Comité de l’information: le Secrétaire général adjoint présente la stratégie de l’ONU pour continuer à étendre la portée de ses messages

22 avril 2013
PI/2050

Comité de l’information: le Secrétaire général adjoint présente la stratégie de l’ONU pour continuer à étendre la portée de ses messages

22/04/2013
Assemblée générale
PI/2050
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Comité de l’information

Trente-cinquième session

1re séance – matin

COMITÉ DE L’INFORMATION: LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ADJOINT PRÉSENTE LA STRATÉGIE

DE L’ONU POUR CONTINUER À ÉTENDRE LA PORTÉE DE SES MESSAGES

Les délégations insistent sur le rôle clef des centres d’information et le multilinguisme

Le Comité de l’information a ouvert, ce matin, sa session annuelle, en entendant le nouveau Secrétaire général adjoint à la communication et à l’information, M. Peter Launsky-Tieffenthal, entré en fonctions en août 2012, qui a présenté trois priorités stratégiques du Département de l’information des Nations Unies (DPI).

Ces priorités, qui visent à renforcer le travail du Département de l’information, dont le mandat est de promouvoir la connaissance et la compréhension des travaux de l’ONU à travers le monde, insistent en particulier sur le renforcement de la collaboration avec les États Membres, la coordination des communications avec la famille des Nations Unies et entre le Siège et le terrain et la promotion des capacités de communication modernes.

« En 2012, le Département de l’information a renforcé son partenariat avec les États Membres à travers une multitude de manifestations organisées conjointement à New York et dans d’autres parties du monde », a souligné M. Launsky-Tieffenthal.  En outre, loin du Siège, ce partenariat a également trouvé, sur le terrain, une dimension nouvelle, en particulier à travers le réseau des 63 centres d’information des Nations Unies.  « Ces centres travaillent dans au moins 53 langues et ont un impact immédiat sur la vie quotidienne des gens », a-t-il précisé.

Outre les États Membres, les partenaires du Département de l’information sont également la société civile, les organisations non gouvernementales (ONG), les institutions académiques, les médias, le secteur privé, les militants, les autorités locales, les parlementaires et bien d’autres qui l’aident à raconter l’histoire de l’ONU et à sensibiliser sur les questions prioritaires des Nations Unies.

M. Launsky-Tieffenthal, qui s’est exprimé tour à tour en anglais, en espagnol et en français, a aussi souligné que le Département de l’information avait considérablement développé sa couverture des nouvelles, y compris sur les plateformes des médias sociaux et, ce, tout en respectant une stricte discipline budgétaire et en développant ses capacités technologiques.

Le Secrétaire général adjoint à la communication et à l’information, qui est également Coordonnateur pour le multilinguisme, a assuré les États Membres des efforts menés par son Département en vue de fournir, rapidement, l’information dans les six langues officielles de l’ONU.  Aujourd’hui même, a-t-il indiqué, le DPI a lancé un projet pilote mené dans le cadre de la session annuelle de la Commission de la population et du développement, en vue de fournir aux délégations des communiqués de presse en espagnol, la publication des communiqués de presse étant à présent limité aux deux langues de travail de l’ONU: l’anglais et le français.  En ce qui concerne la cohérence à l’échelle du système des Nations Unies et de l’initiative « Unis dans l’action », le Secrétaire général adjoint à la communication et à l’information a expliqué qu’il avait encouragé les trois divisions du Département -Division de l’information et des médias, Division de la sensibilisation du public et Division de la communication stratégique- à participer ensemble à des activités et des programmes. 

La nécessité du multilinguisme a été l’une des préoccupations partagées, ce matin au cours du débat général, par de nombreuses délégations, en particulier par l’Union européenne, le Groupe des 77 et de la Chine, le Sénégal, Cuba (au nom de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes-CELAC) ou encore le Brésil.  « Le multilinguisme est au cœur de la communication vers les peuples du monde entier, c’est une question de redevabilité, de transparence, d’appropriation et de durabilité de l’action menée par l’Organisation », a insisté la représentante de l’Union européenne, où règnent 23 langues officielles.  La représentante a également noté les chiffres « impressionnants » cités dans les rapports du Secrétaire général, à cet égard: plus de la moitié des visites enregistrées en ligne, en 2012, portaient sur des documents rédigés dans une langue autre que les six langues officielles.

Saluant les efforts réalisés en vue d’étendre la présence de l’ONU sur les plateformes des médias sociaux, ainsi que sur les tablettes ou smartphones, de nombreuses délégations ont cependant mis l’accent sur la fracture numérique qui persiste entre les pays développés et les pays en développement.  Elles ont, dès lors, exhorté le Département de l’information à maintenir ses moyens de communications traditionnels, en particulier ses publications, ainsi que la Radio et la Télévision des Nations Unies.  Le représentant du Japon a, par ailleurs, encouragé le Département à renforcer ses partenariats avec d’autres acteurs.  Il s’est félicité de l’accord conclu entre l’ONU et une compagnie aérienne nippone en vue de diffuser les informations des Nations Unies sur ses vols.  Plusieurs pays ont souligné qu’il était nécessaire, pour le Département de l’information, de mettre en place un programme d’information spécifique sur la question de la Palestine.

En début de séance, le Comité de l’information a élu, par acclamation, à la présidence, Mme Lyutha Al-Mughairy, d’Oman, pour le cycle biennal 2013-2014.  Elle est la première femme à présider le Comité et avait, avant de devenir Représentante permanente de son pays auprès des Nations Unies, occupé le poste de Chef du Service des centres d’information des Nations Unies du Département de l’information, à New York.

MM. Yegor Pyvovarov, de l’Ukraine; Juan Manuel Gonzalez De Linares, de l’Espagne; et Gabriel Orellana Zabalza, du Guatemala, ont été élus aux postes de vice-président du Comité; tandis que M. Chibaula D. Silwamba, de la Zambie, assumera la fonction de Rapporteur.  Le Comité a également adopté son ordre du jour et le programme de travail de sa session annuelle*.  Les représentants de Fidji, de l’État de la Palestine, de l’UNESCO et de l’Organisation internationale de la Francophonie participeront aux travaux du Comité en tant qu’observateurs.

Cet après-midi, le Comité de l’information tiendra un débat interactif informel entre le Département de l’information et les délégations.  Il poursuivra son débat général demain, mardi 23 avril, à partir de 10 heures.

* A/AC.198/2013/1

OUVERTURE DE LA SESSION

Déclarations

Mme LYUTHA AL-MUGHAIRY (Oman), Présidente du Comité de l’information, a remercié les membres du Comité de l’avoir élue.  Elle a rappelé que les Nations Unies prônaient le dialogue et que la diversité était une valeur universelle au cœur de la Charte de l’ONU.  Elle a en outre dit souhaiter entendre les priorités des États Membres en matière d’information afin de pouvoir alimenter la réflexion du Comité de l’information.  Elle a rappelé que les délibérations du Comité étaient importantes car, a-t-elle précisé, elles permettent d’établir les orientations du Département de l’information.  La nouvelle Présidente de la Commission s’est dite confiante dans la capacité du Département de l’information des Nations Unies à remplir ses missions en dépit d’une diminution des ressources disponibles.  

Avant de prononcer sa déclaration, M. PETER LAUNSKY-TIEFFENTHAL, Secrétaire général adjoint à la communication et à l’information a d’abord tenu à présenter ses condoléances au Gouvernement et au peuple de la Chine à la suite du tremblement de terre survenu, samedi, dans ce pays.

« Le personnel des Nations Unies travaille sur les lignes de front, dans les coulisses et dans des conditions souvent dangereuses, et il parvient à apporter une différence positive dans la vie quotidienne des populations.  Le rôle du Département de l’information est de raconter cette histoire », a ensuite souligné, M. Launsky-Tieffenthal, qui a rappelé avoir pris ses fonctions en août 2012.

« Pour le Département de l’information publique, ce n’est pas toujours une tâche aisée, car, en tant qu’organisation véritablement mondiale, a—t-il dit, nous aimerions raconter notre histoire dans le plus grand nombre de langues que possible.  Nous essayons, en outre, de ne pas nous laisser dépasser par la technologie et les nouveaux médias: cette histoire est racontée à travers des publications, la radio, la télévision et, aussi, par le biais des médias sociaux. »

Par ailleurs, en cette période de difficultés économiques que connaissent tous les pays dans le monde, le Département de l’information publique (DPI) doit raconter cette histoire de manière à ne pas entraîner d’incidences budgétaires et doit, en outre, établir un lien entre les processus législatifs qui ont lieu, au Siège à New York -au Conseil de sécurité, à l’Assemblée générale, dans les commissions ou les groupes de travail- et les milliers de collègues et autres personnels de l’ONU sur le terrain.

M. Launsky-Tieffenthal s’est dit optimiste quant à l’impossibilité de faire face à ces défis, avant de mettre plus particulièrement l’accent sur trois orientations stratégiques, à savoir la collaboration avec les États Membres; la coordination des communications avec la famille des Nations Unies et entre le Siège et le terrain; enfin, la création de capacités de communication modernes, résultant d’améliorations réalisées grâce aux enseignements tirés d’expériences passées.

« L’an dernier, le Département a renforcé son partenariat avec les États Membres tandis qu’il mettait en œuvre les mandats que vous avez définis », a souligné le Secrétaire général adjoint à la communication et à l’information.  Il a illustré son propos à travers de nombreuses manifestations organisées conjointement, dont les commémorations qui ont eu lieu dans le cadre du Programme de communication sur le génocide au Rwanda et les Nations Unies; de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclave et de la traite transatlantique des esclaves; celles de la Journée internationale du bonheur ou, encore, les activités du Programme de communication visant à une meilleure compréhension des enseignements de l’Holocauste.

Loin du Siège de l’ONU, sur le terrain, des partenariats avec les États Membres ont trouvé une dimension nouvelle à travers le réseau des 63 centres d’information.  « Ceux-ci fournissent un contexte local important à nos efforts internationaux; ils travaillent dans au moins 53 langues et ont souvent un impact immédiat sur la vie quotidienne des gens », a-t-il souligné. 

Le DPI est également un partenaire des États Membres sous d’autres formes.  La semaine prochaine, par exemple, le Département et l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) travailleront main dans la main pour célébrer la Journée mondiale de la liberté de la presse.

Outre les États Membres, les partenaires du Département sont également la société civile, les organisations non gouvernementales (ONG), les institutions académiques, les médias, le secteur privé, les militants, les autorités locales, les parlementaires et bien d’autres qui aident celui-ci à raconter l’histoire de l’ONU et à sensibiliser sur les questions prioritaires des Nations Unies.

« Le Département a considérablement développé sa couverture des nouvelles, l’an dernier, grâce à l’appui des États Membres », s’est ensuite réjoui M. Launsky-Tieffenthal.  La radio nationale chinoise, par exemple, diffuse les programmes en langue chinoise de la Radio des Nations Unies et le compte Weibo de l’ONU (la version chinoise de Facebook) est suivi par 3,5 millions de personnes.  Par ailleurs, les nouveaux débouchés pour les russophones –Le Centre des nouvelles ONU et la Radio- ont intensifié leur présence sur les médias sociaux, avec de nouveaux comptes sur Facebook et Twitter.

S’agissant de la cohérence à l’échelle du système des Nations Unies et de l’initiative « Unis dans l’action », le Secrétaire général adjoint à la communication et à l’information a expliqué avoir encouragé ses collègues, à travers les trois divisions du Département, à participer ensemble à des activités et des programmes.  Les trois divisions contribueront, par exemple à la troisième Conférence internationale sur les petits États insulaires en développement, qui se tiendra à Samoa, l’année prochaine.

M. Launsky-Tieffenthal a aussi souligné que le DPI mettait l’accent sur une plus grande discipline budgétaire axée, entre autres, sur l’efficacité, la modernisation, ainsi qu’une utilisation optimale des nouvelles technologies de l’information et des communications. 

« Tout en demeurant conscient des besoins de ses publics dans diverses parties du monde, le Département continue à mettre l’accent sur les moyens traditionnels de communication », a-t-il assuré.  Le Secrétaire général adjoint a insisté pour que les publications imprimées ne finissent pas dans « les poubelles de recyclage de l’histoire », mais soient les parents de nouvelles formes de communication, y compris les applications. 

Le Secrétaire général adjoint à la communication et à l’information a souligné que le DPI ferait, ce mois-ci, un important « bond en avant » avec la mise en œuvre de son nouveau système de gestion numérique des actifs médias (MAMS), lequel devrait permettre à toutes les productions audiovisuelles du DPI d’être réunies sur une plateforme numérique commune.  L’utilisation de la technologie numérique offrira également au Département de nombreux avantages, en particulier à travers le système d’accès au contenu interactif en réseau NICA.  En outre, la Bibliothèque Dag Hammarskjöld est un « trésor caché » au sein du DPI et celle-ci doit devenir un centre d’information performant, a-t-il insisté.

Avant de conclure, M. Launsky-Tieffenthal a rappelé que le Comité de l’information, à sa dernière session, les États Membres avaient demandé au DPI de présenter une stratégie visant à produire des communiqués de presse dans les six langues officielles. 

Un projet pilote est actuellement mis en œuvre, en partenariat avec le Département de l’Assemblée générale et de la gestion des conférences (DGACM) dans le cadre de la session annuelle de la Commission de la population et du développement, qui se réunit cette semaine au Siège de l’ONU à New York, a-t-il indiqué.  Les communiqués de presse seront disponibles en espagnol et les résultats de ce projet pilote seront ensuite examinés pour déterminer les ressources supplémentaires qui seraient nécessaires à l’avenir.

« Il s’agit d’une première étape, et nous continuons d’explorer des moyens rentables d’étendre notre contribution au multilinguisme », a-t-il assuré.  En tant qu’ancien diplomate, M. Launsky-Tieffenthal a dit qu’il était important pour les délégations de pouvoir accéder facilement et rapidement à l’information.

La présente session du Comité de l’information utilise, pour la première fois, le système Paper-smart, qui dispense la distribution de documents en papier, a-t-il précisé avant de conclure.

Mme NAMITA KHARTI(Fidji), au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a réaffirmé l’importance accordée par son Groupe au rôle joué par le Département de l’information dans la promotion des missions des Nations Unies.  Le Département de l’information revêt également, a-t-elle dit, une importance particulière dans la mise en œuvre d’un Agenda pour le développement au-delà de 2015 ainsi que dans le cadre des missions de décolonisation, de désarmement et de maintien de la paix.  Cette importance commande, à ses yeux, de définir au mieux les besoins et défis du Département de l’information afin qu’il soit en mesure de remplir les objectifs de sensibilisation et d’information.  Elle a, par ailleurs, salué le Programme d’information spécial sur la question de Palestine dans la promotion d’une paix durable et juste et conforme au droit international. 

Mme Khatri a également salué le rôle que jouent les centres d’information des Nations Unies et a demandé au Comité de ne pas prendre de décision les concernant sans avoir, au préalable, engagé des consultations avec les pays hôtes.  Son Groupe, a-t-elle poursuivi, est préoccupé par l’absence de traduction systématique des contenus du site Internet des Nations Unies dans toutes les langues officielles de l’Organisation.  À cet égard, la représentante a affirmé que le Groupe des 77 et la Chine défendait la définition d’une stratégie pour aboutir à une parité intégrale entre toutes les langues officielles, du moins en ce qui concerne le contenu en ligne. 

Elle a néanmoins affirmé que les médias traditionnels devraient continuer de bénéficier de ressources suffisantes, notamment en ce qui concerne les opérations de maintien de la paix.  De nombreux pays, a-t-elle fait remarquer, ne disposent pas des infrastructures nécessaires au développement de l’Internet.  Elle a en outre insisté sur la nécessité de numériser les contenus audiovisuels produits depuis plusieurs décennies par les Nations Unies afin de préserver la mémoire de l’Organisation.  Enfin, elle a rappelé que le Département de l’information célèbrera, l’année prochaine, son cinquantième anniversaire et en a profité pour encourager un esprit de dialogue et de concertation.

Mme FRANCESCA RIDDY-O’DOWD de l’Union européenne, a tout d’abord insisté sur le rôle essentiel que joue le Département de l’information en vue d’assurer le succès des activités de l’Organisation.  Elle a estimé que le Département devait tout mettre en œuvre pour faire passer le message des Nations Unies, dans le plus grand nombre de langues possibles, afin d’assurer une meilleure répartition linguistique.  À cet égard, elle a particulièrement salué l’action de M. Launsky-Tieffenthal à l’échelle du Secrétariat en tant que Coordonnateur du multilinguisme.  « Le multilinguisme est au cœur de la communication vers les peuples du monde entier, c’est aussi une question de redevabilité, de transparence, d’appropriation et de durabilité de l’action menée par l’Organisation », a-t-elle insisté, en rappelant que le multilinguisme était une réalité au sein de l’Union européenne avec 23 langues officielles et de nombreuses langues régionales, minoritaires ou hors d’usage. 

La représentante a ensuite salué les améliorations apportées par le Département à l’architecture de divers sites Web, dont ceux de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité, et a encouragé le Département à faire davantage afin d’ajouter plus de contenus dans toutes les langues officielles.  L’Union européenne encourage aussi le DPI à continuer d’étendre ses accords de coopération avec des établissements d’enseignement supérieur et avec les volontaires des Nations Unies pour augmenter la quantité de contenus en ligne multilingues sans que cela engendre un coût supplémentaire.  Sa représentante s’est encore félicitée de l’élargissement aux médias sociaux et de leur plus grande utilisation dans les limites des ressources existantes et dans toutes les langues appropriées.  Elle a appelé le Département de l’information à faire en sorte que le multilinguisme ne soit pas toujours perçu comme étant un domaine d’activités qui exige des ressources supplémentaires.  Enfin, elle a souligné les efforts déployés par le DPI en vue de l’utilisation croissante des tablettes et des smartphones.

Mme Riddy-O’Dowd a aussi salué les progrès importants réalisés par le réseau des centres d’information des Nations Unies, « qui communiquent dans les langues que les populations locales comprennent », a-t-elle dit.  L’Union européenne a été particulièrement frappée par les chiffres cités dans les rapports du Secrétaire général à ce propos: plus de la moitié des visites enregistrées en ligne, en 2012, portaient sur des documents rédigés dans une langue autre que les six langues officielles.  La représentante a plaidé pour qu’il y ait davantage de coordination dans le cadre des stratégies de communication.  Elle a noté qu’il existait « une tendance visant à exclure la société civile des travaux des Nations Unies ».  « La société civile, a-t-elle tenu à rappeler, est une part essentielle de cette audience. »

M. SUAREZ BORSES (Cuba), s’exprimant au nom de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), a reconnu le rôle croissant que jouent les technologies de l’information.  L’Internet, a-t-il affirmé, est un outil permettant de diffuser l’information et de sensibiliser l’opinion publique internationale sur les missions et les efforts déployés par les Nations Unies.  Il s’est néanmoins dit préoccupé par la tentative de certains de privilégier ces technologies au détriment de médias traditionnels, notamment la radio.  Le fossé existant entre pays développés et pays en développement requiert, a-t-il estimé, le maintien de ces médias.  Le représentant a, à cet égard, salué l’amélioration continue des services d’information radiophonique dans les six langues officielles des Nations Unies, ainsi qu’en portugais et en kiswahili. 

Le représentant a encouragé le Département de l’information à créer, dans les six langues officielles, des pages Internet consacrées aux campagnes spéciales de sensibilisation et aux célébrations organisées par les Nations Unies.  En outre, il a affirmé que les pays de la CELAC étaient favorables à la production de communiqués de presse dans toutes les langues officielles afin d’assurer une meilleure diffusion.  Le représentant a indiqué qu’un système de rotation pouvait être instauré afin de dépasser les contraintes budgétaires.  La réduction de la longueur et du contenu des communiqués de presse pourrait, a-t-il estimé, être une solution afin de permettre au Département de l’information de mieux s’acquitter de sa mission très lourde. 

M. TAKAHIRO NAKAMAE (Japon) a fait observer que de nombreuses campagnes du DPI avaient contribué à sensibiliser le grand public à travers le monde, en particulier les campagnes thématiques sur le désarmement, les opérations de maintien de la paix, la lutte contre le terrorisme, la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) ou la lutte contre la violence à l’égard des femmes.  Il s’est félicité des activités menées par le Réseau des centres d’information des Nations Unies, en particulier celui basé à Tokyo, lequel, a-t-il précisé, avait fourni, l’an dernier, un appui important à plusieurs initiatives des Nations Unies.  Le représentant a assuré que le Japon continuera d’appuyer les activités du Centre d’information de Tokyo à travers une contribution volontaire d’environ 285 000 dollars.

M. Nakamae a ensuite souligné que son pays comprenait les défis d’équilibre financiers qui s’imposent au Département de l’information sur la voie d’une transformation vers l’économie verte.  Il a félicité les Nations Unies pour les efforts fournis à cet égard, notamment lors de la Conférence sur le développement durable Rio+20, en juin 2012.  « Cette conférence avait donné lieu à des innovations technologiques de pointe, en particulier à travers le système PaperSmart afin de réduire le gaspillage de papier lors de conférences », a-t-il ajouté.  Le représentant a, par ailleurs, considéré que les conséquences de l’ouragan Sandy sur diverses infrastructures de publication au Siège de l’ONU devraient être analysées.  Il a également encouragé le DPI à faire preuve de « discipline fiscale » et à poursuivre ses partenariats.  Il a cité, en exemple, le partenariat établi avec la compagnie aérienne « All Nippon Airways » en vue de diffuser les informations des Nations Unies durant ses vols.  Il a souhaité que de tels accords soient conclus avec d’autres compagnies à travers le monde. 

Par ailleurs, le représentant a fait remarquer que le travail de numérisation des archives de l’Organisation depuis 1946, qui est actuellement mené par le DPI, demeurait « énorme ».  Le Japon a dit attendre un calendrier précis en vue d’achever la numérisation de ces documents historiques en tant qu’outils indispensables pour les générations futures.

M. ORELLANA ZABALZA (Guatemala) a mis l’accent sur l’importante fracture numérique qui persiste entre les pays développés et pays en développement, en insistant sur la nécessité, pour le Département de l’information, de maintenir des moyens de communication et d’information traditionnels.  Il a, en outre, mis l’accent sur le rôle que jouent la télévision et la radio des Nations Unies dans les pays en développement. 

Le représentant a également souligné qu’il était essentiel d’établir la parité entre les langues des Nations Unies.  « Cette nécessité doit se refléter dans l’architecture des sites d’information des Nations Unies », a-t-il ajouté.  À cet égard, il s’est félicité de la mise en œuvre d’un projet pilote destiné à publier les communiqués de presse en espagnol et a souhaité que le succès de ce projet pilote permettra d’étendre la publication des communiqués de presse dans toutes les autres langues officielles.

Mme GERTRUDE K. MWAPE (Zambie) a réaffirmé l’attachement de son pays à la liberté de l’information et de l’expression.  Ces deux libertés, a-t-elle souligné, sont essentielles pour consolider la cohésion sociale et la démocratie.  Son gouvernement, a-t-elle poursuivi, est déterminé à permettre à ses citoyens de bénéficier d’une information transparente et fidèle à la réalité.  À ce titre, elle a encouragé les États Membres à ne pas influencer le contenu des médias officiels et de mettre en œuvre des mesures de nature à accroitre le nombre de médias indépendants.

En outre, la représentante de la Zambie a informé les États Membres présents dans la salle de la mise en place dans son pays d’une plateforme numérique de diffusion télévisuelle à l’horizon de 2015.  Pour ce faire, la Zambie a établi un organe national multisectoriel afin de développer et superviser le processus de migration vers la technologie numérique.  Elle a conclu en saluant le rôle du Comité de l’information dans la promotion des libertés fondamentales que sont la liberté d’expression et d’information et a tenu à réaffirmer l’engagement de son pays pour mener à bien ces nobles missions. 

M. ABDOU SALAM DIALLO (Sénégal) a salué les efforts déployés par le Département de l’information pour diversifier ses services et programmes.  Tout en réaffirmant la nécessité de maintenir les ressources nécessaires à l’utilisation des médias traditionnels, il a soutenu la stratégie qui vise à accorder une place conséquente aux nouvelles technologies de communication.  Il a, à cet égard, encouragé l’utilisation des réseaux sociaux dans le développement des campagnes de sensibilisation et salué le succès de la page Facebook des Nations Unies.  Le développement de ces nouveaux outils doit s’appuyer, a-t-il estimé, tout d’abord sur les ressources propres des États Membres, mais également sur un soutien de la communauté internationale.

Le représentant a par ailleurs tenu à réaffirmer l’attachement de son pays au multilinguisme et encouragé les Nations Unies à respecter scrupuleusement la parité linguistique.  À cet égard, il a estimé qu’une meilleure utilisation des ressources devrait être assurée.  Il a conclu en saluant la « constance qui caractérise le Département de l’information dans la mise en œuvre de son Programme d’information spécial sur la question de Palestine ».  Ce Programme est essentiel pour compléter les efforts diplomatiques déployés en vue d’aboutir à la création d’un État de Palestine indépendant et viable, a-t-il souligné.

M. MIAN JAHANGIR IQBAL (Pakistan), qui s’est associé à la déclaration prononcée par le représentant de Fidji au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a fait remarquer que son pays vivait, en ce moment, une transition démocratique historique, qui sera suivie par de nombreux médias et observateurs étrangers.  Il a ensuite souligné que son pays avait vécu comme un grand honneur la conversation, par Skype, que le Secrétaire général de l’ONU a eue avec Manala Yousafzai, la jeune fille pakistanaise agressée par des Taliban, et ce, à l’occasion du lancement des 1 000 jours nous séparant de la date butoir pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement. 

Le représentant a expliqué que le Pakistan avait pris des mesures pour perpétuer le rêve de Manala en faveur de l’éducation pour les filles à travers le lancement, en collaboration avec l’UNESCO, d’un fonds portant son prénom.  Le Pakistan a versé les 10 premiers millions de dollars alimentant ce fonds, a-t-il précisé.

Par ailleurs, le représentant du Pakistan a insisté sur le rôle que jouent les 63 centres d’information des Nations Unies en vue de combler les lacunes qui persistent entre les pays en développement et les pays développés du point de vue de l’accès à l’information.  Il a estimé qu’il était essentiel de continuer à allouer à ces centres des ressources, notamment en leur fournissant des locaux à titre gratuit.  Il a également salué la nomination d’un nouveau directeur pour le Centre d’information d’Islamabad et a exhorté le Département de l’information à permettre à ce Centre de restaurer pleinement ses services et de diffuser des informations en urdu.

M. SERGIO RODRIGUES DOS SANTOS (Brésil) a encouragé le Département de l’information (DPI) à promouvoir la légitimité et la transparence des institutions des Nations Unies dans un nombre de langues aussi grand que possible.  Il a également salué les efforts du DPI pour s’adapter à l’évolution des technologies, tout en maintenant une attention aux médias traditionnels que sont la radio, la télévision et la presse écrite.  Il a, à ce titre, tenu à féliciter les programmes en portugais de la radio des Nations Unies ainsi que le rôle du Centre d’information des Nations Unies de Rio de Janeiro dans la promotion des travaux de la Conférence des Nations Unies sur le développement durables et son suivi.  Il a également encouragé les pays hôtes des centres d’information de leur offrir des locaux gratuitement en raison des ressources parfois militées dont ils disposent.

Le représentant du Brésil a par ailleurs tenu à encourager le Département de l’information à combiner médias traditionnels et les nouvelles technologies afin de traiter des questions qui font l’actualité.  Une stratégie innovante pourrait, a-t-il estimé, accroître considérablement la portée du message des Nations Unies, notamment dans les pays en développement. 

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
À l’intention des organes d’information • Document non officiel.