Conférence de presse du Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. Jeffrey Feltman

8 février 2013
Conférence de presse

Conférence de presse du Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. Jeffrey Feltman

8/2/2013
Communiqué de presse
Conférence de presse
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ADJOINT AUX AFFAIRES POLITIQUES, M. JEFFREY FELTMAN

Le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. Jeffrey Feltman, a insisté, cet après-midi devant la presse, sur la nécessité pour toutes les parties au Mali d’engager un dialogue politique inclusif parallèlement à l’action militaire en cours, lors d’une conférence de presse au Siège de l’ONU, à New York. 

De retour d’un voyage de deux semaines au cours duquel il accompagnait le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, en Afrique et en Belgique, M. Jeffrey Feltman, qui donnait sa première conférence de presse depuis son entrée en fonctions, a fait le point sur sa visite en Somalie, au Kenya, au Burundi, en Éthiopie où il a assisté au Sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, ainsi qu’à la Conférence internationale sur le Mali, qui s’est tenue à Bruxelles, le 5 février.

Le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques a estimé que l’actualité de ces dernières heures témoignait « du long chemin qu’il reste à parcourir pour régler les divisions politiques au Mali » et mettre en place une armée professionnelle et des forces de sécurité capables d’assurer l’ordre dans le pays.

« Tant que ces divisions politiques persistent, l’État malien demeurera faible, en particulier face à ceux qui veulent miner les efforts de réconciliation », a-t-il ajouté, en rappelant que les divergences politiques sont précisément au cœur de la crise actuelle.  À propos des différents entretiens qu’il a eus à Bruxelles, M. Feltman a souligné que tous ses interlocuteurs maliens avaient insisté sur la nécessité d’être impliqués dans les discussions.

« L’intervention militaire en cours de la France a peut-être donné aux autorités maliennes le sentiment qu’un processus politique n’est pas nécessaire.  Ceci n’est pas vrai: il faut également avancer sur ce front », a fait remarquer le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques.  Dans ce contexte, il s’est félicité de l’annonce faite par le Président malien par intérim, M. Dioncounda Traoré, d’une feuille de route qui devrait aboutir à l’organisation d’élections, avant la fin du mois de juillet.  « Il s’agit là d’un point de départ important mais il est également crucial que ce délai soit respecté et que ces élections soient considérées comme crédibles par la population », a-t-il insisté.  M. Feltman a encore encouragé toutes les parties à demeurer concentrées sur l’évolution politique de la situation, par le biais d’un dialogue inclusif, de la feuille de route et de l’organisation d’élections crédibles.  Le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques a précisé que ce processus politique devrait être initié par les Maliens eux-mêmes.  

Pour M. Feltman, l’objectif pour le Mali est de disposer de forces de sécurité professionnelles, capables d’assurer la sécurité du territoire.  Au niveau international, les Nations Unies ont déjà engagé des discussions à cet égard avec de nombreux responsables maliens, de même qu’avec des représentants de la Commission économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).  Comme le Conseil de sécurité examine la possibilité de déployer des Casques bleus, en vue de remplacer la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA), le Secrétaire général prendra certainement les mesures visant à encourager une présence politique des Nations Unies plus étoffée, a-t-il estimé.  C’est une décision, a-t-il rappelé, qui appartient au Conseil de sécurité.  M. Feltman a également souligné combien la situation politique sur le terrain était complexe et a indiqué que les pays voisins du Mali étaient très préoccupés par les conséquences de ces efforts militaires au-delà des frontières maliennes, ainsi que par les activités des groupes terroristes opérant au Mali.

En ce qui concerne la Somalie où il s’y rendait pour la première fois, le Secrétaire général adjoint s’est dit « optimiste » face aux changements en cours dans ce pays, notamment en ce qui concerne la réforme de la sécurité.  Ses rencontres avec le Président, le Premier Ministre et divers députés l’ont en effet convaincu que les Somaliens avaient à présent une vraie opportunité de voir reconstruire une société respectant leurs droits.  « Transformer un État qui a échoué en un État de droit qui fonctionne pleinement est un processus qui exige beaucoup de temps et d’efforts.  Pour la première fois, après avoir rencontré le Président, le Premier Ministre et divers députés, j’ai le sentiment que les Somaliens ont à présent une véritable opportunité d’édifier une société qui respecte leurs droits », a-t-il dit, sans toutefois sous-estimer les défis auxquels le pays continue d’être confronté.  C’est pourquoi, la communauté internationale doit continuer à y jouer un rôle, à la fois en Somalie et de l’extérieur.

Pour ce qui est du Kenya, M. Feltman a particulièrement mis l’accent sur les élections de mars prochain, en rappelant qu’elles devaient être crédibles et transparentes.  Il a invité tous les Kényans à y participer de manière active et pacifique.  « Aucune forme de violence ne peut être tolérée », a-t-il ajouté.  M. Feltman a indiqué que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) assurait la mise en œuvre d’initiatives en matière d’éducation et que l’ONU, sans être impliquée dans le déroulement des élections, y travaille avec les observateurs.  Le Secrétaire général a par ailleurs salué le rôle que joue le Burundi pour encourager la paix et la sécurité dans la région.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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