Le Conseil de sécurité proroge le mandat de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) jusqu’au 19 mars 2014

19 mars 2013
CS/10943

Le Conseil de sécurité proroge le mandat de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) jusqu’au 19 mars 2014

19/3/2013
Conseil de sécurité
CS/10943
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6935e séance – matin & après-midi

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ PROROGE LE MANDAT DE LA MISSION D’ASSISTANCE

DES NATIONS UNIES EN AFGHANISTAN (MANUA) JUSQU’AU 19 MARS 2014

« Nous devons nous préparer à l’après-2014 »,

déclare le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon

Le Conseil de sécurité a, aujourd’hui, prorogé jusqu’au 19 mars 2014 le mandat de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), tout en demandant à l’ONU d’apporter un appui aux programmes prioritaires nationaux du Gouvernement afghan dans les domaines de la sécurité, de la gouvernance, de la justice et du développement économique et social.

À l’occasion d’un débat public sur la situation en Afghanistan, auquel a pris part le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, en présence de son Représentant spécial, M. Ján Kubiš, le Conseil de sécurité, par sa résolution 2096 (2013), adopté à l’unanimité, a également prié la MANUA, « exerçant de plus en plus une fonction de soutien, d’aider le Gouvernement afghan à prendre les rênes du pays comme prévu dans le Processus de Kaboul ».

De même, le Conseil a décidé que la MANUA et le Représentant spécial du Secrétaire général continueraient de piloter et de coordonner les activités civiles internationales, en s’attachant, notamment, à « promouvoir une plus grande cohérence au niveau de l’appui offert par la communauté internationale à la poursuite des priorités du Gouvernement afghan en matière de développement et de gouvernance ».

« Nous devons nous préparer à l’après-2014 », a déclaré le Secrétaire général, juste avant l’adoption du texte.  M. Ban a ainsi rappelé que, lors d’une réunion avec les responsables de l’ONU, les autorités afghanes avaient fait savoir que leur pays n’aurait pas besoin d’un engagement moindre de la part de l’ONU à son égard, mais plutôt d’un engagement différent, souhaitant une meilleure coordination du travail des agences, fonds et programmes pour prévenir les écueils, les chevauchements ou les doubles emplois. 

Dans son rapport sur la situation en Afghanistan et ses conséquences pour la paix et la sécurité internationales*, le Secrétaire général observe que « les autorités afghanes, les partis politiques et la société civile ont déployé d’intenses efforts pour faciliter la transition au niveau politique et sur le plan de la sécurité, qui sera couronnée en 2014 par le départ de la mission de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) et la tenue de l’élection présidentielle ».

M. Ban a en effet entamé son intervention ce matin devant le Conseil en soulignant que le climat politique qui prévaut en Afghanistan est dominé par la perspective de l’élection présidentielle du 5 avril 2014.  Une forte participation et un processus électoral crédible sont essentiels pour parvenir à l’objectif d’avoir à la tête du pays un leadership largement accepté pour la transition, a-t-il assuré.

Ce scrutin et les élections législatives de 2015, a-t-il été souligné à maintes reprises par plusieurs représentants lors du débat qui a suivi, et auquel ont participé une trentaine de délégations, dont trois étaient conduites par des ministres, constitueront un jalon important pour la communauté internationale et le soutien à long terme qu’elle compte apporter à l’Afghanistan, conformément au cadre agréé à Tokyo.

Plusieurs États ont invité les autorités afghanes à organiser des élections crédibles, inclusives, transparentes et pacifiques, en se dotant d’un registre électoral fiable, d’un cadre législatif adéquat, et de solides mesures antifraude, et en garantissant l’indépendance de la Commission électorale indépendante.

« En Afghanistan, la tenue d’une élection présidentielle en 2014, sans exclusive, libre et transparente, est indispensable pour garantir la stabilité du pays », a insisté, par exemple, la représentante des États-Unis.  Sans cela, a-t-elle dit, le transfert de responsabilité aux Afghans en matière de sécurité serait insuffisant pour assurer la stabilité du pays.  Elle a précisé, à cet égard, que le Président des États-Unis, M. Barack Obama, avait annoncé le mois dernier que 34 000 soldats américains rentreraient d’Afghanistan d’ici au mois de février 2014. 

Son homologue de la Fédération de Russie, a constaté que les Taliban poursuivaient leurs actes de terrorisme sur l’ensemble du territoire.  Ces activités, a-t-il prévenu, s’étendent à d’autres pays d’Asie centrale.  La Fédération de Russie s’inquiète donc qu’il soit procédé au transfert de responsabilités en matière de sécurité vers les forces afghanes alors que celles-ci n’y sont pas bien préparées.

Le représentant de l’Afghanistan a expliqué pour sa part qu’une transition réussie et ordonnée vers l’appropriation et le leadership afghans exige que l’on se concentre sur cinq domaines prioritaires, à savoir le renforcement de la souveraineté, la création de partenariats stratégiques, l’aide au développement, l’amélioration des relations avec les pays de la région et la coopération avec les Nations Unies.

« Si la nature de l’engagement de la communauté internationale est appelée à évoluer, le maintien de son appui sera quant à lui vital », a reconnu le représentant afghan.  « La souveraineté et l’autonomie de l’Afghanistan exigent la confiance et un engagement à long terme de la communauté internationale avec laquelle l’Afghanistan entend bien continuer à coopérer », a-t-il ajouté. 

Enfin, plusieurs délégations ont considéré que les coupes budgétaires dont la MANUA a été l’objet ne pouvaient se poursuivre.  La Mission doit pouvoir disposer des ressources nécessaires à l’accomplissement de son mandat, ont-elles déclaré.

* A/67/778-S/2013/133

LA SITUATION EN AFGHANISTAN

Rapport du Secrétaire général sur la situation en Afghanistan et ses conséquences pour la paix et la sécurité internationales (A/67/778-S/2013/133)

Dans ce rapport, le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, recommande que le mandat de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), qui arrive à expiration le 23 mars 2013, soit renouvelé pour une nouvelle période de 12 mois.

M. Ban, qui fait le point des activités menées depuis trois mois par les organismes des Nations Unies en Afghanistan, notamment dans les domaines de l’action humanitaire, du développement et des droits de l’homme, présente en outre une synthèse des faits importants survenus au niveau politique et sur le plan de la sécurité et des événements régionaux et internationaux qui intéressent le pays.

Son rapport contient, en annexe, une évaluation des progrès accomplis depuis son rapport du 5 mars 2012 (A/66/728-S/2012/133) dans la définition d’objectifs et de critères, comme cela a été demandé dans la résolution 1868 (2009) du Conseil de sécurité.

Tout au long de la période considérée, écrit-il, les autorités afghanes, les partis politiques et la société civile ont déployé d’intenses efforts pour faciliter la transition au niveau politique et sur le plan de la sécurité, qui sera couronnée en 2014 par le départ de la mission de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) et la tenue de l’élection présidentielle afghane.

La période considérée, observe M. Ban, a vu la mise en place de conditions propices au bon déroulement de la transition, à la fois sur les plans politique et économique et en matière de sécurité, afin d’atteindre les objectifs fixés pour 2014.

Ces efforts permettront d’asseoir à l’avenir la stabilité de l’Afghanistan, avec ses dirigeants élus et de solides institutions à même de fournir les services voulus à la population.  Les relations entre le Gouvernement afghan et la communauté internationale évoluent inévitablement et il est indispensable que des engagements réciproques continuent d’être pris dans un souci de cohérence et pour créer un climat de confiance.

L’Organisation des Nations Unies a, elle aussi, commencé d’examiner le rôle qui lui revient à l’appui des aspects civils de la transition et pour contribuer aux efforts déployés en vue de promouvoir la stabilité et le développement après 2014, indique le Secrétaire général.

La MANUA, indique-t-il, continue de jouer un rôle important dans le cadre de l’appui fourni à l’Afghanistan par la communauté internationale, et ses activités opérationnelles répondent aux impératifs du processus de transition et aux principaux rôles qui lui ont été assignés dans le cadre de son mandat.

Ses priorités restent l’offre de bons offices et l’ouverture politique à l’appui des processus politiques sous direction afghane, y compris à l’échelle régionale; les droits de l’homme et la cohérence des activités de développement, l’accent étant mis sur l’importance de la responsabilité mutuelle.

Alors que s’ouvre le dialogue sur la présence de l’ONU et les arrangements de travail après 2014, ces priorités seront sans doute un facteur essentiel de stabilité et de viabilité tout au long de la décennie de la transformation (2015-2024), indique Ban Ki-moon.

Compte tenu de la pauvreté chronique du pays et des risques de catastrophe naturelle, aggravés par l’instabilité et la volatilité de la situation sur le plan de la sécurité, l’action humanitaire de l’ONU restera d’une importance critique dans un avenir proche.

Tels seraient à l’avenir les domaines d’activité prioritaires de l’ONU, mais elle doit pouvoir compter sur des ressources suffisantes et être dotée d’une présence réelle dans le pays, souligne M. Ban.

La Mission sera inévitablement amenée à changer son mode d’opérations pendant le processus de transition qui doit conduire à une plus grande maîtrise de la situation par les autorités afghanes, à une amélioration des capacités institutionnelles, et à une moindre présence des autres acteurs internationaux.

Cette évolution doit s’accompagner d’un resserrement des liens entre la Mission intégrée et les organismes, fonds et programmes des Nations Unies, préconise Ban Ki-moon.

Il souligne que l’ONU n’a pas l’intention de prendre systématiquement en charge les responsabilités civiles assumées jusqu’ici par les forces militaires internationales, notamment les équipes de reconstruction provinciales, et qu’elle n’envisagerait pas de le faire sans le consentement explicite du Gouvernement ni en dehors des priorités nationales et des mandats et principes des Nations Unies.

L’objectif de l’ONU en Afghanistan doit être de renforcer les processus politiques, les institutions et la capacité de fournir à la population les services dont elle a besoin et qu’elle mérite.

En cette période de grands bouleversements, l’ONU doit respecter l’engagement à long terme qu’elle a pris en faveur du peuple afghan et de ses institutions et autorités démocratiquement élues, souligne le Secrétaire général.

Texte du projet de résolution S/2013/164

Le Conseil de sécurité,

Rappelant ses résolutions antérieures sur l’Afghanistan, en particulier sa résolution 2041 (2012) portant prorogation jusqu’au 23 mars 2013 du mandat de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), conformément aux modalités indiquées dans la résolution 1662 (2006),

Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’intégrité territoriale et à l’unité nationale de l’Afghanistan,

Réaffirmant son appui au processus Inteqal (transition) qui donnera lieu au transfert de l’entière responsabilité en matière de sécurité aux institutions afghanes, comme prévu lors des Conférences de Londres, de Kaboul, de Bonn et de Tokyo et à l’issue des Sommets de Lisbonne et de Chicago, constatant que la transition ne concerne pas seulement la sécurité mais aussi l’appropriation et la pleine prise en charge par l’Afghanistan de la conduite des activités liées à la gouvernance et au développement, et affirmant que, dans le cadre de l’appui qu’ils apportent à l’Afghanistan, les organismes des Nations Unies tiennent pleinement compte du processus de transition dans ce pays,

Mettant l’accent sur le Processus de Kaboul, qui vise à réaliser l’objectif principal consistant à hâter la conduite et l’appropriation des activités par l’Afghanistan, à consolider les partenariats internationaux et la coopération régionale, à améliorer la gouvernance dans le pays, à renforcer les capacités des forces de sécurité afghanes et à favoriser la croissance économique et la protection des droits de tous les citoyens afghans, notamment les femmes et les filles, et se félicitant particulièrement des engagements pris par le Gouvernement afghan,

Soulignant qu’il importe d’adopter une approche globale pour régler les problèmes liés à la sécurité, à la situation économique, à la gouvernance et au développement en Afghanistan, qui ont un caractère interdépendant, et conscient qu’il n’y a pas de solution purement militaire pour assurer la stabilité dans ce pays,

Réaffirmant son appui continu au Gouvernement et au peuple afghans qui reconstruisent leur pays et renforcent les fondements d’une paix durable et de la démocratie constitutionnelle,

Se félicitant de la tenue à Bonn, le 5 décembre 2011, de la Conférence internationale sur l’Afghanistan et des conclusions adoptées à cette occasion (S/2011/762), ainsi que de la déclaration de Bonn selon laquelle la transition, qui doit être menée à terme d’ici à la fin de 2014, devrait être suivie d’une décennie de la transformation (2015-2024),

Saluant le processus par lequel l’Afghanistan et ses partenaires régionaux et internationaux concluent des partenariats stratégiques à long terme et d’autres accords en vue de faire de l’Afghanistan un pays pacifique, stable et prospère,

Se félicitant du consensus stratégique qui s’est établi entre le Gouvernement afghan et la communauté internationale au sujet d’un partenariat renouvelé et durable, fondé sur des engagements réciproques fermes, dans la perspective de la Décennie de la transformation, et accueillant avec satisfaction les conclusions de la Conférence de Tokyo sur l’Afghanistan (S/2012/532) ainsi que l’adoption de l’Accord-cadre de responsabilité mutuelle de Tokyo destiné à favoriser une croissance économique et un développement durables de l’Afghanistan, par lequel le Gouvernement afghan et la communauté internationale ont réaffirmé leurs engagements réciproques,

Réaffirmant que des progrès durables accomplis dans les domaines de la sécurité, de la gouvernance, des droits de l’homme, de l’état de droit et du développement, ainsi que dans les domaines transversaux de la lutte contre les stupéfiants et la corruption et de l’application du principe de responsabilité, se renforcent mutuellement, du fait que les programmes de gouvernance et de développement devant être mis en œuvre à titre prioritaire dans le cadre de la transition doivent être conformes aux objectifs énoncés dans le Processus de Kaboul et aux programmes prioritaires nationaux, et se félicitant des efforts soutenus que le Gouvernement afghan et la communauté internationale déploient pour s’attaquer à ces problèmes en appliquant une démarche globale,

Réaffirmant en particulier dans ce contexte son appui à la mise en œuvre, sous la conduite et le contrôle du peuple afghan, des engagements énoncés dans les communiqués des Conférences de Londres (S/2011/65) et de Kaboul, de la Stratégie nationale de développement de l’Afghanistan et de la Stratégie nationale de lutte contre la drogue, dans le cadre de la stratégie globale que le Gouvernement afghan devra promouvoir avec l’aide des pays de la région et de la communauté internationale, l’ONU étant appelée à jouer un rôle de coordination central et impartial, conformément au Processus de Kaboul et aux programmes prioritaires nationaux,

Soulignant qu’il est essentiel de favoriser la coopération régionale, moyen efficace de promouvoir la sécurité, la stabilité et le développement économique et social en Afghanistan, rappelant l’importance de la Déclaration de Kaboul sur les relations de bon voisinage (Déclaration de Kaboul), en date du 22 décembre 2002 (S/2002/1416), se félicitant à cet égard que la communauté internationale demeure résolue à promouvoir la stabilité et le développement de l’Afghanistan, prenant note des initiatives menées à l’échelle régionale et internationale, notamment le Processus d’Istanbul sur la sécurité et la coopération régionales pour la paix et la stabilité en Afghanistan, le Sommet quadrilatéral entre l’Afghanistan, le Pakistan, le Tadjikistan et la Fédération de Russie, ainsi que le Sommet trilatéral entre l’Afghanistan, l’Iran et le Pakistan, le Sommet trilatéral entre l’Afghanistan, le Pakistan et la Turquie et le Sommet trilatéral entre l’Afghanistan, le Pakistan et le Royaume-Uni, de même que la conférence organisée par l’Organisation de Shanghai pour la coopération, l’Organisation du Traité de sécurité collective et l’Association sud-asiatique de coopération régionale, et le processus de la Conférence sur la coopération économique régionale concernant l’Afghanistan,

Accueillant avec satisfaction le texte final de la Conférence ministérielle « Au cœur de l’Asie », première réunion organisée à Kaboul, le 14 juin 2012, en vue d’assurer le suivi de la Conférence d’Istanbul pour l’Afghanistan tenue en novembre 2011, dans lequel l’Afghanistan et ses partenaires régionaux ont réaffirmé leur engagement à promouvoir, avec l’appui de la communauté internationale, la sécurité et la coopération régionales aux fins d’instaurer la paix et la stabilité dans ce pays en renforçant le dialogue et les mesures de confiance au niveau régional, ainsi que le texte final de la Réunion des hauts responsables, tenue à Bakou en février 2013, dans lequel les mesures de confiance relatives à la lutte contre le terrorisme et les stupéfiants et au commerce, aux échanges et aux possibilités d’investissement ont été adoptées et celles relatives à l’éducation, à la gestion des catastrophes et aux infrastructures régionales ont été approuvées dans leur principe, attendant avec intérêt la tenue de la prochaine Réunion ministérielle « Au cœur de l’Asie » prévue à Almaty le 26 avril 2013; notant que le Processus d’Istanbul est censé compléter et faciliter les efforts déployés par les organisations régionales, en particulier en ce qui concerne l’Afghanistan, et non s’y substituer,

Accueillant également avec satisfaction le texte final de la Conférence internationale sur une stratégie pour des solutions en faveur des réfugiés afghans en appui au rapatriement librement consenti, à la réintégration durable et à l’assistance aux pays d’accueil, qui s’est tenue à Genève les 2 et 3 mai 2012, et attendant avec intérêt la poursuite de la mise en œuvre du communiqué commun établi à l’issue de la Conférence, dont l’objectif est d’assurer le retour à long terme des réfugiés et de continuer à soutenir les pays d’accueil, grâce à l’appui soutenu et aux efforts ciblés de la communauté internationale,

Mettant l’accent sur le rôle central et impartial que l’Organisation des Nations Unies continuera de jouer dans la promotion de la paix et de la stabilité en Afghanistan en dirigeant les activités de la communauté internationale, notamment en coordonnant et en contrôlant, avec le Gouvernement afghan, la mise en œuvre du Processus de Kaboul par l’intermédiaire du Conseil commun de coordination et de suivi à l’appui des priorités arrêtées par le Gouvernement afghan et affirmées à la Conférence de Tokyo; et remerciant le Secrétaire général, son Représentant spécial pour l’Afghanistan et, en particulier, les femmes et les hommes de la MANUA, qui servent dans des conditions difficiles pour venir en aide au peuple afghan, de leurs efforts, qu’il soutient fermement,

Réaffirmant que, dans la logique de la transition, le rôle des acteurs internationaux, qui consiste actuellement à assurer directement un certain nombre de services, est appelé à évoluer encore vers des activités d’appui et de renforcement des capacités des institutions nationales, pour laisser le Gouvernement exercer souverainement toutes ses prérogatives, y compris assurer le retrait progressif de toutes les équipes de reconstruction de province et supprimer toute structure dont les fonctions et l’autorité empiètent sur celles des pouvoirs publics afghans aux niveaux national et infranational,

Soulignant qu’il est important qu’un processus politique global sans exclusive, dirigé et contrôlé par les Afghans, vienne soutenir l’entreprise de réconciliation de tous ceux qui y sont disposés, ainsi qu’il ressort du communiqué de la Conférence de Kaboul du 20 juillet 2010 sur le dialogue avec tous ceux qui renoncent à la violence, n’entretiennent pas de liens avec des organisations terroristes internationales, dont Al-Qaida, respectent la Constitution afghane, en particulier ses dispositions relatives aux droits humains, notamment les droits de la femme, et souhaitent participer à l’édification d’un Afghanistan pacifique, et des conclusions détaillées de la Conférence de Bonn du 5 décembre 2011, et comme approuvé par le Gouvernement afghan et la communauté internationale, dans le respect total de l’application des mesures et procédures définies dans ses résolutions 1267 (1999), 1988 (2011) et 2082 (2012), se félicitant, à cet égard,de l’élan récemment imprimé au processus de paix et de réconciliation dirigé et contrôlé par les Afghans, saluant les activités menées par le Haut Conseil pour la paix et tous les efforts visant à promouvoir un processus politique global, saluant la décision prise par certains membres des Taliban de se réconcilier avec le Gouvernement afghan, de rejeter l’idéologie terroriste d’Al-Qaida et de ses adeptes, et de se prononcer en faveur d’un règlement pacifique du conflit qui continue de sévir en Afghanistan, preuve de l’importance que revêt un processus politique global en Afghanistan dans le cadre de la promotion et de la réconciliation entre tous les Afghans,

Rappelant qu’aux Conférences de Kaboul et de Tokyo, le Gouvernement afghan s’est engagé à renforcer et améliorer le processus électoral, et à entreprendre une réforme électorale à long terme pour veiller à ce que les prochaines élections soient transparentes, crédibles, ouvertes et démocratiques, se félicitant du décret présidentiel du 26 juillet 2012, de l’annonce par la Commission électorale indépendante de la date des élections à la présidence et aux conseils provinciaux, et de la préparation par les Afghans  de ces élections,

Réaffirmant que l’avenir pacifique de l’Afghanistan repose sur la construction d’un État stable, sûr et autosuffisant sur le plan économique, à l’abri du terrorisme et des stupéfiants, et fondé sur la primauté du droit, des institutions démocratiques solides, le respect du principe de la séparation des pouvoirs, le renforcement de l’équilibre entre les pouvoirs constitutionnels, ainsi que la garantie et le respect des droits et des obligations du citoyen,

Saluant la contribution du Groupe de contact international aux efforts des Nations Unies pour coordonner et mobiliser le soutien de la communauté internationale en faveur de l’Afghanistan,

Mettant à nouveau l’accent sur les accords conclus entre le Gouvernement afghan et les pays qui fournissent des effectifs à la Force internationale d’assistance à la sécurité, lors des Sommets de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) tenus à Lisbonne et à Chicago, en vue de transférer progressivement la pleine responsabilité de la sécurité en Afghanistan aux Forces de sécurité nationales afghanes dans l’ensemble du pays d’ici à la fin de 2014, donnant acte de la Déclaration de l’OTAN et du Gouvernement de la République islamique d’Afghanistan sur un partenariat durable signée à Lisbonne le 20 novembre 2010, prenant note des efforts conjoints déployés dans le cadre du processus Inteqal (transition), saluant les progrès accomplis jusqu’ici pour préparer les première, deuxième et troisième phases de la transition, saluant également l’annonce en décembre 2012 de la quatrième série de districts et de provinces effectuant la transition et espérant que ce processus sera étendu de manière progressive et responsable au reste du pays, à la faveur de la cinquième et dernière phase de la transition,

Soulignant qu’il importe que les Forces de sécurité nationales afghanes soient opérationnelles, professionnelles et viables pour répondre aux besoins de sécurité du pays, dans la perspective d’une paix, d’une sécurité et d’une stabilité durables, et insistant sur le fait que la communauté internationale s’est engagée à long terme, au-delà de 2014 et durant la Décennie de la transformation (2015-2024), à concourir à leur renforcement et à leur professionnalisation, y compris par la formation,

Accueillant avec satisfaction la Déclaration du Sommet de Chicago concernant l’Afghanistan qui insiste sur l’engagement à long terme, après 2014, en faveur de l’instauration durable de la paix, de la sécurité et de la stabilité en Afghanistan, notant que le Gouvernement afghan et l’OTAN ont décidé que l’OTAN devrait s’efforcer de continuer à former, conseiller et aider les Forces de sécurité nationales afghanes après 2014, constatant qu’il incombe au Gouvernement afghan d’assurer la pérennité de forces nationales afghanes compétentes et en nombre suffisant, appuyées par la communauté internationale comme il en a été décidé, lors de la Conférence internationale sur l’Afghanistan tenue à Bonn le 5 décembre 2011, par le biais de la formation, de la dotation en équipement, du financement et du renforcement de ses capacités au-delà de la période de transition, se félicitant, comme réaffirmé dans la Déclaration du Sommet de Chicago, du soutien financier en faveur des forces nationales afghanes avec comme objectif clair qu’en 2024 au plus tard, le Gouvernement afghan assumera intégralement la responsabilité financière de ses forces de sécurité,

Conscient que les avancées dans le secteur de la sécurité doivent s’accompagner de progrès dans les domaines de la gouvernance et du renforcement des capacités afghanes, prenant note, dans ce contexte, des objectifs de la MANUA et de la Force internationale d’assistance à la sécurité, comme indiqué également dans la résolution 2069 (2012), et soulignant qu’il faut renforcer la coopération, la coordination et l’appui mutuel, compte dûment tenu des tâches assignées à l’une et à l’autre,

Réaffirmant que tous les organismes, fonds et programmes des Nations Unies doivent, dans le cadre du mécanisme offert par l’équipe de pays et de l’initiative Unis dans l’action, et sous la direction du Représentant spécial du Secrétaire général, redoubler d’efforts en vue d’améliorer la cohérence, la coordination et l’efficacité des activités et de les aligner étroitement sur les programmes prioritaires nationaux définis par le Gouvernement afghan,

Se félicitant de l’action menée par les pays qui intensifient leurs efforts civils, notamment humanitaires, pour aider le Gouvernement et le peuple afghans et encourageant la communauté internationale à accroître encore sa contribution de façon coordonnée avec les autorités afghanes et la MANUA, afin de renforcer la prise en main et la direction du pays par les Afghans, comme réaffirmé à la Conférence de Tokyo en juillet 2012,

Soulignant qu’il faut continuer à améliorer la portée, la qualité et la quantité de l’aide humanitaire, en assurant une coordination et un acheminement judicieux, efficaces et rapides de cette aide grâce à une coordination accrue entre les organismes, fonds et programmes des Nations Unies sous l’autorité du Représentant spécial du Secrétaire général, et entre l’Organisation des Nations Unies et d’autres donateurs, notamment dans les endroits qui en ont le plus besoin, en aidant le Gouvernement afghan à prendre progressivement la direction de la coordination de l’aide humanitaire à ses citoyens,

Mettant l’accent sur la nécessité pour tous, dans le contexte de l’aide humanitaire, de défendre et de respecter les principes humanitaires et les principes d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance,

Se déclarant de nouveau préoccupé par l’état de la sécurité en Afghanistan, en particulier par les actes de violence et de terrorisme qui sont le fait des Taliban, d’Al-Qaida, d’autres groupes extrémistes violents, de groupes armés illégaux, de criminels et de ceux qui se livrent à la production, au trafic ou au commerce de drogues illicites, et par les liens étroits entre activités terroristes et drogues illicites, qui constituent un danger pour la population locale, y compris les femmes, les enfants, les forces nationales de sécurité et le personnel militaire et civil international,

Conscient des menaces alarmantes que font continuellement peser les Taliban, Al-Qaida, d’autres groupes extrémistes violents et des groupes armés illégaux, ainsi que des difficultés rencontrées pour lutter contre ces menaces, et s’inquiétant vivement des incidences néfastes des actes de violence et de terrorisme perpétrés par les Taliban, Al-Qaida, d’autres groupes extrémistes violents et des groupes armés illégaux sur l’aptitude du Gouvernement afghan à garantir la primauté du droit, à assurer au peuple afghan la sécurité et les services essentiels et à veiller à l’amélioration de la situation des droits de l’homme et des libertés fondamentales et à leur protection,

Rappelant ses résolutions 1674 (2006), 1738 (2006) et 1894 (2009) sur la protection des civils en période de conflit armé, se déclarant vivement préoccupé par le nombre élevé des pertes civiles en Afghanistan, en particulier parmi les femmes et les enfants, dont la grande majorité sont causées par les Taliban, Al-Qaida, d’autres groupes extrémistes violents et des groupes armés illégaux, réaffirmant que tous les belligérants doivent prendre toutes les mesures possibles pour assurer la protection des civils, demandant à toutes les parties d’honorer les obligations que leur impose le droit international, notamment le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme, et de prendre toute mesure utile pour assurer la protection des civils, et soulignant qu’il importe de suivre en permanence la situation des populations civiles, et plus particulièrement les pertes civiles, et de l’en informer, notamment par la FIAS, prenant acte des progrès enregistrés par les forces afghanes et les autres forces internationales pour réduire au maximum le nombre de victimes civiles, comme il est constaté dans le rapport de la MANUA sur la protection des civils en période de conflit armé en date du 19 février 2013,

Se déclarant également préoccupé par la grave menace que les mines antipersonnel, restes de guerre et engins explosifs artisanaux peuvent représenter pour la population civile, et soulignant qu’il faut s’abstenir d’utiliser des armes et dispositifs interdits par le droit international,

Encourageant la communauté internationale et les partenaires régionaux à mieux épauler les efforts constants que mènent les Afghans pour lutter contre la production et le trafic de drogues, notamment par le biais du groupe de travail du Conseil commun de coordination et de suivi pour la lutte contre les stupéfiants ainsi que dans le cadre d’initiatives régionales, conscient de la menace que la production et le commerce illicites et le trafic de stupéfiants font peser sur la paix internationale et la stabilité des différentes régions du monde, ainsi que le rôle important que l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime joue dans ce domaine, et soulignant le rôle important joué par l’ONU, qui continue de suivre l’évolution de la situation concernant les drogues dans le pays,

Soulignant la nécessité de mener une action coordonnée à l’échelle de la région pour lutter contre le problème de la drogue et, à cet égard, se félicitant de la tenue à Islamabad les 12 et 13 novembre 2012 de la Conférence ministérielle régionale sur la lutte contre les stupéfiants, qui avait pour objet de renforcer la coopération régionale dans ce domaine,

Soutenant la poursuite de l’interdiction par le Gouvernement afghan de l’engrais à base de nitrate d’ammonium, et l’exhortant à prendre rapidement des mesures en vue de faire appliquer les règlements relatifs à la lutte contre toutes les matières explosives et les précurseurs et à réduire ainsi la capacité des insurgés de s’en servir pour fabriquer des engins explosifs improvisés, et engageant la communauté internationale à appuyer le Gouvernement afghan dans les efforts qu’il déploie à cet égard,

Saluant les travaux actuellement accomplis dans le cadre de l’Initiative du Pacte de Paris, prenant note de la Déclaration de Vienne et soulignant que le Pacte de Paris vise à établir une vaste coalition internationale pour lutter contre le trafic d’opiacés en provenance d’Afghanistan, dans le cadre d’une action globale en faveur de la paix, de la stabilité et du développement en Afghanistan, dans la région et au-delà,

Rappelant la déclaration adressée à l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) par le Gouvernement afghan, dans laquelle celui-ci indiquait que l’anhydride acétique n’avait pas d’utilisation légale en Afghanistan pour le moment et que les pays producteurs et exportateurs devraient s’abstenir d’autoriser l’exportation de cette substance en Afghanistan si le Gouvernement afghan n’en faisait pas la demande, et invitant, conformément à la résolution 1817 (2008), les États Membres à resserrer leur coopération avec l’OICS, notamment en se conformant pleinement aux dispositions de l’article 12 de la Convention des Nations Unies contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes de 1988,

Rappelant ses résolutions 1265 (1999), 1296 (2000), 1674 (2006), 1738 (2006) et 1894 (2009) sur la protection des civils en période de conflit armé, ses résolutions 1325 (2000), 1820 (2008), 1888 (2009), 1889 (2009) et 1960 (2010) sur les femmes et la paix et la sécurité, et ses résolutions 1612 (2005), 1882 (2009), 1998 (2011) et 2068 (2012) sur le sort des enfants en temps de conflit armé, et prenant note du rapport du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés en Afghanistan (S/2011/55), ainsi que des conclusions du Groupe de travail du Conseil de sécurité sur le sort des enfants en temps de conflit armé (S/AC.51/2011/3),

1.    Accueille avec satisfaction le rapport du Secrétaire général en date du 5 mars 2013 (S/2013/133);

2.    Est heureux de constater que l’Organisation des Nations Unies est déterminée à collaborer durablement avec le Gouvernement et le peuple afghans, notamment au-delà de 2014 et durant la Décennie de la transformation, et réaffirme son soutien sans réserve aux activités de la MANUA et du Représentant spécial du Secrétaire général; et souligne qu’il importe de doter la MANUA de ressources suffisantes pour qu’elle puisse s’acquitter de son mandat;

3.    Décide de proroger jusqu’au 19 mars 2014 le mandat de la MANUA, tel que défini dans ses résolutions 1662 (2006), 1746 (2007), 1806 (2008), 1868 (2009), 1917 (2010), 1974 (2011) et 2041 (2012) et aux paragraphes 4, 5, 6 et 7 ci-après;

4.    Reconnaît que le mandat renouvelé de la MANUA tient pleinement compte du processus de transition et souscrit à l’idée de voir l’Afghanistan assumer pleinement le contrôle et la prise en charge des domaines de la sécurité, de la gouvernance et du développement, conformément aux accords qu’il a conclus avec la communauté internationale aux Conférences de Londres, de Kaboul, de Bonn et de Tokyo et aux Sommets de Lisbonne et de Chicago;

5.    Demande à l’Organisation des Nations Unies, agissant avec le soutien de la communauté internationale, d’apporter un appui aux programmes prioritaires nationaux du Gouvernement afghan dans les domaines de la sécurité, de la gouvernance, de la justice et du développement économique et social et de prêter son concours pour que soient intégralement tenus les engagements communs pris sur ces questions aux conférences internationales, et que soit poursuivie la mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre la drogue, et prie la MANUA, exerçant de plus en plus une fonction de soutien, d’aider le Gouvernement afghan à prendre les rênes du pays comme prévu dans le Processus de Kaboul;

6.    Décide que la MANUA et le Représentant spécial du Secrétaire général, agissant dans la limite de leur mandat et guidés par l’idée de renforcer la souveraineté, la prise en main et la direction du pays par les Afghans, continueront à piloter et coordonner les activités civiles internationales, conformément aux communiqués des Conférences de Londres, de Kaboul et de Tokyo et aux conclusions de la Conférence de Bonn, en s’attachant en particulier à réaliser les priorités suivantes:

a)    Promouvoir, en tant que Coprésident du Conseil commun de coordination et de suivi, une plus grande cohérence au niveau de l’appui offert par la communauté internationale à la poursuite des priorités du Gouvernement afghan en matière de développement et de gouvernance, notamment en apportant un soutien à l’élaboration en cours et au séquençage des programmes prioritaires nationaux, en mobilisant des moyens, en coordonnant l’action des donateurs et organismes internationaux et en orientant les contributions des organismes, fonds et programmes des Nations Unies, en particulier pour ce qui est de la lutte contre les stupéfiants et des activités de reconstruction et de développement; en même temps, appuyer les efforts déployés pour accroître la part de l’aide au développement qui est fournie par l’intermédiaire du Gouvernement afghan, conformément aux engagements pris aux Conférences de Kaboul et de Tokyo, ainsi que ceux déployés pour accroître la transparence et l’efficacité de l’utilisation par le Gouvernement afghan des ressources en question;

b)    Apporter un appui, à la demande des autorités afghanes, à l’organisation des élections à venir en Afghanistan, y compris des élections à la présidence et aux conseils provinciaux prévues en 2014, renforcer, à l’appui de l’action menée par le Gouvernement afghan, la pérennité et l’intégrité du processus électoral et son ouverture à tous, comme convenu aux Conférences de Londres, de Kaboul, de Bonn et de Tokyo ainsi qu’au Sommet de Chicago, et offrir aux institutions afghanes participant au processus une aide en matière de renforcement des capacités et une assistance technique;

c)    Apporter une aide sous forme de communication aussi bien que de bons offices, si le Gouvernement afghan le demande, au processus de paix et de réconciliation dirigé par les Afghans, notamment pour ce qui est de la mise en œuvre du Programme afghan pour la paix et la réintégration, et en proposant et en facilitant la mise en œuvre de mesures de confiance, dans le cadre posé par la Constitution afghane et dans le respect total de l’application des mesures et procédures définies dans ses résolutions 1267 (1999), 1988 (2011), 1989 (2011) et 2082 (2012) et 2083 (2012) et toute autre résolution qu’il a adoptée sur la question;

d)    Soutenir la coopération régionale, en vue d’aider l’Afghanistan à se prévaloir de la place qu’il occupe au cœur de l’Asie pour promouvoir la coopération régionale et s’appuyer sur ce qui a déjà été réalisé, pour progresser vers un Afghanistan stable et prospère;

e)    Renforcer la coopération avec la Force internationale d’assistance à la sécurité et le Haut-Représentant civil de l’OTAN, à tous les niveaux et dans tout le pays, à l’appui de la transition vers la prise des rênes du pays par les Afghans convenue aux Conférences de Kaboul et de Londres et aux Sommets de Lisbonne et de Chicago, et ce, d’une manière qui assure la protection et la promotion à long terme des droits de tous les Afghans, conformément à leur mandat actuel, afin de renforcer la coopération entre civils et militaires, de faciliter l’échange rapide d’informations et d’assurer la cohérence entre les activités menées par les forces de sécurité nationales et internationales et les intervenants civils à l’appui d’un processus de développement et de stabilisation mené par les Afghans, notamment en nouant des rapports avec les équipes de reconstruction de province et avec les organisations non gouvernementales, en particulier en participant en qualité d’observateur aux travaux de la Commission conjointe Afghanistan-OTAN pour l’Inteqal;

7.    Réaffirme que la MANUA et le Représentant spécial redoubleront d’efforts en vue d’améliorer la cohérence, la coordination et l’efficacité des organismes, fonds et programmes compétents des Nations Unies en Afghanistan de manière à optimiser leur efficacité collective en pleine conformité avec les programmes prioritaires nationaux définis par le Gouvernement afghan et continueront de piloter les efforts civils internationaux en accordant une attention particulière à la nécessité de favoriser et de renforcer le rôle des institutions afghanes afin qu’elles puissent s’acquitter de leurs responsabilités principales dans les domaines prioritaires suivants:

a)    Moyennant une présence adéquate de la Mission, à déterminer en pleine consultation et en étroite coopération avec le Gouvernement afghan, promotion, à l’appui de l’action qu’il mène en faveur de la mise en œuvre du Processus de Kaboul dans tout le pays, notamment grâce au renforcement de la coopération avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, et action visant à ce que les politiques gouvernementales favorisent l’ouverture et soient mieux comprises;

b)    Appui à l’action menée par le Gouvernement afghan au titre du respect de ses engagements, tels qu’ils ont été énoncés lors des Conférences de Londres, de Kaboul et de Bonn, pour améliorer la gouvernance et renforcer l’état de droit, y compris la justice transitionnelle, l’exécution du budget et la lutte contre la corruption, dans tout le pays conformément au Processus de Kaboul, l’objectif étant d’apporter les bienfaits de la paix et d’assurer des services de façon opportune et durable;

c)    Poursuite, avec l’appui du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, de la coopération avec la Commission indépendante des droits de l’homme en Afghanistan et du renforcement de ses capacités ainsi que de la coopération avec le Gouvernement afghan et les organisations non gouvernementales étrangères et afghanes concernées afin d’assurer le suivi de la situation des civils, de coordonner l’action menée pour assurer la protection de ces civils, de promouvoir l’application du principe de responsabilité et d’aider à réaliser intégralement les libertés fondamentales et les dispositions relatives aux droits de l’homme figurant dans la Constitution afghane et dans les traités internationaux auxquels l’Afghanistan est partie, en particulier ceux qui concernent le plein exercice des droits fondamentaux des femmes;

d)    Coordination et facilitation de l’acheminement de l’aide humanitaire, à l’appui du Gouvernement afghan, notamment, et dans le respect des principes humanitaires, en vue de donner au Gouvernement les moyens d’assumer à l’avenir son rôle central et de coordination, notamment en offrant un appui efficace aux autorités nationales et locales en matière d’assistance et de protection des déplacés et de créer des conditions propices au retour volontaire et durable, dans la sécurité et la dignité, des réfugiés et des déplacés des pays voisins et autres;

8.    Demande à toutes les parties afghanes et autres de se coordonner avec la MANUA dans l’exécution de son mandat et dans l’action qu’elle mène pour promouvoir dans tout le pays la sécurité et la liberté de mouvement du personnel des Nations Unies et du personnel associé;

9.    Réaffirme qu’il faut assurer la sécurité du personnel des Nations Unies et son adhésion aux mesures que le Secrétaire général a déjà prises à cet égard;

10.   Souligne qu’il importe au plus haut point de pouvoir compter sur une présence continue de la MANUA et des autres organismes, fonds et programmes des Nations Unies dans les provinces, conformément au processus de transition, à l’appui et avec le concours du Gouvernement afghan, pour assurer les besoins et la sécurité, et conformément à l’objectif d’efficacité de l’ensemble du système des Nations Unies, et soutient fermement l’autorité du Représentant spécial du Secrétaire général dans la coordination de toutes les activités des organismes, fonds et programmes des Nations Unies en Afghanistan sur la base de l’initiative Unis dans l’action;

11.   Encourage le Secrétaire général à poursuivre les efforts engagés en vue de prendre les dispositions voulues pour régler les problèmes de sécurité associés à cette présence et, durant le processus actuel de transition, préconise notamment une coordination étroite avec les Forces nationales de sécurité afghanes, appuyées par la Force internationale d’assistance, le cas échéant;

12.   Souligne l’importance qu’il attache à un développement démocratique durable de l’Afghanistan dans le cadre duquel toutes les institutions afghanes fonctionneraient dans les limites clairement définies de leurs domaines de compétence respectifs, conformément aux lois applicables et à la Constitution afghane, et se félicite, à cet égard, de l’engagement pris par le Gouvernement afghan à la Conférence de Kaboul et réaffirmé à la Conférence de Bonn d’améliorer encore le processus électoral, y compris en assurant sa viabilité à long terme, et, tenant compte des engagements pris par la communauté internationale et le Gouvernement afghan aux Conférences de Londres, de Kaboul et de Bonn, réaffirme le rôle de soutien que joue la MANUA, à la demande du Gouvernement afghan, pour faciliter la réalisation de ces engagements, prie cette dernière de fournir, à la demande du Gouvernement afghan, une assistance technique aux institutions afghanes compétentes en vue d’appuyer l’intégrité du processus électoral et demande également aux membres de la communauté internationale de fournir une assistance selon que de besoin;

13.   Se félicite des efforts renouvelés du Gouvernement afghan visant à faire avancer le processus de paix et de réconciliation, comme en témoignent notamment la création du Haut Conseil de la paix et la mise en œuvre du Programme afghan pour la paix et la réintégration, pour faciliter un dialogue sans exclusive mené par les Afghans sur la réconciliation et la participation politique ainsi qu’il ressort du communiqué de la Conférence de Kaboul du 20 juillet 2010 consacré au dialogue avec ceux qui renoncent à la violence, n’ont pas de lien avec des organisations terroristes internationales, dont Al-Qaida, respectent la Constitution afghane, en particulier ses dispositions relatives aux droits humains, notamment les droits de la femme, et souhaitent participer à l’édification d’un Afghanistan pacifique, ainsi que des principes et des résultats détaillés découlant des conclusions de la Conférence de Bonn du 5 décembre 2011, et encourage le Gouvernement afghan à se prévaloir des bons offices offerts par la MANUA pour faciliter ce processus le cas échéant, en pleine application des mesures et procédures définies dans ses résolutions 1267 (1999), 1988 (2011) et 2082 (2012) et les autres résolutions qu’il a adoptées sur la question;

14.   Se félicite également des mesures prises par le Gouvernement afghan et l’encourage à continuer d’accroître la participation des femmes, des minorités et de la société civile aux processus de sensibilisation, de consultation et de prise de décisions, rappelle que les femmes peuvent jouer un rôle crucial dans le processus de paix, comme l’affirment sa résolution 1325 (2000) et ses autres résolutions sur la question, redit donc qu’il est nécessaire qu’elles participent pleinement, effectivement et sur un pied d’égalité à toutes les étapes des processus de paix et demande instamment qu’elles soient associées à l’élaboration et à la mise en œuvre de stratégies de lendemain de conflit afin que leur optique et leurs besoins soient pris en compte comme l’ont affirmé les Conférences de Bonn et de Tokyo;

15.   Prend acte de la création du Comité en application de la résolution 1988 (2011) du Conseil de sécurité, de ses méthodes et procédures, y compris les nouvelles procédures visant à faciliter et à diligenter les demandes d’exemption d’interdiction de voyage à l’appui du processus de paix et de réconciliation introduites dans la résolution 2082 (2012) du Conseil de sécurité, salue à cet égard la coopération que le Gouvernement afghan, le Haut Conseil de la paix et la MANUA ont instaurée avec le Comité notamment en lui fournissant des renseignements pertinents pour qu’il puisse tenir à jour la Liste 1988 et identifier les personnes, groupes, entreprises et entités associés aux Taliban qui représentent une menace pour la paix, la stabilité et la sécurité de l’Afghanistan selon les critères de désignation énoncés dans la résolution 2082 (2012) et note que ce financement ou soutien peut se faire notamment, mais pas uniquement, au moyen de revenus tirés de la culture et de la production illégales et du trafic de stupéfiants, à partir de l’Afghanistan en particulier, ainsi que de leurs précurseurs, et encourage la poursuite de cette coopération;

16.   Souligne le rôle que doit jouer la Mission, si le Gouvernement afghan en fait la demande, dans l’appui à un processus de paix et de réconciliation sans exclusive, mené et pris en charge par les Afghans, y compris au Programme afghan pour la paix et la réintégration, tout en continuant d’évaluer, notamment en collaboration avec la Commission indépendante des droits de l’homme en Afghanistan, les incidences sur les droits de l’homme et les droits fondamentaux des femmes, y compris la promotion et la défense des droits de l’homme, et engage la communauté internationale à soutenir les efforts que le Gouvernement afghan déploie dans ce domaine, notamment en continuant d’alimenter le Fonds d’affectation spéciale pour la paix et la réintégration;

17.   Réaffirme son soutien à l’action régionale que mène actuellement l’Afghanistan dans le cadre du « Processus d’Istanbul sur la sécurité et la coopération régionales pour la paix et la stabilité en Afghanistan », se félicite des résultats de la Conférence ministérielle de Kaboul organisée le 14 juin 2012, pour assurer le suivi de la Conférence d’Istanbul pour l’Afghanistan, tenue en novembre 2011, salue l’approbation des plans de mise en œuvre de l’ensemble des six mesures de confiance jugées prioritaires, loue les progrès réalisés dans le cadre du Processus depuis son démarrage, attend avec intérêt la tenue de la prochaine Conférence ministérielle « Au cœur de l’Asie » prévue à Almaty le 26 avril 2013, et invite l’Afghanistan et ses partenaires régionaux à maintenir l’élan imprimé et à poursuivre leurs efforts afin de raffermir le dialogue et la confiance dans la région par le biais du Processus d’Istanbul, et note que celui-ci est censé compléter et faciliter les efforts déployés par les organisations régionales, en particulier en ce qui concerne l’Afghanistan, et non s’y substituer;

18.   Salue les efforts que font le Gouvernement afghan, ses partenaires des pays voisins et de la région et les organisations internationales, dont l’Organisation de la Conférence islamique, pour susciter la confiance et la coopération mutuelles, ainsi que les récentes initiatives de coopération prises par des pays concernés et des organisations régionales, y compris lors des Sommets trilatéraux entre l’Afghanistan, le Pakistan et la Turquie, du Sommet trilatéral entre l’Afghanistan, l’Iran et le Pakistan, du Sommet trilatéral entre l’Afghanistan, le Pakistan et le Royaume-Uni et dans le cadre de l’Organisation de Shanghai pour la coopération et de l’Association sud-asiatique de coopération régionale;

19.   Appelle à renforcer le processus de coopération régionale et à prendre des mesures propres à faciliter le commerce et le transit régionaux, notamment par des accords de commerce et de transit régionaux et bilatéraux, une meilleure coopération consulaire pour l’octroi de visas et la facilitation des voyages d’affaires, à favoriser le commerce international, à accroître les investissements étrangers et à développer les infrastructures, notamment en ce qui concerne les raccordements, l’offre énergétique, les transports et la gestion intégrée des frontières, afin de promouvoir une croissance économique durable et la création d’emplois en Afghanistan, compte tenu du rôle historique joué par l’Afghanistan en tant que passerelle vers l’Asie, et accueille favorablement le texte issu de la cinquième Conférence sur la coopération économique régionale concernant l’Afghanistan, tenue au Tadjikistan en mars 2012, visant à mieux développer et consolider la coopération et le partenariat en faveur de la paix et de la prospérité en Afghanistan et dans la région;

20.   Souligne, à cet égard, qu’il importe de renforcer les réseaux locaux et régionaux de transport afin de favoriser le développement économique, la stabilité et l’autosuffisance, en particulier par la construction et l’entretien de voies ferrées locales et de routes, l’élaboration de projets régionaux visant à améliorer encore les liaisons et le renforcement des capacités de l’aviation civile internationale;

21.   Réaffirme que le Conseil commun de coordination et de suivi joue un rôle central s’agissant de coordonner, de faciliter et de suivre la mise en œuvre de la Stratégie de développement national de l’Afghanistan et les programmes prioritaires nationaux et demande à tous les intéressés de renforcer leur coopération avec le Conseil à cette fin de manière à améliorer encore son efficacité;

22.   Demande aux organisations et donateurs internationaux ainsi qu’au Gouvernement afghan d’honorer les engagements qu’ils ont pris à la Conférence de Kaboul et aux conférences internationales précédentes, comme réaffirmé à la Conférence de Bonn, et réaffirme qu’il importe de faire davantage pour améliorer la coordination et l’efficacité de l’aide, notamment en assurant la transparence et en luttant contre la corruption, et pour aider le Gouvernement afghan à être mieux à même de coordonner l’aide;

23.   Appelle le Gouvernement afghan, aidé en cela par la communauté internationale, et notamment la Force internationale d’assistance à la sécurité et la coalition de l’opération Liberté immuable, conformément à leurs attributions évolutives respectives, à continuer à faire face à la menace que font peser sur la sécurité et la stabilité de l’Afghanistan les Taliban, les membres d’Al-Qaida, les autres groupes extrémistes violents, les groupes armés illégaux, les criminels et ceux qui se livrent à la production ou au trafic de stupéfiants;

24.   Réaffirme qu’il importe de rendre le secteur de la sécurité afghan plus fonctionnel, professionnel et responsable, dans un cadre global, par le biais de procédures d’agrément appropriées et d’efforts de formation, d’encadrement, d’équipement et de responsabilisation, à l’intention tant des femmes que des hommes, afin d’accélérer la réalisation de l’objectif consistant à constituer des forces de sécurité afghanes autosuffisantes et ethniquement équilibrées, qui assurent le maintien de la sécurité et de l’état de droit dans tout le pays, et souligne l’importance de l’engagement à long terme pris par la communauté internationale d’assurer, au-delà de 2014, une force de sécurité nationale afghane fonctionnelle, professionnelle et durable;

25.   Se félicite à cet égard que l’armée nationale afghane continue de se développer et soit de plus en plus à même de planifier et de mener des opérations et se déclare favorable aux efforts de formation qui continuent d’être faits, notamment grâce à l’apport de formateurs, de ressources et d’équipes opérationnelles d’encadrement et de liaison par l’intermédiaire de la Mission de formation de l’OTAN en Afghanistan, aux conseils qui sont donnés en vue d’une planification durable de la défense et à l’assistance aux initiatives de réforme de la défense, et se félicite en outre de l’annonce en décembre 2012 de la quatrième tranche de districts et de provinces en phase de transition et attend avec intérêt l’annonce de la cinquième et dernière tranche;

26.   Prend note des efforts que continuent de faire les autorités afghanes pour renforcer les capacités de la Police nationale afghane, invite à faire des efforts supplémentaires à cette fin et souligne l’importance, dans ce contexte, de l’assistance internationale fournie sous forme d’un appui financier et d’un apport en personnel de formation et d’encadrement, y compris de la contribution qu’apportent la Mission de formation de l’OTAN en Afghanistan, la Force de gendarmerie européenne et l’Union européenne par le biais de sa mission de police EUPOL-Afghanistan de même que l’Équipe allemande pour le projet de police, sachant l’importance que revêt une force de police suffisante et capable pour la sécurité à long terme de l’Afghanistan, et attend avec intérêt le plan prospectif pour les 10 années à venir du Ministère de l’intérieur et de la Police nationale afghane;

27.   Se félicite des progrès accomplis par le Gouvernement afghan concernant le programme de démantèlement des groupes armés illégaux et son intégration au Programme afghan pour la paix et la réintégration et demande que les efforts soient accélérés et coordonnés pour que de nouveaux progrès soient enregistrés, avec l’appui de la communauté internationale;

28.   Condamne avec la plus grande fermeté tous les attentats visant des civils et les forces afghanes et internationales, qu’il s’agisse d’attentats commis à l’aide d’engins explosifs artisanaux, d’attentats-suicides, d’assassinats ou d’enlèvements, qui nuisent à l’entreprise de stabilisation, de reconstruction et de développement de l’Afghanistan, et condamne en outre l’utilisation par les Taliban et d’autres groupes extrémistes de civils comme boucliers humains;

29.   Note avec préoccupation la persistance des attaques contre le personnel humanitaire, les condamne dans les termes les plus énergiques en faisant valoir qu’elles entravent les efforts faits pour venir en aide au peuple afghan, et souligne que toutes les parties doivent garantir un accès illimité, sûr et sans entrave à tous les agents humanitaires, y compris au personnel des Nations Unies et au personnel associé, et respecter pleinement le droit international humanitaire applicable;

30.   Se félicite des résultats obtenus à ce jour dans l’exécution du Programme de lutte antimines pour l’Afghanistan et encourage le Gouvernement afghan, avec l’appui des Nations Unies et d’autres parties intéressées, à poursuivre son action en vue de détruire les mines antipersonnel et antichars et les restes d’explosifs de guerre et de réduire ainsi les menaces qu’ils font peser sur la vie humaine et sur la paix et la sécurité dans le pays, et note qu’il convient de fournir une aide en vue de soigner les victimes et d’assurer leur réadaptation et leur réinsertion économique et sociale, s’agissant notamment des personnes handicapées;

31.   Salue les progrès accomplis par la Force internationale d’assistance à la sécurité et les autres forces internationales en vue de réduire le plus possible les risques de pertes civiles, tels que décrits dans le rapport de la MANUA du 19 février 2013 sur la protection des civils en période de conflit armé, et les exhorte à poursuivre leurs efforts à cet égard, notamment en réexaminant constamment leurs tactiques et leurs procédures, en faisant avec les autorités afghanes le bilan de toute intervention qui aurait causé des pertes civiles et en procédant à une enquête en pareil cas et lorsque le Gouvernement afghan estime qu’une enquête conjointe est nécessaire;

32.   Exprime sa profonde préoccupation devant le recrutement et l’utilisation d’enfants par les Taliban, Al-Qaida et d’autres groupes extrémistes violents en Afghanistan ainsi que devant le meurtre et les mutilations d’enfants du fait du conflit, condamne de nouveau fermement le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats en violation du droit international applicable, ainsi que toutes autres formes de violations et tous autres sévices exercés sur des enfants en période de conflit armé, en particulier les attaques contre les écoles et les établissements d’enseignement et de santé et l’utilisation d’enfants pour des attentats-suicides, et demande que les responsables soient traduits en justice;

33.   Souligne que, dans ce contexte, il importe d’appliquer la résolution 1612 (2005) du Conseil de sécurité sur le sort des enfants en temps de conflit armé et les résolutions suivantes, approuve le décret publié par le Ministre de l’intérieur réaffirmant l’engagement du Gouvernement afghan à prévenir les violations des droits des enfants, en date du 6 juillet 2011, se félicite de la création du Comité directeur interministériel afghan sur le sort des enfants en temps de conflit armé et de la signature par le Gouvernement afghan du plan d’action ainsi que de son annexe relatifs aux enfants associés aux forces de sécurité nationales en Afghanistan et demande que les dispositions du plan soient pleinement appliquées, en étroite coopération avec la MANUA, et prie le Secrétaire général de continuer à accorder la priorité à la composante protection de l’enfance de la MANUA et à ses activités, et à traiter de la question du sort des enfants en temps de conflit armé dans le pays dans ses rapports futurs conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité;

34.   Demeure préoccupé par les conséquences néfastes de la culture, de la production, du trafic et de la consommation d’opium pour la sécurité, le développement et la gouvernance en Afghanistan, ainsi que pour la région et le monde, prend note de l’enquête de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime sur l’opium en Afghanistan, publiée en novembre 2012, engage le Gouvernement afghan, aidé en cela par la communauté internationale, à accélérer la mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre la drogue, notamment en exécutant des programmes offrant d’autres moyens de subsistance, et à faire une place à la lutte contre les stupéfiants dans tous les programmes nationaux, et encourage la communauté internationale à appuyer davantage les quatre priorités dégagées dans la Stratégie, se félicite de l’appui fourni par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime à l’Initiative triangulaire et au Centre régional d’information et de coordination pour l’Asie centrale dans le cadre de l’Initiative du Pacte de Paris et de la Stratégie Arc-en-ciel, ainsi que du programme régional de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime pour l’Afghanistan et les pays voisins; ainsi que de la contribution de l’Académie de police de Domodedovo (Russie);

35.   Salue l’action que continue de mener l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime pour doter le Ministère afghan de la lutte contre les stupéfiants des moyens de mettre en œuvre la Stratégie nationale afghane de lutte contre la drogue, notamment par le biais du Mécanisme de suivi de la lutte contre les stupéfiants du Conseil commun de coordination et de suivi;

36.   Demande aux États de renforcer la coopération internationale et régionale pour faire pièce à la menace que la production, le trafic et la consommation de drogues illicites au départ de l’Afghanistan font peser sur la communauté internationale, l’objectif étant d’en venir peu à peu à bout, conformément au principe de responsabilité commune et partagée de la résolution du problème de la drogue en Afghanistan, notamment grâce au renforcement des moyens dont disposent les services de répression et de la coopération dans le domaine de la lutte contre les stupéfiants et les précurseurs et contre le blanchiment d’argent et la corruption liée à ce trafic, et demande que sa résolution 1817 (2008) soit pleinement appliquée;

37.   Apprécie les travaux menés au titre de l’Initiative du Pacte de Paris et de son processus dit « Paris-Moscou » pour lutter contre la production, le trafic et la consommation d’opium et d’héroïne en Afghanistan et l’élimination des cultures de pavot, des laboratoires de fabrication de drogues et des stocks ainsi que l’interception des convois de drogues, insiste sur l’importance de la coopération en matière de gestion des frontières et se félicite que les organismes compétents des Nations Unies aient intensifié leur collaboration avec l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe et l’Organisation du Traité de sécurité collective à cet égard;

38.   Souligne de nouveau qu’il importe que toutes les institutions afghanes et intervenants achèvent la mise en application du Programme prioritaire national « Droit et justice pour tous » afin d’instituer dans les meilleurs délais une justice équitable et transparente, de mettre fin à l’impunité et de consolider l’état de droit dans l’ensemble du pays;

39.   Souligne à cet égard qu’il importe de progresser encore sur la voie de la reconstruction et de la réforme du secteur pénitentiaire en Afghanistan afin que la légalité et les droits de l’homme y soient mieux respectés et que les organisations compétentes aient accès, le cas échéant, à toutes les prisons et à tous les lieux de détention en Afghanistan, et demande que soit pleinement respecté le droit international, dont le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme, notant les recommandations figurant dans le rapport de la Mission d’assistance en date du 20 janvier 2013, et que le Gouvernement afghan nomme une commission chargée d’enquêter sur les conclusions du rapport;

40.   Note avec une forte préoccupation que la corruption généralisée nuit à la sécurité, à la bonne gouvernance, à la lutte contre les stupéfiants et au développement économique, salue les engagements pris par le Gouvernement afghan dans le domaine de la lutte contre la corruption à la Conférence de Tokyo, et qu’il a renouvelés avec une vigueur accrue dans l’Accord-cadre de responsabilité mutuelle de Tokyo, loue l’action que le Gouvernement afghan mène à cet égard, notamment la publication du décret présidentiel en date de juillet 2012, l’invite instamment à continuer de s’attacher à les honorer, pour rendre l’administration plus efficace, plus responsable et plus transparente au sein des instances nationales, provinciales et locales de gouvernement, et se félicite du soutien inlassable que la communauté internationale apporte à la réalisation des objectifs de l’Afghanistan en matière de gouvernance;

41.   Encourage toutes les institutions afghanes, notamment les pouvoirs exécutif et législatif, à œuvrer dans un esprit de coopération, constate les efforts que continue de déployer le Gouvernement afghan dans le cadre de la poursuite de la réforme législative et de la réforme de l’administration publique afin d’y combattre la corruption et d’y asseoir les principes de bonne gouvernance, y compris la pleine représentation de toutes les Afghanes et de tous les Afghans, et de responsabilité aux échelons tant national que local en saluant la publication du décret présidentiel du 12 juillet 2012, et souligne que la communauté internationale doit continuer à prêter son concours technique à cet égard et souligne à nouveau qu’il importe que le Programme prioritaire national « Transparence et responsabilité nationales » soit mis en application dans son intégralité et de façon suivie et coordonnée;

42.   Lance un appel pour que soient pleinement respectés et protégés les droits de l’homme et les libertés fondamentales, y compris ceux des défenseurs des droits de l’homme, ainsi que le droit international humanitaire sur tout le territoire afghan, se félicite que les médias libres afghans se développent, mais constate avec préoccupation que la liberté des médias continue de faire l’objet de restrictions et les journalistes d’être la cible d’attaques, rend hommage à la Commission indépendante des droits de l’homme en Afghanistan pour les efforts courageux qu’elle déploie afin de surveiller le respect des droits de l’homme dans le pays, d’assurer la promotion et la défense de ces droits et de favoriser l’avènement d’une société civile pluraliste, félicite la Commission d’avoir organisé le Forum sur la société civile à la Conférence de Bonn, souligne qu’il importe que tous les intéressés coopèrent sans réserve avec la Commission, dans le respect de leur indépendance et de leur sécurité, et encourage l’ensemble des services de l’État et de la société civile à s’investir largement en faveur du respect des engagements mutuels qu’ils ont pris, notamment celui d’assurer un financement public suffisant à la Commission indépendante des droits de l’homme;

43.   Constate qu’en dépit des progrès accomplis sur la voie de l’égalité des sexes, il est nécessaire de redoubler d’efforts, y compris en ce qui concerne des objectifs mesurables et orientés sur l’action, pour garantir les droits des femmes et des filles et pour faire en sorte que toutes les femmes et les filles d’Afghanistan soient protégées contre la violence et les mauvais traitements et bénéficient d’une égale protection devant la loi et de l’égalité d’accès à la justice, condamne avec fermeté les formes de discrimination et de violence dont sont victimes les filles et les femmes, en particulier la violence visant à empêcher les filles d’aller à l’école, et souligne qu’il importe d’appliquer ses résolutions 1325 (2000), 1820 (2008), 1888 (2009), 1889 (2009) et 1960 (2010) en prenant note des principaux engagements y énoncés et de s’assurer que les femmes qui fuient les violences conjugales puissent trouver un refuge sûr;

44.   Se félicite de l’engagement du Gouvernement afghan d’accroître la représentation des femmes dans toutes les institutions liées à la gouvernance, y compris les organes dont les membres sont élus et nommés et la fonction publique, note les progrès enregistrés à cet égard, se félicite de l’action qui continue d’être menée pour garantir et promouvoir la participation des femmes au processus électoral, appuie les efforts visant à accélérer la mise en œuvre du Plan d’action national en faveur des femmes en Afghanistan, à intégrer ses objectifs dans les programmes prioritaires nationaux et à élaborer une stratégie destinée à faire appliquer la loi sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes, notamment à mettre en place des services d’aide aux victimes, rappelle que la promotion et la protection des droits de la femme font partie intégrante du programme de paix, de réintégration et de réconciliation, se félicite de l’engagement pris par le Gouvernement afghan d’assurer l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi du plan d’action national sur les femmes, la paix et la sécurité, prend acte du rapport de la MANUA sur l’application de la loi sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes en Afghanistan et prie le Secrétaire général de continuer de donner dans ses rapports des renseignements sur l’intégration des femmes à la vie politique, économique et sociale de l’Afghanistan;

45.   Souligne qu’il importe que les derniers réfugiés afghans rentrent chez eux de leur plein gré, en toute sécurité et en bon ordre, et s’y réintègrent pour de bon, aux fins de la stabilité du pays et de la région, et demande à cet égard à la communauté internationale d’apporter une aide régulière et accrue;

46.   Affirme aussi qu’il importe que les déplacés rentrent chez eux de plein gré, en toute sécurité et en bon ordre, et s’y réintègrent pour de bon, et se félicite de la participation de l’Afghanistan comme pays pilote à l’initiative du Secrétaire général sur la recherche de solutions durables, et des progrès accomplis dans le cadre de l’élaboration d’une politique en faveur des déplacés pour l’Afghanistan;

47.   Constate qu’il faut continuer de renforcer, avec l’aide de la communauté internationale, la capacité d’absorption de l’Afghanistan en vue de la pleine réadaptation et de la pleine réintégration des derniers réfugiés et déplacés afghans;

48.   Prie le Secrétaire général de lui présenter tous les trois mois un rapport sur l’évolution de la situation en Afghanistan dans lequel seront évalués les progrès réalisés au regard des critères définis pour mesurer et suivre l’avancement de la mise en œuvre du mandat et des priorités de la MANUA définis dans la présente résolution;

49.   Décide de rester activement saisi de la question.

Déclarations

M. BAN KI-MOON, Secrétaire général de l’ONU, a souligné que le climat politique de l’Afghanistan était dominé par les élections de 2014.  Une forte participation et un processus crédible sont essentiels pour parvenir à l’objectif d’un leadership largement accepté pour la transition.  Les élections, a-t-il insisté, sont menées et gérées par les Afghans eux-mêmes, et un accord sur un mécanisme impartial, crédible et indépendant de règlement des contentieux électoraux sera tout aussi critique tout comme la nomination d’une personnalité respectée et largement acceptée pour présider la Commission électorale indépendante.  Cette Commission doit, aux côtés du Ministère des finances et des donateurs, trouver des solutions réalistes et satisfaisantes pour tous à la question du financement.

Le Gouvernement afghan, a indiqué le Secrétaire général, privilégie les cartes d’identité électroniques et il est important de comprendre, dès à présent, qu’il y aura peut-être des améliorations à apporter dans l’identification des électeurs pendant les années 2014 et 2015.  Cela rend encore plus essentiel l’établissement des « règles de jeu » et les mesures antifraude.  En conséquence, le respect de l’indépendance de l’organe de gestion des élections sera vital. 

Les Afghans ont besoin de paix, a souligné le Secrétaire général, en se félicitant de la Déclaration que leur Gouvernement a signé, en janvier dernier, avec les États-Unis pour injecter plus de cohérence dans les efforts de réconciliation.  Après avoir parlé des droits de l’homme et de la protection des civils, le Secrétaire général a jugé qu’il faut améliorer la manière dont on fournit l’aide au développement en Afghanistan pour y renforcer l’appropriation nationale.  Pour sa part, le Gouvernement afghan doit maintenir l’élan dans les réformes économiques qui sont nécessaires pour consolider la viabilité des transitions politiques et en matière de sécurité.  À cet égard, la lutte contre l’économie illicite est essentielle pour renforcer la confiance dans l’économie. 

« Nous devons nous préparer à l’après-2014 », a déclaré le Secrétaire général.  Lors d’une réunion avec les responsables de l’ONU, les autorités afghanes ont fait savoir que leur pays n’aura pas besoin d’un engagement moindre de la part de l’ONU mais plutôt d’un engagement différent, a rappelé M. Ban, en précisant qu’elles avaient appelé à une meilleure coordination du travail des agences, fonds et programmes pour prévenir les écueils et les chevauchements. 

Les autorités afghanes ont aussi largement apprécié la nécessité d’une mission politique spéciale dont le mandat et l’ampleur évolueraient avec le temps.  « Nous devons, a estimé le Secrétaire général, clore le chapitre des structures et des efforts parallèles et intégrer l’action internationale pour appuyer l’Afghanistan.

S’il a rappelé que le budget de la MANUA avait été considérablement réduit en 2013, le Secrétaire général a assuré qu’il ne recommandera aucune autre réduction en 2014.  « Nous pourrons ainsi, a-t-il expliqué, évaluer de manière plus réaliste la réorientation de la présence des Nations Unies après la transition. » 

M. ZAHIR TANIN (Afghanistan) a déclaré qu’une transition réussie et ordonnée vers l’appropriation et le leadership afghans exigeait que l’on se concentre sur cinq domaines prioritaires et d’abord le renforcement de la souveraineté, c’est-à-dire la prise en charge par les Afghans de la pleine responsabilité de leur destin.  Aujourd’hui, il y a parmi les Afghans, un véritable consensus sur l’importance d’élections crédibles pour la stabilité et une paix durable.  Dans le même temps, le succès des élections exige le dialogue et la réconciliation avec l’opposition armée.  Le représentant s’est donc, une nouvelle fois, félicité de l’adoption de la résolution 2082 qui, a-t-il précisé, réajuste le régime des sanctions contre les Taliban pour le rendre plus conforme au processus afghan de réconciliation. 

Comme deuxième domaine prioritaire, le représentant a cité la création de partenariats stratégiques et s’est réjoui qu’en février dernier, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ait pris des mesures pour renforcer son engagement en Afghanistan après 2014, dans les domaines de la formation, des conseils et de l’aide aux forces de sécurité afghanes. 

Le représentant a ensuite cité la transition économique et l’aide au développement.  Il est revenu sur les annonces faites à la Conférence de Tokyo, en juillet dernier, lesquelles sont, a-t-il dit, essentielles pour la stabilité mais aussi pour la viabilité de l’Afghanistan.  Soulignant l’importance du renforcement des capacités institutionnelles, il a jugé crucial que l’aide internationale soit conforme aux priorités nationales et qu’elle passe par le budget du pays.  L’aide doit aussi se fonder sur les besoins émergents et être dirigée vers les domaines où elle semble la plus nécessaire.  L’Afghanistan, a promis le représentant, est prêt à rendre des comptes sur chaque centime dépensé.

M. Tanin a aussi parlé de l’amélioration des relations avec les pays de la région.  Il s’est attardé, en se montrant optimiste, sur le processus « Cœur de l’Asie » et sur les discussions trilatérales avec le Pakistan et le Royaume-Uni.

Il a conclu sur la question de l’efficacité du partenariat avec les Nations Unies, au centre duquel il a placé la cohérence de l’aide, l’initiative « Unis dans l’action » et une plus grande redevabilité.  La fin de la transition sonnera l’arrivée d’une nouvelle ère de résilience et d’autonomie nationales, a-t-il dit.  Si la nature de l’engagement de la communauté internationale est appelée à évoluer, le maintien de son appui sera vital, a reconnu le représentant.  La souveraineté et l’autonomie de l’Afghanistan exigent la confiance et un engagement à long terme de la communauté internationale avec laquelle l’Afghanistan entend bien continuer à coopérer, a affirmé le représentant. 

M. BOB CARR, Ministre des affaires étrangères de l’Australie, a relevé que des progrès importants avaient été accomplis par l’Afghanistan au cours de la dernière décennie, notamment en termes de sécurité.  Il a aussi noté une croissance de plus de 8% par an de l’économie afghane.  Pour consolider ces progrès, il a recommandé à la communauté internationale de rester présente en Afghanistan et a appuyé les recommandations du Secrétaire général visant à doter la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) de ressources suffisantes pour qu’elle accomplisse son mandat en 2013 et au-delà.  D’ici à la fin de 2013, le Gouvernement de l’Afghanistan sera pleinement responsable de la sécurité dans le pays, ce qui représente une étape décisive, a-t-il souligné.  Le Ministre a exprimé la confiance que ressent son pays dans les capacités des Forces nationales de sécurité afghanes, qui bénéficieront d’un soutien cohérent de la part de la communauté internationale.  Le Gouvernement afghan doit aussi mettre en œuvre des réformes économiques et de gouvernance, a-t-il poursuivi  La MANUA soutient les efforts du Gouvernement afghan dans la mise en œuvre du Cadre de responsabilité mutuelle de Tokyo, a rappelé M. Carr.

Promouvoir l’autonomisation des femmes et des filles en Afghanistan reste une priorité pour l’Australie, a indiqué le Ministre.  En outre, M. Carr a encouragé le Gouvernement afghan à poursuivre sa lutte contre la corruption et la fraude bancaire, ainsi que le renforcement des droits de l’homme et des capacités de ses institutions.  Il a souligné, à cet égard, le rôle important de la MANUA, rôle qu’elle jouera bien au-delà de 2014.  Le Ministre australien a indiqué que son pays soutient les efforts menés par le Gouvernement afghan en vue des élections présidentielles de 2014, soulignant la nécessité de faire accepter ce processus par le peuple afghan.  La MANUA et l’assistance internationale doivent permettre de renforcer l’intégrité du processus électoral, a-t-il dit.  En ce qui concerne le processus de réconciliation, il a soutenu les efforts déployés par le Haut Conseil pour la paix.  En concluant son intervention, le Ministre a soutenu l’extension du mandat de la MANUA.

Mme SUSAN RICE (États-Unis) a affirmé que l’Afghanistan et la communauté internationale étaient arrivés à un tournant, avec des défis qui demeurent nombreux.  Elle a indiqué que le Président afghan, Hamid Karzai, s’était rendu à Washington en janvier dernier et s’était entretenu avec le Président américain Barack Obama.

La sécurité reste la clef de toutes choses en Afghanistan, a-t-elle dit.  Elle a rappelé que le Président Obama avait annoncé le mois dernier que 34 000 soldats américains rentreront d’Afghanistan d’ici au mois de février 2014.  Mais, a-t-elle poursuivi, le transfert de responsabilité en matière de sécurité aux Afghans n’est pas suffisant.  La tenue d’une élection présidentielle en 2014, sans exclusive, libre et transparente, est indispensable pour garantir la stabilité du pays, a estimé Mme Rice.  Elle a plaidé en faveur d’institutions électorales indépendantes en Afghanistan.  Elle a ensuite salué la contribution de la société civile afghane à ces préparatifs, ainsi que le travail mené par les Nations Unies.

Les États-Unis continuent d’appuyer l’ouverture d’un bureau à Doha, au Qatar, où les Taliban pourraient participer à des pourparlers directs avec les représentants du Haut Conseil pour la paix, a indiqué Mme Rice. 

La représentante américaine a salué la contribution des femmes dans les efforts déployés en vue de bâtir un avenir meilleur pour le pays.  La valeur intrinsèque et la dignité des femmes doivent être une priorité, a-t-elle dit.  De même, elle a souligné que la communauté internationale avait apporté une assistance vitale à l’Afghanistan et continuera de le faire.  Les voisins de l’Afghanistan doivent aussi jouer un rôle constructif afin d’aider le pays à bâtir un avenir sûr, stable et prospère, a-t-elle ajouté.  La MANUA doit également demeurer un partenaire engagé.  Les coupes budgétaires dont elle a été l’objet ne peuvent se poursuivre, a-t-elle estimé.  La MANUA reste une priorité et doit disposer des ressources nécessaires à l’accomplissement de son mandat, a conclu Mme Rice.

M. AGSHIN MEHDIYEV (Azerbaïdjan) a remarqué que les coupes budgétaires prévues à l’occasion, aujourd’hui, du renouvellement du mandat de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) auront des conséquences importantes sur les capacités de la Mission et par conséquent sur ses méthodes de travail.  Il a souligné la nécessité de doter cette Mission de ressources adéquates afin de lui permettre de mener à bien les tâches qui lui sont attribuées.  Notant les progrès soutenus accomplis par l’Afghanistan vers la réalisation des objectifs de transition, il a salué l’appropriation croissante par le Gouvernement du processus de réconciliation, ainsi que les efforts déployés par le Haut Conseil pour la paix.  Le Cadre de responsabilité mutuelle de Tokyo nécessite aussi un fort engagement de la part du Gouvernement afghan et de la communauté internationale, a noté le représentant.

M. Mehdiyev s’est félicité de la diminution du nombre des incidents en matière de sécurité au cours de l’année écoulée, ainsi que du succès obtenu par les opérations de prévention du terrorisme.  Il s’est également réjoui d’une meilleure coopération entre l’Afghanistan et les autres acteurs internationaux, par le biais de mécanismes bilatéraux et multilatéraux, mentionnant à cet égard le processus « Heart of Asia » sur la sécurité et la coopération régionales.  L’Azerbaïdjan participe à la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) et nous avons décidé de poursuivre notre partenariat avec l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) dans le cadre de la formation qui succédera à celle en cours au-delà de 2014, a indiqué M. Mehdiyev.  En outre, les forces de la FIAS transitent par l’espace aérien de l’Azerbaïdjan, a-t-il ajouté.  Enfin, il a indiqué que son pays avait versé 2 millions d’euros au Fonds d’affectation spéciale de l’armée nationale afghane.  L’Agence azerbaïdjanaise pour le développement international a aussi versé 150 000 dollars au PNUD en faveur de l’Afghanistan.

Mme MARÍA CRISTINA PERCEVAL (Argentine) a mis l’accent sur la nécessité de réfléchir non seulement à la façon de prendre les mesures nécessaires à une transition fructueuse en Afghanistan, mais aussi de définir les modalités que doit revêtir l’aide de la communauté internationale après 2014.

Il est essentiel, a-t-elle dit, de respecter les étapes préalables, et que les institutions afghanes respectent un cadre juridique bien défini.  Elle a espéré que le soutien de la MANUA persistera et donnera des résultats tangibles.

Mme Perceval s’est par ailleurs dite préoccupée par le nombre d’attaques ciblant de façon délibérée des civils sous prétexte qu’ils appuient le Gouvernement.  Toutes les parties doivent honorer leurs engagements conformément au droit international.  Le dialogue et la réconciliation sont essentiels pour régler le conflit et relever les défis en matière de sécurité.

De même, la MANUA doit continuer de jouer un rôle clef en appuyant l’Afghanistan dans ses efforts en matière de promotion et de respect des droits de l’homme, a souligné la représentante.

Afin de mieux lutter contre la culture du pavot, Mme Perceval a souligné l’importance d’une stratégie intégrée qui s’attaque à l’offre et à la demande, avec des mesures d’interdiction et d’incitation économique.

M. KODJO MENAN (Togo) a abordé cinq points: le processus politique, la question de la sécurité, la situation des droits de l’homme, la question de l’aide humanitaire et le fléau que sont les stupéfiants.  S’agissant du processus politique, le Togo souhaite que la Conférence de paix des Oulémas, les activités de sensibilisation ainsi que le dialogue interafghan, promus par la MANUA et le PNUD, contribuent à consolider les bases d’une réconciliation véritable dans le pays.  Le Togo prend note de la volonté exprimée par le Président Karzai de renouer le contact avec les Taliban qui souhaitent dialoguer, a dit le représentant.  M. Menan a ajouté que l’organisation et la tenue des élections présidentielle et provinciales, dans un an, demeurent des éléments essentiels du processus politique en cours, et a rappelé qu’en décembre dernier, le rapport du Secrétaire général avait fait cas d’une absence de compromis entre les deux chambres du Parlement afghan en ce qui concerne la nomination d’un nouveau président et des membres de la Commission électorale indépendante.  Le Togo salue également le début de la distribution des cartes d’identité nationale électroniques à partir du 21 mars prochain. 

S’agissant de la question sécuritaire, les nombreux incidents et les violences contre les populations civiles, ainsi que les attaques contre le personnel humanitaire constituent des sources de préoccupations, a déploré M. Menan.  En ce qui concerne la situation des droits de l’homme, les préoccupations sont tout aussi grandes, en particulier en ce qui concerne les violences faites aux femmes.  « On note une augmentation de 20% du nombre de femmes et de filles tuées ou blessées l’an passé », a-t-il rappelé.  En matière des droits des enfants, le Togo exprime sa reconnaissance à l’ONU qui a rendu possible le plan d’action pour la prévention du recrutement des mineurs et ses annexes relatives au meurtre, à la mutilation des enfants et à la violence à leur encontre.  Dans ce contexte difficile, la situation humanitaire est sujette à caution, malgré les efforts fournis pour la résorber.  Avant de terminer, le représentant du Togo a abordé la récurrence du problème posé par les stupéfiants.  Étant donné la présence d’éléments djihadistes et de moudjahidines provenant d’Afghanistan et de la région au sein des groupes armés terroristes et narco-djihadistes dans le nord du Mali, « il serait souhaitable que le Secrétaire général fasse savoir au Conseil si la drogue illicite, produite en Afghanistan ou transitant par ce pays, a un quelconque impact sur la région du Sahel et l’Afrique de l’Ouest », a-t-il indiqué.   

M. KIM SOOK (République de Corée) a apprécié les efforts soutenus du Gouvernement afghan, notamment dans la préparation des élections et dans la mise en œuvre du Cadre de responsabilité mutuelle de Tokyo.  Il a aussi encouragé le Haut Conseil pour la paix pour ses efforts menés dans le cadre du processus de réconciliation dirigé par les Afghans.  À Chicago, à Kaboul et à Tokyo, la communauté internationale a fait preuve d’un engagement renouvelé à l’égard de l’Afghanistan, a-t-il rappelé, soulignant l’importance de la mise en œuvre de ces engagements.  L’aide de la communauté internationale est cruciale pour assurer la paix et la sécurité en Afghanistan lors des élections en 2014 et au-delà, a dit M. Kim.  Le représentant a aussi salué la réduction du nombre de victimes civiles en Afghanistan.

M. Kim a exprimé sa préoccupation en ce qui concerne la souffrance des femmes et des enfants, ceux-ci, enrôlés par les militants, étant notamment utilisés comme kamikazes dans des attentats-suicide.  La formation des forces de sécurité afghanes est un moyen essentiel de protection des civils, a-t-il souligné.  Il a aussi appelé le Gouvernement afghan à aider les 3 millions de réfugiés et les 500 000 personnes déplacées à retourner chez eux.  Il s’est également inquiété de la menace qui persiste en ce qui concerne la culture du pavot ainsi que le trafic et l’usage de la drogue.  La République de Corée a versé 15 millions de dollars au Fonds d’affectation spéciale pour l’armée afghane en 2011, la même somme en 2012, ainsi que 15 millions de dollars supplémentaires pour un autre fonds en faveur de l’Afghanistan en 2012, a précisé le représentant.  Il a enfin exprimé son soutien à la MANUA et assuré que son pays resterait engagé dans la mise en œuvre de son mandat.

M. LI BAODONG (Chine) a déclaré que grâce aux progrès réalisés et aux efforts entrepris, le processus de transition afghan avait pu se dérouler de façon harmonieuse.  La situation se trouve pour l’instant à la croisée des chemins, a-t-il dit, mettant l’accent sur la nécessité d’une aide de la communauté internationale.  Les élections de 2014 représentent un jalon politique important dans le processus de transition, a-t-il estimé.  Il a espéré que le peuple afghan pourra continuer le dialogue et les consultations pour que le processus soit couronné de succès.

La Chine, a-t-il dit, appuie le Haut Conseil pour la paix qui doit continuer à jouer un rôle positif, et salue l’aide fournie par le Pakistan et d’autres États de la région.  La situation sécuritaire du pays reste fragile et la Chine est préoccupée par le nombre trop important de victimes civiles, a dit M. Li en rappelant que toutes les parties devaient respecter le droit international et leurs engagements en matière de protection des civils.

Le représentant de la Chine a également mis l’accent sur une assistance accrue et sur la promotion du Processus de Kaboul.  La Chine appuie l’Afghanistan dans le renforcement de la coopération avec les États voisins.  Elle appuie aussi la MANUA pour qu’elle continue à jouer un rôle central dans la coordination de l’aide internationale et le soutien à l’Afghanistan.

M. GÉRARD ARAUD (France) a mis l’accent sur trois défis auxquels l’Afghanistan doit faire face à l’issue du processus de transition pour retrouver le plein exercice de sa souveraineté.  Il a d’abord cité la lutte contre la production et le trafic de drogues en soulignant le caractère inquiétant du dernier rapport de l’ONUDC.  Il a jugé déterminant que la MANUA intègre cette question dans le cœur de son mandat et dans sa réflexion sur son avenir en Afghanistan, dans le respect des compétences de l’ONUDC.  Par ailleurs, il a dit que les élections présidentielle du 5 avril 2014 et législatives de 2015 seront un jalon important pour la communauté internationale et pour le soutien qu’elle apporte à l’Afghanistan conformément au cadre agréé à Tokyo.  Dans ce contexte, il a exhorté les autorités afghanes à organiser des élections crédibles, inclusives, transparentes et pacifiques, en se dotant d’un registre électoral fiable, d’un cadre législatif adéquat, de mesures antifraude robustes et en garantissant l’indépendance de la Commission électorale indépendante.

En outre, le représentant de la France a souligné l’importance de la réconciliation en insistant que seul un véritable processus politique interafghan inclusif permettra de garantir l’émergence d’un Afghanistan stable et pacifié.  Il a dit la volonté qu’a la France d’appuyer ces efforts de réconciliation, en précisant que la France a accueilli en décembre 2012, à Chantilly, une session de dialogue incluant différentes composantes de la société afghane, organisée en totale transparence avec le Gouvernement afghan et dans le plein respect des sanctions édictées par le Conseil de sécurité.  « Nous avons également contribué, à travers les résolutions 1988 et 2082, à réorienter le régime de sanctions dans un sens plus favorable à la réconciliation », a-t-il ajouté.

M. LOFTI BOUCHAARA (Maroc) a salué la réduction du nombre de victimes civiles en Afghanistan, qui est due en partie à la mise en œuvre du Programme afghan pour la paix et la réconciliation et au rôle significatif que joue le Haut Conseil pour la paix.  L’année 2014 sera décisive pour l’Afghanistan, a souligné le représentant, avec deux échéances électorales majeures qui doivent ouvrir la voie à une nouvelle ère dans l’histoire du pays.  Il faut s’assurer de leur bon déroulement en insistant sur leur caractère inclusif et transparent, a-t-il dit.  La participation de la société civile dans ce processus aura des retombées positives, a-t-il assuré.  Notant que l’Afghanistan a encore de grands défis à relever, il a plaidé en faveur d’une plus grande coopération régionale dans des domaines comme l’éducation et la lutte contre le narcoterrorisme.  Il a salué à cet égard les résultats de la Réunion de haut niveau du Processus d’Istanbul sur la sécurité et la coopération régionales, qui s’est tenue à Bakou.  Le représentant a aussi encouragé les bailleurs de fonds internationaux à rester engagés pour permettre à l’Afghanistan de mettre en œuvre son programme de priorité nationale.  Il faut en outre que le Gouvernement poursuive le processus de stabilisation du pays, avec l’appui de la communauté internationale, a-t-il demandé, tout en soulignant la nécessité de laisser ce processus entre les mains du Gouvernement afghan.

M. EUGÈNE RICHARD GASANA (Rwanda) s’est dit convaincu que la résolution adoptée par le Conseil de sécurité permettra à la MANUA de mieux exécuter son mandat en se concentrant sur ses priorités.  Le représentant s’est dit préoccupé par les activités terroristes toujours menées en Afghanistan qui sapent l’autorité et les institutions sécuritaires du pays.  Il a exhorté les parties afghanes, avec l’appui de la communauté internationale, à lutter contre les activités des terroristes.

M. Gasana a, de même, estimé que les élections présidentielle et provinciales seront la pierre angulaire du processus de transition en cours, et il a félicité le peuple et le pouvoir afghans des résultats obtenus dans la préparation de ces scrutins.  Il a exprimé la préoccupation de son pays face aux violences faites aux femmes.  Il s’est félicité de la détermination du Gouvernement afghan à mettre en œuvre la loi sur l’élimination de toutes les violences faites aux femmes.

Mme SYLVIE LUCAS (Luxembourg) a abordé trois points: l’engagement de la communauté internationale, le rôle clef des autorités afghanes et enfin la protection des droits de l’homme en Afghanistan.  « En renouvelant aujourd’hui le mandat de la MANUA, nous inscrivons l’appui de la communauté internationale à l’Afghanistan dans la durée.  Le retrait programmé des troupes internationales d’ici à la fin 2014 doit tendre vers un renouvellement de notre engagement pour aider ce pays à réussir sa transformation en une société stable et démocratique », a expliqué Mme Lucas, pour qui, le Luxembourg a fait le choix de s’inscrire dans cette logique en adoptant une approche globale combinant les outils de la diplomatie, du développement et de la défense.  En matière de coopération au développement, le Luxembourg soutient les activités du Programme alimentaire mondial (PAM), contribue au fonds de reconstruction pour l’Afghanistan géré par la Banque mondiale et accorde chaque année plus d’un milliard d’euros en aide au développement, dans le cadre européen.

S’agissant de la sécurité, le Luxembourg s’est engagé au sommet de Chicago à poursuivre sa contribution substantielle au financement des Forces nationales de sécurité afghanes avec une contribution annuelle pouvant aller jusqu’à 5 millions de dollars.  Mais l’Afghanistan doit poursuivre ses efforts en matière d’état de droit, d’élections démocratiques, de lutte contre la corruption, de lutte contre le trafic de drogues et de respect des droits de l’homme.  La véritable clef du succès se trouve entre les mains des Afghans eux-mêmes, a estimé Mme Lucas.  Une place particulière revient au processus électoral et au processus de réconciliation, tous deux dirigés par les Afghans.  En ce qui concerne la préparation des élections, le Luxembourg exhorte les parties en présence à adopter une attitude constructive afin d’éviter une impasse.  En matière de réconciliation nationale, le Luxembourg soutient les initiatives prises par le Haut Conseil pour la paix ces derniers mois.  Concernant les droits de l’homme, Mme Lucas s’est réjouie de la place faite dans le mandat de la MANUA aux droits de l’homme en général et aux droits des femmes et des enfants en particulier.  Mais en même temps, a-t-elle dit, le Luxembourg est très préoccupé par la poursuite du recrutement et de l’utilisation d’enfants par les Taliban, Al-Qaida et d’autres groupes extrémistes en vue notamment de commettre des attentats suicides.

M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) a salué les efforts de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) qui a commencé la transition vers un transfert de responsabilité à l’égard des forces de sécurité afghanes.  Il a estimé que la confiance de la population afghane à l’égard de ces forces allait augmenter.  Le Royaume est convaincu que ces forces seront prêtes à gérer la sécurité de l’Afghanistan, avec l’appui des Nations Unies et de la communauté internationale, a-t-il souligné.  Le représentant a cependant estimé que cette transition devrait aller de pair avec des progrès tangibles sur le volet paix et réconciliation.  Il a salué les efforts du Pakistan et de l’Afghanistan visant à renforcer leur coopération, notamment pour libérer les Taliban détenus dans les prisons pakistanaises.

Le moment est venu de passer à un processus pacifique, a insisté le représentant du Royaume-Uni.  Il a rappelé que les élections de 2014 seront une autre preuve de la volonté du peuple afghan de passer à l’édification d’un État stable et démocratique.  Le Gouvernement afghan doit, pour sa part, donner la priorité à la réforme électorale, afin de créer des mécanismes crédibles, notamment pour répondre aux plaintes contre la fraude, a-t-il souligné.  Le Royaume-Uni continuera d’appuyer l’Afghanistan, tant sur le plan diplomatique qu’en matière de développement, à mettre en œuvre l’Accord de partenariat stratégique signé en 2012.  Le représentant a insisté sur l’importance du respect des droits de l’homme en Afghanistan.  Le Royaume-Uni s’efforcera de jouer un rôle clef pour assumer, avec la communauté internationale, sa part de responsabilité dans le soutien à l’Afghanistan, a-t-il assuré.

M. GERT ROSENTHAL (Guatemala) a jugé que l’élection présidentielle afghane de 2014 devait être crédible, inclusive et transparente pour garantir la paix et la stabilité et la normalisation de la vie politique en Afghanistan.  La poursuite du processus de réconciliation nationale dirigé et maîtrisé par les Afghans constitue un autre pas important.

Le représentant a salué ensuite les progrès réalisés avec le transfert des responsabilités en matière de sécurité.  Après 2014, les forces de sécurité afghanes devront montrer qu’elles sont prêtes à gérer seules la lutte contre le terrorisme, la criminalité transnationale organisée et le trafic illicite de stupéfiants.  Enfin, M. Rosenthal a fait remarquer que la situation des droits de l’homme restait préoccupante à bien des égards.  Il s’est dit confiant que le Gouvernement afghan prendra des mesures concrètes pour protéger les droits des femmes et des filles.  En conclusion, il a appuyé le renouvellement du mandat de la MANUA.

M. MASOUD KHAN (Pakistan) a affirmé que la paix et la stabilité en Afghanistan étaient essentielles pour assurer aussi la paix et la stabilité au Pakistan et dans toute la région.  Le représentant s’est dit heureux qu’il n’y aura pas un retrait précipité des forces de l’Afghanistan, et que la transition se déroulera de manière harmonieuse.  Le peuple afghan doit réussir, et nous devons réussir avec lui, a-t-il dit.  M. Khan a exhorté les Nations Unies à accroître leurs efforts en vue de renforcer les capacités de l’Afghanistan afin d’aider les réfugiés et de lutter contre le trafic des stupéfiants. 

La MANUA doit être appuyée par des ressources adéquates, a-t-il ajouté.  Toutes les promesses de contributions financières doivent être concrétisées, a-t-il estimé.  Le représentant a également mis l’accent sur les relations historiques du Pakistan avec l’Afghanistan, en appelant à créer un mécanisme au niveau ministériel en vue d’élaborer un régime de gestion des frontières pour empêcher les infiltrations de criminels et de trafiquants de drogues.  Le délégué est également revenu sur la décision annoncée par son pays, le 14 février dernier, de libérer 26 Taliban, une mesure, qui, a-t-il dit, permettra de garantir le succès du processus de dialogue, où toutes les parties prenantes doivent participer.  Il a, enfin, insisté sur la nécessité de mettre en œuvre la Stratégie de recherche de solutions pour les réfugiés afghans en vue des rapatriements librement consentis, d’une réintégration durable et de l’offre d’une aide aux pays hôtes.

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a souligné les évènements importants qui sont prévus en 2014, comme les élections présidentielle et législatives et la poursuite du processus de réconciliation nationale en Afghanistan.  Il s’est dit toutefois préoccupé par l’instabilité dans le pays, en raison du terrorisme, de l’extrémisme et du trafic de stupéfiants.  Les Taliban poursuivent leurs actes de terrorisme dans tout le territoire, activités qui, a-t-il alerté, s’étendent à d’autres pays d’Asie centrale.  M. Churkin s’est inquiété également du transfert de responsabilités en matière de sécurité vers les forces afghanes lorsque celles-ci ne sont pas bien préparées.  Il a par ailleurs souligné l’importance du rôle du Pakistan dans le processus de transition afghan.  Le représentant de la Fédération de Russie a demandé aux autorités afghanes de ne pas engager de dialogue avec les Taliban au détriment de ce qui a été acquis jusqu’à présent.  « La Fédération de Russie a appuyé les mesures adoptées par le Conseil de sécurité concernant le renforcement du régime des sanctions à l’encontre des Taliban », a rappelé M. Churkin, en assurant que son pays continuera à contribuer à l’efficacité de ces sanctions en respectant strictement les mesures prises dans ce domaine.

La Fédération de Russie continuera aussi à aider l’Afghanistan dans le renforcement de ses forces nationales de sécurité, a ajouté M. Churkin.  Il a précisé que son pays avait fourni des armes et des munitions à la police nationale afghane.  Maintenir une présence étrangère est important pour nous et les pays de la région, a-t-il expliqué, tout en avertissant qu’une présence trop forte pouvait être une source de tensions.  Il a aussi prévenu que la stabilité à long terme ne pouvait se faire sans une lutte efficace contre les stupéfiants.  Il faudrait prendre toutes les mesures nécessaires avec le Gouvernement afghan pour l’aider à détruire les cultures du pavot et les laboratoires de la drogue en Afghanistan.  Le représentant de la Fédération de Russie a ensuite exprimé sa déception après que l’OTAN n’a pas réagi à la proposition de coopération du Cadre de responsabilité mutuelle de Tokyo.  Il s’est, toutefois, félicité des mesures rationnelles prises par les Afghans pour lutter contre les stupéfiants.  La Fédération de Russie va augmenter sa contribution à cette lutte, a-t-il annoncé, avant d’appeler à renforcer les organisations existantes comme l’Organisation de coopération de Shanghai.

M. VILLY SOVNDAL, Ministre des affaires étrangères du Danemark, a relevé que les immenses progrès accomplis par l’Afghanistan depuis 2001 résultent de la détermination du Gouvernement afghan et du soutien cohérent de la communauté internationale et des Nations Unies.  « Nous devons continuer à contribuer à ces efforts, a-t-il insisté, en attirant l’attention sur le risque de perdre tout ce qui a été acquis jusqu’à présent.  Le Danemark continuera à aider le pays à instaurer la paix et la sécurité afin qu’il devienne un État démocratique, a assuré le Ministre.  Il a rappelé que le Danemark avait établi un plan de retrait de ses troupes, qui sera mis en œuvre en 2014, soit six mois plus tôt que prévu.  Au-delà de 2014, le Danemark continuera à assister en matière de formation, de conseil et de soutien financier aux forces nationales de sécurité afghanes, ainsi que pour son développement, pour un montant total de 530 millions de couronnes danoises par an sur la période 2013-2017.

En ce qui concerne la préparation des élections présidentielles, le Ministre danois des affaires étrangères a salué le rôle important de soutien que jouent la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan et le système des Nations Unies dans son ensemble.  La MANUA devrait continuer à offrir ses bons offices au processus politique mené par les Afghans.  Elle devrait aussi continuer à promouvoir les droits de l’homme, en particulier les droits fondamentaux des femmes et des enfants et à contribuer au renforcement des capacités des institutions afghanes.  La MANUA a ainsi besoin de ressources suffisantes, a-t-il fait remarquer, tout en se disant préoccupé par les réductions budgétaires auxquelles est confrontée cette année.  Il est important que l’ONU joue un rôle accru pour permettre aux Afghans de prendre en main leur avenir, a-t-il dit avant de conclure.

M. ERKKI TUOMIOJA, Ministre des affaires étrangères de la Finlande, a affirmé que la situation en Afghanistan est à un tournant, évoquant les « multiples processus de transition » qui s’y déroulent simultanément.  Il a notamment parlé de l’engagement du Gouvernement afghan à entreprendre des réformes en matière de gouvernance.  Il a estimé, à cet égard, qu’il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine et qu’on ne peut laisser l’Afghanistan seul pendant « ces années critiques ».  M. Tuomioja a ensuite fait savoir que l’Afghanistan est devenu le principal partenaire de développement de la Finlande, précisant qu’en 2013 et 2017, son gouvernement à l’intention de contribuer près de 200 millions de dollars en aide au développement du pays.  Le Ministre a par ailleurs exhorté l’Afghanistan à honorer ses obligations découlant du Cadre de responsabilité mutuelle de Tokyo.  Il a également constaté qu’il reste encore « beaucoup à faire ».  Les citoyens afghans, les femmes notamment, connaissent toujours l’insécurité dans les espaces publics et dans leur domicile et souffrent d’un manque d’accès à un système judiciaire juste et effectif, a-t-il notamment déploré.

M. Tuomioja a poursuivi son intervention en insistant sur la nécessité d’assurer une importante présence civile internationale en Afghanistan après le retrait de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS).  Évoquant ensuite l’importance de l’appui de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan au développement du pays, il a dit être extrêmement préoccupé par les coupes budgétaires auxquelles fait face la Mission.  Si elles sont adoptées, a-t-il averti, ces coupes entraveront de manière sérieuse la capacité de la MANUA à maintenir une présence dans le pays.  La MANUA doit avoir accès à des ressources adéquates afin de pouvoir s’acquitter pleinement de son mandat, a insisté le Ministre de la Finlande pour qui le Conseil de sécurité doit faire tout ce qui est en son pouvoir à cet égard.

M. VYGAUDAS USACKAS, Représentant spécial de l’Union européenne pour l’Afghanistan, s’est tout d’abord félicité de l’adoption, lors de la réunion du Comité conjoint de coordination et de suivi, de quatre programmes prioritaires nationaux, ce qui devrait permettre, a-t-il estimé, d’assurer une allocation plus rationnelle des ressources des donateurs tout en tenant compte des priorités du pays.  Il a ensuite appelé à la mise en place des réformes structurelles prônées par la Banque mondiale, notamment en matière d’introduction d’une TVA, d’amélioration de la gestion et des acquisitions de terrains et de renforcement des systèmes de contrôle interne et externe.  Il a également exhorté le Gouvernement afghan à s’attaquer de manière visible au problème de la corruption afin de renforcer la légitimité de l’État.

M. Usackas a également appelé les autorités afghanes à nommer un nouveau Commissaire des droits de l’homme aussi tôt que possible, faisant observer que les délais en la matière entravent le fonctionnement de la Commission indépendante afghane des droits de l’homme.  Le représentant de l’Union européenne a ensuite commenté la tenue prochaine de l’élection présidentielle, en 2014, et des élections parlementaires, prévues en 2015.  Il a estimé que l’adoption d’un cadre juridique électoral et la création d’un mécanisme crédible de dépôt et de traitement des plaintes s’imposent.  Il a également appelé la Commission électorale à établir un mécanisme robuste pour prévenir les actes de fraudes.  Les préparatifs électoraux doivent être un processus transparent et inclusif, a-t-il notamment insisté.

M. Usackas a ensuite expliqué que la délégation de l’Union européenne promeut la création en Afghanistan d’une politique nationale agricole qui encourage des alternatives à la production du pavot.  Il a par ailleurs réclamé la mise en œuvre des engagements pris à Bonn et à Tokyo.  Cela est important non seulement pour les citoyens afghans, mais également pour les contribuables des pays donateurs qui y verront un signe de progrès, a-t-il notamment commenté.  Le représentant a ensuite insisté une nouvelle fois sur l’importance d’assurer la crédibilité de l’élection présidentielle de 2014.

M. GUILLERMO RISHCHYNSKI (Canada) a rappelé que son pays avait coopéré avec le Gouvernement de l’Afghanistan, la MANUA et d’autres membres des comités directeurs et techniques du cadre de responsabilité pour veiller à ce que le pays et la communauté internationale respectent les engagements mutuels pris à Tokyo.  Le cadre de responsabilité est essentiel à l’autonomisation du peuple afghan, la promotion d’une confiance durable chez le peuple afghan et le maintien de la confiance des pays donateurs tout au long de la période de transition, a-t-il souligné.

Le représentant a également estimé que la participation constructive des voisins de l’Afghanistan en ce qui concerne la stabilité et le développement du pays à long terme était essentielle à la concrétisation du potentiel important de cette région pendant la décennie de transformation.

M. CESARE MARIA RAGAGLINI (Italie) a déclaré que l’Afghanistan était entré dans une phase cruciale pour sa stabilisation à long terme.  Les deux dernières étapes de la transition ont commencé et devraient être terminées dans moins de deux ans.  Les élections présidentielle et provinciales approchent et les récents événements nourrissent l’espoir dans le processus de réconciliation.  L’unique but de ce processus reste la prise en charge progressive de l’entière responsabilité de leur pays par le peuple et le Gouvernement afghans.  Pour sa part, la communauté internationale a montré son engagement auprès de l’Afghanistan.  Il est temps aujourd’hui de rendre opérationnel le Cadre de responsabilité mutuelle de Tokyo et de tirer pleinement partie de son potentiel en tant que force motrice pour le développement durable de l'Afghanistan.   De son côté, l’Afghanistan doit faire des progrès réels dans les réformes démocratiques, le processus électoral, la bonne gouvernance et les mesures contre la corruption, la protection et la promotion des droits de l’homme.  Le Gouvernement italien accorde une attention particulière à surveiller la situation des femmes, a assuré son représentant. 

M. Ragaglini a estimé que la prochaine élection présidentielle serait une occasion pour les autorités afghanes de traduire leurs engagements en actions concrètes.  Pour réaliser cet objectif, le processus électoral doit être crédible, transparent et inclusif.  Si l’avenir de l’Afghanistan est entre les mains des Afghans et de ses institutions, une coopération régionale renforcée reste cruciale pour le développement économique et pour faire face aux menaces communes, a-t-il rappelé.  À cet égard, l’Italie se félicite de l’élan stimulé par le Processus d’Istanbul et exhorte les pays concernés à le maintenir.  Le représentant de l’Italie a indiqué que son pays et l’Afghanistan avaient signé, en janvier 2012, un accord de partenariat couvrant divers domaines de coopération bilatérale.  Il a exhorté le Gouvernement afghan à faire avancer l’agenda des réformes afin de capitaliser sur le soutien indéfectible et pour assurer sa durabilité aux yeux du Parlement et de l’opinion publique italiens. 

M. TSUNEO NISHIDA (Japon) a rappelé que l’assistance japonaise à l’Afghanistan avait atteint plus de 570 millions de dollars.  Elle couvre ainsi le secteur de la sécurité, la gouvernance, la reconstruction et les infrastructures.  Cela montre notre détermination à honorer les engagements mutuels pris à la Conférence de Tokyo, a déclaré le représentant.  L’année 2013 est une année charnière pour l’Afghanistan qui doit atteindre ses objectifs pour 2014.  Il incombe aujourd’hui à l’Afghanistan de faire des progrès constants et concrets dans trois domaines où le Japon estime que des résultats tangibles sont indispensables.  Il s’agit en premier lieu d’un cadre électoral crédible pour l’élection présidentielle.  Le Japon réitère qu’il est important de faire passer la loi électorale et la nomination de personnes qualifiées à la commission électorale indépendante avant la réunion des hauts responsables prévue le 3 juillet.  « Nous devons nous focaliser plus sur le contenu que sur le processus », a averti le représentant du Japon. 

Le deuxième domaine concerne le renforcement des capacités des forces de sécurité nationales pour s’assurer que les acquis de la transition restent irréversibles.  Les forces de sécurité afghanes ont besoin de renforcer leurs capacités opérationnelles en termes de qualité et de quantité, a estimé M. Nishida.  Le mois dernier, le Japon a décidé d’octroyer 122 millions de dollars pour la police nationale d’Afghanistan à travers le Fonds d’affectation spéciale du PNUD pour la sécurité (UNDP/LOTFA) et a souligné la nécessité d’utiliser cet appui dans la transparence.  Avant de conclure, le représentant du Japon a rappelé que la stabilité de l’Afghanistan pourrait être atteinte quand tous les efforts entrepris permettront aux Afghans eux-mêmes d’assurer l’avenir de leur pays.  Il a également salué la coopération étroite entre l’Afghanistan et le Pakistan, notamment en ce qui concerne les Taliban en détention.  La nouvelle procédure pour faciliter les demandes de dérogation aux interdictions de voyager sur la base de la résolution 2082 devrait également apporter un soutien à d’autres initiatives avec le même objectif.

M. FERNANDO ARIAS (Espagne) a indiqué que l’Espagne avait perdu 100 hommes en Afghanistan au cours des dernières années.  L’Espagne est actuellement le huitième contributeur à la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS), a-t-il dit, signalant le retrait en cours de 1 300 soldats.  Il a ajouté que son pays soutient le processus de transition lancé par le Gouvernement afghan et salue le transfert des responsabilités du secteur de la sécurité vers les autorités afghanes.  En ce qui concerne les aspects civils de la transition, nous allons maintenant transférer les projets de coopération que nous avons lancés dans les zones qui relèvent de notre responsabilité, a-t-il indiqué.  Après sept ans de coopération positive avec l’Afghanistan, l’Espagne va se retirer de ce pays mais continuer de participer à des projets par le biais d’organisations internationales.

M. Arias a ensuite demandé que la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) se concentre à l’avenir sur l’éducation et la formation, pour préparer au mieux les forces de sécurité afghanes.  Il a salué le Processus d’Istanbul, qui vise à promouvoir la coopération régionale en matière de sécurité, ainsi que la volonté du Gouvernement afghan de progresser dans les domaines de la gouvernance, du développement, de l’état de droit, des droits de l’homme et de la lutte contre la corruption.  En ce qui concerne les élections présidentielles, il a demandé aux autorités afghanes de s’assurer de leurs caractères inclusif, transparent et démocratique.  Il a souligné le rôle important de l’ONU dans ce domaine, ainsi que celui de l’Union européenne qui peut apporter beaucoup dans le renforcement des capacités.  Il a soutenu à cet égard les négociations en cours en vue d’établir un partenariat ambitieux de coopération au développement entre l’Union européenne et l’Afghanistan.

M. PETER WITTIG (Allemagne) s’est félicité des progrès réalisés en vue de la tenue de l’élection présidentielle d’avril 2014, même si des défis demeurent.  Il a encouragé les parties prenantes à s’engager pour faire aboutir ce processus.  Un environnement sécuritaire stable est une condition indispensable pour l’avenir de l’Afghanistan, a-t-il souligné.  En matière de réconciliation, il a également plaidé pour l’ouverture d’un bureau à Doha pour les représentants autorisés des Taliban qui souhaitent engager un dialogue avec le Haut Conseil pour la paix.

Le représentant a mis par ailleurs l’accent sur le rôle crucial de l’ONU pour l’année à venir et la décennie de transformation.  Il a plaidé pour que des ressources appropriées soient allouées à la MANUA afin de lui permettre d’exécuter son mandat.

M. FRANTISEK RUZICKA (Slovaquie) a salué la décision du Président Hamid Karzai voulant que les forces afghanes prennent en main la responsabilité de la sécurité avant l’été 2013 dans tout le pays.  Il a salué aussi les efforts du Ministère de l’intérieur visant à transformer la police en service public chargé d’appliquer la loi et de la protection civile.  Il est temps de se concentrer sur la qualité, la loyauté et le professionnalisme des forces nationales de sécurité, a estimé M. Ruzicka.  Il est également important de concentrer les efforts sur la politique et l’économie et de les synchroniser avec le plan actuel de transfert de la responsabilité de la sécurité à Kaboul en 2014, a-t-il ajouté.  Des progrès en matière de réconciliation sont également nécessaires pour le succès du processus.  La volonté de certains groupes de Taliban d’abandonner l’insurrection et d’engager le dialogue mérite d’être soutenue.  Le processus de paix et de réconciliation doit être assuré par les Afghans eux-mêmes, a estimé M. Ruzicka.  Ainsi, les Afghans pourront prendre toutes les mesures nécessaires pour la tenue d’élections inclusives libres, justes et transparentes car seul un gouvernement légitime, a-t-il fait remarquer, sera assez fort pour faire des progrès en matière de sécurité, de bonne gouvernance et de développement. 

Répondant aux craintes exprimées par certains sur l’avenir de l’Afghanistan après le départ des forces internationales, M. Ruzicka a fait remarquer que les conférences internationales sur la situation dans ce pays avaient montré que l’Afghanistan ne sera pas abandonné.  Après 2014, la communauté internationale entend augmenter son assistance pour renforcer les capacités nationales dans le domaine de la sécurité.  La coopération régionale et l’engagement de la communauté internationale seront nécessaires pour aider le pays à faire face à la menace que pose la production d’opium sur la sécurité de l’Afghanistan, a-t-il ajouté.  À cet égard, la Slovaquie appuie les initiatives de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime.  M. Ruzicka a fait observer que l’Afghanistan est devenu le premier pays musulman aux de représentation des femmes au sein du parlement est le plus élevé.  Des progrès ont été réalisés en matière d’éducation: sur 8 millions d’écoliers, plus d’un tiers sont des filles.  Le produit intérieur brut de l’Afghanistan est passé de 2 à 20 milliards de dollars en une décennie, a-t-il fait remarquer.  La Slovaquie, qui continuera d’appuyer l’Afghanistan après 2014, a décidé de consacrer 1,5 million de dollars au secteur de la sécurité du pays pour la période 2015-2017.

M. MAEGUS KOLGA (Estonie) a assuré que son pays maintiendra son engagement à appuyer l’Afghanistan après la fin de la mission de la FIAS.  En gardant, par exemple, une compagnie de personnel militaire sur le terrain jusqu’à la fin de la période électorale, l’Estonie veut apporter sa contribution à l’avenir de l’Afghanistan.  La solution militaire ne suffisant pas, le représentant a appelé la communauté internationale à maintenir sa coopération au développement après 2014.  Il a ensuite parlé de la situation des droits de l’homme et réaffirmé la position de l’Estonie, qui condamne sans équivoque toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles.  Le représentant a ensuite souligné l’importance qu’il y a à mettre pleinement en œuvre le Cadre de responsabilité mutuelle de Tokyo pour la stabilité de l’Afghanistan et d’organiser des élections libres, transparentes et justes pour renforcer la légitimité du pouvoir politique et favoriser la consolidation de la démocratie dans le pays.  Il a enfin évoqué les questions liées aux processus de réconciliation, au développement économique et à la coopération régionale.  Il a conclu son intervention en appuyant sans réserve la proposition visant à proroger le mandat de la MANUA.

M. LEVENT ELER (Turquie) a estimé qu’il était prioritaire de renforcer les capacités des forces de sécurité afghanes.  Il a aussi indiqué que sa délégation soutenait les efforts menés en Afghanistan pour permettre au pays de faire des progrès sur la voie démocratique, par le biais d’un processus politique inclusif et la tenue d’élections libres et indépendantes.  Les processus de transition et de réconciliation se renforcent mutuellement, a-t-il observé, en soulignant l’importance du soutien du Pakistan au processus afghan de paix et de réconciliation.  M. Eler a relevé les difficultés qui restent à surmonter en Afghanistan, comme la pauvreté chronique des populations et les catastrophes naturelles qui affectent le pays.

Le représentant turc s’est inquiété des conséquences qu’aura la transition sur la situation humanitaire, avant de saluer les efforts du Gouvernement afghan pour y faire face.  Alors que la présence internationale se réduit, la coopération régionale doit occuper le devant de la scène, a-t-il remarqué.  M. Eler a salué à cet égard les succès du Processus d’Istanbul.  Il s’est réjoui des plans de mise en œuvre des mesures de confiance adoptés à la Réunion de Baku, qui a eu lieu le 6 février, et qui sont autant d’efforts qui seront affinés lors des prochaines réunions prévues le 25 mars et le 26 avril.  Le représentant a aussi indiqué que la Turquie appréciait les initiatives trilatérales et quadrilatérales qui renforcent l’appropriation du programme de coopération régionale « Heart of Asia », ainsi que toutes celles qui encouragent la connectivité régionale et la croissance économique. 

M. MANJEEV SINGH PURI (Inde) a déclaré que la situation sécuritaire en Afghanistan était très préoccupante et demeurait volatile.  Des menaces pèsent sur l’existence du pays, comme le terrorisme, a-t-il dit, en soulignant que des groupes continuaient d’opérer en toute impunité dans la région.  Le représentant a mis l’accent sur la nécessité d’éradiquer le terrorisme.  Il a également insisté sur l’importance pour les Afghans de diriger eux-mêmes tout règlement politique, en faisant en sorte que celui-ci puisse être accepté par tous les secteurs de la société afin de ne pas mettre en péril les gains obtenus depuis 10 ans.  Les actions de soutien au processus de transition politique ne devraient pas saper les institutions afghanes de gouvernance, a-t-il ajouté, en insistant sur la nécessité d’avoir également un gouvernement crédible après 2014.

Pour le représentant de l’Inde, le peuple afghan doit être en mesure de choisir son propre destin dans un environnement sans contrainte et sans ingérence extérieure.  M. Singh Puri a, par ailleurs, souligné l’importance du renforcement de la coopération et de l’intégration régionales pour favoriser les investissements dans le pays et assurer sa viabilité économique.

Mme RAIMONDA MURMOKAITE (Lituanie) a appelé le Gouvernement afghan à accélérer les préparatifs des élections prévues en 2014 pour la présidentielle et en 2015 pour les législatives, qui devront être inclusives, transparentes, libres et justes.  Elle a insisté pour que le cadre du processus électoral soit suffisamment solide pour éliminer les risques de fraude, prônant en outre un processus incluant la présence d’observateurs internationaux.  La Division d’assistance électorale du Département des affaires politiques de l’ONU, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) devront poursuivre leurs efforts en ce sens, a préconisé la représentante.  Elle a aussi invité les autorités afghanes à utiliser l’expérience dont jouit, dans ce domaine, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Abordant la situation des femmes en Afghanistan, la représentante a reconnu les progrès accomplis dans la représentation des femmes au niveau politique, mais a attiré l’attention sur le fait que dans le pays, une femme meurt toutes les deux heures des complications d’une grossesse.  En outre, la violence domestique reste fréquente, a-t-elle noté avant d’encourager l’ONU à continuer d’examiner cette situation.  La représentante a aussi exprimé sa préoccupation quant au nombre d’enfants victimes de violences, et notamment de violences sexuelles.  Elle a également encouragé le Gouvernement afghan à adopter des lois pour régler le problème des mines et des engins explosifs antipersonnel encore très nombreux en Afghanistan.  Enfin, elle a souligné l’importance de la coopération régionale pour garantir la pérennité des solutions en Afghanistan. 

M. TALAIBEK KYDYROV (Kirghizistan) a déclaré que le transfert des responsabilités, notamment concernant le secteur de la sécurité, devait se faire graduellement afin de préserver la confiance.  De même, a-t-il ajouté, le développement pacifique de l’Afghanistan ne peut pas se faire sans régler le problème posé par la culture et le trafic de l’opium dans le pays.  Il est indispensable de mettre en œuvre des mesures résolues dans la lutte contre le trafic illicite des stupéfiants, a-t-il préconisé.  Le représentant a également estimé que le processus de réconciliation devait se faire par les Afghans et pour les intérêts des Afghans eux-mêmes.

Il a par ailleurs estimé que la coopération régionale était la condition clef pour un Afghanistan pacifique.  Il a, en outre, mis l’accent sur la nécessité d’utiliser plus activement le potentiel qu’offrent à cet égard les organisations régionales.  Il a, pour conclure, insisté sur la nécessité de préserver la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Afghanistan.

M. VAKHTANG MAKHAROBLISHVILI (Géorgie) a jugé essentiel de doter la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) d’un mandat adapté au rôle qu’elle doit jouer au cours de l’année de transition en 2014.  Il a souligné combien la stabilité et la sécurité sont importantes pour permettre à la MANUA d’accomplir son mandat.  La communauté internationale doit assumer sa part de responsabilité pour aider le peuple afghan au cours de cette période difficile, a-t-il dit.  Nous sommes prêts à le faire, a-t-il précisé, rappelant que la Géorgie y a déjà contribué avec la présence d’un contingent militaire géorgien en Afghanistan pendant plusieurs années.  Ce contingent y est encore aujourd’hui, a-t-il précisé. La Géorgie poursuivra sa contribution au-delà de 2014, a-t-il annoncé.  Il a indiqué notamment que le Gouvernement géorgien s’est engagé à contribuer financièrement au Fonds d’affectation spéciale pour les forces de sécurité afghanes.  L’aide à apporter à l’Afghanistan dans le domaine humanitaire est également cruciale, a-t-il ajouté.

Mme BYRGANYM AITIMOVA (Kazakhstan) a souhaité que l’Afghanistan puisse devenir un pays stable, indépendant, vivant dans la paix et la sécurité.  Elle a indiqué que son pays accueillerait, le 26 avril à Almaty, une réunion ministérielle sur l’Afghanistan dans le cadre du Processus d’Istanbul.  Elle a, à cet égard, appelé les participants à cette réunion à faire preuve de responsabilité et à axer leurs efforts sur les résultats des questions qui y seront débattues.  

M. YURIY SERGEYEV (Ukraine) a estimé que, sans des conditions de sécurité suffisantes en Afghanistan, il sera difficile de relancer l’économie du pays ou d’améliorer les conditions de vie de la population afghane.  L’Ukraine soutient le processus de réconciliation en Afghanistan afin d’instaurer la sécurité et d’œuvrer à la consolidation de la paix dans le pays.  Le représentant a indiqué que l’Ukraine était disposée à assister le pays par le biais de projets sur les infrastructures et les services de transport aérien.  L’Ukraine souhaite aussi partager son expérience scientifique et technique avec l’Afghanistan dans plusieurs domaines comme les mines, l’exploration et de l’extraction du gaz naturel, du pétrole et du charbon.

Le représentant a ensuite indiqué que 28 Casques bleus ukrainiens sont présents en Afghanistan et que l’Ukraine facilite le transit, par son territoire, des cargos de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS).  Il a insisté par ailleurs sur la nécessité d’accélérer le transfert des responsabilités en matière de sécurité aux Forces de sécurité afghanes.  En ce qui concerne le retrait de la FIAS, il a estimé qu’il faudrait, au préalable, bien réfléchir aux risques pour la sécurité des pays de l’OSCE.  Avant de conclure, M. Sergeyev a souligné l’importance de l’engagement des pays voisins de l’Afghanistan dans les efforts visant à instaurer la stabilité de ce pays.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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