Les petits États insulaires en développement doivent renforcer la coopération régionale pour mieux faire face aux risques de catastrophe naturelle

21 mai 2013
IHA/1316

Les petits États insulaires en développement doivent renforcer la coopération régionale pour mieux faire face aux risques de catastrophe naturelle

21/5/2013
Communiqué de presse
IHA/1316
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

LES PETITS ÉTATS INSULAIRES EN DÉVELOPPEMENT DOIVENT RENFORCER LA COOPÉRATION RÉGIONALE

POUR MIEUX FAIRE FACE AUX RISQUES DE CATASTROPHE NATURELLE

Genève, Suisse 21 mai (Stratégie internationale de prévention des catastrophes des Nations Unies) -- Au cours d’un évènement spécial organisé par le Bureau du Haut-Représentant des Nations Unies pour les petits États insulaires en développement, les participants ont alertésur la grande vulnérabilité des petits États insulaires en développement (PEID) face aux impacts destructeurs des catastrophes naturelles, qui affectent de manière négative leur développement.  Les petits États insulaires sont particulièrement touchés par les effets des changements climatiques, qui provoquent l’élévation du niveau de la mer et augmentent la fréquence et l’intensité des catastrophes naturelles.  À cet égard, de nombreux intervenants ont souligné l’importance des partenariats régionaux et de la préparation aux aléas climatiques, qui permettent de réduire les conséquences négatives des catastrophes naturelles.  Ces discussions s’inscrivent dans le cadre de la préparation de la troisième Conférence internationale sur les petits États insulaires en développement, qui se tiendra à Samoa, du 1er au 4 septembre 2014.

Le Haut-Représentant des Nations Unies pour les petits États insulaires en développement, M. Gyan Chandra Acharya, du Népal, a souligné la grande vulnérabilité des petits États insulaires qui, selon lui, doivent bénéficier de la solidarité de la communauté internationale.  Dans cette perspective, le Vice-Secrétaire général de l’ONU, M. Jan Eliasson, a souligné qu’il faudrait agir de manière résolue pour résoudre les difficultés auxquelles ces États sont confrontés, qui sont fortement menacés par les changements climatiques.  Le Ministre de l’intérieur d’Haïti, M. David Basile, a estimé que la solidarité régionale donnera les moyens aux petits États insulaires de faire face aux conséquences des catastrophes qui les affectent.  Dans la même veine, le Ministre du développement durable de Sainte-Lucie, M. James Fletcher, a indiqué que son pays comptait particulièrement sur l’assistance technique au niveau régional, sous la forme de partenariats ciblés, ainsi que sur la création d’un système d’alerte précoce.  « Chaque dollar dépensé en matière de prévention équivaut à 20 ou 30 dollars dépensés pour la reconstruction après une catastrophe.  C’est pourquoi, une bonne préparation en amont est importante », a-t-il estimé.  De même, la Ministre de la défense civile de la Nouvelle-Zélande, Mme Nikki Kaye, a évoqué les efforts de son pays pour venir en aide aux petits États insulaires du Pacifique Sud, en insistant sur le fait que la préparation aux catastrophes permettrait de réduire les pertes en vies humaines et les destructions d’infrastructures.

La Ministre de l’intérieur du Cap-Vert, Mme Marisa Helena Nascimento Morais, a rappelé que l’économie de son pays reposait sur le tourisme et l’industrie halieutique, deux secteurs particulièrement vulnérables aux changements climatiques.  C’est ainsi que des efforts importants ont été consentis pour renforcer la capacité nationale de résilience, a-t-elle assuré.  Le Gouvernement des Maldives, a indiqué son Ministre de la défense, M. Mohamed Nazim, a pris des mesures visant à mieux répondre aux conséquences des changements climatiques qui, parfois, sont dévastatrices.  La création de partenariats forts, en particulier entre les petits États insulaires, représente une solution optimale pour réduire l’impact des catastrophes.  La Commissaire européenne à la coopération internationale, Mme Kristalina Georgieva, a présenté l’action de l’Union européenne en faveur des petits États insulaires, qui se concentre sur le renforcement des capacités de prévention et de préparation aux catastrophes.

Pour sa part, le Président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), M. Rajendra K. Pachauri, a appelé la communauté internationale à réduire, de manière urgente, les émissions de gaz à effet de serre, principales responsables des changements climatiques qui augmentent la vulnérabilité des petits États insulaires.  Enfin, le Bureau de la stratégie internationale de prévention des catastrophes, a présenté les résultats des recherches sur la corrélation entre catastrophes naturelles et activité économique.  Le meilleur moyen d’accroître la compétitivité des petits États insulaires est de les aider à réduire les risques en améliorant la préparation et la gestion des catastrophes naturelles.

La Représentante permanente des Maldives, Mme Iruthisham Adam, a estiméque les petits États insulaires doivent à la fois répondre aux défis des changements climatiques et assurer le développement économique.  Elle a estimé que l’adoption d’un nouveau cadre d’action pour la période post-2015 doit être l’occasion d’insister sur le besoin d’agir de façon proactive contre les catastrophes naturelles.  Le Directeur du Centre national des prévisions météorologiques de Cuba, M. José Rubiera, a présenté les mesures prises par son pays pour former la population aux risques liés aux catastrophes naturelles, ce qui a permis de réduire très fortement le nombre des victimes.  De 1985 à 2012, 56 personnes seulement ont perdu la vie à la suite des quatre ouragans majeurs qui ont frappé l’île.  Une représentante de la société civile de Vanuatu, Mme Annies Simon, a évoqué le savoir traditionnel des populations des petits États insulaires, qui leur permet de surmonter les aléas climatiques depuis des générations.

Pour sa part, le Directeur exécutif de l’Agence caribéenne de gestion des urgences en cas de désastre, M. Ronald Jackson, a déclaré que l’Agence a pour objectif non seulement de gérer les risques de catastrophes mais aussi de coordonner les investissements régionaux des efforts de résilience des petits États insulaires.  M. Christophe Legrand, membre de la Commission de l’océan Indien, a attiré l’attention sur le fait que les pays insulaires en développement n’avaient pas les capacités financières et techniques requises pour faire face aux risques auxquels ils sont soumis.  Ces pays doivent donc poursuivre l’intégration régionale, dans la mesure où la mise en commun des ressources est un élément clef pour réduire efficacement les risques.  Enfin, le Directeur national de la J/P Haitian Relief Organization, M. Gary Philoctete, a souligné les défaillances constatées à Haïti dans le cadre de la reconstruction du pays à la suite du séisme de 2010.

La quatrième session de la Plate-forme pour la réduction des risques de catastrophe tiendra, demain mercredi, 22 mai, à 9 heures, une séance plénière, dans la salle 2 du CICG.

Déclarations

Ouvrant la discussion, M. GYAN CHANDRA ACHARYA, Secrétaire général adjoint et Haut-Représentant pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement, a relevé que les petits États insulaires en développement sont particulièrement vulnérables aux catastrophes naturelles, notamment en raison de leur faible altitude.  Il a souligné que les catastrophes doivent être envisagées d’une façon globale.  À ce titre, la communauté internationale doit faire preuve de solidarité avec les petits États insulaires en développement.  De même, les partenariats, tant au niveau régional que national, doivent être encouragés.  La société civile et les communautés locales doivent également être impliquées afin de renforcer les capacités des petits États insulaires en développement à faire face aux catastrophes naturelles, a-t-il estimé.

M. JAN ELIASSON, Vice-Secrétairegénéral de l’ONU, a observé que les petits États insulaires en développement confrontés aux problèmes liés aux changements climatiques ne disposaient pas de « plan B ».  Il faudrait qu’ils agissent de manière résolue pour résoudre les difficultés auxquelles ils sont confrontés.  Les mesures d’urgence à prendre lors d’une catastrophe sont connues.  Il est important, a-t-il souligné, de tirer les leçons du passé.  Les pays concernés devraient être assistés pour renforcer leurs capacités nationales en vue de mieux répondre aux défis que posent les changements climatiques dont ils ne sont pas responsables.  Les gouvernements de ces pays devraient aussi nouer des partenariats avec le secteur privé en vue de pérenniser leur potentiel touristique malgré les risques de catastrophe.  M. Eliasson a émis l’espoir que les débats d’aujourd’hui contribueront à l’adoption d’une nouvelle approche concernant ces problèmes.

M. DAVID BASILE, Ministre de l’intérieur de la République d’Haïti, a déclaré que son pays, malheureusement trop souvent l’objet de l’attention des médias en raison des catastrophes qu’il subit, remerciait la communauté internationale et, en particulier, les pays de la région des Caraïbes, de sa solidarité envers lui.  À la suite du dernier tremblement de terre qui avait frappé Haïti en 2010, un mouvement d’intégration régionale renforcée a commencé à se faire jour au niveau de la Communauté des Caraïbes (CARICOM).  Cette intégration est concrétisée par nombre d’initiatives régionales dans des domaines techniques, notamment la prévision climatologique.  Les progrès réalisés permettent aux pays de la région de prévoir d’importants changements, notamment dans le secteur de l’agriculture.  Seule cette solidarité régionale pourra donner les moyens à Haïti de faire face aux conséquences des catastrophes naturelles qui affectent également tous les petits États insulaires, a estimé le Ministre avant de conclure. 

M. RAJENDRA K. PACHAURI, Président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, a insisté sur le fait que les petits États insulaires étaient vulnérables aux changements climatiques et subissaient l’élévation du niveau de la mer, qui contribue à causer des inondations dans les zones côtières.  Dans ces petits États insulaires, une seule catastrophe naturelle peut annihiler des années de développement en l’espace de quelques heures, sans parler des pertes en vies humaines considérables, a-t-il dit.  La prévention et l’adaptation sont donc nettement plus efficaces que les mesures d’aide après une catastrophe.  Certaines mesures présentées par le Groupe d’experts montrent que les petits États insulaires font face à différents types de dangers, qui doivent être examinés dans le contexte de la pollution de l’environnement marin et de l’insécurité alimentaire.  Des infrastructures, des institutions et des mesures sont nécessaires pour améliorer les capacités d’adaptation à l’avenir.  Il ne suffit pas, a-t-il souligné, de prendre des mesures.  Il faut agir de manière urgente sur le plan mondial, a-t-il dit, en appelant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, comme le demande la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), afin d’atténuer les effets des changements climatiques.

M. JAMES FLETCHER, Ministre de la fonction publique, du développement durable, de l’énergie, des sciences et technologies de Sainte-Lucie, a déclaré que les populations de la région des Caraïbes vivaient, dès le début de la saison des ouragans, dans la crainte permanente d’événements météorologiques dramatiques dont les répercussions se font sentir dans toute la région.  Les petits États insulaires, qui sont vulnérables à ces événements, doivent s’attendre à une aggravation de la situation du fait des changements climatiques, qui entraînent notamment une élévation du niveau de la mer, a prévenu M. Fletcher.  Sainte-Lucie est confrontée, en outre, à des difficultés économiques.  Tous ces facteurs l’incitent à rechercher des solutions pour atténuer les effets de changements climatiques extrêmes.  Pour ce faire, Sainte-Lucie compte particulièrement sur l’action technique au niveau régional, qui consiste à échanger des connaissances et partenariats ciblés, mettre au point d’un outil d’évaluation de la vulnérabilité et adopter des systèmes d’alerte précoce, lesquels jouent un rôle important pour limiter les conséquences des catastrophes.  Des efforts restent à faire pour collecter des données exploitables par les autorités politiques; des investissements devront aussi être consentis pour la relocalisation d’infrastructures cruciales, par exemple les hôpitaux.  Enfin, Sainte-Lucie s’est dotée de réseaux communautaires pour la préparation aux catastrophes, particulièrement utiles aux populations vivant en milieu isolé.  Chaque dollar dépensé en matière de prévention équivaut à 20 ou 30 dollars dépensés pour la reconstruction après une catastrophe, a-t-il dit, en soulignant l’importance d’une bonne préparation en amont.

Mme NIKKI KAYE, Ministre de la défense civile de la Nouvelle-Zélande, a présenté l’expérience de son pays dans ses efforts pour aider les petits États insulaires du Pacifique Sud.  En tant que petite nation développée, la Nouvelle-Zélande a beaucoup en commun avec les petits États insulaires.  Le renforcement des capacités des petits États insulaires voisins se concrétise par une aide pratique pour prévenir les catastrophes.  L’assistance technique est rendue possible par la recherche académique, notamment en matière d’activité sismique et volcanique, qui permet d’identifier les besoins spécifiques à chaque île.  De façon générale, les besoins en infrastructure sont considérables et la Nouvelle-Zélande a la ferme intention de fournir de l’aide dans ce domaine.  Outre relayer la voix de ces petits États sur la scène internationale, il faut mettre l’accent sur la préparation aux catastrophes afin de réduire les pertes en vies humaines et les destructions d’infrastructure lorsqu’elles surviennent.

Mme MARISA HELENA NASCIMENTO MORAIS, Ministre de l’intérieur du Cap-Vert, a expliqué que son pays comptait moins d’un demi-million d’habitants répartis dans une dizaine d’îles exposées aux risques climatiques et géologiques, à des conditions climatiques extrêmes et à une érosion qui pourraient tous avoir des effets dramatiques sur le développement du pays dans son ensemble.  L’économie du pays repose sur le tourisme –un des objectifs de développement les plus importants pour le pays– et l’industrie halieutique, deux secteurs particulièrement vulnérables aux effets des catastrophes naturelles.  La réduction des effets des catastrophes est donc une question de vie ou de mort pour le Cap-Vert.  C’est pourquoi la plate-forme nationale met en place un système national d’évaluation du risque en partenariat avec le secteur public, dans l’objectif de renforcer la capacité nationale de résilience.  Pour cela, le Cap-Vert a besoin d’une aide technique de la part de la communauté internationale, a souligné Mme Morais.

M. MOHAMED NAZIM, Ministre de la défense des Maldives, a déclaré que son pays était particulièrement vulnérable aux catastrophes, qu’elles soient naturelles ou provoquées par l’homme.  Au cours de ces dernières années, des efforts importants ont été consentis par les autorités des Maldives pour créer des communautés résilientes à tous types de catastrophes.  La préparation aux catastrophes est une composante essentielle pour limiter leur impact négatif.  À cet égard, l’édification de partenariats forts, en particulier entre les petits États insulaires, représente la solution optimale pour réduire les effets des catastrophes.  Il faudrait travailler ensemble pour réduire les risques et atténuer les effets des changements climatiques, a conclu le Ministre.

Mme KRISTALINA GEORGIEVA, Commissaire européenne à la coopération internationale, à l’aide humanitaire et à la réaction aux crises, a déclaré avoir constaté, au cours de son expérience professionnelle à Fidji, à quel point la question des changements climatiques était importante pour les petits États insulaires en développement.  L’Union européenne se situe au premier plan de la lutte contre les changements climatiques, en dépit de l’impact négatif de la crise économique actuelle sur les budgets nationaux, une crise qui exige de hiérarchiser les priorités.  Dans son action pour aider les petits États insulaires en développement, l’Union européenne insiste d’abord sur la réduction des pertes en vies humaines et des dommages, qui passe, a-t-il dit, par le renforcement des capacités de prévention et de préparation.  L’Union européenne agit, ensuite, dans le domaine du financement de projets pluriannuels de soutien à la résilience. 

M. ANDREW MASKREY, Coordonnateur pour l’élaboration du rapport intitulé « Réduction des risques de catastrophe: bilan mondial », a présenté les résultats des recherches sur la corrélation entre catastrophes naturelles et activité économique.  Soulignant qu’il est très important d’élaborer des politiques efficaces de préparation aux catastrophes, il a noté que des données précises sont nécessaires pour prendre des décisions informées.  À cet égard, les études démontrent que la croissance économique des petits États insulaires est particulièrement touchée par les catastrophes naturelles.  Le meilleur moyen d’accroître la compétitivité de ces pays est de les aider à réduire les risques, en améliorant la préparation et la gestion des catastrophes naturelles.

Mme IRUTHISHAM ADAM, Représentante permanente des Maldives auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, a souligné que le transfert de technologie et le renforcement des capacités des petits États insulaires devraient constituer des priorités en vue de réduire les risques de catastrophe dans ces pays vulnérables.  En outre, il faudrait tenir compte des faibles ressources humaines, financières et en eau dont ils disposent.  Dans ces conditions, comment assurer en même temps le développement durable et la réduction des risques, s’est-elle interrogée.  Les petits États insulaires, a-t-elle dit, doivent prendre des mesures pour assurer la durabilité de l’économie.  À cet égard, il faudrait convaincre le secteur privé de s’engager pour un avenir meilleur.  La plupart des pays insulaires souffrent des grandes distances qui séparent leurs points d’approvisionnement.  C’est pourquoi, il faudrait à la fois répondre aux défis des changements climatiques et assurer le développement économique.  Les petits États insulaires n’ont ni la capacité, ni les ressources, ni même les connaissances pour faire face seuls aux effets des changements climatiques.  Une coordination est nécessaire entre tous les secteurs de la société.  La représentante a estimé que pendant trop longtemps, l’action avait consisté à réagir aux catastrophes plutôt qu’à se concentrer sur la prévention.  L’adoption d’un nouveau cadre d’action pour la période post-2015 devrait insister sur le besoin d’agir de façon proactive contre les catastrophes naturelles.

M. JOSÉ RUBIERA, Directeur du Centre national des prévisions météorologiques de Cuba, a rappelé les conséquences dévastatrices qu’une succession d’ouragans avait eu pour les États-Unis, un pays riche, et qui donne à réfléchir aux petits États insulaires des Caraïbes.  L’expert a décrit l’aggravation des risques que posent les ouragans tropicaux pour cette région, en rappelant que certains de ces événements extrêmes avaient causé la mort de 3 000 personnes.  Pour faire face à ces risques, Cuba s’est dotée d’un système de protection civile et d’alerte rapide.  Les autorités informent la population rapidement, de manière claire, et préparent les autorités civiles locales à toute éventualité.  La défense civile traduit les alertes du Centre des prévisions en directives concrètes.  Les jeunes enfants suivent un enseignement spécialisé dans leurs écoles.  Les bulletins météorologiques informent régulièrement sur les risques de catastrophe.  Le secteur privé est également mis à contribution, par le biais des plans et mesures d’évacuation obligatoires, a assuré le représentant.  C’est ainsi que la population cubaine est devenue particulièrement vigilante au risque météorologique, dans la mesure où elle est préparée de plus en plus grâce à des exercices d’alerte réguliers.  Cuba est parvenue de cette manière à réduire très fortement le nombre des victimes, s’est félicité le représentant, en précisant que, de 1985 à 2012, 56 personnes seulement ont perdu la vie à la suite des quatre ouragans majeurs qui ont frappé l’île. 

Mme ANNIES SIMON, représentante de la société civile de Vanuatu, a déclaré que les plus grands défis des petits États insulaires du Pacifique pour faire face aux catastrophes concernent leur capacité à dégager des ressources.  De ce fait, ils comptent le plus souvent sur leur savoir traditionnel, qui leur permet de surmonter les difficultés depuis des générations.  Par exemple, l’observation des mouvements des nuages ​​et des oiseaux marins permet d’anticiper les cyclones, a-t-elle fait remarquer.  C’est ainsi que les communautés ont organisé des comités chargés de prendre des mesures de prévention pour faire face aux risques naturels.

M. RONALD JACKSON, Directeur exécutif de l’Agence caribéenne de gestion des urgences en cas de catastrophe, a déclaré que l’Agence avait pour objectif non seulement de gérer les risques de catastrophe, mais aussi de coordonner les investissements régionaux des efforts de résilience des petits États insulaires.  La stratégie de l’Agence consiste à créer des partenariats tant avec les pays bénéficiaires qu’avec les bailleurs de fonds, dont la contribution est rationnalisée en vue d’un ciblage beaucoup plus précis et efficace, dans le respect de leurs propres stratégies.  L’Agence veille en outre à ce que le soutien des donateurs ne suscite pas de vulnérabilité supplémentaire au niveau des États, a indiqué M. Jackson.  En tant qu’acteur majeur, l’Agence sensibilise au problème des changements climatiques, qui constituent un obstacle au développement des petits États insulaires. 

M. CHRISTOPHE LEGRAND, membre de la Commission de l’océan Indien, a évoqué le financement des programmes de réduction des risques de catastrophe naturelle.  Des partenariats financiers et techniques sont nécessaires, car les pays insulaires en développement n’ont pas les capacités requises pour faire face aux risques auxquels ils sont soumis.  En même temps, le partage d’expériences et de bonnes pratiques entre les différentes régions permet d’améliorer la capacité de prévention et de gestion des catastrophes.  En outre, les pays bénéficient de l’intégration régionale, dans la mesure où la mise en commun des ressources est un élément clef pour réduire efficacement les risques.  Par exemple, la mise sur pied d’une base de données régionale permet, a assuré M. Legrand, de prévoir plus efficacement les aléas climatiques et de réduire les couts. La Conférence de 2014 permettra de montrer la place de leader et les solutions innovantes mises au point par les petits États insulaires en développement, qui montrent l’exemple à la communauté internationale en matière de réduction des risques.

M. GARY PHILOCTETE, Directeur national de la J/P Haitian Relief Organization (fondée par l’acteur Sean Penn), a déclaré qu’Haïti était particulièrement démuni face aux cyclones et autres catastrophes dont il est menacé, tandis qu’il doit faire face à une instabilité politique chronique.  Après le tremblement de terre de 2010, Haïti a dû procéder à la réinstallation d’un nombre très importants d’habitants, une mesure qui s’est accompagnée de la nécessité de reconstruire le système d’adduction d’eau et d’assainissement.  L’expert a attiré l’attention sur les déficiences d’Haïti en matière de réduction des risques de catastrophe.  Les destructions ont empêché la coordination, voire l’action des institutions nationales au lendemain de la catastrophe.  Il reste par ailleurs à voir si les autorités disposeront des compétences nécessaires pour faire appliquer le nouveau Code de la construction adopté après le tremblement de terre, a fait observer M. Philoctete.  Haïti a aussi des ressources limitées dans les domaines agricole et énergétique.  Le secteur privé joue un rôle actif sans pour autant assurer au pays une situation économique confortable.  Haïti doit travailler avec les autres pays qui sont confrontés à des défis communs, tout en tirant les leçons des épreuves qu’il a subies.

Échange interactif

Au cours cette échange interactif, animé par la journaliste de la BBC, Mme LYSE DOUCET, un représentant du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a mis en avant l’indispensable cohérence qui doit régner dans les perspectives du développement.  Un intervenant du Canada a suggéré que les activités de réduction des risques de catastrophe dans les petits États insulaires de la région des Caraïbes portaient également sur la résilience de secteurs cruciaux comme, par exemple, celui de l’agriculture.  Un intervenant a proposé de remplacer, dans certains cas, le terme « catastrophe » par « choc », à l’image de ce qu’a vécu Sainte-Lucie pendant la crise économique actuelle.  Une représentante de la Croix-Rouge des Maldives a observé que les petits États insulaires en développement subissaient de manière beaucoup plus intense les catastrophes climatiques que les grands pays comme l’Inde, par exemple.  C’est pourquoi, une forme de solidarité régionale s’impose.

La Représentante permanente des Maldives auprès de l’Office des Nations Unies à Genève a relevé que les vulnérabilités des Maldives étaient identiques à celles d’autres pays insulaires.  Elle a recommandé que les fonds disponibles soient orientés vers l’action sur le terrain, et non vers la rédaction de nouveaux rapports.  La représentante de la société civile de Vanuatu a insisté également sur la nécessité de prévoir, dès avant les catastrophes, les mesures que pourraient prendre immédiatement les pays touchés, avant même de faire appel aux donateurs.

Un autre orateur a appelé les petits États insulaires de toutes les régions du monde à s’unir pour faire entendre leur voix.  Dans la même perspective, il a estimé que la réduction de la pollution par les pays développés serait plus utile que l’envoi de fonds pour aider les pays en développement.  Une participante a souligné que beaucoup d’États souffraient d’une mauvaise gouvernance et d’un mauvais leadership.  Le Directeur exécutif de l’Agence caribéenne de gestion des urgences en cas de catastrophe a estimé qu’en dépit des écarts dans leur niveau  de développement, les petits États insulaires sont exposés aux mêmes risques.  Leurs autorités doivent donc investir dans la gestion des risques et dans l’intégration régionale, a-t-il insisté.

Clôturant la séance, le Haut-Représentant pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement, a indiqué qu’il avait pris note des différents points de vue exprimés aujourd’hui.  Les défis qui ont été discutés ne concernent pas seulement les petits États insulaires en développement, a-t-il fait observer.  Des solutions innovantes doivent être envisagées, comme par exemple l’établissement d’un partenariat mondial pour la réduction des risques de catastrophe.  Il a fait remarquer par ailleurs que les petits États insulaires étaient affectés, de manière disproportionnée, par les risques de catastrophe.  Lorsque l’on parle de renforcer la capacité de résilience aux catastrophes de ces pays, il faudrait prendre en compte les questions d’infrastructures et institutionnelles.  La préparation aux catastrophes doit faire partie des plans nationaux de développement des petits États insulaires.  Beaucoup de petits États insulaires en développement ont des secteurs du tourisme importants.  Il est donc indispensable de relier la réduction des risques de catastrophe à cette activité commerciale centrale pour nombre de petits États insulaires en développement, a-t-il proposé.  Il est souhaitable d’établir un modèle de développement innovant pour les petits États insulaires, a-t-il ajouté.  Enfin, Haut-Représentant a estimé que l’Agenda pour le développement post-2015 devrait prendre en compte la situation des petits États insulaires.

*   ***   *

À l’intention des organes d’information • Document non officiel
À l’intention des organes d’information • Document non officiel.