Dans une salle rénovée, la Réunion de l’ECOSOC avec les institutions de Bretton Woods, l’OMC et la CNUCED s’ouvre dans un contexte économique mondial morose

22 avril 2013
ECOSOC/6567

Dans une salle rénovée, la Réunion de l’ECOSOC avec les institutions de Bretton Woods, l’OMC et la CNUCED s’ouvre dans un contexte économique mondial morose

22/04/2013
Conseil économique et social
ECOSOC/6567
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil économique et social

Réunion spéciale de haut niveau avec les institutions

de Bretton Woods, l’OMC et la CNUCED

6e et 7e séances – matin et après-midi


DANS UNE SALLE RÉNOVÉE, LA RÉUNION DE L’ECOSOC AVEC LES INSTITUTIONS DE BRETTON

WOODS, L’OMC ET LA CNUCED S’OUVRE DANS UN CONTEXTE ÉCONOMIQUE MONDIAL MOROSE


C’est dans le contexte d’un marasme économique affectant particulièrement les pays industrialisés, dont ceux de la zone euro1, que le Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) a ouvert ce matin sa Réunion spéciale de haut niveau avec les organismes issus des accords de Bretton Woods –Banque mondiale et Fonds monétaire international- l’Organisation mondiale du commerce (OMC), et la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED). 


Dans un climat marqué par les problèmes posés par les dettes souveraines qui affectent plusieurs pays d’Europe; la fragilité des systèmes bancaires de nombreux pays industrialisés; l’exercice de fortes pressions en faveur de l’instauration de la rigueur budgétaire en Europe et en Amérique du Nord, et une économie mondiale qui a connu un nouveau ralentissement généralisé en 2012, les délégations des États Membres et les représentants et experts des institutions financières et commerciales multilatérales étaient aujourd’hui invités à débattre des moyens de compenser la baisse des sources publiques d’aide au développement et d’assurer un financement prévisible du développement durable après 2015.     


Face aux restrictions budgétaires qu’impose la crise économique et fiscale dans les pays développés, et face à la diminution des ressources financières qui auraient dû faciliter la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) à l’orée de l’année 2015, M. Jan Eliasson, Vice-Secrétaire général des Nations Unies, a insisté sur le rôle que doit jouer le Conseil économique et social (ECOSOC) pour rassembler les efforts des États Membres afin de « promouvoir la cohérence, la coordination et la coopération dans le contexte du financement du développement durable et du programme de développement pour l’après-2015 ».  Après avoir souligné que l’élimination de la pauvreté est le défi le plus important à relever à travers le monde, M. Eliasson a aussi relevé que la Banque mondiale s’est fixée pour objectif de contribuer à l’éradication de la pauvreté extrême d’ici à l’année 2030. 


S’agissant de la cohérence et de la coordination, le Président du Conseil économique et social, M. Néstor Osorio (Colombie),a salué le premier pas qu’ont réalisé les États Membres lors de la Conférence Rio+20, qui a eu lieu au mois de juin 2012, afin de renforcer la responsabilité mutuelle en matière de développement durable au niveau mondial.  Cette responsabilité mutuelle et partagée est la base essentielle du partenariat mondial pour le développement, a rappelé M. Eliasson en se félicitant que Rio+20 ait instauré la conduite de l’examen ministériel annuel de l’ECOSOC tout en créant aussi le Forum biennal de haut niveau pour la coopération en matière de développement.


Cette première journée de débats de la rencontre ECOSOC-institutions de Bretton Woods-OMC et CNUCED, s’est articulée autour de la tenue de trois tables rondes thématiques.  La première a eu lieu dans la matinée sur le thème « cohérence, coordination et coopération dans le contexte du financement du développement durable et du programme de développement pour l’après-2015 ».  Les deux autres, qui ont suivi dans l’après-midi, ont porté sur « le financement du développement durable, notamment la mobilisation des capitaux privés, dans le cadre du suivi des conclusions de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable, tenue à Rio de Janeiro (Brésil), du 20 au 22 juin 2012 », et sur « le Partenariat mondial pour le développement dans le cadre du programme de développement pour l’après-2015 ». 


Le débat interactif portant sur la question: « situation et perspectives de l’économie mondiale au lendemain de la crise financière et économique mondiale » a vu les interventions liminaires du Premier Ministre des Îles Fidji, qui s’exprimait au nom du Groupe des 77 et de la Chine (G-77); du Vice-Premier Ministre du Kirghizistan, ainsi que de Ministres de la Colombie, du Soudan, de la Finlande, de la Suède, de l’Iran, et de la Bolivie.  Sont également intervenus le Commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, ainsi que les Gouverneurs de la Banque centrale de l’Autriche et de la Banque d’État du Pakistan. 


Alors que le représentant du secteur privé à cette rencontre a critiqué les mesures d’austérité, à ses yeux « responsables d’un déclin économique et social contagieux dans la zone euro », le Commissaire européen aux affaires économiques et monétaires a quant à lui estimé que ces mesures devraient permettre de ramener à un taux de 3% du PNB le niveau moyen du déficit public dont souffrent beaucoup d’États européens en 2013, contre 6% en 2012.  De son côté, le Ministre de l’économie et des finances de la Bolivie a appelé la communauté internationale à abandonner « l’orthodoxie capitaliste », en notant que la crise ne cessait de s’auto-alimenter depuis 2008 sans qu’aucune perspective de croissance ne soit perceptible à l’horizon.  La représentante de la société civile a jugé que le moment était venu d’instaurer une taxe sur les transactions financières, en notant que « la finance doit être au service du peuple et pas l’inverse ».  Enfin, mettant l’accent sur l’importance du commerce pour stimuler la croissance économique et mobiliser les ressources nécessaires au financement du développement et à la réalisation des OMD, le représentant de la CNUCED a demandé que le commerce soit considéré comme un pilier stratégique des objectifs de développement post-2015.


Au cours de la journée, l’Envoyé spécial et Représentant du Groupe de la Banque mondiale pour les OMD et les questions relatives au développement financier, M. Mahmoud Mohieldin, a fait une présentation du programme de développement pour l’après-2015, du point de vue de la Banque mondiale, en mettant l’accent sur le financement du développement.  Sont également intervenus aujourd’hui les représentants des parties prenantes institutionnelles, à savoir M. Mukhtar Tileuberdi (Kazakhstan), Président du Conseil du commerce et du développement de la CNUCED; M. Jorge Familiar Calderón, Vice-Président et Secrétaire exécutif du Groupe de la Banque mondiale et Secrétaire exécutif par intérim du Comité conjoint du développement Banque mondiale/FMI; Mme Patricia Alonso-Gamo, Secrétaire adjointe du Fonds monétaire international (FMI) et Secrétaire par intérim du Comité monétaire et financier international (CMFI); et M. Shishir Priyadarshi, Directeur de la Division du développement de l’OMC.


L’ouverture de la Réunion spéciale de haut niveau a été précédée d’une cérémonie d’inauguration de la salle rénovée de l’ECOSOC, après trois ans de travaux, qui a eu lieu en présence du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, et de la Ministre de la coopération internationale pour le développement de la Suède, Mme Gunilla Carlsson.  Mme Carlsson a rendu hommage à ses compatriotes qui ont participé à la rénovation, à savoir l’architecte, M. Swen Markelius, concepteur de l’aménagement intérieur, et l’artiste Ann Edholm, qui a conçu le rideau mural rouge et blanc symbolisant le dialogue et la coopération nécessaire entre les pays en développement et les pays industrialisés.  Avec humour, M. Ban Ki-Moon a rappelé que le plafond inachevé de cette salle vient nous rappeler que le travail de l’ONU est une tâche de longue haleine toujours en cours d’accomplissement. 


La Réunion spéciale de haut niveau poursuivra ses travaux demain matin à 10 heures, dans la salle rénovée de l’ECOSOC.


THÈME GÉNÉRAL: « COHÉRENCE, COORDINATION ET COOPÉRATION DANS LE CONTEXTE DU FINANCEMENT DU DÉVELOPPEMENT DURABLE ET DU PROGRAMME DE DÉVELOPPEMENT POUR L’APRÈS-2015 » (E/2013/52)


Déclarations liminaires


Dans ses observations liminaires, M. JAN ELIASSON, Vice-Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, a dit que les débats de cette Réunion de l’ECOSOC avec les institutions de Bretton Woods, l’Organisation mondiale du commerce et la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) auront un impact sur les conditions de vie de millions de personnes parmi les plus pauvres au monde.  En permettant aux populations de prospérer, nous surmonterons les facteurs à l’origine des risques qui menacent la paix, a-t-il ajouté avant de préciser qu’avec le développement économique et social, l’environnement des droits de l’homme ne pourra que s’améliorer.  Alors que la crise de l’emploi dans le monde s’est poursuivie sans relâche, certaines des conséquences les plus graves de ce chômage ne font qu’accroître les problèmes d’inégalité auxquels nous sommes confrontés à travers la planète, a dit le Vice-Secrétaire général.  L’élimination de la pauvreté est le défi le plus important à relever dans le monde, a-t-il ajouté en notant que le marasme économique mondial actuel s’accompagne d’un ralentissement de la lutte contre la pauvreté et de restrictions budgétaires qui affectent les investissements en faveur de l’éducation, de la santé, des services d’assainissement de base et d’autres domaines qui revêtent une importance cruciale pour la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement.  Dans ce contexte, il a rappelé que les pays en développement ont besoin d’un environnement international porteur qui attire l’investissement direct et d’une réelle aide au développement.  Il a encouragé tous les pays à atteindre l’engagement consistant à consacrer 0,7% de leur produit intérieur brut (PIB) à l’aide publique au développement (APD).  C’est essentiel, si nous souhaitons atteindre les OMD dans les 1 000 jours qui nous restent d’ici à la fin 2015, a-t-il souligné.  L’ECOSOC a adopté depuis longtemps une stratégie intégrée et globale par rapport au développement, s’est-il ensuite félicité en appelant à l’adoption et à la mise en œuvre de stratégies et de programmes appuyés par un cadre d’action et de mesures robustes. 


« Les partenariats seront indispensables », a poursuivi M. Eliasson en saluant la présence aujourd’hui à l’ONU des organismes issus des accords de Bretton Woods, de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et de la CNUCED.  Il a souligné l’importance d’investir dans l’assainissement qui est l’OMD dont la réalisation a pris le plus en retard et a souligné la référence que constitue à cet égard la résolution de l’Assemblée générale de 2010 sur l’assainissement.  Il a salué l’importance des travaux de l’ECOSOC dans la promotion de la coopération Sud-Sud.  Il a souligné l’importance du Forum pour la coopération en matière de développement, qui apparaît maintenant comme un cadre de responsabilisation mutuelle, et qui « pourrait jouer un rôle élargi en tant qu’élément moteur des efforts visant à responsabiliser davantage les pays et la communauté internationale dans le domaine de la coopération au service du développement ». 


M. NÉSTOR OSORIO (Colombie), Président du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC), a déclaré que l’économie mondiale peine toujours à se relever et que ses perspectives restent toujours décourageantes, cinq ans après le déclenchement de la crise financière mondiale de 2008.  Alors que de nombreux pays développés, en particulier dans la zone euro, continuent de connaître des problèmes de dette souveraine, des systèmes bancaires fragiles et des pressions en faveur de l’imposition de la rigueur budgétaire, les pays en développement, qui ont connu des taux de croissance économique importants, sont victimes aujourd’hui d’un fort ralentissement de cette croissance, et donc de la diminution de recettes fiscales indispensables à la réalisation des OMD.  Ces problèmes peuvent s’aggraver, a prévenu le Président de l’ECOSOC, en soulignant aussi l’impact des changements climatiques et des catastrophes naturelles sur les prix des denrées alimentaires.  « La politique fiscale mondiale doit être davantage contre-cyclique pour être plus équitable », a-t-il insisté avant d’appeler à une stratégie efficace en faveur du financement du développement durable. 


Par ailleurs, M. Osorio a jugé indispensable de pouvoir mobiliser et canaliser efficacement les ressources intérieures de chaque pays au bénéfice des activités productives.  Il a jugé essentiel d’aider les pays en développement et promouvoir la stabilité financière pour garantir des investissements dans les domaines essentiels en matière de développement durable.  Il faut financer davantage les petites et moyennes entreprises, a-t-il insisté en appelant à une alliance mondiale renouvelée en faveur du programme de développement pour la période de l’après-2015.  Si les OMD ont engrangé des résultats importants, le programme de développement post-2015 a, quant à lui, besoin d’une approche plus intégrée et systémique pour faire face aux défis à venir, a prévenu M. Osorio.  Il faut aller au-delà de ce qui a été convenu jusqu’à présent, a-t-il insisté avant d’appeler à garantir la cohérence des différentes politiques des États Membres. Le Président de l’ECOSOC a salué le premier pas réalisé par les États Membres, à Rio de Janeiro, en juin 2012 lors de la Conférence sur le développement durable Rio+20, pour renforcer la responsabilité mutuelle au niveau mondial –qui est la base essentielle du partenariat mondial pour le développement– en instaurant l’examen ministériel annuel du Conseil économique et social et en créant le Forum biennal de haut niveau pour la coopération en matière de développement.  Notant qu’il n’existe toujours pas de mécanisme à part entière de responsabilité mutuelle établi au niveau mondial, qui serait à composition universelle et à participation multipartite, M. Osorio a dit qu’un système efficace de gouvernance économique mondiale permettrait également, en assurant la participation de tous les acteurs concernés, à l’élaboration des politiques et au dialogue au niveau international, de renforcer le partenariat mondial pour le développement.  Il a dit que cette Réunion spéciale de haut niveau de l’ECOSOC avec les organismes issus des accords de Bretton Woods, l’OMC et la CNUCED, était une excellente occasion de discuter des meilleures pratiques pour accroître la cohérence la coordination et la coopération en ce domaine. 


Table ronde de haut niveau sur le thème: « Situation et perspective de l’économie mondiale au lendemain de la crise financière et économique mondiale »


M. COMMODORE JOSAIA VOREQE BAINIMARAMA, Premier Ministre des Îles Fidji, s’exprimant au nom du Groupe des 77 et la Chine (G77), a relevé que le monde a besoin d’une nouvelle architecture financière internationale afin de donner plus de voix aux pays en développement.  Il a souligné que les gouvernements nationaux doivent jouer un rôle central dans la mise en place du programme de développement mondial post-2015, cette année marquant la date buttoir de réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Il a également relevé que l’aide publique au développement (APD) demeure un outil important de développement, et a ensuite noté que le commerce est un outil vital pour le développement international. M. Bainimarama a souhaité l’avènement d’un nouveau cadre multilatéral d’échanges commerciaux plus juste.  Il a en outre plaidé pour la reprise du Cycle des négociations commerciales de Doha.   


M. DJOOMART OTORBAEV, Vice-Premier Ministre du Kirghizistan, a plaidé pour une amélioration de la gouvernance au sein des institutions financières internationales telles que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international.  Il a souhaité que les discussions sur les questions économiques d’intérêt international soient franches et sincères, afin que les pays en développement puissent trouver des solutions à leurs problèmes de développement.


M. MAURICIO CARDENAS SANTAMARIA, Ministre des finances et du crédit public de Colombie, a relevé que, grâce à des résultats économiques très positifs ces dernières années, la Colombie a réalisé la plupart des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Il a plaidé pour l’adoption de solutions économiques globales, et a souhaité une représentation plus juste des pays en développement au sein des institutions financières internationales.  Il a en outre plaidé pour que les pays en développement puissent mettre en place sur leurs territoires des infrastructures adéquates et investissent mieux dans le capital humain, afin d’avoir des économies compétitives et concurrentielles.  


M. OLLI REHN, Vice-Président de la Commission européenne et Commissaire aux affaires économiques et monétaires, a noté que l’Europe a mis en place des réformes structurelles pour pouvoir parvenir à une croissance durable.  Il a indiqué que ces efforts ont permis de faire passer les déficits budgétaires de la zone euro d’une moyenne de 6% en 2011 à 3% en 2012.  Il a relevé que la gouvernance économique a été renforcée dans l’Union européenne ces deux dernières années, ce qui aurait dû renforcer la crédibilité de la zone euro.  Il a affirmé que malgré la période de crise que connaît le monde en ce moment, l’Union européenne fera tous les efforts possibles pour tenir les promesses qu’elle a faites à travers le G-20, et il a rappelé que l’Union européenne reste le plus grand donateur en ce qui concerne l’APD.  Il a en outre souhaité un renforcement de la coopération entre les Nations Unies et le G-20, et avec les principales institutions financières internationales.  Il a conclu son intervention en souhaitant la mise en place de politiques plus avisées qui permettraient de relancer l’économie mondiale.


M. ABDUL-RAHMAN DIRAR, Ministre d’État, Ministre des finances et de l’économie nationale du Soudan, a plaidé pour que des mesures et des réformes qui permettraient aux pays les moins avancés (PMA) de pouvoir se développer soient adoptées et mises en œuvre.  Il a reconnu que le commerce et la coopération seront à la base de la promotion du développement au cours de la période post-2015.  Il a de ce fait relevé que les sanctions économiques ciblant certains pays sont injustes dans ce contexte.  Il a ajouté que les pays sortant de conflits ont des problèmes de développement plus importants que ceux qui se posent aux autres États, et il a annoncé la reprise de la coopération entre le Soudan et le Soudan du Sud.


Mme JUTTA URPILAINEN, Ministre des finances de la Finlande, a souhaité pour sa part que les investissements économiques et financiers puissent tenir compte des besoins des générations futures et de la protection de l’environnement.  Elle a regretté que le chômage des jeunes ait augmenté du fait de la crise économique post-2008, et elle a présenté une initiative de réinsertion de jeunes sans emploi menée en Finlande, qui consiste à offrir aux jeunes une formation adéquate et un emploi dès lors qu’ils passent plus de quatre mois au chômage.


M. EWALD NOWOTNY, Gouverneur de la Banque centrale de l’Autriche, a voulu rassuré l’opinion en soulignant que l’euro, en tant que monnaie, est un succès dans tous les pays où elle est en vigueur.  Il a expliqué que c’est la crise bancaire de 2008 qui a créé la crise économique actuelle, et que cela a conduit à la crise des dettes souveraines qui affecte les pays d’Europe.  Les gouvernements, a-t-il noté, ont dû investir pour sauver des banques, ce qui a contribué à creuser les déficits des États.  Il a suggéré la relance de la compétitivité afin de relancer les économies de la zone euro.


M. YASEEN ANWAR, Gouverneur de la Banque d’État du Pakistan, a relevé que du fait de la crise économique mondiale, le déclin dont souffrent les réserves monétaires nationales fait que les pays en développement n’ont pas assez de fonds pour assurer leurs dépenses publiques et l’investissement dans les infrastructures dont ils ont pourtant besoin.  Il a noté que le Pakistan est confronté à des problèmes particuliers, car le pays accueille près de 4 millions de refugiés et est également engagé dans la guerre contre le terrorisme.  Il a reconnu également que la parité des genres est d’une importance majeure pour le développement.  « Une nation ne peut se développer », a-t-il expliqué, « si 50% de sa population, les femmes, n’est pas prise en compte dans ses programmes économiques ».


Mme GUNILLA CARLSSON, Ministre de la coopération internationale pour le développement de la Suède, a souhaité l’avènement d’un monde dans lequel tous les habitants pourront jouir équitablement des ressources disponibles.  Pour ce faire elle a souhaité l’adoption de mesures de gouvernance plus adaptées aux besoins des populations par les gouvernements, et la mise en place de marchés libres et ouverts.  Elle a appelé également à un meilleur dialogue entre la Banque mondiale et les Nations Unies, ceci au niveau national, avec l’implication des Représentants-résidents de l’ONU.  Elle a également déclaré qu’en exploitant le potentiel des femmes et des filles, on pourrait trouver des solutions à la plupart des préoccupations économiques du monde.


M. SEYED SHAMSEDDIN HOSSEINI, Ministre des affaires économiques et des finances de la République islamique d’Iran, a indiqué que les programmes économiques menés à ce jour ont conduit à la destruction de l’environnement mondial.  Il a relevé que l’Iran a toujours mis l’accent sur les investissements dans les secteurs sociaux.  Cette politique, a-t-il noté, a permis de faire passer l’espérance de vie des Iraniens de 70 ans en 2000 à 73 ans en 2012.  Il a dénoncé l’injustice « dont est victime l’Iran de la part de la Banque mondiale », qui a mis fin à d’importants programmes de développement dans le pays.  Il a évoqué par la suite le droit de l’Iran à pouvoir utiliser de manière pacifique l’énergie nucléaire, et a souligné, en outre, que le Sommet des pays non alignés, tenu en Iran l’an dernier, a rappelé le rôle central de l’ECOSOC dans la gouvernance économique internationale.


M. LUIS ARCE CATACORA, Ministre de l’économie et des finances publiques de la Bolivie, a relevé que le système capitaliste était en crise.  Et ce capitalisme n’est pas en mesure d’apporter des solutions aux problèmes qu’il a créés, a-t-il noté.  La crise actuelle demande que l’on fasse preuve de créativité et que l’on prenne des mesures courageuses, a-t-il souligné.  Il a par exemple suggéré, comme solutions au marasme actuel, une taxe sur les transactions financières, le transfert de technologies vers les pays en développement, et l’augmentation de la taxation sur des secteurs économiques les plus stables, ainsi que la mise en place de filets de sécurité sociale.


M. MARK ESPAT, Envoyé spécial du Premier Ministre du Belize, a relevé que l’économie du Belize est petite et vulnérable, et qu’elle a besoin du soutien de la communauté internationale.  Il a salué la remise de dette dont le Belize a bénéficié et qui ont permis au pays d’atteindre un taux de croissance de 6% en 2012.  Il a ajouté que le G-20 et le G8 sont « de gros éléphants dont les mesures et décisions tendent à écraser les petites économies comme celle du Belize », et il a plaidé pour que les pays en développement soient soutenus dans leurs efforts de prévention des effets des catastrophes naturelles.


Débat interactif


Au cours de l’échange interactif qui a suivi ces présentations, la représentante de la Roumanie a souhaité que les réformes de l’architecture financière internationale puissent tenir compte du poids et du rôle que devraient jouer les nouvelles économies émergences.  Ensuite M. UWE BOTT de la Cross-Border Finance a plaidé pour une approche proactive dans la gestion des crises économiques, afin d’en atténuer les conséquences.  Le Représentant du Costa Rica a pour sa part demandé qu’elles étaient les mesures qu’ont prises les institutions financières internationales pour faire face aux changements climatiques. 


M. PAUL EGERTON, de l’Organisation météorologique internationale, a poursuivi dans la même veine en rappelant que les changements climatiques représentent le problème de développement le plus important de l’heure, notamment pour les pays en développement.  Il a souhaité un engagement plus fort de tous les pays afin qu’un accord soit trouvé dans les négociations portant sur une solution mondiale à la crise du réchauffement de la planète, afin de remplacer les engagements relatifs au Protocole de Kyoto qui arrive à expiration.


Mme EVA HANFSTANGL, de l’ONG Bread for the World-protestant Development Service, a regretté que les promesses d’assistance aux pays en développement faites au cours du Sommet du G-20 de Pittsburg (États-Unis) en 2009 restent toujours lettre morte.  Elle a également salué l’initiative de 11 pays européens qui ont adopté une taxe sur les transactions financières internationale, et a souhaité que d’autres pays suivent cet exemple. 


Mme BARBARA SAMUELS du Global Clearinghouse for Development Finance, a souhaité quant à elle la mise en place de mesures d’atténuation des risques économiques dans le cadre du programme de développement mondiale pour l’après 2015.  Elle a également souhaité la mise en place de centres d’atténuation des risques adaptés aux besoins des populations locales dans chaque pays.  Le représentant du Soudan a quant à lui regretté que les pays les plus pauvres soient souvent ceux qui sont aussi les plus endettés, et il a souhaité que l’ECOSOC puisse convoquer une conférence internationale sur la question de la dette. 


M. ADAM GREENE, du United states Council for international Business, a reconnu que l’impact de la crise mondiale varie d’un pays à un autre.  Il a relevé par exemple que certains pays émergents semblent connaître une croissance très rapide, alors que le contexte économique mondial semble morose.  Il a expliqué également que le développement devrait commencer par des initiatives nationales, avant de pouvoir compter sur les investissements directs étrangers et ensuite sur les ressources de l’APD, ce qui est contraire à l’approche prônée à ce jour.  



« Présentation du programme de développement pour l’après-2015 du point de vue de la Banque mondiale, en mettant l’accent sur le financement du développement »


Présentant le programme de développement mondial pour l’après-2015, tel que le voit la Banque mondiale, M. MAHMOUD MOHIELDIN, Représentant pour les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et les questions relatives au développement financier du Groupe de la Banque mondiale, a mis l’accent sur le financement du développement durable.  Il a cité ce qu’il a appelé les « cinq piliers des objectifs de développement post-2015 », à savoir: un nouvel esprit de partenariat; l’inclusion et l’égalité; l’attention prêtée à l’environnement; la bonne gouvernance; et les questions relatives à la paix, aux droits de l’homme, à la sécurité humaine et à tout ce qui a trait à la liberté de choix des individus.  Il a rappelé que l’élimination de la pauvreté d’ici à 2030 est la priorité de la Banque mondiale.  Il a cité aussi l’objectif de parvenir à une prospérité partagée, dans une égalité entre les personnes et l’égalité entre les sexes, avant de souligner l’importance de réduire les gaspillages et d’améliorer la résistance des institutions aux changements. 


« Au-delà des objectifs, nous avons besoin de moyens de mise en œuvre, et c’est là qu’entre en jeu la question du financement », a dit M. Mohieldin.  Nous avons besoin d’assurer la cohérence entre les institutions de développement ainsi qu’une réelle convergence entre les objectifs de développement durable et le programme de développement pour l’après-2015, a-t-il ajouté.  Il a dit que les institutions financières peuvent contribuer à la croissance économique en réduisant les coûts des transactions financières et non financières, et en réduisant les risques qui se posent parfois lors des transactions commerciales.  Il a indiqué que l’APD –125 milliards de dollars par an- ne représentait que 1% des 1 267 milliards de flux de capitaux allant vers les pays en développement en 2012. Au-delà de l’efficacité de l’APD et des principes de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide, il faut garantir que le secteur financier et privé soit stable et inclusif, a dit le représentant du Groupe de la Banque mondiale.  Il a rappelé qu’un dollar d’APD investi génère en moyenne 7 ou 8 dollars supplémentaires.


Déclarations des représentants intergouvernementaux des parties prenantes institutionnelles


M. MUKHTAR TILEUBERDI (Kazakhstan), Président du Conseil du commerce et du développement de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), a déclaré que « notre principale mission était de répondre aux aspirations des plus démunis et à leurs ambitions de réaliser tous leurs potentiels et leur autonomisation ».  Il a jugé important de s’appuyer sur les idées issues de la treizième session de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED XIII », qui s’est tenue à Doha, au Qatar, et de voir comment elles peuvent contribuer au débat d’aujourd’hui afin de mieux articuler le programme de développement pour l’après-2015.  Il a dit qu’un des moyens d’accélérer le développement et l’autonomisation des plus pauvres était le commerce.  Le commerce ouvre les horizons et accroît l’intégration, a-t-il dit en rappelant que le commerce est un moteur du développement et un moyen de mobilisation des ressources de financement du développement.  Il a rappelé que, dès sa première réunion en 1964, la CNUCED avait souligné l’importance des flux commerciaux pour éliminer les disparités entre les pays. 


Face à l’absence de progrès dans les négociations de l’OMC, il a souhaité que la communauté internationale garantisse que le système de l’architecture commerciale internationale reste un pilier du développement économique.  Ce message est encore plus important après une crise qui a frappé des économies dominées par les marchés financiers, a-t-il relevé.  Il a noté qu’il est important de garantir la cohérence de l’architecture économique internationale, en notant que le maillon faible de cette architecture est le système financier international, qui évolue tout seul de son côté, contrairement aux systèmes monétaire et commercial qui sont régulés.  Il ne faut par annihiler le système en place, mais il faut reformer la gouvernance économique mondiale, a-t-il insisté.  Il ne s’agit pas d’une utopie, mais il nous faut trouver des solutions mondiales à des problèmes mondiaux, a-t-il insisté.  Il a dit que la crise de la dette exige la mise en place d’un système de résolution transparent de l’endettement, afin d’éviter que la situation d’un pays n’ait des incidences négatives sur les pays voisins.  Il faut aider les pays en développement à s’intégrer au système économique mondial en améliorant leurs capacités de production, a-t-il d’autre part recommandé.  Il faut faire des efforts pour améliorer le financement de l’innovation dans les pays en développement, a-t-il dit en appelant à y promouvoir l’éducation, la science, la technologie, la propriété intellectuelle, et la définition de normes et de marchés publics.


M. JORGE FAMILIAR CALDERON, Vice-Président et Secrétaire exécutif du Groupe de la Banque mondiale, et Secrétaire exécutif par intérim du Comité conjoint du développement Banque mondiale/Fonds monétaire international, a précisé que le Comité conjoint du développement s’est réuni la semaine dernière à Washington, D.C.  Il a précisé qu’une croissance économique durable dans les pays en développement a d’ores et déjà permis de réaliser l’OMD 1 consistant à réduire de moitié la pauvreté à travers le monde d’ici l’année 2015.  Il a précisé que le Comité conjoint du développement soutient l’objectif ambitieux, mais réalisable de la Banque mondiale d’éliminer la pauvreté absolue d’ici à 2030 à travers le monde.  Il a précisé que cet objectif nécessitera d’investir dans les infrastructures et la production agricole, avant de préciser que le Comité soutenait également l’objectif de la Banque mondiale de promouvoir une prospérité mieux partagée. 


Mme PATRICIA ALONSO-GAMO, Secrétaire adjointe du Fonds monétaire international (FMI) et Secrétaire par intérim du Comité monétaire et financier international (CMFI), a précisé que l’économie mondiale s’est améliorée au cours des derniers mois, tout en reconnaissant que les opportunités ne sont cependant pas les mêmes pour tous les pays.  Grâce aux décideurs politiques et aux mesures qu’ils ont initiées, l’économie de la planète ne semble plus aussi en danger qu’il y a six mois, a-t-elle dit en appelant à tout mettre en œuvre pour ne pas répéter les erreurs du passé.  Nous essayons de soutenir les économies de nos membres dans le souci de soutenir la croissance, a dit Mme Alonso-Gamo.  Nous continuons d’analyser les avantages offerts par les différentes stratégies et de fournir des conseils aux différentes économies, a ajouté la représentante du FMI.  Elle a dit la volonté du FMI d’adapter ses programmes aux besoins et aux problèmes spécifiques des petits États.  S’agissant de la reforme du secteur financier, elle a appelé les États à procéder à des adaptations fiscales urgentes. La création d’emplois et la promotion d’une croissance inclusive sont indispensables partout dans le monde, a-t-elle ajouté, avant d’appeler les grandes puissances économiques à réfléchir aux incidences transfrontalières de leurs différentes options politiques, et notamment fiscales.  


M. SHISHIR PRIYADARSHI, Directeur de la Division du développement de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a souligné l’importance qu’il y a de favoriser la stabilité financière, en notant qu’il était peu probable que les investisseurs –qu’il s’agisse de l’APD ou des investissements privés- réalisent les investissements à long terme nécessaires au développement durable en cas de risque d’instabilité importante.  Tout en se félicitant d’une croissance annoncée de 3% des activités commerciales en 2013, M. Priyadarshi a précisé que ce niveau était cependant bien en-dessous de la moyenne annuelle de 5% observée au cours des 20 dernières années.  Il a estimé que la Conférence ministérielle de l’OMC, qui a lieu à Bali en Indonésie, offre une occasion importante de parvenir à un accord sur la facilitation des échanges commerciaux et sur les questions agricoles les plus cruciales, notamment l’impact des subventions et des quotas d’importation sur le commerce des produits agricoles.  Il a appelé à limiter les obstacles au commerce en précisant que les coûts totaux du transport des marchandises, au niveau mondial, atteignent 1 800 milliards de dollars par an.  Étant donné l’importance du commerce pour la croissance économique et celui de la croissance pour la réalisation des OMD, le représentant de l’OMC a jugé indispensable de reconnaître le commerce comme un pilier stratégique du programme de développement post-2015.


« Le financement du développement durable, notamment la mobilisation des capitaux privés, dans le cadre du suivi des conclusions de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable, tenue à Rio de Janeiro (Brésil), du 20 au 22 juin 2012 » (E/2013/52)


Ce débat sur la mobilisation des capitaux privés au profit du financement du développement durable a été ouvert par des exposés liminaires de Mme SHAMSHAD AKHTAR, Sous-Secrétaire générale chargée du développement économique au Département des affaires économiques et sociales de l’ONU (DAES); M. JAMES ZHAN, Directeur de la Division de l’investissement et des entreprises à la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), et M. CHRIS LANE, Chef de la Division des pays à faible revenu du Département de la stratégie, des politiques et de l’évaluation au Fonds monétaire international (FMI).


Notant l’insuffisance des sources officielles de financement face à l’ampleur des besoins de financement du développement durable, les intervenants ont jugé indispensable de libérer le potentiel en la matière du secteur privé.  Alors que les banques veulent des marges de sécurité et des taux d’intérêt plus élevés et se retirent des activités de financement des infrastructures, la représentante du Département des affaires économiques et sociales (DAES) a dit qu’il est plus que jamais nécessaire de garantir une complémentarité entre diverses sources de financement, en citant le potentiel particulier qu’a l’investissement étranger direct (IED) dans le financement des programmes de développement.


Allant plus loin, M. Zhan, le représentant de la CNUCED, a proposé de fixer une cible d’IED à atteindre pour la promotion des objectifs de développement durable, notamment dans les pays de l’Afrique subsaharienne.  Tout en notant que les pays en développement ont, pour la première fois de l’histoire, attiré plus d’investissements privés en 2012 que les pays développés, le représentant de la CNUCED a indiqué que globalement les flux d’investissement privés ont diminué de 18% en 2012, une baisse résultant en une perte de 1 300 milliards de dollars.  Il a expliqué cette diminution des IEDs par la fragilité des économies et les incertitudes qui, aux yeux des investisseurs, lui sont liées.  Chris Lane, le représentant du FMI, a illustré des exemples concrets de liens qui existent entre l’allègement de la dette de pays à revenus intermédiaires et la création d’une marge budgétaire excédentaire qui a permis à ces pays d’investir dans la lutte contre la pauvreté.


Face aux difficultés et aux instabilités, des intervenants au débat ont appelé à promouvoir un système financier international plus stable, et qui encourage les investissements à long terme qui sont requis pour promouvoir le développement durable et garantissent des sources de financement novatrices.  « Toutes les sources de mobilisation de ressources financières, qu’elles soient publiques ou privées, restent indispensables pour atteindre les objectifs de développement de la période post-2015 », a insisté le représentant de l’Allemagne. Ce dernier a souhaité que les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et les objectifs de développement durable soient combinés en un seul système de référence et que les différentes stratégies y afférant évoluent en s’appuyant sur les recommandations du Groupe d’experts intergouvernemental pour le financement du développement durable.


S’agissant des moyens par lesquels on pourrait faire bénéficier les ressources de l’aide publique au développement à des investissements du secteur privé destinés au développement durable, le représentant de la Banque mondiale a cité pour exemple la création d’un fonds privé destiné à la lutte contre les changements climatiques.  De son côté, la représentante du secteur privé a appelé les États à adapter leurs cadres juridiques pour rendre ceux-ci plus encourageants pour la création de partenariats public-privé


« Si l’APD est essentielle pour fournir une aide prévisible aux pays les plus pauvres, elle ne peut cependant à elle seule nous permettre d’atteindre les OMD », a estimé pour sa part le représentant de l’Union européenne, en soulignant l’importante complémentarité des IEDs et des envois de fonds opérés par les travailleurs migrants et expatriés vers leurs pays d’origine.  « Le secteur privé est un acteur majeur en matière de création d’emplois et de croissance », a ajouté le représentant de la Banque mondiale en soulignant l’importance pour les États Membres de créer un environnement propice à la création d’entreprises, notamment petites et moyennes.    


« Il faut mettre en place un système financier international plus juste envers les pays en développement », a déclaré la représentante de la Chine avant d’appeler à l’établissement d’un cadre de financement du développement durable qui se fonde sur la Déclaration de Doha.  « Parvenir à une démarche cohérente est essentiel pour financer le développement durable », a souligné à cet égard la représentante du Brésil en appelant à la création d’un cadre de coordination amélioré pour financer à la fois la lutte contre la pauvreté et la réalisation du développement durable.  Elle a tenu à distinguer la lutte contre la pauvreté, qui doit s’appuyer essentiellement sur l’APD, et la réalisation du développement durable, qui, en ce qui le concerne, devra s’appuyer sur la mobilisation et l’attraction d’investissements privés.


La représentante des groupes de la société civile a appelé à mettre l’être humain au centre des débats et a mis l’accent sur la valeur ajoutée de la communauté, tandis que celle du Pérou a tenu à rappeler que la gestion des biens publics mondiaux -atmosphère, océans, biodiversité et forêts, par exemple- était de la responsabilité souveraine des États Membres et que cette question ne devait pas détourner la communauté internationale et les États de la lutte contre la pauvreté.


Tout en s’associant aux nombreuses déclarations qui ont mis en exergue l’importance de trouver des financements complémentaires à ceux qui existent déjà, le représentant du Nicaragua a tenu à ce que l’on ne perde pas de vue qu’un des plus grands obstacles à la réalisation des OMD était l’absence de volonté de la part des pays développés à tenir leurs engagements.


« Partenariat mondial pour le développement dans le cadre du programme de développement pour l’après-2015 »


M. JOS VERBEEK, Économiste principal à la Banque mondiale, a présenté le rapport mondial de 2013 de la Banque mondiale.  Ce rapport fait le point sur la réalisation des OMD avec pour thème, cette année, les « dynamiques rurales-urbaines et les OMD ».  M. Verbeek a relevé que, d’ici à 2015, date butoir de la réalisation des OMD, il faudrait que la croissance soit assez élevée, dans les pays en développement notamment, afin de pouvoir réaliser les OMD.  Il a rappelé que 4 des 21 cibles identifiées en rapport avec les OMD ont déjà été atteintes en 2012.  Il a néanmoins souligné que si des mesures plus dynamiques ne sont pas mises en place, aucune autre cible ne serait atteinte d’ici à 2015. 


Le rapport fait également voir que la pauvreté sévit davantage en zone rurale qu’en zone urbaine, avec, respectivement, des taux de pauvreté globaux de 11% et 29%, a relevé M. Verbeek.  De même, a remarqué l’Économiste principal de la Banque mondiale, il faudrait encourager l’urbanisation et non pas l’entraver, ceci grâce à des stratégies de planification et d’urbanisation mises en place par les autorités nationales et locales.  Le rapport propose également de mettre fin à la discrimination dont sont victimes les habitants des bidonvilles, a relevé le panéliste.  Il a proposé la promotion du partenariat public-privé afin d’améliorer la mise en place d’infrastructures urbaines, et a également indiqué que si l’urbanisation est bien gérée, elle pourra être un moteur pour le développement.  Il a tout de même reconnu que dans les campagnes, il faudrait améliorer la productivité agricole, car la plupart des pauvres résident dans les zones rurales.


M. RICHARD KOZUL-WRIGHT, Directeur chargé de la Division de la mondialisation et des stratégies de développement de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), a indiqué que les OMD ont permis de concentrer les flux de capitaux provenant de la communauté internationale vers des cibles de développement précises.  Il a ajouté que la croissance devrait être au centre des futurs programmes de développement.  Il a ensuite regretté les mesures d’austérité mises en place par de nombreux gouvernements, car elles freinent la croissance.


Il a par ailleurs rappelé que l’économie mondiale apparaît aujourd’hui réellement intégrée, cette intégration créant l’interdépendance qui fait que des crises nationales peuvent se répandre partout ailleurs à travers le monde.  Nous avons besoins d’actions collectives, a-t-il plaidé, pour assurer un avenir commun, prospère et équilibré.  M. Kozul-Wright s’est en outre élevé contre une mondialisation qui a été à ce jour trop gérée par le secteur de la finance, qui crée des discriminations et le gaspillage.  Il a également souhaité que le système financier soit au service de l’économie réelle et non l’inverse.  Il a en outre plaidé pour la conduite de réformes allant dans le sens du renforcement des législations et de la régulation financières.  Il a également plaidé pour le renforcement de la coopération Sud-Sud, mais a ajouté que cela demandera de grands efforts de la part des pays de cet espace géographique et géopolitique, notamment en termes de mise en place d’infrastructures. 


M. SHISHIR PRIYADARSHI, Directeur de la Division du développement de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a reconnu que la croissance économique est un facteur essentiel de développement, mais a souhaité que cette croissance économique doive être commune et partagée par tous les États du monde.  Il a ensuite relevé une étude de la Commission de la croissance, qui vient de souligner qu’il y a une corrélation claire entre le développement humain rapide et un taux de croissance économique.  En d’autres termes, a-t-il expliqué, les pays ayant connu une forte croissance économique ont également connu un développement humain appréciable.  Il a ainsi suggéré que pour le programme de développement mondial post-2015, il faudrait mettre l’accent sur la croissance économique, et en faire une croissance durable.  M. Priyadarshi a également évoqué le rapport sur le développement humain, publié par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), et qui fait la corrélation entre l’augmentation de l’indice de développement humain et l’amélioration des indicateurs économiques.  Il a en outre souhaité un redoublement d’efforts dans le cadre du Cycle des négociations commerciales de Doha afin de garantir un cadre d’échanges commerciaux plus juste et plus inclusif. 


Débat interactif


Au cours du débat interactif qui a suivi les exposés des experts, l’un des directeurs exécutifs de la Banque mondiale a parlé du cas de son pays, le Brésil, qui a connu une croissance économique appréciable, mais où les indicateurs humains n’ont pas été toujours mis en place.  Une de ses collègues a, de son côté, regretté qu’alors qu’on se rapproche de l’année 2015, les pays en conflit ou sortant de conflit soient très éloignés de la réalisation des OMD.


Une représentante du secteur privé a, pour sa part, souhaité que le secteur privé puisse investir davantage dans les projets de développement des pays du Sud, l’essentiel étant que ces projets soient viables et attractifs, a-t-elle précisé.


Pour le représentant du Japon, il faudrait assurer une mobilisation des acteurs de tous les secteurs pour permettre à chaque pays d’atteindre les OMD d’ici à 2015.  Il a reconnu que l’APD traditionnelle et les ressources provenant d’autres sources d’aide ont augmenté, mais restent cependant très insuffisantes.  Il a de ce fait suggéré la mise en place d’un accord politique au sein des Nations Unies afin que les fonds publics soient davantage mobilisés, et que le secteur privé puisse accompagner cet élan.  Le représentant de la République de Corée a quant à lui souhaité la mise en place de nouvelles formes de mobilisation de fonds destinés au financement du développement, ainsi que celle d’un partenariat mondial de promotion du développement efficace, et basé sur les principes de l’appropriation nationale.


Une représentante des groupes de la société civile est intervenue et a relevé que la réalisation de la parité des genres est cruciale pour la réalisation des autres OMD, tandis qu’un représentant de la communauté des entreprises du secteur privé a regretté que l’économie informelle ait été négligée par tous les intervenants au cours des échanges et des débats de la journée, alors même que ce secteur semble être celui qui attire le plus les jeunes en manque d’emplois.


Le représentant du Bénin a pour sa part souhaité la mise en place de mesures concrètes dans les pays en développement, notamment afin d’y promouvoir les infrastructures et l’industrialisation.  La représentante de l’Afrique du Sud a relevé que l’Afrique reste toujours extrêmement sous-représentée au sein des institutions financières internationales, notamment dans leurs organes de réflexion et de prise de décisions, alors même que des préceptes de gouvernance sont promus et parfois imposés à des pays du continent par ces mêmes institutions.


La représentante du Mexique a indiqué que le Consensus de Monterrey sur le financement du développement est le cadre idoine de référence pour établir les programmes de développement futurs.  Cet avis a été partagé par son collègue du Venezuela, qui a du reste souhaité une plus grande régulation des marchés financiers.


Le représentant de l’Union européenne a pour sa part indiqué que l’Union travaille à l’amélioration des règles du commerce international, afin de créer davantage de source de revenus pour les pays en développement.  


Clôture de la Réunion spéciale de haut niveau


Dans ses remarques de clôture, le Président du Conseil économique et social  s’est félicité de la richesse de ce débat de haut niveau organisé sur le thème général: « Cohérence, coordination et coopération dans le contexte du financement du développement durable et du programme de développement pour l’après-2015 ».  M. Osorio a indiqué que le résumé des échanges qui ont eu lieu au cours des trois débats thématiques qui se sont succédé aujourd’hui sera publié sur le site de l’ECOSOC.


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