Conférence de presse du Président du Conseil de sécurité pour le mois de décembre, M. Gérard Araud, de la France

3 décembre 2013
Conférence de presse

Conférence de presse du Président du Conseil de sécurité pour le mois de décembre, M. Gérard Araud, de la France

3/12/2013
Communiqué de presse
Conférence de presse
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DU PRÉSIDENT DU CONSEIL DE SÉCURITÉ POUR LE MOIS DE DÉCEMBRE, M. GÉRARD ARAUD, DE LA FRANCE

Le Président du Conseil de sécurité pour le mois de décembre a présenté, aujourd’hui, les grandes lignes du programme mensuel de travail.  Lors d’une conférence de presse qu’il a donnée au Siège de l’ONU à New York, l’Ambassadeur Gérard Araud, de la France, a confirmé l’adoption, le jeudi 5 décembre, d’une résolution sur la République centrafricaine.  Il a également indiqué que la Syrie serait au cœur des discussions du Conseil.

L’adoption d’une résolution sur la République centrafricaine a expliqué M. Araud, ponctue les efforts menés par la France depuis l’été dernier pour mobiliser la communauté internationale autour d’une situation « dont nous avons à maintes reprises souligné la gravité ».  Il a indiqué que la résolution doterait la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) d’un mandat de protection des civils et de stabilisation du pays, qu’elle créerait un fonds fiduciaire pour financer les activités de la Mission, qu’elle appuierait le déploiement d’une force française et qu’elle instaurerait une commission chargée d’enquêter sur les violations des droits de l’homme.

M. Araud a ajouté que la résolution ouvrirait la possibilité de transformer la MISCA en une opération de maintien de la paix.  «  Cette transformation s’effectuerait sur la base de l’examen d’un rapport du Secrétaire général sur l’évaluation de la situation, qui serait remis dans trois mois », a-t-il ainsi signalé.  Le Conseil est parvenu à un texte équilibré qui vise à la fois à poser les bases juridiques d’une transformation de la MISCA en opération de maintien de la paix et à assurer « nos amis américains » que le texte ne signifie pas une transformation automatique, s’est-il félicité. 

Les forces françaises et africaines vont concentrer leurs opérations sur la sécurisation de Bangui, la capitale de la République centrafricaine, et des axes routiers afin d’ouvrir l’accès humanitaire aux localités de l’intérieur du pays a indiqué M. Araud.  « La situation dans le pays est très différente de celle du Mali, où nous avions affaire à des terroristes et où se pose toujours la question des Touaregs.  Là, il s’agit de voyous qui ont commencé à détaler avec leurs butins à l’annonce de l’arrivée de nos forces.  En République centrafricaine, l’effort doit porter sur la stabilisation du pays », a souligné l’Ambassadeur Araud.  Répondant aux questions des journalistes, il a déclaré que la transformation de la MISCA en opération de maintien de la paix des Nations Unies dépendrait de l’évolution de la situation.  « Si la force africaine renforcée peut faire le travail, il n’y aura pas d’opération.  L’avantage d’une opération est qu’elle bénéficie d’un financement pérenne et d’effectifs importants », a-t-il également indiqué.  

Concernant la Syrie, dont la situation sera de nouveau examinée demain après-midi lors de consultations, M. Araud a déclaré que la Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires et Coordonnatrice des secours d’urgence, Mme Valerie Amos, avait confirmé, ce matin, au cours d’un exposé devant le Conseil, ce que l’on savait déjà: « la crise humanitaire dans ce pays est la plus grave depuis le génocide rwandais ».  Il a indiqué qu’en dépit des divisions parmi les membres permanents du Conseil de sécurité sur la manière de gérer la crise syrienne, la question de l’accès humanitaire vers les localités assiégées demeure une priorité commune.  

« Le Conseil, qui doit continuer de travailler avec le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) pour suivre de près la situation sur place, n’est pas prêt à se prononcer sur une résolution humanitaire.  Un membre permanent du Conseil est clair là-dessus: une telle résolution, compromettrait, selon lui, l’organisation de la Conférence de Genève II et se dit prêt à exercer son droit de veto », a confié M. Araud.  Concernant la tenue de Genève II, prévue pour le 22 janvier, le Président du Conseil de sécurité s’est montré pessimiste, en déplorant la persistance du Gouvernement syrien à rejeter le Communiqué de Genève.  « Les dirigeants de Damas ont répété à plusieurs reprises qu’ils n’accepteraient pas d’abandonner le pouvoir à une autorité de transition disposant de tous les pouvoirs exécutifs.  Le Gouvernement syrien doit endosser le Communiqué de Genève et l’opposition doit être représentée à la Conférence de Genève II par une délégation chapeautée par la Coalition nationale syrienne, qui a été reconnue par plus de 100 pays », a également souligné l’Ambassadeur Araud. 

S’agissant de la destruction des armes chimiques syriennes, il a noté que le rapport de la Coordonnatrice spéciale de la mission conjointe ONU-OIAC, Mme Sigrid Kaag, qui sera remis demain après-midi aux membres du Conseil, conformément à la résolution 2118 (2013), indiquait que la destruction en question pourrait avoir lieu sur un navire américain.  « Il est également envisagé de conditionner les armes chimiques dans des containers mis à disposition par les États-Unis, que nous remercions de cette offre de contribution », a ajouté M. Araud.  Il a par ailleurs signalé que, le 17 décembre, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) donnerait des précisions sur les conditions dans lesquelles doit être effectué le transport des composants d’armes chimiques syriennes à travers et en dehors de la Syrie. 

Le Président du Conseil de sécurité a ensuite annoncé la tenue d’une réunion, le jeudi 12 décembre, sur la paix et la sécurité en Afrique, au cours de laquelle le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, fera un exposé récapitulatif sur sa récente visite dans la région du Sahel.  « À ce stade, aucun texte n’est prévu pour adoption à l’issue de cette réunion », a-t-il précisé.  Une autre réunion sur le Sahel aura lieu le mercredi 18 décembre.  M. Araud a indiqué qu’elle aurait pour thème le trafic de drogue dans la région et en Afrique de l’Ouest.  Le Secrétaire général et le Directeur de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) feront un exposé sur un phénomène que l’Ambassadeur Araud a qualifié de cause croissante d’entrave à la gouvernance et de menace continue à la sécurité régionale. 

Le programme de travail provisoire du Conseil de sécurité fait état de consultations sur la République démocratique du Congo (RDC) le mercredi 11 décembre.  Répondant à des questions sur l’utilisation de drones par les militaires de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), M. Araud a justifié cet usage en rappelant que « le Nord-Kivu et le Sud-Kivu étaient à eux seuls d’une superficie plus vaste que celle de l’Espagne et il y a peu de routes dans l’est de la RDC.  Cette utilisation est pertinente et s’inscrit dans l’indispensable modernisation des actions de terrain des Nations Unies, dont les bataillons patrouillent comme on le faisait pendant la Deuxième Guerre mondiale », a-t-il soutenu.

Pour ce qui est des activités de la Cour pénale internationale (CPI), dont la Procureure, Mme Fatou Bensouda, fera un exposé sur le Soudan le mercredi 11 décembre, le Président du Conseil de sécurité a indiqué, à propos du Kenya, que le projet de résolution présenté récemment par des pays africains n’avait pas été parrainé par tous les membres de l’Union africaine.  « Nos amis kényans devraient examiner les décisions prises par l’Assemblée des États parties au Statut de Rome.  Ces décisions répondent à leurs besoins », a-t-il assuré, en précisant qu’un président, par exemple, pouvait désormais être représenté à son procès par un avocat.

Il a, en outre, mentionné la tenue de deux réunions officieuses voulues par la France.  La première se tiendra demain matin et portera sur les activités de médiation du Département des affaires politiques.  La deuxième, qui aura lieu le vendredi 13 décembre, aura pour thème la liberté de la presse et la protection des journalistes. 

Jeudi 5 décembre, le Conseil tiendra son débat périodique sur les Tribunaux pénaux internationaux pour l’ex-Yougoslavie et pour le Rwanda.  Le lundi 16 décembre, il organisera son débat périodique sur la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA).

Au sujet du programme nucléaire de la République islamique d’Iran, qui ne sera pas examiné par le Conseil pendant le mois de décembre, l’Ambassadeur Araud a tenu à rappeler que l’accord, valide pour une période de six mois, auquel sont parvenus le Groupe des 5+1 et les négociateurs iraniens, stipule qu’aucune nouvelle sanction, y compris mandatée par l’ONU, ne peut être imposée pendant la durée de cet accord intérimaire. 

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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