Conférence de presse du Vice-Secrétaire général des Nations Unies, M. Jan Eliasson, sur l’initiative « Les droits avant tout »

19 décembre 2013
DSG/SM/735

Conférence de presse du Vice-Secrétaire général des Nations Unies, M. Jan Eliasson, sur l’initiative « Les droits avant tout »

19/12/2013
Vice-Secrétaire général
DSG/SM/735
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CONFÉRENCE DE PRESSE DU VICE-SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ONU, M. JAN ELIASSON,

SUR L’INITIATIVE « LES DROITS AVANT TOUT »

Le Vice-Secrétaire général de l’ONU, qui présentait, aujourd’hui, l’initiative Rights Up Front, désignée également sous le nom de plan d’action « Les droits avant tout », a souligné qu’il était nécessaire pour l’ONU d’agir plus vite pour empêcher que les violations des droits de l’homme ne donnent lieu à des crimes de masse.

Lors d’une conférence de presse qu’il a donnée au Siège de l’ONU, à New York, M. Jan Eliasson a affirmé que le plan d’action, élaboré à la demande du Secrétaire général après la publication, en 2009, du rapport du Groupe de contrôle interne sur le rôle des Nations Unies au Sri Lanka, dont Charles Petrie était le principal auteur avait pour objectif de traduire en actes les notions de diplomatie préventive.

« Savez-vous que la majorité des conflits commencent par des violations des droits de l’homme? » a-t-il demandé aux correspondants de presse.  Le plan d’action « Les droits avant tout » a précisément pour but d’empêcher que des crimes de masse soient perpétrés dans des pays comme la République centrafricaine ou le Soudan du Sud.

« La toile de fond de l’initiative, a-t-il précisé, c’est la Charte des Nations Unies, la Déclaration universelle des droits de l’homme, les rapports sur le Sri Lanka ou encore ceux sur le Rwanda.  C’est à partir des leçons tirées des atrocités commises pendant la Seconde Guerre mondiale et du déplacement forcé de millions de personnes que les dirigeants du monde entier ont reconnu, lors du Sommet mondial de 2005, la responsabilité de protéger », a rappelé M. Eliasson.

Détaillant la feuille de route au cœur de l’initiative, il a souligné trois points.  Il a d’abord souhaité que paix, sécurité et droits de l’homme soient davantage liés.  Il a noté qu’à ce niveau, le Conseil de sécurité, par le biais de tours d’horizon prospectifs (« horizon scannings »), devait évaluer et identifier, plus rapidement et de manière globale, les menaces à la paix et la sécurité internationales.  Évoquant de nouveau la situation en République centrafricaine, il a rappelé que le Conseil avait été informé très tôt des exactions commises et des risques encourus par les civils en cas de détérioration de la situation en matière de sécurité.  « Le Conseil, informé par le Secrétaire général, a réagi vite en autorisant les forces françaises et africaines à rétablir l’ordre et empêcher le basculement vers les crimes de masse.  En février, il décidera, de nouveau sur la base des informations fournies par le Secrétariat, s’il convient de déployer une opération de maintien de la paix », a-t-il expliqué.

Le second point sur lequel M. Eliasson a attiré l’attention est la protection des civils.  Il a indiqué, à ce propos, que toute présence de l’ONU sur le terrain doit signifier, pour les civils, qu’une protection peut leur être apportée.  « Nous devons être équipés pour assumer la responsabilité collective de protection des civils.  Au Soudan du Sud, par exemple, les populations vont chercher refuge auprès de la Mission des Nations Unies dans ce pays.  Nous devons être en mesure de les aider », a insisté le Vice-Secrétaire général.  La protection des civils, a-t-il ajouté, devient « systématiquement problématique » si la question du respect des droits de l’homme ne peut pas être réglée rapidement.

M. Eliasson a souligné qu’il était important pour les États Membres et l’ONU de tirer véritablement les leçons des « failles systémiques » ayant provoqué des retards et des échecs dans les réponses aux crises rwandaise et sri-lankaise.  « En présentant l’initiative, qui n’a encore donné lieu à aucune incidence budgétaire, aux États Membres, j’ai senti de leur part un vrai souci de s’attaquer sérieusement à ce problème.  Je le répète, nous devons agir plus rapidement, en nous appuyant sur les informations qui sont communiquées de plus en plus vite et que nous transmettons aux décideurs.  Les États Membres, j’en suis convaincu, ont bien reçu le message », a-t-il soutenu.

Le sentiment d’urgence qui domine actuellement parmi les États Membres et les responsables de l’ONU, a-t-il fait remarquer, est né pendant la crise syrienne.  « Si je reçois l’assentiment de tous au sujet de l’initiative, c’est parce que tout le monde a été frustré par la lenteur avec laquelle la communauté internationale a réagi en Syrie, face à tant de violations des droits de l’homme et d’atrocités.  Nous avons l’obligation morale de tout faire pour stopper les crimes de cette gravité, qui entachent de plus la crédibilité de l’ONU et coûtent en aval, à cette dernière, énormément d’argent », a déclaré avec franchise le Vice-Secrétaire général.

Sortant de sa poche un exemplaire de la Charte des Nations Unies, il a insisté sur l’importance du Chapitre VI de l’acte constitutif de l’Organisation, relatif à la prévention des conflits et au règlement pacifique des différends.  « Le Plan d’action sera un succès si nous mettons en œuvre ce Chapitre VI et si le Conseil de sécurité devait, par conséquent, agir moins fréquemment en vertu du chapitre suivant », a-t-il dit, en faisant référence au Chapitre VII, qui autorise l’emploi de la force.  « Gardons les yeux grands ouverts.  Vous, les médias, ainsi que la société civile, vous avez un rôle majeur à jouer pour informer et faire prendre une décision », a martelé M. Eliasson avant de conclure.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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