États Membres, ONG et experts soulignent que l’autonomisation économique et l’éducation des femmes pourraient contribuer à l’élimination de la violence dont elles sont victimes

7 mars 2013
FEM/1946

États Membres, ONG et experts soulignent que l’autonomisation économique et l’éducation des femmes pourraient contribuer à l’élimination de la violence dont elles sont victimes

07/03/2013
Assemblée générale
FEM/1946
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Commission de la condition de la femme

Cinquante-septième session

7e & 8e séances – matin & après-midi

ÉTATS MEMBRES, ONG ET EXPERTS SOULIGNENT QUE L’AUTOMISATION ÉCONOMIQUE ET L’ÉDUCATION DES FEMMES

POURRAIENT CONTRIBUER À L’ÉLIMINATION DE LA VIOLENCE DONT ELLES SONT VICTIMES

Les panélistes d’une table ronde préconisent

d’inclure dans l’Agenda pour le développement post-2015 un « objectif genre »

La quatrième journée de débat général de la Commission de la condition de la femme a été l’occasion pour nombre de délégations de voir dans l’autonomisation économique et l’éducation des femmes non seulement des moyens clefs pour éliminer la violence dont elles sont victimes, mais également pour contribuer au développement et, ainsi, à la croissance économique de leur pays.

Les délégations ont également participé à une table ronde organisée autour du thème « Questions clefs d’égalité des sexes à inscrire dans le cadre de développement pour l’après-2015 » au cours de laquelle de nombreux appels ont été lancés pour créer un « objectif genre » à part entière.

Dans son rapport sur la « Prévention de la violence à l’égard des femmes et des filles »*, le Secrétaire général avait invité la Commission à réfléchir aux liens qui existent entre l’égalité des sexes, l’autonomisation des femmes et la violence à l’égard des femmes et des filles dans le cadre de structures de développement futures.

De nombreux programmes scolaires, dit-il dans son rapport, ont contribué à une réduction de la violence.  L’enseignement supérieur peut également contribuer à sensibiliser et à former de futurs professionnels amenés à être confrontés à des situations de violence à l’encontre des femmes et des filles.  Pour le Secrétaire général, l’école peut aussi être un excellent moyen de remettre en cause les stéréotypes sexuels et de promouvoir les valeurs que sont l’égalité des sexes et les droits de l’homme.

Aujourd’hui, le représentant de la Croatie a souligné l’importance que revêt le rôle de l’éducation en matière d’autonomisation car, a-t-il fait observer, « l’accès des femmes à l’éducation permet non seulement de leur donner le pouvoir d’agir mais également de contribuer au développement et à la croissance économique de leur pays ».  Son homologue de la Suisse a vu dans l’éducation des filles une « condition préalable à l’autonomie des femmes.  « Les filles, a insisté la délégation suisse, doivent pouvoir bénéficier d’une éducation éclairée et exempte de stéréotypes fondés sur le sexe ».

« Les femmes sont la clef du développement et de la croissance économique, mais pour qu’elles puissent participer pleinement au développement de leurs sociétés, il faut qu’elles se sentent en sécurité, à la fois à la maison et à l’extérieur », a souligné pour sa part la représentante du Royaume-Uni.  Consciente du fait que l’inégalité entre les sexes est au cœur du problème de la violence contre les femmes, cette dernière a notamment préconisé une plus grande participation des femmes aux niveaux politique et économique. 

En la matière, le représentant de la Colombie a fait savoir que son pays avait adopté un cadre législatif « solide » pour permettre aux femmes de mieux participer au développement économique et social et à la vie publique et politique.  Ce cadre, a-t-il précisé, comprend un plan d’action multisectoriel impliquant 17 institutions nationales et 32 provinces.

À son tour, le représentant du Pakistan a expliqué que les efforts de son gouvernement en faveur de l’autonomisation des femmes se concentraient sur la réduction de la féminisation de la pauvreté, l’élimination de la violence à l’encontre des femmes et la protection des droits de celles-ci.   

La représentante de la Grèce a indiqué, de son côté, qu’en dépit de la crise économique qu’il traverse, son pays œuvre pour encourager la participation politique des femmes aux plans local, régional et national ainsi que dans les différents syndicats. « Des politiques spécialisées ont également été lancées pour encourager la participation des femmes dans les secteurs où elles sont encore sous-représentées », a-t-elle précisé.  Si les femmes slovènes comptent « parmi les plus émancipées de l’Union européenne », a fait remarquer la déléguée de la Slovénie, une étude récente a néanmoins révélé qu’une femme sur deux, âgée de 15 ans ou plus, avait été victime d’un acte violent au moins une fois dans sa vie.  Pour faire face à cette situation, il faudrait, a-t-elle estimé, accorder une attention toute particulière à l’élimination des normes et des stéréotypes discriminatoires. 

Dans le cadre de la table ronde qui a été organisée dans l’après-midi, les délégations et de nombreux représentants d’organisations non gouvernementales ont prôné une intégration de toutes les questions relatives aux femmes dans l’Agenda pour le développement post-2015, en insistant particulièrement sur la nécessité de remédier aux causes sous-jacentes de la violence à l’encontre des femmes. 

Le fait que la question de la violence contre les femmes n’ait pas été prise en compte lors de l’élaboration des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) a également été commenté à plusieurs reprises par les panélistes invités à cette table ronde, à commencer par le Sous-Secrétaire général et Directeur exécutif adjoint des politiques et programmes à ONU-Femmes, M. John Hendra, qui a conclu qu’il s’agissait là de « l’OMD manquant ».

« Il est essentiel d’établir un objectif pour l’égalité entre les sexes car c’est seulement lorsque nous aurons créé un agenda pour le développement fondé sur le plein respect des droits de l’homme, que l’on pourra créer un monde exempt de discriminations et de violences où hommes et femmes, filles et garçons pourront vivre dans la dignité et être capables de faire leurs propres choix », a-t-il souligné.

La Commission de la condition de la femme célèbrera demain, vendredi 8 mars à partir de 10 heures, la Journée internationale de la femme.  Elle poursuivra son débat général, lundi 11 mars, à partir de 10 heures.

* E/CN.6/2013/4

SUIVI DE LA QUATRIÈME CONFÉRENCE MONDIALE SUR LES FEMMES ET DE LA VINGT-TROISIÈME SESSION EXTRAORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE, INTITULÉE « LES FEMMES EN L’AN 2000: ÉGALITÉ ENTRE LES SEXES, DÉVELOPPEMENT ET PAIX POUR LE XXIE SIÈCLE »

a) Réalisation des objectifs stratégiques, mesures à prendre dans les domaines critiques et autres mesures et initiatives

Suite du débat général

M. MANU SAREEN, Ministre de la parité et des cultes et de la coopération nordique du Danemark, a rappelé que les droits des femmes continuaient d’être bafoués et que les traditions conservatrices et la misogynie faisaient obstacle à l’égalité entre les sexes.  Les violences à l’encontre des femmes et des filles peuvent revêtir des formes différentes selon les pays ou régions mais aucun de ces pays, ni aucune région du monde, y compris le Danemark, n’en est épargné, a-t-il rappelé.  En dépit des progrès accomplis dans la lutte contre les violences à l’encontre des femmes et des filles, 7 femmes sur 10 font l’expérience de violence physique et sexuelle à un moment de leur vie.  De tels actes de violence sont souvent commis par leur conjoint ou partenaire, a précisé M. Sareen.  Dans les conflits modernes, les femmes et les filles sont devenues la cible des brutalités et des violences sexuelles. 

Alors que l’égalité entre les femmes et les hommes est garantie dans la Constitution de 139 pays, des lois inadéquates et l’absence de mise en œuvre font que ces garanties restent des promesses creuses, a fait remarquer le représentant du Danemark.  La cause des violences et des restrictions aux droits sexuels et à la reproduction des femmes reste la domination et la discrimination à l’égard des femmes, les privant ainsi du droit de décider de leur corps.  La communauté internationale doit mettre en œuvre les conventions et les traités en vigueur, en particulier la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.  Au Danemark, le Gouvernement a mené avec détermination le combat contre la violence domestique avec pour objectif « zéro violence » à l’encontre des femmes et des filles.  Il a aussi lancé, en 2012, le « programme pour un partenariat égal » qui vise à accroître la sensibilisation sur la violence domestique et à renforcer les capacités des autorités municipales dans ce domaine.  Des mesures ont également été adoptées pour aider les victimes des traites de personnes et contre leurs auteurs.       

Mme MARIA FILOMENA LOBÃO TELO DELGADO, Ministre de la famille et de la promotion de la femme de l’Angola, a déclaré que son pays avait pris des mesures pour combattre la violence à l’égard des femmes, citant notamment l’adoption en 2011 de la loi contre la violence domestique, le plan de lutte contre la violence domestique, le plan d’action familial et de la politique nationale en matière d’égalité entre les sexes.  De même, un système intégré d’indicateurs sexospécifiques a été créé.  C’est un outil innovant pour assurer un suivi plus efficace des mesures prises et du travail des centres de conseil pour les familles.  Il existe aujourd’hui 27 centres de ce type et 7 centres d’accueil en Angola où le Gouvernement a aussi développé un programme de formation pour les agents qui travailleront au sein du Département de la prévention et de la lutte contre des violences à l’encontre des femmes et des enfants.  L’une des tâches principales de ce Département est de mener des études pour diagnostiquer les causes des violences à l’égard des femmes et des violences sexuelles à l’égard des filles.  Avant de conclure, la représentante de l’Angola a fait remarquer que le taux de prévalence du VIH/sida dans le pays était de 2,1% et qu’en 2012, le Gouvernement avait porté le nombre des centres de dépistage à 834, les traitements antirétroviraux pour adultes à 184, pour les enfants à 136 et les services pour la prévention de transmission de la mère à l’enfant à 347.  Un demi-million de tests pour le VIH/sida ont été conduits la même année, signalant 22 313 positifs.  En outre, 250 000 femmes enceintes ont été soumises à un dépistage avant leur accouchement. 

Mme SOFIA M. SIMBA, Ministre du développement communautaire, du genre et des enfants de la République-Unie de Tanzanie, a indiqué que son gouvernement s’était doté d’un Plan national pour l’élimination de la violence à l’encontre des femmes et des enfants, ainsi que d’un Plan d’action pour l’élimination des mutilations génitales féminines.  Elle a précisé que ces deux initiatives seront en vigueur jusqu’à 2015.  D’autres programmes visent à enrayer la violence sexuelle à Zanzibar, a-t-elle ajouté.  Mme Simba a indiqué qu’un réseau spécial de femmes avait été créé dans le but de sensibiliser les forces de police et que l’accès des femmes au système judiciaire avait été renforcé. 

La Ministre a également fait observer que pendant la grossesse ou après la naissance d’un enfant, les femmes étaient souvent victimes de violence du fait de leur conjoint ou partenaire.  C’est pourquoi, le Gouvernement tanzanien a établi un programme pour aider les hommes à prendre conscience de leurs responsabilités de père, a-t-elle indiqué.  Sur le plan international, la Ministre a estimé que la mise en œuvre des engagements posait problème.  Son gouvernement avait également lancé, l’an dernier, la « Campagne du Kilimandjaro », un vaste programme de sensibilisation sur la nécessité d’enrayer la violence faite aux femmes.

Mme AYNUR SOFIYEVA, Vice-Présidente du Comité d’État pour la famille, les femmes et les enfants de l’Azerbaïdjan, a parlé des campagnes de sensibilisation menées dans son pays sur les questions des femmes.  Elle a assuré que le Gouvernement veillait à assurer une bonne coordination entre les instances étatiques chargées de ces questions.  L’intégration des femmes réfugiées et déplacées, qui représentent aujourd’hui un million de personnes dans le pays à la suite de l’occupation du territoire par l’Arménie, est un des objectifs prioritaires du Gouvernement azerbaïdjanais, a-t-elle souligné.  Ces femmes reçoivent des services qui visent à réduire leur taux de chômage et à éliminer toutes les formes de violence dont elles sont victimes.  Mme Sofiyeva a ajouté qu’une ligne téléphonique pour les femmes victimes de la violence avait été installée en 2012.  Elle a aussi passé en revue ce qui est fait pour permettre aux femmes de participer à la vie sociale.  En Azerbaïdjan, 11 centres d’aide à la famille et aux enfants qui luttent contre les problèmes sociaux ont été mis en place, a-t-elle indiqué. 

Mme ZETTA MAKRI, Secrétaire générale pour l’égalité entre les sexes auprès du Ministère de l’intérieur de la Grèce, a déclaré que l’égalité entre les sexes représentait en soi un droit fondamental et un objectif prioritaire pour toute démocratie moderne.  Cette égalité est également un levier pour le développement, la compétitivité et la cohésion sociale de toute société, a-t-elle ajouté.  La Grèce a opté pour une double approche de la défense des droits de la femme et son autonomisation.  Elle a adopté, d’une part, des politiques spécialisées pour promouvoir l’égalité entre les sexes qui encouragent la participation des femmes dans les secteurs où elles sont encore sous-représentées, et, d’autre part, des politiques publiques de lutte contre toute forme de discrimination à tous les niveaux. 

La Grèce s’est également dotée d’un plan d’action national pour prévenir et combattre la violence à l’encontre des femmes qui comprend, notamment, des centres de conseil et d’accueil pour les femmes et les filles victimes de violence, des campagnes de sensibilisation et des actions de coopération concrètes avec les acteurs de la société civile, a précisé Mme Makri.  Son Secrétariat, a-t-elle dit, œuvre aussi pour encourager la participation politique des femmes aux plans local, régional et national ainsi que dans les différents syndicats.  Elle a assuré que son gouvernement ne perdait pas de vue les intérêts particuliers de la femme, en dépit des temps difficiles de crise économique que le pays traverse.

Pour M. JAN DOBEŠ, Vice-Ministre pour l’inclusion sociale et les opportunités égales au Ministère du travail et des affaires sociales de la République tchèque, l’élimination de la violence à l’encontre des femmes est une condition préalable pour réaliser l’égalité entre les sexes dans toute société de droit.  C’est pourquoi, la République tchèque appuie fermement tout effort contribuant à l’adoption des conclusions acceptées sur le thème prioritaire, à la fin de la présente session de la Commission de la condition de la femme.  Il a rappelé que son pays s’était doté d’un Plan d’action national en 2011 pour combattre la violence domestique, qui est l’une des formes les plus communes de violence dans son pays. 

Le suivi de l’application de ce Plan d’action est assuré par le Comité pour la prévention de la violence domestique qui comprend des experts indépendants, des représentants d’ONG et des fonctionnaires publics pour garantir son indépendance et le caractère multidisciplinaire des mesures prises, a précisé le Vice-Ministre.  Il a également passé en revue les différents textes de loi adoptés dans ce domaine.  Pour M. Dobeš, les échanges des meilleures pratiques entre différents pays sont essentiels pour pouvoir venir à bout du problème de la violence à l’encontre des femmes à l’échelle mondiale.  Dans ce cadre, son pays organise une manifestation parallèle avec le Pérou, la Zambie, ONU-Femmes et l’ONG norvégienne « Alternative à la violence », a-t-il indiqué.

Mme MIRSADA ČOLAKOVIĆ (Bosnie-Herzégovine) a plaidé en faveur de la ratification universelle de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.  Le Gouvernement de la Bosnie-Herzégovine, a-t-elle indiqué, a lancé un plan d’action visant à promouvoir l’égalité entre les sexes dans tous les secteurs de la société, notamment le marché du travail.  Elle a également cité le Plan d’action pour la communauté rom et l’adhésion de son pays à la Décennie pour l’inclusion sociale des Roms pour la période 2005-2015.  Mme Čolaković a précisé que les femmes roms participaient activement au sein du Comité rom, établi par le Conseil des ministres de la Bosnie-Herzégovine.

Mme MARCELA HUAITA, Vice-Ministre de la femme du Pérou, a indiqué que son pays avait adopté une politique publique dont l’objectif est l’élimination de toute forme de discrimination à l’encontre des femmes, conformément à ses obligations au titre de la Convention sur cette question.  Depuis 2011, le Code pénal péruvien sanctionne les « féminicides », le tourisme sexuel et le harcèlement sexuel, a-t-elle indiqué.  Mme Huaita a aussi parlé du Plan contre la violence pour la période 2009-2015, qui traite de la question de la violence à l’encontre des femmes de façon intersectorielle et vise à impliquer les communautés locales dans les actions menées. 

Dans 32 commissariats chargés de questions de la famille, des femmes agents de police reçoivent les femmes victimes de la violence et leurs enfants.  La Vice-Ministre a aussi indiqué qu’un programme de protection des victimes et des témoins de la traite des personnes avait été mis en place.  Des centres d’urgence pour les femmes ont également été créés afin de dispenser des services juridiques, psychologiques et sociaux.  En termes de ressources financières, elle a précisé que 20% du budget du Ministère de la femme et des populations vulnérables sont alloués pour les activités en matière de prévention de la violence à l’encontre des femmes.

Mme ROSSANA HERMOZA, Vice-Ministre pour l’égalité des femmes et la non-discrimination du Paraguay, a indiqué que le Ministère paraguayen des femmes avait créé deux postes de vice-ministre chargés respectivement de la promotion de la non-discrimination et de la protection des femmes.  À Asuncion, la capitale du Paraguay, un centre de protection a été établi pour offrir un appui juridique et toute une gamme d’autres services aux victimes de la violence.  Deux autres foyers sont en cours de construction dans le pays et une ligne téléphonique d’urgence a également été installée.  Mme Hermoza a aussi souligné le lancement de campagnes de sensibilisation à l’intention des hommes et des professionnels de l’éducation.  Le Gouvernement du Paraguay a en outre promulgué, au mois de décembre dernier, une loi contre la traite des personnes.  Mme Hermoza a ajouté qu’un projet de loi pour prévenir et sanctionner la violence contre les femmes est actuellement à l’examen au sein du parlement.

Mme NIURKA PALACIO, Vice-Ministre du développement social du Panama, a rappelé que son pays avait adopté en 2012 une politique pour l’égalité des chances afin de promouvoir la condition de la femme.  La mise en œuvre de cette politique est assurée par un réseau de mécanismes gouvernementaux.  Le Panama s’est également doté d’un plan national contre la violence domestique, d’une loi sur la violence conjugale et d’une autre sur les droits de la santé reproductive.  Des mesures sont prises pour renforcer les compétences des auxiliaires de justice afin qu’ils soient formés à ces questions, a indiqué la Vice-Ministre.  Elle a aussi mentionné l’existence de centres d’orientation et d’appui psychosocial et l’installation de lignes téléphoniques à numéro vert au Ministère du développement social, à l’Institut de la femme et au Cabinet présidentiel.  En 2011, une loi sur la traite avait été adoptée, a-t-elle ajouté.  Le Gouvernement travaille avec l’Institut des statistiques, ONU-Femmes et le Fonds des Nations Unies pour la population et le développement pour intégrer la parité dans l’élaboration d’outils permettant de mesurer l’impact des mesures adoptées.  Le Panama œuvre aussi en vue de mieux sensibiliser la société à la nécessité de mettre fin à la violence à l’encontre des femmes.  Enfin, la Vice-Ministre a assuré que son pays veillait au respect des femmes dans des situations particulières, comme les femmes autochtones, les femmes migrantes et les femmes handicapées.

Mme PRISCILLA JOSEPH MAKUACH, Vice-Ministre des femmes, des enfants et du bien-être social du Soudan du Sud, a indiqué que depuis la séparation de son pays du Soudan, plusieurs questions postréférendaires n’avaient toujours pas été résolues, à commencer par la question de l’autodétermination de la population d’Abyei.  Elle a précisé que l’insécurité dans cette région avait donné lieu au déplacement forcé des personnes, en particulier des femmes et des enfants, qui sont trop terrifiés pour regagner leurs villages.  Mme Kuch a également affirmé que 32 000 personnes, pour majorité des femmes et des fillettes, étaient retenues de force par les Misseriyas et soumises à des actes de violence.

La Vice-Ministre du Soudan du Sud a ensuite affirmé que l’égalité entre les sexes comptait parmi les principales priorités de son gouvernement.  L’égalité des femmes est consacrée dans la Constitution du Soudan du Sud, de même que leur droit d’obtenir un salaire égal pour un travail égal, ainsi que celui de participer sur un pied d’égalité à la vie publique et politique du pays.  Le Gouvernement a également adopté une politique pour l’autonomisation économique des femmes.  Mme Kuch a ensuite souhaité que les discussions sur l’élaboration de l’Agenda pour le développement post-2015 prennent en compte la corrélation entre le problème de la violence contre les femmes et le développement.

M. SHAIGAN SHAREEF MALIK, Secrétaire fédéral au Ministère des droits de l’homme du Pakistan, a présenté les efforts entrepris par son pays pour éliminer la violence à l’encontre des femmes et des filles et pour faire participer les femmes à la vie sociale et politique.  Il a souligné à cet égard que le Pakistan avait élu la première femme Premier Ministre dans le monde musulman et comptait 90 femmes parmi les membres du Parlement.  M. Malik a expliqué que les efforts en vue de l’autonomisation des femmes se concentrent sur la réduction de la féminisation de la pauvreté, l’élimination de la violence à l’encontre des femmes et la protection des droits de celles-ci.  Il a assuré que les hommes et les garçons étaient impliqués dans ces efforts. 

M. Malik a également parlé des mesures prises pour éliminer la traite des personnes et pour améliorer la santé génésique des femmes et des filles.  Le Parlement a créé une commission nationale de la condition de la femme qui passe en revue les lois sous l’angle de la parité et a approuvé un programme qui permet aux femmes d’acquérir des qualifications et de trouver un emploi, a indiqué M. Malik.  Le Gouvernement veille à donner des moyens aux agricultrices, notamment en les dotant de titres de propriété foncière.  Avant de conclure, il a indiqué que, pour honorer la lutte d’une fille pakistanaise pour le droit à l’éducation de toutes les filles au Pakistan, le Gouvernement a déclaré le 10 novembre « Journée de Malala » et 2013 a été déclarée « Année de la fille ».

Mme HIROKO HASHIMOTO (Japon) a indiqué que son gouvernement prenait des mesures pour mieux sensibiliser la société japonaise à la question de l’élimination de la violence à l’encontre des femmes.  Une loi sur la prévention de la violence conjugale et la protection des victimes a été adoptée.  Le Japon organise, chaque année entre le 12 et le 25 novembre, une campagne pour l’élimination de la violence faite aux femmes.  Des prospectus pédagogiques sont distribués auprès des jeunes et les professionnels de l’éducation sont appelés à suivre des programmes de formation, a indiqué la représentante.  Mme Hashimoto a également expliqué que de nouvelles mesures avaient été lancées pour combattre la violence à l’encontre des femmes dans les régions touchées par le tremblement de terre du 11 mars 2011.  Des bureaux chargés de services consultatifs ont été ouverts, de même que des abris temporaires d’urgence.  Les femmes peuvent également obtenir des soins auprès de professionnels hautement formés.

Mme Hashimoto a ensuite indiqué que sur le plan international, le Japon organisait chaque année, dans la sous-région du Mekong, des séminaires régionaux sur la prévention de la traite qui sont accompagnés de projets de prévention et d’aide aux victimes dans les pays concernés.  Le Japon s’est par ailleurs engagé à appuyer le Fonds d’affectation spéciale créé pour appuyer la lutte contre la violence à l’encontre des femmes, a assuré la représentante.

Mme GLORIA BENDER, Représentante internationale spéciale sur les questions des femmes au sein du Ministère des affaires étrangères de l’Argentine, s’est dite partisane d’une approche holistique systématique dans la lutte contre toutes les formes de violence à l’encontre des femmes et des filles.  Cette approche, a-t-elle dit, doit inclure des lois et des mesures appropriées mais aussi mettre l’accent sur la protection des victimes, sur la collecte de données et sur la réalisation d’enquêtes.  L’Argentine a ratifié la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et son Protocole facultatif, ainsi que la Convention interaméricaine sur la prévention, la répression et l’élimination de la violence contre la femme, dite Convention de Belém Pará.

Mme Bender a ensuite présenté plusieurs lois nationales qui ont pour objectif de lutter contre les violences faites aux femmes.  L’une d’elles étend, par exemple, la définition de la violence à des actes de nature psychologique ou économique, aux affaires patrimoniales et à la violence d’ordre symbolique.  En outre, le Code pénal argentin, amendé en novembre dernier, fait du « féminicide » une circonstance aggravante du meurtre.  Elle a ensuite mis l’accent sur la nécessité d’assurer une assistance d’urgence aux femmes victimes de la violence.  Après avoir lancé une ligne téléphonique d’urgence gratuite à Buenos Aires, l’Argentine mettra à disposition des victimes de la violence un numéro d’appel national –le 137– très prochainement. 

Depuis octobre dernier, le Ministère public argentin offre aux femmes le droit d’être représentées gratuitement par un avocat dans les affaires de violence.  D’autres initiatives permettent aussi de sensibiliser toutes les franges de la société, comme le programme « Ville sans violence à l’encontre des femmes », lancé dans la ville de Rosario, dans la province de Santa Fe.  Concernant la collecte des données, elle a cité un accord signé entre le Conseil des femmes de l’Argentine et l’Institut national des statistiques.  Cet accord devrait permettre d’établir un registre des cas de violences à l’encontre des femmes au niveau national. 

Mme SY DEFINE, Ministre de la condition de la femme du Cambodge, a déclaré que son pays avait contribué activement à l’adoption des Déclarations de l’ASEAN, de Vientiane en 2012, d’Hanoï en 2010 et de Jakarta en 2004, relatives à la promotion de la femme et leur autonomisation.  Elle a précisé que le Cambodge disposait d’une Constitution garantissant l’égalité entre les sexes et de lois sur la prévention de la violence domestique et la protection des victimes ainsi que sur la suppression de la traite des êtres humains et l’exploitation sexuelle.  Elle a cité le lancement d’un programme pilote en 2012 visant à assister les femmes victimes de la violence et les aider à ester en justice. 

Elle a indiqué que son ministère conduisait, par le biais d’un processus participatif et inclusif, le développement du deuxième plan national (2013-2017) visant à prévenir la violence à l’égard des femmes.  Elle a précisé que ce plan, axé sur plusieurs piliers –prévention primaire; protection et services juridiques; lois et politiques; capacités; suivi et évaluation– serait adopté en mai 2013 en s’appuyant sur les évaluations du premier plan national.  Elle a mis l’accent sur l’organisation de formations destinées au personnel de la fonction publique, aux autorités locales, ainsi qu’au secteur privé et à la société civile pour faire face à la violence à l’égard des femmes.  Elle a aussi insisté sur les études lancées par son gouvernement pour mieux identifier les causes et les conséquences de la violence à l’encontre des femmes.

Mme KADIGA ABUELGASIM HAG HAMAD, Sous-Secrétaire au Ministère du bien-être et de la sécurité sociale du Soudan, a rappelé que la Constitution soudanaise de 2005 avait accordé à la femme tous ses droits politiques, économiques et sociaux.  Le Gouvernement soudanais veut lutter contre la discrimination à l’égard des femmes par tous les moyens, a-t-elle assuré.  Le Soudan a adopté une stratégie nationale pour lutter contre la violence à l’encontre des femmes.  Par un décret, le Gouvernement a prévu d’augmenter le nombre de femmes agents de police et une unité spéciale de la police a été créée pour les questions relatives aux femmes et aux enfants.  La représentante a aussi parlé de ce qui est fait pour lutter contre la violence au Darfour et pour lutter contre le VIH/sida.  La Commission des droits de l’homme du Soudan compte beaucoup de femmes spécialisées sur ces questions, a-t-elle ajouté.  Mme Hamad a aussi signalé l’augmentation du nombre de femmes au Parlement et indiqué que 68,7% des filles et des femmes étaient scolarisées.  Avant de conclure, elle a plaidé pour la levée du blocus international imposé à son pays qui ralentit les efforts en vue d’améliorer la situation des femmes.

M. ALVYDAS PUODŽIUKAS (Lituanie) a souligné la nécessité d’adopter des mesures de prévention systémique pour enrayer le fléau qu’est la violence contre les femmes.  En 2012, un candidat lituanien avait été élu pour siéger comme expert au sein du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes pour la toute première fois de l’histoire du pays, s’est-il réjoui.  Le représentant a par ailleurs fait savoir qu’une loi sur la protection des victimes de violence domestique avait été promulguée par son gouvernement, lequel a décidé, compte tenu de la gravité de ce problème, d’en faire une question d’intérêt public.  Un nouveau cadre a été élaboré pour établir des centres d’assistance aux victimes.  M. Puodžiukas a précisé que 16 centres spécialisés existaient actuellement dans différentes municipalités du pays auprès desquels les victimes peuvent obtenir des conseils juridiques et un appui psychologique.

Mme RARINTHIP SIRORAT, Ministre du développement social et de la sécurité humaine de Thaïlande, a déclaré qu’en dépit des mesures prises, le défi principal est de changer la perception générale qui confine la violence à l’égard des femmes et des filles dans la sphère privée.  L’autre défi reste l’écart entre le cadre juridique et sa mise en œuvre.  Il y a aussi la structure patriarcale de la société qui établit un rapport inéquitable du pouvoir entre les hommes et les femmes favorisant ainsi les violences à l’égard des femmes.  Pour y remédier, le Gouvernement a concentré ses efforts sur le renforcement des capacités des fonctionnaires à tous les niveaux, notamment en ce qui concerne les questions des femmes.  Les officiers de police ont aussi reçu des formations sur la prise en charge des victimes pour qu’elles bénéficient d’une protection effective et pour que leurs cas soient traités avec professionnalisme.  Les droits de l’homme ont été en outre introduits dans le cursus de formation des futurs policiers. 

La Thaïlande a également placé la promotion de l’égalité des sexes au premier rang de son onzième Plan national de développement des femmes.  C’est ainsi que la Princesse Bajrakitiyabha Mahidol a été nommée Ambassadrice de bonne volonté de ONU-Femmes.  Par ailleurs, la Thaïlande joue un rôle actif au niveau international en prenant part dans la moitié de la campagne mondiale pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes en 2010.  En outre, le Secrétaire permanent du Ministère de la justice et le Procureur général ont rejoint le Réseau des hommes visant à mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles du Secrétaire général des Nations Unies.

Mme FAREEDA ABDULLA AL-OBAIDLY, Vice-Présidente du Conseil d’administration du Conseil suprême pour les affaires familiales du Qatar, a rappelé que son pays avait ratifié la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et la Convention sur la prévention de la criminalité transnationale organisée, et promulguée une série de lois sur la protection des femmes.  Nous avons aussi revu les lois sur la famille.  Le Gouvernement a en outre intégré la lutte contre la violence à l’encontre des femmes et des filles dans les différentes politiques nationales, faisant ainsi intervenir toutes les institutions nationales. 

La représentante a aussi parlé des services destinés aux femmes qui sont maintenant plus faciles d’accès.  Elle a mentionné les instances particulièrement impliquées dans la lutte contre la violence à l’encontre des femmes, comme l’Institution pour la protection de la femme et de l’enfant.  Le nombre de centres d’accueil pour les femmes a augmenté dans toutes les régions du pays, a-t-elle ajouté.  Enfin, elle a indiqué que le Qatar avait créé une commission chargée de revoir les lois relatives à la violence à l’encontre des femmes et des filles. 

Mme JANA LOVSIN, Directrice du Bureau pour l’égalité des chances de la Slovénie, a estimé que l’adoption de lois et de mesures visant à éliminer la violence contre les femmes doit être accompagnée de campagnes de sensibilisation et de formation.  Elle a ensuite affirmé que les femmes slovènes comptaient parmi les plus émancipées de l’Union européenne.  Plus de 65% des femmes sont employées à plein temps et 70% des juges du pays sont des femmes, s’est-t-elle félicitée.  La représentante a cependant fait savoir que malgré ces avancées, une étude récente avait révélé qu’une femme sur deux, âgée de 15 ans ou plus, avait été victime d’un acte violent au moins une fois dans sa vie.  Pour faire face à cette situation, Mme Lovsin a estimé qu’une attention toute particulière doit être accordée à l’élimination des normes et des stéréotypes discriminatoires.  La représentante a expliqué que ses concitoyennes se consacraient davantage aux responsabilités familiales que leur conjoint.  Le Gouvernement de la Slovénie a ainsi lancé une campagne en 2012 pour engager les hommes à participer davantage au partage des tâches.

Au niveau international, Mme Lovsin a estimé que la résolution 1325 du Conseil de sécurité devrait être pleinement mise en œuvre.  Elle a également estimé que la situation en Syrie devrait être renvoyée devant la Cour pénale internationale.

Mme SYLVIE DURRER (Suisse) a invité à s’attaquer aux causes profondes de la violence à l’encontre des femmes et des filles, c’est-à-dire aux inégalités entre les sexes.  Elle a souhaité que l’on accorde une attention particulière aux femmes victimes d’une double discrimination du fait de leur âge, de leur origine ethnique ou de leur religion.  L’éducation des filles est une condition préalable à l’autonomie des femmes, a-t-elle fait observer, en précisant que les filles devraient bénéficier d’une éducation éclairée et exempte de stéréotypes fondés sur le sexe.  La prévention de la violence à l’encontre des femmes passe aussi par le droit à la libre disposition de son corps et à l’accès à la contraception, a-t-elle estimé, en invitant à prévenir les grossesses non désirées et les avortements pratiqués dans des conditions insalubres. 

La Suisse rappelle que tous les États ont un devoir de diligence et doivent, à ce titre, mener les enquêtes et les poursuites nécessaires, afin de décourager la violence à l’encontre des femmes et des filles.  La représentante a aussi plaidé pour que soient garantis les droits des victimes à la réparation et à la réhabilitation.  La Suisse a élaboré un plan d’action national pour la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité, a-t-elle ajouté.  Au plan national, la Suisse accorde une attention à toutes les formes de violence à l’encontre des femmes et des filles et offre des services aux victimes.  La représentante a également parlé des programmes sociaux éducatifs qui visent à modifier les comportements et à éviter la récidive des auteurs de la violence.

Mme ANGESE GAILE (Lettonie) a appelé à des efforts, à une volonté politique et à un engagement fermes, au niveau international, pour traiter des causes sous-jacentes de la violence à l’encontre des femmes et des filles.  Elle a souligné que la participation politique des femmes et leur émancipation économique étaient essentielles pour établir des relations de respect et d’égalité dans la société.  La Lettonie, qui présidait le Conseil d’administration d’ONU-Femmes en 2013, réaffirme son engagement en faveur d’une plus grande participation politique et économique des femmes, aux niveaux national et international.  La Lettonie, a assuré sa représentante, est prête à se joindre à l’initiative « Partenariat pour un avenir égal » (« Equal Futures Parnership ») et pour contribuer à la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité.  Elle entend aussi prendre part à des projets similaires à ceux auxquels elle a contribué pour les femmes en Afghanistan et en Iraq.

Mme DORESDAY KENNETH LUI, Directrice des affaires féminines de Vanuatu, a rappelé qu’une étude réalisée, en 2010, dans son pays avait démontré que 60% des femmes interrogées avaient été victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur partenaire et 30% parmi elles disaient en outre avoir subi des abus sexuels avant l’âge de 15 ans.  C’est notamment l’une des raisons pour lesquelles l’égalité de sexes avait été intégrée dans le Plan national d’action de Vanuatu pour la période allant de 2012 à 2016.  L’objectif, a-t-elle précisé, est d’accélérer les efforts dans deux domaines: l’instauration d’un quota de 30% de femmes députées au Parlement et l’intégration de la dimension sexospécifique dans tous les processus de prise de décisions politiques du Gouvernement. 

Depuis 2009, Vanuatu est doté d’une « loi sur la protection de la famille », qui punit toute forme de violence basée sur le sexe.  Dans ce contexte, le Gouvernement de Vanuatu collabore actuellement avec les différentes communautés du pays afin de mettre en œuvre les dispositions de ce texte concernant les services juridiques et le soutien aux victimes.  En outre, le Centre pour les femmes de Vanuatu, une institution créée en 1992, fournit une assistance aux femmes victimes de violence.  Composé de 41 comités, ce Centre développe un réseau national de lutte contre cette forme de violence, et ce, avec l’aide des hommes, qui sont de plus en plus nombreux à s’investir dans cette lutte, a-t-elle précisé.

Mme SHEILA ROSEAU, Directrice exécutive de la Direction des affaires du genre d’ Antigua-et-Barbuda, a expliqué que son pays était sur la voie du progrès en termes d’élimination de toute forme de violence à l’encontre des femmes et de leur autonomisation.  Pour son gouvernement, tout investissement en ce sens joue un rôle de catalyseur pour le développement du pays.  L’une des priorités du Directorat des questions des femmes est précisément la lutte contre la violence dont elles sont toujours victimes, notamment la nouvelle loi de 2010 dont s’est doté le pays.  De plus, ONU-Femmes, par l’intermédiaire de son bureau régional dans les Caraïbes, a aidé le Gouvernement d’Antigua-et-Barbuda à formuler son plan d’action stratégique national pour éliminer la violence à l’encontre des femmes.  Ce plan a été approuvé par le Gouvernement en début d’année, a précisé la représentante.  Parmi les actions en cours, elle a cité la formation d’infirmières spécialisées dans la prise en charge de victimes de violences sexuelles et de violence domestique ainsi que la mise en place de cellule de soutien psychologique au sein des forces de police.

Mme HELENA REARDON-BOND, Directrice politique du Bureau gouvernemental pour l’égalité du Royaume-Uni, a souligné l’impact dévastateur des violences à l’encontre des femmes sur l’individu, mais également sur la société dans son ensemble, les services de santé, le système de justice pénale ainsi que sur l’économie d’un pays.  « Nous assurons un leadership tant au plan national qu’au plan international pour mettre un terme à la violence à l’encontre des femmes et des filles », a assuré la représentante.  Illustrant son propos, elle a expliqué que la stratégie nationale « Call to End Violence Against Women and Girls » était financée de manière régulière à hauteur de 40 millions de livres sterling pour assurer des services de spécialistes aux victimes de violence domestique, pour lancer des campagnes de sensibilisation et de prévention au niveau national, pour mettre en place des mesures interdisant les mariages forcés ou encore pour combattre le phénomène des mutilations génitales féminines. 

Pour Mme Reardon-Bond, l’inégalité entre les sexes est au cœur du problème de la violence contre les femmes.  Par conséquent, le Royaume-Uni cherche à assurer une plus grande participation des femmes aux niveaux politique et économique.  À cet égard, elle a cité les efforts en cours pour venir à bout des inégalités salariales entre hommes et femmes ou encore pour mettre en place la politique de congé parental flexible.  Pour ce qui est de l’action menée au plan international dans ce domaine, la représentante a expliqué que le Royaume-Uni apportait une aide directe aux victimes des violences dans le cadre de 21 de ses 28 programmes d’aide bilatérale.  Mme Reardon-Bond a souligné que les femmes étaient la clef du développement et de la croissance économique, mais pour qu’elles puissent participer pleinement au développement de leurs sociétés, « il faudrait qu’elles se sentent en sécurité, à la fois à la maison et à l’extérieur ».

Mme VIVIANA PAREDES MENDOZA, Vice-Ministre du service national pour les femmes du Chili, a parlé des différentes mesures législatives prises par le Gouvernement chilien depuis la création, en 1991, du Bureau national pour les questions des femmes (SERNAM) qui est le seul mécanisme pour la promotion de la femme dans le pays.  La création de tribunaux pour les familles dans le cadre de travail du SERNAM en fait partie.  Le Chili figure parmi les premiers pays au monde à adopter une telle mesure, s’est réjouie Mme Mendoza.  Elle a ajouté que la politique gouvernementale pour combattre les violences à l’égard des femmes avait fait reculer le nombre des meurtres des femmes qui est passé de 57 en 2008 à 34 en 2012, y compris les cas de meurtre d’adolescentes.  La campagne de prévention de la violence chez les jeunes explique en partie ce recul, a déclaré la Ministre.  Le Chili a également adopté, en 2011, la loi contre la traite des personnes.  Cette loi prévoit la création de centres d’accueil et prévoit la prise en charge des femmes victimes de la traite et de leurs enfants.  En 2013, le SERNAM prévoit d’ouvrir trois autres centres pour les femmes adultes victimes de violence sexuelle.  

M. MARTIN SAJDIK (Autriche) a présenté les mesures prises par son gouvernement pour éliminer la violence à l’encontre des femmes et des filles, en précisant que les organisations non gouvernementales avaient apporté une contribution importante à ces efforts.  Il a mentionné notamment une loi sur la violence domestique qui donne à la police le pouvoir d’expulser du domicile familial l’auteur de la violence.  En vertu de ce texte, la victime de la violence domestique reçoit une aide et est protégée contre toute atteinte à sa sécurité.  En 2009, le Code pénal autrichien a été amendé pour qualifier de crime la violence que subit de manière soutenue un membre de la famille.  La loi sur le harcèlement, qui date de 2006, prévoit des poursuites pénales, ainsi que des mesures renforcées sur le plan civil. 

Le représentant a affirmé que la tradition, les religions, les croyances et les pratiques coutumières ne peuvent en aucun cas justifier les violations des droits des femmes.  L’Autriche appuie les efforts internationaux visant à éliminer les pratiques préjudiciables aux femmes comme les mutilations génitales féminines, a-t-il indiqué.  Le représentant a aussi souligné l’importance d’un plan spécifique sur la traite des femmes, mis en place dans son pays.  L’Autriche contribue au Fonds d’affectation spéciale pour les personnes victimes de la traite des êtres humains de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, a-t-il ajouté, avant d’assurer que son gouvernement était fermement engagé en faveur de la campagne du Secrétaire général « Tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes ».

M. RODOLFO REYES RODRIGUEZ (Cuba) a, dans un premier temps, dénoncé les conséquences du blocus unilatéral imposé par les États-Unis sur les femmes.  Il a ensuite indiqué que les femmes cubaines représentaient 67% des diplômés universitaires, 65,6% des professionnels techniques et 56% des juges du pays.  Le représentant a par ailleurs fait savoir que des mesures intersectorielles avaient été prises par son gouvernement pour enrayer le problème de la violence à l’encontre des femmes.  Cette initiative repose sur la coordination des travaux de plusieurs ministères, notamment ceux de la santé, de l’éducation, de l’intérieur et de la justice, ainsi que du Centre national pour l’éducation sexuelle, le Centre d’études sur la femme et l’Institution nationale de radio et de télévision, a-t-il précisé.  La Fondation des femmes cubaines joue également un rôle important, a-t-il ajouté.  Le Gouvernement de Cuba, a aussi indiqué M. Rodriguez, œuvre actuellement pour intégrer une dimension de la prévention dans le droit interne du pays.

M. NÉSTOR OSORIO (Colombie) a indiqué que son pays avait adopté un cadre législatif solide pour permettre aux femmes de mieux participer à la vie sociale et politique.  Il a précisé qu’un plan d’action multisectoriel dans ce domaine impliquait 17 institutions nationales et 32 provinces.  Une loi garantit le droit des femmes à vivre à l’abri de la violence, a-t-il ajouté.  D’autres lois ont été adoptées pour assurer l’autonomisation des femmes, notamment en reconnaissant leur contribution non rémunérée et en prévoyant pour elles une couverture sociale.  En outre, des mesures ont été prises pour éliminer la violence à l’encontre des femmes et des filles.  Le Président de la Colombie a pour objectif de garantir la parité entre les hommes et les femmes, a-t-il assuré. 

M. Osorio a ensuite mentionné les services qui ont été mis en place pour les femmes et les filles, victimes de la violence conjugale et sexiste.  Toute personne peut dénoncer les violences conjugales, a-t-il précisé.  La Colombie a élaboré différentes stratégies pour détecter et prévenir la violence à l’encontre des femmes, pour favoriser l’éducation des filles et des femmes, pour prévenir le tourisme sexuel et pour encourager l’emploi des femmes.  Avant de conclure, le représentant a souligné l’engagement de son pays dans la campagne du Secrétaire général « Tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes ».

Mme MARIE-LOUISE POTTER (Seychelles) a rappelé que son gouvernement avait lancé, l’an dernier, une campagne de sensibilisation intitulée « Journée orange » qui engage le public à porter des vêtements de couleur orange, le 25 de chaque mois, pour attirer l’attention sur le problème de la violence à l’encontre des femmes et des filles.  Elle a également indiqué qu’une loi était en cours d’élaboration pour criminaliser la violence domestique.  En décembre dernier, un atelier de formation avait été organisé à l’intention des juges et des policiers du pays.

La représentante a ensuite indiqué que, selon une étude menée en 2006 dans les Seychelles, une femme sur quatre avait été victime au moins une fois dans sa vie de violence « modérée » de la part de son conjoint.  Cette étude a également conclu que la violence domestique touche 90% des femmes.  Mme Potter a ensuite rappelé que le Gouvernement des Seychelles avait lancé en 2010 une stratégie nationale pour la violence domestique, et que le tout premier plan d’action national en la matière était en cours d’élaboration.

M. RANKO VILOVIĆ (Croatie) a indiqué que son gouvernement avait établi, en 2010, un plan d’action national en application de la résolution 1325 du Conseil de sécurité.  Il s’est inquiété du fait que l’impunité pour les actes de violence sexuelle commis en temps de guerre demeurait élevée.  Les auteurs de ces actes doivent être traduits en justice car on ne peut tolérer le crime de viol, a-t-elle insisté.  Le représentant a ensuite mis l’accent sur l’importance de veiller à l’intégration d’une dimension sexospécifique au sein de tous les organes administratifs de l’État en veillant à une plus grande implication des hommes dans toutes les activités de promotion de l’égalité entre les sexes.  Il a souligné l’importance du rôle de l’éducation, qui permet non seulement d’assurer l’autonomisation des femmes, mais également de promouvoir la croissance économique et le bien-être des ménages.  M. Vilović a ensuite indiqué que son gouvernement travaillait actuellement à l’élaboration d’un plan d’action national pour veiller à la mise en œuvre de l’initiative internationale « Partenariat pour un avenir égal » (« Equal Futures Partnership »).

Mme SOON-YOUNG YOON, du Comité des organisations non gouvernementales de la Commission de la condition de la femme, a indiqué que plus de 5 000 participants d’organisations non gouvernementales (ONG) s’étaient portés bénévoles pour manifester aujourd’hui en face du Siège de l’ONU contre la violence à l’encontre des femmes.  Énumérant les différentes formes de violence à l’encontre des femmes et des filles, elle a dénoncé en particulier la traite des travailleurs migrants.  La représentante a ensuite présenté les conclusions du Forum des ONG qui a eu lieu le 3 mars et auquel ont participé plus de 800 représentants de la société civile et des gouvernements d’États Membres.  Trois messages ont été exprimés à cette occasion.  La représentante a expliqué tout d’abord que les principales causes de cette violence résidaient dans les inégalités entre les hommes et les femmes.  Elle a aussi appelé à mobiliser les médias et à utiliser la communication pour impliquer les jeunes, les hommes et les femmes dans la lutte contre la violence à l’encontre des femmes et des filles.  Il faut utiliser non seulement les réseaux sociaux mais aussi les méthodes plus traditionnelles et le dialogue direct, a-t-elle précisé.  Les ONG souhaitent quitter la présente session de la Commission avec un espoir nouveau, grâce à l’engagement des gouvernements en faveur de solutions novatrices, a-t-elle dit en conclusion.

Mme HARKRISTUTI HARKRISNOWO (Indonésie) a signalé que les femmes migrantes, les femmes handicapées, les femmes âgées ou encore les femmes atteintes du VIH/sida étaient particulièrement vulnérables à la violence.  Elle a ensuite indiqué que son pays disposait de plusieurs lois pour enrayer le fléau de la violence à l’encontre des femmes et des filles.  Des informations sur les services destinés aux victimes sont par ailleurs disponibles sur Internet et des centres de soins ont été ouverts dans plusieurs districts du pays, a-t-elle fait savoir.

La représentante a ensuite indiqué que 25% du budget national était consacré à l’éducation.  Le Gouvernement s’attache également à renforcer la capacité des centres de soins.  Des programmes de microfinancement ont également été élaborés à l’intention des femmes rurales.  Mme Harkrisnowo a également mis en avant la coopération du Gouvernement indonésien avec la société civile et les médias dans ce domaine.  Des programmes de lutte contre la traite et les pires formes de travail d’enfants existent également dans le pays, a-t-elle ajouté.

Mme ADRIENNE DIOP, représentante de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a indiqué que la CEDEAO continuait d’accorder une grande attention aux situations postconflit dans la région.  Les expériences ont montré que les hommes en uniforme ne peuvent seuls garantir le rétablissement de la paix et de la sécurité, a-t-elle noté.  Il faudrait que tous soient impliqués dans ces efforts, en précisant que les femmes y avaient un grand rôle à jouer.  « Nous travaillons avec nos partenaires au Mali pour que les femmes et les filles qui subissent des sévices sexuels bénéficient d’un appui suffisant », a-t-elle assuré.  La CEDEAO met aussi en œuvre des programmes d’appui en faveur des femmes agricultrices et de celles qui créent de petites entreprises.  La représentante a également parlé des efforts de la CEDEAO dans la lutte contre les mariages précoces, ainsi que pour augmenter le niveau de formation professionnelle des filles et des femmes.  Enfin, elle a mentionné la création du Centre de la CEDEAO pour le développement et la parité, qui siège à Dakar, au Sénégal.

Table ronde 3: Questions clefs d’égalité des sexes à inscrire dans le cadre du développement pour l’après-2015

La modératrice de la table ronde, Mme IRINA VELICHKO (Bélarus), Vice-Présidentede la Commission de la condition de la femme, a invité les participants à la table ronde à réfléchir sur les moyens permettant d’intégrer les questions des femmes dans l’Agenda pour le développement post-2015.  Comme il a été décidé, l’année dernière, à la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20), a-t-elle rappelé, des objectifs de développement durable doivent être fixés pour la période post-2015.  Comment intégrer l’égalité entre les hommes et les femmes au futur programme de développement durable?  Quels sont les objectifs et les indicateurs qui aideraient à promouvoir la responsabilisation dans ce domaine?  Comment faire pour que les mesures envisagées soient plus efficaces? a demandé Mme Velichko en lançant la discussion.

M. JOHN HENDRA, Sous-Secrétaire général et Directeur exécutif adjoint des politiques et programmes à ONU-Femmes, et Coprésident de l’Équipe spéciale du Groupe des Nations Unies pour le développement sur les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), a estimé qu’avant de se pencher sur l’élaboration du cadre post-2015, il est important de se pencher sur les réalisations et les retards dans la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Il a fait observer que les OMD étaient bien adaptés aux contextes et aux besoins locaux, en notant que les inégalités existant au sein d’un même pays n’étaient pas toujours clairement identifiées.  Les objectifs internationaux ont été considérés comme des objectifs nationaux et il y a également un déséquilibre entre les responsabilités des pays du Sud et les engagements des pays du Nord, a-t-il ajouté.  La question de la violence contre les femmes, qui est une des violations les plus graves des droits de l’homme, n’a pas été prise en compte.

M. Hendra a ensuite indiqué qu’un consensus émergeant prônait l’élaboration d’un Agenda pour le développement post-2015 qui soit fondé sur le respect des droits de l’homme.  Il a également rapporté que lors du Dialogue politique de Vienne sur l’égalité entre les sexes, qui a eu lieu au mois de décembre dernier dans le cadre des préparatifs pour la tenue, en 2014, du Forum pour la coopération en matière de développement, des appels avaient été lancés pour définir un objectif sur la seule question des femmes et pour intégrer également une perspective sexospécifique dans tous les autres aspects de l’agenda.  Le Sous-Secrétaire général a aussi affirmé qu’un consensus s’était dégagé pour réaffirmer que les dispositions de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes constituent les normes minimales sur la base desquelles il faudrait établir l’ensemble des objectifs de l’Agenda pour le développement post-2015.

Le nouveau cadre et l’objectif concernant la question des femmes doivent avoir pour objectif d’éliminer la violence dont les femmes et les filles sont victimes, a-t-il souligné.  Les terribles exemples de ces actes de violence, s’ajoutant aux défaillances des systèmes judiciaires et des forces de l’ordre se font ressentir dans toutes les sociétés et à tous les niveaux du développement, s’est-il indigné.  À l’instar de la Directrice exécutive d’ONU-Femmes, Mme Michelle Bachelet, le Sous-Secrétaire général a souligné que la fin de la violence contre les femmes représentait en effet « l’OMD manquant ».  C’est pourquoi, il est important de l’intégrer à tout nouveau cadre pour le développement, a estimé M. Hendra.  Il a également estimé que cet objectif pour la question des femmes devrait permettre d’élargir les choix et les opportunités pour les femmes, leur permettre de participer pleinement aux processus de prise de décisions, et de définir des indicateurs précis, ventilés par sexe, âge, revenus et emplacement géographique.

« Il est essentiel d’établir un objectif pour l’égalité entre les sexes car c’est seulement lorsque nous aurons créé un agenda pour le développement, fondé sur le plein respect des droits de l’homme, que l’on pourra créer un monde exempt de discrimination et de violence où hommes et femmes, filles et garçons pourront vivre dans la dignité et être capables de faire leurs propres choix », a souligné M. Hendra.

Mme ANITA NAYAR, Membre du Comité exécutif de « Development Alternatives with Women for a New Era » (DAWN), a analysé les résultats de concertations résultant de trois mécanismes.  Elle a d’abord présenté les conclusions d’un groupe d’experts convoqués par ONU-Femmes, qui se sont interrogés sur les moyens d’aller au-delà du troisième Objectif du Millénaire pour le développement, relatif à l’égalité entre les hommes et les femmes.  Les droits des femmes doivent constituer un objectif à part entière, ont exprimé les experts, afin de parvenir à l’élimination de toute forme de violence à l’encontre des femmes et toute discrimination à leur égard.  D’autres questions, comme le partage des ressources, devront être intégrées dans le programme de développement pour l’après-2015.  Mme Nayar a aussi rendu compte des discussions qui ont eu lieu lors du Dialogue Asie-Pacifique sur la base du rapport de la Banque asiatique de développement (BAsD) qui considère les réformes économiques comme des facteurs d’inégalités dans la région.  Il n’y a pas de lien entre la croissance économique et le développement en ce qui concerne les femmes, a expliqué l’experte.  Malgré la réduction du taux de pauvreté en Inde et en Chine, les femmes continuent à être plus pauvres que les hommes.  C’est pourquoi, il faudrait adopter des politiques économiques globales qui prévoient des systèmes de protection sociale offrant aux femmes des services de santé reproductive, a-t-elle recommandé. 

En ce qui concerne la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20), l’experte a regretté que les États Membres n’aient pas traité de la question des femmes dans le domaine de l’agriculture.  Elle a souhaité que les gouvernements s’attaquent au problème de la sécurité alimentaire qui est une source d’inégalités pour les femmes.  Elle a aussi relevé que Rio+20 n’avait pas établi de lien entre l’égalité entre les sexes et les changements climatiques.  On sait pourtant que les femmes jouent un rôle essentiel dans les efforts de réduction des émissions de carbone, a-t-elle fait observer.  Par ailleurs, Mme Nayar a estimé qu’il n’y avait aucune raison pour négocier les droits à la santé reproductive des femmes, comme cela avait été le cas à Rio.  « Mon corps n’est pas un champ de bataille politique », a-t-elle lancé en reprenant un slogan.  Le programme de développement pour l’après-2015 sera-t-il pertinent dans le contexte de crise actuelle? s’est interrogée Mme Nayar.  Il est important, a-t-elle estimé, de lutter contre la distribution inique des biens, qu’il s’agisse des terres ou de la propriété intellectuelle.  Il n’y a pas d’investissements suffisants en faveur des droits des femmes, a-t-elle regretté, en espérant cependant que l’Agenda pour le développement post-2015 comblerait cette lacune.

Mme CAREN GROWN, économiste à l’American University et Conseillère sur le genre à l’Agence américaine pour le développement international, a insisté sur la nécessité de prendre des mesures pour que les priorités stratégiques en matière d’égalité entre les sexes et de développement soient traduites en actes.  Elle a également estimé que les pays devraient disposer d’une marge de manœuvre suffisante pour décider des politiques à adopter.  Il faudrait, a-t-elle souligné, créer des mécanismes de reddition des comptes efficaces.  Les actions devraient être axées sur des résultats, notamment en matière d’éducation secondaire, de réduction du taux de mortalité maternelle, d’accès des femmes à la technologie, et également pour éliminer les écarts entre hommes et femmes en matière d’accès à la propriété et de revenus.  Il faudrait aussi plus de femmes à la tête d’entreprises et dans les processus de prise de décisions, sans toutefois oublier la lutte contre la violence dont sont victimes les femmes et les filles, a-t-elle ajouté.

Les inégalités structurelles entre hommes et femmes exacerbent la féminisation de la pauvreté et la pauvreté des femmes contribue, à son tour, à renforcer l’inégalité entre les sexes, a fait observer Mme Grown.  Elle a cependant noté que cela n’entrait pas toujours en compte dans les discussions sur l’élimination de la pauvreté extrême.  La panéliste a également regretté qu’à ce jour, seulement deux pays ont procédé à une collecte de données ventilées par sexe sur la propriété des terres et autres biens immobiliers et sur les acquis financiers.  Elle a également déploré l’absence d’indicateurs sur la qualité de participation des femmes à la vie publique et politique de leur pays et sur leur capacité à prendre part au processus de prise de décisions à tous les niveaux.  Les pays doivent aussi explorer les moyens de mobiliser davantage de ressources pour financer les mesures prises en faveur des femmes, a-t-elle dit avant de conclure.

Dialogue interactif

Au cours du débat qui a suivi les interventions des experts, les délégations et de nombreux représentants d’organisations non gouvernementales ont prôné une intégration de toutes les questions de genre dans le programme de développement pour l’après-2015, en insistant particulièrement sur la nécessité de remédier aux causes sous-jacentes de la violence à l’encontre des femmes.  Ils ont notamment recommandé de définir des objectifs précis pour pallier le manque d’éducation des femmes et des filles, le manque d’accès aux services de santé sexuelle et reproductive, ainsi que pour éliminer les obstacles à l’autonomisation des femmes.

« Il faut saisir l’occasion qui nous est donnée pour placer l’égalité des sexes au centre du futur programme de développement », a posé d’emblée le représentant des Philippines.  La représentante de la Suisse a appelé à une « forte intégration » des questions de l’égalité entre les sexes dans les futurs objectifs de développement durable.  Il faut aussi que les femmes jouent un rôle central dans l’élaboration de ce programme, a demandé la représentante de l’Italie, à l’instar de la représentante de la Coalition des femmes pour l’après-2015 qui a insisté sur la nécessité d’écouter la voix des femmes dans un débat qui est, a-t-elle rappelé, dominé par les hommes.

« Il ne faut pas se contenter de reprendre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et d’en ajouter d’autres », a demandé la représentante du Forum Asie-Pacifique, plaidant pour une réelle responsabilisation et des engagements précis de la part des États, notamment pour la redistribution des terres au profit des femmes, question également chère à la représentante de Womenin Law and Development in Africa (WILDAF).  Il faut toutefois respecter une certaine continuité avec les OMD, a rappelé la représentante de l’Australie.  Le représentant d’ONU-Femmes a estimé que l’Agenda pour le développement post-2015 devrait être universel et privilégier la qualité plutôt que la quantité.

Dans la définition des futurs objectifs de développement durable, il faudrait prendre en compte les causes de la violence à l’encontre des femmes, a dit le représentant de l’Union européenne.  Il faut également « s’attaquer aux causes sous-jacentes de la violence sexuelle et sexiste », a ajouté le représentant du Royaume-Uni qui a appelé à promouvoir des transformations de fond dans la vie des femmes et des filles.  Les OMD ne se sont pas attaqués aux causes profondes des inégalités, a reconnu la représentante de la Norvège, qui s’exprimait au nom des autres pays nordiques.  Elle a souhaité que le nouveau cadre de développement reflète notamment les droits à la santé sexuelle et reproductive.  Ces droits ont été invoqués par de nombreux intervenants qui ont appelé à laisser les femmes et les filles contrôler leur corps et prendre les décisions qui les concernent.

Le représentant de l’Union européenne a plaidé pour l’intégration de l’éducation des femmes et des filles dans l’Agenda pour le développement post-2015.  La représentante de la Thaïlande a toutefois averti qu’une éducation émaillée de stéréotypes risquait de faire obstacle aux efforts en faveur de l’égalité des sexes.  Plaidant également pour l’élimination des stéréotypes concernant les femmes et les filles, le représentant de Malte a demandé de faire davantage participer les hommes à la vie de famille.

Les représentantes de la Norvège, de la Suisse, parmi d’autres, ont demandé de mettre l’accent sur la participation des femmes à la vie sociale et politique.  Sans cette participation, les efforts d’autonomisation des femmes resteront insuffisants, a expliqué leur homologue du Zimbabwe.  Le représentant de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a préconisé une participation plus active des femmes à la préparation et à la gestion des catastrophes naturelles.  Le représentant d’ONU-Femmes a signalé quelques progrès en matière de représentation des femmes dans la politique.

Quelles sont les activités à développer pour que la voix des femmes soit mieux entendue, a demandé la représentante d’Israël?  Quels sont les indicateurs qui renseignent efficacement sur l’égalité entre les sexes, ont voulu savoir les représentantes du Maroc et de la Suisse.  « Nous n’avons pas assez d’informations sur la participation des femmes dans les instances locales ou sur les taux de femmes diplômées de l’enseignement supérieur », a fait remarquer la représentante d’American University.

« Il faut aider l’Afrique à atteindre les objectifs de développement », a lancé pour sa part la représentante de l’Afrique du Sud, en attirant l’attention sur la condition des femmes sahéliennes qui ont du mal à atteindre les OMD.  Elle a souligné la nécessité d’offrir à ces femmes des soins de santé gratuits pendant la grossesse, ce qui permet une diminution du taux de prévalence du sida.  Les OMD seront évalués de manière mitigée dans un cas comme le nôtre à cause des conséquences des conflits, a fait observer le représentant de la République démocratique du Congo.  La représentante du Nigéria a évoqué, quant à elle, le grave problème de la mortalité maternelle en Afrique, qui est « une sorte de roulette russe » car une femme ne sait jamais si elle va survivre à un accouchement.  Elle a également regretté que les discussions n’aient pas abordé la question des femmes handicapées.

La représentante d’El Salvador a proposé d’intégrer les trois dimensions – politique, économique et physique, de l’autonomie des femmes dans l’Agenda pour le développement post-2015, idée qu’a partagée le représentant de la Chine qui a mis l’accent sur l’élimination de la pauvreté.  La représentante du Brésil a proposé de considérer le travail invisible des femmes comme un travail productif.  De nombreux États intègrent le travail non rémunéré dans la comptabilisation du revenu national, a répondu la représentante d’American University.  Enfin, la représentante de la République islamique d’Iran a demandé de respecter davantage les identités nationales et souligné la nécessité de respecter la famille, qui est la base de la société.

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