Convention sur les droits des handicapés: des appels sont lancés pour que la question du handicap soit intégrée au programme de développement pour l’après-2015

17 Juillet 2013
DH/5150

Convention sur les droits des handicapés: des appels sont lancés pour que la question du handicap soit intégrée au programme de développement pour l’après-2015

17/7/2013
Assemblée générale
DH/5150
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Convention relative aux droits

des personnes handicapées

Conférence des États parties

Sixième session

1re & 2e séances - matin & après-midi

CONVENTION SUR LES DROITS DES HANDICAPÉS: DES APPELS SONT LANCÉS POUR QUE LA QUESTION DU HANDICAP SOIT INTÉGRÉE AU PROGRAMME DE DÉVELOPPEMENT POUR L’APRÈS-2015

L’ouverture, aujourd’hui, au Siège des Nations Unies à New York, de la  Conférence des États parties à la Convention relative aux droits des personnes handicapées a été l’occasion pour un grand nombre de participants d’insister pour que les droits des personnes handicapées, qui sont à la fois « source de développement et objectif du développement », figurent en bonne et due forme dans le programme de développement pour l’après-2015.

Après avoir entamé leur débat général ce matin, les délégations à la Conférence ont également pris part, dans l’après-midi, à une table ronde organisée autour du thème «  Renforcement du pouvoir d’action économique au moyen de systèmes de protection sociale ouverts à tous et de stratégies de réduction de la pauvreté ».  Au cours de celle-ci,de nombreuses voix se sont notamment élevées pour attirer l’attention de la communauté internationale et des États Membres sur l’importance que revêt l’éducation des personnes handicapées pour améliorer leur perspective d’emploi et de ce fait leur qualité de vie.

L’ordre du jour de la Conférence des États parties est consacrée cette année au renforcement du pouvoir d’action économique des handicapés à travers la mise en place de systèmes de protection sociale ouverts à tous et de stratégies de réduction de la pauvreté; à la création de processus nationaux, régionaux, et internationaux prévoyant un développement tenant compte des personnes handicapées; et à l’adaptation et la réadaptation des handicapés sur une base communautaire en vue de parvenir à une société inclusive qui ne laisse personne de côté.

Dans son discours d’ouverture, M. Macharia Kamau, du Kenya, qui a été porté à la Présidence de la Conférence en début de séance, s’est notamment indigné du fait que « pour le milliard de personnes handicapées que compte le monde, la réalité quotidienne est encore fort loin des objectifs fixés par la Convention ».

Conscient du fait que 80% des personnes handicapées vivent de surcroît dans des pays en développement, le Président de la Conférence a notamment déclaré que le développement durable ne sera jamais possible sans l’inclusion d’une « perspective handicap » dans les programmes et sans la participation de toutes les personnes handicapées à la conception et à la mise en œuvre des projets de développement.

« Les personnes handicapées font face à plus de discrimination, d’exclusion et de pauvreté que le reste de la population, et cette situation est encore plus exacerbée dans les pays en développement du fait du manque de ressources et de l’absence de politiques sensibles », a déploré à son tour M. Yannis Vardakastanis, représentant de la société civile.  Le moment est venu, a-t-il insisté, d’intégrer les droits des personnes handicapées dans le programme de développement pour l’après-2015.

Au cours de cette première journée des travaux de la Conférence, qui s’achèveront le 19 juillet, de nombreux États Membres ont mis en avant les avancées qu’ils ont réalisées, mais également les défis auxquels ils continuent de faire face pour mettre en œuvre les dispositifs de la Convention.

À l’instar de la représentante de la Barbade, la délégation de l’Espagne, a indiqué que la crise économique qui affecte son pays y avait porté un coup dur à la mise en œuvre des politiques destinées à améliorer la vie des personnes handicapées.  Toutefois, en dépit de la situation complexe que connaît l’Espagne pour assurer l’emploi de l’ensemble de sa population, l’emploi des personnes handicapées a augmenté de 6,5%, a relevé la délégation.

La représentante du Nicaragua a pour sa part annoncé que son gouvernement était parvenu à intégrer dans le système d’éducation nicaraguayen plus de 70% des enfants handicapés du pays, tandis que son homologue de l’Autriche s’est félicité de la mise en œuvre dans son pays de 250 mesures en faveur des personnes handicapées d’ici 2020.  

Le représentant du Nigéria a indiqué que le Gouvernement nigérian avait récemment approuvé la construction d’un institut national de réhabilitation et d’un centre de ressources qui devrait devenir, a-t-il indiqué, un important lieu de recherches sur la réhabilitation des personnes handicapées au service de toute la sous-région de l’Afrique de l’Ouest. 

La représentante de l’Afrique du Sud a, quant à elle, attiré l’attention sur la nécessité de mieux comprendre le coût que peuvent avoir les handicaps sur la société, et elle a déploré le fait que « l’économie du handicap » demeure un « territoire encore vierge ».  Elle a également évoqué l’adoption récente, le 28 juin, du « Traité de Marrakech visant à faciliter l’accès des aveugles, des déficients visuels et des personnes ayant d’autres difficultés de lecture des textes imprimés aux œuvres publiés ».  Elle a notamment estimé que cette expérience souligne la nécessité de permettre aux personnes handicapées de se faire entendre au cours des processus de négociations, mais également l’importance pour le Comité des droits des personnes handicapées d’établir un mécanisme de suivi pour veiller à la mise en œuvre des traités internationaux susceptibles d’avoir un impact sur la vie des personnes handicapées.

En début de séance, outre l’élection de M. Macharia Kamau, du Kenya, à la présidence de la Conférence, les représentants de la Bulgarie, du Bangladesh, d’El Salvador et d’Israël ont été portés à la Vice-présidence du Bureau.

Premier nouveau traité des droits de l’homme du 21ème siècle, la Convention relative aux droits des personnes handicapées, qui a vu le jour en 2006, met l’accent sur l’égalité des chances, la non-discrimination, et l’égalité entre les sexes.  Elle a été ratifiée à ce jour par 132 États Membres et signée par 23 autres pays.

La Conférence des États parties à la Convention relative aux droits des personnes handicapées poursuivra ses travaux demain, jeudi 18 juillet, à partir de 10 heures.

CONFÉRENCE DES ÉTATS PARTIES À LA CONVENTION RELATIVE AUX DROITS DES PERSONNES HANDICAPÉES

Déclarations

M. MACHARIA KAMAU, Président de la Conférence des États parties à la Convention relative aux droits des personnes handicapées, a constaté qu’en dépit des efforts accomplis au cours des six années qui se sont écoulées depuis l’adoption de la Convention, il reste encore beaucoup de travail à faire pour éliminer la discrimination contre les personnes handicapées et bâtir des sociétés réellement inclusives.  Le défi qui se pose est de faire en sorte que l’engagement exprimé par les 132 États Membres qui ont ratifié la Convention se traduise en engagement ferme et en mesures concrètes, a indiqué M. Kamau qui s’est indigné du fait que « pour le milliard de personnes handicapées que compte le monde, la réalité quotidienne est encore fort loin des objectifs fixés par la Convention ». Le Président de la Conférence des États parties a exhorté l’ensemble des États Membres de l’ONU à traduire dans les faits les objectifs de la Convention. Il a également insisté sur l’importance des contributions que peut faire la société civile dans la mise en œuvre des termes de ce traité et a souligné que la question du handicap est également une question de développement.

Le développement durable, a ajouté M. Kamau, ne sera jamais possible sans l’inclusion d’une « perspective handicap » dans les programmes et sans la participation de toutes les personnes handicapées à la conception et à la mise en œuvre des projets de développement. Il s’est ensuite félicité des progrès réalisés en la matière par son propre pays, le Kenya, qui s’est doté, a-t-il indiqué, d’une Constitution « révolutionnaire » qui a permis de changer les règles régissant le fonctionnement du tissu social kényan. Le Kenya, a-t-il relevé, est ainsi passé  d’une société où la représentation des personnes handicapées était inexistante à une société qui a élu douze personnes handicapées comme membres du Parlement.  Évoquant ensuite la tenue prochaine de la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur le handicap et le développement, le Président de la Conférence des États parties à la Convention relative aux droits des personnes handicapées a appelé les États Membres à faire preuve d’un nouvel esprit de solidarité.  La compréhension mutuelle, a-t-il préconisé, doit sous-tendre notre travail.  La tâche à accomplir est de grande ampleur, et il est temps d’agir.

Donnant lecture d’un message de M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, Mme DANIELA BAS, Sous-Secrétaire générale aux affaires économiques et sociales (DESA), a dit que la Conférence des États parties à la Convention relative aux droits des personnes handicapées se réunissait à un moment des plus importants, alors que l'Assemblée générale prévoit de tenir en septembre prochain une réunion de haut niveau sur le handicap et le développement.  Elle a salué la décision qu’a prise la Conférence de mettre l’accent, en 2013, sur l’autonomisation des handicapés afin de leur permettre d’atteindre et de réaliser leur plein potentiel.  Tout en notant que 132 États ont ratifié la Convention relative aux droits des personnes handicapées, Mme Bas  a rappelé qu’à travers le monde un milliard de personnes handicapées ne jouissent pas de la protection à laquelle elles ont droit.  C’est pourquoi le Secrétaire général exhorte non seulement les États membres, mais aussi le secteur privé et la société civile, à travailler à la mise en œuvre de la Convention, a souligné Mme Bas.  Dans ce contexte, elle a dit que l’objectif des Nations Unies est de promouvoir la pleine et entière participation des handicapés à la société et à son développement. 

Mme SHAMSHAD AKHTAR, Sous-Secrétaire générale aux affaires économiques et sociales (DESA), a rappelé que la Convention relative aux droits des personnes handicapées a déjà été signée par 155 États Membres et ratifiée par 132.  Elle a ajouté que 91 pays ont signé le protocole facultatif et que 77 l’ont ratifié.  Elle a dit que le DESA continuera à appuyer les efforts déployés par les États Membres pour mettre en œuvre la Convention. 

Mme Aktar s’est félicitée du thème retenu pour la réunion de cette année, à savoir l’autonomisation et la participation des personnes handicapées dans le cadre de la Convention relative aux droits des personnes handicapées. Elle a précisé que la Conférence des États parties se concentrera cette année sur le renforcement du pouvoir d’action économique des handicapés à travers la mise en place de systèmes de protection sociale ouverts à tous et de stratégies de réduction de la pauvreté; la création de processus nationaux, régionaux et internationaux prévoyant un développement tenant compte des personnes handicapées; et l’adaptation et la réadaptation des handicapés sur une base communautaire en vue de parvenir à une société inclusive qui ne laisse personne de côté. 

La Sous-Secrétaire générale a dit que beaucoup reste à faire pour intégrer les questions liées au handicap dans les objectifs de développement.  Parmi les motifs de satisfaction, elle s’est félicitée que les liens entre handicap et développement durable aient été examinés lors de la Conférence Rio+20.  Elle a aussi évoqué des mesures prometteuses qui ont été prises en direction des handicaps, citant à cet égard la publication, en mai 2013, d’un rapport du Groupe de personnalités de haut niveau chargé d'étudier le programme de développement pour l'après-2015.  Ce rapport aborde le handicap comme étant une question transversale dans la définition des objectifs de développement.  Mme Aktar a indiqué que le Département des affaires économiques et sociales de l’ONU (DESA) organisera, du 19 au 20 juillet prochain, un forum sur les objectifs de développement pour l’après-2015 et le handicap, ceci dans le souci d’intégrer le handicap dans tous les objectifs et cadres de développement.

M. IVAN SIMONOVIC, Sous-Secrétaire général aux droits de l'homme, a rappelé que lorsque la communauté internationale a adopté la Convention relative aux droits des personnes handicapées en 2006, elle s’est engagée à réaliser les droits et les libertés fondamentales de ces personnes en tant que membres à part entière de la communauté mondiale.  Il a dit que la Convention incarne un changement de paradigme du fait qu’elle est basée sur les droits de l’homme et la dignité humaine.  Si un nombre croissant d’États Membres ont signé et ratifié ce texte, il s’agit maintenant de mettre en œuvre les obligations contenues dans ce traité au niveau national, a souligné M. Simonovic.  C’est pourquoi, a-t-il dit, il est indispensable de procéder à des changements au niveau des lois, des politiques et des programmes afin de pouvoir mettre en œuvre les droits des handicapés et d’obtenir des changements d’attitude à leur égard. 

Le Sous-Secrétaire général aux droits de l’homme a estimé que la priorité est d’aider les personnes handicapées non seulement à trouver, mais aussi à conserver un emploi.  Il a espéré que la table ronde qui se tiendra cet après-midi sur l’autonomisation économique des handicapés permettra un échange d’idées et d’expériences entre les différentes régions du monde sur cette question.  Il a souligné l’importance de l’article 32 de la Convention, qui appelle les États parties à reconnaitre l'importance de la coopération internationale et de sa promotion en vue de lui permettre d’assurer un appui aux efforts déployés au niveau national pour la réalisation des objectifs la Convention.  Rappelant qu’aucun objectif de développement ne peut être réalisé sans le respect des droits de l’homme, M. Simonovic a jugé déterminant de réaliser les droits de toutes les personnes handicapées partout dans le monde, car ceci est dans l’intérêt du développement économique et social de chaque pays.

M. YANNIS VARDAKASTANIS, représentant de la société civile, a rappelé que le monde compte un milliard de personnes handicapées, soit 15% de la population mondiale.  Les personnes handicapées font face à plus de discrimination, d’exclusion et de pauvreté que le reste de la population, et cette situation est encore plus exacerbée dans les pays en développement du fait du manque de ressources et de l’absence de politiques sensibles, a-t-il déploré.  Il a ensuite dénoncé le fait que la question des personnes handicapées n’ait pas été incluse dans les Objectifs du Millénaire pour le développement.  Le moment est venu, a-t-il recommandé, d’intégrer les droits des personnes handicapées dans le programme pour le développement pour l’après-2015.

M. Vardakastanis a ensuite indiqué que dans le cadre de cette conférence, les représentants de la société civile s’étaient réunis hier pour affiner leur travail de plaidoyer en faveur des handicapés.  Il s’est dit satisfait du rapport publié par le Groupe de haut niveau, rapport qui propose, s’est-il félicité, un agenda universel pour le programme de développement pour l’après 2015.  Cet agenda met notamment l’accent sur la nécessité de ne laisser personne de côté. Les personnes handicapées, a-t-il souligné, sont des parties prenantes à la promotion du développement durable, et la question de leurs droits doit être intégrée au programme pour le développement pour l’après-2015.  Le représentant a également appelé les États Membres à tirer parti des contributions de la société civile afin de pouvoir atteindre les objectifs de la Convention.

La représentante de la Barbade a insisté sur l’importance d’assurer l’accès des personnes handicapées à l’emploi, et également de mettre en place un robuste système de protection sociale, au vu de la vulnérabilité particulière dont souffre ces personnes.  La représentante a indiqué qu’un programme d’enseignement en langage des signes avait été mis en place dans son pays en 2002, et qu’un système avait par ailleurs été établi pour veiller à la bonne intégration des étudiants handicapés.  Le Conseil des personnes handicapées de la Barbade est toujours actif et a récemment remis une pétition au Gouvernement pour l’exhorter à atteindre les objectifs de la Convention, a-t-elle indiqué.  Il est par ailleurs prévu de créer un comité chargé de contrôler la mise en œuvre de la Convention, a-t-elle ajouté. Au titre des défis auxquels doit faire face la Barbade, la représentante a évoqué les retombées de la crise financière qui menacent les progrès réalisés à ce jour, a-t-elle regretté.

M. USMAN SARKI (Nigéria) a indiqué qu’en 2012 le Gouvernement fédéral du Nigéria avait procédé à un recensement des personnes handicapées dans le but de renforcer la mise en œuvre de ses politiques destinées à favoriser le développement et l’intégration de ces dernières.  M. Sarki a fait savoir que le Parlement nigérian étudie actuellement un projet de loi destiné à assurer la protection des droits sociaux, politiques et civiques des personnes handicapées, de même que leur éducation et leur accès aux soins de santé.  Ce projet de loi prévoit également la création d’une Commission nationale pour les personnes handicapées, a-t-il précisé.  Le représentant a également indiqué que son Gouvernement avait mis sur pied un programme d’autonomisation politique destiné aux personnes handicapées.

M. Sarki a par ailleurs fait savoir que le Nigéria avait décidé d’appuyer la candidature de M. Danlami Umaru Basharu au Comité des droits des personnes handicapées lors des élections prévues en 2014.  Il a également évoqué la création, dans son pays, d’un programme d’autonomisation économique des personnes handicapées. Il a ensuite annoncé que le Nigéria avait récemment approuvé la construction d’un institut national de réhabilitation et d’un centre de ressources qui devrait devenir, a-t-il indiqué, un important lieu de recherches sur la réhabilitation des personnes handicapées au service de toute la sous-région de l’Afrique de l’Ouest.

Le représentant du Honduras a indiqué que le Gouvernement hondurien met l’accent sur l’accès des personnes handicapées à un travail décent et a assuré que toutes les branches et ministères ou secrétariats gouvernementaux respectent les droits des handicapées.  Il a expliqué que des systèmes de crédit ont été élaborés pour faciliter l’accès des personnes handicapées au crédit et à l’emploi et que des réseaux ont par ailleurs été créés pour assurer l’intégration des enfants handicapés à l’école et à la société.  Les personnes handicapées ont également droit à des logements décents, dont un grand nombre ont été construit au cours des trois dernières années, a-t-il ajouté.  Le représentant a également fait savoir que le Gouvernement du Honduras prévoit de créer une chambre spéciale pour les personnes handicapées.  Il a aussi annoncé que  le Gouvernement est en train d’élaborer une loi « historique » destinée à assurer la protection des droits des personnes handicapées.  L’accès des handicapés au sport est également favorisé, du fait des bienfaits que peuvent apporter les activités physiques à ces personnes.

Mme CLARISSA SOLORZANO (Bolivie) a déclaré que la nouvelle Constitution de la Bolivie reconnaît les droits des personnes handicapées.  Elle a à cet égard cité l’adoption d’une loi-cadre qui mentionne l’obligation et la responsabilité qu’ont les collectivités publiques de mettre en œuvre les droits des personnes handicapées.  Elle a précisé que les secteurs public et privé boliviens ont l’obligation de réserver 4% de leurs postes d’emplois à des personnes handicapées.

Mme MARIA RUBIALES DE CHAMORRO (Nicaragua) a indiqué que le Nicaragua a ratifié la Convention relative aux droits des personnes handicapées en 2007, et son protocole en 2009.  Le Nicaragua a également conçu et adopté les législations nécessaires à la mise en œuvre des objectifs de la Convention, a souligné Mme De Chamorro.  Elle a dit que son pays a mené, grâce au soutien de Cuba, une étude exhaustive sur la situation et la réalité du handicap au niveau national.  Nous sommes aussi parvenus à intégrer dans le système d’éducation nicaraguayen plus de 70% des enfants handicapés, a-t-elle encore dit.  

Mme BENITA OKITY-DUAH, Vice-Ministre de la parité, de l’enfance et de la protection sociale du Ghana, a indiqué que le Ghana a ratifié la Convention relative aux droits des personnes handicapées le 13 mars 2012, après avoir adopté une première loi nationale sur le handicap en juin 2006.  Elle a déclaré que le Ghana a mis en place un programme de six mois visant à former 5000 personnes handicapées dans le domaine des technologies de l’information et des communications (TIC).  Elle a évoqué les efforts menés par son pays pour s’attaquer aux préjugés contre le handicap en lançant des programmes destinés à aider les gens à changer leurs attitudes et leurs croyances erronées envers les handicapés.

Mme HENDRIETTA IPELENG BOGOPANE-ZULU (Afrique du Sud) a souligné la nécessité de traduire la volonté politique en mesures concrètes afin d’assurer la représentation effective des personnes handicapées dans le programme de développement pour l’après-2015.  Elle a évoqué l’importance des technologies d’assistance aux handicapés et a ensuite souligné la nécessité de respecter les droits de ces personnes, qui devraient pouvoir avoir elles-mêmes voix au chapitre dans les processus de prise de décisions qui les concernent.  La représentante a également estimé nécessaire de mieux comprendre le coût que peuvent avoir les handicaps sur la société et a déploré le fait que « l’économie du handicap » demeure un « territoire encore vierge ».

Mme Bogopane-Zulu a ensuite évoqué la tenue récente, à Marrakech, au Maroc, de la Conférence chargée d’élaborer un traité notamment pour faciliter l’accès des personnes non-voyantes ou ayant un handicap de lecture aux travaux publiés.  « Nous avons failli échouer dans notre tâche, mais le traité a néanmoins pu être adopté », a-t-elle indiqué.  La représentante a estimé que l’expérience de Marrakech souligne la nécessité pour le Comité des droits des personnes handicapées d’établir un mécanisme de suivi pour veiller à la mise en œuvre des traités internationaux susceptibles d’avoir un impact sur la vie des personnes handicapées.  Il importe également de permettre à ces dernières de pouvoir se faire entendre au cours des processus de négociations, a-t-elle souligné.

Le représentant du Kenya a indiqué que la Constitution adoptée en 2010 au Kenya contient des dispositifs importants pour les personnes handicapées.  Il a déclaré que la « Vision 2030 » du Kenya reconnaît la dimension transversale de la question du handicap, et qu’une politique de protection sociale nationale qui cible les personnes handicapées a par ailleurs été élaborée.  Des versements d’allocations sont prévus pour les personnes ayant des handicaps graves, et le financement de l’éducation des enfants handicapés est également prévu dans le cadre de la Vision 2030.  Le Gouvernement du Kenya accorde également des exemptions fiscales aux personnes handicapées qui touchent moins de 1 700 dollars, et l’achat des équipements dont ils ont besoin pour leur vie quotidienne est exempté de taxes, a dit le représentant.

Le représentant de l’Union européenne a indiqué qu’avant d’adopter toute nouvelle législation, la Commission européenne s’assure que son contenu respecte les dispositifs de la Convention relative aux droits des personnes handicapées. Le représentant a fait savoir que l’UE envisage de présenter en 2013 une proposition de législation pour renforcer l’accès des personnes handicapées à certains biens et services.  Il a ensuite déclaré que l’Union européenne était préoccupée par la manière dont la participation des ONG travaillant en faveur des personnes handicapées aux travaux de la Conférence a été traitée.

Le représentant a poursuivi son intervention en évoquant la tenue, par l’Union européenne, en 2012, du troisième forum sur le travail, dont l’ordre du jour était, entre autres, axé sur la mise en œuvre de la stratégie européenne en matière de handicap ainsi que sur la collecte de données.  Il a également fait savoir qu’un rapport annuel est publié sur la mise en œuvre de la Convention par l’UE et ses pays membres, et que l’édition de 2013 contient notamment un chapitre consacré à la question du développement.

Mme SILVIA BERSANELLI (Argentine) a déclaré que l’Argentine a créé une commission nationale pour l’intégration des personnes handicapées et un observatoire du handicap pour appuyer la mise en œuvre de la Convention relative aux droits des personnes handicapées.  Parmi les initiatives argentines, elle a cité l’adoption d’une loi sur les services audiovisuels, qui garantit aux personnes handicapées le droit de s’informer, ainsi que celle d’une loi facilitant l’accès des personnes handicapées à la justice. 

Le représentant de Malte a évoqué les avancées européennes en matière de respect des droits des personnes handicapées.  Il a dit que les objectifs visant la cohésion et l’égalité des chances sont au cœur des politiques sociales de Malte.  Il a indiqué que Malte avait la volonté de promouvoir la contribution des personnes handicapées à l’économie et s’efforçait de leur offrir tous les moyens qui leur permettraient de participer équitablement au développement économique et social du pays. 

Le représentant de la Tunisie a dit que le respect des droits des personnes handicapées est une responsabilité collective qui s’impose à tous les segments de la société et à toutes les institutions nationales d’un pays.  Il a noté que 10% de la population mondiale est handicapée, et a ajouté que 80% de ces handicapés vivent dans des pays en développement.  Il a dit que la Tunisie s’efforce de garantir aux personnes handicapées des droits politiques, économiques et sociaux.  Il a parlé d’un plan national tunisien qui vise à favoriser l’inclusion des personnes handicapées dans l’éducation et à promouvoir l’emploi de ces personnes.  

M. MAGINO CORPORÁN (République dominicaine) a indiqué que le Gouvernement dominicain avait récemment augmenté l’allocation budgétaire du Conseil national sur le handicap et adopté une loi organique sur l’égalité de droits des personnes handicapées.  Le Bureau national des statistiques a aussi entamé, le 1er juillet, la conduite d’une enquête sur les personnes handicapées qui devrait, a précisé le représentant, être achevée le 16 septembre.  M. Corporán a également annoncé la construction prochaine en République dominicaine de cinq centres de soins complets pour les personnes handicapées. Il a aussi évoqué la création récente du Théâtre orchestral dominicain qui, a-t-il expliqué, est composé de 129 artistes ayant un handicap et dont l’activité fait partie intégrante du programme de travail du Ministère de la culture.

Le représentant de la République dominicaine a ensuite évoqué la création du programme « Sortir de sa cachette » qui cherche à identifier les personnes handicapées et à subvenir à leurs besoins qui, a-t-il dit  « sont d’un niveau alarmant ».  Ce programme pousse notamment les fonctionnaires du Gouvernement à se rendre sur le terrain pour aller à la rencontre des personnes handicapées, a-t-il précisé.  Un plan national sur l’accessibilité universelle est par ailleurs en cours d’élaboration.  Le représentant a toutefois reconnu qu’au vu du fait que le métro de Santo Domingo est le seul moyen de transport accessible à tous, de nombreux défis persistent dans le secteur des transports publics.  Le Gouvernement dominicain est en train d’inciter le secteur privé à employer davantage de personnes handicapées et à soutenir la création de petite ou moyenne entreprise (PME) par ces dernières.

Le représentant du Panama s’est félicité du fait que son pays avait été le premier pays au monde à incorporer les dispositifs de la Convention dans sa législation nationale. Il a évoqué la création du Secrétariat autonome pour les personnes handicapées, et a ensuite annoncer que le Panama avait récemment créé le tout premier centre dont dispose l’Amérique latine dans le traitement de l’ostéogénèse imparfaite, couramment appelée « maladie des os de verre) qui est caractérisée par une fragilité excessive des os du corps.  Le Gouvernement a également élaboré divers programmes à l’intention des personnes autistes.

Le représentant panaméen a ensuite indiqué qu’au Panama, les personnes handicapées vivant dans la pauvreté extrême touchent des subventions économiques. Les personnes handicapées bénéficient en outre d’un appui lorsqu’elles désirent créer une PME. Un système d’aide aux personnes souffrant d’un handicap profond et qui vivent dans la pauvreté extrême est également prévu, a annoncé le représentant. Il a aussi indiqué qu’un système de certification du handicap devrait être mis sur pied d’ici à l’an prochain.

Le représentant de l’Iran a indiqué que son pays comprend le nombre le plus important de victimes d’armes chimiques, armes qui sont la cause de nombreux handicaps chez les personnes qui en ont souffert et souvent chez leurs enfants.  La législation nationale iranienne prévoit que 33% des emplois de certains secteurs soient attribués à des personnes handicapées. De nombreuses mesures législatives ont par ailleurs été adoptées pour favoriser l’intégration des personnes handicapées.  Une de ces législations entend assurer aux handicapés l’accès à tous les lieux et à toutes les professions ou formations.  Le représentant a ensuite fait savoir que le nombre d’ONG iraniennes de personnes handicapées est en hausse.  Au vu du fait que 80% des personnes handicapées vivent dans des pays en développement, il a dit que l’Iran estime qu’il est impératif d’intégrer la question du handicap au programme de développement pour l’après-2015.

Le représentant du Qatar a parlé des efforts que déploie son pays pour inclure les personnes handicapées dans ses différentes politiques nationales dans l’objectif de parvenir, d’ici 2030, à un Qatar garantissant un niveau de vie décent à tous ses habitants.  Il a dit que le Qatar était conscient que les personnes handicapées sont à la fois une source de développement et un objectif de développement, et qu’elles contribuent aux progrès du pays. Il a indiqué qu’au Qatar une pension mensuelle est versée aux handicapés de nationalité qatarie.  Il a d’autre part annoncé que le Qatar a lancé une initiative pour normaliser le langage des signes. 

Mme ULRIKE KNOPSE (Allemagne) a évoqué les progrès accomplis en Allemagne dans la mise en œuvre de la Convention relative aux droits des personnes handicapées par le biais de 200 programmes et initiatives.  Elle a dit que le plan d’action national sur le handicap a été l’occasion de lancer au niveau national une campagne de sensibilisation sur cette question.  Pour la première fois, a-t-elle dit,  le Gouvernement allemand a publié un rapport examinant les facteurs qui limitent la participation des personnes handicapées à la vie publique.  Notre objectif est de poursuivre la mise en œuvre du plan d’action national en tant que base à long terme de nos politiques sur le handicap, a indiqué Mme Knopse.

Mme NAPA SETTHAKORN (Thaïlande) a déclaré que des progrès importants en faveur des personnes handicapées avaient été accomplis en Thaïlande depuis l’entrée en vigueur de la Convention relative aux droits des personnes handicapées dans le pays.  Elle a mentionné la tenue en Thaïlande, au mois de mai 2013, d’une réunion régionale sur l’intégration des personnes handicapées dans les plans de développement.  Elle a estimé que l’autonomisation des personnes handicapées est indispensable pour leur garantir un bon niveau de revenu et une vie décente.  Elle a annoncé la création en Thaïlande d’un Fonds pour l’autonomisation des personnes handicapées.      

M. EVAN LEWIS (Australie) a indiqué que d’importantes réformes avaient été lancées par le Gouvernement de l’Australie dans le cadre de la Stratégie nationale pour les personnes handicapées 2010-2020, qui entend veiller à l’intégration des objectifs de la Convention dans la vie publique.  M. Lewis a ensuite annoncé qu’en ce mois de juillet 2013, un nouveau système d’assurance a été lancé à l’intention des personnes handicapées afin de leur permettre de maintenir le plein contrôle sur le choix des services et de l’appui dont elles ont besoin. Il a précisé que ce nouveau système met également l’accent sur le droit des personnes handicapées à avoir accès à l’information.

Le représentant de la Norvège s’est félicité du fait que la question du handicap figure dans le document final de la Conférence de Rio+20, et il a souligné que le développement durable ne pourra jamais être atteint sans la participation des personnes handicapées.  Il a insisté sur l’importance de mettre sur pied des stratégies d’autonomisation, mais également sur celle d’encourager la participation politique des personnes handicapées.  Le représentant s’est ensuite inquiété du fait que les femmes et les filles handicapées font face à un risque élevé d’être victime de violences sexuelles ou autres.  Il a également indiqué que la Norvège demande que les victimes d’armes à sous-munitions et autres engins non explosés soient dûment incluses dans tous les programmes et activités qui promeuvent les droits des personnes handicapées.  Le représentant de la Norvège a ensuite insisté pour que les personnes handicapées puissent participer aux discussions sur l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015.

M. OSCAR MELLADO BERRÍOS (Chili) a réclamé l’adoption et la mise en œuvre de politiques publiques inclusives à l’intention des personnes handicapées.  Il a également estimé que les stratégies de réduction de la pauvreté devraient prendre en compte les besoins des personnes handicapées et s’abstenir de créer des obstacles contre ces dernières.  Il a en outre indiqué que le Gouvernement chilien prend en compte la multi-culturalité de ses communautés autochtones dans tous ses programmes destinés aux personnes handicapées. Le représentant du Chili a par ailleurs dénoncé le manque de ressources dont pâtit le système de surveillances de la mise en œuvre et du respect des traités de l’ONU.

Le représentant d’El Salvador a indiqué que son pays se préparait à la présentation, en septembre 2013 à Genève, de son premier rapport sur la mise en œuvre de la Convention relative aux droits des personnes handicapées.  Il a évoqué le lancement à El Salvador d’une initiative pilote en faveur des enfants handicapés dans 22 écoles.  Il a dit que l’État salvadorien a garanti un emploi à 1 530 personnes handicapées et appuyé la formation de plus de 500 autres handicapés pour faciliter leur intégration dans le secteur privé.  Dans le domaine de la collecte des données, il a annoncé le lancement d’un recensement plus complet des personnes handicapées afin de pouvoir élaborer des critères plus précis dans les domaines du versement de pensions ou de l’accès à l’emploi.  Le représentant a mis l’accent sur la vulnérabilité particulière qui affecte les personnes handicapées de plus de 65 ans, qui représentent 35% des handicapés.

Le représentant de la Colombie a dit qu’il est nécessaire de comprendre la complexité et la diversité du handicap, et de parvenir à une mobilisation sociale pour faciliter la reconnaissance et le respect des droits des personnes handicapées.  Le représentant a estimé qu’il est important que soit assurée une bonne gestion de l’information sur le handicap.  Les informations disponibles devraient faciliter et permettre la conduite d’analyses comparatives, a-t-il souligné.  Il est d’autre part indispensable que soient menés des programmes de lutte contre la violence à l’égard des handicapés.

Le représentant de l’Autriche a dit que l’Autriche a lancé un grand processus de mise en œuvre de la Convention relative aux droits des personnes handicapées en lançant un programme intitulé « Rien à notre sujet, sans nous ».  Il a indiqué que ce processus prévoit la mise en œuvre de 250 mesures en faveur des personnes handicapées d’ici 2020.  Parmi six mesures concrètes déjà lancées par l’Autriche, il a cité la mise en œuvre, en 2006, d’une procédure de conciliation en faveur des handicapés employés qui a permis de régler 47% des 1 361 des cas contentieux traités.  Le représentant a aussi cité la mise en place d’un service de  prestation de soins à long terme pour personnes handicapées dont bénéficient 6% de la population autrichienne. 

M. HARVEY GOLDBERG, Comité international des institutions des droits de l’homme, a fait observer que l’article 33 de la Convention permet de combler les lacunes existant entre le processus de surveillance et la mise en œuvre des dispositifs de la Convention.  Il a ensuite invité les États Membres à tenir compte des principes de Paris pour assurer la bonne gouvernance de leurs institutions nationales.  L’intervenant a toutefois estimé que la mise en œuvre, par les États Membres, du paragraphe 2 de l’article 33 de la Convention avait été décevante.  Il a regretté que son organisation, le « Comité international des institutions des droits de l’homme », n’ait pas de statut officiel au sein de cette Conférence des États parties.

Le représentant de l’Espagne a indiqué que la crise économique a porté un coup dur à la mise en œuvre des politiques destinées à améliorer la vie des personnes handicapées.  Il a expliqué que l’exclusion sociale des personnes handicapées mobilise l’attention des Espagnols.  Le représentant a ensuite fait savoir qu’en Espagne, 7% des postes dans le domaine des soins médicaux spécialisés sont réservés aux personnes handicapées et qu’un Forum pour une culture inclusive a par ailleurs été mis sur pied.  Le représentant a toutefois estimé que la question de l’emploi demeure la priorité principale à laquelle il faut répondre pour assurer la pleine intégration des personnes handicapées.  L’Espagne a récemment adopté une loi qui permet à ces dernières d’intégrer le système de retraite national quel que soit le nombre d’années de travail à leur actif, et même si celui-ci est en-deçà du seuil habituellement requis.

En dépit de la situation complexe que connaît l’Espagne pour assurer l’emploi de l’ensemble de sa population, a enchainé le représentant, l’emploi des personnes handicapées a augmenté de 6,5%.  Des mesures spécifiques sont en outre prévues pour promouvoir l’emploi des jeunes et des femmes handicapés. Il a ensuite appelé les États Membres à faire preuve d’un plus grand engagement pour assurer l’intégration des personnes handicapées au programme de développement pour l’après-2015.  Il a ensuite annoncé que l’Espagne se verra remettre, le 9 septembre, le Prix Franklin Roosevelt, « sorte de prix Nobel en faveur des personnes handicapées ».

Le représentant de la Suède a noté que son pays a une longue histoire  reconnue de respect et de promotion des droits des personnes handicapées.  Il a dit que la Suède avait beaucoup d’espoir en la réunion de haut niveau sur le handicap et le développement, prévue en septembre prochain au Siège des Nations Unies, afin qu’elle tienne compte des préoccupations des personnes handicapées et les intègre dans le programme de développement mondial pour l’après-2015.  

Le représentant d’Israël a rappelé que son pays a ratifié la Convention relative aux droits des personnes handicapées en septembre 2012, et participe ainsi pour la première fois à la Conférence des États parties.  Il a relevé que « les actions d’Israël en faveur des personnes handicapées se basent sur les actes posées par Moïse, figure de l’histoire d’Israël, qui avait conduit le peuple israélite de l’esclavage vers la liberté, alors qu’il était lui-même handicapé ».  Il a noté que l’accessibilité est un défi majeur pour les personnes handicapées, notamment en ce qui concerne l’accès aux bâtiments publics.  Il a en outre indiqué que la lutte contre la marginalisation des personnes handicapées est également un chantier en cours en Israël, notamment au sein du nouveau Gouvernement issu des dernières élections législatives.  Il a souhaité que les personnes handicapées soient considérées comme des personnes et des citoyens à part entière.

Le représentant du Danemark a indiqué que son Gouvernement s’est doté d’un cadre institutionnel pour veiller à l’application des dispositions de la Convention et que les personnes handicapées participent au processus de contrôle de la mise en œuvre de ce cadre. Un Plan d’action transsectoriel a récemment été mis en œuvre, lequel met notamment l’accent sur l’autonomisation, l’inclusion et l’accessibilité des personnes handicapées, a-t-il indiqué.

Le représentant de l’Inde a indiqué que les personnes handicapées représentent 2,3% de la population de l’Inde, soit 21,9 millions de personnes.  Des mesures législatives ont été adoptées pour assurer le respect de leurs droits, et une loi de 1999 permet également de leur fournir tout un éventail de services.  Une loi sur la garantie d’emplois ruraux leur est également bénéficiaire, a précisé le représentant.  Il a également indiqué qu’un nouveau projet de loi permettra de prendre en compte les défis émergents en matière d’autonomisation des personnes handicapées. Il a ensuite fait savoir que le premier rapport national de l’Inde sur l’application de la Convention sera bientôt mis à la disposition du Comité.

Le représentant du Guatemala a indiqué que son pays compte 1,5 millions de personnes handicapées qui souffrent, a-t-il déploré, d’une exclusion sociale marquée et d’un taux très élevé d’analphabétisme qui avoisine les 32%.  Il s’est également préoccupé du fait que dans son pays, 85% des personnes handicapées sont au chômage.  Il a ensuite indiqué qu’un Conseil national pour la prise en charge des personnes handicapées a récemment été mis en place au Guatemala.  Des efforts législatifs sont également en cours pour mettre en place une commission sur le handicap et établir un quota pour l’emploi des personnes handicapées dans les secteurs public et privé. Le représentant a aussi fait savoir que des actions conjointes ont été lancées avec la société civile pour appuyer une plus grande  participation des personnes handicapées à la vie publique.

La représentante du Bangladesh a rappelé que son pays est l’un des premiers à avoir ratifié la Convention relative aux droits des personnes handicapées, et que l’harmonisation de la législation nationale dans ce domaine est en cours.  Elle a ensuite cité, entre autres mesures mises en place par son gouvernement, la création d’écoles spécialisées pour handicapés, l’octroi de bourses d’études à ces derniers, et la garantie que le personnel de la fonction publique du Bangladesh ait dans sa composition 1% de handicapés.  La représentante a souhaité ensuite que la coopération internationale puisse permettre de mobiliser suffisamment de ressources pour les besoins de la prise en charge des personnes handicapées vivant dans les pays les moins avancés (PMA).  

La représentante de la Lituanie a pour sa part souligné que les législations, les programmes et les stratégies de l’Union européenne, dont la Lituanie est membre, permettent de mettre en pratique les prescriptions de la Convention relative aux droits des personnes handicapées.  Elle a indiqué que le cadre juridique en Lituanie permet de mettre en place des programmes de non-discrimination vis-à-vis des personnes handicapées, et de favoriser la participation totale de ces dernières à la vie du pays.  Elle a annoncé, en outre, la candidature d’un Lituanien au Comité des droits des personnes handicapés en 2014.  

La représentante de la Nouvelle-Zélande a souligné que l’emploi des personnes handicapées représente l’action la plus importante qu’un gouvernement puisse entreprendre pour cette classe sociale.  Elle a relevé que le Gouvernement de la Nouvelle-Zélande travaille pour mettre sur pied, avec les employeurs et les associations de personnes handicapées, des initiatives qui visent à favoriser le plein épanouissement des personnes handicapées, notamment leur autonomisation, afin de leur permettre d’avoir accès aux emplois.  Elle a ensuite déclaré que le Gouvernement de la Nouvelle-Zélande s’est engagé à impliquer les personnes handicapées dans toutes les initiatives liées à la mise en œuvre des recommandations de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, afin de parvenir à leur pleine autonomisation.

Table Ronde sur le thème « Renforcement du pouvoir d’action économique au moyen de systèmes de protection sociale ouverts à tous et de stratégies de réduction de la pauvreté »

En guise d’ouverture, le modérateur de cette table ronde, le représentant du Bangladesh a souligné que l’accès à l’emploi est le principal objectif à atteindre pour assurer l’amélioration de la qualité de vie et l’inclusion des personnes handicapées.

Mme SILVIA BERSANELLI, Présidente de la Commission nationale pour l’intégration des personnes handicapées de l’Argentine, a expliqué que son pays vit depuis 10 ans une transformation profonde depuis l’abandon des politiques néolibérales qui avaient provoqué, a-t-elle affirmé, nombre de souffrances pour l’ensemble de la population.  Depuis, une politique de développement durable axée sur la promotion des droits de l’homme et l’équité sociale a été mise en œuvre.  La panéliste a notamment fait savoir que le budget assigné au Fonds argentin pour l’inclusion des personnes handicapées avait augmenté de 400% pour atteindre 143 millions de dollars.  De ce fait, s’est-elle félicitée, 2 555 projets ont pu être financés à l’échelon national.  Ils concernent notamment des initiatives d’amélioration du logement, d’octroi de crédits et de construction de réseaux de réhabilitation dans différentes provinces du pays.  163 millions de dollars ont par ailleurs été alloués pour créer des systèmes de transports inclusifs.  D’autres programmes visent à rendre plus accessibles aux handicapés les bibliothèques et les salles de sport du pays.  Les personnes handicapées ont par ailleurs accès à la sécurité sociale et aux services de soins.  En outre 3,5 millions d’enfants handicapés touchent des subventions afin de réduire l’indigence des jeunes de moins de 16 ans.  Le taux d’inscription scolaire des jeunes handicapés a par ailleurs augmenté de 25%, s’est notamment félicitée la panéliste.  Elle a également fait savoir que les femmes handicapées enceintes ont droit à des soins spécifiques.

Mme Bersanelli a ensuite indiqué que des ordinateurs spécialement adaptés sont fournis aux étudiants handicapés dans l’espoir de réduire le fossé numérique dont ils sont victimes.  Les personnes handicapées sont par ailleurs encouragées à créer et à diffuser leur propre contenu sur les chaînes de télévision argentines.  Des mesures ont en outre été prises pour ôter les obstacles qui se posent à l’éducation des personnes handicapées, notamment la création d’un système de bourses à leur intention.  Une loi entend par ailleurs garantir l’accès des personnes handicapées à l’ensemble du système de transport public argentin, a ajouté la représentante.

Mme JOSEPHA MUKOBE, Ministère de l’intérieur et de la coordination du Kenya, a souligné le lien qui existe entre la pauvreté et le handicap.  L’un généralement entraîne l’autre, a-t-elle constaté.  Elle a indiqué que pour parvenir à l’autonomisation économique des personnes handicapées, il importe de mettre l’accent sur l’éducation car, a-t-elle notamment fait observer, « l’éducation c’est le pouvoir, et les personnes qui ne sont pas éduquées ont très peu de choix dans la vie ».  Elle a également insisté sur l’importance d’assurer l’accès des personnes handicapées à des soins de santé adéquats afin de leur permettre de prendre part à la vie économique du pays.  Mme Mukobe a aussi souligné le « rôle capital » que joue l’accès à l’emploi, pour ensuite évoqué l’importance pour les personnes handicapées de l’accès aux technologies de l’information et aux transports.

La panéliste s’est ensuite inquiétée de la vulnérabilité particulière des femmes et des enfants handicapés et a constaté que ces personnes sont souvent mal préparées à intégrer le marché du travail.  Elle a par ailleurs indiqué que le Kenya avait mis en place un cadre juridique et politique destiné à assurer le respect des droits des personnes handicapées.  Mme Mukobe a aussi expliqué que la politique de protection sociale du Kenya renforce les possibilités d’accès aux services pour les plus pauvres.  Un fonds d’allocation a par ailleurs été élaboré afin de permettre aux personnes handicapées de vivre dans la dignité, et ces dernières ont également accès à des prêts conçus à leur intention pour leur permettre de créer des petites et moyennes entreprises.  La panéliste a également indiqué qu’un nouveau programme d’aide aux albinos met l’accent sur la sensibilisation et la formation.

Mme Mukobe a aussi insisté sur la nécessité de recenser l’ensemble des personnes handicapées afin de pouvoir leur dispenser l’aide dont elles ont besoin.  En outre, 5% des emplois du secteur public sont réservés aux personnes handicapées, et ces dernières bénéficient également d’un programme d’exonération fiscale, a indiqué la représentante.

Mme BARBARA MURRAY, Organisation internationale du Travail (OIT), a vu dans l’important taux de chômage des personnes handicapés « un gâchis inestimable ».  Pour remédier à cette situation, elle a souligné l’importance que revêt l’accès à l’éducation, pour ensuite évoquer les répercussions de la marginalisation sur l’amour-propre et l’estime individuelle des personnes handicapées.  Elle a estimé que cette dimension mérite d’être prise en compte dans les politiques de lutte contre la pauvreté.  La panéliste s’est également inquiétée du fait qu’étant donné que la majorité des personnes handicapées n’ont pas pu obtenir une bonne éducation, elles sont doublement marginalisées lorsqu’elles cherchent à intégrer le marché du travail. 

Elle a, à cet égard, évoqué les mérites des programmes de formation sur le tas, ainsi que des programmes de formation par Internet.  Elle a toutefois constaté qu’un grand nombre de programmes dispensent une formation qui n’est plus d’actualité pour le marché du travail actuel, et que les personnes handicapées n’ont en outre pas toujours la possibilité de se rendre à des cours de formation, faute de moyen de transport adéquat.  Mme Murray a aussi fait observer que même si elles ont un emploi, les personnes handicapées font rarement carrière et occupent souvent le même poste de travail pendant de nombreuses années, sans compter le fait que nombre d’entre elles occupent des emplois de mauvaise qualité dans le secteur informel.

Pour améliorer l’emploi des personnes handicapées, Mme Murray a préconisé la création d’un réseau de sécurité de l’emploi.  Elle a également cité le rôle de l’esprit d’entreprise et la nécessité de veiller à l’accès des personnes handicapées aux connaissances et aux compétences, sans oublier l’importance de combattre les idées erronées qui circulent sur ces personnes.

M. JAVED ABIDI, Président de l’Organisation mondiale des personnes handicapées, a décrié le manque de données sur les personnes handicapées en Inde, son pays d’origine.  Il a ajouté que la seule information qui était disponible sur le sujet est tirée d’un sondage qui relève que l’Inde compte 1 à 2% de personnes handicapées, alors même que les Nations Unies parlent de près de 10% de handicapées en Inde.  Il a souligné que ce n’est qu’à partir de données fiables que l’on peut mettre en place des politiques adéquates.  Et c’est à partir de ces politiques que l’on peut faire changer positivement la situation des handicapés.  Il a ajouté que l’éducation est la base de toutes les politiques en faveur des handicapés et a également souligné qu’il existe une corrélation directe entre éducation et emploi.  Il a néanmoins précisé que l’éducation et l’emploi des handicapés ne peuvent se faire sans des mesures concrètes dans le cadre de l’accès aux facilités sociales, notamment l’accès aux transports publics et aux édifices et autres bâtiments. 

En Inde, a noté M. Abidi, de nombreux emplois sont créés chaque année, mais peu de personnes handicapées y ont accès, a-t-il regretté.  Il a ensuite indiqué que des banques et organismes financiers ou de développement, tels que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), ne tiennent pas compte des personnes handicapées dans l’élaboration et la mise en œuvre des programmes de développement qu’ils négocient avec le Gouvernement indien.  Il a expliqué qu’en 2012, soit cinq ans après la ratification de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, des associations indiennes de personnes victimes de handicap ont entrepris d’examiner les budgets des différents ministères au niveau central.  Les résultats de ces analyses ont démontré, a-t-il noté, que seulement 0,009% du budget national avait été consacré à la cause des personnes handicapées.  Il a rappelé que le handicap est une question transversale, et que de ce fait, les programmes qui la ciblent doivent prendre corps dans tous les ministères, et non pas seulement au ministère des affaires sociales.

Mettant l’accent sur l’importance de la microfinance pour l’autonomisation des personnes handicapées dans le secteur informel, M. JOSHUA GOLDSTEIN, Directeur du service de l’inclusion financière des personnes handicapées de l’organisation ACCION, a dit qu’il est nécessaire de faciliter les transferts d’argent et la disponibilité de moyens financiers.  Il a expliqué qu’ACCION était un pilier de la microfinance depuis les années 60, et que l’organisation est active dabs 32 pays sur quatre continents.  Il a expliqué que le potentiel du microcrédit était sous-utilisé, car il pourrait beaucoup plus venir en aide aux personnes handicapées, qu’il a qualifiées « de bons clients pour le microcrédit ».  Il a appelé à tenir compte du vieillissement de la population.  Il a indiqué qu’ACCION travaillait à la mise au point d’une feuille de route de l’inclusion du handicap qui puisse servir de cadre à la mise au point de partenariats avec des organisations locales travaillant en faveur des handicapés, et favoriser les interactions entre le secteur privé et la société civile.  M. Goldstein a dit l’importance de permettre aux personnes handicapées de travailler afin d’éviter que la protection sociale n’en fasse pas seulement des personnes assistées.  Il a déclaré qu’il est important de promouvoir la Convention relative aux droits des personnes handicapées en estimant que la plupart des handicapés n’en ont sans doute jamais entendu parler.  Il faut expliquer que la reprise d’une activité professionnelle n’est pas une menace pour les acquis sociaux dont pourraient déjà bénéficier des handicapés.  

Le débat interactif qui a suivi les exposés liminaires des panélistes a vu les interventions des représentants du Soudan, du Nigéria, du Sénégal, et de la Belgique, qui ont souligné qu’il est important qu’il y ait des incitations juridiques et/ou économiques pour favoriser l’emploi et l’insertion économique des personnes handicapées dans tous les pays.  Tous ces intervenants ont jugé essentiel que soit mené un recensement qui soit capable de mesurer toute l’étendue et la diversité de la réalité du handicap, ceci afin de pouvoir évaluer au mieux la réponse à adopter.

Pour ce faire le représentant du Sénégal a plaidé pour qu’une aide financière soit accordée à son pays afin de l’aider à mettre en place une base de données exhaustive sur la situation du handicap.

Notant que l’autonomisation ne peut être obtenue isolément des questions de la santé, de la réinsertion et de la prise de conscience, le représentant du Soudan a, quant à lui, indiqué que son pays a pour principal souci la prise en compte de l’ensemble des questions liées au handicap.  Il a mis en particulier l’accent sur la nécessité d’assurer une formation aux handicapés en précisant que le Gouvernement du Soudan envisageait de faire passer de 2 à 5% le pourcentage d’emplois publics réservés à des personnes handicapées. 

Alors que le représentant du Nigéria mettait l’accent sur l’importance des incitations juridiques, celui du Sénégal a appelé à des stratégies d’autonomisation économique multisectorielles en citant notamment les stratégies juridiques, réglementaires, institutionnelles et programmatiques.  Pour  éviter le piège que peuvent poser les prestations sociales sans fin et les politiques relatives aux emplois réservés aux personnes handicapées, qui ne fournissent pas de vraie perspective d’intégration, la représentante de la Belgique a proposé que l’on passe de « l’assurance invalidité » à l’emploi en s’appuyant sur les organisations de la société civile et le secteur privé.

Réagissant à l’intervention du représentant du Nigéria qui préconisait la promotion d’incitations juridiques pour favoriser le recrutement des personnes handicapées, Mme Barbara Murray, de l’OIT,  a indiqué qu’entre le bâton et la carotte elle préférait que l’on crée des incitations pour encourager les entreprises à recruter.  Saisir un tribunal pour régler un problème social n’est pas toujours la meilleure stratégie, a estimé, sur le même ton, M. Joshua Goldstein, de l’organisation ACCION, en estimant qu’il était plus judicieux de trouver une personne qui ait un esprit ouvert au sein de l’organisation ou de l’entreprise que vous souhaitez rallier à la cause des handicapés.

De son côté, Mme Silvia Bersanelli, de l’Argentine a fait sienne l’intervention du représentant du Sénégal sur la question de la transversalisation de la question du handicap, et celle du représentant du Nigéria sur la nécessité de faire usage de mesures judiciaires pour changer les mentalités des gens envers les handicapés.  Mme Josephta Mukobe, du Kenya, a dit la nécessité de sensibiliser les communautés et les personnes handicapées, afin que ces dernières soient conscientes de leurs droits. « Il est essentiel, a-t-elle dit, que les personnes handicapées sachent qu’il existe des lois qui les protègent ». 

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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