Le Forum des partenariats de l’Assemblée générale et de l’ECOSOC renforce l’idée que la collaboration entre les secteurs public et privé est indispensable pour le développement

10 avril 2014
AG/11499-ECOSOC/6606

Le Forum des partenariats de l’Assemblée générale et de l’ECOSOC renforce l’idée que la collaboration entre les secteurs public et privé est indispensable pour le développement

10/4/2014
Assemblée générale
AG/11499 ECOSOC/6606
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Assemblée générale - Conseil économique et social          

Débat thématique conjoint

matin & après-midi

LE FORUM DES PARTENARIATS DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ET DE L’ECOSOC RENFORCE L’IDÉE QUE LA

COLLABORATION ENTRE LES SECTEURS PUBLIC ET PRIVÉ EST INDISPENSABLE POUR LE DÉVELOPPEMENT

Les partenariats entre le secteur public et le secteur privé offrent de grandes opportunités pour mettre en œuvre le programme de développement pour l’après-2015, notamment pour accroître la sécurité alimentaire et mettre en place des infrastructures durables.  C’est ce qu’ont affirmé, aujourd’hui, les participants au débat thématique organisé conjointement par l’Assemblée générale et le Conseil économique et social (ECOSOC) qui s’est achevé, cet après-midi, après deux journées de débat sous la forme de tables rondes.

Si les intervenants ont vanté les mérites de ces partenariats, ils ont aussi rappelé qu’ils doivent respecter la nature intergouvernementale de l’ONU, les principes de la Charte des Nations Unies, ainsi que les priorités de ses programmes, a noté le Vice-Président de l’Assemblée générale, M. Collin Beck, qui s’exprimait au nom du Président de l’Assemblée générale.  Il faudrait aussi que ces partenariats prévoient des mécanismes de gouvernance pour garantir la transparence et la reddition de comptes, ont souligné panélistes et délégations d’États Membres.

« Il faudrait entreprendre des efforts inlassables pour établir la confiance entre le milieu des affaires et la diplomatie », a expliqué le Président de l’ECOSOC, M. Martin Sajdik, en clôturant ce premier Forum des partenariats.  Il s’est dit convaincu que la coopération entre le secteur public et le secteur privé en faveur du développement jouera un rôle crucial dans la mise en œuvre du programme de développement pour l’après-2015.

En introduisant le débat de la première table ronde de la journée, sur le thème « Accroître les opportunités de partenariat en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle et de ressources marines », M. Amir Dossal, Président du Forum mondial des partenariats, a tenu à rappeler qu’une personne sur huit dans le monde se couchait, le soir, le ventre vide.  La Directrice exécutive de Global Crop Diversity Trust a renchéri, en précisant que l’agriculture était confrontée au plus grand défi qu’elle ait connu « en 13 000 ans d’histoire agricole ».

Dans ce contexte, il faudrait se baser davantage sur les partenariats public-privé qui permettent de mettre en application des innovations et, ainsi, d’accélérer les progrès, ont reconnu les délégations d’États Membres et les représentants de la société civile qui étaient venus nombreux participer à ce débat.  Le Ministre de la production alimentaire, des affaires agricoles et maritimes de Trinité-et-Tobago a donné l’exemple des progrès réalisés dans son pays en termes de production agricole grâce à une collaboration avec le Guyana, ainsi qu’en matière de production laitière par le biais d’un partenariat avec Nestlé.  Un représentant de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a fait part des succès importants, réalisés grâce à l’Initiative mondiale pour les saumons. 

Les experts ont tenu à préciser les conditions indispensables pour garantir la réussite des actions menées dans le cadre de partenariats.  Ceux-ci doivent tout d’abord être soutenus politiquement et financièrement pour avoir le meilleur impact possible.  Pour éviter tout problème d’éthique, il a été recommandé au secteur public de toujours garder le contrôle des partenariats public-privé. 

La deuxième table ronde a abordé les moyens d’accroître les opportunités de partenariat en matière d’infrastructure durable, comme les transports écologiques, les technologies de l’information et de la communication (TIC), ainsi que l’énergie qui, selon les panélistes, devrait figurer parmi les objectifs du programme de développement pour l’après-2015.

Beaucoup ont cependant averti qu’il y avait des écarts à combler en termes d’investissement dans les infrastructures.  À cet égard, certains ont mis l’accent sur le caractère crucial de l’aide publique au développement (APD), qui représente pour les pays les moins avancés la seule grande source de financement.  Mais « le plus grand obstacle à l’expansion des infrastructures, c’est la bureaucratie », a averti le Représentant spécial des Nations Unies pour l’Initiative énergie durable pour tous et Président d’ONU-Énergie.

Les idées présentées au cours de ce premier Forum des partenariats, organisé conjointement par l’Assemblée générale et l’ECOSOC, seront discutées lors de l’examen ministériel annuel de haut niveau de l’ECOSOC, au mois de juillet prochain.

DÉBAT THÉMATIQUE CONJOINT/FORUM DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ET DU CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL

« Le rôle des partenariats dans la mise en œuvre du programme de développement pour l’après-2015 »

Table ronde 4: « Accroître les opportunités de partenariat en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle et de ressources marines »

Exposés des panélistes

M. DEVANT MAHARAJ, Ministre de la production alimentaire, des affaires agricoles et maritimes de Trinité-et-Tobago, a relevé que les gouvernements s’inquiétaient de plus en plus de la sécurité alimentaire qui est, a-t-il dit, un élément essentiel de la sécurité humaine.  Trinité-et-Tobago a connu une progression constante de sa production alimentaire pendant cinq trimestres successifs, ce qui place le pays en bonne voie pour assurer la sécurité alimentaire.  Cette croissance a été le fruit des efforts du Gouvernement et des partenariats qu’il a mis en place, comme celui établi avec le Guyana pour la création d’un centre de sécurité alimentaire.  Son ministère, a-t-il ajouté, travaille avec des partenaires privés à une meilleure gestion des plantations de canne à sucre.  Le volume de production a ainsi augmenté grâce à l’aide d’une entreprise privée qui avait permis d’exploiter davantage de terres.  Par ailleurs, un partenariat avec Nestlé a contribué à faire augmenter la production laitière.  Ces mesures ont eu pour conséquence de réduire les prix des produits alimentaires et ont dopé la croissance économique, s’est réjoui le Ministre.

Avant de présenter le panéliste suivant, le modérateur de la table ronde, M. AMIR DOSSAL, Président du Forum mondial des partenariats, a tenu à rappeler qu’une personne sur huit dans le monde se couchait, le soir, le ventre vide.  « Nous devons prendre des mesures vigoureuses pour faire face à ce problème », a-t-il lancé.

Mme MARIE HAGA, Directrice exécutive de Global Crop Diversity Trust, a rappelé que, selon les conclusions du Groupe d’experts international sur les changements climatiques, tous les aspects de la sécurité alimentaire étaient affectés par les conséquences des changements climatiques.  Tous les pays, quel que soit leur stade de développement, en seront touchés, a-t-elle prévenu.  L’agriculture est confrontée au plus grand défi qu’elle ait connu en 13 000 ans d’histoire agricole, la crise étant vraiment d’ordre mondial, a-t-elle soutenu.  C’est pourquoi nous devons produire plus d’aliments pour nourrir une population croissante.  « Nous devons mettre au point un système agricole résilient afin de résister aux nouvelles maladies et aux changements climatiques », a-t-elle insisté.  Un système résilient, c’est plus qu’un système productif, a-t-elle fait remarquer.  L’experte a aussi souligné l’importance de la diversité des cultures, en soulignant qu’il était essentiel de disposer de plusieurs options.  Mme Haga a en outre plaidé en faveur de l’innovation et des technologies. 

La panéliste a, cependant, reconnu que bâtir un système agricole résilient était une tâche difficile.  Des recherches poussées sur le riz, par exemple, ont permis de découvrir une variété qui peut pousser dans l’eau de mer.  En ce qui concerne les bananes, elle a rappelé la maladie de Panama qui avait atteint la banane Gros Michel dans les années 1950 et qui avait conduit à la remplacer par la banane Cavendish qui représente aujourd’hui 95% des exportations.  L’experte a ensuite parlé des mécanismes internationaux, comme le Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture, qui établit un système d’accès et d’échange des germes.  Le Global Crop Diversity Trust, l’organisation qu’elle représente, a notamment pour mission de financer les banques génétiques de cultures.  La panéliste a émis l’espoir qu’il y aurait à l’avenir davantage de fonds privés pour investir à long terme dans la recherche agricole, plutôt que des subventions.  En combinant les connaissances actuelles, nous devrions accélérer les processus de production et arriver à la révolution copernicienne, a-t-elle conclu. 

M. ÁRNI MATHIESEN, Sous-Secrétaire général du Département des pêches et de l’agriculture à l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a distingué trois types de partenariats: officiels, officieux ou intégrés, et d’autres plus complexes.  Le Programme de promotion de l’aquaculture bénéficie de partenariats officiels, comme l’Initiative mondiale pour les saumons.  Le saumon est le domaine de l’aquaculture où nous avons connu le plus de succès, a-t-il indiqué, en espérant que les technologies utilisées pourront, à l’avenir, s’appliquer à d’autres espèces.  C’est donc un partenariat innovant et prospectif.

Un autre partenariat présenté par M. Mathiesen est celui mis en place avec l’Université du Mississippi sur la biodiversité.  La panéliste a aussi parlé du projet de croissance bleue mis en œuvre avec le Gouvernement de l’Indonésie.  En ce qui concerne les pêcheries, les pays en développement représentent la moitié de la production mais 90% des personnes employées dans ce secteur, a-t-il rappelé en soulignant l’importance des partenariats pour soutenir ce secteur dans ces pays.  Il a conclu son intervention en invitant à bien concevoir les partenariats et à les soutenir politiquement et financièrement, afin de garantir leur impact.

M. MARC VAN AMERINGEN, Directeur exécutif de l’Alliance mondiale pour la nutrition améliorée (GAIN), a présenté ce partenariat multisectoriel qui vise à toucher un milliard de personnes sur le terrain.  Aujourd’hui, nous en sommes à 800 millions, a-t-il indiqué.  Il a rappelé que 40 millions de personnes avaient faim dans le monde et qu’améliorer la qualité de la nutrition ne suffisait pas.  Au cours de leurs 100 premiers jours de vie, les enfants souffrant de la faim ne reçoivent pas une nutrition qui leur permettra une croissance normale.  Il a également souligné la pandémie d’obésité dont souffrent beaucoup de pauvres dans le monde.

L’expert a donné un exemple de partenariat au Kenya où le Gouvernement fournit des micronutriments en poudre grâce à l’aide fournie par des entreprises qui sont engagées dans le domaine de la responsabilité sociale.  En Afrique du Sud, en Tanzanie, en Inde et au Bangladesh, on commence à voir les fruits des efforts menés par tous les acteurs, a-t-il signalé.  Le nombre de personnes qui souffrant d’anémie est en baisse, s’est-il réjoui.  Le panéliste a aussi parlé de progrès technologiques réalisés en Tanzanie qui permettent de faire sécher les fruits et les légumes pour pouvoir les consommer toute l’année.  L’expert a estimé que les partenariats présentaient aussi l’avantage d’harmoniser les différentes actions.  Il est important, a-t-il dit, de faire confiance à l’égard de ces partenariats et donc de leur transparence.

M. JAMES HAMILTON, Vice-Président de Human and Nutrition Health – North America, DSM, a estimé qu’il appartenait aux organisations internationales, aux ONG mais aussi aux entreprises de répondre au défi de la faim dans le monde.  Il a présenté des « modèles uniques », comme celui de la société Vitamin Angels, lancée il y a 20 ans en Californie après un tremblement de terre pour vendre des vitamines dans la rue.  « La nutrition est une question de vie ou de mort », a-t-il estimé.  Une dose de vitamine A, par exemple, peut changer la vie d’un enfant.  M. Hamilton a indiqué que Vitamin Angels s’engageait à aider ses partenaires pour qu’ils réussissent dans le domaine de la nutrition, comme elle le fait avec Vitamin Water, un produit de Coca-Cola.  Il a ensuite parlé de Partners in Food Solutions, une initiative lancée par General Mills, qui rapproche des entreprises et des experts de grandes compagnies alimentaires pour renforcer les capacités des producteurs alimentaires en Afrique.

Débat interactif

L’échange de vues entre panélistes et délégations d’États Membres a souligné que les partenariats devraient accorder la priorité aux femmes agricultrices et aux petites exploitations agricoles.  Les questions d’éthique et de résilience ont également été abordées en ce qui concerne la création de ces partenariats.

Le débat a été lancé par la représentante d’une ONG népalaise qui a témoigné des fruits portés par les partenariats dans son pays, tout en estimant que la mobilisation du secteur privé n’était pas toujours à la hauteur.  Elle a expliqué que son ONG cherchait à impliquer davantage les femmes aux processus décisionnels, car elles sont des acteurs importants du développement agricole.  Des terres appartenant au domaine public du Népal avaient été cédées à des organisations de femmes agricoles qui ont en outre reçu une aide leur permettant d’améliorer la production, a-t-elle indiqué.  Le représentant de la FAO a noté que les femmes représentaient plus de la moitié des personnes impliquées dans la pêche après la phase de la capture, tandis que le panéliste de GAIN a souligné que plus de 80% des petites exploitations agricoles en Afrique étaient dirigées par des femmes.

Le modérateur, relayant une question posée sur Twitter, a demandé « Comment les nouveaux objectifs du développement durable de l’après 2015 pourraient consolider les progrès en termes de sécurité alimentaire? ».  La campagne de 1 000 jours lancée par le mouvement « Scaling Up Nutrition » (SUN) devrait être étendue au-delà de 2015, a estimé à ce propos le panéliste de GAIN.

Le délégué de l’Union européenne a rappelé les initiatives prises pour améliorer la sécurité alimentaire, comme celle de l’Aquila, et s’est félicité que 50 pays se soient ralliés au mouvement SUN en vue de réduire le nombre d’enfants dont la croissance est retardée à cause de carences alimentaires.  Le représentant de l’Irlande a partagé cet avis, en se réjouissant que le mouvement SUN rassemble toutes les parties prenantes qui luttent contre la sous-nutrition.  Il a souligné l’importance du partage d’expertises entre les pays, qui exige la mise en place de partenariats intergouvernementaux et d’échanges entre les universités.  S’adressant aux experts, il a demandé comment mieux traiter la question de l’éthique dans les partenariats entre les secteurs public et privé et résoudre le problème du manque de confiance à leur égard.

Pour le panéliste de Human and Nutrition Health – North America, « à l’heure d’Internet et des médias sociaux, la transparence doit être la règle », ce qui, a-t-il dit, doit éliminer les problèmes de conflits d’intérêt.  La panéliste du Global Crop Diversity Trust a posé une règle de base, en soulignant que: « le secteur public doit toujours garder le contrôle dans le cadre de partenariat public-privé ». 

Le débat s’est poursuivi sur la question de l’aide à apporter aux petits exploitants agricoles.  La directrice exécutive de SEED Initiative a fait remarquer que les entrepreneurs agricoles étaient confrontés à des difficultés importantes pour démarrer leurs affaires.  Il faudrait que les États prennent des mesures incitatives pour les entreprises vertes locales, a-t-elle recommandé, en estimant également que les multinationales devraient offrir leurs expertises à ces entreprises locales.

Le représentant de l’Indonésie s’est demandé comment les partenariats pourraient permettre aux petits agriculteurs d’améliorer leur productivité.  Comment assurer le transfert d’expertise au bénéfice de ces agriculteurs?  « La sécurité alimentaire doit se réaliser au niveau local, car la réponse viendra de la base et non du sommet », a expliqué le recteur de l’Université pour la coopération internationale, avant de plaider en faveur de systèmes résilients.

À ce propos, le représentant d’une ONG cambodgienne a fait remarquer que la résilience d’un projet ne peut être envisagée à l’avance.  Il a demandé s’il était nécessaire de concevoir des initiatives de développement qui prévoient d’observer la résilience.

Attirant l’attention sur le problème du manque d’accès en temps réel aux données météorologiques, un autre représentant d’ONG a invité à mettre à profit les partenariats pour abattre les cloisonnements entre secteurs.  Pour sa part, le représentant de Capgemini a appelé à travailler davantage avec les jeunes et les enfants qui, a-t-il assuré, peuvent contribuer à la sensibilisation sur ces questions.

Enfin, la représentante de l’ONG Therma Project s’est dite favorable à l’idée d’établir un objectif de développement durable spécifique aux océans, en faisant remarquer que cette ressource nourrissait plus de 50% de la population mondiale.  Pour lutter contre les pêches illégales, elle a proposé de créer davantage de zones maritimes protégées et de surveiller les vaisseaux de pêche qui entrent dans ces zones.  Le panéliste de la FAO a invité les États Membres à signer l’accord visant à promouvoir le respect par les navires de pêche en haute mer des mesures internationales de conservation et de gestion, adopté par la FAO.  Le Ministre de la production alimentaire, des affaires agricoles et maritimes de Trinité-et-Tobago a demandé aux États Membres d’être plus dynamiques pour parvenir à cet objectif. 

En conclusion de cette table ronde, le représentant d’un réseau social qui favorise le partage d’idées, Ideapod, a invité à utiliser de manière optimale les nouveaux moyens de communication et à poursuivre le débat en ligne.

Table ronde 5: « Accroître les opportunités de partenariat en matière d’infrastructure durable »

Exposés des panélistes

M. CHOLA CHABALA, Directeur de la planification nationale au Ministère des finances de la Zambie, a indiqué que son pays était l’une des 10 économies les plus florissantes du continent africain et pouvait s’enorgueillir de son taux de croissance de 6%, l’un des plus élevés du monde.  Il n’en reste pas moins que son immense territoire exige des investissements massifs dans le domaine des infrastructures.  C’est une priorité qui est au centre des politiques du pays.  Faisant remarquer que son pays ne pouvait faire cavaliers seuls, M. Chabala a expliqué que, pour parvenir à nouer des partenariats multipartites, il était indispensable de se doter de politiques favorables à l’investissement direct étranger et d’un cadre de collaboration avec les bailleurs de fonds.  Le Gouvernement zambien l’a fait tout récemment, a-t-il précisé.  La Zambie a également promulgué une loi pour faciliter les partenariats entre le secteur public et le secteur privé et mis en place une taxe spéciale sur la consommation de combustibles qui a permis d’étendre le réseau routier.  Après avoir investi massivement dans la remise en état des routes, M. Chabala a plaidé pour des politiques prévisibles et d’un environnement propice à des relations gagnantes aux différents secteurs et à l’intérêt public.

M. KANDEH YUMKELLA, Représentant spécial des Nations Unies pour l’Initiative énergie durable pour tous et Président d’ONU-Energie, a estimé que la question de l’énergie était fondamentale pour la santé publique, l’eau potable, les services d’assainissement ou encore les transports publics.  Il a cependant fait observer que les partenariats n’étaient pas si simples à établir dans le secteur de l’énergie, car ils associent souvent différents pays et différentes sources d’investissements à long terme, sans parler de risques élevés.  Alors que 50 milliards de dollars d’investissements seraient nécessaires chaque année pour financer les infrastructures dans le monde, seulement 9 milliards sont réunis en moyenne, a regretté le Représentant spécial, en soulignant que l’aide publique au développement (APD) restait insuffisante.  Une des priorités d’ONU-Énergie est de rechercher des partenariats en matière de recherche et de développement pour faire baisser les prix des énergies renouvelables et les rendre compétitives.  Fervent défenseur de la coopération triangulaire, M. Yumkella s’est également montré attaché aux politiques publiques et aux règlementations.  Il a cependant déclaré que le plus grand obstacle à l’expansion des infrastructures, c’est la bureaucratie.  Avant de conclure, il a demandé aux États Membres de faire de l’énergie un objectif du programme de développement de l’après-2015.

M. CORNIE HUIZENGA, Secrétaire général du Partenariat pour des transports écologiques, à faible émission de carbone, a expliqué que son organisation s’efforçait de rallier la communauté des transports, les responsables politiques et les bailleurs de fonds, autour de l’enjeu du développement durable, que ce soit sous l’angle de la sécurité routière, de la pollution ou encore sous l’angle des transports en commun.  Le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, a beaucoup fait pour l’énergie pour tous, ainsi que pour le transport durable, « plus que tous ses prédécesseurs réunis » en décidant d’en faire une question personnelle, a-t-il affirmé.  « Encouragés par l’élan qui s’était dégagé lors de la Conférence de Rio, nous avons défini six cibles, dont trois sont liées à l’accès rural et urbain », a ajouté M. Huizenga, qui a plaidé pour que le rôle des partenariats institutionnels soit clairement défini.

M. UMBERTO DE PRETTO, de l’Union internationale des transports routiers, a rappelé que l’Union avait été l’un des tous premiers partenariats lancés avec l’ONU.  Il a expliqué que les voies routières représentaient un facteur de croissance économique important.  Dans la plupart des pays, les infrastructures sont là, « mais les usagers représentent la valeur ajoutée ».  Il a fait cependant observer que près de 57% du temps de transport est perdu lors des contrôles douaniers de certains pays, en expliquant que cela affectait davantage l’économie.  Nous devons donc éliminer ces « obstacles douaniers », car ils entraînent des pertes économiques sèches, a-t-il insisté.  Il faudrait au contraire faciliter le commerce, en développant les infrastructures.  Par exemple, si on réhabilitait la route de la soie, on réduirait de 3,9 jours le temps de transport pour se rendre de l’Europe vers la Chine, a dit M. De Pretto.

M. SHISHIR PRIYADARSHI, Directeur de la Division du développement au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a rappelé que le nerf de la guerre en matière de développement durable, « ce sont les partenariats financiers ».  Selon lui, un aspect qui n’est pas évident dans le cadre des OMD, c’est la nécessité de mobiliser des ressources autres que l’aide publique au développement (APD).  Le simple fait d’abaisser les droits de douane et les obstacles au libre-échange représenteraient un gain considérable, a-t-il noté, en appuyant ainsi les observations faites par le précédent panéliste.  Soulignant l’importance des partenariats entre le secteur public et le secteur privé, le Directeur a rappelé qu’en 2005, lorsque l’OMC avait lancé son initiative de l’aide au commerce, un nouveau modèle de partenariats fructueux avait émergé. « Nous avons veillé à ce que l’assistance au commerce ait doublé, passant de 25 milliards à 50 milliards en l’espace de quelques années.  Lui aussi a fait remarquer que lorsque l’on discute d’infrastructures, il ne s’agit pas seulement d’infrastructures lourdes, mais aussi de retards aux frontières et de problèmes bureaucratiques.

Débat interactif

« Nous avons besoin d’une nouvelle génération de partenariats mondiaux, qui soient plus larges, dynamiques, souples et innovants, a déclaré le représentant du Bénin, au nom des pays les moins avancés (PMA).  Il a expliqué que l’aide publique au développement (APD) restait une priorité pour les PMA, car elle représente pour ces pays la seule grande source de financement.  Il faudrait, a-t-il ajouté, se montrer innovant pour renforcer l’effet multiplicateur de l’APD.  Le représentant a aussi plaidé pour que le cadre de partenariat intègre les progrès technologiques, car les PMA ne peuvent pas actuellement participer au marché des technologies modernes.  Il a également souhaité que soit créé un marché des « obligations de la diaspora » pour utiliser au mieux les envois de fonds de l’étranger, une question qui sera discutée, a-t-il annoncé, lors de la réunion ministérielle de Cotonou, en juillet 2014.

De son côté, le représentant de l’Union internationales des télécommunications (UIT) s’est réjoui de ce que les PMA insistent sur l’égalité en matière d’accès aux technologies de l’information et de la communication (TIC), en rappelant que seulement un tiers de la population du monde en développement y avait accès.  Les partenariats, a-t-il noté, ne sont durables que s’ils sont soutenus par des infrastructures de communication comme l’Internet.  Il a cité le Plan d’action d’Istanbul qui exige que les réseaux de TIC soient reconnus comme infrastructure prioritaire, au même niveau que l’eau, les moyens de transport et l’énergie.

La représentante du Honduras a indiqué que des milliers de personnes dans son pays souffraient de la pollution générée par des projets d’infrastructure qui ne tiennent pas suffisamment compte des préoccupations de santé publique.  C’est pourquoi il est important d’établir des partenariats axés sur la santé et la sensibilisation à ce problème, ainsi qu’au respect de l’environnement.  Son homologue du Népal a indiqué que les disparités considérables d’un pays à l’autre, y compris entre pays vulnérables, devraient être prises en compte à chaque fois que des partenariats étaient créés dans le cadre de projets d’infrastructures.

Déclarations de clôture

M. COLLIN BECK, Vice-Président de l’Assemblée générale, qui s’exprimait au nom du Président de l’Assemblée générale, a relevé que les participants au Forum avaient réaffirmé la participation indispensable de tous les acteurs

–gouvernements, société civile et secteur privé– pour accélérer les progrès vers les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et pour définir le programme de développement pour l’après-2015.  Au cours de la discussion, les intervenants ont rappelé que ces partenariats devraient respecter la nature intergouvernementale de l’ONU, les principes de la Charte des Nations Unies et les priorités de ses programmes.  Beaucoup ont souligné que les partenariats public-privé devraient être complémentaires et non pas se substituer à l’aide publique au développement (APD), qui reste cruciale pour les pays les moins avancés.  Il a aussi noté que les gouvernements avaient un rôle essentiel à jouer pour susciter de tels partenariats.  De leur côté, les partenariats devraient inclure des mécanismes de gouvernance pour garantir la transparence et la reddition de comptes.

Aujourd’hui, nous avons discuté de solutions concrètes pour relever les défis du développement dans les domaines de la nutrition et des ressources maritimes, ainsi que dans les infrastructures durables, a rappelé M. Beck.  Il a fait remarquer que le développement de systèmes agricoles durables exige des capacités et l’expérience des « meilleurs cerveaux du monde ».  De leur côté, les infrastructures représentent un vecteur de développement dans de nombreux secteurs, comme l’eau, l’énergie, les transports, l’éducation, la santé et l’égalité des sexes.  Beaucoup ont cependant averti qu’il y avait des écarts à combler en termes d’investissements dans les infrastructures.  Si la responsabilité de la mise en œuvre du processus de développement durable pèse sur les épaules des gouvernements, ceux-ci ne peuvent agir seuls, a-t-il souligné avant de conclure.

M. MARTIN SAJDIK, Président du Conseil économique et social (ECOSOC), s’est réjoui de la force que représentent les partenariats, comme l’a démontré ce Forum. C’est une plateforme efficace pour unir nos efforts, a-t-il estimé.  M. Sajdik estime que la coopération pour le développement jouera un rôle crucial dans la mise en œuvre du programme de développement pour l’après 2015.  Il a résumé les idées présentées au cours du débat de ces deux journées, notamment, celle selon laquelle il faudrait impliquer les communautés locales pour formuler des stratégies.  La société civile est un partenaire clef pour le développement, ont reconnu encore une fois panélistes et délégations d’États Membres.  En ce qui concerne la responsabilisation, les intervenants ont noté que le cadre des droits de l’homme et les codes de conduite des entreprises étaient des mécanismes qui peuvent renforcer la reddition de comptes dans les partenariats entre le secteur public et le secteur privé.

Le Forum politique de haut niveau sur le développement durable est la plateforme qui permettra d’établir un mécanisme d’examen périodique pour la mise en œuvre de ces objectifs, a estimé le Président de l’ECOSOC.  Il a invité à tirer parti des enseignements de partenariats comme Global Crop Diversity Trust et Global Salmon Initiative.  En concluant son intervention, il a souhaité que l’on poursuive les efforts pour établir la confiance entre le milieu des affaires et la diplomatie ». Il a aussi appelé à faire preuve de prudence à l’égard des nouveaux partenariats afin de bien analyser leurs résultats.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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