Éliminer les mutilations génitales féminines et combattre la traite des femmes sont des objectifs de prévention de la violence aux femmes et aux filles, insistent les délégations

11 mars 2013
FEM/1949

Éliminer les mutilations génitales féminines et combattre la traite des femmes sont des objectifs de prévention de la violence aux femmes et aux filles, insistent les délégations

11/03/2013
Assemblée générale
FEM/1949
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Commission de la condition de la femme

Cinquante-septième session

9e & 10e séances – matin & après-midi

ÉLIMINER LES MUTILATIONS GÉNITALES FÉMININES ET COMBATTRE LA TRAITE DES FEMMES SONT DES OBJECTIFS

DE PRÉVENTION DE LA VIOLENCE AUX FEMMES ET AUX FILLES, INSISTENT LES DÉLÉGATIONS

Deux expertes de l’ONU partagent leur expérience dans la lutte contre la traite

des femmes et des filles et contre la discrimination à l’égard des femmes dans le droit et la pratique

Les efforts menés pour prévenir et éliminer la pratique nuisible des mutilations génitales féminines et pour combattre la traite des femmes et des filles étaient, aujourd’hui, au centre du débat général à la Commission de la condition de la femme qui entame sa deuxième semaine de session.  Plus de 60 intervenants -représentants d’États Membres, d’organisations internationales, d’institutions du système des Nations Unies et d’organisations non gouvernementales– se sont exprimés sur les moyens de prévention de la violence à l’encontre des femmes et des filles, thème prioritaire de cette cinquante-septième session de la Commission.

L’adoption par consensus, le 20 décembre 2012, par l’Assemblée générale des Nations Unies de la résolution sur l’intensification de l’action mondiale visant à éliminer les mutilations génitales féminines a été saluée par la Ministre de la promotion de la femme et du genre du Burkina Faso, Mme Nestorine Sangaré/Compaoré.  Cette résolution, qui est la première à avoir été adoptée sur la question, appelle les États à condamner ces pratiques, à lutter contre l’impunité et à lancer des campagnes d’éducation pour les combattre.  La Ministre a assuré que son gouvernement avait adopté des mesures pour éliminer l’excision.

D’autres délégations ont expliqué comment leurs pays avaient progressé dans ce domaine, comme la Ministre des services sociaux du Kenya, Mme Naomi Shaban.  Son pays, où 27,1% des femmes subissent encore cette pratique, enregistre aujourd’hui des progrès dans la mise en œuvre des mesures prises pour l’éradiquer.  Le Togo a promulgué une loi en 2012 interdisant les mutilations génitales féminines, a assuré, pour sa part, laMinistre de la promotion de la femme du Togo,Mme Ayawavi Djigbode Dagban-Zonvide.

Dénonçant la persistance des mutilations génitales féminines comme une « pratique culturelle archaïque », le représentant de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) s’est félicité d’une prise de conscience croissante à ce sujet dans le monde musulman.  La seconde Conférence islamique des ministres chargés des droits de l’enfant, qui s’était déroulée à Khartoum en 2009, a souligné que les mutilations génitales féminines sont une violation des droits des femmes et des filles.  Outre ces mutilations, a-t-il ajouté, les mariages d’enfants et la violence à l’encontre des femmes sont souvent, de manière erronée, associés à des traditions musulmanes.  Il a appelé à faire une distinction claire entre ces pratiques traditionnelles et la religion.

La traite des êtres humains, autre forme de violence subie par les femmes et les filles, a été largement évoquée au cours de ce débat général, en particulier sous l’angle de la prévention.  La représentante du Bélarus a souligné que 75% des victimes de la traite étaient des femmes et des filles.  La Rapporteure spéciale sur la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants, Mme Joy Ngozi Ezeilo, a expliqué que la prévention de la traite passait par la lutte contre ses causes premières, la lutte contre la demande et la promotion d’une migration sûre.  Elle a insisté sur la sensibilisation du public et la participation des victimes à l’élaboration de mesures de prévention de ce fléau. 

Une réunion sur la traite des personnes aura lieu, le 13 mai prochain, au Siège des Nations Unies, a rappelé la représentante du Bélarus, pays membre du Groupe d’amis unis contre la traite des êtres humains.  Ce sera une occasion pour ONU-Femmes et pour tous ceux qui œuvrent en faveur de la promotion de la condition de la femme de s’engager encore plus activement pour la lutte contre la traite des femmes, a-t-elle lancé.  Cette question a été intégrée au nouveau plan national pour le développement, a assuré la représentante du Bélarus, tandis que celui du Myanmar précisait que son pays avait adopté une loi et un plan d’action triennal pour lutter contre la traite des personnes. 

Le représentant de l’Ukraine a souligné, quant à lui, l’importance des lignes téléphoniques « SOS » pour victimes d’abus, de viols et de traite des personnes qui existent désormais dans son pays.  Son homologue de la République de Moldova a indiqué que des centres avaient été créés dans le pays pour répondre aux besoins des victimes de la traite.  De son côté, la représentante de la Malaisie a présenté les campagnes de sensibilisation menées dans son pays sur les droits des femmes, en particulier en cas d’exploitation et de traite.

À un autre niveau, la Vice-Présidente du Groupe de travail sur la discrimination à l’égard des femmes dans le droit et dans la pratique, Mme Frances Raday, a fait observer que les femmes exerçant un rôle politique devenaient souvent la cible d’actes de violence, car, a-t-elle fait remarquer, elles menacent les structures du pouvoir établies par les hommes.  La Vice-Présidente a notamment évoqué les abus dont sont victimes, dans certaines régions, les femmes candidates, les dirigeants politiques ou les défenseurs des droits de l’homme.  Si la violence contre les femmes militantes s’est particulièrement faite ressentir lors de la transition politique dans certains pays en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, elle a salué la législation des pays d’Amérique latine qui interdit le harcèlement et la violence à l’encontre des femmes candidates.

La Commission de la condition de la femme organisera demain, mardi 12 mars, deux tables rondes.  La première, intitulée « Normes et stéréotypes sexistes, socialisation et inégalité des rapports de pouvoir; et partage et conciliation des tâches professionnelles et familiales », se réunira à 10 heures.  La deuxième, qui aura pour thème « Les soins dispensés dans le contexte du VIH/sida et la nécessité de reconnaître et d’apprécier la prestation de soins non rémunérés », aura lieu à 15 heures.

SUIVI DE LA QUATRIÈME CONFÉRENCE MONDIALE SUR LES FEMMES ET DE LA VINGT-TROISIÈME SESSION EXTRAORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE, INTITULÉE « LES FEMMES EN L’AN 2000: ÉGALITÉ ENTRE LES SEXES, DÉVELOPPEMENT ET PAIX POUR LE XXIE SIÈCLE »

Suite du débat général

Mme NESTORINE SANGARÉ/COMPAORÉ, Ministre de la promotion de la femme et du genre du Burkina Faso, a regretté que les sociétés tolèrent les violences à l’encontre des femmes et qu’elles ne sanctionnent pas assez les auteurs de ces actes.  Elle a cependant exprimé l’espoir de voir ce phénomène éradiqué, en appelant la communauté internationale à prendre la mesure de la gravité et de réaffirmer les engagements pris pour l’éliminer.  La Ministre a salué l’adoption par l’Assemblée générale, le 20 décembre 2012, de la résolution visant à intensifier l’action mondiale pour éliminer les mutilations génitales féminines.  Dans la lutte contre la violence à l’encontre des femmes, le Burkina Faso, a-t-elle poursuivi, agit tout d’abord sur les plans politique et juridique. 

Le Gouvernement a présenté, en 2010, son sixième rapport national sur la mise en œuvre de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.  Il a aussi adopté une politique nationale du genre, ainsi que des mesures de lutte contre l’excision.  En ce qui concerne la gouvernance économique, le Gouvernement du Burkina Faso s’est engagé à prendre des mesures fortes pour réduire les inégalités liées au genre.  Il a ainsi établi un programme spécial d’emploi des jeunes et des femmes.  Un autre programme sur l’autonomisation économique et l’entreprenariat féminin sera mis en œuvre en 2013, a ajouté la Ministre, en précisant que ces mesures étaient menées en collaboration avec la société civile.  Cependant, il existe encore des obstacles aux efforts, entrepris, a-t-elle fait remarquer, en citant la pauvreté et la montée des extrémismes religieux.  C’est pourquoi, le Gouvernement a mis l’accent sur l’intégration du genre dans les politiques publiques, a-t-elle indiqué.

Mme MARIA ANTONIETA BOTTO DE FERNANDEZ, Ministre des affaires féminines du Honduras, a indiqué que son pays a adopté un plan d’action national pour la période 2010-2020.  En outre, il a réalisé diverses initiatives pour la promotion de la femme dans la société, notamment en encourageant la participation des femmes à la vie publique et politique et en adoptant un projet consacré à l’élimination de la violence à l’égard des femmes.  Au plan juridique, le Code pénal a été amendé et un plan national contre la violence à l’égard des femmes a été établi pour répondre à l’objectif national de bannir la violence dans la société. 

M. BADRI PRASAD NUEPANE, Ministre des femmes, de l’enfance et du bien-être social du Népal, a indiqué que la Constitution de son pays garantit l’égalité entre les hommes et les femmes.  Cette égalité ne pourra être réalisée de manière effective que lorsque les droits à la santé procréative seront pleinement reconnus, a-t-il affirmé, en expliquant pourquoi son pays s’efforçait d’augmenter le nombre de services fournis dans ce domaine.  Le Népal a adopté un plan d’action sur l’autonomisation des femmes et un autre sur la violence faite aux femmes, a-t-il ajouté.  Parmi les autres mesures prises en faveur des femmes, le Gouvernement a créé un centre de crise pour protéger les victimes de cette violence, et promulgué, en 2009, la loi sur la violence conjugale, a assuré le Ministre.  Il a aussi parlé des services spécialisés mis en place en faveur des femmes migrantes.  Le Népal, a rappelé le Ministre, a été un des premiers pays de sa région à avoir élaboré un plan d’action national en application de la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité.  Le Népal s’était aussi engagé à mettre en œuvre le Programme d’action de Beijing.  Avant de conclure, le Ministre a appuyé les efforts de la Commission de la condition de la femme visant, à l’issue de la session en cours, à adopter un document final axé sur l’avenir.

Mme NAOMI SHABAN, Ministre des services sociaux du Kenya, a indiqué qu’une femme sur cinq dans son pays, parmi les groupes d’âge de 15 à 49 ans, était victime des violences, qui revêtent, a-t-elle dit, différentes formes.  Bien que les mutilations génitales féminines soient encore largement pratiquées, avec un taux de 27,1%, on note cependant une légère baisse.  Diverses mesures ont été prises pour renforcer l’arsenal juridique en vigueur en matière de lutte contre les violences à l’encontre des femmes, qu’elles soient commises au sein de la famille ou dans un espace public.  Les lois sur le mariage, la violence conjugale, les mutilations génitales féminines, et la lutte contre la traite des personnes ont été renforcées, a assuré la Ministre. 

Des mesures axées particulièrement sur l’égalité entre les hommes et les femmes ainsi que sur la lutte contre le VIH/sida ont aussi été prises, et des ressources adéquates ont été allouées au titre du budget national pour les mettre en œuvre.  En outre, des centres d’accueil pour les victimes de la violence, des cliniques de soins, des numéros verts et des formations pour la police pour lui permettre de mieux répondre à ce fléau ont été mis en place.  L’élimination de la violence reste néanmoins un défi.  Le Gouvernement du Népal estime qu’il est nécessaire de prendre de nouvelles mesures pour actualiser les données en la matière.

Mme AYAWAVI DJIGBODE DAGBAN-ZONVIDE, Ministre de la promotion de la femme du Togo, a recensé tous les efforts déployés par son pays depuis 1975 pour réaliser les objectifs fixés en matière d’égalité des sexes, mentionnant notamment la mise en place d’un cadre institutionnel de lutte contre les violences basées sur le genre.  Elle a signalé que 13 centres d’écoute avaient été créés dans le pays, afin de répondre à la violence à l’encontre des femmes.  En 2012, a-t-elle ajouté, 263 femmes victimes de cette violence ont été prises en charge et les auteurs des violences ont été sanctionnés.  Les actions des organisations de la société civile contribuent à renforcer les mesures prises par le Gouvernement, a assuré la Ministre.  Elle a également mentionné la loi du 16 novembre 2012 qui interdit les mutilations génitales féminines.  Outre la Constitution du Togo qui consacre l’égalité des sexes, la Ministre a indiqué que le Code de la famille de 1980 avait été révisé en ce sens en 2012, de même que le code pénal dont les dispositions répriment désormais le harcèlement sexuel et la violence conjugale.  La Ministre a ensuite parlé de la Stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre, adoptée en 2008 et révisée en 2012.  En ce qui concerne les actions de proximité, elle a indiqué qu’une fête nationale d’abandon de l’excision avait conduit nombre d’exciseuses à abandonner leur pratique.  Le Gouvernement du Togo a aussi mené des enquêtes sur les différentes formes de violence aux femmes, qu’elles soient psychomorale, économique, physique ou institutionnelle.

Mme SHIRIN SHARMIN, Ministre des affaires de la femme et des enfants du Bangladesh, a fait remarquer que les violences à l’égard des femmes constituaient un obstacle majeur pour le développement.  La lutte contre les violences à l’encontre des femmes nécessite à la fois un cadre juridique efficace et des mesures de sensibilisation, de mobilisation des ressources et des formations à l’intention du personnel du secteur judiciaire et de la police.  Les efforts doivent aussi être coordonnés, notamment en matière d’éducation sur les droits de l’homme et de l’égalité entre les hommes et les femmes, qui reste très importante.  Au Bangladesh, des mesures ont été prises comme la création des centres de prise en charge des femmes victimes de violence.  Le Bangladesh participe à l’initiative UNITE pour redoubler d’efforts dans la lutte contre les violences à l’égard des femmes et des filles.

Mme BAHIYA JAWAD AL-JISHI, Vice-présidente de la Haute Chambre du Parlement et membre du Conseil suprême de la femme, a souligné que la formation des femmes était une priorité essentielle dans son pays.  Le Bahreïn a adhéré à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes en 2002, et le Comité compétent dans ce domaine a passé en revue toutes les lois en vue d’identifier les dispositions discriminatoires à l’égard des femmes.  Le Parlement examine aussi la législation nationale en vue de mieux protéger les victimes de la violence à l’encontre des femmes et des filles.  En outre, le Ministère de l’éducation procède actuellement à la révision des programmes scolaires pour sensibiliser les enfants à la question de la parité, a assuré la Ministre. 

Mme Al-Jishi a aussi indiqué qu’un prix est décerné tous les deux ans à une institution privée qui excelle dans le domaine de la lutte contre la violence à l’encontre des femmes et qui œuvre en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes.  Le Gouvernement de Bahreïn déploie aussi beaucoup d’efforts pour donner aux femmes les compétences nécessaires afin de leur permettre de réagir face à la violence et de plaider elles-mêmes en faveur de leurs droits.  L’indépendance sociale et économique des femmes est en outre essentielle à la prévention de la violence à leur encontre, a souligné la Ministre, avant de signaler les campagnes menées par son gouvernement pour sensibiliser le public. 

Mme RASHID NAUBETOV, Secrétaire de la Commission nationale des politiques familiales et démographiques du Kazakhstan, a déclaré que le Kazakhstan était le premier pays des membres de la Communauté des États indépendants (CEI) à lancer une initiative nationale en faveur des femmes.  « Plus les femmes participent au processus de prise de décisions, plus la qualité des décisions prises est meilleure », avait déclaré le Président du Kazakhstan qui fait de la lutte pour la parité l’axe central de sa politique de promotion de la femme, a-t-elle assuré.  Le Kazakhstan est le 35e  pays sur 135, à avoir créé un centre contre les violences à l’encontre des femmes et avoir adopté une politique vigoureuse en faveur des femmes. 

En 2002, le Gouvernement a promulgué une loi pour aider les femmes qui créent une entreprise.  La contribution des femmes à la vie économique du pays est estimée à 40%.  Toujours en 2002, on a enregistré une augmentation de 4% du nombre des femmes parlementaires.  Elles occupent aussi 11% des postes dans les services publics.  Un plan d’action national pour la promotion des femmes au processus de prise de décisions a également été adopté.  En février 2013, trois femmes ont été nommés à des postes politiques.  Le réseau national des femmes dans le pays comprend 78 ONG, a précisé la représentante.

Mme ANTONINA MIKO MIKUE (Guinée équatoriale) a rappelé que son pays avait ratifié la quasi-totalité des instruments internationaux et régionaux en matière de lutte contre la violence à l’encontre des femmes.  Son pays, a-t-elle assuré, travaille actuellement à l’harmonisation de ces instruments avec sa législation nationale.  Elle a également indiqué que le poste de Secrétaire d’État pour la condition de la femme avait été promu en poste de Ministre de la femme.  Le pays s’est également doté d’un plan d’action national pour promouvoir l’égalité entre les sexes à tous les niveaux.  La représentante a également mentionné la création de tribunaux pour les affaires familiales et les infractions commises par des mineurs, qui sont notamment compétents pour connaître des questions de mariages précoces et traditionnels. 

Mme Mikue a indiqué que le Parlement examinait actuellement un projet de loi sur la protection des femmes et des filles contre la violence.  Ce texte prévoit, entre autres, la mise en place de foyers d’accueil pour les victimes d’actes de violence, a précisé la représentante.  Elle a également rappelé que son gouvernement avait lancé, en 2011, une étude sur la violence domestique, dans le cadre d’une recherche plus large sur la démographie et la santé.  Il ressort de cette étude que ce phénomène reste largement répandu en Guinée équatoriale.  Pour lutter contre la violence, le Ministère de l’éducation a lancé un programme à l’intention des enseignants des cycles primaire et secondaire sur tous les aspects ayant trait aux droits de l’homme dans le contexte de la vie familiale.  Concrètement, ce programme contribue à la sensibilisation des élèves à ces questions, a-t-elle expliqué.

Mme YVONNE TOWIKROMO, Directrice du Bureau national pour la politique du genre au sein du Ministère des affaires domestiques du Suriname, a indiqué que son gouvernement avait adopté une stratégie multidimensionnelle pour garantir aux femmes la jouissance de leurs droits.  Ainsi, une nouvelle loi a fait du viol conjugal et de la violence au sein des familles des délits.  Un projet de loi sur le harcèlement sexuel sur le lieu de travail est actuellement à l’examen, a-t-elle ajouté.  En ce qui concerne la sensibilisation, la représentante a indiqué qu’un concours de rédaction sur la fin de la violence à l’encontre des femmes avait été organisé et des émissions télévisées permettent à des autorités religieuses de s’exprimer sur la violence à l’encontre des femmes.  Le Gouvernement du Suriname travaille à l’élaboration d’une politique intégrée sur la violence dans les familles, a-t-elle ajouté. 

Mme Towikromo a souligné que la sensibilisation des hommes et des garçons était la meilleure arme pour lutter efficacement contre la violence à l’encontre des femmes et des filles.  Une organisation non gouvernementale du Suriname, « Des hommes rencontrent des hommes », œuvre en ce sens.  Le Suriname estime que l’appui aux victimes et aux survivants doit faire l’objet d’une stratégie complète.  Un bureau d’aide aux victimes a ainsi été créé, qui fournit des services de santé et des conseils juridiques, et une ligne téléphonique pour les victimes a été mise en place, a assuré Mme Towikromo.  En outre, des arrangements ont été pris pour faciliter le témoignage des enfants.  Mme Towikromo a émis l’espoir que le document final de la présente session de la Commission de la condition de la femme mettra l’accent sur des actions concrètes permettant d’éliminer la violence à l’encontre des femmes et des filles.

M. CARLOS ENRIQUE GARCÍA GONZÁLEZ (El Salvador) a indiqué que son gouvernement avait consenti de nombreux efforts en vue de réduire les violences à l’égard des femmes.  La situation des femmes salvadoriennes est critique, a-t-il reconnu, en faisant remarquer qu’en 2012, le pays avait enregistré une augmentation des cas de violences sexuelles à raison de 225 cas par mois en moyenne.  La traite des femmes est aussi en évolution constante, a-t-il dit.  C’est pourquoi, le Gouvernement a promulgué une loi spéciale visant à éliminer la violence.  Cette loi, a-t-il précisé, prévoit des mesures de prévention plus fermes.  Les femmes doivent aussi jouer leur rôle de citoyennes, a estimé le représentant.  En outre, le Gouvernement d’El Salvador a adopté une politique axée sur l’émancipation économique, la santé sexuelle des femmes, la prise en charge des violences sexistes et la promotion des droits des femmes, a-t-il indiqué.  La coordination est le mot clef et la justice a un rôle important à jouer dans ces efforts, a souligné M. Gonzalez avant de conclure.  

Mme GRETA GUNNARSDÓTTIR (Islande) a demandé aux États qui ont émis des réserves à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes de les retirer sans tarder.  L’élimination de la violence à l’encontre des femmes et des filles doit être la priorité des gouvernements, a-t-elle demandé, en mettant l’accent sur la violence domestique.  L’Islande a autorisé la police à expulser l’auteur d’une telle violence de chez lui et de prendre des mesures d’éloignement, a-t-elle indiqué, en regrettant que ce système ne soit pas assez utilisé.  Les hommes et les garçons doivent devenir des agents du changement car ils ont une responsabilité dans ce domaine, a estimé la représentante.  Il faut accuser les auteurs des violences et non pas les victimes des actes de violence, a-t-elle insisté, en dénonçant l’impunité dans ce domaine. 

Mme Gunnarsdóttir s’est aussi dite très préoccupée par la violence à l’encontre des femmes et des filles dans des situations de conflit, comme en République démocratique du Congo et en Syrie.  Elle a appelé à la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité.  L’Islande, a-t-elle assuré, a axé ses efforts sur l’éducation sexuelle de manière globale et l’autonomisation des jeunes.  Une campagne a été lancée dans les écoles pour mettre en pratique le droit des jeunes de décider librement des questions concernant leur santé sexuelle et génésique.  Elle a cependant déploré une violence accrue des jeunes par le biais d’Internet à laquelle le Gouvernement tente de répondre en se réservant la possibilité de restreindre la diffusion en ligne d’une pornographie humiliante. 

Mme IRINA VELICHKO (Bélarus) a mis l’accent sur la traite des femmes, en dénonçant les mesures administratives qui l’encouragent dans certains pays.   Elle a rappelé que 75% des victimes de ces trafics dans le monde étaient des femmes et des filles.  ONU-Femmes et les ONG internationales et nationales doivent axer davantage leurs efforts à la lutte contre la traite des femmes et des filles, a estimé la représentante.  Le Bélarus, a-t-elle indiqué, a intégré cette question dans son nouveau plan national.  Rappelant qu’une réunion sur la traite des personnes aura lieu, le 13 mai prochain, au Siège des Nations Unies, la représentante a émis l’espoir que ce sera une occasion pour ONU-Femmes et pour tous ceux qui œuvrent pour la promotion de la condition de la femme de s’engager encore plus en faveur de la lutte contre la traite des femmes.

M. JOSEPH GODDARD (Barbade) a assuré que son gouvernement avait fait de l’autonomisation des femmes une priorité.  Il a indiqué que la Barbade révisait actuellement sa loi sur la violence conjugale en vue d’y intégrer de nouvelles mesures sur la protection des femmes.  L’institution nationale chargée des questions de l’égalité entre les hommes et les femmes travaille sur l’élaboration d’un protocole d’intervention en cas de violence conjugale, a-t-il aussi indiqué.  « La violence à l’encontre des femmes et des filles ne sera pas tolérée et il n’y aura pas d’impunité pour les auteurs de cette violence », est le message clair adressé par le Gouvernement de la Barbade, a assuré le représentant.  Reconnaissant aussi la contribution importante de la société civile dans ce domaine, il a parlé d’une manifestation, organisée chaque année, pour sensibiliser sur ces questions.  Il a aussi mentionné la campagne « Ruban blanc » qui permet aux femmes et aux hommes de s’élever publiquement contre la violence à l’encontre des femmes et des filles.  En outre, un centre d’accueil qui fournit un soutien psychosocial aux victimes de cette violence a été créé.

M. EDUARDO ULIBARRI (Costa Rica) a souhaité qu’au terme de ce débat, la Commission de la condition de la femme soit en mesure d’adopter une résolution qui appelle au renforcement des droits des femmes.  « Nous devons lancer, en 2014, une réflexion sur les défis restant à relever en matière de violence à l’encontre des femmes tant dans un lieu public qu’à la maison », a-t-il proposé.  Le Costa Rica a déployé une série de mesures pour la promotion de la femme, notamment en matière de prévention, de prise en charge, d’éducation et de formation.  Le Costa Rica a connu une nette diminution des « féminicides » au cours de ces dernières années, a-t-il indiqué mais les violences sur les femmes liées aux trafics de drogue restent critiques et sont devenues la principale cause de détention des femmes dans le pays, a révélé M. Ulibarri.

M. KYAW TIN (Myanmar) a assuré que les femmes jouissaient d’une égalité de droit et de fait dans son pays.  Au cours du processus de transition vers une démocratie pacifique, le Gouvernement a pris des mesures visant à mieux protéger les femmes, a-t-il indiqué.  Le Gouvernement a redoublé d’efforts pour lutter contre la discrimination et la violence à l’encontre des femmes en mettant en œuvre les dispositions de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.  Il se prépare par ailleurs à présenter les quatrième et cinquième rapports périodiques en application de cette Convention, a fait remarquer le représentant.  M. Tin a assuré que son pays œuvrait pour mettre fin aux inégalités qui existent entre les hommes et les femmes.  La meilleure façon de garantir la protection des femmes et des enfants dans les conflits armés est de mettre un terme au conflit, a-t-il fait remarquer, en donnant l’exemple de son pays qui a mis fin au conflit avec presque tous les groupes armés.  Le Myanmar collabore avec les pays voisins pour mettre un terme à l’exploitation sexuelle.  Le représentant a aussi parlé d’une loi et du plan d’action triennal que son pays a adoptés pour lutter contre la traite des personnes.

M. HAMID AL BAYATI (Iraq) a expliqué que les quatre dernières décennies de guerre, de violence, de terrorisme et de sanctions économiques en Iraq avaient donné lieu à une flambée de la violence dont sont également victimes les femmes, notamment dans la région du Kurdistan.  La nouvelle Constitution iraquienne, en vertu de son article 29, garantit la protection de la famille, y compris la protection contre la violence.  Les dispositions de l’article 29, a-t-il précisé, constituent une base juridique pour la protection de la maternité, de l’enfance, des personnes âgées et des jeunes. 

En 2009, le Comité de protection de la famille a été mis en place, présidé par le Ministère d’État pour les questions relatives à la femme, a rappelé le représentant, en faisant remarquer que 16 institutions provinciales chargées de la protection de la famille relèvent du Ministère de l’intérieur.  De son côté, le Ministère de la femme a présenté au Parlement un projet de loi sur la protection des femmes contre toute forme de violence ainsi que des propositions d’amendements du Code pénal iraquien, a assuré M. Al Bayati.  En ce qui concerne le Kurdistan, le représentant a affirmé que des institutions avaient été mises en place pour combattre la violence à l’encontre des femmes comme le Haut Conseil pour les affaires de la femme et le Conseil de suivi des droits de la femme.

« Nous devons porter un regard juste, égalitaire, tolérant et respectueux, empreint de notre détermination à adopter et appliquer une politique de tolérance zéro à l’égard de toutes les formes de violence faite aux femmes et aux filles, y compris celles exercées en temps de crise ou de conflit comme arme de guerre », a souligné Mme ISABELLE PICCO (Monaco).  C’est ainsi que le Gouvernement de Monaco adhère au Plan d’action francophone, qui traduit l’engagement ferme des pays membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) auprès d’ONU-Femmes, a-t-elle précisé. 

Mme Picco a fait remarquer que les chefs d’État et de gouvernement de l’OIF, réunis à Kinshasa en octobre dernier, avaient réaffirmé et renforcé leur volonté de parvenir à la pleine et égale participation des femmes à la vie politique, économique, sociale et culturelle des États, notamment par le biais de l’égalité d’accès à l’éducation et à l’emploi.  « L’éducation et l’emploi sont des moyens essentiels pour que nous parvenions ensemble à définir une approche globale et systématique de lutte contre toute violence sexiste », a-t-elle insisté.  Elle a également mis l’accent sur la nécessité de promouvoir la prévention, la sensibilisation et la mobilisation de tous, en particulier des hommes, des jeunes garçons et des chefs religieux.

M. PALITHA T.B. KOHONA (Sri Lanka) a rappelé la prévalence des violences à l’encontre des femmes au niveau mondial.  Au Sri Lanka, les femmes ont obtenu leurs droits politiques depuis 1935.  La vie des femmes a connu, au cours des décennies qui ont suivi, d’importants changements en matière d’éducation, de santé et d’infrastructures.  L’espérance de vie des femmes est maintenant de 96 ans et celle des hommes de 77 ans.  Les femmes représentent la majorité du personnel des services de santé et hospitaliers.  En milieu rural, elles bénéficient de nombreuses mesures qui les aident à bien mener leurs activités économiques.  Des coordonnateurs ont été placés dans tous les ministères pour veiller au respect de la parité.  Le Sri Lanka, conscient de la protection dont ont besoin les femmes et les filles après la guerre, a développé une série de mesures pour qu’elles retrouvent une vie normale le plus tôt possible. 

M. PETER WITTIG (Allemagne) a souligné que la violence à l’encontre des femmes ne pouvait être éliminée qu’à long terme.  L’Allemagne a choisi de suivre une approche axée sur les droits de l’homme qui comprend les droits à la santé et l’égalité d’accès aux soins de santé.  Il a indiqué que l’Allemagne a été un des premiers États à signer, en mai 2011, la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’encontre des femmes et la violence domestique.  En août 2012, l’Allemagne a publié son premier rapport sur l’appui aux femmes affectées par la violence et leurs enfants.  Le représentant a aussi mentionné le plan d’action national de son pays sur la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité.  Il a aussi fait part de la mise en place d’une ligne téléphonique qui permet aux femmes victimes de cette violence d’obtenir des conseils.  Il est très important que les Nations Unies continuent à agir contre la violence à l’encontre des femmes et des filles, a-t-il insisté, en appuyant pleinement la campagne du Secrétaire général « Tous unis pour mettre fin à la violence à l’encontre des femmes ».  Il a enfin espéré que la Commission de la condition de la femme adopterait un document final « puissant » sur le thème prioritaire de la prévention de la violence à l’encontre des femmes et des filles.

M. RON PROSOR (Israël) a déclaré qu’une société qui ne donne pas de place aux femmes était appelée à s’effondrer.  Une communauté qui n’est pas sûre pour une femme n’est sûre pour personne, a-t-il fait remarquer.  C’est pourquoi, nous devons aider toutes les femmes à pouvoir jouer de la musique et à danser, a insisté le représentant d’Israël qui a assuré qu’Israël avait, depuis longtemps, créé des centres pour accueillir les femmes victimes d’actes de violence.  Les programmes de formation et de sensibilisation aux droits des femmes doivent commencer dès la classe de la maternelle pour mettre un terme aux violences dont elles sont victimes.  M. Prosor a assuré que dans son pays, les hommes jouaient un rôle crucial dans la lutte contre la violence à l’encontre des femmes.  Il a indiqué que l’Agence israélienne de coopération et de développement international avait organisé des cours sur la violence à l’encontre des femmes, qui avaient été dispensés par 120 professionnels dans 25 différents pays.  Des cours d’autonomisation ont aussi été organisés en Afrique et en Amérique latine, a-t-il ajouté avant de conclure. 

M. JOSÉ LUIS CANCELA (Uruguay) a souhaité que la Commission de la condition de la femme arrive à adopter des conclusions importantes à l’issue de sa cinquante-septième session.  Il a réaffirmé les engagements pris par son pays en matière de lutte contre la violence à l’encontre des femmes et des filles.  Il a mentionné les différentes lois adoptées pour la combattre, notamment celles sur la violence sexuelle, la violence faite aux femmes et aux filles handicapées.  L’Uruguay s’est également doté d’un Code de l’enfance et de l’adolescence ainsi que de lois sur l’atteinte à la pudeur en cas d’enlèvement, sur les crimes sexuels en cas de génocide, sur le harcèlement sexuel sur le lieu de travail et le lieu d’enseignement. 

Le représentant a aussi mentionné le système de formation et d’information des fonctionnaires pour les sensibiliser à ces questions.  Il a expliqué que, grâce à un programme décentralisé, les dispositifs d’intervention pour répondre à la violence à l’encontre des femmes sont disséminés sur tout le territoire.  M. Cancela a également parlé d’un service de prise en charge téléphonique des femmes victimes de violence, ainsi que de la prise en charge des femmes handicapées, des lesbiennes et des femmes transexuelles.  La loi de 2012 a légalisé l’avortement, afin que cette pratique soit assurée en toute sécurité.  En outre, des services spécialisés ont été créés pour prévenir la violence familiale.  Avant de conclure, le représentant a reconnu que la société civile dans son pays jouait un rôle clef dans ce domaine, notamment pour le suivi de la mise en œuvre des textes pertinents.

M. ANTÓNIO GUMENDE (Mozambique) a indiqué que son gouvernement avait adopté sa politique sur la promotion de la condition de la femme, sur la base des instruments de l’arsenal juridique international.  À ce jour, 40% des membres du Parlement sont des femmes.  En 2015, leur représentation atteindra 50%, a-t-il fait remarquer.  Des portefeuilles ministériels importants sont tenus par des femmes, notamment les ressources minières.  Au Mozambique, le VIH/sida et les violences sexistes posent toujours des menaces sérieuses pour les femmes.  À cet égard, le représentant a cité le plan d’action multisectoriel sur le VIH/sida, pour la période 2011-2015, que son gouvernement a adopté pour prévenir la discrimination et la stigmatisation des femmes qui en sont touchées.   

M. HUSSEIN HANIFF (Malaisie) a rappelé le profond changement qu’a connu la condition de la femme en Malaisie depuis son indépendance en 1957, ainsi que l’engagement de son gouvernement à combattre la violence contre les femmes et les filles.  La Malaisie a adopté une série de mesures, et continuera à œuvrer dans cette voie, pour promouvoir la condition de la femme, son développement et sa participation active à la société, a-t-il indiqué.  Ces mesures se traduisent notamment par un meilleur accès à l’éducation et aux opportunités de travail qui ont fait des Malaisiennes de véritables partenaires du développement national à l’horizon 2020, a précisé le représentant.  Après avoir ratifié les instruments juridiques internationaux et régionaux dans ce domaine, la Malaisie s’est engagée dans un processus d’harmonisation de ces instruments avec ses cadres juridique et politique et ses programmes nationaux.  À titre d’exemple, le représentant a rappelé que la lutte contre la violence à l’encontre des femmes était l’un des 13 domaines prioritaires du programme d’action national pour la promotion de la condition de la femme. 

Le représentant a également souligné les amendements du Code pénal qui se basent sur une interprétation plus large du viol et des peines plus sévères contre les responsables des actes de violence.  Il a ensuite passé en revue les actions de prévention menées par son gouvernement comme la mise en place de centres de crise dans les hôpitaux publics ou encore d’une ligne d’appels gratuite pour l’assistance aux victimes de violence domestique, ainsi que les différentes campagnes de sensibilisation du grand public sur les droits des femmes en cas de problèmes matrimoniaux, de divorce, d’allocations, de harcèlement sexuel, de viol ou d’exploitation et de traite.

M. ROBERT G. AISI (Papouasie-Nouvelle-Guinée) a fait remarquer qu’aucun pays, ni aucune ville dans le monde n’était épargné par le phénomène de la violence contre les femmes sous toutes ses formes et par le harcèlement sexuel.  À l’instar d’autres délégations, il a estimé que des actions internationales et nationales décisives s’imposaient pour venir à bout de la violence à l’encontre des femmes et des filles et que l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes restaient des priorités dans l’Agenda pour le développement post-2015.  En Papouasie-Nouvelle-Guinée, les femmes représentent environ 50% d’une population totale de sept millions de personnes caractérisée par son manque d’homogénéité, ses 800 langues locales et ses traditions multiples.  Compte tenu de cette diversité, il n’est pas facile de traduire les exigences d’une communauté mondiale dans la vie quotidienne, ce qui se traduit notamment par une augmentation de la violence domestique, des obstacles au développement politique et économique des femmes, le harcèlement sexuel ou encore la polygamie, a expliqué le représentant.  Selon une étude récente, près des deux tiers des femmes en Papouasie-Nouvelle-Guinée sont victimes de violences domestiques.  Évoquant le cas récent de la jeune mère qui avait été brulée vivante selon des rites de sorcellerie, le représentant a affirmé que la police avait arrêté certains des responsables qui seront traduits en justice et que de tels actes de sorcellerie seront désormais sanctionnés par la nouvelle loi pénale. 

Le Gouvernement de la Papouasie-Nouvelle-Guinée prend la mesure de la lutte contre toute forme de violence à l’encontre des femmes, tout en reconnaissant qu’il s’agit d’un processus de longue durée exigeant un engagement constant, des ressources, des efforts concertés et une volonté politique.  À ce stade, certaines décisions clefs ont été prises comme la politique de tolérance zéro de la violence prévue dans le plan de développement pour la période 2011-2015, ou encore les objectifs ambitieux de la Stratégie nationale de santé pour la période 2011-2020, qui définit les mesures à prendre pour éliminer la violence basée sur le genre et réduire l’impact du VIH/sida sur les femmes victimes de violences sexuelles, a indiqué le représentant.  M. Aisi a également cité la loi sur la protection familiale qui va criminaliser la violence domestique, ainsi que la coopération et les partenariats bilatéraux et multilatéraux dans ce domaine. 

M. VLADIMIR LUPAN (République de Moldova) a énuméré les mesures prises par son gouvernement et par la société civile de son pays, qui étaient à l’origine des résultats obtenus en matière de lutte contre la violence à l’encontre des femmes en République de Moldova et qui avaient été salués par la communauté internationale.  Les violences faites aux femmes vont de pair avec un mauvais fonctionnement du secteur de la justice et l’absence d’état de droit, a-t-il fait remarquer.  « La République de Moldavie est le premier pays de sa région à donner un rôle au secteur de la justice dans la lutte contre la violence à l’encontre des femmes », a-t-il dit.  Le Gouvernement a aussi créé des centres pour les auteurs d’actes de violence ainsi qu’un système de protection des victimes, notamment les victimes de la traite des personnes, a assuré le représentant.  En matière de lutte contre la traite, notre pays est passé de la catégorie 3 à la catégorie 2, selon un rapport du Département d’État des États-Unis, s’est-il réjoui.

M. JORGE VALERO BRICEÑO (Venezuela) a rappelé le décès du Président Hugo Chávez Frías, « leader mondial de la lutte pour la justice et défenseur par excellence des droits de l’homme », qui avait déclaré qu’il était « un promoteur de la condition de la femme » et qu’il se battait pour que toutes les femmes vénézuéliennes prennent la place qu’elles méritent dans l’édification d’un État socialiste.  Le socialisme du XXIe siècle a en effet une dimension féministe, a assuré le représentant, en précisant que l’égalité entre les sexes faisait partie intégrante des transformations démocratiques.  Il a démontré que le Président Chávez avait créé des conditions favorables à la réalisation de cette égalité en présentant les diverses lois qui ont été adoptées à ce sujet.  Il a cité la loi sur la paternité et la maternité responsables, la loi sur l’allaitement, ainsi que la loi qui a créé les comités d’égalité entre les hommes et les femmes.  Il a aussi énuméré les institutions qui s’occupent de ces questions, comme le Ministère du pouvoir populaire pour les femmes, l’Institut national des femmes, la Banque de développement pour les femmes, le service national des droits de la femme, ainsi que les tribunaux spécialisés pour connaître des droits de la femme.  Des bureaux et des lignes téléphoniques d’aide aux victimes ont aussi été mis en place.  Actuellement, 50% des postes de la fonction publique sont occupés par des femmes, s’est félicité M. Valero Briceño, avant d’ajouter que les conseils communaux comptaient même 60% de femmes. 

M. GAREN A. NAZARIAN (Arménie) a souligné le lien entre l’objectif d’atteindre l’égalité entre les hommes et les femmes et la mise en œuvre des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).  Les violences faites aux femmes persistent dans de nombreuses régions du monde, a-t-il regretté.  L’Arménie a une longue expérience en matière d’accueil des femmes, victimes de la violence.  Elle a ainsi accueilli des femmes réfugiées dans le pays, à la suite du conflit dans le Nagorny Karabach, a-t-il précisé.  L’Arménie insiste sur la nécessité de tenir responsables les auteurs de ces actes de violence.    

M. ARAYA DESTA (Érythrée) a estimé que les discussions sur la prévention de la violence à l’encontre des femmes et des filles, au cours de la présente session de la Commission de la femme, ont été fructueuses.  Il a espéré qu’elles permettraient d’adopter un document par consensus.  Il a souligné l’importance de la participation active des femmes à la lutte de 30 ans pour l’indépendance dans son pays, ce qui a contribué à transformer la place qu’elles occupent dans la société.  Le viol est désormais punissable d’une peine d’emprisonnement de 15 ans maximum, a fait remarquer le représentant, avant d’indiquer que la législation érythréenne interdisait le mariage des mineurs, de même que les mutilations génitales féminines. 

La traite des personnes est également une question prioritaire en Érythrée, a-t-il assuré.  Le représentant a fait remarquer que l’autonomisation économique et politique était une des mesures de prévention permettant de réduire les risques de violence à l’encontre des femmes.  Dans cette optique, les dispositions législatives érythréennes garantissent l’égalité de salaire entre les femmes et les hommes, ainsi qu’un accès égal des filles et des femmes à l’éducation.  La participation des familles et des communautés est essentielle, a-t-il dit, en soulignant la nécessité de sensibiliser le public.

M. TALAIBEK KYDYROV (Kirghizistan)a expliqué que la Stratégie nationale pour le développement durable de son pays, qui couvre la période 2013-2017, permettra d’adopter des mesures pour réduire le nombre de mariages précoces, ainsi que les cas de violence faite aux femmes, tout en promouvant, entre autres, la création de « traditions positives » et l’appui aux familles.  Il a également mis l’accent sur le Plan national d’action pour l’égalité entre les sexes, pour la période 2012-2014, ainsi que la création de la Stratégie nationale pour l’égalité entre les sexes en vigueur jusqu’en 2020. 

M. Kydyrov a aussi indiqué que des amendements notables avaient été apportés à la législation nationale en 2012 dans le but de renforcer les mesures répressives contre tout mariage forcé, en particulier avec une mineure de moins de 16 ans.  Des mesures ont également été adoptées pour améliorer les services de prévention de la violence domestique, a-t-il indiqué.  Le représentant a ensuite rappelé la présentation, en 2012, devant le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, du quatrième rapport périodique du Kirghizistan.  Il a précisé que cela avait été possible grâce à l’efficacité du bureau d’ONU-Femmes, qui a été créé dans le pays en 2012.

M. CHRISTOPHER GRIMA (Malte) a indiqué que son gouvernement avait renforcé la prévention contre la violence à l’encontre des femmes et des filles, notamment grâce à la loi sur la violence dans les familles et la loi sur l’égalité homme-femme.  En outre, la Commission sur la violence domestique a été créée pour offrir des services aux victimes et aux coupables, ainsi qu’une formation aux professionnels travaillant dans ce domaine.  Le 21 mai 2012, Malte avait signé la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’encontre des femmes et la violence domestique, plus connue sous le nom de « Convention d’Istanbul », et s’attèle maintenant à la ratifier.  Le représentant a aussi mentionné la création d’un comité interministériel sur la criminalité et la prévention de la violence.  En outre, des centres d’accueil permettent d’offrir aux femmes et à leurs enfants victimes de violence de trouver, temporairement, un endroit sûr. 

Le système sanitaire prévoit des soins gratuits et spécialisés aux victimes de cette violence, a ajouté M. Grima.  Il a assuré que son pays était très engagé à mettre en œuvre les textes issus de la Conférence du Caire de 1994, le Programme d’action de Beijing et la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.  Il a toutefois précisé que toute discussion ou référence au droit de la reproduction ne devrait se faire en dehors du cadre du droit à la vie, qui est le droit le plus fondamental.  La législation maltaise qualifie d’illégal l’avortement comme moyen contraceptif, a-t-il indiqué.  Le représentant a insisté, avant de conclure, sur la nécessité de continuer à lutter contre le harcèlement dont sont la cible les femmes et les filles.

M. MOHAMED KHALED KHIARI (Tunisie) a souligné la nécessité de libérer la femme de toute peur et affirmé que c’était là l’un des objectifs de la « révolution tunisienne ».  C’est une responsabilité collective qui exige la vigilance de la société civile, du Gouvernement et des médias, a-t-il indiqué.  Le Gouvernement tunisien a la volonté politique de promouvoir une culture de tolérance, a-t-il assuré.  Le représentant a ensuite indiqué qu’une stratégie nationale avait été adoptée pour prévenir les comportements violents au sein des familles.  Cette stratégie insiste sur le problème de la violence sexiste, ainsi que sur l’octroi de soins physiques et psychologiques aux victimes, a précisé le représentant.  M. Khiari a par ailleurs appelé la communauté internationale à agir de manière décisive pour mettre un terme aux violations des droits de l’homme des femmes palestiniennes incarcérées dans des prisons israéliennes.

Mme MATHURINE BERTILLE FELICITÉ DOUDY, Directrice de la coopération au Ministère de la promotion de la femme et de l’intégration de la femme au développement de la République du Congo, a indiqué que, dans son pays, les études menées au cours des cinq dernières années révèlent l’ampleur du phénomène tant en milieu rural qu’en zone urbaine.  Elle a précisé que les violences subies par les Congolaises sont de nature physique, psychologique, sexuelle, verbale et économique.  Ainsi, 61% des jeunes filles sont victimes de harcèlement sexuel dans les établissements d’enseignement supérieur, 37% ont eu des rapports sexuels forcés et 3% ont subi le viol.  Une des conséquences de ces violences est que 29% des victimes abandonnent leurs études, a regretté la Ministre. 

Dans le cadre du suivi de la Conférence de Beijing et de son Programme d’action, le Gouvernement du Congo a lancé plusieurs activités comme la formation et l’information de toutes les couches de la société, l’autonomisation des femmes par l’appui aux activités génératrices de revenus pour le renforcement de leurs capacités, ainsi que l’élaboration d’un projet de loi sur les violences sexuelles.  Des propositions ont aussi été faites en vue de réviser les dispositions discriminatoires de certaines lois, comme le Code de la famille, a assuré Mme Doudy.

Pour M. YURIY SERGEYEV, (Ukraine), la violence à l’encontre des femmes et la violence domestique ne devraient pas être considérées comme des questions d’ordre privé dans la mesure où elles constituent une atteinte aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales.  L’Ukraine a incorporé les dispositions de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes dans son droit interne, notamment à travers la loi sur la prévention de la violence domestique et celle sur le travail social avec des familles, des enfants et des jeunes.  Le représentant a précisé que dans la législation ukrainienne, la notion de « discrimination basée sur le genre » équivaut à la « discrimination contre les femmes » telle que définie dans la Convention et couvre à la fois la discrimination directe et indirecte.

En interdisant ces deux types de discrimination, l’État assure la promotion de l’égalité entre les sexes, a précisé le représentant.  Il a également rappelé le rôle fondamental que jouent les ONG ukrainiennes, financées par des donateurs internationaux, dans la promotion des meilleures pratiques dans la lutte contre la violence.  À cet égard, il a mentionné les centres d’accueil pour victimes, le travail avec ceux qui commettent des actes de violence ainsi que les numéros rouges SOS pour victimes d’abus, de viols et de traite des personnes qui existent désormais en Ukraine.

M. IBRAHIM O. A. DABBASHI (Libye) a déclaré que la violence à l’encontre des femmes était la conséquence du fait qu’on ne s’en tient pas aux normes morales dans les différentes sphères de la vie.  Il a réaffirmé l’engagement de la Libye en faveur de la mise en œuvre des instruments internationaux sur la question, condamnant ainsi toutes les formes de violence à l’encontre des femmes et des filles.  Il a déploré que des dizaines de femmes et de filles libyennes aient été victimes de viols et violences systématiques par les hommes de main de Qadhafi au cours de la révolution de 2011.  Le Ministère libyen des affaires sociales a mis en place des programmes de réhabilitation sociale et psychologique pour ces femmes, a-t-il assuré. 

En ce qui concerne la violence domestique, le représentant a estimé qu’en Libye, cette forme de violence restait limitée à des cas individuels qui sont traités par les tribunaux.  La Libye refuse de lier la violence à l’encontre des femmes à toute tradition sociale ou préceptes religieux, a déclaré le représentant.  Il a défini la violence à l’encontre des femmes comme une « activité immorale commise par un homme contre une femme », mais qui n’est pas la manifestation d’une culture et d’une religion, a-t-il insisté.  Sa délégation ne peut appuyer, au cours de la présente session de la Commission de la condition de la femme, la formulation de principes qui, a-t-il prévenu, ne pourraient faire l’objet d’un accord et qui sont contraires aux préceptes de l’Islam.

Mme TERESA MORAIS (Portugal) a indiqué la lutte contre la violence sexuelle figure au centre du Programme gouvernemental pour l’égalité entre les sexes.  Aussi, le Plan contre la violence domestique en est à sa quatrième édition et le Plan contre le trafic des êtres humains, à sa deuxième, tout comme le Programme sur l’élimination des mutilations génitales.  L’année dernière, le pays a investi, en particulier, dans la prévention de la violence domestique et la protection des victimes.  Par exemple, pour aider les femmes qui ne peuvent rentrer chez elles, le Gouvernement a établi des partenariats avec les mairies pour ouvrir l’accès de ces femmes à des logements à loyer modéré.  En ces temps de crise économique, le Portugal prête aussi une attention particulière à l’accès des femmes victimes de violence domestique à l’emploi.  Des points focaux et des centres de formation se sont multipliés dans le pays, a affirmé la représentante.  

Mme JOY NGOZI EZEILO, Rapporteure spéciale sur la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants, a dénoncé la traite des personnes qui fait des femmes et des filles des esclaves domestiques.  La traite est directement liée à la violence dont elles sont la cible et résulte souvent des causes de cette violence, comme la pauvreté et la discrimination sexiste.  La traite, a estimé la Rapporteure spéciale, est utilisée pour intimider les victimes et les soumettre à des abus sexuels et psychologiques.  On rencontre des difficultés au niveau des pays pour lutter efficacement contre la traite en tant que violence à l’encontre des femmes, a-t-elle noté.  Soulignant les causes premières de la violence à l’encontre des femmes, elle a fait observer que pauvreté et violence se renforçaient mutuellement.  Pendant longtemps, la lutte contre la violence sexiste n’a donné aucun résultat significatif, a-t-elle regretté.  En tant que Rapporteure spéciale sur cette question, a rappelé Mme Ngozi Ezeilo, elle a pour rôle de promouvoir un cadre basé sur la protection, la poursuite en justice, la peine, la prévention et la promotion de la coopération internationale –les « cinq P »-, le recours, le rétablissement et la réintégration –les « trois R »- et les capacités, la coordination et la coopération ou les « trois C ».

Dans ses rapports à l’Assemblée générale, Mme Ngozi Ezeilo a examiné les différentes mesures de prévention dans le cas de la traite des êtres humains, comme la lutte contre les causes premières de la traite, la lutte contre la demande, ainsi que la promotion d’une migration sûre.  La lutte contre la pauvreté et la discrimination sexiste est fondamentale comme moyen de prévention, a-t-elle estimé, en ajoutant que la traite résulte du manque de protection des droits fondamentaux.  Elle a estimé que la poursuite des efforts dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) qui traitent des aspects de la pauvreté contribuait à la lutte contre la traite des êtres humains.  En promouvant l’autonomisation des femmes, les OMD contribuent aussi à la lutte contre la demande de la traite.  La Rapporteure spéciale a insisté sur la sensibilisation du public comme moyen de prévention et sur la participation des victimes de la traite à l’élaboration de mesures de prévention de ce fléau.  Elle a aussi demandé de renforcer le droit à réparation des victimes. 

Mme FRANCES RADAY, Vice-Présidente du Groupe de travail sur la discrimination à l’égard des femmes dans le droit et dans la pratique, a affirmé que l’élimination de la violence faite aux femmes dans la sphère publique était une condition préalable essentielle pour assurer leur accès équitable aux sphères politique et économique ainsi que leur participation sur un pied d’égalité au processus de prise de décisions.  Elle a fait savoir que le Groupe de travail présentera, en 2013, son premier rapport thématique au Conseil des droits de l’homme, lequel portera sur la vie publique et politique et accordera une attention particulière aux situations de transitions politiques.  Mme Raday a fait observer que les femmes sont souvent sujettes à des actes de violence dans les sphères politique et publique car, a-t-elle affirmé, elles menacent les structures de pouvoir masculines existantes.  La Vice-Présidente a notamment évoqué les abus dont sont victimes, dans certaines régions, les femmes candidates, les dirigeants politiques ou les défenseurs des droits de l’homme.  Elle a également fait observer que la violence contre les femmes militantes s’était particulièrement fait ressentir lors de la transition politique dans certains pays en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.  Bien qu’elles aient été reconnues comme des acteurs clefs de ces révolutions non violentes, les femmes de ces régions ont souvent fait l’objet d’actes de violence commis par des acteurs étatiques et non étatiques, a-t-elle déploré.

Mme Raday s’est ensuite félicitée de ce que la législation dans les pays d’Amérique latine interdise le harcèlement et la violence à l’encontre des femmes candidates et les pressions exercées à l’encontre de leur famille.  Elle a également salué l’inclusion dans la nouvelle constitution de certains pays d’Afrique de clauses spécifiques sur la violence à l’encontre des femmes.

La Vice-Présidente du Groupe de travail a également invité la Commission de la condition de la femme à mettre l’accent sur l’obligation des États de prévenir, d’enquêter et de traduire en justice les auteurs de violences commises à l’encontre des femmes exerçant des activités politiques ou publiques.  La capacité des femmes à participer au processus de prise de décisions politiques est essentielle aussi bien pour l’égalité des chances que pour l’épanouissement des peuples, a-t-elle notamment souligné.

Mme Raday a ensuite fait observer que si les technologies de l’information et de la communication avaient permis d’ouvrir de nouveaux espaces politiques et publics, elles avaient cependant contribué à encourager le harcèlement, la violence, voire même les meurtres de femmes. C’est pourquoi, elle a appelé les États et les institutions intergouvernementales à prendre des mesures pour répondre à la violence faite aux femmes par l’entremise de moyens techniques.  La Vice-Présidente a indiqué que le Groupe de travail présentera son deuxième rapport périodique au Conseil des droits de l’homme en juin 2014.  Ce document, qui portera sur la vie sociale et économique des femmes, mettra l’accent sur le harcèlement sur le lieu du travail, et au sein des institutions d’éducation, ainsi que sur la prostitution et les droits successoraux des femmes et des filles, a-t-elle précisé.

Dialogue avec les délégations

À la suite de ces interventions, la représentante de l’Union européenne a reconnu que la violence et la discrimination à l’encontre des femmes constituaient les causes principales de la traite.  La Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne interdit la traite, a-t-elle indiqué, en ajoutant qu’un poste de coordonnateur sur cette question avait été récemment créé.  Elle a demandé aux expertes de présenter des exemples de lois qui avaient été appliquées et de lacunes constatées.

Répondant à cette question, la Rapporteure spéciale sur la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants, a indiqué qu’elle avait préparé un rapport sur le « droit au recours utile » devant être présenté au Conseil des droits de l’homme.  Elle a relevé, à cet égard, les difficultés que rencontrent les victimes de la traite à obtenir réparation pour le préjudice subi, en expliquant que pour ce faire, elles doivent par exemple séjourner dans le pays où l’acte a été commis pendant la période nécessaire à la suite qui sera donnée à la procédure engagée.  Lorsque des mineures sont impliquées, il faut agir dans l’intérêt de l’enfant, a-t-elle ajouté.

Il nous faut éliminer les causes premières de cette forme de violence, a lancé à son tour la représentante de la Chine dont le pays a adopté une loi sur cette question.  Nous avons aussi une entité chargée de ce problème composée de 26 représentants d’instances du Gouvernement, a-t-elle ajouté.  La Rapporteure spéciale sur la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants, a indiqué qu’elle avait exprimé son intention d’effectuer une mission en Chine qui est à la fois un pays d’origine et de destination.  « Nous sommes ici pour suggérer des améliorations dans le cadre de lutte contre la traite des êtres humains », a-t-elle expliqué.

La Vice-Présidente du Groupe de travail sur la discrimination à l’égard des femmes dans le droit et dans la pratique a, pour sa part, invité à ne pas sous-estimer le rôle des pays de destination et de résidence.  Ces pays doivent assumer leurs responsabilités jusqu’à ce que les femmes puissent rentrer en toute sécurité dans leur pays d’origine.  Elle a appelé les États à prendre des mesures fermes pour enquêter et sanctionner ceux qui sont à l’origine de la traite.

Au nom du Groupe d’amis unis contre la traite des êtres humains et au nom de son pays, la représentante du Bélarus a remercié les expertes pour leurs efforts dans ce domaine.  Elle a rappelé que l’Assemblée générale organisera, le 13 mai 2013, une réunion de haut niveau sur la traite des êtres humains.  Elle a aussi soulevé le problème du trafic d’organes et de parties du corps, qui est une nouvelle facette de la traite.  Comment protéger les victimes contre ces pratiques? a-t-elle demandé.  La Rapporteure spéciale sur la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants, a reconnu que ce phénomène prenait de l’ampleur et a appelé à y réagir.

Reprise du débat général

Mme MANANA KOBAKHIDZE (Géorgie) a affirmé que son gouvernement avait réalisé de nombreux progrès en matière de lutte contre la violence faite aux femmes, et qu’il s’était par ailleurs engagé à ratifier la Convention d’Istanbul « le plus rapidement possible ».  Des initiatives ont d’ors et déjà été lancées en matière d’octroi de services et un centre d’appel est en cours de construction dans la région ouest du pays avec l’appui d’ONU-Femmes, a-t-elle indiqué.  La représentante a aussi insisté sur la nécessité d’assurer un suivi parlementaire afin de veiller à ce que les fonds affectés soient effectivement utilisés pour financer la lutte contre la violence faite aux femmes.  En outre, la mise en place prochaine, en Géorgie, de mécanismes de saisine qui seront utiles pour les femmes victimes de violence en temps de conflit, a par ailleurs indiqué Mme Kobakhidze.

Mme KHANGEZIWE MABUZA (Swaziland) a passé en revue les progrès réalisés dans son pays en termes de prévention et de lutte contre la violence à l’encontre des femmes, en particulier la violence domestique.  Elle a rappelé que, selon une étude récente, une femme sur cinq, âgée entre 15 et 49 ans, est battue par son partenaire, alors qu’un homme seulement sur 200 fait l’objet du même type de violence.  Pour la représentante, il existe un lien incontestable entre, d’une part, la violence basée sur le genre et la santé reproductive, la transmission du virus du VIH/sida et, d’autre part, la pauvreté.  « Nous sommes conscients que le pouvoir de prise de décisions d’une femme qui vit dans une relation abusive est limité et cela a des conséquences graves tant sociales, économiques que démographiques » a-t-elle déclaré. 

Pour combattre la violence à l’encontre des femmes, le Swaziland a adopté un ensemble de lois dont celle sur la protection et le bien-être de l’enfant et la loi sur la protection des femmes et des filles.  Par ailleurs, deux projets de loi sur les violences domestiques et sexuelles et sur les « pouvoirs dans le cadre du mariage » sont actuellement examinés par le Parlement.  Au plan institutionnel la représentante a notamment mentionné la mise en place d’unités de protection de l’enfant dans les commissariats de police.  Son gouvernement est déterminé à lutter contre le problème de la violence et s’engage à améliorer les systèmes de collecte de données statistiques sur les violences basées sur le genre ainsi que le processus de gestion des cas de violence à l’encontre des femmes, a assuré Mme Mabuza.

Mme SHORNA-KAY RICHARDS (Jamaïque) a affirmé que son pays avait fait des progrès significatifs en termes sociaux et économiques grâce à une législation progressiste, ce qui a contribué de manière positive à l’accès des femmes à des postes de responsabilité et à leur autonomisation.  Il n’en demeure pas moins, comme dans le reste du monde, que la violence domestique reste un problème.  Avec l’élection de la première femme au poste de Premier Ministre en janvier 2012, le Gouvernement jamaïcain a réaffirmé son engagement à redoubler d’efforts pour mettre un terme à la violence contre les femmes, a rappelé la représentante.  Ainsi, la Jamaïque réaffirme ses obligations en vertu des différents instruments juridiques internationaux et régionaux en matière des droits de l’homme, y compris la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, le Programme d’action de Beijing et la Convention de Belém do Para.  Cet engagement se traduit dans les politiques nationales, comme le plan de développement « Vision 2030 » et la politique nationale pour l’égalité entre les sexes. 

La Jamaïque s’est dotée d’un plan d’action national contre la violence basée sur le genre et intensifie la collecte et le traitement de données statistiques sur cette question en vue de pouvoir en tenir compte dans la définition de ses futures politiques sociales.  Toutes les questions liées à l’égalité entre les sexes dépendent directement du Premier Ministre, a également précisé la représentante, ce qui témoigne, selon elle, de la priorité que la Jamaïque y accorde.  De plus, des actions de sensibilisation sont menées dans les écoles, les institutions responsables sont renforcées ainsi que des centres et des services d’accueil sont mis en place pour les victimes d’actes de violence sans oublier la nouvelle législation qui vient soutenir ces efforts au plan national.  Dans le cadre de ce combat pour la défense des droits des femmes et la lutte contre la violence, la Jamaïque salue le travail des ONG et de la société civile et souhaite renforcer les partenariats dans ce domaine.

M. SHIN DONG-IK (République de Corée) a déclaré que la violence à l’encontre des femmes et des filles était un des défis les plus notables de notre époque.  Il a indiqué que son gouvernement avait promulgué, en 2010, une loi sur la prévention des agressions sexuelles et la protection des victimes.  En outre, l’Assemblée nationale a amendé, l’an dernier, la loi pénale en vigueur afin que tous les cas d’agression sexuelle soient poursuivis ex officio pour prévenir toute pression sur les victimes qui les conduirait à renoncer aux poursuites.  M. Shin a également indiqué que compte tenu du taux important de récidives qui est caractéristique des « crimes sexuels », son gouvernement a renforcé les restrictions pour l’emploi des agresseurs à haut risque.  Des mesures préventives ont également été adoptées, notamment l’usage de bracelets électroniques, un suivi obligatoire suite à leur libération de prison et la castration chimique.

Le représentant a ensuite indiqué que son gouvernement accordait une attention particulière à la prévention de l’exploitation sexuelle et de la violence à l’encontre des enfants.  La loi en la matière a été renforcée pour que les auteurs de tels actes soient poursuivis même si les victimes ne déposent pas de plaintes, a-t-il précisé.  M. Shin a également évoqué l’adoption, en 2011, d’un plan pour la prévention de la violence domestique qui vise, entre autres, à renforcer la réaction des forces de l’ordre ainsi que la formation du personnel d’enquête.  Un plan d’action national pour la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité est par ailleurs en cours d’élaboration.  M. Shin a précisé que ce plan national prévoyait des mesures pour appuyer les femmes qui ont été victimes d’« esclavage sexuelle militaire » pendant la Deuxième Guerre mondiale.

M. WANG MIN (Chine) a estimé que davantage d’attention devrait être accordée à l’élimination de la pauvreté féminine et au développement des femmes et a appelé à ce que les objectifs de développement durable mettent l’accent sur l’élimination de la pauvreté chez les femmes.  Il faudrait procéder à une évaluation globale de la Déclaration de Beijing lors de son vingtième anniversaire, a-t-il insisté.  Le représentant a également souhaité le renforcement de la coordination des efforts déployés par l’ONU en matière d’élimination de la violence à l’encontre des femmes.  Il aussi engagé la communauté internationale à redoubler d’efforts pour enrayer ce fléau.  Une société qui tolère la violence contre les femmes est une société désespérée, a-t-il affirmé.

M. Wang a ensuite évoqué le lancement dans plusieurs provinces de Chine d’un nouveau cycle pour le développement des femmes.  Il a également indiqué que plusieurs lois avaient été amendées afin de criminaliser la violence faite aux femmes et d’assurer leur protection sur leur lieu de travail.

Mme SANJA ZOGRAFSKA-KRSTESKA (ex-République yougoslave de Macédoine) a expliqué que son pays soutenait des politiques orientées vers l’action, ainsi que des recommandations qui se concentrent sur les causes structurelles et les facteurs de risques de la violence à l’encontre des femmes et des filles.  Elle a également mis l’accent sur la nécessité de renforcer la mise en place et les moyens de services multisectoriels face à ce phénomène.

Son pays, a-t-elle rappelé, a été le dix-septième pays à se rallier aux engagements pris dans le cadre de la campagne « Engageons-nous contre les violences » d’ONU-Femmes.  « Mon gouvernement, a-t-elle assuré, s’est ainsi engagé à mettre en œuvre un plan stratégique de prévention de la violence domestique pour la période allant de 2012 à 2015 ».  Cette mise en œuvre est confiée à un organe national qui assure la coordination des différents acteurs de cette lutte, tels que les ministères, les députés et les organisations de la société civile, a précisé Mme Zogfraska-Krsteska. 

Le Gouvernement axera ses efforts, cette année, sur l’amélioration du cadre législatif et institutionnel, notamment en renforçant les capacités des juges et des procureurs dans les dossiers de violence domestique.

M. EVGENY ZAGAYNOV (Fédération de Russie) a engagé la Commission de la condition de la femme à élaborer un document final équilibré et exhaustif portant sur le thème prioritaire de la présente session, à savoir l’élimination et la prévention de la violence à l’encontre des femmes et des filles.  Il a également estimé qu’il incombait à chaque État d’élaborer sa politique en matière de lutte contre la violence faite aux femmes.  Le représentant a ensuite assuré que son gouvernement prenait en considération les recommandations du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes lors de l’élaboration de ses politiques. 

Le représentant a indiqué que la Fédération de Russie avait créé récemment un conseil de coordination sur les questions sexospécifiques.  Il a ajouté qu’un projet de loi sur la prévention des violences domestiques et conjugales était en cours d’élaboration.  M. Zagaynov a précisé que ce texte visait à répondre au problème de la récidive.  Il a également fait savoir que des centres de crise avaient été ouverts dans le pays et qu’une ligne téléphonique était mise à la disposition des victimes, de même que toute une gamme de services d’urgence.  Le représentant a également annoncé que la Fédération de Russie avait signé, en 2012, le Protocole facultatif sur la vente d’enfants, la prostitution et la pornographie impliquant des enfants.

M. PHAM VINH QUANG (Viet Nam) a indiqué que la Stratégie nationale du Viet Nam pour l’égalité entre les sexes, qui couvre la période 2011-2020, met l’accent sur la création de nouveaux modèles de prévention et d’atténuation des conséquences de la violence sexiste, en promouvant, notamment, la communication et la sensibilisation.  Dans ce cadre, les femmes ont accès à des services de soins et de conseil ainsi qu’à des programmes d’éducation, de formation et de gestion.  Un système de réseau et d’abris leur permet également d’apprendre à surmonter la violence, a précisé le représentant.  M. Quang a également cité un programme national pour la protection de l’enfant pour la période 2011-2015.

Au titre des défis qui persistent, le représentant du Viet Nam a mis l’accent sur le problème de la violence domestique dans les zones rurales, ainsi que la discrimination dont sont victimes les femmes dans les régions reculées du pays.  De nombreux hommes et femmes acceptent les préceptes de la patriarchie et font, par conséquent, un amalgame entre l’égalité des sexes et les stéréotypes sexistes, a-t-il déploré.  De plus, malgré les informations qui leur sont communiquées, de nombreuses femmes n’ont toujours pas pleinement conscience de leurs droits.  Le représentant a également indiqué que des problèmes d’ordre économique, ainsi que la dépendance à l’alcool ou au jeu sont d’autres facteurs qui contribuent à la violence faite aux femmes et aux filles.  M. Quang a expliqué qu’afin de surmonter ces défis, le Viet Nam a renforcé la loi sur l’égalité entre les sexes et a adopté de nouvelles mesures pour préciser les responsabilités civiles, administratives et pénales de la discrimination à l’encontre des femmes.  Le Gouvernement du Viet Nam s’attache également à promouvoir les bonnes coutumes et pratiques, a ajouté le représentant.

Mme MAYA DAGHER (Liban) a rappelé que l’égalité entre les sexes était un droit et la condition sine qua non pour atteindre le développement durable, la bonne gouvernance, ainsi que la paix et la stabilité.  C’est la raison pour laquelle le Liban estime que l’égalité des sexes doit être placée au cœur des travaux de préparations de l’Agenda pour le développement post-2015.  Malgré des progrès réalisés depuis l’adoption du Programme d’action de Beijing, Mme Dagher a déploré le fait que la violence à l’encontre des femmes et des filles demeurait un problème universel qui affecte toutes les classes sociales et toutes les cultures. 

La prévention de ces violences faites aux femmes et aux filles est un domaine relativement nouveau, a-t-elle poursuivi.  Cette prévention exige de meilleures connaissances afin de pouvoir identifier les causes sous-jacentes du phénomène et de mettre en œuvre des stratégies multisectorielles, qui impliquent aussi les hommes et les garçons.  Au Liban, les services publics travaillent en étroite coopération avec les organisations de la société civile et les institutions internationales afin de promouvoir l’égalité des sexes, ainsi que les droits des femmes et des filles, a-t-elle assuré.  À cet égard, le Liban a défini des domaines d’action prioritaires, à savoir l’éducation, les services publics, ainsi que le renforcement de la participation des femmes à la politique, en particulier dans le cadre des prochaines élections parlementaires du mois de juin.

Mme IDELTA MARIA RODRIGUES, Secrétaire d’État à la promotion de l’égalité des sexes du Timor-Leste, a expliqué que le Plan national de développement de son pays pour la période allant de 2011 à 2030 contenait une partie axée sur la lutte contre les violences domestiques, ainsi qu’une politique de tolérance zéro à l’égard des violences perpétrées au sein des ménages ou dans les écoles. 

Selon des statistiques nationales établies en 2010, 38% des femmes du Timor-Leste déclarent avoir subi des violences physiques depuis l’âge de 15 ans.  Dans la plupart des cas, ces violences ont été commises par leur mari ou par leur partenaire.  Seulement 27% des victimes de violences ont pu compter sur un membre de leur famille pour les héberger à la suite d’un acte de violence et à peine 20% des victimes ont été aidées financièrement par leur famille.     

Le Timor-Leste possède aujourd’hui une loi spéciale sur la violence domestique.  Ce texte a vu le jour après 10 années de consultations avec le Ministère pour la promotion de l’égalité des sexes et le Forum des femmes du Timor oriental, avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la population et la contribution d’acteurs clefs comme les églises.  Cette loi prévoit une protection, l’établissement de foyers d’accueil et la fourniture de services aux victimes.  Le texte donne également une définition très large de la violence, qui peut s’exercer aussi de manière psychologique ou économique, a-t-elle précisé.

Mme MONIA AL-SALEB (République arabe syrienne) a assuré que la prévention de la violence à l’encontre des femmes et des filles constituait une priorité pour son pays.  La Syrie est un des premiers pays à avoir adopté des lois visant à protéger les femmes contre toutes les formes de violence, a-t-elle rappelé.  Le Gouvernement syrien promeut l’autonomisation des femmes, notamment par le biais d’un programme sur le renforcement des capacités des femmes rurales et d’un centre pour les femmes chefs d’entreprises.  Malgré ces efforts, certains États occidentaux et de la région exercent des pressions sur les droits des femmes, a dénoncé la représentante.  Elle a expliqué que ces États, en adoptant des mesures unilatérales contre le peuple syrien, portent atteinte aux moyens de subsistance de la population. 

Les Syriennes sont les principales victimes de ces mesures, a regretté la représentante.  Elle a aussi déploré que ces mêmes États appuient les groupes armés en Syrie qui incitent à un extrémisme caractérisé par l’apostasie, qui commettent des crimes contre les femmes, les empêchent de participer à la vie publique et politique et leur infligent des violences sexuelles.  Elle a donc invité la communauté internationale à mettre un terme à l’intervention de ces États.  La représentante a aussi dénoncé la marginalisation constante des Syriennes vivant dans le Golan syrien occupé du fait des forces israéliennes, en ajoutant que ces femmes subissaient des viols et agressions diverses.

Mme SELMA MANSOURI (Algérie) a indiqué qu’en janvier 2012 son gouvernement avait adopté une loi qui réserve aux femmes un tiers des sièges dans toutes les assemblées politiques du pays.  Elle a également fait savoir que toute une série de stratégies avait également été adoptées pour apporter une solution durable au problème de la violence contre les femmes, y compris la Stratégie nationale en faveur des femmes pour la période 2009-2014.  La représentante s’est félicitée de ce qu’à la suite de ces mesures politiques, les femmes algériennes représentent à présent la majorité des étudiants dans les cycles de l’enseignement secondaire et supérieur et qu’elles sont également bien représentées dans les professions médicales et juridiques.  La représentante a par ailleurs fait savoir que les victimes de violence avaient accès à des centres d’accueil où elles peuvent suivre des programmes de réinsertion dans le but de pouvoir espérer trouver un emploi.

Mme ALIA AL-MUZAINI (Koweït) a appelé à mieux cibler les efforts mondiaux pour éviter la violence à l’encontre des femmes et des filles, comme le préconise le Secrétaire général dans son rapport sur cette question.  Elle a mentionné les lois adoptées dans son pays pour limiter la violence à l’encontre des femmes et des filles, ainsi que les stratégies lancées pour lutter contre les causes de cette violence.  Elle a souligné le rôle des institutions éducatives pour développer une culture de la tolérance.  Il faut aussi renforcer le rôle des observatoires de la violence et disposer de plus de données sur ce fléau, a-t-elle estimé.  La représentante a rejeté les tentatives visant à associer une religion à certaines formes de violence. 

Elle a assuré, par ailleurs, que le Koweït appuyait les efforts du Secrétaire général visant à réduire la souffrance des femmes dans le monde, en particulier des femmes palestiniennes.  La représentante a jeté la lumière sur l’absence de services de base dont souffrent les Palestiniennes, ainsi que sur la situation difficile des femmes en Syrie, appelant notamment ONU-Femmes à y remédier.  Enfin, elle a espéré que les conclusions de la Commission de la condition de la femme tiendraient compte de la diversité culturelle, sans tenter d’imposer des conclusions qui s’écarteraient de ce qui avait été agréé auparavant sur le plan international.

Mme HELEN ALVARÉ (Saint-Siège) a affirmé que plus la dignité de la femme est promue et protégée, plus la famille, la communauté et la société dans son ensemble peuvent s’épanouir.  Elle a déploré que dans « de nombreuses parties du monde », les femmes sont les premières victimes d’idéologies qui glorifient la disponibilité sexuelle de leur corps.  Elle a également dénoncé la prolifération de publicités qui avilissent et sexualisent leurs corps, les transformant en de simples marchandises pour satisfaire la perversion et la luxure d’autrui.

Mme Alvaré a appelé à la promotion d’une culture qui veille à la protection des « sans défense ».  Elle a notamment estimé que l’avortement ne pouvait être considéré comme une solution à la violence que subissent les femmes.  En répondant à la violence par la violence, a-t-elle estimé, on ne fait qu’augmenter le traumatisme social et aggraver la violence dans nos sociétés.  Il faudrait, a-t-elle estimé, mettre sur pied des structures plus appropriées pour aider les victimes de la violence, ainsi que pour protéger les enfants.  Des efforts sont également nécessaires pour éduquer les hommes quant au mal intrinsèque qu’est la violence faite aux femmes, a-t-elle ajouté.

Mme PAOLA MANACORDA, Association internationale des Conseils économiques et sociaux et institutions similaires (AICESIS), a souligné qu’il était important de veiller à ce que la crise économique actuelle n’aggrave ni la vulnérabilité sociale et économique des femmes, ni la violence à leur encontre.  Elle a plaidé pour qu’on encourage une participation plus large et plus équitable des femmes au dialogue social.  Il faut aussi inclure la dimension sexospécifique dans les plans de relance et prendre en considération les données ventilées par sexe avant toute décision concernant les dépenses sociales.  La représentante a aussi plaidé pour que les projets de microfinance fassent dûment partie des plans de relance et pour que les politiques économiques assurent véritablement l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale.  

Mme ANITA L.DEFRANTZ, Comité international olympique (CIO), a affirmé que le CIO est à l’avant-garde des efforts de lutte contre le harcèlement et les abus sexuels dans le sport, comme en atteste la création dès 1995, de la Commission femme et sport.  Le Code éthique du CIO interdit expressément « tout harcèlement » qu’il soit « physique, professionnel ou sexuel ».  Les nouveaux Jeux olympiques de la jeunesse, qui associent le sport à un programme culturel et éducatif, sensibilisent les jeunes athlètes au harcèlement et aux abus sexuels et encouragent le débat autour de l’image corporelle et des troubles alimentaires. 

Les Jeux de Londres, a-t-elle rappelé, ont été une étape importante vers la réalisation de l’objectif d’égalité hommes-femmes.  Avec l’ajout de la boxe féminine à ces Jeux, les femmes ont concouru, pour la première fois, dans tous les sports olympiques.  De plus, avec l’intégration de femmes dans les délégations d’Arabie saoudite, du Qatar et de Brunei-Darussalam, tous les comités nationaux olympiques (CNO) ont envoyé des athlètes féminines.  Chaque année, le CIO remet le Trophée « femme et sport » à des personnes qui ont apporté une grande contribution à la participation des femmes dans le sport et l’administration sportive.  Le CIO offre aussi une aide technique et financière aux plus de 200 CNO pour soutenir des programmes en faveur de l’autonomisation des femmes et des filles.  Avec le HCR, il a lancé des initiatives en Ouganda, au Panama, au Venezuela et au Kenya.

Mme AJAY MADIWALE, Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), a tenu à mettre en évidence l’impact qu’ont les catastrophes naturelles sur les femmes et les filles.  « Chaque année, les catastrophes naturelles perturbent la vie de plus de 200 millions de personnes à travers le monde, dont la majorité d’entre elles sont des femmes et des filles », a-t-elle dit.  L’une des conséquences méconnues de ces catastrophes est la dévastation provoquée par la violence basée sur le sexe qui s’ensuit.  Elle se produit dans les camps de réfugiés, dans les foyers d’accueil, au sein des ménages ou dans la rue.  Face à la fréquence de plus en plus grande des catastrophes naturelles, il s’agit d’un problème que la communauté internationale ne peut plus ignorer, a-t-elle souligné. 

L’an dernier, la FICR et la Croix-Rouge canadienne ont lancé un rapport conjoint sur la violence dans le cadre de catastrophes intitulé « Ce qui est prévisible peut être évité ».  Il présente une série de bonnes pratiques destinées aux acteurs humanitaires et se base, par exemple, sur des expériences concrètes de la part de sociétés nationales dans le cadre d’interventions en Haïti ou au Honduras.  Avant de conclure, elle a lancé un appel afin que toutes les parties engagées dans la gestion de crises ou dans les opérations au lendemain d’un sinistre fassent de la prévention de ces violences une priorité.

Mme FIAMMA ARDITI MANZO, Ordre militaire souverain de Malte, a affirmé que l’Ordre, par le biais de son organisation d’aide humanitaire « Malteser International », était déterminé à promouvoir les droits des femmes et à éliminer les discriminations à leur encontre.  Elle a cité plusieurs exemples de cet engagement.  En Inde, Malteser collabore avec l’organisation « Unnati », dans le nord-est du pays, dans le cadre d’un projet qui permet aux femmes de développer leurs capacités de dirigeantes et de réclamer leurs droits.  En République démocratique du Congo (RDC), où le viol est souvent utilisé comme un instrument de guerre, l’Ordre militaire souverain de Malte a développé des centres de santé qui fournissent des soins médicaux et une aide psychologique aux victimes pour les aider à surmonter cette terrible expérience.  « Pouvoir parler avec des psychologues est crucial dans le processus de guérison et dans le traitement du traumatisme », a-t-elle souligné.  Elle a également réaffirmé l’appui de l’Ordre à la Déclaration de Beijing.  « L’Ordre militaire souverain de Malte poursuivra ses efforts en vue de faire du monde un lieu meilleur et plus sûr pour les femmes et les filles.  Lorsque ces objectifs seront réalisés, les familles et les communautés seront infiniment en meilleure santé que celles dans lesquelles les femmes sont opprimées ou abusées », a-t-elle dit avant de conclure.       

M. MENSAH-WILLIAMS, Union interparlementaire-UIP, a indiqué que la réunion annuelle de l’Union interparlementaire, la semaine dernière, avec la participation de plus de 200 parlementaires de 43 pays, avait débattu du renforcement du rôle des parlementaires dans la lutte contre les violences à l’encontre des femmes, et les violences subies par les femmes au plan politique, ainsi que les moyens permettant de les prévenir et de les éliminer.  Les parlementaires devraient voter des lois qui sanctionnent les différentes formes de violence.  L’adoption de lois ne suffit pas à éliminer la violence à l’encontre des femmes et des filles, a reconnu M. Mensah-Williams.  Il faudrait également des ressources adéquates pour en assurer la mise en œuvre, a-t-il fait remarquer. 

C’est pourquoi, a-t-il estimé, les parlementaires peuvent contribuer à la mise en œuvre de la législation en offrant leurs bons offices pour impliquer toutes les parties concernées que sont la police, les forces de l’ordre, les fournisseurs de soins de santé, les travailleurs sociaux, les dirigeants religieux et communautaires.  Les parlementaires pourraient aussi faire la différence par la sensibilisation des femmes sur leurs droits et en envoyant un message clair que la violence ne peut pas être tolérée.  M. Mensah-Williams a précisé que, pour agir concrètement et faire changer les mentalités en faveur de l’amélioration de la condition de la femme, la mise en œuvre de ces lois nécessite des ressources adéquates.  « Nous devons bâtir des partenariats et des alliances, en y faisant participer les hommes et les garçons, pour mettre fin à la violence dont sont victimes les femmes.  Avant de conclure, il a souligné le rôle des médias dans la sensibilisation de la violence politique à l’égard des femmes.  Nous devons changer de culture par le biais de lois protectrices à l’égard des femmes en politique.

MmeAMIERAH ISMAIL (Organisation de la coopération islamique–OCI) a rappelé la création récente, au Caire, en Égypte, de l’Organisation pour le développement de la femme.  Elle a précisé que son statut était soumis aux procédures de ratification des États membres de l’OCI et qu’une fois que cette institution sera opérationnelle, elle pourra lancer des campagnes pour lutter contre la violence faite aux femmes et aux fillettes.  La représentante a également indiqué que la Commission permanente indépendante des droits de l’homme, qui avait été créée en 2011, avait la capacité d’être un « organe formidable » pour la protection des droits de femme au sein des pays membres de l’OCI.

L’observatrice de l’OCI a ensuite dénoncé la persistance des mutilations génitales féminines (MGF), qu’il a qualifiées de « pratique culturelle archaïque ».  Elle a fait savoir qu’il existait, au sein du monde musulman, une prise de conscience croissante au sujet de cette « terrible pratique ».  Elle a notamment indiqué que la seconde Conférence islamique des ministres chargés des droits des enfants, qui s’était déroulée à Khartoum en 2009, avait souligné que les mutilations génitales féminines sont une violation des droits des femmes et des fillettes.  La représentante a fait observer qu’outre ces mutilations, les mariages d’enfants et la violence à l’encontre des femmes sont souvent présentés, de manière erronée, comme faisant partie des traditions musulmanes.  Il importe donc de faire davantage de sensibilisation au niveau local pour dissocier ces pratiques de la religion, a-t-elle estimé.  L’observatrice de l’OCI a également appelé à l’organisation de plus de campagnes d’information au sujet des mutilations génitales féminines, avec l’aide, notamment, des médias, des réseaux sociaux et d’envois massifs de SMS.

M. KEVIN CASSIDY, Organisation internationale du Travail (OIT), a rappelé que, depuis plusieurs décennies, l’OIT émet un certain nombre d’avis sur les programmes et les politiques qui visent à éliminer sur le lieu de travail la discrimination fondée sur le sexe.  L’une des principales priorités de l’agenda pour un travail décent de l’OIT consiste à promouvoir les emplois décents et productifs et des possibilités de revenu égales pour les femmes et les hommes, a-t-il souligné.

S’agissant, par exemple, du harcèlement sexuel sur le lieu de travail, M. Cassidy a souligné qu’entre 40 et 50% des femmes de l’Union européenne avaient subi des avances sexuelles, des contacts physiques ou des propositions verbales non sollicitées ou d’autres formes de harcèlement sexuel sur leur lieu de travail.  Dans les pays d’Asie-Pacifique, ce taux est de 30 à 40%.

Les chercheurs de l’OIT mesurent également l’incidence globale de la violence au travail tandis que les gouvernements sont épaulés pour rédiger et appliquer de nouvelles lois.  Les différents outils développés par l’OIT en la matière constituent un ensemble de ressources pour tous ceux qui veulent mettre un terme à ce type de violence à l’égard des femmes, a-t-il assuré.

Mme JANTINE JACOBI, ONUSIDA, a déclaré que les femmes victimes de violence risquaient beaucoup de contracter le VIH/sida, et celles qui en sont déjà atteintes subissent des discriminations et des stigmatisations liées à la violence.  À ce jour, 49% des adultes vivant avec le VIH/sida sont des femmes, et en Afrique subsaharienne, 58% des séropositifs sont des femmes.  Les filles âgées entre 15 et 24 ans sont particulièrement vulnérables avec un taux de prévalence deux fois plus élevé que chez les garçons de même tranche d’âge.  Cette disparité est encore plus marquée en Afrique où 3,1% des jeunes femmes vivent avec le VIH/sida contre 1,3% pour les garçons.  À chaque minute qui passe, une jeune femme est contaminée.  Toujours en Afrique, les filles comptent les 22% des nouvelles contaminations au VIH.  Les rapports sexuels restent le mode de transmission dominant des nouveaux cas.  La violence et les menaces de violences à l’encontre des femmes compromettent leur faculté à refuser les rapports sexuels ou l’utilisation des préservatifs ou encore l’emploi des seringues lorsqu’elles ont un ou plusieurs partenaires toxicomanes. 

Les femmes, ayant déjà été victimes des violences sexuelles ou physiques dans leur enfance et adolescence, auraient tendance à multiplier les partenaires sexuels ou à prendre des substances nocives.  Certaines femmes porteuses du VIH/sida dans certains pays ont révélé qu’elles avaient été forcées de subir la stérilisation.  La peur du rejet, de l’abandon ou de la violence constitue un frein à la prévention du VIH et à son traitement.  Beaucoup de femmes refusent le test de dépistage ou la divulgation de leur condition de séropositive à leur partenaire, ce qui peut compromettre leur accès au traitement et empêche la prévention.  Il faut dès lors réduire l’écart entre la lutte contre les violences à l’encontre des femmes et les programmes de lutte contre le VIH/sida, y compris la prise en charge des victimes de viol.  Il est également important de renforcer l’autonomisation des femmes, de changer les normes culturelles et sociales, de mener une éducation sexuelle, de développer et de mettre en œuvre des lois, des politiques et des programmes pour promouvoir l’égalité entre les sexes, et d’interdire les violences à l’encontre des femmes et de protéger leurs droits.

Mme CAI CAI, de la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP), a expliqué que les commissions régionales des Nations Unies offraient un cadre idéal pour évaluer les mesures prises aux plans international et national en termes de lutte contre la violence à l’encontre des femmes.  Elle a parlé d’un projet de la CESAP qui prévoit d’améliorer les statistiques et les indicateurs sur cette violence et de partager les expériences sur le plan régional.  Les commissions régionales ont aussi pris des initiatives pour lutter contre cette violence dans le cadre de leur contexte régional.  La Commission économique pour l’Afrique (CEA) a réalisé plusieurs études sur la violence à l’encontre des femmes afin de fournir aux États des données exactes, a-t-elle indiqué.  La CEA offre aussi un cadre de dialogue politique sur l’autonomisation économique des femmes.  En ce qui concerne la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), elle dispose de banques de données d’un observatoire sur l’égalité entre les sexes.  La Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (CESAO), a rappelé Mme Cai, aide les pays de sa région à renforcer leurs capacités de protection des droits des femmes.  Les commissions régionales sont prêtes à travailler en collaboration avec ONU-Femmes et les autres institutions onusiennes pour parvenir à éliminer la violence à l’encontre des femmes et des filles, a assuré la représentante, qui a ajouté que la CESAP continuera à assister les pays de la région d’Asie-Pacifique à mettre en œuvre les engagements pris au niveau international.

M. MOHAMED ELKEIY, Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a déclaré que la leçon à tirer des bouleversements actuels dans divers endroits du monde était que « l’exclusion n’est pas durable, la discrimination n’est pas viable, et que les politiques irrationnelles conduisent à la marginalisation d’importantes composantes des communautés nationales ».  « L’égalité entre les hommes et femmes devrait ainsi être perçue comme un principe économique et aussi comme une condition pour une croissance soutenue et pour garantir la stabilité », a-t-il indiqué.  Par ailleurs, l’absence de l’égalité des chances entre hommes et femmes implique un énorme gaspillage de potentiel de développement où des segments entiers de la population sont exclus des activités de production et de consommation.

Selon de récentes études, a fait remarquer M. Elkeiy, près de la moitié de la population féminine de plus de 15 ans reste économiquement inactive.  Lorsque les femmes ont du travail, elles gagnent moins que leurs homologues masculins pour le même emploi.  « Il n’y aura pas de vrai développement avec de telles données, il n’y aura pas de vrai développement, ni de prospérité durable sans transcender cet instinct immoral de négliger et d’isoler celui ou celle qui est perçu(e) comme différent(e), faible ou vulnérable, et il n’y aura pas de développement si l’on reconduit automatiquement ce statu quo qui est fait de cette pratique irrationnelle de l’exclusion fondée sur le sexe, l’origine ethnique, l’orientation sexuelle, la classe sociale et l’origine géographique, a-t-il estimé. 

Les politiques économiques devraient être proactives pour parvenir à l’égalité entre les hommes et les femmes et l’inclusion sociale.  Les politiques commerciales ont tendance à avoir d’importants effets de redistribution au sein de l’économie, ce qui peut amplifier ou réduire les disparités entre les groupes en fonction de facteurs tels que le sexe, l’origine ethnique et géographique ainsi que l’orientation sexuelle, a regretté M. Elkeiy.  C’est lorsque les décideurs prendront en compte ces différences que les politiques économiques pourraient jouer un rôle essentiel pour réduire les inégalités entre les hommes et les femmes, a-t-il conclu.

Mme AISA KACYIRA, Directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat), a fait observer que l’urbanisation généralisée de la planète allait souvent de pair avec une augmentation de l’insécurité dont sont principalement victimes les pauvres et les femmes.  Elle a fait observer que la sécurité des femmes et le « droit de cité » sont étroitement liés, et que l’absence de garanties est un obstacle de taille à la réalisation de l’égalité entre les sexes et au développement urbain durable.  Mme Kacyira a dénoncé la banalisation dont sont victimes les femmes dans les espaces publics et le fait que la dimension sexospécifique soit rarement prise en compte au cours des différentes étapes de la planification urbaine.  

De l’avis de la Directrice exécutive d’ONU-Habitat, il faudrait accorder une attention particulière au sentiment de peur que peuvent ressentir les femmes et les filles car, a-t-elle affirmé, celui-ci fait obstacle à l’exercice de leur droit de profiter des espaces publics.  Elle a souhaité qu’un cadre institutionnel juridique soit établi pour assurer la sécurité des femmes et des filles, aussi bien au sein des villes que des petites communes et pour prendre en compte lors des préparatifs pour l’élargissement des agglomérations.  Mme Kacyira a ensuite appelé la Commission, les gouvernements et la société civile à assurer la pleine participation des femmes au processus de planification urbaine, ainsi que dans la gestion et la gouvernance des villes.  Une dimension sexospécifique doit être intégrée à tout programme de planification urbaine et il importe également de promouvoir et de protéger le droit des femmes à la propriété foncière, a-t-elle ajouté.

Mme SUSANNA CAMUSSO, Confédération générale italienne du travail (CGIL), a affirmé que le problème de la violence faite aux femmes sur leur lieu de travail est un phénomène d’ampleur qui demeure sous-estimé.  Elle a également fait observer que c’est un problème qui préoccupe des millions de femmes et qui a un impact disproportionné sur les plus vulnérables d’entre elles, notamment les employées domestiques, les migrantes et les femmes ayant un emploi précaire.  Elle a souhaité l’adoption, sur le plan international, de mesures d’urgence pour aider ces catégories de femmes à résister à cette « violence massive » et pour établir des stratégies de prévention et d’élimination de ces pratiques.

Mme Camusso a par ailleurs dénoncé les structures actuelles du marché du travail qui représentent, selon elle, un obstacle de taille à l’autonomie et à l’autonomisation des femmes.  La représentante a également critiqué l’adoption de mesures d’austérité qui ont résulté en une perte importante de services et d’emplois publics.  Les femmes occupent un grand nombre d’emplois dans le secteur public dans de nombreux pays et dépendent aussi beaucoup des services publics, a-t-elle fait observer.  La représentante a ensuite insisté sur la nécessité d’adopter une approche qui privilégie la prévention par le biais de l’éducation de tous, les poursuites judiciaires et l’octroi d’une aide aux victimes.

Droits de réponse

Exerçant son droit de réponse, le représentant de l’Azerbaïdjan a regretté que l’Arménie ait allégué accueillir des réfugiés en raison d’une agression de la part de l’Azerbaïdjan.  Il a fait valoir que les Nations Unies ne reconnaissent que l’agression menée par l’Arménie contre son pays.  Il a estimé que l’Arménie ne pouvait couvrir par ses allégations les déplacements massifs qu’elle a provoqués.  Les hostilités entre les deux pays ont été menées sur le territoire de l’Azerbaïdjan uniquement, ce qui permet de comprendre que les déplacements à l’intérieur de l’Arménie ne sont pas liés à ce conflit, a-t-il rappelé.

Exerçant son droit de réponse par rapport à la déclaration de la délégation de la République de Corée, le représentant du Japon a expliqué sa position sur le thème des femmes de plaisir.  Le Premier Ministre japonais a exprimé sa compassion pour ces femmes et pour leurs souffrances, a-t-il rappelé.  Cette question, a-t-il dit, ne doit pas devenir un point de friction diplomatique.  Le Japon s’engage à déployer tous les efforts pour éliminer les violations aux droits des femmes, a-t-il assuré.

La représentante de la République arabe syrienne a également exercé son droit de réponse, à la suite des commentaires formulés par la délégation du Koweït.  Si le Gouvernement koweïtien était soucieux du bien-être de la femme syrienne, il aurait dû exercer des pressions sur les groupes salafistes de son pays pour empêcher que des salafistes armés se trouvant au Koweït aillent combattre en Syrie, comme les organisations crédibles l’ont prouvé, a-t-elle lancé.  Elle s’est par ailleurs inquiétée de la situation des femmes koweïtiennes qui ne peuvent pas exercer leurs droits civiques et subissent des violences sexuelles.  Elle a exhorté le Gouvernement du Koweït à reconnaître à ces femmes l’exercice de leurs droits fondamentaux, en particulier du droit à la liberté d’expression.

Répondant à la délégation de l’Azerbaïdjan, la représentante de l’Arménie a regretté la politique de propagande menée par l’Azerbaïdjan qui, a-t-elle affirmé, a forcé des milliers d’arméniens à quitter leur foyer dans le Haut-Karabakh.  Elle a appelé à défendre les droits des populations de cette région.  Elle a demandé à l’Azerbaïdjan d’éviter cette pratique qui consiste à détourner le débat.

Le représentant de la République de Corée a aussi exercé son droit de réponse pour rappeler à la délégation du Japon que la question de la responsabilité du Gouvernement japonais concernant les « femmes de plaisir » n’avait pas encore été tranchée.  Il a exhorté le Gouvernement du Japon à reconnaitre sa responsabilité et à prendre des mesures de réparation pour les victimes, comme l’a recommandé la communauté internationale.

Après le départ des interprètes, le représentant du Japon a ajouté que cette question concernant la Seconde Guerre mondiale avait déjà été réglée par des instruments internationaux. 

Reprenant la parole, le représentant de la République de Corée a fait valoir que le crime contre l’humanité n’a jamais été évoqué dans le cadre du règlement entre la Corée et le Japon.  Le Traité de paix de San Francisco n’a pas réglé cette question, a-t-il fait remarquer.

Le représentant de l’Azerbaïdjan a repris la parole pour réaffirmer la position de son gouvernement concernant le Haut-Karabakh. 

À nouveau, le représentant de l’Arménie a fait observer que cette question ne relevait pas de la compétence de la Commission de la condition de la femme.  Il a également dénoncé la pratique de mariages de filles dès l’âge de 12 ans en Azerbaïdjan.

Mme CHRISTINA SELBY, Working Group on Girls, a affirmé que grâce à l’éducation, les jeunes filles pouvaient devenir les modèles pour leur communauté.  Elle a invité la Commission de la condition de la femme à demander aux États Membres d’assurer l’égalité entre les filles et les garçons en matière d’éducation.  Une fille éduquée peut réfuter les croyances culturelles selon lesquelles les garçons sont plus importants et plus utiles que les filles, et si les filles parviennent à subvenir à leurs besoins économiques comme le font leurs frères, on parviendra peut-être à mettre un terme aux avortements sélectifs, à la traite et au mariage d’enfants, a fait remarquer la représentante, qui s’est dite convaincue que l’éducation permettait également de faire baisser le taux de mutilations génitales féminines. 

Mme PIERRETE PAPE, Lobby européen des femmes, a insisté sur l’adoption de politiques proactives et la mise en œuvre des engagements pris pour éliminer la violence faite aux femmes.  Elle a fait observer que de nombreux engagements avaient été pris aux niveaux européen et national, mais que les organisations de femmes qui travaillent sur le terrain attendent toujours l’adoption de mesures concrètes.  La représentante a plus particulièrement dénoncé l’absence de service d’appui, le manque de campagnes de prévention et de sensibilisation, ainsi que l’absence de mesures de protection des victimes et la persistance de l’impunité des actes de violence à l’encontre des femmes. 

Mme Pape a également dénoncé l’émergence de différentes formes d’antiféminisme et le manque de volonté politique pour répondre au problème de l’inégalité entre les sexes.  L’Europe doit être mobilisée pour mettre un terme au mythe selon lequel l’égalité entre les sexes a été réalisée et faire preuve d’un leadership fort pour tracer la voie vers la réalisation des droits des femmes et l’égalité entre les sexes, a-t-elle affirmé.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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