Conférence de presse du Vice-Secrétaire général des Nations Unies, M. Jan Eliasson, sur ses récents voyages à Londres et en Asie du Sud-Est

9 mai 2013
DSG/SM/668

Conférence de presse du Vice-Secrétaire général des Nations Unies, M. Jan Eliasson, sur ses récents voyages à Londres et en Asie du Sud-Est

09/5/2013
Vice-Secrétaire général
DSG/SM/668
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CONFÉRENCE DE PRESSE DU VICE-SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES, M. JAN ELIASSON,

 SUR SES RÉCENTS VOYAGES À LONDRES ET EN ASIE DU SUD-EST

Le Vice-Secrétaire général de l’ONU, M. Jan Eliasson, a présenté, aujourd’hui, à la presse, au Siège de l’ONU à New York, un compte rendu de sa participation à la Conférence de Londres sur la Somalie et de ses récentes visites en Thaïlande et à Singapour.  « Celui qui revient de voyage a des choses à dire », a-t-il dit en assurant qu’il avait eu des « entretiens substantiels » avec le Président du Myanmar, M. Thein Sein, avec le Premier Ministre du Timor-Leste, M. Xanana Gusmão, et avec le Premier Ministre des Îles Salomon, M.Gordon Darcy Lilo.

Le Vice-Secrétaire général s’est essentiellement concentré sur la Conférence sur la Somalie, qui s’est tenue à Londres le 7 mai dernier.  « La participation de l’ONU à cette Conférence, a-t-il rappelé, avait pour objectif de montrer notre appui et notre solidarité aux nouveaux dirigeants de la Somalie. »  Le Président de la Somalie a été félicité par la communauté internationale pour les efforts entrepris. 

La Conférence de Londres a été également l’occasion de soutenir les efforts du Président somalien et de son gouvernement pour créer les conditions de bon fonctionnement de l’État fédéral.  Les représentants du Somaliland et du Puntland, a-t-il fait observer, n’ont pas rejoint la délégation de la Somalie.  « Nous espérons réellement que toutes les parties prenantes, toutes les factions et tous les clans appuient la réforme menée par le Président somalien, qui, a-t-il rappelé, a été élu par eux tous. »  Le défi du Président somalien d’instaurer l’état de droit dans tout le pays doit être soutenu par la communauté internationale. 

À une question sur l’absence des délégués du Somaliland à la Conférence de Londres sur la Somalie, le Vice-Secrétaire général a répondu qu’ils avaient été invités par le Président de la Somalie, mais qu’ils avaient des ambitions qui allaient au-delà de l’autonomie de la région et refusaient ainsi de faire partie de la structure de l’État fédéral.  Ce qui n’est pas le cas du Puntland qui souhaiterait en faire partie, avec peut-être une autonomie plus étendue.  Mais la Conférence de Londres a adressé un message clair au Somaliland et au Puntland soulignant qu’il serait préférable, pour leur propre avenir, et pour celui de la Somalie dans son ensemble, de rester au sein de l’État fédéral et de participer à des discussions comme celles qui ont eu lieu à Londres et de bénéficier de la solidarité internationale, a indiqué le Vice-Secrétaire général.

Le deuxième défi de la Somalie est de développer une relation de bon voisinage avec les pays voisins.  « J’ai été ravi de la rencontre entre, d’un côté, les Présidents de la Somalie et du Kenya et, de l’autre, entre le Président somalien et le Premier Ministre de l’Éthiopie.  « Je suis encouragé par le dialogue entre ces trois pays », s’est réjoui M. Eliasson, qui a souhaité le renforcement de l’État fédéral de la Somalie, avec l’appui de la nouvelle structure des Nations Unies créée par le Conseil de sécurité il y a deux semaines, et celui des pays voisins.  « Il est bon de dire que nous avons de bonnes nouvelles concernant la Somalie et c’est pourquoi, le Gouvernement de la Somalie devrait bénéficier d’un plus grand soutien pour l’aider à réussir dans ses efforts », a insisté le Vice-Secrétaire général.

Interrogé sur les problèmes de sécurité qui font obstacle à l’acheminement de l’aide humanitaire en Somalie, M. Eliasson a répondu que la Conférence de Londres avait, notamment, pour objectif d’appeler à des mesures concrètes pour assurer la sécurité et mettre fin à la crise humanitaire qui frappe le pays.  Des millions de personnes ont besoin de l’aide humanitaire, a-t-il rappelé. 

La situation des réfugiés à la frontière entre le Kenya et la Somalie est terrible, a déclaré M. Eliasson.  Il est urgent de trouver des financements pour les camps de réfugiés car, a-t-il prévenu, cette situation risque de provoquer de sérieux problèmes avec les communautés locales.  Pour empêcher ces troubles, la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) et les troupes kenyanes jouent un rôle remarquable, a-t-il dit.  Le Premier Ministre de l’Éthiopie a assuré que les troupes éthiopiennes resteront en Somalie aussi longtemps que nécessaire, a-t-il ajouté. 

Lors de sa visite en Thaïlande, a indiquéM. Eliasson, il a participé à la session de la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP), qui avait insisté en particulier sur la coopération entre les pays de la région et la coopération Sud-Sud, nouveau facteur dynamique pour l’économie mondiale.

S’agissant du Myanmar, le Vice-Secrétaire général a rappelé que le Président du Myanmar, M. Thein Sein, avait entamé une réforme dans son pays qui mérite des félicitations.  « Dans le contexte régional et le contexte mondial actuels, le Président m’a parlé ouvertement de son souhait de voir son pays sortir de l’isolement », a dit M. Eliasson.  Le problème des Rohingas dont la majorité vit à l’extérieur du pays et qui souhaite rentrer, reste préoccupant, a-t-il fait remarquer.  De même, la violence communautaire entre Bouddhistes et Musulmans dans certaines régions du Myanmar.  De manière générale, le Président du Myanmar a parlé de façon positive de ses contacts avec le Secrétaire général et avec le Représentant spécial, M. Vijay Nambiar, et il a émis l’espoir que les Nations Unies continueront à coopérer avec son pays.  « Je l’ai assuré de l’appui des Nations Unies au processus de réforme engagé dans le pays », a-t-il précisé.

Sur les questions des minorités au Myanmar, M. Eliasson a souligné qu’il faudrait en priorité réduire la violence et parvenir à un cessez-le-feu pour créer les conditions des négociations entre les différents groupes, notamment les Kachins, les Karens et d’autres.  Il a rappelé que 130 minorités vivent dans le pays et qu’ils jouissent aujourd’hui des mêmes droits que les autres citoyens du Myanmar.  Ce qui n’est pas le cas pour les Rohingyas qui ne sont pas reconnus comme une minorité et qui doivent prouver leur présence dans le pays.  Cette suspicion de la part de la majorité bouddhiste de la population risque de laisser croire qu’il y a une dimension ethnique et religieuse dans cette affaire.  Le Président du Myanmar est très préoccupé de la situation et a condamné les récents actes de violence, a assuré le Vice-Secrétaire général.  

« En ce qui concerne le Timor-Leste, M. Eliasson a indiqué que le Premier Ministre du Timor-Leste était déterminé à renforcer la coopération en matière de développement.  Les dirigeants des Îles Salomon, quant à eux, défendent non seulement les intérêts du pays et de leur population mais plaident aussi en faveur des petits États insulaires en développement, dont le grand nombre est désigné par certains d’entre eux comme la « majorité silencieuse ».  Ces petits États insulaires, comme les Îles Salomon, sont exposés aux conséquences dévastatrices des changements climatiques.  Ces pays, a-t-il dit, ont lancé de sérieux avertissements sur la nécessité de traiter le problème de la dégradation de l’environnement et des changements climatiques. 

À une question sur la crise en Syrie après la rencontre entre le Secrétaire d’État américain, M. John Kerry, et le Ministre des affaires étrangères de la Fédération de Russie, M. Sergey Lavrov, le Vice-Secrétaire général a répondu: « Nous avons attendu cette lueur d’espoir depuis longtemps.  Nous avons toujours été en faveur d’une transition négociée, d’un processus négocié parce que nous avons vu que certains avaient cru, à un moment, à une victoire militaire, mais aucune victoire militaire n’est possible dans un proche avenir.  Il a prévenu, cependant, que la recherche d’une revanche pourrait conduire à une situation encore pire.  C’est pourquoi, a-t-il estimé, cette rencontre est considérée comme bienvenue. 

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