M. Ban appelle les négociateurs israéliens et palestiniens à agir de manière responsable et dénonce les colonies, les déplacements forcés et la situation à Gaza

25 novembre 2013
SG/SM/15495-AG/PAL/1282-OBV/1283

M. Ban appelle les négociateurs israéliens et palestiniens à agir de manière responsable et dénonce les colonies, les déplacements forcés et la situation à Gaza

25/11/2013
Secrétaire général
SG/SM/15495 AG/PAL/1282 OBV/1283
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

M. BAN APPELLE LES NÉGOCIATEURS ISRAÉLIENS ET PALESTINIENS À AGIR DE MANIÈRE RESPONSABLE

ET DÉNONCE LES COLONIES, LES DÉPLACEMENTS FORCÉS ET LA SITUATION À GAZA

On trouvera ci-après le message du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, à l’occasion de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, à New York le 25 novembre:

Cette Journée internationale de solidarité est pour nous l’occasion de réfléchir sur la situation critique dans laquelle se trouve le peuple palestinien ainsi que sur nos contributions et responsabilités collectives en tant que gouvernements ou organisations internationales et de la société civile, dans le cadre de l’instauration d’une paix israélo-palestinienne.

Cette année, la célébration intervient alors que les négociateurs israéliens et palestiniens œuvrent de concert à la réalisation d’un même objectif, à savoir le règlement pacifique global de toutes les questions relatives au statut final.  J’invite la communauté internationale à soutenir les parties dans cette entreprise ambitieuse afin de parvenir à une solution à deux États, mettant fin au conflit.  Toutes les parties doivent agir de manière responsable en évitant les actes qui pourraient entamer l’espoir de voir les négociations aboutir.

Je suis alarmé par la situation de plus en plus dangereuse sur le terrain où l’on constate une escalade de la violence.  Même si je me félicite de la libération de prisonniers par Israël dans le cadre de l’accord de reprise des pourparlers, les activités de colonisation dans le territoire palestinien occupé se poursuivent, ce qui demeure extrêmement préoccupant.  L’annonce de la construction de plusieurs milliers de nouveaux logements n’est pas compatible avec l’objectif d’une solution à deux États et risque de faire échouer les négociations.  Les colonies de peuplement violent les dispositions du droit international et constituent un obstacle à la paix.  Les activités d’implantation de telles colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est doivent cesser.  La communauté internationale n’admettra aucune mesure laissant préjuger de questions relatives au statut final.

Dans le même temps, les Palestiniens continuent d’être déplacés du fait de la démolition de leurs habitations dans la Zone C de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.  La situation à Jérusalem-Est est particulièrement préoccupante, car pour cette seule année, près de 100 structures ont été démolies, déplaçant 300 personnes.  Des centaines de Palestiniens sont en situation de risque étant donné que leurs maisons ont été bâties sans permis de construire israéliens, d’où l’importance pour les Palestiniens de pouvoir bénéficier d’un système équitable de planification et de zonage.  Je rappelle à Israël qu’il a pour obligation de protéger la population sous occupation.

La situation à Gaza demeure une source de vive inquiétude.  Je condamne à nouveau tous les tirs de roquettes en direction d’Israël ainsi que la construction par des militants de tunnels débouchant dans ce pays.  Depuis la récente découverte d’un de ces tunnels, Israël a suspendu tout transfert de matériel de construction à Gaza, y compris pour des projets humanitaires.  Même si je comprends les préoccupations légitimes d’Israël en matière de sécurité, je lui demande instamment de veiller à faire en sorte que les besoins de la population civile de Gaza soient satisfaits.

L’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), essentiel à la survie de millions de Palestiniens à Gaza, en Cisjordanie et dans la région, continue de se heurter à de graves difficultés financières.  J’engage tous les donateurs, y compris les nouveaux, à fournir des contributions ou à les accroître pour financer les activités vitales et indispensables de l’Office.

Une solution à deux États est impossible sans une unité palestinienne constituée sur la base des engagements pris par l’Organisation de libération de la Palestine et des positions arrêtées dans le cadre de l’Initiative de paix arabe.  J’exhorte les Palestiniens à surmonter sans attendre leurs divisions dans l’intérêt de l’unité.

Le but est clair, obtenir la fin de l’occupation commencée en 1967 et la création d’un État de Palestine souverain, indépendant et viable sur la base des frontières de 1967, aux côtés d’un État d’Israël où la sécurité est assurée.  Jérusalem doit, à l’issue de négociations, être proclamée capitale des deux États, et des arrangements acceptables pour toutes les parties doivent être trouvés pour les Lieux saints ainsi que pour les millions de réfugiés palestiniens dans toute la région.

Le mois de septembre dernier a marqué le vingtième anniversaire de la signature des accords d’Oslo.  Après 20 années de pourparlers et de nombreux retours en arrière sur le terrain, j’invite instamment les responsables palestiniens et israéliens à prendre les décisions qui permettront de trouver une solution politique à ce grave et interminable conflit.  Sur la base de l’engagement contracté avec tous les partenaires concernés, notamment dans le cadre du Quatuor, l’Organisation des Nations Unies est prête à contribuer à ce processus en vue de parvenir à une solution à deux États.

Nous ne pouvons nous permettre de laisser passer l’occasion qui s’offre à nous.  J’en appelle à la collaboration de tous les membres de la communauté internationale afin que la solidarité manifestée à cette occasion se transforme en action positive au service de la paix et de la justice.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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