Conseil de sécurité: le Chef de la MINUAD se dit préoccupé par la situation sécuritaire au Darfour, où la Mission s’efforce de rallier les mouvements réfractaires au processus de paix

23 octobre 2013
CS/11156

Conseil de sécurité: le Chef de la MINUAD se dit préoccupé par la situation sécuritaire au Darfour, où la Mission s’efforce de rallier les mouvements réfractaires au processus de paix

23/10/2013
Conseil de sécurité
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Conseil de sécurité                                        

7048e séance – matin

CONSEIL DE SÉCURITÉ: LE CHEF DE LA MINUAD SE DIT PRÉOCCUPÉ PAR LA SITUATION SÉCURITAIRE AU DARFOUR,

OÙ LA MISSION S’EFFORCE DE RALLIER LES MOUVEMENTS RÉFRACTAIRES AU PROCESSUS DE PAIX

« La situation en matière de sécurité au Darfour et les menaces contre la MINUAD et le personnel humanitaire continuent de représenter une source de préoccupation grave », a déclaré, ce matin, devant le Conseil de sécurité, le Représentant spécial conjoint de l’Union africaine et des Nations Unies et Médiateur en chef conjoint pour le Darfour, M. Mohamed Ibn Chambas.

Lors d’un exposé par vidéoconférence depuis Khartoum, le Chef de l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD), qui présentait le rapport du Secrétaire général sur la question, est revenu sur les incidents qui se sont produits au cours des trois derniers mois.  Il a également abordé les progrès réalisés dans la mise en œuvre du Document de Doha pour la paix au Darfour -Document de Doha-, adopté en 2011 par le Gouvernement du Soudan et par le Mouvement pour la libération et la justice.

Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Hervé Ladsous, ainsi que le Représentant permanent du Soudan auprès des Nations Unies, M. Daffa-Alla Elhag Ali Osman, se sont également exprimés au cours de cette séance.

Rappelant qu’entre le 11 et le 13 octobre 2013, un Casque bleu zambien et trois Casques bleus sénégalais avaient perdu la vie dans des attaques perpétrées par des hommes armés, M. Chambas a assuré qu’il continuerait à exhorter le Gouvernement soudanais à faire tout son possible pour que les auteurs de ces « crimes haineux » et « d’autres qui ont visé la Mission », soient arrêtés et traduits en justice.  « Les affrontements intercommunautaires qui continuent de miner la région rendent la situation au Darfour encore plus complexe », a-t-il ajouté, en citant les combats entre les tribus Rezigat du Sud et Ma’alia à l’est du Darfour, ceux entre les tribus Myseria et Salamat au centre et ceux entre les tribus Rezigat du nord et Beni Hussein au nord.  Ces affrontements, qui ont causé un certain nombre de victimes et forcé les populations à quitter ces régions, ont eu des conséquences plus lourdes que les combats qui ont opposé récemment l’armée soudanaise et les mouvements non signataires du Document de Doha, a-t-il fait remarquer.

Le représentant du Soudan a condamné les pertes en vies humaines parmi les Casques bleus et souligné que les combats et déplacements de populations mentionnés par M. Chambas étaient un souci majeur pour le Gouvernement soudanais.  M. Osman a ensuite interpellé directement le Conseil de sécurité, en exhortant ses membres à faire en sorte que la MINUAD puisse remplir efficacement « son rôle militaire ».  « La Mission ne peut pas rester les bras croisés quand elle est prise pour cible, sinon cela signifie qu’elle ne peut ni se protéger contre les assaillants, et encore moins assurer la protection de la population civile et les autres tâches définies dans son mandat », a-t-il déclaré.

M. Ibn Chambas a indiqué que la MINUAD, en étroite coopération avec les autorités locales, régionales et étatiques, s’efforçait d’améliorer la situation en apportant un appui logistique et technique constant visant à faciliter la réconciliation entre groupes tribaux.  « Bien qu’un certain nombre d’accords aient été conclus pour mettre fin aux hostilités, la situation demeure fragile », a-t-il néanmoins reconnu. 

Le Chef de la MINUAD a indiqué que la fourniture de l’aide aux communautés touchées continuait d’être entravée par les restrictions de circulation et les procédures administratives, « qui ont un impact négatif sur la poursuite de notre effort collectif ».  M. Chambas en a profité pour rappeler que, le 28 septembre, à New York, l’Union africaine avait souligné qu’il était impératif d’assurer la libre circulation de l’ensemble du personnel de la MINUAD. 

M. Osman a réagi en assurant le Conseil de la volonté de Khartoum d’aider la Mission à remplir pleinement son mandat.  « La coopération entre le Gouvernement et la Mission a rarement été aussi active, ce dont témoigne le nombre croissant de visas octroyés et le fait, signalé dans le rapport du Secrétaire général, que la Mission a pu mener un nombre important de patrouilles ces trois derniers mois », a-t-il relevé.

S’agissant de la mise en œuvre du Document de Doha, M. Ibn Chambas a déclaré que, depuis la conférence des donateurs qui s’était tenue en avril dernier, les signataires du Document s’étaient concentrés sur la mise en place de mécanismes d’application de la Stratégie de développement du Darfour, prévue par le Document.  Il a précisé, à cet égard, que des marchés publics concernant plus de 1 000 projets de développement au Darfour avaient déjà été publiés, leur valeur totale s’élevant à 82,5 millions de dollars. 

« La mise en œuvre de l’accord entre le Gouvernement soudanais et le Mouvement pour la justice et l’égalité, signé le 6 avril 2013, peine à avancer », a également souligné M. Chambas.

S’agissant des efforts entrepris par la MINUAD pour faciliter le dialogue entre le Gouvernement soudanais et les mouvements non signataires, le Chef de la Mission a indiqué qu’au cours de consultations organisées du 22 au 27 août, à Arusha, en République-Unie de Tanzanie, les mouvements présents avaient réitéré que le règlement politique négocié à la crise du Darfour doit être trouvé « dans le cadre d’une solution générale aux problèmes du Soudan ».  « Pour le Gouvernement, tout dialogue entre ses représentants et les différents mouvements doit être basé sur le Document de Doha », a-t-il ajouté. 

« Le Conseil de sécurité doit exercer une pression plus forte afin que les mouvements non signataires prennent place à la table des négociations », a renchéri M. Osman.  Ce dernier a en outre attiré l’attention sur le fait que le rapport du Secrétaire général note une baisse des violences sexuelles dans la région du Darfour, une conséquence directe, selon lui, de l’application du Document de Doha par les autorités soudanaises. 

Le représentant a également salué les efforts conduits par le Procureur spécial pour le Darfour, qui traite, a-t-il dit, des dizaines d’affaires et a procédé à la condamnation de « plus de 40 personnes accusées de crimes graves ».  « La justice de mon pays est efficace », a-t-il affirmé, en assurant que « les auteurs des attaques contre la MINUAD seront jugés pour leurs actes ».

Il a ainsi répondu à la demande du Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Hervé Ladsous, qui a exhorté le Gouvernement du Soudan à identifier les auteurs d’attaques violentes contre les personnels humanitaires et ceux de la MINUAD.  « L’impunité doit cesser », a insisté M. Ladsous, avant de souligner que des efforts étaient entrepris avec les pays fournisseurs de contingents militaires et de police pour s’assurer que le personnel en uniforme déployé au Darfour soit bien équipé, formé et préparé pour mieux répondre à une situation sécuritaire difficile. 

Pour que la Mission dispose des ressources, de la configuration et des procédures dont elle a besoin, les Nations Unies ont entamé une évaluation de la MINUAD, en consultation avec l’Union africaine, dont les résultats seront présentés au Conseil de sécurité en février 2014, a précisé M. Ladsous.  En dépit de ces circonstances, la MINUAD reste déterminée à s’acquitter de son rôle essentiel, à savoir protéger la population civile, faciliter l’acheminement de l’aide et apporter son appui au processus de paix, a-t-il souligné.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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