Conférence de presse mensuelle du Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon

17 avril 2013
SG/SM/14954

Conférence de presse mensuelle du Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon

17/04/2013
Secrétaire général
SG/SM/14954
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE MENSUELLE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES, M. BAN KI-MOON

Au cours de sa conférence de presse mensuelle, tenue cet après-midi au Siège de l’ONU, le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, a donné des précisions sur sa participation à la réunion qui sera organisée demain par la Banque mondiale, ainsi que sur la situation en matière de paix et de sécurité au Mali, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo, au Moyen-Orient et dans la péninsule coréenne.  Il a répondu aux questions que lui ont posées les correspondants de presse accrédités auprès de l’ONU sur plusieurs de ces sujets, ainsi qu’à des questions portant sur le fonctionnement de l’ONU.

Le Secrétaire général a annoncé qu’il serait demain à Washington D.C. pour participer aux réunions annuelles de ministres des finances organisées par la Banque mondiale chaque mois d’avril.  J’aurai une série de réunions avec ces ministres sur les questions les plus importantes, a dit M. Ban, expliquant que cela constituait une avancée significative dans les relations de coopération entre l’ONU et la Banque mondiale.

Les discussions se poursuivront vendredi, coïncidant ainsi avec les réunions de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) qui assembleront des chefs d’État, des premiers ministres, des ministres des finances et d’autres représentants.  Cette participation de haut niveau devrait permettre d’exprimer un soutien politique de même niveau pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), a espéré M. Ban.

« Nous nous concentrerons sur quatre domaines principaux », a-t-il précisé, mentionnant tout d’abord l’éducation, domaine où les investissements sont les plus importants pour l’avenir du monde.  Viendront ensuite les questions des changements climatiques et de l’énergie durable, celle-ci étant en grande partie la solution à la crise climatique.  Un autre domaine de discussion prioritaire est celui de la pauvreté, alors qu’il ne reste que 1 000 jours avant la date butoir fixée pour atteindre les OMD.  Nous avons fait de grands progrès, a noté M. Ban, mais nous devons encore en faire beaucoup pour que cette période permette d’adopter les mesures nécessaires.  Enfin, le quatrième thème de discussion sera le rôle des banques de développement.  Pour la première fois, a indiqué M. Ban, il rencontrera les dirigeants des plus grandes banques de développement afin de renforcer le partenariat sur le financement du développement et celui des principaux domaines de la statistique.

« Le Vice-Secrétaire général, M. Jan Eliasson, qui sera à mes côtés, soulignera les questions pressantes de l’assainissement et de l’état de droit », a ensuite indiqué M. Ban, avant de remercier le Président de la Banque mondiale, M. Jim Yong Kim, pour sa détermination à renforcer ce partenariat.

Abordant les questions urgentes relatives à la paix et la sécurité, le Secrétaire général a observé que la tragédie en Syrie empirait chaque jour.  « La dynamique militaire détruit le pays et met en danger toute la région », a-t-il observé, exigeant une protection pour les civils.  Le Secrétaire général a assuré que les Nations Unies faisaient de leur mieux pour fournir l’aide et le soutien nécessaires à plus d’un million de réfugiés qui sont dans les pays voisins de la Syrie.

« Même si les chances paraissent faibles, je suis toujours convaincu qu’une solution politique est possible », a-t-il dit.  « C’est la seule façon de mettre un terme à ce bain de sang et d’aboutir à une Syrie nouvelle et démocratique.  Les Nations Unies continueront à pousser dans cette direction », a annoncé le Secrétaire général.  M. Ban a annoncé qu’il allait rencontrer, dans l’après-midi, le Représentant spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes pour la Syrie, M. Lakhdar Brahimi, afin d’examiner les différentes options.

Il a indiqué qu’il restait concentré sur les travaux de la Commission d’établissement des faits chargée d’enquêter sur les allégations d’utilisation d’armes chimiques en Syrie.  « Cette équipe d’experts est prête à être déployée rapidement, dès que nous aurons le feu vert du Gouvernement syrien.  La mission doit pouvoir enquêter sur toutes les allégations faites par les États Membres.  J’ai appelé le Gouvernement syrien à faire preuve de souplesse afin d’accepter les modalités prévues. »  Dans l’attente de l’accord du Gouvernement syrien, il a indiqué que la mission continuait ses activités d’établissement des faits et attendait des informations spécifiques de la part des gouvernements concernés.

Sur la question du Mali, le Secrétaire général a constaté que la sécurité s’était beaucoup améliorée grâce aux mesures prises à temps par les forces militaires françaises et africaines.  « Il reste cependant encore beaucoup à faire pour restaurer l’ordre constitutionnel et l’intégrité territoriale au Mali. »  Les opérations et la stabilisation militaires sont essentielles, a-t-il estimé, tout en soulignant que l’accomplissement de progrès sur le plan politique constitue la clef de toute solution durable.

Le Secrétaire général a ensuite exprimé sa préoccupation face aux incidents survenus en République centrafricaine.  Il a demandé aux autorités de fait de restaurer le droit et l’ordre dans tout le pays.  Il a salué les efforts déployés par l’Union africaine (UA) et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) pour promouvoir la paix en RCA.

En ce qui concerne la République démocratique du Congo (RDC), M. Ban a rappelé la résolution importante adoptée par le Conseil de sécurité, qui a défini une nouvelle approche pour renforcer les efforts politiques et le rôle militaire de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), notamment en créant une brigade d’intervention pour régler les problèmes posés par des groupes armés.  « J’ai ensuite nommé Mme Mary Robinson comme Envoyée spéciale pour la région des Grands Lacs », a-t-il aussi rappelé.

Venant au processus de paix au Moyen-Orient, M. Ban a indiqué qu’il demeurait une priorité.  « Nous ne pouvons pas nous permettre de faire obstacle une nouvelle fois aux chances d’arriver à une solution à deux États », a-t-il dit.  Il a salué la récente visite du Président Barack Obama et du Secrétaire d’État John Kerry à Jérusalem et à Ramallah.  « Toutes les parties impliquées, y compris le Quatuor, doivent œuvrer en vue d’apporter un nouveau souffle au processus de paix, établir un environnement propice à la reprise des négociations et créer un horizon politique crédible pour arriver à la solution à deux États. »

Enfin, sur la question de la péninsule coréenne, le Secrétaire général a constaté que la situation y restait très instable.  « La communauté internationale a répondu de manière ferme, mais mesurée, aux essais nucléaires, aux menaces et autres provocations de la République populaire démocratique de Corée (RPDC).  Les évènements récents ont renforcé le consensus selon lequel on n’acceptera jamais que la RPDC soit un État nucléaire », a déclaré Ban Ki-moon.

« J’exhorte à nouveau les dirigeants de la RPDC à renverser le cours des évènements et à revenir à la table de négociation », a dit M. Ban qui a indiqué avoir parlé aux dirigeants de la Chine, des États-Unis, de la République de Corée et de nombreux autres États.  Il a dit qu’il croit en la sincérité de la récente proposition de dialogue formulée par la République de Corée et espère que la RPDC la prendra au sérieux.  « En tant que Secrétaire général, je poursuivrai mes efforts pour faciliter un dialogue significatif », a-t-il souligné.  Il a également attiré l’attention sur la gravité de la situation humanitaire et en matière de droits de l’homme en RPDC, avant d’encourager les autorités à se concentrer sur le bien-être de la population du pays.

Répondant ensuite aux questions des correspondants sur la péninsule coréenne, il a appelé les pays concernés à déployer tous leurs efforts diplomatiques pour y atténuer les tensions et éviter tout mauvais jugement ou évaluation.  Je travaille beaucoup avec les dirigeants de la région, a-t-il assuré, avant d’exhorter les autorités de la RPDC à reconsidérer leur position.  « Sur le plan humanitaire, on sait que le pays traverse une très grave crise alimentaire et nutritionnelle, une situation qui est très inquiétante notamment pour les enfants.  Les Nations Unies fournissent une aide humanitaire grâce au Fonds central pour les interventions d’urgence, et la communauté internationale doit aussi envisager de contribuer à cette aide. »  Pour ce qui est de la situation des droits de l’homme dans ce pays, il a rappelé la résolution du Conseil des droits de l’homme qui a créé une commission d’enquête sur les allégations de violations de droits de l’homme en RPDC.

Interrogé sur une démission éventuelle de M. Brahimi, il a reconnu qu’il y avait « beaucoup de spéculations et de rumeurs ».  Lors de notre réunion bilatérale cet après-midi, nous parlerons de notre stratégie, a-t-il dit, avant d’indiquer qu’il rencontrerait aussi le Secrétaire général de la Ligue des États arabes en début de semaine prochaine à New York.  « Il est important que les Nations Unies continuent à travailler de concert avec la Ligue des États arabes », a-t-il dit.

Sur la situation en RDC, il a demandé de ne pas préjuger de l’efficacité de la brigade d’intervention avant même son déploiement.  Il a annoncé qu’il allait participer à une réunion au sommet extraordinaire de l’Union africaine, au mois de mai, et organiser une réunion avec les 11 pays qui ont signé l’Accord-cadre et les 4 organisations qui s’en portent garantes, dont l’ONU.  « La brigade d’intervention devrait garantir une plus grande sécurité, ainsi que la protection de la population civile et des droits de l’homme », a-t-il prédit.

Deux jours après les explosions qui ont eu lieu à Boston, Ban Ki-moon a rappelé avoir fait une déclaration le jour même pour condamner fermement cette attaque contre la population civile.  « Je suis de près l’enquête menée par les autorités américaines, et l’Organisation des Nations Unies renforce ses mesures de sécurité dans tous ses bureaux et missions dans le monde », a-t-il ajouté.

M. Ban a aussi rappelé avoir transmis ses condoléances au peuple pakistanais à la suite du tremblement de terre qui a frappé la région.  Nous condamnons les attaques commises par les Taliban sur la population civile et appelons la communauté internationale à combattre ces attaques terroristes, a-t-il ajouté.

Au plan interne, le Secrétaire général s’est exprimé sur les allégations selon lesquelles l’ONU serait un système sclérosé où les jeunes n’ont que peu d’opportunités.  Il a assuré que sa priorité était de rendre le Secrétariat plus efficace, et s’est félicité des progrès accomplis en ce sens, tout en reconnaissant qu’il fallait faire davantage en matière de réforme de la gestion.  « Je comprends la frustration des jeunes membres du personnel, mais j’ai mis en place un système favorisant la mobilité au sein de l’ONU », a-t-il argué, signalant que la Cinquième Commission avait approuvé sa proposition en la matière.  Il a également assuré qu’une protection était assurée aux personnes qui tirent la sonnette d’alarme.  Des consultants sont d’ailleurs chargés d’examiner ce processus et les améliorations à y apporter, a-t-il indiqué.  Le Secrétaire général a aussi rappelé que la réforme du système de justice des Nations Unies avait été une de ses réussites.

Répondant enfin à une question sur le débat sur la justice pénale internationale, qui s’est tenu le 10 avril à l’Assemblée générale, M. Ban a reconnu qu’il ne savait pas exactement qui le Président de l’Assemblée avait invité à y participer, mais a expliqué que cela relevait des prérogatives de celui-ci.  Le renforcement du mandat du système de justice pénale internationale est très important, a dit le Secrétaire général, expliquant pourquoi il avait participé à ce débat.  En ce qui concerne les personnes condamnées par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), il a expliqué que le Tribunal avait conclu qu’il n’était pas approprié de leur faire purger leurs peines dans leur pays d’origine.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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