Transition au Yémen: Le Conseiller spécial se félicite, devant le Conseil de sécurité, de l’émergence d’un nouveau contrat social

27 septembre 2013
CS/11134

Transition au Yémen: Le Conseiller spécial se félicite, devant le Conseil de sécurité, de l’émergence d’un nouveau contrat social

27/09/2013
Conseil de sécurité
CS/11134
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

7037e séance – après-midi

TRANSITION AU YÉMEN: LE CONSEILLER SPÉCIAL SE FÉLICITE, DEVANT LE CONSEIL

DE SÉCURITÉ, DE L’ÉMERGENCE D’UN NOUVEAU CONTRAT SOCIAL

« Le monde regarde le Yémen avec attention pour savoir s’il est capable d’aller sur la voie prometteuse dans laquelle il s’est engagé », a déclaré, cet après-midi, devant les membres du Conseil de sécurité, le Conseiller spécial du Secrétaire général sur le Yémen, M. Jamal Benomar.

Seul pays de la région à avoir réussi à sortir de la violence, qui avait marqué l’année 2011, avec un accord négocié pacifiquement, le Yémen se trouve maintenant, a assuré M. Benomar, à un « tournant » de sa transition.  Même si des questions restent en suspens, la Conférence de dialogue national est en effet en passe de conclure ses travaux avec l’adoption de recommandations capitales pour l’avenir du pays.

La Conférence de dialogue national, composée de plusieurs groupes de travail, et qui devait initialement achever ses travaux le 18 septembre, doit contribuer à la rédaction d’une nouvelle constitution dans le cadre des préparatifs des élections générales prévues en février 2014.

« Depuis le lancement de la Conférence le 18 mars 2013, des progrès extraordinaires ont été réalisés et les travaux de la Conférence sont achevés à 90% », s’est félicité M. Benomar, en assurant que les bases d’un nouveau contrat social au Yémen ont été jetées.

Il a ajouté que 30% des postes dans les trois branches du gouvernement devraient ainsi revenir à des femmes.  C’est, a-t-il dit, une « avancée extraordinaire », compte tenu des faibles progrès enregistrés, à ce jour, en faveur des droits des femmes dans cette région du monde.

Il a affirmé que les efforts des Groupes de travail sur Sa’ada et sur la question du Sud du Yémen avaient permis d’identifier les causes profondes des conflits et des griefs exprimés par les populations vivant dans ces zones.  « Ceci devrait permettre à l’État d’atténuer les conditions qui ont donné lieu à ces conflits », s’est-il félicité.

Le Conseiller spécial a ensuite mentionné les progrès qui ont été accomplis en vue d’un accord qui établirait les fondations d’une nouvelle structure étatique fédérale, en ajoutant que le consensus avait été recherché sur des sujets aussi délicats que les ressources naturelles et la répartition des pouvoirs entre les niveaux de gouvernance local, régional et fédéral.

« L’engagement du mouvement du Sud en faveur de la réalisation de la vision d’un Yémen fédéral dépend largement des actions prises par le Gouvernement pour réparer les anciennes injustices et empêcher que les erreurs du passé ne se répètent », a continué M. Benomar, qui s’est félicité des récentes excuses présentées par le Gouvernement d’unité nationale aux populations du Sud et de Sa’ada pour les abus dont elles ont été victimes.

« Les Yéménites sont engagés dans le dialogue politique pour faire émerger un nouveau Yémen », a affirmé, pour sa part, le Ministre des affaires étrangères du Yémen, M. Abu-Bakr Abdullah Al-Qirbi, qui a demandé à la communauté internationale de condamner toutes les velléités séparatistes tendant à s’exprimer dans le cadre de la Conférence de dialogue national.  « L’unité yéménite est une valve de sécurité pour la région et le monde », a-t-il dit.

Le Conseiller spécial a souligné le débat qui émerge au sein de la société yéménite en faveur d’un État fédéral, en reconnaissant que ce débat avait toutefois suscité des interrogations sur le calendrier électoral et le caractère des élections.

« Pour l’heure, il est crucial de procéder étape par étape, en gardant à l’esprit que la conclusion des travaux de la Conférence doit être la priorité », a rappelé le Conseiller spécial.  C’est le souhait que les délégations ont unanimement partagé, à l’instar de celle de la France, qui a exhorté « toutes les parties à maintenir leur engagement afin de poursuivre la transition politique dans les délais impartis ». 

« Il est important que les élections aient lieu, comme prévu, en février 2014 », a recommandé le représentant du Pakistan, tandis que de nombreuses délégations, dont celles de l’Azerbaïdjan et du Rwanda, ont insisté sur le caractère « exemplaire » de la transition au Yémen.  Nombreuses ont été aussi les délégations qui ont salué le rôle clef que le Président Hadi a joué pour faire avancer le processus de transition.

Outre les questions politiques qui continuent de faire obstacle à la transition, M. Benomar a cité la détérioration de la situation humanitaire, en faisant observer que 13 millions de Yéménites ont actuellement besoin d’une aide humanitaire.  Le Ministre des affaires étrangères du Maroc, M. Saad-Eddine El Othmani, a déploré que l’appel humanitaire pour le Yémen n’ait recueilli, à ce jour, que 44% des fonds nécessaires. 

« Les défis sécuritaires du Yémen ne doivent pas être sous-estimés », a averti la Ministre des affaires étrangères de l’Australie, Mme Julie Bishop, qui présidait la séance, en faisant écho à ce que le Conseiller spécial a qualifié de « situation volatile ».  « Al-Qaida dans la péninsule arabique (AQPA), qui avait conduit la semaine dernière plusieurs attaques, reste en effet une menace majeure », a expliqué M. Benomar.

Même son de cloche du côté du représentant de la Fédération de Russie qui a estimé qu’il était « difficile d’évaluer les progrès de la transition alors qu’AQPA continue d’avoir le champ libre dans le pays », le Secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), déplorant, quant à lui, « les agissements des groupes extrémistes qui sapent la confiance et menacent nos efforts constructifs ».

LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT

Déclarations

M. JAMAL BENOMAR, Conseiller spécial du Secrétaire général sur le Yémen, a indiqué que la transition au Yémen était à un tournant.  « Alors que la Conférence de dialogue national est en passe de conclure ses travaux avec l’adoption de recommandations capitales pour le futur du pays, des défis d’ampleur, d’ordre politique, économique et humanitaire demeurent, alors que des questions clefs sont encore en suspens. »

Il s’est félicité que la Conférence ait réussi à promouvoir un dialogue inclusif auprès des acteurs les plus divers, dont les jeunes, les femmes, Ansar Allah (Houthis) et le mouvement du Sud Hiraak.  « Depuis le lancement de la Conférence, le 18 mars, des progrès extraordinaires ont été faits », a-t-il dit, en expliquant que les bases d’un nouveau contrat social avaient été jetées.  « Les travaux de la Conférence sont achevés à 90% », a-t-il assuré.

M. Benomar a ensuite abordé les recommandations développées durant la Conférence pour une meilleure gouvernance, une plus grande participation des femmes et une protection renforcée des droits de l’homme.  « Trente pour cent des postes dans les trois branches du Gouvernement devraient revenir à des femmes », a expliqué le Conseiller spécial.  Cette recommandation est extraordinaire, a-t-il souligné, en rappelant que les droits des femmes étaient peu défendus dans cette région du monde.

Il a affirmé que les efforts des groupes de travail sur Sa’ada et sur la question du Sud avaient permis d’identifier les causes profondes des conflits et des griefs exprimés par les personnes vivant dans ces zones.  « Ceci devrait permettre à l’État d’atténuer les conditions qui ont permis la survenue de ces conflits », s’est-il félicité, en indiquant que le Groupe de travail sur Sa’ada était parvenu à un accord sur 70 sujets de discussion et recommandations afférentes.

« La Conférence, qui n’est qu’une étape dans la transition au Yémen, n’a jamais eu pour but de résoudre tous les défis du pays », a-t-il affirmé.  Cette Conférence fait partie d’un processus de transformation politique à long terme beaucoup plus vaste, en passant notamment par l’adoption d’une nouvelle constitution et la tenue d’élections générales.  « Toutes ces étapes vont exiger des négociations complexes en vue de bâtir le consensus », a-t-il cependant prévenu, avant d’inviter à faire fond sur les progrès enregistrés.

M. Benomar a ensuite déploré les difficultés rencontrées par la Conférence, en citant notamment la suspension par le mouvement du Sud Hiraak de sa participation à la Conférence pendant près d’un mois.  « Il est largement accepté au Yémen que le Sud a souffert de près de deux décennies de discrimination et de marginalisation », a-t-il reconnu.  Il a détaillé les efforts qu’il avait menés pour trouver une solution consensuelle, le 10 septembre dernier, à cette question.  « Je suis heureux de dire que des progrès ont été accomplis en vue d’un accord qui définirait une série de principes jetant les bases d’une nouvelle structure étatique fédérale, tandis que les discussions se poursuivent », a affirmé M. Benomar.  Il a indiqué que le consensus avait été recherché sur des sujets aussi délicats que les ressources naturelles et la répartition des pouvoirs entre les niveaux de gouvernance locale, régionale et fédérale.  Il a rappelé que l’engagement du mouvement du Sud afin de soutenir la nouvelle vision d’un Yémen fédéral dépendait largement des actions prises par le Gouvernement du Yémen pour réparer les anciennes injustices et empêcher que le passé ne se répète.  « À cette fin, il est essentiel que les principaux éléments des mesures destinées à restaurer la confiance, connus comme les ‘Points 20+ 11’, soient mis en œuvre sans délais », a-t-il dit.  Le Conseiller spécial s’est félicité, à cet égard, des excuses présentées par le Gouvernement d’unité nationale aux peuples du Sud et de Sa’ada pour les abus commis par le passé et des travaux de deux commissions pour reconsidérer les saisies illégales de propriété dans le Sud.

Il a émis l’espoir que les travaux de la Conférence trouvent une conclusion heureuse, en rappelant qu’à la lumière du consensus naissant autour du fédéralisme, il y avait un débat émergent parmi les Yéménites pour la mise en place d’une « période constituante ».  Cette période, selon M. Benomar, permettrait de ménager le temps nécessaire, pour établir des critères clairs et mobiliser les ressources suffisantes en vue d’assurer la transition vers un état fédéral.  « Ces débats ont suscité des interrogations sur le calendrier électoral et le caractère des élections », a-t-il concédé.

Rappelant que la Conférence n’était pas la panacée, M. Benomar a indiqué que certains « éléments » ne souhaitaient pas la conclusion des travaux de la Conférence, aussi longtemps que les détails concernant le suivi de la Conférence, les arrangements constitutifs et la future structure fédérale ne seront pas clarifiés.  « À mon sens, il est crucial de procéder étape par étape, la priorité étant la conclusion des travaux de la Conférence », a déclaré le Conseiller spécial.

M. Benomar a attiré l’attention sur les 13 millions de Yéménites qui ont besoin d’une aide humanitaire.  Il a aussi mis l’accent sur la situation sécuritaire toujours « volatile » dans le pays.  « Al-Qaida reste une menace majeure dans la péninsule arabique (AQPA) », a-t-il affirmé, en rappelant que cette organisation terroriste avait lancé, la semaine dernière, plusieurs attaques.

« Il est crucial que la Conférence conclue ses travaux afin de faire avancer le processus de transition », a insisté M. Benomar, qui a tenu à saluer l’engagement du Président Hadi d’assurer le succès de ladite transition, malgré les difficultés qui subsistent.  « Le monde regarde le Yémen pour savoir s’il est capable de poursuivre la voie prometteuse dans laquelle il s’est engagé », a-t-il dit, avant de souligner les nouveaux défis que représente la mise en œuvre des recommandations de la Conférence, une fois celle-ci achevée.

M. ABDUL LATIF BIN RASHID AL ZAYANI, Secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Oman, Qatar, Koweït et Bahreïn), s’est dit confiant que le Yémen saurait traverser « cette épreuve critique de son histoire. »  « Le Conseil de sécurité est l’organe pertinent pour protéger le processus politique en cours », a-t-il ajouté.  M. Al Zayani a appelé le Conseil à continuer de soutenir l’Initiative du Golfe et son mécanisme d’application ainsi que les réformes économiques, politiques et de sécurité entreprises « courageusement » par le Gouvernement yéménite.  « La tâche est ardue car, a-t-il prévenu, le Yémen reste la cible de groupes extrémistes dont les agissements sapent la confiance et menacent nos efforts constructifs. »  « Nous pouvons compter sur la sagesse des Yéménites pour ne pas tomber dans le piège de la guerre civile que certains veulent lui tendre », a encore noté le Secrétaire général du CCG.  M. Al Zayani a souligné que l’objectif du CCG, aux côtés notamment du Groupe des Amis du Yémen, était de préserver la stabilité, la sécurité et l’unité du Yémen, ce qui est essentiel, a-t-il dit, « pour aider tous les Yéménites à réaliser leurs aspirations et à bâtir un état ouvert sur le monde ». 

M. ABU-BAKR ABDULLAH AL-QIRBI, Ministre des affaires étrangères du Yémen, s’est dit touché par l’appui qu’apporte le Conseil de sécurité dans cette période cruciale de transition, en appuyant l’Initiative du Golfe et son mécanisme d’application.  Le Président a su désamorcer les conflits politiques et engager tous les partis et acteurs politiques à dépasser les intérêts tribaux et des partis politiques.  « Comme l’a souligné M. Benomar, les Yéménites sont engagés dans le dialogue politique pour faire émerger un nouveau Yémen. » 

« Pour que cet objectif soit atteint, nous avons encore besoin d’un appui financier et d’un appui politique », a-t-il ajouté.  M. Al-Qirbi a estimé que « le coût de la reconstruction sera toujours moindre par rapport à un retour du Yémen à la case de départ, celle de l’insécurité et du chaos ».  Le Ministre a ensuite demandé à la communauté internationale de refuser toutes les propositions politiques s’écartant du plan prévu par l’Initiative du Golfe et condamné toutes les velléités séparatistes tendant à s’exprimer dans le cadre de la Conférence de dialogue national.  Ce dont nous avons besoin de vous, c’est que vous facilitiez la mise en œuvre du Dialogue et de l’Initiative sans nous dicter de solution.  L’unité yéménite, a-t-il rappelé, est une valve de sécurité pour la région et le monde.

Mme JULIE BISHOP, Ministre des affaires étrangères de l’Australie, après avoir salué les progrès de la transition au Yémen, a souligné les difficultés d’identifier une nouvelle base de gouvernance nationale concernant les défis sécuritaires, économiques et humanitaires que le pays doit relever.

Elle a ensuite déploré le retard accusé dans la conclusion de la Conférence de dialogue national, avant d’attirer l’attention sur les éléments, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, qui cherchent à faire dérailler le processus de transition.  « Les défis sécuritaires du Yémen ne doivent pas être sous-estimés », a-t-elle averti, en citant les affrontements tribaux, les activités terroristes et les enlèvements aux fins de rançons.

Mme Bishop a notamment condamné l’attaque qui a fait, la semaine dernière, plus de 40 victimes parmi les forces de sécurité.  « L’Australie, a-t-elle assuré, continue d’œuvrer avec le Yémen pour répondre à la menace terroriste. ».  Elle a rappelé que l’Australie présidait le Comité des sanctions contre Al-Qaida.  Elle a par ailleurs insisté sur l’ampleur des défis humanitaires au Yémen, avec notamment 3 millions d’enfants qui souffrent de malnutrition.  En conclusion, elle a exhorté le Conseil à continuer d’apporter son soutien résolu à la transition en cours au Yémen.

M. JEAN ASSELBORN, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères du Luxembourg, a salué les progrès réalisés sur la voie de « cette transition politique pacifique qui répond aux aspirations démocratiques légitimes du peuple yéménite ».  « Il est important aujourd’hui de redoubler d’efforts afin de progresser et de rendre ce processus irréversible », a-t-il ajouté.  Souhaitant que la Conférence de dialogue national puisse s’achever dans les prochaines semaines, M. Asselborn a souligné en outre que, dans le contexte actuel, il est important que la communauté internationale et le Conseil de sécurité demeurent aux côtés des Yéménites.  Pour ce qui est de la situation en matière de sécurité, il a déclaré que la recrudescence des attentats contre la société civile, les Forces de sécurité yéménite, les diplomates et les agents humanitaires constituait une réelle source d’inquiétude.  Les besoins humanitaires et les défis économiques ne doivent pas être négligés, sinon les perspectives d’une transition politique réussie pourraient être gravement comprises, a averti M. Asselborn. 

M. SAAD-EDDINE EL OTHMANI, Ministre des affaires étrangères et de la coopération du Maroc, s’est félicité des progrès significatifs de la transition au Yémen, matérialisés par la bonne tenue des travaux de la Conférence de dialogue national, tout en notant que cette dernière n’avait pas encore achevé ses travaux.  Il a invité la communauté internationale à continuer de soutenir le Yémen dans la phase sensible qu’il traverse, en détaillant les troubles sécuritaires, notamment les actes terroristes, qui continuent de secouer le pays.  Saluant le soutien apporté par le Conseil pour la coopération du Golfe au Yémen, il a déploré que l’appel humanitaire pour le Yémen n’ait été pour l’heure financé qu’à hauteur de 44%.  « Les engagements souscrits doivent être honorés afin que les besoins de base des Yéménites puissent être satisfaits », a-t-il rappelé avant de conclure. 

M. FERNANDO CARRERA, Ministre des affaires étrangères du Guatemala, a indiqué que la Conférence de dialogue national, étape historique de la transition en cours au Yémen, avait permis de jeter les bases d’un nouveau pays.  « Tout accord final devra néanmoins prendre en compte la question du Sud et des groupes armés pour être viable », a-t-il affirmé, en ajoutant qu’il était important que les élections se tiennent bien à la date prévue en 2014.  Il a ensuite condamné les attaques qui ont endeuillé le pays, la semaine dernière et demandé aux autorités du pays à faire leur possible pour répondre aux graves défis sécuritaires.  « Les difficultés économiques et sociales ne pourront être résolus que lorsque la sécurité sera rétablie », a-t-il fait remarquer, en invitant le pays à garder le cap.

M. ELMAR MAHARRAM OĞLU MAMMADYAROV, Ministre des affaires étrangères de l’Azerbaïdjan, a déclaré que le Yémen s’était engagé de manière « exemplaire » sur la voie de la réconciliation et du dialogue.  « Le processus de transition, entaché par des controverses et menacé par l’insécurité et les retards de mise en œuvre, doit être soutenu afin de permettre la finalisation de la nouvelle Constitution et la tenue d’élections générales en 2014 », a-t-il dit.  « Le maintien de la paix et de la stabilité au Yémen sont vitaux pour maintenir la paix dans la région », a-t-il ajouté.

Mme SAMANTHA POWER (États-Unis) a assuré que son pays partageait « bien des aspirations exprimées à New York par la délégation yéménite, avec laquelle nous nous sommes longuement entretenus cette semaine ».  Mme Power a ensuite appelé les États à maintenir les efforts « constructifs » menés par la communauté internationale, conjointement avec les « Amis du Yémen ».  « La Conférence de dialogue national a ouvert un nouveau chapitre dans la transition, au point qu’aujourd’hui des groupes, qui étaient opposés hier, sont assis autour d’une même table pour y discuter de la restructuration de l’État et de la forme à donner à l’administration du pays », s’est réjouie la représentante des États-Unis.  Mme Power a demandé au Gouvernement yéménite d’inclure les femmes dans le processus politique de transition, y compris la rédaction de la nouvelle constitution et la préparation des élections nationales prévues pour 2014.  « La lutte contre la corruption, l’amélioration de la gouvernance et le financement du Plan humanitaire d’urgence des Nations Unies sont des conditions à remplir pour remettre le pays sur la voie du développement économique », a-t-elle également souligné.

M. SAYED TARIQ FATEMI (Pakistan) a invité la communauté internationale à éviter de faire une « microgestion » des affaires du Yémen.  « L’indépendance du pays doit rester tout en haut des préoccupations du Conseil lorsqu’il délibère de la situation au Yémen », a-t-il affirmé.  Prenant acte du retard accusé par la Conférence de dialogue national pour conclure ses travaux, il a appelé les Yéménites à respecter les délais afin de préserver l’élan de la transition en cours dans le pays.  À cet égard, il s’est félicité des excuses récemment présentées aux populations du Sud, en soulignant, dans le même temps, les défis humanitaires qui subsistent et qui risquent, s’ils ne sont pas résolus, à faire dérailler la transition.  « Il est crucial que les élections se tiennent comme prévu en février 2014 », a conclu M. Fatemi.

M. ALISTAIR BURT, Sous-Secrétaire d’État aux affaires étrangères et du Commonwealth, s’est dit impressionné par les progrès de la transition au Yémen.  « Comme l’a fait remarquer le Conseiller spécial, la Conférence de Dialogue national n’a pas pour but de répondre à toutes les questions en suspens », a-t-il rappelé.  Le Royaume-Uni, a-t-il dit, attend avec intérêt les progrès enregistrés dans la lutte contre la corruption.  M. Burt a ensuite souligné l’importance des politiques d’emploi pour réduire le chômage des jeunes.  En détaillant l’ampleur des défis humanitaires du pays, il a insisté sur les 3 millions d’enfants qui souffrent de malnutrition.  Le Royaume-Uni, a-t-il rappelé, avait consenti une aide de 17 millions de livres sterling au Yémen pour les deux premières années.  « Les défis humanitaires peuvent faire dérailler la transition, tout autant que les activités de groupes terroristes », a-t-il prévenu.  Avant de conclure, il a plaidé pour un appui cohérent du Conseil dans la période délicate que traverse actuellement le Yémen.

M. SHIN DONG-IK, Ministre des affaires multilatérales et internationales de la République de Corée, a estimé que la Conférence de dialogue national avait permis la réalisation de progrès politiques notables.  « Le Yémen est un exemple pour la région, et nous saluons la transparence avec laquelle le Gouvernement s’efforce de conduire le processus de transition en cours. »  M. Shin a assuré le Yémen de l’appui de son pays aux efforts de rapprochement de toutes les composantes politiques conduites par le Président Hadi.  « Le Conseil de sécurité doit continuer d’assister le Yémen en vue de la tenue des élections nationales de 2014, dont la crédibilité des résultats dépendra des garanties que la nouvelle constitution donnera pour répondre aux aspirations de tous les Yéménites », a dit le Ministre. 

M. EDUARDO ZUAIN, Secrétaire aux affaires étrangères de l’Argentine, a déclaré que l’Initiative du Golfe avait sorti le Yémen d’une « impasse qui le menait tout droit vers la guerre civile ».  « La feuille de route de l’Initiative doit être appuyée par la communauté internationale et mise en œuvre de manière inclusive par toutes les parties », a-t-il ajouté, en appelant ces dernières à faire preuve de la plus grande souplesse.  « Le Président Hadi a su créer une atmosphère propice à la réconciliation nationale et à la transition, en faisant notamment droit aux griefs historiques du Sud », s’est encore réjoui M. Zuain.  Après avoir souligné la nécessité de professionnaliser les forces nationales de sécurité pour relever le défi quotidien que pose Al-Qaida « dans toute la péninsule arabique », il a estimé que la viabilité de la transition dépendrait de la capacité du Gouvernement du Yémen à intégrer les jeunes et la société civile au processus de reconstruction économique et sociale.  « Résoudre la situation humanitaire est à la fois un impératif moral et politique », a-t-il souligné avant de conclure.

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a souligné l’importance de l’appropriation par les Yéménites du processus de transition en cours, en rappelant qu’il incombait en premier lieu au Gouvernement du Yémen d’améliorer la situation économique du pays.  « Il est difficile d’évaluer les progrès de la transition tant que des groupes terroristes, tels qu’Al-Qaida dans la péninsule arabique, continueront d’avoir le champ libre », a fait remarquer M. Churkin, qui a demandé une intensification des efforts pour répondre au défi du terrorisme.  Il est important que le Yémen ne renoue pas avec une logique d’affrontements et donne l’exemple d’un pays qui a réussi à sortir d’un conflit grâce au dialogue politique, avec un « appui raisonnable » de la communauté internationale.

M. KODJO MENAN (Togo) s’est félicité que le Conférence de dialogue national au Yémen ait permis de régler 90% des questions inscrites à l’ordre du jour, notamment la conclusion de plusieurs accords, en dépit des soubresauts que le pays a dernièrement connus.  « Nous espérons que les nouveaux problèmes recensés et les approches de solution proposées seront prises en compte par la nouvelle constitution », a-t-il dit.  Le représentant s’est réjoui que les Yéménites aient réussi à s’entendre sur la création d’un Yémen unique, fédéral et démocratique.  Rappelant que le Yémen restait confronté aux défis du terrorisme, il s’est dit certain que la détermination des Yéménites saura vaincre « les forces du mal ».  Enfin, il a exhorté la communauté internationale à œuvrer davantage pour aider les institutions humanitaires à pourvoir aux besoins des réfugiés et des populations yéménites, en espérant que les « Amis du Yémen » prennent, à cette fin, de nouvelles initiatives.

M. LIU JIEYI (Chine) s’est félicité de ce que la Conférence de dialogue national réalise des progrès et de ce que la commission électorale prépare une nouvelle constitution et des élections générales.  « Mais le relèvement économique du Yémen est compromis par l’insécurité galopante », a-t-il regretté.  « Toutes les parties prenantes doivent préserver l’unité du pays en mettant en œuvre l’Initiative du Golfe et en œuvrant sans relâche à la réconciliation nationale ».  M. Jieyi a estimé que le processus de transition devrait respecter l’indépendance, la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale du Yémen, pays dont le peuple doit être en mesure de choisir son propre modèle de développement économique et social.  Le représentant de la Chine a indiqué que son pays allouait une aide humanitaire annuelle de 225 millions de yuans.

M. OLIVIER NDUHUNGIREHE (Rwanda) a déclaré que le processus de transition « exemplaire » en cours au Yémen ne devrait laisser personne de côté, en insistant sur l’inclusion des « femmes, des jeunes et des organisations de la société civile ».  Il a également félicité le Président Hadi pour avoir pris un décret visant à réintégrer les officiers de police originaires du Sud qui avaient été poussés à la retraite par le régime précédent.  « Les fauteurs de troubles doivent rejoindre le processus de reconstruction politique du pays », a-t-il exhorté.  Le représentant du Rwanda a conclu en demandant, à la lumière du bilan humanitaire alarmant dressé par la Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires, Mme Valerie Amos, le financement « intégral » du Plan humanitaire d’urgence des Nations Unies.

M. ALEXIS LAMEK (France) a, à son tour, salué la progression du dialogue national lancé, le 18 mars dernier, et « qui offre l’opportunité à tous les Yéménites, en particulier à la jeunesse et la société civile, d’établir collectivement un nouveau contrat social et de parvenir à la réconciliation nationale ».  « La France exhorte toutes les parties à maintenir leur engagement dans cet esprit de vision constructive afin de poursuivre la transition politique au plus près des délais impartis », a poursuivi M. Lamek. 

Après avoir rappelé la nécessité que l’organisation administrative du pays respecte les principes d’intégrité territoriale du Yémen et établisse une répartition de compétences n’entravant pas les perspectives de développement économique, il a attiré l’attention sur l’importance de la restructuration rapide des forces de sécurité et a demandé que soient menées à bien les réformes économiques, sociales et politiques « nécessaires au développement équilibré du pays ».  Le représentant de la France a également estimé que la communauté internationale ne pouvait rester indifférente à la détérioration constante de la situation humanitaire, le plan humanitaire d’urgence des Nations Unies ne disposant pas, en outre, des fonds suffisants pour faire face à cette situation.  Enfin, il a assuré le Yémen que la France, qui est l’un des garants de l’Initiative du Golfe, appuie pleinement la transition politique en cours du pays.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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