Conseil de sécurité: le Chef de la MONUSCO dit « placer beaucoup d’espoirs » dans le déploiement de drones et de la brigade d’intervention de la SADC dans l’est de la RDC

22 février 2013
CS/10921

Conseil de sécurité: le Chef de la MONUSCO dit « placer beaucoup d’espoirs » dans le déploiement de drones et de la brigade d’intervention de la SADC dans l’est de la RDC

22/2/2013
Conseil de sécurité
CS/10921
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Conseil de sécurité

6925e séance – matin

CONSEIL DE SÉCURITÉ: LE CHEF DE LA MONUSCO DIT « PLACER BEAUCOUP D’ESPOIRS » DANS LE DÉPLOIEMENT

DE DRONES ET DE LA BRIGADE D’INTERVENTION DE LA SADC DANS L’EST DE LA RDC

Le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), qui présentait aujourd’hui devant le Conseil de sécurité, son dernier rapport d’activité*, a, face aux défis à relever dans la partie est de la RDC, dit placer beaucoup d’espoirs dans deux « initiatives majeures qui auront un impact direct sur les activités de la Mission ». 

M. Roger Meece a cité la proposition d’ajouter des drones aux capacités de surveillance de la MONUSCO et celle d’accoler à la Mission une brigade d’intervention dont « le mandat irait au-delà des mandats traditionnels de maintien de la paix de l’ONU ».  Une telle composante serait, selon lui, indispensable pour créer les conditions nécessaires à la réalisation d’une paix durable dans cette partie de la RDC.  Il a donc exhorté le Conseil à examiner sérieusement la proposition spécifique qui recourt aux forces militaires de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

Cette question est suffisamment mûre et nécessite une intervention rapide du Conseil de sécurité, a commenté le représentant de la RDC.  M. Ignace Gata Mavita a aussi demandé au Conseil de se pencher le plus rapidement sur une résolution autorisant le changement du mandat de la MONUSCO.  Ce qui compte pour l’instant, a-t-il insisté, c’est la promesse de ce changement dans la perspective du déploiement de la brigade d’intervention dont la création a été annoncée.

Il est essentiel, a tout de même prévenu le Chef de la MONUSCO, que la modification du mandat se fonde sur une évaluation réaliste du contexte général, dont les ressources et les capacités dont la Mission dispose actuellement.

Le représentant de la RDC a également réitéré le soutien de son gouvernement à la stratégie globale révisée qui doit remplacer la Stratégie internationale d’appui en matière de sécurité et de stabilisation.  Mais, a-t-il confié, son gouvernement attend le rapport spécial pour se prononcer sur les initiatives visant à transférer la responsabilité de certaines tâches de la MONUSCO à l’équipe de pays des Nations Unies. 

* S/2013/96

LA SITUATION CONCERNANT LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Rapport du Secrétaire général sur la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (S/2013/96)

Déclarations

Présentant le dernier rapport du Secrétaire général sur la situation en République démocratique du Congo (RDC), M. ROGER MEECE, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), s’est inquiété de la dégradation de la situation globale en matière de sécurité dans l’est de la RDC, depuis l’opération en novembre dernier du Mouvement rebelle du 23 mars (M23).  Même si certains éléments sont encourageants, y compris la relative faiblesse des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), certaines zones ont connu une détérioration  significative sur le plan sécuritaire et humanitaire, notamment au Nord-Katanga. 

Dans les zones qu’il contrôle, le M23 renforce son administration, en s’attaquant aux autorités locales et autres qui essayent de résister à son autorité.  Le M23 recrute aussi de nouveaux combattants, y compris par la force, dont de nombreux mineurs.  Nous observons aussi, a indiqué M. Meece, que le M23 a maintenu des positions militaires importantes aux abords de Goma, en violation de l’Accord de Kampala signé en 2012.  Ces positions mettent d’ailleurs l’aéroport de Goma à portée de tirs.  Le M23 semble toujours bien équipé, bien approvisionné et bien armé.  Il continue de mener des patrouilles ou autres opérations près de Goma où l’atmosphère, tendue, pourrait se transformer en un conflit à grande échelle.

Les Forces armées de la RDC (FARDC) ont déployé quelque 650 hommes à Goma ainsi que du personnel de police avec l’assistance de la MONUSCO malgré l’insuffisance d’armes, de véhicules et autres.  La MONUSCO assure aussi la sécurité de l’aéroport de Goma.

Nous observons, a poursuivi M. Meece, la recrudescence des activités des milices congolaises.  Il semble, a-t-il estimé, que les combats entre ces différents groupes armés soient surtout « des batailles par procuration ».  Par exemple, la zone très volatile de Pinga dans le Nord-Kivu a vu des combats entre les Maï-Maï Cheka, autrefois alliés aux FDLR avant de se rapprocher du M23, et l’Alliance des patriotes pour un Congo libre et souverain (APCLS) qui a uni ses efforts aux FARDC pour combattre le M23 qui, à ce jour, a été incapable de trouver des bases d’appui en dehors de la zone qu’il occupe au Nord-Kivu, malgré de nombreux efforts dans ce sens.  Le Représentant spécial s’est aussi inquiété des activités menées par les rebelles ougandais de l’ADF.  

M. Meece a ensuite cité « deux nouvelles relativement bonnes »: l’affaiblissement des FDLR et la diminution des attaques de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) dans le nord-est de la RDC.  Il a corrigé une erreur, en arguant que contrairement à ce que de nombreux articles de presse ont laissé entendre, la MONUSCO a effectivement engagé des moyens militaires conséquents contre le M23.  Il est vrai que la MONUSCO et les FARDC n’ont pas pu contenir l’avancée d’une opération « forte, bien conçue, bien équipée et très déterminée ».  Le Chef de la MONUSCO a prévenu qu’alors que des troubles menacent les provinces du Maniema et du Katanga, la Mission a peu de latitude pour y réagir.

Face à tous ces défis, M. Meece a dit placer beaucoup d’espoirs sur deux initiatives majeures qui auront un impact direct sur les activités de la Mission. Il a cité la proposition d’ajouter des drones aux capacités de surveillance de la MONUSCO et a remercié le Conseil de sécurité pour son soutien.  L’autre initiative, a-t-il poursuivi, est la proposition d’ajouter une brigade d’intervention dont « le mandat irait au-delà des mandats traditionnels de maintien de la paix de l’ONU ».  Il a jugé qu’une telle composante était indispensable pour créer les conditions nécessaires à obtenir de toutes les parties les engagements permettant la réalisation d’une paix durable.  Une proposition spécifique ayant recours aux forces militaires de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) étant sur la table, le Chef de la MONUSCO a exhorté le Conseil à examiner sérieusement cette proposition.

Après avoir attiré l’attention sur la dégradation de la sécurité au Katanga et la crise humanitaire dans la province de l’Équateur, M. Meece est passé aux évolutions institutionnelles touchant au mandat de la MONUSCO, dont la loi sur la réforme de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et, en conséquence, l’organisation des élections provinciales et locales et le processus de décentralisation.

Il a aussi cité l’évaluation des programmes de stabilisation dans l’est de la RDC (STAREC/ISSS), les progrès vers l’adoption formelle d’un programme de consolidation de la paix et, en conséquence, le transfert de certaines tâches de la MONUSCO à l’équipe de pays des Nations Unies.

M. Meece a conclu sur la nécessaire réforme du secteur de la sécurité et de l’armée et l’adoption prochaine par l’ONU et le Gouvernement congolais d’un plan d’action visant à mettre fin au recrutement d’enfants soldats.  Le Représentant spécial a réservé son dernier mot à la modification « potentielle » du mandat de la MONUSCO.  Il est essentiel, a-t-il prévenu, que cette modification se fonde sur une évaluation réaliste du contexte général, dont les ressources et les capacités dont la Mission dispose actuellement.

M. IGNACE GATA MAVITA (République démocratique du Congo - RDC) a d’abord indiqué que le renforcement du mandat de la MONUSCO et le déploiement rapide de la brigade d’intervention restent pour son gouvernement une préoccupation majeure.  Cette question, a-t-il insisté, est suffisamment mûre et nécessite une intervention rapide du Conseil de sécurité.  Le représentant a ensuite demandé au Conseil de se pencher le plus rapidement sur une résolution autorisant le changement du mandat de la MONUSCO.  Il a enfin tenu à préciser que les membres des Forcées armées de la RDC qui ont commis des violations des droits de l’homme dans le secteur du Minova ont été dûment arrêtés.

M. Mavita a aussi réitéré le soutien de son gouvernement à la stratégie globale révisée que le Secrétaire général propose en remplacement de la Stratégie internationale d’appui en matière de sécurité et de stabilisation.  Mais, a-t-il confié, son gouvernement attend le rapport spécial du Secrétaire général pour se prononcer sur les initiatives visant à transférer la responsabilité de certaines tâches de la MONUSCO à l’équipe de pays des Nations Unies. 

Le représentant a également invité « tous ceux qui en douteraient encore » à lire le rapport final du groupe d’experts, son rapport d’étape et l’additif de ce dernier qui mettent à nu « le rôle exclusif » des acteurs extérieurs dans la déstabilisation actuelle de la partie orientale de la RDC.  Il a dénoncé la cruauté des actes imputables « aux terroristes du M23 » et aux forces étrangères qui les soutiennent qui est telle que la dégradation de la situation affecte tant le Nord que le Sud-Kivu.  S’agissant de Goma, en particulier, il a salué l’activation par la MONUSCO de son plan de sécurité interne dans le cadre des opérations « Wide Awake » et « Silent Guns ». 

M. Mavita a ensuite attiré l’attention du Conseil sur le travail du Parlement congolais qui a déjà adopté les lois sur l’organisation et le fonctionnement des forces armées et de la police nationale ainsi que celles sur le statut des militaires et des policiers.  Ces efforts, a-t-il affirmé, vont se poursuivre pour doter le pays d’une armée dissuasive. 

Ce qui compte pour l’instant, a-t-il conclu, c’est la promesse du changement du mandat de la MONUSCO dans la perspective du déploiement de la brigade d’intervention dont la création a été annoncée. 

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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