Des membres du Conseil de sécurité se félicitent de la coopération entre l’ONU et l’Union européenne en matière de paix et de sécurité internationales

13 février 2013
CS/10916

Des membres du Conseil de sécurité se félicitent de la coopération entre l’ONU et l’Union européenne en matière de paix et de sécurité internationales

13/2/2013
Conseil de sécurité
CS/10916
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6919e séance – matin

DES MEMBRES DU CONSEIL DE SÉCURITÉ SE FÉLICITENT DE LA COOPÉRATION ENTRE L’ONU

ET L’UNION EUROPÉENNE EN MATIÈRE DE PAIX ET DE SÉCURITÉ INTERNATIONALES

Au cours d’un débat tenu ce matin sur le thème de la « coopération entre l’Organisation des Nations Unies et les organisations régionales et sous-régionales aux fins du maintien de la paix et de la sécurité internationales », les membres du Conseil de sécurité se sont félicités du rôle que l’Union européenne joue à travers le monde, en partenariat avec les Nations Unies et d’autres organisations, pour préserver la paix et la sécurité mondiales.  Au cours de cette séance de travail, le Conseil de sécurité a entendu une présentation de Mme Catherine Ashton, Haute-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

Mme Ashton a présenté au Conseil quelques exemples de l’implication de l’Union européenne dans la préservation de la paix mondiale.  Elle a notamment indiqué qu’en Somalie, l’opération navale européenne « Atalante » avait permis en 2012, de réduire de 97% le nombre d’actes de piraterie maritime commis par rapport à l’année précédente.  Parlant de la situation au Mali, Mme Ashton a indiqué que l’Union européenne vient de fournir un appui financier de 50 millions d’euros à la mise en place de la logistique de la Mission internationale de soutien au Mali (MISMA), créée par une résolution du Conseil de sécurité, afin de la rendre bientôt opérationnelle. 

Abondant dans la même veine, la représentante du Luxembourg a rappelé que l’Union européenne avait déjà déboursé 400 millions d’euros de financement afin de soutenir la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).  Le représentant de la France a quant à lui annoncé le déploiement à partir de la mi-mars, de la mission de formation de l’Union européenne qui fournira un entrainement aux troupes africaines engagées dans la MISMA pour leur permettre de restaurer et maintenir la souveraineté territoriale du Mali. 

Ces actions, jugées louables pour le maintien de la paix par de nombreuses délégations, ont fait dire au représentant du Maroc que l’Union européenne est un partenaire privilégié des Nations Unies, et un acteur majeur de la paix et de la sécurité à travers le monde.  Ceci a été illustré par l’attribution du prix Nobel de la paix à l’Union européenne en 2012, a rappelé le représentant.  

Au-delà des actions multiformes menées par l’Union européenne dans le cadre du maintien de la paix, le représentant de l’Azerbaïdjan a cependant souhaité qu’il y ait plus de cohérence dans la manière dont l’Union européenne déploie ses interventions, notamment en ce qui concerne le Mali.  Les droits de l’homme ne doivent pas être utilisés comme un moyen de pression politique sur les autres partenaires de la communauté internationale, a quant à lui souligné le représentant de la Fédération de Russie en mentionnant l’intervention de l’Union européenne dans le différend opposant la Serbie au Kosovo.  Appelant ensuite l’Union européenne à respecter l’esprit et la lettre du statut qui est celui de l’Union européenne vis-à-vis de l’Organisation des Nations Unies, il a invité l’Union européenne à ne pas se servir de ce statut pour agir de manière unilatérale en prenant des mesures contre certains États tiers.  Le représentant du Togo a, quant à lui, estimé que les voix discordantes qui se font parfois entendre entre les membres de l’Union européenne sont parfois un frein à la coopération de l’Union européenne avec les Nations Unies.

COOPÉRATION ENTRE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES ET LES ORGANISATIONS RÉGIONALES ET SOUS-RÉGIONALES AUX FINS DU MAINTIEN DE LA PAIX ET DE LA SÉCURITÉ INTERNATIONALES

Déclarations

Mme CATHERINE ASHTON, Haute-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a évoqué les actions multiformes menées par l’Union européenne dans le cadre de la résolution des conflits à travers le monde.  Elle a abordé le cas de la Somalie où la présence militaire de l’Union européenne a permis de faire diminuer le niveau de la piraterie de 97% en 2012 par rapport à l’année précédente.  Notre appui au Sahel et au Mali tient du fait que la menace des groupes terroristes pourrait déstabiliser toute la région, a-t-elle relevé par la suite.  Elle a appelé à une plus grande mobilisation internationale en faveur du Mali et elle a ensuite salué l’évolution de la situation sur le terrain, ce qui, grâce à l’action de la France et de la Mission internationale de soutien au Mali (MISMA), a permis de libérer le nord du pays qui était sous la coupe des groupes terroristes.  Elle a indiqué que l’Union européenne avait fourni un appui de 50 millions d’euros pour un soutien financier et logistique à la MISMA.  Elle a en outre souhaité que les autorités maliennes enquêtent sur toutes les allégations de violations de droits de l’homme commises par leurs troupes en cette période de conflit.  Dans ce cadre, elle a dit soutenir l’initiative prise par les Nations Unies de déployer des observateurs des droits de l’homme au Mali.

Concernant la question nucléaire iranienne, Mme Ashton a affirmé que les sanctions ciblées adoptées contre l’Iran ont conduit les autorités du pays à revenir à la table des négociations.  Elle a souhaité que les efforts pour parvenir à un accord soient redoublés et a dit placer beaucoup d’espoir dans le nouveau cycle de négociations qui sera engagé le 26 février prochain au Kazakhstan.  Notre crédibilité, au cours de ces pourparlers, découle du modèle E3+3 (France, Royaume-Uni, Allemagne, Chine, Fédération de Russie et États-Unis) qui a été adopté et de la participation de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a estimé Mme Ashton.  La Haute-Représentante a ensuite condamné les récents essais nucléaires menés par la République populaire démocratique de Corée (RPDC).  La communauté internationale doit présenter un front uni et déterminé à ces violations des résolutions du Conseil de sécurité, et nous devons encourager les dirigeants de la RPDC à abandonner leur programme d’enrichissement nucléaire, a-t-elle plaidé.

Abordant la question posée par les tensions qui persistent dans les Balkans, notamment entre la Serbie et le Kosovo, Mme Ashton a salué la rencontre historique ayant eu lieu entre les présidents des deux pays le 6 février dernier à Bruxelles.  Elle a annoncé qu’une rencontre entre les Premiers Ministres serbe et kosovare est prévue la semaine prochaine à Bruxelles.  Par ailleurs, sur la question du Moyen-Orient, elle a déclaré que le moment est venu pour engager des négociations de fond en vue de la recherche d’une solution durable sur la base de deux États.  Il est impératif de reprendre des efforts de paix en 2013 avec tous les partenaires internationaux, a-t-elle prôné.  Elle a ensuite rappelé la position de l’Union européenne, qui est celle du respect des frontières  en vigueur avant 1967, et de la mise en place d’accords de sécurité pour préserver l’intégrité territoriale des deux États, Israël et la Palestine.

Concernant la situation en Syrie, nous travaillons avec nos partenaires et avec le soutien des Nations Unies pour parvenir à une solution au conflit, a noté la Haute-Représentante.  Elle a salué l’annonce du Président de la Coalition nationale syrienne, M. Ahmad Mouaz Al-Khatib Al-Hasani, qui s’est disposé à avoir des entretiens avec des représentants « acceptables » du Gouvernement syrien.  Elle a enfin salué le rôle que joue le Conseil de sécurité pour préserver la paix dans le monde.  

M. GÉRARD ARAUD (France) a dit que l’Union européenne demeurait un modèle unique de coopération et d’intégration au service de la paix et de la sécurité sur le continent européen.  Soulignant le rôle joué par l’Union européenne dans les Balkans autrefois ravagés par la guerre, M. Araud s’est félicité de l’ouverture, au plus haut niveau, d’une nouvelle phase de dialogue politique entre le Kosovo et la Serbie, sous l’égide de l’Union.  L’Union européenne s’est aussi dotée d’outils pour agir au delà du continent européen, tout en étant au service du système de sécurité collective, a indiqué M. Araud, avant de citer la récente création du Service européen d’action extérieure.  Il a précisé que l’Union participait, via la facilité africaine de paix, au financement des soldes des soldats africains de la Mission internationale de soutien au Mali (MISMA), autorisée par la résolution 2085 du Conseil de sécurité.  Il a cité le déploiement à partir de la mi-mars de la mission de formation de l’Union qui fournira un entrainement aux troupes africaines pour leur permettre de restaurer la souveraineté malienne.  Forte de 500 personnes, dont 172 formateurs, cette mission assurera, en un an, la formation de quatre bataillons de 650 soldats maliens chacun, a-t-il précisé.  Le soutien à la recherche d’une solution politique au Mali illustre l’approche globale de l’Union européenne, qui a débloqué son aide économique pour relancer le développement du Mali et jeter ainsi les bases d’une paix durable, a insisté le représentant de la France.

« Malgré le blocage persistant au sein du Conseil, l’Union européenne s’est engagée résolument en faveur d’une transition démocratique en Syrie, en considérant les forces de la Coalition nationale syrienne comme étant les représentantes légitimes du peuple syrien », a indiqué M. Araud.  Illustrant l’action de l’Union, il a cité la mise en place d’un large éventail de sanctions individuelles, financières et commerciales contre le régime syrien depuis mai 2011.  Avec plus de 400 millions d’euros versés au titre de l’aide humanitaire, l’Union européenne et ses États membres ont apporté une aide considérable pour soulager le sort de la population syrienne, y compris les réfugiés, a-t-il encore précisé.

Le représentant de la France a aussi évoqué le rôle joué par l’Union sur le dossier nucléaire iranien et dans la promotion du dialogue avec Téhéran, tout en soulignant la mise en place d’un robuste dispositif de sanctions.  Par ailleurs, il a précisé que l’Union apportait son soutien aux travaux du Conseil de sécurité sur plusieurs thématiques transversales, comme la promotion du rôle des femmes dans les stratégies de sortie de crise.  C’est notamment le cas en Afghanistan à travers la mission de police EUPOL, où un effort indéniable est réalisé pour augmenter le nombre d’officiers de police féminins, a dit M. Araud.  Enfin, il a rappelé qu’il y a deux ans, l’adoption par l’Assemblée générale de la résolution 65/276, consacrait la place de l’Union européenne comme partenaire et amie de l’ONU, non seulement en tant qu’organisation régionale mais en tant que pilier d’un système international cohérent et efficace.

M. AGSHIN MEHDIYEV (Azerbaïdjan) a souligné que la coopération entre les différents acteurs est indispensable pour la paix dans le monde.  Il a noté que le renforcement de la coopération entre l’Union européenne et les Nations Unies est important.  Il a ensuite évoqué la situation au Moyen-Orient où subsistent depuis plusieurs décennies des tensions, et a émis le vœu qu’une solution définitive soit trouvée à cette question.  Au sujet du Mali, le représentant a salué les mesures décisives qui ont permis de faire respecter l’intégrité territoriale du pays.  Il a tout de même souhaité qu’il y ait plus de cohérence dans le déploiement de l’appui apporté au Mali.  Il a par la suite abordé le principe de la responsabilité de protéger qui, de son avis, a parfois fait le lit de la déstabilisation et de l’impunité là où elle est mise en œuvre.  La communauté internationale ne peut être sélective dans les situations où l’utilisation de la force contre les populations civiles appelle son intervention, a-t-il déploré.  Il a ainsi souhaité que des enquêtes soient diligentées et des poursuites engagées contre les gens responsables d’abus contre des civils.  Il a enfin relevé que ce n’est qu’avec une coopération efficace entre l’Union européenne et les Nations Unies, à laquelle se joignent les autres organisations régionales, que la paix sera préservée dans le monde.

Mme SYLVIE LUCAS (Luxembourg) a déclaré que les Nations Unies et l’Union européenne partagent les mêmes valeurs de démocratie et de liberté et qu’elles sont aussi partenaires sur le terrain en matière de développement, de maintien de la paix et de sécurité.  La représentante a également souligné la synergie entre les actions des Nations Unies et de l’Union européenne, notamment en Somalie et dans la région du Sahel.  En Somalie, l’Union européenne a déjà déboursé 400 millions d’euros de financement pour soutenir l’AMISOM qui opère dans ce pays.  À moyen terme, il faudra savoir ce que sera la forme à donner au soutien de la communauté internationale à la Somalie.  Au Sahel, les Nations Unies et l’Union européenne sont engagées vigoureusement pour faire face aux menaces posées à la paix et à la sécurité.

Il importe maintenant que les Nations Unies développent une stratégie globale pour le Sahel, et aussi sur le nucléaire iranien, a préconisé la représentante.  À ce sujet, l’Union européenne se félicite de la reprise du processus 5+1 à Almaty vers la fin de ce mois de février.  En Syrie, tous les efforts que nous déployons doivent aller dans le sens de l’instauration de conditions qui doivent être favorables à une solution politique à la crise.  Nous espérons que les autorités syriennes répondent favorablement à l’offre de dialogue faite par le chef de l’opposition syrienne.  À propos du processus de paix au Moyen-Orient, l’Union européenne offre son appui pour la reprise des négociations entre la Palestine et Israël, a indiqué la représentante du Luxembourg.  Avant de terminer son intervention, elle a évoqué la question de la protection des enfants en situation de conflit armé.  L’Union européenne peut promouvoir la protection des enfants par des projets en faveur des jeunes et des enfants victimes de la guerre, a dit la représentante.  L’Union européenne mène des actions dans ce sens en Iraq ou en République démocratique du Congo par exemple, a-t-elle précisé en souhaitant que les Nations Unies et l’Union européenne fassent la différence en travaillant toujours mieux ensemble.

M. GERT ROSENTHAL (Guatemala) a salué les efforts de coopération que l’Union européenne entreprend dans le monde.  Au sujet de la question du programme nucléaire iranien, il a invité l’Union européenne à poursuivre ses efforts visant à parvenir à une solution négociée et acceptable pour tous, et en prenant en compte les trois piliers du Traité sur la non-prolifération nucléaire.  En ce qui concerne le processus de paix au Moyen-Orient, le représentant a souhaité que l’Union européenne, en tant que membre du Quatuor, puisse inciter Israël à s’engager dans la voie de la recherche d’une solution définitive.  Sur la Syrie, le représentant a dit prendre note des différentes actions de l’Union européenne, notamment la prise de sanctions ciblées et la fourniture de l’assistance humanitaire.  Il a regretté que ces actions ne soient pas couronnées de succès car les parties en conflit semblent privilégier la voie des armes.  Le représentant a salué, par la suite, le rôle de l’Union européenne au Mali, notamment son soutien financier et logistique au déploiement de la MISMA.     

M. GARY QUINLAN (Australie) a déclaré que depuis le dernier exposé que Mme Ashton a fait devant le Conseil de sécurité, l’Union européenne a reçu le prix Nobel de la paix en reconnaissance du travail accompli depuis six décennies pour la paix et la réconciliation, la démocratie et les droits de l’homme.  Une coopération étroite entre le Conseil de sécurité et les organisations régionales reste une composante importante de nos efforts collectifs pour maintenir la paix et la sécurité internationales, a dit M. Quinlan.  Ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne la coopération entre le Conseil et l’Union européenne, qui a développé depuis des années des cadres normatifs pour gérer les conflits et les situations postconflit.

L’Australie salue les contributions et les efforts déployés par l’Union européenne en Afrique en matière de paix et de sécurité, d’assistance humanitaire et de développement, comme cela vient d’avoir lieu récemment au Mali.  Concernant la Syrie, l’Australie partage avec l’Union européenne le point de vue selon lequel la communauté internationale doit tout faire pour une transition politique crédible conduite par les Syriens eux-mêmes.  S’agissant du processus de paix au Moyen-Orient, l’appui continu de l’Union européenne à l’Autorité palestinienne et sa participation active aux travaux du Quatuor seront nécessaires pour parvenir à la paix dans la région, a estimé M. Quinlan.  En ce qui concerne l’Iran, si ce pays ne s’engage pas dans le processus de négociations avec le Groupe 5+1 et ne coopère pas de manière satisfaisante avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), la tension persistera au Moyen-Orient.  Mais l’Australie apprécie le rôle central que joue l’Union en poursuivant le dialogue avec l’Iran pour trouver une solution diplomatique à la question du programme nucléaire iranien.

M. Quinlan a ensuite rappelé que l’Australie et l’Union européenne sont de solides partenaires en matière de sécurité globale parce qu’elles travaillent ensemble en Afghanistan, dans le Pacifique, en Indonésie, et prochainement à Fidji et au Soudan du Sud.  Au plan financier, il a souligné que l’Union européenne contribue à hauteur de 38% au budget du système des Nations Unies; à 41% au budget des opérations de maintien de la paix et qu’elle est le troisième contributeur au budget du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).  En outre, les efforts de l’Union pour la promotion de la démocratie et de l’état de droit sont importants.  Il en est de même des efforts qu’elle déploie dans la lutte contre la piraterie au large de la corne de l’Afrique et dans la lutte contre le terrorisme.  

M. WANG MIN (Chine) a tenu à saluer le rôle central joué par l’Union européenne en matière de paix et de sécurité internationales.  L’Union européenne est un partenaire très actif des Nations Unies dans divers domaines et dans de nombreux endroits du monde.  De plus, elle travaille aux côtés des organisations régionales comme c’est le cas avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour faire face à la crise au Mali, a indiqué le représentant.  Le Conseil de sécurité doit, dans le cadre de ses travaux, renforcer la communication qu’il entretient avec les organisations régionales comme l’Union européenne, a indiqué M. Wang.

M. MASOOD KHAN (Pakistan) a souligné que l’Union européenne est un partenaire majeur du Pakistan.  Il a relevé que l’Union européenne est devenue, au fil du temps, un partenaire privilégié des Nations Unies.  Il a noté que le continent africain est le lieu par excellence de mise en œuvre de ce partenariat.  Il a ensuite énuméré quelques problèmes qui minent la paix et le développement de l’Afrique et a plaidé pour un soutien accru de la communauté internationale en sa faveur, car, a-t-il expliqué, la région n’a pas les capacités de prendre en charge les nombreux défis auxquels elle fait face.  Le Mali a besoin de toute la communauté internationale pour consolider la paix dans ses frontières, a-t-il plaidé, tout en saluant les programmes de formation que l’Union européenne envisage de mettre sur pied au bénéfice de l’armée malienne.  Il a évoqué également le rôle joué par l’Union européenne dans la résolution des tensions dans les Balkans.

En ce qui concerne la Syrie, le représentant a relevé que le choix de l’option militaire par les parties y a aggravé la situation sur le terrain.  Il a salué la proposition du chef de l’opposition syrienne qui s’est dit ouvert à un dialogue sans condition préalable.  Il a par ailleurs salué l’assistance humanitaire que l’Union européenne apporte au peuple syrien.  Parlant du programme nucléaire iranien, il a estimé que la résolution de cette question doit être pacifique, et que la communauté internationale devrait reconnaître le droit de l’Iran d’utiliser l’énergie nucléaire.  Il a enfin souhaité que l’Union européenne pèse de tout son poids afin que les négociations puissent reprendre entre les parties.  

M. KODJO MENAN(Togo) a salué quelques exemples de coopération entre l’Union européenne et les Nations Unies, notamment en Afghanistan, en République démocratique du Congo (RDC) et en Guinée-Bissau.   Il a également félicité l’Union européenne pour le succès de l’opération navale Atalante menée au large des côtes somaliennes contre la piraterie.  Il a souhaité qu’une initiative similaire soit mise en place entre l’Union européenne et les pays du Golfe de Guinée qui font face à la recrudescence de la piraterie dans leur zone géographique.  Le représentant a par ailleurs relevé que l’Union européenne contribue pour près de moitié au budget du Programme des Nations Unies pour le développement et à hauteur de 80% au Fonds pour la consolidation de la paix.  Au sujet de la cerise malienne, il a souhaité que l’Union européenne puisse aider à mobiliser des fonds pour accompagner la mutation de la MISMA en opération onusienne de maintien de la paix.  Il a tout de même regretté le fait que les voix discordantes entre les membres de l’Union européenne soient parfois un frein à sa coopération avec les Nations Unies.

M. PHILIP PARHAM (Royaume-Uni) a déclaré qu’en Syrie, l’Union européenne et les Nations Unies sont restées aux côtés du Représentant spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes, M. Lakhdar Brahimi, afin de le soutenir dans ses efforts.  « Elles sont aussi restées inflexibles sur le fait que Bashar Al-Assad ne fait pas partie de la solution à la crise », a dit le représentant.  Au Sahel et au Mali, l’Union européenne a offert son appui à la France et aux pays de la région et elle va organiser un appui en matière de formation pour l’armée malienne.  En outre, d’autres formations sont prévues pour l’armée malienne en matière de lutte contre les violences sexistes.  En Somalie, les résultats de la coopération entre l’Union européenne et les Nations Unies sont déjà palpables.  En tout cas, il s’agit d’un bon exemple du partenariat entre les Nations Unies et l’Union européenne, a estimé le représentant.  Au Moyen-Orient, l’Union européenne appelle Israël à lever l’interdiction de la liberté de circulation pour les Palestiniens et à reprendre le processus de paix au sein du Quatuor.  Concernant l’Iran et son programme nucléaire, la balle est dans le camp de Téhéran, d’autant que le processus 3+3 sur le nucléaire iranien va bientôt reprendre.  Quant à la région des Balkans, entre la Serbie et le Kosovo, la dynamique du dialogue doit être maintenue, a conclu le représentant. 

M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a déclaré que son pays et l’Union européenne sont des centres de puissance en Europe et dans la zone de l’Atlantique.  Leur position est souvent la même sur de nombreux sujets internationaux.  Mais la Fédération de Russie préconise et met beaucoup plus l’accent sur le multilatéralisme dans l’approche des relations et de la coopération internationale.  Pour prendre quelques exemples, la Fédération de Russie prône et soutient des solutions diplomatiques sur le dossier du nucléaire iranien, à la crise en Syrie, au conflit en Somalie et dans les efforts visant à mettre fin à la piraterie maritime.

Le représentant de la Fédération de Russie a ajouté que les droits de l’homme ne doivent pas être utilisés comme moyen de pression politique sur les autres partenaires de la communauté internationale.  Il a appelé l’Union européenne à respecter l’esprit et la lettre du statut de l’Union européenne vis-à-vis des Nations Unies et à ne pas se servir de ce statut pour agir de manière unilatérale en prenant des mesures contre certains États tiers.  Il a dénoncé la position de l’Union européenne au Kosovo, où la recherche de solutions aux contentieux existants ne doit pas se faire uniquement par l’Union européenne sans tenir compte du cadre des Nations Unies.  Le Conseil de sécurité reste le lieu de règlement des différends internationaux et ceci doit être respecté par tous les États et entités, y compris par l’Union européenne.

Mme MARÍA CRISTINA PERCEVAL (Argentine) a souhaité que la coopération et les consultations qui ont cours entre les Nations Unies, d’une part, et l’Union européenne et l’Union africaine, d’autre part, puisse également se développer avec d’autres organisations régionales a travers le monde.  Elle a ensuite regretté que l’option militaire prise par le Gouvernement et l’opposition en Syrie ait conduit à une situation humanitaire catastrophique.  Elle a salué l’apport de l’Union européenne dans la gestion de la sévère crise humanitaire syrienne, et a rappelé qu’aucun pays ne devrait envoyer des armes en Syrie.  Au sujet de la situation entre Israël et la Palestine, la représentante a indiqué que la solution à deux États est fondamentale et qu’il faudrait renforcer les stratégies mises en place par la communauté internationale pour parvenir à une solution définitive sur cette question. 

Parlant de la non-prolifération nucléaire, elle a estimé que des solutions doivent être trouvées à la question à travers des négociations, car les sanctions ne semblent pas être une fin en soi.  Elle a par la suite invité l’Iran à coopérer avec l’AIEA pour rétablir un lien de confiance avec la communauté internationale.  Sur la crise malienne, elle a souhaité que des processus politiques puissent mener à une solution durable du conflit, et elle a souligné qu’au Mali comme partout ailleurs, les enfants et les femmes doivent être protégés en situation de conflit.

M. MOHAMMED LOULICHKI (Maroc) a déclaré que l’Union européenne est un partenaire privilégié des Nations Unies.  Cela a été illustré par l’attribution du prix Nobel de la paix à l’Union européenne.  L’Union européenne contribue de façon importante au partenariat pour le développement, pour la paix et la sécurité internationales et au renforcement du multilatéralisme, a dit le représentant.  Il a cité les efforts européens dans la gestion des crises, et dans la consolidation de la paix.  Le représentant a aussi noté l’engagement de l’Union européenne en faveur de la coopération sous-régionale en évoquant le partenariat Union européenne-Union méditerranéenne.  Au Moyen-Orient, l’Europe est appelée à aider à la reprise du processus de paix au sein du Quatuor afin que soient levés les obstacles qui se posent à la reprise des négociations entre Israël et la Palestine.

En Afrique, le Maroc salue l’engagement de l’Union européenne en faveur du développement, de la paix et de la sécurité.  En ce qui concerne la crise malienne, l’Union a démontré son engagement par son appui à la réforme de l’armée malienne, sa participation à la réunion des Amis du Mali.  Au Sahel, l’Union européenne est invitée à apporter son appui à la stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel lorsqu’elle sera lancée, a indiqué le représentant.  En Syrie, le Maroc note les efforts déployés par l’Union européenne pour parvenir à une solution politique à la crise.  Au Moyen-Orient, le Maroc soutient le processus E3+3 mis en place pour parvenir à une solution à la question du nucléaire iranien.  Le Maroc croit aussi que le dialogue aidera à faire du Moyen-Orient une zone exempte d’armes nucléaires, a souligné le représentant.

Mme ROSEMARY A. DICARLO (États-Unis) a salué les actions menées par l’Union européenne pour la paix en Europe, notamment à travers les pourparlers engagés avec les autorités du Kosovo et de la Serbie, qui ont cours en ce moment.  Nous félicitons aussi l’Union européenne pour l’engagement qu’elle a pris en Géorgie par le biais de sa mission d’observation européenne en Géorgie (UEMM), a-t-elle déclaré.  Les États-Unis se félicitent des efforts menés par l’Union européenne pour faire avancer la paix et la sécurité au-delà de l’Europe, a-t-elle ajouté.  Elle a ensuite évoqué la question du programme nucléaire iranien et a félicité Mme Ashton pour le rôle central qu’elle joue dans ces pourparlers.  Elle a également salué la condamnation par l’Union européenne des essais nucléaires menés par la République populaire démocratique de Corée. 

Sur le conflit israélo-palestinien, la représentante a rappelé que les États-Unis sont, avec l’Union européenne, membres du Quatuor.  Elle a dit l’engagement de son pays à œuvrer pour la reprise des discussions entre les deux parties.  Au sujet de la Syrie, elle a indiqué que les États-Unis soutiennent les efforts de paix engagés par la communauté internationale sous l’égide du Représentant spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des États arabes en Syrie, M. Lakhdar Brahimi.  Elle a ensuite souligné que les États-Unis partagent la volonté de l’Union européenne de lutter contre les violations des droits de l’homme, et a dit l’engagement de son pays à travailler avec l’Union européenne pour appliquer les principes des Nations Unies à travers le monde.

M. EUGÈNE-RICHARD GASANA (Rwanda) a déclaré que des organisations internationales notamment l’Union européenne ont été créées après la Deuxième Guerre mondiale pour prévenir les conflits et renforcer la paix.  Ces objectifs ont été généralement atteints en dépit de quelques défis au Kosovo et à Chypre.  En Afrique, le Rwanda salue l’engagement de l’Union européenne, dont celui qui a récemment vu le jour au Mali et en Somalie.  En ce qui concerne la coopération au développement en général et les opérations de maintien de la paix en particulier, le représentant du Rwanda a dit que sa délégation y apprécie la contribution des Nations Unies et de l’Union européenne tout en émettant des réserves sur le fait que ces aides revêtent parfois un caractère politique et motivé par des intérêts.  S’agissant des droits de l’homme, le représentant du Rwanda a indiqué qu’il est plus important que l’Union européenne reste impartiale et donne la priorité à la paix et au renforcement du système judiciaire national des pays qu’elle veut aider. 

M. KIM SOOK (République de Corée), qui est le Président du Conseil de sécurité pour ce mois de février 2013, a salué le rôle positif joué par l’Union européenne pour la préservation de la paix en Europe et au-delà.  Il a également salué l’apport de l’Union européenne au dialogue et à la coopération politique qui ont lieu à travers le monde.  Le représentant a ensuite félicité l’Union européenne pour son rôle dans le rapprochement entre la Serbie et le Kosovo, et a également salué ses actions dans les pourparlers relatifs au programme nucléaire iranien.  Il a dit que la République de Corée espère que ces efforts seront couronnés de succès.  Il a par ailleurs partagé la désapprobation de la communauté internationale face aux récents essais nucléaires conduits par la République populaire démocratique de Corée et a dit attendre que l’Union européenne joue un rôle majeur sur cette question.  Au sujet de la situation au Moyen-Orient, le représentant a souhaité que le Quatuor aide à la reprise des négociations de paix, surtout dans ce contexte de mutation politique récemment intervenue en Israël.  L’ONU et l’Union européenne ont tout intérêt à résoudre la crise syrienne afin qu’elle ne se répande pas dans toute la région, a-t-il d’autre part prévenu.  Il a par la suite salué le rôle majeur joué par l’ONU, l’Union européenne et l’Union africaine dans la gestion de la crise malienne.  Il a félicité l’Union européenne pour le soutien financier et logistique engagé dans cette optique et a salué la contribution de l’Union européenne pour la préservation de la paix mondiale.

Dans ses remarques de clôture, la Haute-Représentante de l’Union européenne aux affaires étrangères et aux questions de sécurité a indiqué que tous les intervenants au débat tenu aujourd’hui par le Conseil de sécurité représentent des États ou entités qui sont en quête de solutions communes aux problèmes de la planète, et que l’Union européenne reste constamment un partenaire des Nations Unies pour la recherche de la paix et de la sécurité internationales.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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