Conférence de presse de M. Pablo de Greiff, Rapporteur spécial sur la promotion de la vérité, de la justice, de la réparation et des garanties de non-répétition

28 octobre 2013
Conférence de presse

Conférence de presse de M. Pablo de Greiff, Rapporteur spécial sur la promotion de la vérité, de la justice, de la réparation et des garanties de non-répétition

28/10/2013
Communiqué de presse
Conférence de presse
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONF É RENCE DE PRESSE DE M. PABLO DE GREIFF, RAPPORTEUR SP É CIAL SUR LA PROMOTION DE

LA V É RITE, DE LA JUSTICE, DE LA R É PARATION ET DES GARANTIES DE NON-R É P É TITION


M. Pablo de Greiff, Rapporteur spécial sur la promotion de la vérité, de la justice, de la réparation et des garanties de non-répétition, a présenté ce matin lors d’une conférence de presse au Siège de l’ONU à New York le rapport qu’il a soumis à la présente session de l’Assemblée générale.  L’objectif principal de ce rapport, a-t-il indiqué, était de souligner la place de la justice et des considérations relatives aux droits dans le programme de développement pour l’après-2015.


Après avoir rappelé qu’un certain nombre d’obligations juridiquement contraignantes se rapportaient à la justice et aux droits, comme en témoignent les mouvements en cours en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, il a précisé que l’intérêt manifesté par les populations pour le respect de la justice et des droits devait être pris en compte.


Le Rapporteur a estimé que les cas de violation des droits de l’homme restés impunis étaient de nature à entraver la marche vers le développement de trois manières différentes: d’abord, parce que l’absence de sanctions pouvait contribuer à un recul des attentes formulées par les habitants dans la mesure où une personne qui voit ses attentes systématiquement déçues finit par formuler des exigences moindres, ensuite parce que les violations massives des droits diminuaient le niveau de confiance entre les populations et leurs institutions étatiques, et les individus eux-mêmes, et, enfin, parce que les violations massives des droits de l’homme nuisaient aux capacités humaines.


M. de Greiff a par ailleurs noté certains progrès réalisés dans le domaine de la réflexion sur le développement, compte tenu du fait que la question des liens entre développement, sécurité et justice était abordée de plus en plus fréquemment dans la littérature scientifique.  Toutefois, a-t-il déploré, la conception plus large du développement sur le plan théorique n’est pas suivie sur le plan pratique.  Les ressources financières consenties aux domaines du développement, de la sécurité et de la justice sont non seulement disparates, mais prennent des directions opposées, a-t-il regretté.


M. de Greiff a estimé qu’il fallait rompre avec l’idée d’un enchaînement naturel qui consisterait à assurer la sécurité avant de s’attaquer aux problèmes de développement et de justice.  Un tel raisonnement n’intègre pas la définition plus large du développement, a-t-il affirmé, précisant qu’il était difficile pour les populations de pouvoir témoigner et dénoncer certains crimes si elles ont le sentiment que des auteurs de violations des droits de l’homme appartenaient toujours aux forces de sécurité.  Il faut travailler simultanément sur les questions relatives à la sécurité, à la justice et au développement, a-t-il dit.


Le Rapporteur spécial a rappelé par ailleurs que son nouveau mandat était particulièrement large, englobant la promotion de la vérité, de la justice, de la réparation et des garanties de non-répétition.  L’une des forces de ce mandat est de pouvoir favoriser une réponse globale aux violations massives des droits de l’homme, a-t-il précisé.


Il a appelé à une plus grande coordination entre les mesures de justice transitionnelle, notamment les réparations, et les programmes de développement, et à ne pas céder à la tentation de délaisser le premier aspect au profit du second.  Les programmes de réparation sont différents des programmes de développement dans la mesure où ils présupposent une reconnaissance de responsabilité, a-t-il dit.


Les personnes chargées des questions de sécurité, de justice et de développement doivent prendre en compte non seulement les réformes institutionnelles, mais aussi les mesures capables de renforcer les sociétés civiles, a-t-il poursuivi.  Il est important de permettre aux organisations de la société civile de pouvoir interagir les unes avec les autres, a-t-il déclaré, en rappelant le rôle important joué par les médias sociaux dans les soulèvements populaires qui ont eu lieu en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.


En conclusion, M. de Greiff a regretté que la justice ne bénéficie pas d’un appui financier comparable aux préoccupations sécuritaires de développement.


*   ***   *

À l’intention des organes d’information • Document non officiel
À l’intention des organes d’information • Document non officiel.