La Commission du développement social débat de l’autonomisation des personnes âgées, qui sont une tranche de population de plus en plus large et croissante

7 février 2013
SOC/4801

La Commission du développement social débat de l’autonomisation des personnes âgées, qui sont une tranche de population de plus en plus large et croissante

07/02/2013
Conseil économique et social
SOC/4801
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Commission du développement social                         

Cinquantième et unième session                             

5e & 6e séances – matin & après-midi      

LA COMMISSION DU DÉVELOPPEMENT SOCIAL DÉBAT DE L’AUTONOMISATION DES PERSONNES ÂGÉES,

QUI SONT UNE TRANCHE DE POPULATION DE PLUS EN PLUS LARGE ET CROISSANTE

Le deuxième jour des travaux de la cinquante et unième session de la Commission du développement social (CDS) a offert aux délégations réunies dans le cadre d’une table ronde, l’occasion de débattre de l’autonomisation des personnes âgées et de la mise en œuvre du Plan d’action international de Madrid sur le vieillissement. 

Avant la tenue de cette table ronde, la Commission a poursuivi ce matin son débat général, au cours duquel les États Membres ont discuté, entre autres, de l’autonomisation des jeunes et des personnes handicapées, ainsi que des bienfaits de la protection sociale.

Cet après-midi, au cours de la table ronde consacrée à l’examen du « Rapport du Secrétaire général sur le deuxième cycle d’examen et d’évaluation du Plan d’action international de Madrid sur le vieillissement » ( E/CN.5/2013/6 ), leMinistre du travail, des affaires sociales et de la protection des consommateurs de l’Autriche, qui intervenait comme panéliste, a notamment attiré l’attention sur les « changements structurels d’envergure » que connaissent certaines sociétés du fait du vieillissement de leur population.

Constatant que les personnes du troisième âge constituent une tranche de plus en plus importante de la population dans de nombreux pays, il a notamment signalé que la gériatrique et la gérontologie devront recevoir une attention accrue et que le marché du travail devra pour sa part s’adapter pour être en mesure d’accueillir un nombre toujours plus important de travailleurs âgés.  « Afin d’intégrer toutes les générations au marché de l’emploi, les politiques de création d’emplois pour les jeunes, d’une part, et celles à mettre en œuvre pour répondre aux besoins des personnes âgées, de l’autre, doivent devenir complémentaires, a préconisé le Ministre du travail, des affaires sociales et de la protection des consommateurs de l’Autriche.  Ce genre de démarche représente aussi le meilleur moyen d’assurer la durabilité financière des systèmes de protection sociale », a-t-il estimé. 

L’importance de prendre en compte les besoins spécifiques des femmes âgées et des personnes handicapées âgées a également été signalée au cours des travaux de la journée par plusieurs délégations, qui ont aussi relevé la nécessité qu’il y a de donner à cette composante de la population les moyens de s’exprimer et de se faire entendre.

Au cours du débat général qui a eu lieu dans la matinée, la représentante de la France a insisté sur la nécessité de faire face au fléau du chômage qui affecte particulièrement les jeunes et les personnes vulnérables, qui sont souvent obligés, a-t-elle fait observer, de se tourner vers l’économie informelle où les salaires sont plus faibles et les conditions de travail moins favorables, et où il n’y a, bien souvent, aucune protection sociale. 

De son côté, le représentant de l’Espagne a indiqué que la situation économique de son pays est telle que nombre de jeunes gens sont incapables de s’émanciper de leur environnement familial, car ne pouvant quitter le foyer parental.  Un grand nombre d’entre eux sont mêmes contraints d’y retourner, a-t-il regretté.

De son côté, parlant au nom du Groupe des États d’Afrique, le représentant des Comores a abordé la question de l’autonomisation des personnes handicapées, déplorant notamment la situation précaire dans laquelle elles se trouvent dans de nombreux pays du continent africain où seuls 1 à 2% des handicapés ont accès aux soins dont ils ont besoin.

Son homologue du Danemark a pour sa part fait observer que l’intégration des personnes handicapées au marché du travail ne requiert pas forcément des investissements importants et peut même avoir du bon sens sur le plan commercial.  Il a à cet égard notamment donné en exemple l’entreprise « The Specialists », qui est une entreprise danoise qui met à profit les capacités spécifiques qu’ont les personnes autistes dans les activités qu’elle mène dans le secteur des technologies de l’information et des communications.

La question de la protection sociale a également été longuement débattue au cours de cette deuxième journée de débat général, la représentante de la France y voyant « un facteur essentiel d’autonomisation et de résilience ».  « La croissance économique et les forces du marché ne peuvent, à elles seules, fournir des solutions aux défis rencontrés en matière de protection sociale », a renchéri le représentant du Brésil, pour qui la mise en place de « politiques robustes » s’impose pour assurer la création d’emplois décents et l’accès aux services de base.

Dans son intervention, le représentant de l’Italie a indiqué que « le système étatique italien était mal équipé pour faire face aux besoins des personnes et des groupes les plus vulnérables ».  Il a déclaré qu’en 2011, du fait de la crise qui affecte la zone euro, l’Italie comptait, par rapport aux années précédentes, 2,5 millions de personnes supplémentaires vivant dans un état de pauvreté extrême, et que dans ce contexte, les familles et les organisations caritatives sont d’un grand soutien pour leur offrir un filet de sécurité sociale.  « L’Italie n’a même pas pu prendre de mesures pour verser un revenu minimum aux personnes qui perdent leur droit aux allocations chômage », a indiqué le représentant.

Le Ministre du travail de l’Autriche en a déduit qu’un « État-providence bien organisé et qui fonctionne bien est le fondement même de la richesse, de la sécurité et de la stabilité d’un pays ».

La cinquante et unième session de la Commission du développement social, dont les travaux sont prévus jusqu’au 15 février, se tient sous le thème prioritaire de la « Promotion de l’autonomisation dans les domaines de l’élimination de la pauvreté, de l’intégration sociale, du plein emploi et du travail décent pour tous ».

La Commission poursuivra son débat général demain, vendredi 8 février, à partir de 10 heures.

SUITE DONNÉE AU SOMMET MONDIAL POUR LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL ET À LA VINGT-QUATRIÈME SESSION EXTRAORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE (E/CN.5/2013/2)

a) Thème prioritaire: promotion de l’autonomisation dans les domaines de l’élimination de la pauvreté, de l’intégration sociale, du plein emploi et du travail décent pour tous

Suite du débat général

M. KAAMBI ROUBANI (Comores), qui a pris la parole au nom du Groupe des États d’Afrique, a dit que la pauvreté est la source de tous les maux et constitue une menace générale à tous les efforts de promotion du succès et de la prospérité.  Le Groupe africain est profondément préoccupé de constater que le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté est encore supérieur à un milliard.  De plus, alors que le délai de réalisation des OMD va expirer dans moins de deux ans, l’élimination de la pauvreté extrême et de la faim reste un des objectifs les plus difficiles à réaliser.  Dans ce contexte, a poursuivi M. Roubani, le Groupe africain réaffirme son engagement à continuer de mettre en œuvre la Déclaration de Copenhague sur le développement social, ainsi que le programme d’action et les autres initiatives adoptées par l’Assemblée générale à sa vingt-quatrième session extraordinaire.

En outre, consciente du rôle secondaire que les parties prenantes africaines ont joué dans la définition des OMD, la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), agissant en partenariat notamment avec la Commission de l’Union africaine, a lancé une série d’initiatives destinées à formuler une position africaine commune sur l’Agenda pour le développement post-2015, a dit le représentant.  Trois résultats généraux ont été identifiés comme priorités pour l’Agenda pour le développement post-2015: la transformation des structures économiques et une croissance inclusive, l’innovation et le transfert de technologie, ainsi que le développement humain.  M. Roubani a ajouté qu’au nombre des conditions du développement durable, il y a la paix et la sécurité, l’amélioration de la gouvernance locale, le renforcement des capacités institutionnelles et la mise en place d’un processus participatif crédible doublé d’une prise en compte des sensibilités culturelles. 

S’agissant des personnes handicapées, seul 1 à 2% parmi elles ont accès aux soins, à la rééducation et à l’éducation en Afrique, a rappelé M. Roubani.  À cet égard, a-t-il dit, nous souhaitons que la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale qui aura lieu au cours de la soixante-huitième session sur la réalisation des OMD nous donnera une occasion pour examiner une stratégie mondiale pour l’avenir, afin d’intégrer le handicap dans l’Agenda pour le développement.  Concernant le développement et l’autonomie de la jeunesse, les chefs d’État et de gouvernement ont proclamé, en janvier 2009, la décennie 2009-2018 comme étant la « Décennie du développement et de l’autonomisation de la jeunesse », a rappelé le représentant comorien.  Pour le Groupe africain, la famille est la cellule de base la plus fondamentale de la société.  À cet égard, la préparation et la célébration du vingtième anniversaire de l’Année internationale de la famille en 2014 nous offrent une opportunité idéale pour attirer l’attention sur la nécessité de disposer de politiques centrées sur la famille dans le cadre de nos efforts de développement.  À propos des personnes âgées, le cadre politique de l’Union africaine et le Plan d’action sur le vieillissement en Afrique ont été adoptés en 2002.  Des efforts de plaidoyer doivent être entrepris notamment pour veiller à ce que les ressources nécessaires soient disponibles, afin d’assurer la mise en œuvre des engagements pris.

M. RUDOLF HUNDSTORFER, Ministre fédéral du travail, des affaires sociales et de la protection des consommateurs de l’Autriche, a souligné que l’emploi est la meilleure protection contre la pauvreté et l’exclusion sociale.  Il a indiqué que le taux de chômage en Autriche est de 4%, soit « un des plus faibles de toute l’Union européenne » et que la politique de l’emploi de son gouvernement vise notamment à augmenter la participation à la vie sociale des personnes désavantagées qui courent des risques importants de pauvreté et d’exclusion sociale.  Parmi ces groupes, il a cité les jeunes, les personnes âgées, les femmes et les personnes handicapées.  Il a également évoqué l’importance de l’éducation et des qualifications professionnelles, et a indiqué que l’Autriche fournit depuis 2008 une garantie pour l’emploi et la formation des jeunes.  L’Autriche est également en train d’investir 600 millions d’euros, sur une période qui ira jusqu’à 2016, pour soutenir l’emploi continu de près de 200 000 travailleurs âgés.

La politique d’autonomisation autrichienne comporte également un important volet sexospécifique, a poursuivi Hundstorfer en soulignant que la moitié du budget autrichien alloué à l’emploi est consacrée aux femmes.  Trois cents millions d’euros ont également été investis pour promouvoir et soutenir l’intégration de 50 000 personnes handicapées au marché du travail, et l’Autriche dispose aussi d’une politique de revenu minimum.  Le Ministre fédéral a également parlé des politiques lancées par l’Union européenne dans le cadre de sa Stratégie Europe 2020, politiques qui entendent venir en aide aux jeunes qui veulent étudier et travailler à l’étranger, répondre aux défis structurels du marché de l’emploi en Europe et lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale.  Il a aussi dit que l’Autriche était favorable à l’initiative de l’Organisation mondiale du Travail concernant la création de socles de protection sociale, ainsi qu’au Pacte mondial pour l’emploi.  Un État-providence bien organisé et qui fonctionne bien est le fondement même de la richesse, de la sécurité et de la stabilité d’un pays, a-t-il affirmé.  La paix sociale est une valeur fondamentale, a-t-il ajouté, tout en précisant que c’est un fait qui a été reconnu lorsque l’Union européenne s’est vue décernée le prix Nobel de la paix en 2012.

M. VICTOR RIVAROLA, Ministre des affaires sociales du Paraguay, a souligné que l’expérience vécue en Amérique latine et dans les Caraïbes a prouvé qu’il est possible de mener des actions concrètes contre la pauvreté.  En la matière, le Paraguay a participé à cet effort régional qu’il poursuit depuis 30 ans, a-t-il assuré.  Dans ce cadre, le pays a augmenté le niveau de ses investissements dans les programmes sociaux, qui sont passés de 631 millions de dollars en 2003 à 4 milliards 199 millions de dollars en 2013.  M. Rivarola a aussi parlé de la création, au Paraguay, du Fonds national d’investissement public en faveur du développement, qui utilise les ressources provenant de la vente d’énergie électrique pour renforcer les programmes d’éducation, de santé, de réforme agricole et de programmes sociaux.  Il existe aussi, a ajouté le Ministre, un programme de transfert monétaire appelé « TEKOPORA » qui bénéficie aux familles paraguayennes les plus pauvres.  Ce programme tient compte de la situation particulière dans laquelle sont les personnes handicapées en ajustant les allocations versées aux familles touchées par le handicap.  Le Ministre a expliqué que ce programme ne fait pas des familles des entités assistées, mais les aide plutôt à devenir les acteurs principaux de leur propre avenir.  Un contrôle de l’application du programme est d’ailleurs effectué par les communautés et le Secrétariat d’action sociale.  Au final, « TEKOPORA » ouvre la voie à de nouvelles opportunités pour les familles.

M. CARLOS ROVERSSI, Vice-Ministre des affaires étrangères du Costa Rica, a souligné que la démocratie, le développement et le respect des droits de l’homme fondamentaux sont indissociables et contribuent à l’épanouissement des personnes.  Il a souligné qu’outre l’octroi de ressources matérielles aux couches de populations vulnérables, la lutte contre la pauvreté doit renforcer l’inclusion sociale et le devoir citoyen.  Il a cependant fait observer que cet objectif sera difficile à atteindre en Amérique latine tant que persistera la criminalité transnationale organisée et le fléau qu’est la traite des êtres humains.  Le Vice-Ministre costaricien a aussi insisté sur l’importance de créer des institutions transparentes et efficaces et capables de répondre aux besoins de personnes.  Il faut également veiller à l’autonomisation juridique des personnes afin de leur fournir les outils avec lesquels elles pourront revendiquer la reconnaissance et la jouissance de leurs droits, a-t-il ajouté.

Le Vice-Ministre des affaires étrangères du Costa Rica a ensuite indiqué que depuis sa création, le Costa Rica investit énormément dans le secteur social et accorde une attention particulière aux jeunes, aux femmes, aux personnes handicapées, aux autochtones et aux migrants.  Une politique de promotion de l’économie verte assure, par ailleurs, en coopération avec les populations concernées, la protection de l’environnement d’une importante superficie du pays, a indiqué M. Roverssi.  Il a également indiqué que l’investissement dans le secteur social passera à 8% à partir de 2014 et que son pays dispose d’un programme spécial pour favoriser l’emploi des jeunes et des femmes qui sont chefs de leur famille.  Le Ministre a ensuite plaidé pour un changement dans le système de classification des pays, ceci, afin que des pays dits « à revenu intermédiaire » comme le sien ne soient pas « punis » pour les succès qu’ils ont remportés en matière de développement.

M. MARKIYAN Z. KULYK (Ukraine) a évoqué les efforts entrepris par le Gouvernement de l’Ukraine en matière de lutte contre la pauvreté.  Il a ainsi parlé du Programme pour l’emploi décent, mis en place dans son pays pour la période 2012-2015.  En tant que politiques économiques et sociales, la concurrence et le libre échange ne peuvent pas l’emporter sur la promotion des droits sociaux, a-t-il expliqué, avant de se féliciter de l’augmentation des salaires et des allocations minimum de retraite, récemment obtenue par les Ukrainiens.  L’Ukraine a aussi révisé son droit fiscal pour le rendre plus équitable, bien que cet objectif ne soit pas encore complètement atteint.  Le taux d’imposition sur le revenu tiré du travail reste 3 fois supérieur à l’impôt sur le capital, a illustré le représentant, qui a regretté que « les millionnaires ukrainiens soient si peu concernés par la fiscalité » dans leur pays.  Il a également indiqué que le Gouvernement ukrainien s’intéressait au secteur informel qui emploie de nombreuses personnes en Ukraine.  Une nouvelle loi sur l’emploi est en préparation, a-t-il ajouté, grâce à la collaboration des syndicats.  Elle s’appuie sur les meilleures pratiques observées à travers le monde entier.  Face à la crise, nous devons tout faire pour que les populations ne soient pas humiliées par la pauvreté, a dit le représentant en concluant son intervention.

M. RALF EKEBOM (Finlande) a souligné que la réduction des inégalités est une composante essentielle de toute politique mise en œuvre pour réaliser le développement durable.  Il a estimé que l’Agenda pour le développement post-2015 doit comprendre des mécanismes capables d’autonomiser les individus afin qu’ils puissent participer au développement, non seulement en tant que bénéficiaires, mais également en tant que détenteurs de droits et en tant qu’agents pour le changement.  M. Ekebom a ensuite fait savoir qu’en début d’année, le Gouvernement finlandais avait commencé à mettre en œuvre un programme visant à garantir l’inclusion socioéconomique des jeunes.  La Finlande dispose aussi, depuis 2012, d’un nouveau programme de politique pour le développement qui met l’accent sur l’universalité, l’égalité, la participation et la non-discrimination.  Une nouvelle loi sur l’octroi de services aux personnes âgées a également été adoptée cette année, a-t-il ajouté.

Le représentant de la Finlande a ensuite estimé que la question de la réduction des inégalités doit figurer au cœur des débats sur l’élaboration de l’Agenda pour le développement post-2015.  À cet égard, il a attiré l’attention sur la nécessité de disposer d’indicateurs sur les changements que connaissent les groupes les plus désavantagés.  M. Ekebom a également estimé que les politiques de réduction des inégalités doivent être conçues de manière à profiter à tous les segments de la société et qu’elles doivent toucher tous les domaines et secteurs du développement durable.

Mme MARIE-CHRISTINE COENT (France) a reconnu que les efforts menés en faveur de l’autonomisation renforcent les capacités de chaque individu pour lui permettre de participer pleinement à tous les aspects de la société.  Une telle participation nécessite de bâtir des politiques ou institutions qui renforcent le développement social et humain, en favorisant l’inclusion de tous, y compris les personnes les plus vulnérables, a souligné la représentante.  L’autonomisation et l’intégration sociale passent d’abord par l’accès à un emploi, en particulier en ce qui concerne les groupes les plus vulnérables, comme les jeunes, a-t-elle observé.  Il s’agit de faire face au fléau du chômage auquel sont confrontés trop de jeunes ou de personnes vulnérables, souvent obligés de se tourner vers l’économie informelle où les salaires sont plus faibles, les conditions de travail moins favorables et bien souvent aucune protection sociale, a dit Mme Coent.

Agir en faveur de l’emploi constitue une priorité de l’agenda international, a-t-elle rappelé.  Elle a appelé la communauté internationale à traduire dans les faits, de manière concrète, les initiatives lancées dans ce domaine comme par exemple le Pacte mondial pour l’emploi, qui a été adopté par l’Organisation international du Travail (OIT) en 2009, et « l’Appel à l’action » lancé lors de la Conférence internationale du travail (CIT) en juin 2012.  « La poursuite des travaux de la Task force sur l’emploi par la présidence russe du G-20 avec comme priorités la lutte contre le chômage structurel et l’emploi des personnes vulnérables, traduit essentiellement la nécessité de rééquilibrer la croissance en faveur de l’emploi pour tous », a résumé Mme Coent.

Mme Coent a salué la mobilisation de l’Europe en faveur de l’emploi, mentionnant que son pays, la France, a pris des mesures pour favoriser l’emploi des jeunes à travers les « emplois d’avenir » et les « contrats de génération ».  La représentante a également abordé la question de la protection sociale, qui est « un facteur essentiel d’autonomisation et de résilience ».  Il faut en effet un minimum de protection de sécurité face aux aléas de la vie pour pouvoir s’adapter et tirer parti des opportunités économiques, a souligné la représentante.  Elle a dit que la France appréciait les progrès importants accomplis cette année dans ce domaine et a salué la dernière recommandation de la CIT sur les socles nationaux de protection sociale.  Il s’agit de favoriser l’accès de tous à des prestations sociales, définies et adaptées aux situations nationales, y compris pour pouvoir répondre aux besoins essentiels des différents groupes les plus vulnérables, a indiqué Mme Coent.  En concluant son intervention, la représentante de la France a souligné qu’une économie durable et plus incisive passe par le développement humain et la lutte contre la pauvreté.

M. WANG MIN (Chine) a fait trois observations se rapportant au thème « Promotion de l’autonomisation dans les domaines de l’élimination de la pauvreté, de l’intégration sociale, du plein emploi et du travail décent pour tous » dont débat la session de la Commission du développement social.  Premièrement, le développement reste le moyen le plus pertinent pour résoudre les problèmes sociaux, a souligné M. Wang.  La reprise de l’économie constitue un moyen d’atténuer ces problèmes.  La communauté internationale devrait continuer à donner la priorité au développement économique dans son agenda, promouvoir l’atteinte des OMD et fournir une aide plus grande pour la promotion de programmes sociaux dans les pays en développement.  Une dimension sociale devrait être intégrée dans l’Agenda pour le développement post-2015, et une transition effective devrait être assurée entre les OMD et l’Agenda pour le développement post-2015, a préconisé M. Wang.  Deuxièmement, a-t-il poursuivi, l’éradication de la pauvreté, l’intégration sociale et le plein emploi devraient être promus de manière intégrée.  Troisièmement, a-t-il recommandé, la relation entre l’autonomisation des personnes et le développement économique devrait traitée de manière équilibrée.

En ce qui concerne la Chine, M. Wang a indiqué que depuis la réforme et l’ouverture économique du pays, le nombre de personnes vivant dans la pauvreté a été réduit à 500 millions.  La Chine est devenue le premier pays en développement ayant atteint les OMD avant la date limite fixée, a-t-il fait remarquer.  Il a ajouté que, dans l’avenir, le Gouvernement chinois s’en tiendra à sa stratégie globale de développement socialiste à caractéristiques chinoises, que ce soit dans les domaines de l’économie, des affaires politiques et sociales, de la culture ou de l’environnement.  Dans le même temps, le Gouvernement chinois continuera de renforcer sa coopération avec toutes les parties et partagera son expérience en matière de développement social à travers le monde.

M. KEES TERWAN, Directeur des affaires internationales au Ministère des affaires sociales et de l’emploi des Pays-Bas, a estimé que l’autonomisation est un « concept complexe » qui a des ramifications dans les domaines du social, de l’économie, de la politique, de l’éducation et du droit.  Dans ce contexte, les Pays-Bas voient la protection sociale et l’emploi décent comme les conditions préalables de cette autonomisation et partagent la conviction que la meilleure forme de protection sociale demeure l’emploi décent.  S’il ne peut y avoir de système de protection sociale à « taille unique », il est cependant possible de dégager des enseignements universels sur la manière d’édifier un système durable, a aussi estimé le représentant.

Un tel système ne peut se fonder que sur une large implication des partenaires sociaux et une réelle stabilité financière, économique et fiscale.  En la matière, a jugé le représentant, l’Organisation internationale du Travail (OIT) ne devrait pas travailler dans l’isolement.  Elle doit renforcer ses liens avec des institutions telles que le G-20, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la Banque mondiale.  La protection sociale, a insisté M. Terwan, est au cœur de « L’agenda pour l’emploi décent » de l’OIT.  Or, cet agenda est lui-même au cœur de la dimension sociale de la mondialisation.  De ce fait, la poursuite de sa mise en œuvre exigera une plus grande synergie entre les organisations multilatérales pertinentes.  La Commission devrait donc promouvoir plus avant cette approche, a préconisé le représentant.

M. VITALY KOLBANOV (Fédération de Russie) a indiqué que la conception du travail décent de l’OIT est de plus en plus souvent prise en considération par le Gouvernement russe lors de l’élaboration des programmes nationaux pour l’emploi.  Il a ensuite parlé de la tenue, à Moscou, en décembre 2012, de la Conférence internationale sur l’emploi décent au cours de laquelle les délégations ont mis l’accent sur l’importance de renforcer les mesures pratiques en la matière.

Le représentant a ensuite indiqué que la Fédération de Russie entend créer 25 millions d’emplois supplémentaires et mieux rémunérés.  Il a également attiré l’attention sur le fait que les bouleversements démographiques engendrés par le vieillissement de la population transforment le marché du travail, d’où l’importance de favoriser l’emploi des jeunes et des personnes âgées.  Il a par ailleurs indiqué qu’en Fédération de Russie, des programmes ont été lancés pour créer, d’ici à 2015, 14 200 emplois pour les personnes handicapées.  M. Kolbanov a ensuite parlé de la réforme des retraites qui sera lancée dans son pays.  Il a précisé que celle-ci garantira un taux de remplacement des personnes mises à la retraite de 40%, veillera à ce que la charge sociale des entreprises soit équitable, et garantira l’égalité entre les droits des retraités et les sources de financement des retraites.  Une attention particulière sera également accordée au renforcement des retraites des personnes les plus défavorisées.  Le représentant a ensuite indiqué que son pays accueillera, au mois de juillet, à Moscou, une réunion des ministres du travail du G-20 dont les travaux viseront l’élaboration de programmes communs pour garantir l’emploi et l’avenir socioéconomique des personnes.

M. DOCTOR MASHABANE (Afrique du Sud) a fait observer que l’accès universel aux services de base et de protection sociale est un instrument important pour l’autonomisation des personnes et une barrière effective contre la pauvreté et les inégalités.  Il a indiqué que le Gouvernement sud-africain avait adopté, en 2012, un plan national pour le développement qui servira de feuille de route pour l’élimination de la pauvreté et des inégalités d’ici à 2030.  La création d’emplois décents pour tous et l’autonomisation des femmes, des jeunes et des personnes handicapées ou âgées, comptent également parmi les priorités que s’est fixé notre gouvernement, a-t-il ajouté.

M. Mashabane a ensuite parlé des défis que pose le vieillissement de la population pour les pays en développement, où globalement vivent 65% des personnes âgées de plus de 60 ans.  On prévoit que ce pourcentage passera à 80% d’ici à 2050, a-t-il signalé.  Le Gouvernement sud-africain accorde par conséquent une importante priorité à l’élaboration de politiques et de stratégies destinées à cette tranche de la population et appuie fermement l’élaboration de la convention en faveur des personnes âgées.  Le représentant a également parlé de la finalisation en cours d’une « feuille blanche pour la famille », destinée à favoriser son bien-être, et il a évoqué les efforts déployés par son gouvernement pour combattre le chômage des jeunes en élargissant l’accès aux institutions d’éducation supérieure.  Il a précisé que 21% du budget national est consacré à l’éducation, pour ensuite souligner l’importance de la budgétisation sexospécifique et en faveur des personnes handicapées.

M. RAFFAELE TANGORRA(Italie) a expliqué que, du fait des mesures d’austérité que son pays a dû adopter à la suite de la crise financière et économique en Europe, l’État italien a eu très peu de marge de manœuvre en matière de dépenses sociales.  En 2011, il y a eu 2,5 millions de personnes de plus au sein de la population italienne vivant dans la pauvreté extrême, a-t-il dit, signalant une forte augmentation de la paupérisation qui a conduit le taux de personnes à atteindre 11,2% sur la population totale.  Le taux de chômage a également grimpé en passant de 2,9% en 2007 à 4,4% en 2011.  Dans ce contexte, les familles et les organisations caritatives sont de grands soutiens pour offrir un filet de sécurité sociale aux pauvres, le système étatique étant mal équipé pour faire face aux besoins des plus vulnérables.  L’Italie n’a pas pu prendre de mesures pour verser un revenu minimum aux personnes qui perdent leur droit aux allocations chômage.

La crise nous a empêchés de mettre en place un programme d’élimination de la pauvreté à grande échelle, a regretté le représentant.  Il a cependant parlé d’un programme qui a été élaboré afin de distribuer une carte sociale prépayée aux membres des tranches de population les plus pauvres.  Nous avons aussi des projets à plus petite échelle, qui impliquent les communautés locales, a indiqué le représentant.  Passant au problème de l’emploi, il a dit que l’Italie soutenait les efforts déployés par l’Organisation international du Travail (OIT) pour faire progresser l’agenda en faveur de l’emploi décent.  Il s’est dit également favorable aux initiatives visant à mettre en place des socles de protection sociale minimum.  Pour bâtir un environnement où chacun puisse réaliser son potentiel, les droits de l’homme doivent être respectés et promus, a-t-il conclu, réitérant l’appui de son pays à l’approche centrée sur les personnes.

Mme NOA FURMAN(Israël) a déclaré que le « succès d’Israël » est dû à l’autonomisation des personnes.  « Nous sommes un pays de pionniers qui a pris sa destinée entre ses propres mains.  En moins de 60 ans », s’est-elle enorgueillie, Israël s’est transformé d’un pays en développement en une véritable puissance promotrice d’innovations technologiques.  L’expérience d’Israël démontre que le capital humain est la plus importante ressource naturelle qui soit, a souligné la représentante.  Le meilleur moyen d’atteindre le développement durable est de faire des citoyens les responsables du processus qui y mène, a-t-elle préconisé.

L’esprit d’entreprise trouve également sa place au cœur du travail de coopération que mène Israël en faveur du développement, a poursuivi la représentante.  Elle a cité en exemple les programmes de formation auxquels ont pu prendre part plus de 22 000 jeunes en Amérique latine, ainsi que ceux menés au profit des femmes entrepreneures dans le Caucase et en Asie centrale.  Des initiatives ont également été lancées sur le plan national pour favoriser l’autonomisation des membres des communautés ultra-orthodoxe, arabe et bédouine, sans oublier les personnes handicapées, a indiqué la représentante d’Israël.

Mme Furman a ensuite fait observer que la lourdeur des réglementations et de certaines politiques publiques entrave l’autonomisation de trop de personnes à travers le monde.  Cela est inacceptable, a-t-elle estimé.  Il faut créer des lois et des règlements capables de créer des environnements propices à l’entrepreneuriat, a-t-elle préconisé.  La représentante s’est ensuite félicitée de l’adoption récente, par l’Assemblée générale, d’une résolution sur l’entrepreneuriat et a formulé l’espoir que ce texte marquera un changement dans la façon dont les gouvernements réfléchissent à l’autonomisation de leurs citoyens.

M. NAOTO HISAJIMA (Japon) a jugé déterminantes, au regard des objectifs de sécurité humaine, les discussions qui sont en cours pour assurer une meilleure participation des divers acteurs de la société civile aux travaux des Nations Unies.  Tout en se félicitant de la réduction de moitié, en 20 ans, de la proportion des personnes vivant dans la pauvreté extrême, le représentant du Japon s’est inquiété qu’un milliard de personnes vivront toujours dans la pauvreté d’ici à 2015.  Il a dit que l’autonomisation de toutes les personnes en tant que composantes de la société était un élément clef de la lutte contre la pauvreté avant d’exhorter les gouvernements, le système des Nations Unies et la société civile à coopérer pour parvenir à créer un environnement propice à la participation des plus pauvres à la vie sociale, politique et économique.  Rappelant que 200 millions de personnes étaient sans emploi à la fin de l’année 2011, M. Hisajima a dit que l’emploi et le travail décent sont cruciaux pour l’autonomisation des individus.  Il a appelé les gouvernements à prendre conscience du fait que le chômage affecte les motivations des jeunes et porte atteinte à la stabilité sociale et au développement.  Il a jugé indispensable la mise en place de politiques exhaustives en matière d’emploi.  Elles doivent aller de pair avec la croissance économique, a-t-il souligné. 

« L’intégration sociale promeut l’autonomisation », a insisté le représentant du Japon, en mettant l’accent sur la volonté de son pays de faciliter l’intégration des personnes les plus vulnérables qui sont aussi celles qui subissent des discriminations.  Dans l’intérêt d’une meilleure cohésion au sein des sociétés, M. Hisajima a souligné l’importance de promouvoir la participation sociale des personnes handicapées ainsi que la protection et l’autonomisation des personnes âgées.  Il s’est félicité de l’initiative du Secrétaire général pour l’autonomisation des femmes et des jeunes, qui doit être mise en œuvre au cours des cinq prochaines années.  Il a dit que le Japon accordait une attention prioritaire à l’éducation et à la formation comme moyens de promouvoir l’autonomisation, et a cité à cet égard la mise en place, depuis 2010, d’un programme japonais d’alphabétisation en Afghanistan.        

M. CARSTEN STAUR (Danemark) a insisté sur la nécessité de créer des sociétés plus inclusives, invoquant notamment l’argument selon lequel on ne peut se permettre de gâcher des ressources humaines « considérables », surtout en période de crise financière et économique.  Par ces temps difficiles, a-t-il ajouté, les États Membres ne doivent pas non plus perdre de vue les personnes et les groupes qui ont besoin d’une attention particulière.  Il a souligné, à cet égard, l’importance de mettre en œuvre les obligations découlant de la Convention relative aux droits des personnes handicapées.

Le représentant a ensuite fait observer que l’intégration des personnes handicapées au marché du travail ne requiert pas forcément des investissements importants et peut même avoir un bon sens commercial.  Il a cité en exemple « The Specialists », une entreprise danoise qui met à profit les capacités spécifiques des personnes autistes dans le secteur de la fourniture de services de consulting dans le domaine des technologies de l’information.  Cette entreprise est devenue un leader du mouvement mondial pour la création d’emplois pour les personnes autistes et a étendu ses activités en Écosse, en Islande, en Suisse, en Autriche et aux États-Unis, s’est-il félicité.  Selon le représentant, l’accessibilité des personnes handicapées doit être considérée comme un investissement capable d’augmenter la productivité et d’assurer plus de bien-être à cette tranche de la population.  Il a ensuite fait savoir qu’en juin 2012, le Danemark a révisé sa politique de subventions versées aux personnes handicapées et celle prônant la souplesse dans l’emploi afin de permettre à un plus grand nombre de personnes d’avoir une vie active.

Mme KARLALEMUS (El Salvador) a déclaré que son pays est profondément engagé dans la lutte contre la pauvreté, notamment par le biais de ses programmes sociaux qui visent non seulement à aider la population à sortir de la pauvreté mais aussi à les faire participer au développement de leur pays.  Le Président d’El Salvador est en train de poser les bases d’un système de protection sociale universelle, a ajouté Mme Lemus.  La représentante a également souligné l’importance de la promotion de la parité des sexes dans tous les domaines.  Le système de protection sociale universelle salvadorien tient compte des caractéristiques des personnes à chaque étape de leur cycle de vie: l’enfance, la jeunesse, la vie adulte et la période du troisième âge.  Ce système est complété par des politiques sociales sectorielles, notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation, a jouté Mme Lemus.  Elle a aussi signalé une augmentation des investissements dans la protection sociale.  Ces investissements ont atteint 181,8 millions de dollars en 2013, a-t-il précisé.  Elle a ensuite mentionné l’existence de programmes de solidarité rurale, d’alphabétisation, de santé et de nutrition en milieu scolaire et d’autonomisation des femmes.  En outre, une politique visant spécialement les jeunes durant la période 2010-2024 et intitulée « Les jeunes en tant qu’acteurs centraux du processus de changement », est en cours de mise en œuvre.  Cette politique s’efforce notamment de lever les obstacles que les jeunes rencontrent pour accéder à un emploi.

M. ALAN COELHO DE SELLOS(Brésil) a estimé que l’accès universel à la santé et à l’éducation est un instrument indispensable pour briser le cycle de la pauvreté, et que les programmes de protection sociale doivent de surcroît accorder une attention particulière aux groupes les plus vulnérables.  La croissance économique et les forces du marché ne peuvent, à elles seules, fournir des solutions aux défis rencontrés en la matière, a souligné le représentant, pour qui la mise en place de politiques robustes s’impose pour assurer la création d’emplois décents et l’accès aux services de base.

M. De sellos a ensuite fait savoir que grâce aux politiques publiques de son pays, 40 millions de personnes du Brésil avaient pu sortir de la pauvreté au cours de la dernière décennie.  Le programme « Bolsa Familia » qui permet de verser des subventions aux pauvres a rendu possible de fournir un revenu mensuel aux familles les plus défavorisées qui, en contrepartie, s’engagent à poursuivre la scolarisation de leurs enfants et à briser ainsi le cycle intergénérationnel de la pauvreté.  Ce programme a joué un rôle clef pour réduire de 40% le taux de pauvreté du Brésil, a indiqué le représentant.  « Bolsa Familia » a été renforcé en 2012, par l’initiative « Brasil Carinhoso » qui cible deux millions de familles extrêmement pauvres et entend augmenter le nombre de crèches, et renforcer les programmes de distribution de médicaments pour le traitement de l’asthme et les carences en vitamine A.  Le Gouvernement brésilien a également mis sur pied le programme « Bolsa Verde » qui lui permet de verser des subventions aux familles extrêmement pauvres qui s’engagent à préserver les forêts et les ressources extractives dans les zones où elles vivent.  Voilà un bon exemple de la manière dont on peut rapprocher les agendas du développement social et du développement durable, a-t-il estimé.

M. OSAMA ABDEL KHALEK (Égypte) a déclaré qu’environ 950 millions de personnes vivront dans l’extrême pauvreté en 2015, date butoir pour la réalisation des OMD.  L’autonomisation est essentielle pour éradiquer la pauvreté et pour promouvoir le développement; l’éducation est quant à elle la clef du développement social durable, a dit le représentant.  Il a rappelé que dans le document « L’avenir que nous voulons », adopté à l’issue de la Conférence Rio+20, de nombreuses actions sont prévues pour parvenir à l’autonomisation et au développement, y compris l’éradication de la pauvreté.  Étant donné que la définition de l’Agenda pour le développement post-2015 approche, la dimension sociale du développement devrait être soulignée avec force et les gouvernements devraient faire en sorte que la promotion de l’autonomisation des personnes et l’amélioration des moyens de subsistance soient au cœur de leur stratégie à long terme.

En Afrique, en dépit des progrès accomplis dans l’atteinte des OMD, la région continue de faire face à des niveaux sans précédent de chômage, de pauvreté et d’inégalité, a regretté M. Abdel Khalek.  Il a déploré que le rapport du Secrétaire général sur le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) se concentre plus sur la responsabilité des Africains que sur la nécessité d’accroître le soutien international qui permettrait aux pays africains de créer un environnement favorable en matière de développement social par l’accès aux marchés, le transfert de technologies, l’aide financière et une solution globale aux problèmes de la dette extérieure.  M. Abdel Khalek a ensuite attiré l’attention sur le caractère massif du chômage des jeunes et sur le problème de l’analphabétisme, qui frappe 130 millions de jeunes dans le monde.  Avant de conclure sa déclaration, il a ajouté que la corruption reste aussi une menace pour le développement social et a demandé l’amélioration de la coopération internationale en matière de recouvrement des avoirs détournés et transférés à l’étranger dans le cadre de la Convention des Nations Unies contre la corruption.

M. DUKE MASILO (Botswana) a parlé du programme d’élimination de la pauvreté mis en place dans son pays, qui a permis d’élever le niveau de vie de l’ensemble de la population botswanaise et de réduire le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté, dont le taux est tombé de 59% en 1985/86 à 20,7% en 2010/2011.  Ce programme, qui fournit une assistance à 12 000 personnes, a un budget de 19,2 millions de dollars, a indiqué M. Masilo.  Le représentant a ensuite mentionné les programmes d’autonomisation socioéconomiques mis en place, dont les subventions accordées aux programmes de construction d’infrastructures de développement et à la gestion du bétail, ainsi que le programme d’aide agricole qui a permis de tripler le niveau des récoltes depuis 2008.  Le Gouvernement finance également des programmes favorisant l’entreprenariat des citoyens et donc les créations d’emplois, a précisé M. Masilo.

En matière d’éducation, il a parlé de l’initiative « Back to School » qui vise à faire revenir à l’école 50 000 jeunes en situation d’abandon scolaire ou de chômage.  À ce jour, 10 000 d’entre eux ont repris le chemin de l’école et on en espère 20 000 de plus au cours de la période 2013 et 2014.   M. Masilo a aussi parlé du système de santé qui couvre les soins prodigués aux enfants, aux personnes âgées et aux personnes handicapées.  Le Botswana fournit aussi une protection sociale à 753 685 personnes, sous la forme de versements d’allocations.  Attaché à la protection de la famille, le Botswana a aussi adopté des politiques en faveur des jeunes, des personnes âgées et des personnes handicapées, a souligné M. Masilo.  Le représentant a en outre salué la contribution de la société civile à l’amélioration de la qualité de vie des personnes handicapées, qui se fait grâce aux subventions du Gouvernement.

Mme VILMA THOMAS RAMÍREZ(Cuba) a convenu que l’autonomisation est un bon moyen de lutter contre la pauvreté, tout en faisant observer que ce fléau est le fruit d’un ordre international injuste imposé au reste du monde par les pays industrialisés.  Il est indispensable, à cet égard, de renforcer la solidarité et la coopération Sud-Sud et Nord-Sud, a-t-elle estimé.  La représentante a notamment souligné que la mise en place de filets de sécurité nécessite des ressources, d’où l’importance de l’aide que doivent verser les pays développés.  Elle a ensuite dénoncé le fait que trop peu de pays développés honorent l’engagement qu’ils ont pris de verser 0,7% de leur PIB à l’aide au développement.

Poursuivant son intervention, la représentante de Cuba a souligné que dans son pays, l’éducation, la santé, l’alimentation de base ainsi que l’emploi et la sécurité sociale sont garantis par l’État.  Personne n’est abandonné à son sort à Cuba, a-t-elle fait remarquer.  Elle a par ailleurs fait savoir qu’un grand nombre de médecins et autres spécialistes cubains contribuent à la formation de professionnels dans d’autres pays en développement.

M. MIGUEL CAMILO RUÍZ (Colombie) a relevé que l’autonomisation est un concept dynamique et multidimensionnel dont la mise en œuvre exige la mise en place de programmes transversaux.  En Colombie, la participation citoyenne est au cœur du système politique de démocratie participative, a-t-il dit.  C’est non seulement un moyen d’améliorer les conditions de vie des gens, mais aussi un objectif à atteindre en tant que tel pour réaliser les valeurs communes d’une société pluraliste.  Le représentant a aussi expliqué que la croissance économique permet de créer des emplois dans le secteur formel, de créer de la richesse et d’améliorer les conditions de vie de la population.

La Colombie a entrepris d’améliorer l’efficacité de ses dépenses sociales, de consolider son système de protection sociale, de faire progresser l’inclusion sociale des différents groupes ethniques, ainsi que de poursuivre les efforts déployés en faveur de l’égalité des sexes.  Ces politiques ont donné des résultats concrets, s’est félicité M. Ruíz.  Le taux de pauvreté a diminué de 3,1 points entre 2010 et 2011, passant de 37,2% à 34,1% de la population.  Il en est de même pour l’extrême pauvreté qui est passée de 12,3% à 10,6%.  En outre, le taux de chômage qui était de 10,4% de la population active en 2012 est le plus bas qu’on ait connu durant les 17 dernières années.  En terminant son intervention, M. Ruíz a remarqué que les efforts nationaux en faveur de l’élimination de la pauvreté doivent être soutenus par la coopération internationale, l’assistance technique, et le transfert de technologie, afin de renforcer les capacités nationales.

M. ELMAR D. LEDERGERBER (Suisse) a dit que le concept d’autonomisation était étroitement lié à celui de participation et qu’il ne pouvait y avoir de participation et d’autonomisation sans compétences.  Il a dit que l’éducation était un élément sine qua non et une précondition à la participation, car elle ouvrait la voie de la mobilité économique et sociale.  Une éducation de qualité et un système de formation professionnelle qui reflètent les besoins de l’économie sont la clef pour l’intégration dans le marché du travail et l’autonomisation économique, a insisté le représentant de la Suisse.  Alors que 197 millions de personnes sont au chômage dans le monde en 2013, le représentant a jugé important de promouvoir les droits de la personne, l’accès aux institutions et l’égalité des chances.  Il s’agit de permettre aux gens de contribuer aux décisions qui les concernent, a-t-il ajouté avant de mettre l’accent sur la nécessité de disposer de structures et de services qui ne minent pas la responsabilité des gens mais la soutiennent.  Il a souligné la nécessité de promouvoir le dialogue social pour faire participer activement et collectivement les populations à la définition des conditions et du cadre du marché de travail.  Il a aussi dit l’importance de promouvoir des systèmes de protection sociale qui ont l’avantage de protéger les individus et de responsabiliser à la fois, tout en leur permettant de contribuer à une croissance économique durable et inclusive.  Mettant l’accent sur la complémentarité de l’autonomisation et du cadre institutionnel, il a dit qu’il était vain de prétendre assurer une bonne protection sociale sans les services et les infrastructures nécessaires pour le faire.  Il a indiqué que les ministres de la Commission économique pour l’Europe (CEE), réunis à Vienne, en septembre dernier, ont souligné que le vieillissement actif passait par une bonne réponse institutionnelle à ce phénomène.  Il a donc appelé les États à faire preuve de discernement en promouvant l’autonomie de la personne.

M. DANIEL FIERRO (Équateur) a indiqué que la Constitution équatorienne de 2008 prévoit le droit au bien-être de la population comme objectif majeur à atteindre, ce qui conduit l’État à investir dans le domaine social pour réduire la pauvreté.  Une restructuration des institutions publiques équatoriennes a permis aux citoyens de participer à l’élaboration des politiques, a-t-il dit, donnant l’exemple des espaces de consultation qui ont été créés afin de faire participer les différents groupes sociaux au débat public.  M. Fierro a expliqué que les politiques menées pour lutter contre la pauvreté s’inscrivent dans un processus indissociable des personnes, qui vise le développement humain.  Les membres des familles qui reçoivent des allocations de l’État doivent répondre à certaines conditions, a-t-il indiqué, afin que ces familles prennent conscience de leur responsabilité partagée dans les efforts visant un meilleur avenir pour tous.  Le taux de scolarité équatorien a atteint 96,8% en 2012, s’est-il félicité, ajoutant que l’Équateur a continué d’améliorer la protection sociale de sa population pour lutter contre la pauvreté et éviter que les personnes qui en sont sorties y retombent.  Il a indiqué que les transferts monétaires bénéficient à 1,2 million de personnes.  Outre ces efforts nationaux, a-t-il ajouté, il faut aussi renforcer les processus multilatéraux par lesquels la communauté internationale peut contribuer à l’élimination de la pauvreté.

M. SALEUMXAY KOMMASITH (République démocratique populaire lao) a jugé important de noter que l’autonomisation ne conduit pas forcément à l’élimination de la pauvreté.  Elle doit s’accompagner des ressources nécessaires et d’un environnement social favorable, a estimé le représentant.  Or, la diminution des ressources due aux crises financière et économique a aggravé les défis posés pour la mise en œuvre des OMD.  Si en la matière la responsabilité de chaque pays est reconnue, il est tout aussi crucial de rappeler celle qu’a la communauté internationale, qui doit apporter appui et coopération aux États les plus faibles.  Mon pays, a indiqué le représentant, est en train de mettre en œuvre son septième Plan de développement socioéconomique pour la période 2011-2015.  Ce plan vise la réalisation de tous les OMD, à l’échéance prévue, a indiqué M. Kommasith.  Le Gouvernement lao compte ainsi consacrer 26% de ses dépenses aux secteurs sociaux, notamment à l’éducation et à la santé.

M. MUSTAPHASIDIKIKALOKO(Union africaine) a salué le rôle que joue la Commission de l’Union africaine dans les progrès accomplis par la mise en place de programmes de développement social en Afrique.  Il a assuré que l’Union africaine s’attache à mettre en œuvre le Cadre de politique sociale pour l’Afrique, qui est un document très complet dans ce domaine.  « À cet effet, nous avons formé un groupe de 28 planificateurs du développement issus de 22 États membres de l’UA, a dit le représentant.  Des efforts sont en outre déployés par l’Union africaine pour rendre opérationnel le conseil consultatif sur le vieillissement d’ici à l’an prochain.  Par ailleurs, un protocole relatif aux droits des personnes âgées est en cours de rédaction afin de compléter la Charte de l’Union africaine.  M. Kaloko a aussi parlé du Plan d’action continental pour la décennie en faveur des personnes handicapées.  Il s’est félicité à cet égard de la tenue, cette année, en marge de la soixante-huitième session des l’Assemblée générale des Nations Unies, d’une réunion de haut niveau sur l’intégration du handicap dans les programmes de développement d’ici à 2015 et au-delà.  Enfin, il s’est félicité que les pays africains se soient approprié la campagne de réduction des taux de mortalité maternelle en Afrique.

M. RUBÉN UROSA (Espagne) a indiqué que le budget du Ministère de la santé, des services sociaux et de l’égalité de l’Espagne avait connu une augmentation de 28%.  « Cela illustre les efforts que déploie mon gouvernement dans le climat de crise que connait l’Europe », a-t-il souligné.  Le représentant a également évoqué le lancement du plan en faveur des jeunes pour la période 2013-2015 afin de répondre aux problèmes croissants que connaissent ces derniers pour s’intégrer de manière productive à la société et s’émanciper.  En effet, a précisé M. Urosa, la situation économique est telle que nombre de jeunes gens se voient dans l’impossibilité de quitter le foyer parental ou sont contraints d’y retourner.  Le représentant a indiqué que ce plan cible en premier lieu l’éducation, la formation et l’emploi, suivi de l’accès au logement et de l’amélioration de l’intégration des jeunes au marché du travail, et du soutien à leur entrepreneuriat.  Les besoins des jeunes doivent être adressés de manière coordonnée et complète par toutes les administrations et politiques publiques, a-t-il souligné.

M. Urosa a ensuite indiqué que 8,55% de la population espagnole souffre d’un handicap et que le Gouvernement a versé 6,6 millions d’euros à la promotion de l’indépendance des personnes handicapées.  L’Espagne finance par ailleurs, à hauteur de cinq millions d’euros, les associations de personnes âgées et dispose en outre d’un budget de 18,9 millions d’euros pour lutter contre la discrimination et promouvoir l’emploi et la formation des femmes, a indiqué le représentant.

b) Examen des plans et programmes d’action pertinents des organismes des Nations Unies concernant la situation de certains groupes sociaux (E/CN.5/2013/6)

Table ronde sur le thème « Rapport du Secrétaire général sur le deuxième cycle d’examen et d’évaluation du Plan d’action international de Madrid sur le vieillissement  »

Dans le cadre de cette table ronde, les membres de la Commission du développement social étaient saisis du rapport du Secrétaire général intitulé « Deuxième cycle d’examen et d’évaluation du Plan d’action international de Madrid sur le vieillissement » (E/CN.5/2013/6).  M. CARLOS ENRIQUE GARCÍA GONZÁLEZ, Vice-Président de la Commission du développement social, qui jouait le rôle de modérateur des débats a dit attendre avec intérêt cet échange entre experts qui a pour but, entre autres, de faciliter le partage des meilleures pratiques adoptées dans l’application du Plan d’action de Madrid sur le vieillissement adopté en 2002.

Mme PAURINA MPARIWA, Ministre du travail et des services sociaux du Zimbabwe, a fait le point sur les initiatives lancées en Afrique pour soutenir les personnes âgées.  Elle a précisé qu’au niveau du continent, l’Union africaine avait lancé plusieurs initiatives pour assurer la protection des personnes âgées et qu’un projet de protocole sur les droits des personnes du troisième âge en Afrique avait également été élaboré.  Les gouvernements ont aussi été appelés à intégrer la question du vieillissement dans leurs politiques sociales, a-t-elle dit.  Mme Mpariwa a ensuite indiqué que le Zimbabwe avait adopté, en 2012, une loi qui renforce la participation à la vie sociale des personnes âgées grâce à la création d’un Conseil national pour les personnes âgées.  Ces dernières ont également droit à des subventions et ont accès à un certain nombre de services.  Parlant de l’Éthiopie, Mme Mpariwa a déclaré que ce pays a mis en place une politique de bien-être général qui cible les groupes de population les plus vulnérables.  Divers programmes de soutien aux personnes âgées, notamment des réseaux de protection sociale, ont été lancés dans plusieurs pays d’Afrique avec l’aide d’organisations internationales, a poursuivi la Ministre zimbabwéenne.

Elle a ensuite fait savoir que 67% des foyers de son pays dépendent d’une personne âgée et que le Gouvernement zimbabwéen a de ce fait développé un programme d’allocation de fonds aux familles.  L’Ouganda et l’Afrique du Sud ont également adopté une législation à l’intention spécifique des personnes âgées, a-t-elle indiqué.  Elle a ajouté qu’en Afrique, la plupart des personnes âgées n’ont pas de retraites à proprement parler et continuent de travailler, en grande majorité, dans le secteur informel, jusqu’à un âge très avancé.  La Ministre a aussi fait observer que les femmes âgées se trouvent dans une situation plus difficile que les hommes du même âge, et sont souvent les premières à devoir assurer les soins de leurs enfants ou petits-enfants atteints du VIH/sida.  Les gouvernements commencent enfin à reconnaître l’importance d’adopter des politiques de prestation de soins destinés aux personnes âgées, mais ils doivent faire davantage pour les rendre conformes au Plan d’action de Madrid, a souligné Mme Mpariwa.

M. RUDOLF HUNDSTORFER, Ministre du travail, des affaires sociales et de la protection des consommateurs de l’Autriche, a fait le point sur la troisième Conférence ministérielle de la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (UNECE) sur le vieillissement, qui s’est déroulée en septembre dernier, à Vienne, autour du thème « Assurer l’avènement d’une société pour tous les âges: La promotion de la qualité de vie et d’un vieillissement actif », et qui a débouché sur l’adoption d’une Déclaration ministérielle.  Il a précisé que les thèmes prioritaires de cette Conférence avaient été la promotion d’une vie active plus longue; la participation, la non-discrimination et l’inclusion sociale des personnes âgées; la création d’un environnement propice à la santé, à l’indépendance et à un vieillissement digne et, enfin, la promotion du dialogue intergénérationnel et de la solidarité entre les générations.

Le Ministre autrichien a évoqué les changements structurels d’envergure que connaissent certaines sociétés du fait du vieillissement de leur population.  Le marché du travail doit être en mesure d’accueillir un nombre plus important de travailleurs âgés, et le droit au travail des personnes âgées doit susciter un changement de perspective tant chez les employeurs que chez les employés, a-t-il estimé.  Les capacités, l’expérience et la sagesse des personnes âgées sont des outils puissants pour le développement, a-t-il estimé.  Il a précisé que la Déclaration ministérielle engage les États membres de l’UNECE à créer des lieux de travail ouverts aux personnes âgées.  Il a ensuite indiqué qu’au lieu de promouvoir la retraite précoce, l’Autriche favorise à présent la réhabilitation et l’établissement de lieux de travail « sains ».

Les États membres de l’UNECE ont également reconnu l’importance de la gériatrique et de la gérontologie, a déclaré M. Hundstorfer en préconisant qu’une attention notable soit accordée à la prévention, au diagnostique précoce, et aux services de soins, notamment pour les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer et d’autres formes de démence.  Il est essentiel d’élargir l’éventail des services de soins pour répondre à la demande croissante en matière de soins à long terme, a-t-il souligné.  Il faut aussi aider les personnes qui s’occupent d’un membre de leur famille à réconcilier leurs responsabilités professionnelles et familiales.  Des mesures de promotion de la santé s’imposent également dans le but de réduire la probabilité de certaines maladies et handicaps, et de promouvoir la santé physique et mentale ainsi qu’une vie indépendante, a-t-il ajouté.

En ce qui concerne le renforcement de la solidarité intergénérationnelle, le Ministre du travail de l’Autriche a appelé à la mise en œuvre de stratégies durables qui prennent en compte les besoins et les capacités des générations actuelles et à venir.  Afin d’intégrer toutes les générations au marché de l’emploi, a-t-il ajouté, les politiques de création d’emplois pour les jeunes, d’une part, et pour les personnes âgées, d’autre part, doivent être complémentaires.  C’est aussi le meilleur moyen d’assurer la durabilité financière des systèmes de protection sociale, a-t-il fait observer.  Après avoir évoqué les bienfaits du volontariat pour toutes les tranches d’âge, M. Hundstorfer a indiqué que l’Autriche avait créé un Conseil consultatif de personnes âgées pour leur permettre de partager leurs points de vue avec les décideurs politiques.

M. XIAO CAIWEI, Vice-Président du Comité national chinois sur le vieillissement, a expliqué que le nombre de personnes âgées dans la région Asie-Pacifique augmente à un rythme beaucoup plus rapide que dans le reste du monde.  Selon les prévisions, la moitié de la population âgée mondiale vivra en Asie-Pacifique d’ici à 2015.  Si la transition démographique a pris plus de 100 ans à s’opérer dans les pays européens, notre région est en train de la vivre en trois décennies, a-t-il indiqué.  La diminution de la population en âge de travailler aura une incidence sur la vie économique, a observé M. Xiao, sans compter les répercussions sur les systèmes de sécurité sociale et sur la fourniture des services de santé gériatrique.  Les femmes âgées sont particulièrement vulnérables, a-t-il ajouté.

Le panéliste a mentionné les activités menées dans la région pour faire face à ces problèmes, citant par exemple la réunion préparatoire organisée par la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP) à Beijing en novembre 2011, et l’enquête régionale intergouvernementale sur les progrès réalisés et les défis rencontrés dans la mise en œuvre du Plan d’action de Madrid.  « Nous avons aussi tenu une réunion sur l’évaluation du Plan d’action en 2012 à Bangkok », a-t-il ajouté.  Il reste encore beaucoup à faire dans la région, y compris en ce qui concerne les plans régionaux de vieillissement, a-t-il dit.

Les conclusions de ces travaux invitent notamment à mettre en place des politiques et des cadres juridiques assurant la protection des personnes pour qu’elles puissent vivre toute leur vie de façon indépendante et en bonne santé.  La sécurité du revenu est un autre élément essentiel pour le sort des personnes âgées, a souligné M. Xiao Caiwei.  Il a également invité les gouvernements à s’attaquer plus fermement à l’élimination des problèmes d’emploi pour les personnes âgées, ainsi qu’à améliorer la protection sociale.  Certains pays de la région de la CESAP ont réussi à établir une couverture universelle de soins de santé, a-t-il relevé.  Le panéliste a également souligné la double vulnérabilité que subissent les femmes âgées.  La Déclaration de Madrid demande d’accorder la priorité aux droits des personnes âgées et à la mise en place des cadres juridiques appropriés, a-t-il rappelé. 

M. CARLOS ROVERSSI ROJAS, Vice-Ministre des affaires étrangères du Costa Rica, a indiqué que, depuis le cinquième anniversaire du Plan d’action de Madrid, en 2007, les pays de la région d’Amérique latine et des Caraïbes ont pris des mesures devant servir de base à un développement plus équitable qui permettrait d’y intégrer les personnes âgées.  Lors de la troisième Conférence régionale intergouvernementale sur le vieillissement, tenue en mai 2012, ces pays ont adopté la Charte de San José sur les droits des personnes âgées en Amérique latine et dans les Caraïbes.  Selon les prévisions, le nombre de personnes âgées aura triplé, par rapport à ce qu’il est aujourd’hui, d’ici à la fin du XXIe siècle, a dit M. Rojas.  En 2036, les personnes du troisième âge seront plus nombreuses que les enfants dans la région Amérique latine et Caraïbes.  Le Vice-Ministre a dès lors jugé important d’harmoniser les droits des différentes générations.  Il a déploré que les personnes âgées n’aient pas accès à des pensions de retraite ni aux services de santé.

Dans la région, 17 pays ont adopté une politique nationale sur le vieillissement et 13 ont une loi pour protéger les droits des personnes âgées, la plupart ayant en outre créé des institutions pour gérer ces questions.  Les pays d’Amérique latine et des Caraïbes ont mis en place des programmes de santé pour les personnes âgées au sein des ministères concernés.  Il nous faut aussi œuvrer en faveur de l’autonomisation des personnes âgées et de la reconnaissance de leurs droits, a poursuivi le panéliste.  Résumant la Charte de San José, M. Rojas a parlé de l’engagement pris en vue de surmonter les inégalités existant entre les systèmes de protection sociale ou même à l’intérieur de ces systèmes, qui affectent particulièrement les femmes âgées, les personnes âgées en milieu rural et les autochtones du troisième âge.  Nous voulons aussi renforcer l’autonomie des personnes âgées, grâce à des services leur permettant de jouir d’une certaine indépendance, a indiqué le panéliste.  Il a enfin souligné la nécessité du renforcement des capacités nationales pour que les droits des personnes âgées ne restent pas lettre morte.

Mme GISELA NAUK, déléguée de la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (CESAO), a indiqué que bien que le vieillissement de la population reste à un stade précoce dans cette région, le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans y a doublé entre 1980 et 2010.  Elles devraient représenter entre 22 et 36% de la population de 12 des 17 États membres de la CESAO d’ici à 2050, a précisé Mme Nauk.  Ce vieillissement accéléré signifie que les États concernés ont moins de temps pour se préparer aux conséquences du vieillissement de leur population et des besoins que cela entraine sur les plans social, économique et sanitaire.  Les décideurs doivent donc élaborer des directives à l’avance pour créer un environnement politique propice afin de pouvoir s’ajuster et réagir aux changements entrainés par le vieillissement de leur population, a-t-elle préconisé.

Les États membres de la CESAO se sont engagés à mettre en œuvre le Plan d’action international de Madrid sur le vieillissement ainsi que le Plan d’action arabe sur le vieillissement, mais des défis persistent en matière de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation, a indiqué la représentante.  Mme Nauk a notamment pointé du doigt des ressources limitées, des priorités concurrentielles, le manque d’information et de recherche sur cette tranche de la population et l’absence de normes pour garantir la qualité des services.

Débat interactif avec les délégations

Ouvrant les échanges de la table ronde, la représentante du Chili a indiqué que la région de l’Amérique latine et des Caraïbes voulait s’appuyer sur la Charte de San José de 2012 comme feuille de route pour traiter de toutes les questions liées au vieillissement.  Elle a plaidé en faveur de l’adoption d’un instrument juridiquement contraignant pour améliorer la protection des personnes âgées dans le monde entier.  Le principal défi qui se pose est celui de la création d’institutions autonomes dotées de ressources suffisantes qui seront chargées de fournir des principes directeurs aux instances étatiques dans le domaine du vieillissement, a-t-elle estimé.  Elle a aussi souligné l’utilité des associations de personnes âgées.  Dans chaque pays de notre région, nous avons créé un comité consultatif sur les personnes âgées, a-t-elle à cet égard indiqué.

La représentante du Mexique a ajouté combien il est important d’intégrer les facteurs économiques et sociaux dans une démarche commune d’autonomisation des personnes âgées.  C’est à l’État d’assurer la sécurité sociale à ces personnes, et l’action de l’État ne doit pas seulement se limiter à un soutien aux personnes qui ont un emploi, a-t-elle estimé, se disant favorable à l’établissement d’un système de retraite qui ne soit pas basé sur les seules contributions qu’auraient fait les retraités.  Elle a insisté pour que des politiques économiques et sociales appropriées soient adoptées, afin de ne pas faire des personnes âgées des laissés-pour-compte abandonnées à elles-mêmes.

« Quel a été le meilleur moyen utilisé dans chaque région pour faire entendre les voix des personnes âgées? » a demandé la représentante de la Finlande.  Répondant à cette question, la représentante de la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale a indiqué qu’une loi palestinienne encourage la participation des personnes âgées aux différentes activités socioéconomiques.  L’Autriche a créé un Comité des citoyens âgés, composé d’organisations non gouvernementales, a pour sa part indiqué le Ministre du travail de l’Autriche chargé aussi des affaires sociales et de la protection du consommateur.  Le Vice-Président du Comité national chinois sur le vieillissement a salué les activités menées par les associations de personnes âgées, tandis que le Vice-Ministre des affaires étrangères du Costa Rica a invité la Commission et la communauté internationale à écouter la société civile « sans crainte ».

Intervenant au nom de ce type d’association, la représentante de HelpAge International, réseau mondial d’ONG et d’organisations de la société civile comprenant plus de 400 membres, a noté les défis qui se posent en matière de santé et d’abus et qui restent à relever par les gouvernements dans la conception et la mise en œuvre de leurs politiques sociales.  Elle a regretté que la question du vieillissement ne soit pas incluse dans le programme de développement post-2015.  « Comment pouvons-nous être sûrs que les personnes âgées pourront faire entendre leur voix? » a-t-elle demandé.  La représentante du Réseau international pour la prévention des abus faits aux personnes âgées a, pour sa part, soulevé le manque de responsabilité des États Membres dans l’application du Plan d’action international de Madrid.

La représentante du Brésil a demandé comment la communauté internationale pourrait encourager une meilleure application de politiques spécifiques bénéficiant aux personnes âgées.  Le représentant de l’Union européenne a jugé utile d’encourager les décideurs à développer des partenariats à tous les niveaux.  Il a demandé que des avis soient fournis sur le rôle des instruments de vérification.  Les réunions d’évaluation sont à cet égard importantes, a répondu le Vice-Ministre des affaires étrangères du Costa Rica.

La représentante des États-Unis a reconnu que les ONG sont devenues une force importante et puissante pour la défense des droits des personnes âgées.  En octobre 2012, les États-Unis ont créé un Conseil de coordination qui permet aux agences gouvernementales de collaborer sur les questions touchant aux abus dont souffrent les personnes âgées, a-t-elle indiqué.  Sur le plan de santé, elle a mentionné la loi « Obamacare » qui permet aux personnes âgées d’être prises en charge sur les plans médical et social.  Elle a aussi soulevé le problème de logement que connaissent souvent les personnes âgées.  Elle a tenu à préciser que l’adoption de la Charte de San José a été assez controversée, une position qui a été contestée par le Vice-Ministre des affaires étrangères du Costa Rica.

Plusieurs délégations ont invoqué des différences de vulnérabilité existant au sein même du groupe des personnes âgées.  Le représentant de l’Allemagne a souligné la différence entre un homme de 55 ans et un autre de 80 ans par exemple.  « Existe-t-il des mesures permettant de considérer différents groupes d’âge dans les régions afin de les prendre en charge différemment? » a-t-il demandé.  Par ailleurs, la représentante du Kenya a estimé qu’il est regrettable que les personnes handicapées qui vieillissent ne soient pas prises en compte dans les mesures visant les personnes âgées.  De son côté, le représentant d’Israël a voulu connaître l’avis des experts concernant les défis à relever en ce qui concerne les femmes âgées.

Abordant la question du veuvage, la représentante du Gabon a rappelé la résolution adoptée par l’Assemblée générale, à l’initiative de son pays, qui a déclaré le 23 juin, « Journée internationale des veuves ».  Pour répondre à une question de cette délégation, le Vice-Président du Comité national chinois sur le vieillissement a souligné qu’en dehors des mesures que peut prendre l’État, qu’il faut promouvoir le renforcement du rôle des familles, qui est important.  Pour améliorer le bien-être des femmes en situation de veuvage, nous devons aussi nous appuyer sur les associations de soutien aux veuves, a-t-il ajouté.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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