Région des Grands Lacs: l’Accord-cadre reste la meilleure base de travail pour une issue à la crise dans l’est congolais, souligne le Conseil de sécurité

21 octobre 2013
CS/11152

Région des Grands Lacs: l’Accord-cadre reste la meilleure base de travail pour une issue à la crise dans l’est congolais, souligne le Conseil de sécurité

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21/10/2013
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Conseil de sécurité                                        

7045e séance – matin

RÉGION DES GRANDS LACS: L’ACCORD-CADRE RESTE LA MEILLEURE BASE DE TRAVAIL POUR

UNE ISSUE À LA CRISE DANS L’EST CONGOLAIS, SOULIGNE LE CONSEIL DE SÉCURITÉ

Le Conseil de sécurité a entendu, ce matin, la présentation du rapport de la mission effectuée par ses membres en Afrique, du 3 au 9 octobre 2013.  Cette mission, qui comportait plusieurs étapes, en République démocratique du Congo (RDC), en Ouganda, au Rwanda et en Éthiopie, avait pour objectif principal d’évaluer l’application de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération, signé le 24 février 2013 à Addis-Abeba.  Les chefs de délégation des différentes étapes ont notamment souligné que le retour à une paix durable dans l’est congolais ne serait possible qu’avec la fin des soutiens extérieurs aux milices et groupes armés.

Le représentant du Maroc, M. Mohammed Loulichki, qui avait dirigé conjointement avec le représentant de la France, l’étape consacrée à la RDC, a souligné que le Conseil de sécurité, lors de sa visite, s’était efforcé de convaincre les parties rencontrées sur place de la nécessité de faire aboutir les négociations de Kampala entre les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) et les autorités congolaises, et de s’engager activement dans la mise en œuvre de la réforme du secteur de la sécurité.

L’Ambassadeur Loulichki a ainsi indiqué que le Conseil avait demandé au Président de la République démocratique du Congo, M. Joseph Kabila; à son Premier Ministre, M. Augustin Matata Ponyo Mapon, et à ses Ministres congolais de la défense, de l’intérieur et de la justice -ainsi qu’aux acteurs de la société civile-, à mettre pleinement en œuvre l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RDC et la région des Grands Lacs.  Il a déclaré que l’Accord-cadre restait la meilleure base de travail pour relancer les efforts entrepris conjointement par la RDC, les pays de la région et de la communauté internationale en faveur d’une solution durable à la crise dans l’est de la République démocratique du Congo.

Convaincu que « seule la réalisation de la réforme du secteur de la sécurité permettrait aux autorités congolaises d’assurer l’intégrité territoriale du pays », M. Loulichki a souligné que la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) devait continuer d’appuyer les efforts du Gouvernement dans ce sens.  À cet égard, il a salué le transfert « avec succès » d’une partie de la composante « état de droit » de la Mission dans l’est du pays.

Le représentant du Maroc a par ailleurs répété qu’il ne serait pas possible d’instaurer une paix durable dans l’est de la RDC tant que des ingérences extérieures maintiendront le climat d’insécurité.  Il a plaidé pour qu’un équilibre soit établi entre la lutte contre les crimes de guerre et l’amnistie et souhaité que les discussions avec les rebelles du M23 aboutissent à un accord, afin que les partenaires de la paix puissent « s’attaquer aux autres groupes et milices armés ».

Concernant la protection des civils, M. Loulichki a indiqué que le Représentant spécial pour la République démocratique du Congo, M. Martin Kobler, avait assuré le Conseil de sécurité de la détermination de la Brigade d’intervention de la Mission -dont l’action est « soutenue par l’armée régulière et saluée par la société civile »- de riposter le cas échéant aux attaques des groupes rebelles ciblant la population. 

Le représentant du Maroc a également dit que le Conseil de sécurité avait demandé à ses interlocuteurs de ne ménager aucun effort dans la lutte contre l’impunité, afin qu’il soit mis fin aux violences sexuelles et à celles dirigées contre les enfants, « y compris le recrutement d’enfants soldats ».

De son côté, le représentant du Royaume-Uni, M. Mark Lyall Grant, a souligné la nature régionale de la crise.  Il est essentiel, a-t-il déclaré, de ne pas répéter les erreurs commises lors de la conclusion de l’Accord de 2009, « lorsque les violations des droits de l’homme étaient restées impunies ».  Il a ensuite indiqué que, lors de l’étape ougandaise de la mission, le Conseil de sécurité avait exhorté le Président Museveni d’exercer l’influence nécessaire pour assurer la bonne mise en œuvre de l’Accord de paix, avant de le remercier pour les efforts qu’il déploie.

Le représentant du Rwanda, M. Eugène Richard Gasana, a, quant à lui évoqué, la septième réunion consultative du Conseil de sécurité et du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, qui s’était tenue à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 8 octobre 2013.  Il a assuré que les deux institutions étaient tombées d’accord sur l’importance de renforcer leurs partenariats stratégiques et leurs initiatives conjointes de promotion de la paix et de la sécurité dans les pays du continent africain en proie à un conflit.  « Le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et de sécurité de Union africaine ont par ailleurs décidé que leur huitième réunion consultative aura lieu à New York, en juin 2014 », a-t-il annoncé.

S’agissant de l’étape rwandaise de la mission, le représentant des États-Unis, M. Jeff de Laurentis, a indiqué que le Conseil avait prié le Président du Rwanda, M. Paul Kagame, d’user de toute son influence pour faire aboutir le processus de paix.  Il a ajouté que M. Kagame s’était demandé si la communauté internationale « comprend réellement les causes du conflit dans l’est de la RDC et dans l’ensemble de la région des Grands Lacs ».  « M. Kagame souhaiterait que soient mis en place des mécanismes établissant les responsabilités des actes commis en RDC », a rapporté M. de Laurentis.  Le représentant des États-Unis a néanmoins exhorté l’ensemble des pays de la région à participer activement à la neutralisation de tous les groupes et milices armés, ce qui implique qu’« aucune assistance » ne saurait leur être apportée. 

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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