Conférence de presse sur la « semaine Afrique-NEPAD », à l’occasion du dixième anniversaire du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs

23 octobre 2013
Conférence de presse

Conférence de presse sur la « semaine Afrique-NEPAD », à l’occasion du dixième anniversaire du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs

23/10/2013
Communiqué de presse
Conférence de presse
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE SUR LA « SEMAINE AFRIQUE-N E PAD », À L’OCCASION DU DIXIÈME

ANNIVERSAIRE DU MÉCANISME AFRICAIN D’ÉVALUATION PAR LES PAIRS

« Six des 10 économies nationales qui connaissent la croissance la plus rapide se trouvent en Afrique et le continent a connu au cours de cette dernière décennie des transformations considérables, en particulier grâce à une meilleure gouvernance.  En même temps, 7 des 10 économies nationales de la planète dont la croissance est la plus mauvaise se trouvent également en Afrique, ce qui témoigne de l’ampleur des défis auxquels le continent reste confronté et qu’il essaie d’y répondre à travers le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). »

C’est le message que sont venus partager, aujourd’hui au cours d’une conférence de presse, le Conseiller spécial du Secrétaire général pour l’Afrique, M. Maged Abdelaziz; le Secrétaire exécutif du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), M. Ibrahim Assane Mayaki; et la Vice-Présidente du Groupe de personnalités éminentes du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), Mme Fatuma Ndangiza Nyirakobwa; à l’occasion de la « semaine Afrique-NEPAD de 2013 », qui se tient du 21 au 25 octobre au Siège de l’ONU à New York.

L’année 2013, que les chefs d’État africains ont déclarée « Année du panafricanisme et de la renaissance africaine », marque le cinquantième anniversaire de la création de l’Organisation de l’Unité africaine, remplacée en 2002 par l’Union africaine, dont l’objectif est de promouvoir une « Afrique intégrée, prospère et pacifique dirigée par ses propres citoyens et représentant une force dynamique dans l’arène mondiale ».

Mais, a rappelé le Conseiller spécial pour l’Afrique, c’est aussi, le dixième anniversaire de la création du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs et celui de l’établissement du Bureau qu’il dirige actuellement.

Le Secrétaire exécutif du NEPAD a mis en avant les grands projets d’infrastructure établis dans le cadre du Programme de développement des infrastructures en Afrique.  Parmi la cinquantaine de projets du Programme, il a cité notamment l’autoroute Alger-Lagos, qui sera, selon lui, sans doute achevée d’ici à la fin de 2014, et qui contribuera à la création d’un couloir de développement facilitant le commerce intra-africain.  Il a aussi mentionné le projet de pont entre Kinshasa et Brazzaville et la revitalisation de la voie ferrée entre Dakar et Bamako dans le cadre d’un projet plus vaste de corridor allant jusqu’à Djibouti.  Ce sont là, a-t-il insisté, des projets très importants qui bénéficient d’un appui politique et attendent des investissements privés. 

La Directrice générale du Fonds monétaire international, Mme Christine Lagarde, a rappelé M. Mayaki, avait estimé que les financements publics étaient aujourd’hui mieux gérés en Afrique qu’en Europe du fait de l’amélioration de la gouvernance sur le continent africain.  C’est dans ce cadre qu’il a rappelé la tenue, au mois de décembre prochain à Dakar, d’un sommet régional consacré au financement de 16 projets d’infrastructure.

S’il a insisté sur l’importance du secteur privé dans le financement de ces grands projets, M. Mayaki a également estimé, à quelques semaines du troisième sommet arabo-africain, prévu en novembre au Koweït, que les fonds souverains de pays arabes pourraient considérer des investissements à long terme dans les projets d’infrastructure africains.  Selon lui, les investisseurs doivent tirer les leçons de la crise financière, qui résulte essentiellement de la spéculation sur une économie virtuelle.  En Afrique, l’économie est réelle, a-t-il fait observer.

La bonne gouvernance est notamment marquée par la lutte contre la corruption.  Comme l’a rappelé le Conseiller spécial pour l’Afrique lundi dernier, le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, avait salué, lors d’une table ronde de haut niveau consacrée à l’innovation africaine dans le domaine de la gouvernance au cours des 10 dernières années, le Mécanisme africain d’evaluation par les pairs, convaincu que ce Mécanisme avait « renforcé une culture politique démocratique entre les gouvernements africains » et une plus grande participation des citoyens aux décisions qui les concernent.

Le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs, a rappelé Mme Ndangiza Nyirakobwa, avait été créé pour aider le NEPAD, en partant de l’idée qu’il n’y aurait pas de développement possible sans amélioration de la gouvernance.  Rappelant que 33 pays représentant 76% de la population du continent avaient adhéré au Mécanisme et que 17 d’entre eux avaient déjà fait l’objet d’une évaluation, la Vice-Présidente du Groupe de personnalités éminentes du MAEP a aussi expliqué que le processus d’évaluation se déroulait en plusieurs étapes, dont la première consiste en une auto-évaluation par le pays dans le cadre d’un vaste débat auquel la société civile, les ONG ou encore les universités sont appelées à contribuer.  Ce n’est qu’ensuite que les pairs présentent des observations et recommandations fondées sur le rapport d’auto-évaluation, et en évaluent plus tard l’application.

De tels débats ont permis de soulever différentes questions, comme la corruption, mais aussi la gestion des ressources naturelles ou celle des langues, ainsi que des comparaisons entre États du Sud.  Plus encore, le MAEP a permis une appropriation de ce type d’évaluation par les pays et populations africaines, a insisté Mme Ndangiza Nyirakobwa, qui a reconnu que le système, sans être parfait, avait encouragé des évaluations sur une base volontaire.  Il serait utile de mieux le faire connaître auprès des populations concernées, a-t-elle dit, afin de le renforcer.

Il est essentiel de promouvoir le rôle de ce Mécanisme, a souligné M. Mayaki.  En Afrique comme ailleurs, a-t-il rappelé, les politiques publiques ne sont pas seulement des processus rationnels mais aussi le résultat de rapports de force.  En Afrique, la société civile et, en particulier, les organisations œuvrant en faveur des femmes jouent un rôle accru dans l’orientation des politiques car, a-t-il dit, elles insistent sur les intérêts et besoins des communautés.  Le Conseiller spécial pour l’Afrique a indiqué qu’après une réunion,

aujourd’hui, avec les États membres de l’Union africaine, il rencontrera demain, jeudi 24 octobre, des représentants d’ONG et autres groupes de la société civile pour s’assurer que les projets de développement répondent bien à une approche centrée sur la personne.

Pour faire face à la pauvreté qui reste massive en Afrique, M. Mayaki a insisté sur la nécessité d’adopter des politiques économiques plus inclusives.  Ces politiques, a-t-il ajouté, doivent prendre en compte des besoins des jeunes.

La semaine Afrique-NEPAD doit s’achever ce vendredi, 25 octobre, avec l’examen du rapport du Secrétaire général sur le NEPAD à l’Assemblée générale.

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