L’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Sahel présente aux membres du Conseil de sécurité la stratégie régionale intégrée des Nations Unies dans la région

26 juin 2013
CS/11049

L’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Sahel présente aux membres du Conseil de sécurité la stratégie régionale intégrée des Nations Unies dans la région

26/06/2013
Conseil de sécurité
CS/11049
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Conseil de sécurité                                        

6988e séance – après-midi


L’ENVOYÉ SPÉCIAL DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL POUR LE SAHEL PRÉSENTE AUX MEMBRES DU CONSEIL DE SÉCURITÉ

LA STRATÉGIE RÉGIONALE INTÉGRÉE DES NATIONS UNIES DANS LA RÉGION


« N’oubliez pas le Sahel,

sinon vous aurez d’autres Mali », prévient M. Romano Prodi


L’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Sahel, M. Romano Prodi, a présenté, cet après-midi, au Conseil de sécurité, la stratégie régionale intégrée des Nations Unies dans cette région susceptible d’aider les gouvernements des États concernés à maintenir la paix et la sécurité à long terme.


« N’oubliez pas le Sahel, sinon vous aurez d’autres [situations comme le Mali] », a prévenu M. Prodi, en lançant un appel à la communauté internationale afin qu’elle se montre « aussi généreuse avec le Sahel qu’elle l’a été avec le Mali ».


Le 5 juillet 2012, le Conseil de sécurité, par la résolution 2056 (2012), avait demandé au Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, d’élaborer et de mettre en œuvre, en consultation avec les organisations régionales, une stratégie intégrée de l’ONU pour le Sahel englobant la sécurité, la gouvernance, le développement, les droits de l’homme et la dimension humanitaire. 


Cette stratégie, qui figure en annexe du récent rapport* du Secrétaire général, a pour but de guider les efforts de l’Organisation pour apporter une aide collective aux pays du Sahel face aux problèmes qui s’y posent, dans une perspective régionale, tout en respectant le principe de l’appropriation nationale de l’action menée.


Ce rapport du Secrétaire général est l’« aboutissement du processus de formulation de la stratégie et le début de la phase de sa mise en œuvre », a déclaré M. Prodi.


Rappelant son précédent exposé devant le Conseil de sécurité, le 10 décembre 2012, l’Envoyé spécial a de nouveau souligné que « les défis auxquels font face les populations du Sahel sont immenses » et que « seule une stratégie qui va au-delà des efforts existants permettrait aux gouvernements de la région de les surmonter et de progresser vers la paix et la stabilité à long terme ».


      « Les efforts en cours au Sahel restent critiques et c’est pourquoi il est nécessaire de mieux les coordonner », a-t-il estimé.  Si une stratégie contribue à renforcer une telle coordination, a-t-il fait observer, une « vision plus large » n’en demeurera pas moins « indispensable pour anticiper les défis ».


M. Prodi a ainsi fait état de sa vision « quatre par quatre » de la stratégie.  Celle-ci, basée sur les quatre piliers de la gouvernance, de la sécurité, des besoins humanitaires et du développement, tels qu’ils ont été articulés par le Secrétaire général, devrait être, selon lui, coordonnée par quatre séries d’acteurs: les gouvernements de la région, la communauté internationale, les peuples du Sahel et le système des Nations Unies.  « Cette stratégie “quatre par quatre” devrait être le fondement d’une réponse collective aux défis de la région », a-t-il affirmé.


L’Envoyé spécial du Secrétaire général a souligné que la situation au Mali était « clairement ressentie par tous comme symptomatique de ce qui va se passer ailleurs au Sahel si une réponse rapide n’est pas trouvée aux défis de la région ».


« Un succès ou un échec du Mali aura une incidence sur l’ensemble du Sahel », mais l’attention portée à ce pays, « si elle est essentielle, ne doit pas se faire au détriment du reste de la région », a-t-il averti, en ajoutant: « En d’autres termes, s’il vous plaît, n’oubliez pas le Sahel et ses populations! »


M. Prodi a indiqué que la stratégie s’attachait aux cinq pays du Sahel qui sont le plus dans le besoin, à savoir le Mali, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Niger et le Tchad.  Avec le déploiement de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), l’accent sera mis sur les quatre autres pays, tout en coordonnant étroitement la stratégie avec la Mission.


L’Envoyé spécial a exprimé sa ferme conviction selon laquelle «  le pilier du développement fournit la meilleure opportunité pour améliorer la paix et la sécurité au Sahel ».  Aussi, est-il « nécessaire de formuler des priorités concrètes de développement régional qui ont un impact à court terme, en étroite collaboration avec les gouvernements de la région tout en jetant les bases d’un développement durable ».


« Bien sûr, a-t-il ajouté, cela doit être accompagné d’une mobilisation des ressources requises au moyen d’un mécanisme qui ne soit pas seulement innovant et rapide, mais également capable de coordination et de suivi des progrès. »  Le succès de cette entreprise est subordonné à des avancées en matière de bonne gouvernance, a-t-il poursuivi, en affichant, à cet égard, son optimisme.


M. Prodi a insisté sur la mobilisation des ressources, « prochaine phase critique », a-t-il estimé.  Celle-ci « exigera une approche plus novatrice », avec un « mécanisme suffisamment souple pour recevoir toute forme d’aide en espèces ou en nature ».


Il a ainsi recommandé la mise en place d’un « fonds d’action pour le Sahel » appelé à servir de « plateforme pour les ressources permettant de répondre aux besoins du Sahel » et qui sera « défini par les projets de développement régionaux ». 


Il a indiqué qu’il avait entamé, dans cette perspective, des consultations avec la Banque africaine de développement (BAD), et qu’il rencontrerait demain le Président de la Banque mondiale en vue d’explorer la possibilité de confier la gestion du fonds à ces deux institutions financières internationales, avec le soutien notamment de la Banque islamique de développement (BID), la Banque européenne d’investissement (BEI), qui, « toutes ont déjà exprimé leur intérêt à participer à cet effort ».


Dans le même temps, a-t-il poursuivi, « un mécanisme de coordination permettra de suivre les progrès et de s’assurer qu’il n’y a pas de gaspillage des ressources dû à un chevauchement des efforts ».


Enfin, M. Prodi a recommandé la création d’un institut de recherche sur le développement du Sahel, lequel serait financé par le fonds d’action pour le Sahel.  Basé dans la région, cet institut constituerait une structure administrative et de gestion légère et servirait de centre de formation dispensant une expertise locale pour les questions propres au Sahel.


* S/2013/354


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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