Le Comité des ONG doute des théories de « Law Enforcement Against Prohibition » et recommande le statut consultatif spécial pour 53 organisations

21 mai 2013
ECOSOC/6577-ONG/771

Le Comité des ONG doute des théories de « Law Enforcement Against Prohibition » et recommande le statut consultatif spécial pour 53 organisations

21/5/2013
Conseil économique et social
ECOSOC/6577 ONG/771
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Comité des organisations non gouvernementales

Reprise de la session de 2013

19e & 20e séances – matin & après-midi

LE COMITÉ DES ONG DOUTE DES THÉORIES DE « LAW ENFORCEMENT AGAINST PROHIBITION »

ET RECOMMANDE LE STATUT CONSULTATIF SPÉCIAL POUR 53 ORGANISATIONS

Le Comité chargé des ONG a eu aujourd’hui un dialogue avec cinq organisations non gouvernementales dont « Law Enforcement Against Prohobition Educational Fund »des États-Unis, qui, majoritairement composées d’anciens officiers de la brigade des stupéfiants, se bat pour un « système de légalisation et de règlementation » du commerce de la drogue. 

Les cinq ONG avec lesquelles le Comité a dialogué aujourd’hui ont rejoint les 12 autres qui devront encore attendre une décision sur l’obtention ou non du statut demandé auprès du Conseil économique et social (ECOSOC).  En revanche, le Comité a recommandé à l’ECOSOC d’octroyer le statut consultatif spécial à 53 ONG. 

Au deuxième jour de sa reprise de session, le Comité des ONG a entendu « Law Enforcement Against Prohobition Educational Fund » arguer qu’un « système de légalisation et de réglementation » du commerce de la drogue pourrait mettre fin à laviolence, mieux protéger les droits de l’homme, réduire les taux de criminalité et considérer les toxicomanes comme les malades qu’ils sont.  

Il y a d’autres alternatives que la « guerre contre la drogue », a affirmé l’ONG qui démontre ses théories par le fait qu’en 42 ans, les États-Unis ont investi 1 000 milliards de dollars contre la drogue, sans résultat probant.  Si cet argent avait été consacré à l’éducation des toxicomanes, à leur réinsertion sociale et aux soins de santé dont ils ont besoin, on n’en serait pas là, a tranché l’ONG.  Les membres du Comité, dont l’Inde, ont douté de l’efficacité de cette perspective « sanitaire » pour faire disparaître des grands centres de production qui manipulent des « sommes astronomiques » par an.

Le Comité peut recommander à l’ECOSOC l’octroi du statut consultatif général, du statut consultatif spécial ou de l’inscription sur la Liste.

Le statut consultatif général concerne les ONG qui poursuivent des activités couvrant la plupart des domaines d’action du Conseil économique et social.  Ces ONG sont autorisées à soumettre au Conseil des communications écrites et des pétitions, et à proposer l’inscription de points à l’ordre du jour du Conseil et de ses organes subsidiaires.

Le statut consultatif spécial concerne, quant à lui, des ONG internationalement reconnues pour leur compétence particulière dans certains domaines d’activité du Conseil.  Elles peuvent également soumettre des communications écrites et des pétitions.  L’inscription sur la Liste concerne les ONG qui contribuent de temps à autre aux travaux du Conseil.  Elles ne peuvent soumettre au Conseil que des communications écrites.

Le Comité des ONG poursuivra ses travaux demain, mercredi 22 mai, à partir de 10 heures.

OCTROI DU STATUT CONSULTATIF SPÉCIAL

Le Comité des ONG a recommandé l’octroi du statut consultatif spécial aux 53 ONG suivantes:

Association Togolaise d’Etude de Recherche et d’Appui au Développement Humain Durable (ASTERADHD)- (Togo)

Groupe d’action pour la Protection et la Promotion de la Flore et la Faune- (Bénin)

HEDA Resource Centre- (Nigéria)

Ideal World Foundation- ( Ghana)

Impacto Asociaciun Civil- (Argentine)

Indian Dreams Foundation- (Inde)

Inter-Faith Vision Foundation Cameroon- ( Cameroun)

Jeunes Volontaires pour l’Environnement- (Togo)

Jordanian Women Union- (Jordanie)

Lift Up Care Foundation- (Nigéria)

Maasai Youth Outreach Organization (MAYOO)- ( Kenya)

Merciful Assistance Foundation- (Nigéria)

Network for Women’s Rights in Ghana- ( Ghana)

Prevention Association of Social Harms (PASH)- ( Iran)

Rede Latino Americana de OrganizaA?es N,,o Governamentais de Pessoas com Deficilncia e suas Familias (RIADIS)- (Brésil)

Rescue and Hope “RAH”- (Bénin)

Sadguru Sadafaldeo Vihangam Yoga Sansthan- (Inde)

Scouts du Niger- (Niger)

Sustainable Rural Community Development Organization (SURCOD) Limited- ( Malawi)

Technical Centre for Fine Art and Computer Studies CIG- ( Cameroun)

The Competitiveness Company Limited- (Jamaïque)

The Islamic Foundation- ( Kenya)

Women Awareness Center Nepal- (Népal)

Youngstars Foundation International- (Nigéria)

Youth Alliance for Leadership and Development in Africa- ( Botswana)

Youth Path Organisation- ( Ghana)

Aboriginal and Torres Strait Islander Corporation Family Violence Prevention and Legal Service (Victoria)- (Australie)

Action for Peace through Prayer and Aid- (États-Unis)

Aequalia- (France)

African Artists for Development- (France)

AIDS Vaccine Advocacy Coalition- (États-Unis)

Akademisko Drustvo za Medunarodne Odnose- (Bosnie et Herzégovine)

Alsalam Foundation- (Royaume-Uni)

American Diabetes Association Inc- (États-Unis)

Arab African American Womens’ Leadership Council Inc. – (États-Unis)

Association pour de Développement des initiatives citoyennes et européennes- (France)

Auspice Stella- (France)

Centro Mexico de Derecho Ambiental A.C.,- (Mexique)

Conserve Africa Foundation- (Royaume-Uni) 

Eastern Alliance for Safe Sustainable Transport- (Royaume-Uni) 

Ecumenical Advocacy Alliance- (Suisse)

European Window Film Association- (Belgique)

Fondation pour le Dialogue des Civilisations- (Suisse)

Foundation for Autism Support and Training- (États-Unis)

Global Campaign for Climate Change- (Canada- Gouvernement du Québec)

Global Environment & Technology Foundation- (États-Unis)

Global Political Trends Center- (Turquie)

Groupe d’économie solidaire du Québec- (Québec)

Help A Child Africa- (Royaume-Uni)

Imam Mahdi Association of Marjaeta, Inc. – (États-Unis)

Institute for Conflict Transformation and Peacebuilding- (Suisse)

International Federation of Hard of Hearing Young People- (Italie)

Karabakh Foundation- (États-Unis). 

DEMANDES DONT L’EXAMEN A ÉTÉ REPORTÉ

Les 12 ONG suivantes ont vu l’examen de leur demande reporté dans l’attente des réponses aux questions posées aujourd’hui par les membres du Comité:

S’adressant à Hope Foundation NGO (République démocratique du Congo), Cuba a voulu savoir si cette ONG a un site Internet et une adresse électronique tandis que le Nicaragua a posé des questions sur l’équilibre financier de l’ONG dont les recettes sont de 800 dollars alors que les dépenses se chiffrent à 7 000 dollars?  À l’ONG Jssor Youth Organization (Iraq), le Maroc a demandé un nouveau certificat d’enregistrement étant donné que le certificat actuel date de 2009 et n’est valide pour deux ans. 

Natural Justice (Afrique du Sud) devra aussi apporter à Cuba des précisions sur ses activités en Amérique latine tandis que Non-governmental Organization Federation of Nepal devra expliquer au Pakistan comment elle préserve son indépendance vis-à-vis du Gouvernement népalais.  Le Pakistan avait également une question pour Operation ASHA (Inde), qui devra répondre de son budget « en mettant en relief les dépenses ».  The Ark Foundation Company, (Ghana) a été invitée par le Maroc à s’expliquer sur « l’énorme écart entre un revenu de 106 000 dollars et des dépenses de 294 000 dollars ».  Que fait l’ONG pour redresser cette situation?  S’adressant à Zanjireh Omid Charity Institute (République islamique d’Iran), le Nicaragua a noté que l’ONG prétend être « internationale » alors que ses membres sont tous des Nicaraguayens qui travaillent au Nicaragua.  Quel peut être le degré d’indépendance d’une ONG dont le sponsor est le Gouvernement? 

La Chine a demandé des précisions sur les « erreurs » dans les dossiers financiers de l’ONG pendant que Cuba notait également des « irrégularités » s’agissant des donateurs.  Le Nicaragua avait également une question pour Curia Generaliza Agostinia (Italie) s’agissant de sa présence en Amérique latine.  Cuba a souhaité savoir le genre d’activités et le type d’organisations avec lesquelles l’ONG travaille sur le terrain. 

Pour ce qui est de IBUKA-Mémoire et Justice - Section Suisse, le Nicaragua a demandé comment elle pouvait mener ses activités avec un déficit de 15 000 dollars?  La Fédération de Russie a voulu connaître les critères utilisés par Institute for Economics and Peace Limited (Australie) pour établir le classement des États qui figure dans son dossier.  Cuba a aussi posé des questions sur les ressources financières d’International MotherBaby Childbirth Organization Inc, (États-Unis). 

La Turquie a voulu des clarifications sur la composition du conseil d’administration de Catholic Family and Human Rights Institute, Inc. (États-Unis). 

DIALOGUE INTERACTIF AVEC LES ONG

Le Comité a entendu l’ONG Ambedkar Center for Justice and Peace (Inde) expliquer que depuis sa création en 2003, elle a mené de nombreux projets dans les domaines de l’éducation et de l’appui aux personnes déplacées à Bombay.  À une question de la Chine, elle a expliqué qu’une ONG ayant un nom similaire, mais qui siégeant aux États-Unis, avait fait une demande d’accréditation qui lui avait été refusée.  Le Soudan a insisté sur l’importance de clarifier cette question de nom, avant que la Chine ne soulève une autre question, celle des fonds obtenus par l’ONG du Gouvernement indien.

En réponse à une autre question de la Chine, l’ONG Domestic and Foreign Missionary Society of the Protestant Episcopal Church in the United States of America (États-Unis) a indiqué qu’elle reconnait le Tibet comme une région autonome de la Chine et que des changements sont en train d’être apportés à son site Internet.

L’ONG Grupo de Mujeres de la Argentina - Foro de VIH, mujeres y familia (Argentine) a passé en revue les grandes lignes de ses activités qui portent, entre autres, sur la lutte contre la traite et pour l’éducation dans les prisons.  À la question du Nicaragua, elle a précisé que son site Internet comporte la liste de toutes les activités effectuées depuis 2002, et en réponse à Cuba, elle a indiqué qu’elle mène des activités menées en dehors de l’Amérique latine avec l’aide de plusieurs organisations féminines.  L’ONG forme également des universitaires pour les aider à trouver un emploi de retour chez eux.  Avez-vous une liste de ces organisations? a demandé Cuba.

À son tour, l’ONG Law Enforcement Against Prohibition Educational Fund (États-Unis) a indiqué qu’elle se consacre à la lutte contre la toxicomanie, avant de faire remarquer, qu’après avoir passé au peigne fin son site Internet, elle n’y a trouvé aucune référence à Taïwan.  Quelle est votre position sur le Tibet? a demandé la Chine.  L’ONG s’est dite prête à effectuer les changements demandés « à condition de savoir où les faire! ». 

En réponse à une question d’Israël, elle a affirmé qu’il existe d’autres alternatives pour lutter contre la toxicomanie que la « guerre contre la drogue ».  La réglementation du commerce de la drogue peut permettre de mettre un terme à la violence, d’aider les toxicomanes et de réduire de moitié les nouveaux cas d’hépatite et d’infection au VIH/sida.  Les cas d’overdose seraient également réduits de manière significative, a-t-elle assuré.  En 42 ans, 1 000 milliards de dollars ont été consacrés à la lutte contre la drogue aux États-Unis et la situation n’a fait qu’empirer.  Si cet argent était consacré non pas à la destruction des vies par l’incarcération mais à l’éducation, à la réinsertion et aux soins de santé, on n’en serait pas là, a affirmé l’ONG.

Mais l’industrie de la drogue engrange des sommes astronomiques par an et face à cela, on ne peut considérer la question de la drogue que sous l’angle sanitaire, a argué l’Inde pour qui la réglementation du commerce de la drogue ne permettra pas de faire disparaître les grands centres de production.  Cuba a voulu des précisions sur les projets concrets que l’ONG envisage de lancer pour lutter contre ce commerce.

Enfin, l’ONG Christian Solidarity Worldwide (Royaume-Uni) a dit travailler au nom de toutes les religions, en parlant de projets au Sri Lanka, au Myanmar ou encore au Nigéria où il s’est agi d’un plan d’action de lutte contre l’intolérance religieuse.  En réponse à la Chine, l’ONG a reconnu que Taïwan est une province de la Chine.  Le représentant chinois a toutefois constaté que sur la mappemonde qui figure sur le site Internet de l’ONG, Taïwan ne figure pas sur le territoire chinois.

Cuba a voulu des précisions sur les sources de financement de l’ONG et le Soudan a dénoncé le fait l’ONG se concentre principalement sur les rapports entre son pays et le Soudan du Sud.  L’affirmation selon laquelle des viols massifs ont été perpétrés au Soudan du Sud est fausse.  L’ONG a-t-elle un bureau au Darfour?  Le Soudan, a argué son représentant, est l’un des rares pays où on peut voir une coexistence harmonieuse entre les religions.  D’où vous viennent ces informations sur la discrimination dont seraient victimes les Chrétiens?

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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