Déclaration à la presse du Conseil de sécurité sur la République centrafricaine

20 mars 2013
SC/10948-AFR/2582

Déclaration à la presse du Conseil de sécurité sur la République centrafricaine

20/03/2013
Conseil de sécurité
SC/10948 AFR/2582
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DÉCLARATION À LA PRESSE DU CONSEIL DE SÉCURITÉ

SUR LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

On trouvera ci-après le texte de la déclaration à la presse faite aujourd’hui par le Président du Conseil de sécurité pour le mois de mars, M. Vitaly Churkin (Fédération de Russie):

Le 20 mars 2013, les membres du Conseil de sécurité ont entendu un exposé fait par Mme  Margaret Vogt, Représentante spéciale du Secrétaire général, sur la situation en République centrafricaine.

Les membres du Conseil ont exprimé leur vive préoccupation face à la détérioration de la sécurité en République centrafricaine.  Ils ont condamné les attaques perpétrées récemment par des rebelles de la coalition « Séléka », en particulier à Bangassou et dans la région environnante, et la menace d’une reprise des hostilités.

Les membres du Conseil ont également condamné les menaces lancées par des milices et les mouvements connexes qui s’en sont pris à des civils, et appelé tous les acteurs, y compris les médias, à s’abstenir d’inciter à la violence.

Les membres du Conseil ont rappelé leur soutien aux accords conclus le 11 janvier 2013 à Libreville sous les auspices de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC).  Ils ont de nouveau demandé au Gouvernement, à la coalition « Séléka », aux groupes armés et à l’opposition démocratique de s’acquitter de bonne foi de leurs obligations découlant de ces accords, et demandé à la CEEAC d’apporter un soutien sans réserve aux comités de suivi, dont la mise en place est prévue par les accords de Libreville et qui doivent veiller à la mise en œuvre de ces accords dans leur intégralité, et de contribuer à rétablir la paix et la sécurité dans le pays.

Les membres du Conseil ont salué les efforts faits par la CEEAC, soutenue par l’Union africaine, pour trouver une issue à la crise.

Les membres du Conseil ont accueilli favorablement la nomination du Premier Ministre, Nicolas Tiangaye.  Ils ont rappelé que, conformément à l’accord politique signé à Libreville, le Premier Ministre est à la tête du Gouvernement d’unité nationale qui est chargé de mettre en œuvre les priorités définies à l’article 5 de cet accord.

Les membres du Conseil ont souligné que toutes les parties aux accords de Libreville devaient s’acquitter de tous leurs engagements, et demandé au Gouvernement d’unité nationale d’appliquer son programme de réforme, en particulier la réforme du secteur de la sécurité.

Les membres du Conseil ont insisté sur le fait que quiconque, de quelque partie que ce soit, entrave la mise en œuvre des accords de Libreville fragilise la stabilité précaire de la République centrafricaine et doit cesser immédiatement de ce faire.

Les membres du Conseil ont exprimé leur vive inquiétude face à la situation humanitaire, notamment le risque d’une crise alimentaire, et demandé à toutes les parties de mettre un terme sur-le-champ à tous les actes de violence et à toutes les atteintes perpétrés contre des civils, y compris des enfants.  Ils ont demandé à toutes les parties d’autoriser l’acheminement, en toute liberté et sécurité, de l’aide humanitaire et de protéger les installations, le matériel et les véhicules des organismes humanitaires de sorte que l’acheminement de l’aide humanitaire se fasse en toute sécurité, et de veiller à ce que les civils soient à l’abri des violences.

Les membres du Conseil se sont déclarés vivement préoccupés par les informations faisant état de violations des droits de l’homme et d’atteintes à ces droits, notamment les informations faisant état de détentions illégales et d’autres selon lesquelles des personnes appartenant à des minorités ethniques auraient été ciblées, et par la poursuite des violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme, notamment le recrutement et l’utilisation d’enfants en temps de conflit armé ainsi que les violences sexuelles et sexistes.  Ils ont insisté sur le fait que cela devait cesser immédiatement et que les auteurs de ces violations et atteintes devaient répondre de leurs actes.  Ils ont demandé aux dirigeants de la Séléka et au Gouvernement centrafricain de faire en sorte que leurs forces respectent les droits de l’homme et le droit international humanitaire.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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