« Le Yémen se trouve aujourd’hui au cœur de son processus de transition », déclare le Conseiller spécial du Secrétaire général

11 juin 2013
CS/11029

« Le Yémen se trouve aujourd’hui au cœur de son processus de transition », déclare le Conseiller spécial du Secrétaire général

11/06/2013
Conseil de sécurité
CS/11029
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Conseil de sécurité                                        

6976e séance – matin                                       

« LE YÉMEN SE TROUVE AUJOURD’HUI AU CŒUR DE SON PROCESSUS DE TRANSITION »,

DÉCLARE LE CONSEILLER SPÉCIAL DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL

Le Conseiller spécial du Secrétaire général sur le Yémen, M. Jamal Benomar, a souligné ce matin, devant le Conseil de sécurité, que le pays, confronté à d’importants défis, en particulier sécuritaire et humanitaire, se trouvait aujourd’hui, avec la poursuite de la Conférence sur le dialogue national, « au cœur de son processus de transition ».

M. Benomar a indiqué qu’il y a quelques jours à peine, il se trouvait aux côtés du Président yéménite, M. Abd Rabbo Mansour Hadi, et du Secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe, M. Abdel-Latif al-Zayani, pour assister, avec les 565 délégués de la Conférence de dialogue national, au lancement de la deuxième session plénière.

La Conférence de dialogue national, qui s’est ouverte le 18 mars dernier, doit être menée sur une période de six mois, en vue, notamment, de contribuer à la rédaction d’une nouvelle constitution dans le cadre des préparatifs des élections générales prévues en février 2014.

« Des délégués de toutes les grandes formations politiques du pays, y compris les femmes et les jeunes, tracent ensemble le chemin de l’avenir de leur pays », a-t-il témoigné.  « Dans un pays qui regorge d’armes et qui a une histoire marquée par le conflit, un tel processus inclusif de dialogue est un grand exploit.  Il témoigne de l’engagement du peuple yéménite à choisir le dialogue au détriment de la violence, et le consensus au lieu de la division. »

Cette transition est néanmoins « délicate », a admis le Conseiller spécial, rappelant le « triste événement de dimanche », survenu quand un affrontement entre les forces de sécurité et des manifestants d’Ansar Allah a éclaté devant le Bureau de sécurité nationale à Sanaa, la capitale, faisant plusieurs morts et blessés.

M. Benomar a indiqué que le Yémen est cependant « le seul pays de la région à sortir de la violence de l’année 2011 avec un accord négocié pacifiquement, y compris une feuille de route claire et un calendrier pour la mise en route d’une transition démocratique à grande échelle ».  « Le Gouvernement et le peuple du Yémen doivent être félicités pour avoir tenu parole, en dépit des défis », a-t-il ajouté, tout en leur demandant instamment de « maintenir le cap ».

Au cours de son exposé, le Conseiller spécial du Secrétaire général a rappelé que, depuis quelques semaines, les délégués à la Conférence de dialogue national sont divisés en neuf groupes de travail, lesquels statuent « sur toutes les grandes questions qui se posent au pays, y compris le conflit de longue date opposant le Nord au Sud ».

Il a souligné que des « divisions profondes » subsistaient au sein des groupes de travail traitant des questions les plus difficiles, comme celles concernant Sa’ada et le Sud.

M. Benomar s’est cependant félicité des « progrès réalisés dans l’ensemble ».  Il a expliqué que la majorité des groupes de travail avaient présenté leurs rapports à la plénière de la Conférence, et que plus de 100 recommandations, dont un certain nombre concernent des garanties constitutionnelles liées aux droits de l’homme, avaient été soumises pour adoption.

De même, malgré les divergences importantes au sein du groupe de travail sur Sa’ada, les délégués ont réussi à « parvenir à un consensus sur une vision commune des racines du conflit », a indiqué M. Benomar. 

« Il ne fait aucun doute que la seule voie pacifique pour progresser est un dialogue ouvert et, surtout, traitant de l’héritage du passé », a-t-il estimé.  Ainsi, « le Gouvernement doit encore satisfaire à son obligation de mettre en place une commission d’enquête sur les événements de 2011 et d’adopter une loi sur la justice transitionnelle ».

« Seules des étapes cruciales comme celles-ci permettront aux Yéménites de s’assurer un chemin vers la réconciliation nationale », a-t-il dit, déplorant, notamment, le climat de guerre partisane qui règne encore dans les médias, où, a-t-il constaté, « la désinformation et les incitations aux troubles sont monnaie courante ».  « Il est temps pour les responsables politiques de cesser d’instrumentaliser les médias », a-t-il déclaré, préconisant une « trêve médiatique ».

M. Benomar a par ailleurs souligné que d’autres défis graves pesaient lourdement sur la transition.  Par exemple, « la situation sécuritaire reste fragile dans de nombreuses régions du pays », a-t-il déploré.  « Malgré tous les efforts pour lutter contre Al-Qaida dans la péninsule arabique (AQPA), cette nébuleuse demeure une menace mortelle », a-t-il relevé en notant que le nombre d’assassinats de cadres et de responsables d’organes de sécurité a augmenté.

La crise humanitaire au Yémen se poursuit, quant à elle, « sans relâche », plus de la moitié de la population ayant besoin d’une aide pour accéder à la nourriture, aux soins de santé, à l’eau potable et à l’assainissement, tandis que  plus d’un million d’enfants souffrant de malnutrition aiguë.

Parallèlement, alors que la stabilité du pays s’améliore, 90% des personnes déplacées par les combats dans le sud du Yémen, soit 162 000 personnes, ont regagné leurs foyers, a indiqué M. Benomar.  Mais en revanche, dans le nord du pays, les perspectives de retour pour 300 000 déplacés internes demeurent éloignées, leurs besoins de base étant encore importants.  Malgré la gravité de la situation, le Plan d’intervention humanitaire n’est financé à ce jour qu’à hauteur de 30%, a-t-il regretté.

« Les Yéménites, a-t-il dit, ont entrepris un parcours extraordinaire, basé sur une feuille de route. »  « Ils méritent d’être soutenus et comptent, à cet égard, sur la communauté internationale, et en particulier sur le Conseil de sécurité, pour pleinement comprendre l’importance de poursuivre avec eux cette marche tout au long du processus de transition, ceci, afin de faire face aux défis qui se posent et de leur fournir tout l’appui politique et financier disponible. »

« Une nouvelle dynamique émerge au Yémen du fait de nouvelles politiques inclusives », a expliqué le Conseiller spécial, en soulignant que « la coopération de toutes les parties yéménites est essentielle ».  Il faut, a-t-il ajouté, aider le Yémen en honorant les engagements, notamment financiers, qui ont été pris; et en fournissant un appui à la transition par tous les moyens possibles.  Du côté gouvernemental, des réformes clefs doivent être achevées telles qu’envisagées dans le Cadre de responsabilité mutuelle.

Pour le Secrétaire général, le Yémen constitue une priorité, a assuré M. Benomar, qui a félicité le Président Abd Rabbo Mansour Hadi pour son leadership et le Gouvernement d’unité nationale du Premier Ministre Mohammed Basendwa pour les efforts qu’il a entrepris.

« Les Yéménites comptent sur le Conseil de sécurité pour qu’il continue à parler d’une seule voix en faveur de la transition », a conclu le Conseiller spécial du Secrétaire général.

Intervenant après M. Jamal Benomar, le représentant du Yémen, M. Jamal Al-Sallal, a pour sa part estimé que son pays avait « parcouru un long chemin sur la voie du redressement politique ».  La Conférence de dialogue national forme la « pierre angulaire du règlement de la situation au Yémen et la seule façon de traiter les problèmes importants et de façonner un nouveau Yémen », a-t-il dit, faisant état de « progrès considérables accomplis au cours des derniers mois malgré les difficultés rencontrées ».

« Ce qui est a été réalisé incite à l’optimisme et est de bon augure pour l’avenir », a-t-il ajouté, précisant en particulier que l’ensemble des parties réunies privilégiaient « l’intérêt du pays sur toute autre question ».

M. Al-Sallal a notamment mis l’accent sur la création des neuf principaux groupes de travail au sein de la Conférence de dialogue national.  Ces groupes, a-t-il précisé, ont effectué des visites sur le terrain en vue d’avoir la participation sociale la plus vaste possible aux travaux de la Conférence.

Le représentant du Yémen a également énuméré les différentes mesures « avisées et audacieuses » prises au cours des dernières semaines par le Président Mansour Hadi.  Malgré toutes ces réalisations, « des difficultés considérables demeurent cependant dans plusieurs domaines », dont notamment ceux de la sécurité, de la lutte contre le terrorisme ou des actes subversifs.

Le représentant a demandé à la communauté internationale un appui constant pour aider le Président et l’ensemble des parties à mettre en œuvre la transition. 

« L’appui politique est essentiel pour le Yémen », a-t-il déclaré, ajoutant que cet appui devait également s’accompagner d’un soutien au développement « pour améliorer les conditions de vie de la population ».  M. Al-Sallal a notamment souhaité que les annonces de contributions faites par les pays donateurs au sein du processus des Amis du Yémen puissent être concrétisées.

Enfin, le représentant du Yémen a lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle « appuie sérieusement le plan d’intervention humanitaire » en faveur de son pays, la situation à cet égard constituant un « énorme défi pour le Gouvernement yéménite ».

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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