Le Conseil de sécurité, saisi de quatre options pour la future présence de l’ONU en Somalie, envisage pour l’instant une mission politique spéciale transitoire

14 février 2013
CS/10918

Le Conseil de sécurité, saisi de quatre options pour la future présence de l’ONU en Somalie, envisage pour l’instant une mission politique spéciale transitoire

14/2/2013
Conseil de sécurité
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Conseil de sécurité

6921e séance – matin

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ, SAISI DE QUATRE OPTIONS POUR LA FUTURE PRÉSENCE DE L’ONU

EN SOMALIE, ENVISAGE POUR L’INSTANT UNE MISSION POLITIQUE SPÉCIALE TRANSITOIRE

Le Sous-Secrétaire général aux affaires politiques, M. Tayé-Brook Zerihoun, a présenté aujourd’hui au Conseil de sécurité les quatre options du Secrétaire général pour la future présence de l’ONU en Somalie et pour l’instant, l’idée d’une nouvelle mission politique spéciale transitoire.  La Ministre somalienne des affaires étrangères, Mme Fawzia Adam, a d’emblée réitéré l’opposition de son gouvernement à l’intégration d’une force maritime dans la Mission de l’Union africaine dans son pays (AMISOM). 

M. Tayé-Brook Zerihoun, qui présentait au Conseil de sécurité le rapport* du Secrétaire général sur la situation en Somalie, a en effet fait part du sentiment de ce dernier que la période de transformation en Somalie implique des modifications dans le soutien que fournit l’ONU.  Il recommande que l’ONU mette en place un nouveau partenariat à Mogadiscio et que les entités de ces dernières se relocalisent en Somalie au cours de l’année. 

M. Ban Ki-moon recommande donc le remplacement immédiat du Bureau politique des Nations Unies pour la Somalie (UNPOS) par une nouvelle mission politique spéciale, transitoire, en attendant, dit-il, que les conditions soient réunies pour créer une opération de maintien de la paix.  La configuration structurelle de la mission pourrait être une opération conjointe de soutien à la paix Nations Unies-Union africaine; une mission de consolidation de la paix des Nations Unies pleinement intégrée; une mission de consolidation de la paix des Nations Unies et un bureau d’appui de l’ONU pour la Mission de l’Union africaine en Somalie distinct; ou encore une mission d’assistance des Nations Unies.  

Le Sous-Secrétaire général a exprimé la préférence de M. Ban Ki-moon pour cette dernière option qui a le mérite de conserver le haut niveau de soutien fourni par l’UNPOS à l’AMISOM, tout en renforçant la planification et la coopération tactiques avec les entités de l’ONU et de l’Union africaine.  Le partenariat de l’ONU et de l’Union africaine en Somalie a été une « success story », a insisté le Sous-Secrétaire général. 

La Ministre des affaires étrangères a souligné le caractère essentiel d’une mission intégrée.  Nous voulons une structure « claire et nette » avec laquelle nous pouvons échanger, coopérer et collaborer, a-t-elle tranché, tout en concédant que l’intégration de la composante militaire pourrait se faire progressivement.   

Les Nations Unies, a expliqué le Sous-Secrétaire général, poursuivent leur dialogue avec les autorités somaliennes, notamment lors de la rencontre entre M. Jeffrey Feltman, Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, et le Président somalien, le Premier Ministre et d’autres dirigeants.

Nous sommes en train, a réaffirmé la Ministre somalienne des affaires étrangères, de mettre en œuvre un cadre qui s’appui sur six piliers, à savoir la sécurité et la paix; l’état de droit et la bonne gouvernance, la relance économique et la réforme de la gestion des finances publiques, les services sociaux de base, la restructuration des relations internationales, et la protection de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays. 

Mais malgré les progrès, a reconnu Mme Fawzia Adam, des défis demeurent, dont l’anéantissement total des milices Al-Chabab, qui exige le renforcement des capacités militaires des Forces de défense somaliennes, a-t-elle ajouté. 

Mme Adam a aussi annoncé des progrès dans la création d’un système de finances publiques crédible et transparent, ainsi qu’un programme de retour des réfugiés et des personnes déplacées.  Elle a toutefois reconnu les grands défis qui restent à relever, notamment pour se débarrasser complètement des Chabab, et souligné à cette fin la nécessité de renforcer les Forces de sécurité somaliennes.

Le Sous-Secrétaire général a reconnu l’efficacité de l’AMISOM, tout en prévenant de l’absence d’un financement viable et prévisible.  Garantir un tel financement et consolider la paix dans les régions libérées sont des priorités, a affirmé la Ministre somalienne, avant de citer comme condition préalable, la levée de l’embargo sur les armes.  

Dans son rapport, a indiqué le Sous-Secrétaire général, M. Ban Ki-moon préconise une approche bien calibrée fondée sur tous les facteurs dont la nécessité d’éviter une prolifération d’armes qui pourrait aggraver la situation en matière de sécurité.  Le Groupe de contrôle pour la Somalie et l’Érythrée est prêt à fournir un avis technique à ce sujet. 

En tout état de cause, la Ministre des affaires étrangères a réitéré la ferme opposition de son gouvernement à l’intégration d’une force maritime à l’AMISOM.  Pourquoi porter le fer contre Al-Chabab en mer?  La piraterie, le trafic de personnes et la contrebande sont des défis certes importants mais ils ne sont pas liés au mandat de l’AMISOM, a-t-elle expliqué.  « C’est notre travail et on a besoin de votre appui », a dit la Ministre. 

Mme Fawzia Adam a aussi demandé au Conseil de supprimer le paragraphe 38 du rapport du Secrétaire général selon lequel « les opérations militaires menées par les forces alliées dans le sud et le centre de la Somalie ont aussi fait des victimes parmi les civils, mettant en évidence la nécessité d’assurer un suivi et de prendre des mesures en vue de réduire le nombre de victimes civiles causées par l’AMISOM et les forces alliées.  L’ONU a engagé des consultations avec les pays bénéficiaires concernant la mise en application de la politique de vigilance en matière de droits de l’homme, qui donne des orientations pour ce qui est de la fourniture d’une aide des Nations Unies aux acteurs armés ne relevant pas de l’ONU ».

S/2013/69

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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