Assemblée: l’OMS s’inquiète des progrès insuffisants dans la lutte contre les maladies non transmissibles et propose un mécanisme mondial de coordination

10 février 2014
AG/11483

Assemblée: l’OMS s’inquiète des progrès insuffisants dans la lutte contre les maladies non transmissibles et propose un mécanisme mondial de coordination

10/2/2014
Assemblée générale
AG/11483
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-huitième session

74e séance plénière - matin

ASSEMBLÉE: L’OMS S’INQUIÈTE DES PROGRÈS INSUFFISANTS DANS LA LUTTE CONTRE LES

MALADIES NON TRANSMISSIBLES ET PROPOSE UN MÉCANISME MONDIAL DE COORDINATION

L’Assemblée générale a examiné, ce matin, le tout premier rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS)* sur le suivi de la Déclaration politique relative à la prévention et à la maîtrise des maladies non transmissibles (MNT) qu’elle avait adopté le 19 septembre 2011**.  L’OMS s’inquiète du peu de progrès réalisés et propose la création d’un mécanisme mondial de coordination.

Les quatre principales MNT sont les maladies cardiovasculaires, le cancer, les affections respiratoires chroniques et le diabète.  Elles ont comme facteurs de risque: le tabagisme, la sédentarité, l’usage nocif de l’alcool et la mauvaise alimentation.  Selon l’OMS, la probabilité de mourir de l’une des principales MNT entre 30 et 70 ans varie de 10% dans les pays développés à 60% dans les pays en développement.

Dans la Communauté des Caraïbes (CARICOM), s’est alarmée aujourd’hui la représentante du Suriname, les MNT pourraient représenter, d’ici à 2030, 86% de tous les décès d’un des pays de la région.  La prise en charge du diabète, par exemple, coûte à elle seule entre 2% et 4% du produit intérieur brut et entre 8% et 15% des dépenses nationales de santé.

L’OMS cite une étude de l’Université de Harvard et du Forum économique mondial qui montre que pour la période allant de 2011 à 2025, la perte de production cumulée imputable aux quatre principales MNT dans les pays en développement s’élèverait à plus de 7 000 milliards de dollars.  En 2010, la perte annuelle de quelque 500 milliards de dollars a représenté l’équivalent d’environ 4% du produit intérieur brut des pays en développement.

Comme le dit la Déclaration politique de 2011, « le fardeau et la menace que les MNT représentent à l’échelle mondiale constituent l’un des principaux défis pour le développement au XXIe siècle, en ce qu’il vient remettre en cause le développement social et économique dans le monde entier et compromettre la réalisation des objectifs de développement arrêtés sur le plan international ».

Des appels ont donc été lancés aujourd’hui pour que les MNT soient une priorité du programme de développement pour l’après-2015, date butoir pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  L’OMS dit que la mise en œuvre d’un ensemble de mesures d’un bon rapport coût-efficacité dans tous les pays en développement coûterait 11 milliards de dollars par an.

Une action mondiale coordonnées’impose donc, dit l’OMS qui propose un mécanisme mondial de coordination pour la prévention et la maîtrise des MNT dont la mission consistera à favoriser et renforcer la coordination des activités, la collaboration entre toutes sortes d’acteurs et l’action dans différents secteurs aux niveaux local, national, régional et mondial, en vue de contribuer à la mise en œuvre des six objectifs du Plan d’action mondial 2013-2020, tout en évitant les doubles emplois, en utilisant les ressources d’une manière efficace et performante, et en préservant l’OMS et la santé publique de l’influence indue de tout conflit d’intérêts réel, perçu ou potentiel.

Les industries du tabac, agroalimentaires et des boissons ont été épinglées par la représentante de Suriname.  Son homologue de l’Union européenne a insisté pour que le mécanisme mondial de coordination fasse partie intégrante du secrétariat de l’OMS, soit doté d’un mandat limité dans le temps et ait des tâches définies dans le détail pour garantir la transparence.

Comme la Déclaration politique de 2011 prévoit un examen et une évaluation d’ensemble des progrès réalisés, en 2014, les représentants de la Fédération de Russie et de la Nouvelle-Zélande ont préconisé une réunion au niveau ministériel.

En début de séance, le Président de l’Assemblée générale a annoncé qu’il avait nommé la Jamaïque au Comité des conférences pour un mandat allant du 10 février 2014 au 31 décembre 2016.  Il a exhorté le Groupe des États d’Amérique latine et des Caraïbes à présenter des candidatures pour les deux autres sièges vacants.

L’Assemblée générale a par ailleurs pris note du fait que le Kirghizistan a effectué les paiements nécessaires pour réduire ses arriérés de contributions au budget de l’ONU en-deçà du montant précisé dans l’Article 19 de la Charte –droit de vote.

La prochaine réunion de l’Assemblée générale sera annoncée dans le Journal des Nations Unies.

*     A/66/L.1

**    A/68/650

SUITE DONNÉE AUX TEXTES ISSUS DU SOMMET DU MILLÉNAIRE: NOTE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL

Note du Secrétaire général transmettant le rapport de la Directrice générale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles (A/68/650)

Ce rapport présente un aperçu des progrès accomplis depuis l’adoption de la Déclaration politique de la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles (MNT), qui s’est tenue en septembre 2011, dans la perspective de l’examen et de l’évaluation d’ensemble, en 2014, des progrès réalisés.

Il comprend un récapitulatif des nouveaux aspects du problème posé par les MNT; une description des résultats obtenus par les mécanismes intergouvernementaux mis en place pour prendre, par l’intermédiaire des organes directeurs de l’OMS, des mesures d’envergure mondiale visant à vérifier que les partenaires respectent leurs engagements; une évaluation de la capacité actuelle des pays à réagir face aux MNT; une présentation des résultats obtenus en matière de coopération et de coordination internationales et des recommandations, y compris sur les mesures prioritaires que les États Membres sont invités à prendre avant l’examen d’ensemble de 2014.

La Déclaration politique de 2011 réaffirme la Stratégie mondiale de 2001 qui vise à réduire le niveau d’exposition des individus et des populations aux facteurs de risque communs aux maladies non transmissibles, à savoir le tabagisme, l’alcoolisme, une mauvaise alimentation et la sédentarité; à renforcer les soins de santé prodigués aux personnes souffrant de maladies non transmissibles, telles que les maladies cardiovasculaires, le cancer, les affections respiratoires chroniques et le diabète; et à recenser la progression des nouveaux cas de maladies non transmissibles et en analyser les conséquences socioéconomiques.

L’OMS indique que la grande majorité des décès prématurés (85% ou 11,8 millions) de personnes âgées de 30 à 70 ans survenus en 2011 et imputables à des MNT ont été recensés dans des pays en développement.  La probabilité de mourir de l’une des principales MNT entre 30 et 70 ans varie de 10% dans les pays développés à 60% dans les pays en développement.  Selon l’Université de Harvard et le Forum économique mondial, pour la période allant de 2011 à 2025, la perte de production cumulée imputable aux quatre principales MNT dans les pays en développement s’élèverait à plus de 7 000 milliards de dollars. 

Selon une étude de l’OMS, la mise en œuvre d’un ensemble de mesures d’un bon rapport coût/efficacité en matière de prévention et de maîtrise des maladies non transmissibles au cours de la période 2011-2015 dans tous les pays en développement coûterait 11 milliards de dollars par an.

Il existe, dit l’OMS, des mesures particulièrement avantageuses pour réduire l’exposition aux facteurs de risque pour un coût inférieur au revenu annuel moyen ou produit intérieur brut par personne, comme l’augmentation du prix du tabac, l’interdiction du tabac dans les lieux de travail et les lieux publics, l’interdiction de la publicité sur le tabac, la réglementation de la vente, l’ajustement du contenu du sel iodé; etc.

Les mesures très rentables et applicables par les systèmes nationaux de santé publique sont la thérapie médicamenteuse pour la maîtrise de la glycémie et l’hypertension, l’acide acétylsalicylique dans les cas d’infarctus aigu du myocarde; la prévention du cancer du foie par la vaccination anti-hépatite B; ou encore la prévention du cancer du col de l’utérus grâce au dépistage.

Selon certaines études, la mise en œuvre de ces mesures d’un très bon rapport coût/efficacité équivaudrait à 4% des dépenses de santé actuelles des pays à faible revenu, 2% de celles des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure et moins de 1% de celles des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure.

Pour que ces mesures soient un succès, il faut qu’elles soient prises en main par les pays, que la communauté internationale participe, et qu’elles soient assorties de politiques adaptées bénéficiant de ressources financières qui soient prévisibles et débloquées en temps voulu et de partenariats multipartites.

L’OMS a mis en place un cadre global mondial de suivi comportant une série de neuf cibles volontaires à l’échelle mondiale et 25 indicateurs pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles; un Plan d’action mondial pour la lutte contre les maladies non transmissibles 2013-2020; une série limitée d’indicateurs pour ce Plan d’action; le mandat de l’Équipe spéciale interorganisations pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles créée par le Secrétaire général; et un projet de mandat pour le mécanisme mondial de coordination pour la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles.

Les pays doivent, souligne l’OMS, arrêter des cibles nationales à l’horizon 2025, compte tenu des neuf cibles mondiales, et mettre au point des politiques et plans multisectoriels, en prenant en considération le Plan d’action 2013-2020.

Ils doivent intégrer les maladies non transmissibles dans le processus de planification sanitaire et le programme de développement des pays, y compris dans la conception et la mise en œuvre du plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement.

Ils doivent aussi fournir à l’OMS des informations sur les tendances observées en ce qui concerne les maladies non transmissibles, sur les progrès accomplis dans l’application des plans d’action nationaux et sur l’efficacité des politiques et des stratégies nationales, en mettant en regard les informations communiquées par les pays et les analyses globales.

Déclarations

M. HENRY L. MAC DONALD (Suriname), au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a rappelé que deux ans et demi plus tôt, les chefs d’État et de gouvernement étaient réunis aux Nations Unies, pour la première fois, pour discuter de la prévention et de la maîtrise des maladies non transmissibles (MNT) dans le monde, en mettant un accent particulier sur le développement, les défis et les impacts socioéconomiques de ces maladies surtout dans les pays en développement.  La Déclaration politique issue de cette réunion a placé les MNT à l’ordre du jour du développement mondial puisque les chefs d’État avaient reconnu qu’elles constituent un des défis majeurs du développement au XXIe siècle.

La région des Caraïbes, s’est-il alarmé, est ravagée par les MNT qui affectent un large segment de la population et causent de graves souffrances humaines, y compris de longues périodes de mauvais état de santé, la dégradation de la qualité de la vie et des décès prématurés.  Ces maladies contribuent pour près de 60% de tous les décès enregistrés dans les Caraïbes et pour 74% dans un des pays membres.  Un de ces États Membres estime que d’ici à 2030, 86% de tous les décès seront causés par les MNT.

La prévalence des MNT a des conséquences socioéconomiques telles que la réduction de la productivité, les pertes de revenus et l’aggravation de la pauvreté.  Dans les pays en développement, le traitement des MNT consume une portion de plus en plus importante des budgets de la santé, a souligné le représentant, en précisant qu’en Amérique latine et dans les Caraïbes, la prise en charge du diabète coûte entre 2% et 4% du produit intérieur brut et 8% et 15% des dépenses nationales de santé. 

Après avoir rappelé les grandes lignes du rapport du Secrétaire général, le représentant a souhaité que le futur mécanisme mondial de coordination pour la prévention et la maîtrise des MNT soit en position de discuter de la dimension multisectorielle de ces maladies et de faire en sorte que la priorité soit accordée aux Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et au programme de développement pour l’après-2015.

Le représentant a regretté que certains défis ne soient pas mentionnés dans le rapport, comme ceux liés aux industries du tabac, agroalimentaires et des boissons qui refusent de reformuler leurs produits pour les rendre plus conformes à un style de vie plus sain.

Aussi, faut-il prendre en compte l’impact des politiques nationales d’exportation qui peuvent entraver les efforts visant à protéger les populations des risques associés aux MNT.  Le représentant a aussi dénoncé la classification trop raide des États comme pays à revenus élevés ou intermédiaires qui empêchent leur accès à une aide internationale nécessaire pour prévenir et maitriser les MNT.   

M. JAN PIROUZ POULSEN, de la délégation de l’Union européenne, a vu dans les MNT un des principaux défis à relever en matière de morbidité et a appelé l’OMS à continuer de jouer un rôle de chef de file en la matière.  Compte tenu des progrès insuffisants, il a estimé que le suivi des questions liées aux MNT nécessite des indicateurs qui tiennent compte des situations nationales.  Le représentant a souhaité que l’Équipe spéciale de lutte contre le tabagisme ne soit pas affaiblie.  Il s’est également inquiété du fait que les discussions de l’OMS sur l’établissement d’un mécanisme international de coordination ne soient pas achevées.

Le représentant a voulu que le mandat dudit mécanisme soit limité dans le temps et que ce dernier fasse partie intégrante du secrétariat de l’OMS.  Ses tâches doivent être définies dans le détail pour garantir la transparence.  L’établissement des normes devrait revenir à l’OMS et non au mécanisme, a insisté le représentant qui a aussi prévenu que l’absence d’un cadre régissant les relations entre l’OMS et le secteur privé pose problème.

M. YUSRA KHAN (Indonésie) a appelé à un front unifié pour inverser la tendance qui veut que les MNT soient la première cause de décès dans le monde.  Il a rappelé que son pays a facilité la résolution sur la santé mondiale et la politique étrangère, un texte qui a porté sur un certain nombre d’éléments importants dans l’appréhension des MNT.  Après avoir parcouru la résolution, le représentant a jugé important d’avoir des données et d’informations fiables pour mieux sensibiliser aux mesures de prévention et de contrôle.  Ces informations aideraient à identifier où les ressources déjà limitées seraient les mieux dépensées et à tirer des leçons importantes de l’état d’avancement de la lutte contre ces maladies. 

En l’occurrence, le représentant s’est félicité du Cadre mondial de suivi et de ses 9 objectifs mondiaux et ses 25 indicateurs, tout en estimant que quelques-uns de ces objectifs et indicateurs doivent être affinés pour avoir des programmes plus efficaces.  Compte tenu des différences entre les pays, il a souligné la nécessité d’établir des indicateurs et des cibles spécifiques à chaque pays.  En Indonésie, un organisme national de lutte contre les MNT a été créé en 2006 alors que le plan d’action national a facilité l’intégration des politiques et programmes sur les MNT dans la stratégique nationale de la santé et le programme de développement.  Le plan se concentre sur la lutte contre le tabagisme, la promotion d’une alimentation saine, l’activité physique et la réduction de la consommation d’alcool.

M. DMITRY I. MAKSIMYCHEV (Fédération de Russie) s’est félicité des nombreuses résolutions et déclarations adoptées en matière de lutte contre les MNT, notamment du Plan d’action pour la période 2013-2015 et de l’élaboration en cours, par l’OMS, d’un mécanisme de coordination.  Il a fait savoir qu’au cours des 10 dernières années, son gouvernement avait multiplié par six le financement de ses systèmes de santé, et ce en dépit d’un contexte économique difficile.  Le représentant a précisé qu’un programme de lutte contre les MNT a été lancé depuis 2009 et que la Fédération de Russie accorde par ailleurs des ressources financières « considérables » aux activités de l’OMS qui y sont liées.  Il a également annoncé l’ouverture prochaine, en Fédération de Russie, d’un bureau détaché de l’OMS spécialisé dans les MNT.  Le délégué a voulu que la lutte contre les MNT devienne prioritaire dans le programme de développement pour l’après-2015 et que les progrès réalisés soient examinés par une réunion de haut niveau de l’Assemblée générale.

Mme JILL DERDERIAN (États-Unis) a souligné l’importance de la Déclaration politique de 2011 et l’urgence avec laquelle la communauté internationale doit se pencher sur les morts prématurées causées par ces maladies.  La communauté internationale doit soutenir l’OMS à tous les niveaux, y compris dans l’élaboration d’un ensemble d’objectifs volontaires à atteindre d’ici à 2025, comme la réduction de la mortalité prématurée.  Grâce à l’OMS, les pays ont maintenant accès à des outils pour inverser la tendance, a ajouté la représentante qui a dit attendre avec impatience un accord sur le mécanisme de coordination à la prochaine Assemblée mondiale de la santé.  Elle a exprimé son intérêt pour l’examen complet des progrès réalisés jusqu’ici.

Mme STEPHANIE LEE (Nouvelle-Zélande), intervenant également au nom de l’Australie, a relevé que les progrès réalisés en matière de lutte contre les MNT  ne sont pas satisfaisants et a estimé que des efforts supplémentaires doivent être déployés de manière urgente.  Elle a voulu que la séance d’examen prônée par la Déclaration politique de 2011 se fasse au cours de la session actuelle, idéalement dans le cadre d’une réunion ministérielle qui serait organisée, a-t-elle préconisé, au mois de juillet.  Elle s’est opposée à une renégociation de la Déclaration politique et a insisté sur la présence des ONG qui pourraient être entendues dans le cadre d’une séance informelle.  Quelle que soit l’issue finale, a-t-elle ajouté, le but doit être de renforcer la Déclaration politique de 2011 et combler les lacunes dans sa mise en œuvre.  Les discussions de New York doivent se concentrer sur les défis que posent les MNT au développement.

M. ALI ALDABAG (Iraq) a souhaité que la prévention et le contrôle des maladies non transmissibles prennent une approche plus stratégique et systématique au niveau national, avec un plan d’action articulé autour des politiques adoptées par l’Assemblée mondiale de la santé en 2013.  Le représentant a rappelé qu’en 2012 et 2013, les États de sa région ont adopté les résolutions visant à mieux répondre aux engagements de la Déclaration politique.  Il a appelé les autres États à en faire de même, au niveau mondial cette année.  « Nous devons faire ce pas décisif pour inverser l’épidémie des maladies non transmissibles.  Nous avons besoin que la mondialisation devienne une force positive pour tous les peuples du monde. » 

*   ***   *

À l’intention des organes d’information • Document non officiel
À l’intention des organes d’information • Document non officiel.