appuyer les plans nationaux et régionaux, a dit le représentant, en appelant la communauté internationale à examiner les synergies entre les maladies non transmissibles et les conditions décrites à l’annexe I du Document final.         

M. BJØRNGULVOG (Norvège) a dit que la mise en œuvre de mesures efficaces exige d’abord une volonté politique.  L’OMS suggère toute une palette de solutions car « réduire de 25% d’ici à 2025 la mortalité liée aux maladies non transmissibles exige un cadre d’interventions multisectorielles et multipartites ».  

M. MELVYN FREEMAN (Afrique du Sud) a dit que l’Afrique du Sud s’est fixé 10 objectifs pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles en précisant que ces objectifs s’appuyaient sur les neufs cibles arrêtées par l’Assemblée de l’OMS.  « Nous avons prévu des règlementations sur la teneur en sel des denrées alimentaires et la lutte contre les graisses insaturées », a-t-il dit avant de préciser que seule une plateforme multidimensionnelle permettra de faire face aux défis des maladies non transmissibles.

Mme PILAR F. ABADIA (Espagne) a dit que depuis 2011, une attention particulière a été accordée aux maladies non transmissibles ainsi qu’au rôle de leadership de l’OMS dans le monde.  En Espagne, le Gouvernement a décidé de mettre en place des services contre les maladies non transmissibles.  Une stratégie a été élaborée en 2010 contre le tabagisme qui visait la création d’espace public sans tabac.  Entre 2009 et 2011, on a pu constater la réduction des cas de maladies cardiovasculaires, et la diminution de la pollution de l’air dans les espaces publics.  En 2013, une autre stratégie de prévention et de maîtrise des maladies non transmissibles favorisant un mode de vie plus sain sans tabac et sans alcool a été lancée.  Dès 2005, le Gouvernement s’était déjà attaqué à l’obésité par des mesures de réduction des matières grasses dans les aliments.

M. GUSTAVO MEZA-CUADRA (Pérou) a parlé de la lutte contre le tabagisme dans son pays ainsi que de la campagne pour un mode de vie plus sain et une alimentation saine.  En 2013, un cadre juridique a été adopté pour encourager les jeunes à adopter une alimentation saine et équilibrée et à s’adonner à des activités physiques.  Le nombre de personnes souffrant de la faim a été réduit et un plan contre le cancer a été lancé en tenant compte des ressources disponibles.

M. ABDERRAHMANE MAAROUFI (Maroc) a dit que son pays a réalisé plusieurs progrès en matière de prévention et de contrôle des maladies non transmissibles, notamment le cancer.  Le plan 2012-2016 a fait de la prévention et du contrôle un axe stratégique de la lutte.  Afin d’améliorer l’accès aux soins, le Maroc a mis en place un régime de couverture médicale de base dans la perspective d’atteindre l’objectif de la couverture universelle.  Ce régime s’appuie sur un programme d’assurance obligatoire pour les salariés, et un régime d’assistance médicale aux personnes économiquement démunies.  Grâce à ces deux programmes, environ 60% de la population est actuellement couverte par un régime d’assurance maladie.  Un troisième programme de couverture médicale au profit des travailleurs indépendants est en cours de développement. 

Le représentant du Maroc a insisté sur la nécessité d’intégrer la lutte contre les maladies non transmissibles dans le programme de développement pour l’après-2015, de mobiliser plus de moyens financiers au profit des pays en développement et de promouvoir la coopération Sud-Sud et la coopération triangulaire qui doivent constituer l’axe fondamental de lutte contre les maladies non transmissibles dans les pays en développement.

M. NATHAN SMYTH (Australie) a estimé que l’accès aux médicaments et la disponibilité de personnels compétents étaient essentiels pour la maîtrise des maladies non transmissibles.  Nous poursuivons nos partenariats avec la société civile, le secteur privé et les organisations internationales, a-t-il dit, avant de souligner l’importance d’une démarche multisectorielle pour lutter contre les maladies non transmissibles.  Il a dit que l’Australie venait de mettre en place pour les cinq années à venir un nouveau système d’étiquetage qui fournira des directives nutritives pour permettre aux consommateurs de prendre des décisions informées.  L’Australie favorise la pratique du sport comme un moyen de lutter contre l’obésité des jeunes, a-t-il dit, en citant aussi des campagnes de sensibilisation contre le tabagisme.  

M. MITSUHIRO USHIO(Japon) a dit l’urgence de parvenir à des accords pour la prise en compte des maladies non transmissibles en notant que 60% de la mortalité annuelle mondiale est attribuable à ces maladies.  Il faut nous assurer que la prévention, le diagnostic et le traitement marchent en parallèle, a-t-il ajouté, en jugeant indispensable que les maladies non transmissibles soient traitées via la couverture médicale universelle.  Il a voulu que l’on tienne compte des facteurs sociaux et environnementaux et a dit la nécessité d’encourager des modes de vies sains et de promouvoir les activités physiques.  Il a espéré que les maladies non transmissibles figureront parmi les points importants des objectifs de développement pour l’après-2015.

M. RODNEY GHALI (Canada) a dit que la lutte contre les maladies non transmissibles est reconnue comme une des priorités de la politique de santé du Canada.  Cela exige une action coopérative pour forger des changements durables et obtenir les meilleurs résultats.  Il a souligné les succès du partenariat canadien contre le cancer grâce au regroupement de différents partenaires.  « Grâce à la coopération nous pourrons provoquer les changements nécessaires pour améliorer les conditions de vie de nos concitoyens et maîtriser les maladies non transmissibles », a insisté le représentant du Canada.  

M. SHAMDEO PERSAUD (Guyana) a dit que la Stratégie nationale de santé à l’horizon 2020 a été adoptée et inclut une campagne portant sur les effets néfastes du tabac et de l’abus d’alcool.  Elle met aussi l’accent sur le régime alimentaire et les activités physiques.  Le Ministère de la santé lance régulièrement des campagnes de sensibilisation et au regard du coût élevé des traitements, notamment du cancer, le représentant a recommandé le renforcement des politiques de dépistage.  Il a souligné le défi majeur qu’est la mobilisation des ressources  

M. CLIVE TILLUCKDHARRY (Trinité-et-Tobago) a, à son tour, voulu que la lutte contre les maladies non transmissibles soit inscrite dans le programme de développement pour l’après-2015.  Ces maladies étant à l’origine de 60% des décès, la lutte prend en compte la Déclaration politique de 2011 dont l’importance de l’éducation à la santé.  Les programmes d’information et de sensibilisation dans les écoles et au dehors sont mis en œuvre ainsi que des programmes pour améliorer le traitement, le dépistage et les soins.

M. CHARLES THEMBANI NTWAAGAE (Botswana) s’est dit préoccupé par le coût exorbitant du traitement des maladies non transmissibles.  Il a fait état d’un plan 2011-2016, et de la politique nationale contre l’alcool.  En matière de contrôle, le Botswana a établi un système intégré de surveillance et d’alerte.  Mais l’appartenance du pays au groupe des pays à revenu intermédiaire ne l’épargne pas face aux nombreux défis du développement, notamment le taux élevé de la mortalité dû aux maladies transmissibles comme le VIH/sida.    

M. OSCAR LEÓN GONZÁLEZ (Cuba) a dit que la santé publique est un droit fondamental à Cuba dont bénéficient tous les citoyens.  Il a souligné les progrès de Cuba en matière de lutte contre la mortalité infantile en indiquant que son pays avait un taux inférieure à 5 morts pour 1 000 naissances pour la quatrième année consécutive.  Il a indiqué que les maladies non transmissibles représentent des défis qui exigent des actions internationales, régionales et nationales.  Nous avons mené des actions très efficaces en matière de prévention et maîtrise des maladies non transmissibles dans la région de l’Amérique latine et des Caraïbes, s’est-il félicité en mettant l’accent sur la nécessaire amélioration des modes de vie.  Il a souhaité que les mêmes initiatives de coopération internationale appliquées à la lutte contre le VIH/sida et la tuberculose soient appliquées à la lutte contre les maladies non transmissibles.

M. MILORAD ŠĆEPANOVIĆ (Monténégro) a appelé à tenir compte des facteurs de risques sociaux et économiques des maladies non transmissibles.  Si les quatre principaux facteurs de risques étaient jugulés, 80% des maladies cardiaques et des diabètes de catégorie 2 ainsi que 50% des cancers pourraient être évités, a-t-il relevé.  C’est la preuve, a-t-il dit, que nous pouvons lutter que ces maladies avec des objectifs ciblés.  Il a indiqué que le Monténégro accueillait un Centre sous-régional chargé de la coordination au niveau du sud–est de l’Europe de la réponse aux maladies non transmissibles.     

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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