Quatrième Commission: la sécurité des Casques bleus et l’impasse au sein du Comité des 34 au cœur du débat sur le maintien de la paix de l’ONU

31 octobre 2013
CPSD/543

Quatrième Commission: la sécurité des Casques bleus et l’impasse au sein du Comité des 34 au cœur du débat sur le maintien de la paix de l’ONU

31/10/2013
Assemblée générale
CPSD/543
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Quatrième Commission                                       

18e séance – matin

QUATRIÈME COMMISSION: LA SÉCURITÉ DES CASQUES BLEUS ET L’IMPASSE AU SEIN

DU COMITÉ DES 34 AU CŒUR DU DÉBAT SUR LE MAINTIEN DE LA PAIX DE L’ONU

Les délégations de la Quatrième Commission (chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation) ont conclu, aujourd’hui, leur débat général sur les questions relatives au maintien de la paix, en mettant l’accent sur la sécurité des Casques bleus et l’impasse qui paralyse les travaux du Comité spécial des opérations de maintien de la paix.

Plusieurs délégations, à l’instar de celles de la Jordanie, du Mexique et du Guatemala, ont rappelé le rôle primordial du Comité spécial des opérations de maintien de la paix ou « Comité des 34 », qui est le seul organe de l’Organisation des Nations Unies ayant les compétences pour examiner les questions liées au maintien de la paix et évaluer la mise en œuvre des mandats des opérations de maintien de la paix.  Elles ont regretté que cet organe politique multilatéral n’ait pas réussi, à sa dernière session, à adopter son rapport.  Comme l’a fait remarquer le représentant du Mexique, le travail de fond du Comité spécial est plus important que celui portant sur les questions de procédure ou de méthode.  Plusieurs intervenants ont émis l’espoir que le Groupe des Amis de la présidence du Comité spécial, qui doit se pencher sur les méthodes de travail du Comité, contribuera à mettre fin à l’impasse actuelle avant le printemps prochain.

Si les délégations sont conscientes que les opérations de maintien de la paix, dont le mandat est pluridimensionnel et plus complexe qu’auparavant, sont déployées dans des zones à risques, certaines ont toutefois soulevé des questions de fond en matière de doctrine du maintien de la paix de l’ONU.  Avec 79 soldats de la paix qui ont trouvé la mort cette année, le problème de la sécurité des Casques bleus est fréquemment revenu dans le débat de ce matin.

Des délégations, en particulier celles de Cuba et de l’Afrique du Sud, ont estimé que des mandats mal définis et peu réalistes et l’absence d’équipements essentiels ne permettent pas aux opérations de maintien de la paix de s’acquitter efficacement de leurs tâches et d’assurer la sécurité de leur personnel.  D’autres, comme le Mexique et le Guatemala ont considéré que les pays accueillant ces missions ne remplissent pas leur obligation de protéger le personnel onusien déployé sur leur territoire.  Dans ce contexte, des États Membres, dont la Serbie, se sont déclarés en faveur de l’utilisation de nouvelles technologies militaires et de surveillance, comme les drones, pour mieux protéger les soldats de la paix. 

Ne partageant pas ce point de vue, certaines délégations ont soutenu qu’il serait plus prudent de débattre plus avant cette question, notamment au sein du Comité des 34, et de parvenir à un consensus pour donner mandat aux opérations de maintien de la paix de recourir à ces nouvelles technologies.  Cela permettrait ainsi d’éliminer les écueils juridiques qui pourraient se dresser.

Des États Membres ont également mis en garde contre la tendance d’habiliter certaines missions à faire usage de la force.  Il est nécessaire, ont-ils rappelé, de respecter strictement les principes fondamentaux du maintien de la paix que sont le consentement des pays hôtes, l’impartialité et le non-recours à la force, sauf en cas de légitime défense.  Cette tendance, a averti le représentant du Mexique, risque de faire perdre la crédibilité de l’ONU.

Soulignant que le maintien de la paix était une responsabilité collective, les pays contributeurs de contingents ont à nouveau plaidé en faveur d’une meilleure coopération avec le Conseil de sécurité et le Secrétariat.  Ces pays demandent à être pleinement intégrés aux processus décisionnels de la phase de planification à celle du déploiement.  À cet égard, le délégué du Guatemala a souligné que le Conseil de sécurité devrait faire participer les pays contributeurs de contingents aux évaluations périodiques des opérations de maintien de la paix.

La Quatrième Commission se réunira demain, vendredi 1er novembre, à 10 heures.  Elle entamera l’examen du point relatif à la lutte antimines.  Elle devrait également adopter les deux projets de texte relatifs à la coopération pacifique dans l’espace extra-atmosphérique.

ÉTUDE D’ENSEMBLE DE TOUTE LA QUESTION DES OPÉRATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX SOUS TOUS LEURS ASPECTS

Déclarations

M. MOHAMED TARAWNEH (Jordanie) a rappelé que son pays déployait des efforts considérables en faveur de la paix dans le monde et avait, à ce jour, fourni 3 635 hommes aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies (OMP) déployées dans neuf pays en conflit.  Sa délégation estime que l’ONU ne doit pas se limiter à assurer le maintien de la paix, mais examiner également les causes profondes des conflits.  Par ailleurs, le représentant de la Jordanie a mis l’accent sur la nécessité de faire participer activement les pays contributeurs de contingents à la formulation des politiques et au processus décisionnel dans le cadre du maintien de la paix de l’ONU.  Ces missions doivent également pouvoir disposer des ressources requises pour pouvoir s’acquitter de leurs mandats, a fait valoir le représentant.

Le Comité spécial des opérations de maintien de la paix -le Comité des 34-est le seul forum habilité à la formulation et à l’examen des politiques et stratégies relatives au maintien de la paix, a-t-il rappelé-  M. Tarawneh a regretté qu’à sa dernière session, le Comité spécial n’ait pas réussi à adopter son rapport final.  La Jordanie souhaite pouvoir compter sur une plus grande volonté politique à l’avenir et voudrait participer au Groupe d’amis de la présidence du Comité des 34 pour contribuer à trouver une solution à l’impasse actuelle.

La délégation jordanienne salue les travaux du Groupe consultatif de haut niveau sur les taux de remboursement des pays contributeurs de contingents et demande la mise en œuvre rapide des recommandations présentées dans son rapport en vue d’adopter le nouveau système d’ici au 20 juin 2014.  Enfin, le représentant de la Jordanie a insisté sur la nécessité pour le Département des opérations de maintien de la paix et le Département de l’appui aux missions de recruter des arabophones.

M. MAMOUDOU MANA (Cameroun) a noté que les opérations de maintien de la paix exigeaient désormais une compréhension plus approfondie des indices de paix et des facteurs de conflit.  « Il ne s’agit plus uniquement de surveiller des cessez-le-feu, mais aussi de consolider des processus de paix et de contribuer au relèvement d’États qui se sont effondrés, au lendemain de conflits qui ont parfois duré des décennies », a-t-il ajouté.  Le représentant a ensuite souligné que le Cameroun restait attaché aux principes de l’accord préalable des parties au conflit avant tout déploiement, au respect des critères d’intégrité territoriale et de souveraineté, de recours limité à l’usage de la force et de mandats clairs.  Depuis les années 1990, le Cameroun fournit des contingents et des observateurs militaires, a rappelé M. Mana, en citant dans ce contexte les activités de l’École internationale des Forces de sécurité camerounaises.  « Sa mission est de former et de recycler les capacités civiles et les forces de sécurité intérieure en vue de leur participation aux opérations de maintien de la paix », a-t-il précisé.  Enfin, le représentant a demandé que soient reconnus les efforts des États africains « qui s’engagent de plus en plus dans le maintien de la paix et dont les troupes en constituent l’ossature ».

Mme JOAN THOMAS EDWARDS (Jamaïque) a réitéré le plein appui de sa délégation aux opérations de maintien de la paix, lesquelles, a-t-elle souligné, sont essentielles pour assurer le maintien de la paix et de la sécurité dans le monde.  La Jamaïque, a-t-elle assuré, fournit du personnel militaire et de police à de nombreuses opérations des Nations Unies.  Elle a saisi, cette occasion, pour rendre hommage aux hommes et femmes qui ont sacrifié leur vie au service de la paix à travers le monde.  La Jamaïque condamne toutes les attaques ciblant des Casques bleus, a-t-elle déclaré, et c’est pourquoi, elle a demandé d’établir des critères clairs pour mieux protéger les Casques bleus et gérer les risques sur le terrain.

La Jamaïque, a poursuivi Mme Edwards, a toujours été d’avis que la pérennité de la paix et de la sécurité passe par l’analyse des causes profondes du conflit, comme la pauvreté et les violations systématiques des droits de l’homme, et par la mise en œuvre de programmes de développement, d’alerte précoce et de réaction rapide.  Les processus de réforme du secteur de la sécurité et en matière de gouvernance jouent également un rôle important, a-t-elle estimé.

La représentante a déploré que les ressources allouées au maintien de la paix ne suivent malheureusement pas le rythme de création de nouveaux mandats.  Les opérations doivent ainsi « faire plus avec moins » et il faudrait donc dégager les ressources nécessaires afin de permettre aux opérations sur le terrain de s’acquitter efficacement de leur rôle.  Les agents du maintien de la paix, militaires ou civils, jouent un rôle fondamental et les opérations de maintien de la paix doivent être planifiées et mises en œuvre dans le cadre d’une coopération étroite entre tous les acteurs concernés, a-t-elle rappelé.

La question de la responsabilité pénale des Casques bleus est également très importante, a indiqué Mme Edwards, qui a souligné l’importance de former, avant leur déploiement sur le terrain, le personnel du maintien de la paix et de poursuivre la politique de tolérance zéro face aux violences sexuelles.  Si l’on note une réduction du nombre de cas de violences sexuelles, ils sont encore signalés.

La Jamaïque, qui est membre de la CARICOM, soutient fermement la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), a assuré la représentante.  Elle a estimé que son mandat devrait être prorogé, en précisant que l’aide internationale devrait répondre aux priorités nationales d’Haïti pour qu’elle bénéficie véritablement à la population.  En dépit des défis qui subsistent, des progrès ont été enregistrés, a-t-elle noté, en citant notamment l’examen par le Parlement d’une nouvelle loi électorale.  Avant de conclure, la représentante a encouragé les consultations avec la société civile et la participation des femmes aux opérations de maintien de la paix.

M. RICARDO ALDAY (Mexique) a rappelé que les opérations de maintien de la paix (OMP) devraient contribuer à la fois à la promotion de la paix et du développement, et assurer la protection des femmes et des enfants dans les conflits armés, dans le respect des droits de l’homme et de l’état de droit, en veillant à mettre fin à l’impunité.  Compte tenu de cette complexité, le débat sur les questions relatives aux opérations de maintien de la paix (OMP) doit se fonder sur le consensus, et la responsabilité première dans ce domaine incombe au Comité des 34, a souligné le représentant.  Les analyses et recommandations qui émanent de ce Forum politique multilatéral doivent être reflétées dans les mandats des opérations de maintien de la paix.  Le représentant du Mexique a regretté l’absence d’accord sur le rapport du Comité spécial au cours de sa soixante-septième session.  Compte tenu du fait que le maintien de la paix des Nations Unies est un effort collectif, il a souligné que la substance des délibérations du Comité des 34 était bien plus importante que la forme.  Le Mexique fait partie du Groupe des amis de la présidence de ce Comité, a-t-il rappelé, en précisant que ce Groupe à composition non limitée était chargé de revoir les méthodes de travail du Comité.

La délégation mexicaine insiste sur le fait que, pour avoir une stratégie de sortie, il faudrait que les opérations de maintien de la paix aient des mandats clairs, objectifs, réalistes et veiller à garantir une implication nationale forte de manière à éviter un retour au conflit.  Les principes fondamentaux du maintien de la paix doivent également être respectés.  Dans ce contexte, le représentant a fait part des préoccupations du Mexique concernant la tendance qui vise à autoriser les opérations de maintien de la paix à recourir à la force.  Une telle tendance, a-t-il prévenu, est contraire au principe de l’impartialité et à la légitimité des activités de l’Organisation.

L’autre sujet qui préoccupe le Mexique est la sécurité du personnel de maintien de la paix.  Il est essentiel, a-t-il souligné, de garantir à tout moment la sécurité des Casques bleus et cette responsabilité incombe en particulier aux pays hôtes des missions.

Concernant la MINUSTAH, il a insisté sur la nécessité d’une coopération étroite entre cette Mission, les autorités haïtiennes et le Secrétaire général, afin que le plan de reconfiguration soit conforme à la réalité sur le terrain et aux préoccupations du peuple haïtien.

Mme ALYA AHMED SAIF AL-THANI (Qatar) a rappelé que les principes des Nations Unies devraient être scrupuleusement respectés dans le cadre des opérations de maintien de la paix, tout comme les mandats confiés aux opérations de maintien de la paix et la volonté du pays hôte.  Les mandats doivent être établis conformément aux besoins du pays concerné, à défaut de quoi la réussite de la mission serait compromise.

Les opérations de maintien de la paix ne peuvent pas remplacer des solutions aux causes profondes des conflits, a-t-elle rappelé, en précisant que ces opérations ne devraient être déployées qu’après avoir pris les mesures nécessaires pour assurer la sécurité du personnel dans les zones de conflit.  Par ailleurs, le Comité spécial des opérations de maintien de la paix doit être le seul organe chargé de discuter des questions relevant de son mandat, a-t-elle estimé.

Le Qatar, a conclu la représentante, se félicite de la résolution du Conseil de sécurité appelant à renforcer le rôle des femmes dans les opérations de maintien de la paix, en estimant que les spécificités culturelles et linguistiques du pays hôte doivent être prises en compte, tout comme son niveau de développement.

M. NEBIL SAID (Érythrée) a souligné que le maintien de la paix devrait être guidé par les principes fondamentaux de neutralité et de coopération internationale.  « Le consentement des parties, la stricte neutralité et le non-recours à la force, sauf en cas de légitime défense.  Ces principes consacrés par la Charte de l’ONU doivent constituer la base du succès des missions de paix des Nations Unies », a-t-il rappelé.  M. Said a en outre estimé que la protection des civils ne devrait pas servir de prétexte à des interventions extérieures et que l’utilisation de nouvelles technologies militaires et de surveillance dans les opérations de maintien de la paix devrait être se faire dans le respect du droit international.

M. GABRIEL ORELLANA (Guatemala) a estimé que les questions relatives au maintien de la paix nécessitent une analyse approfondie, exhaustive et systématique pour améliorer l’efficacité et maintenir la crédibilité de l’Organisation des Nations Unies.  Il a mis l’accent sur la nécessité de renforcer l’architecture du maintien de la paix, tant sur le plan des capacités opérationnelles que sur celui de la structure organisationnelle.  Dans ce contexte, le représentant a souligné le rôle primordial à jouer par le Comité des 34, le seul organe chargé d’évaluer les politiques du Secrétariat en matière de maintien de la paix.  Il a regretté que le Comité des 34 n’ait pas pu trouver un accord sur le rapport de sa dernière session, lequel, a-t-il rappelé, contient les recommandations du Groupe de travail.  M. Orellana a émis l’espoir que le Groupe à composition non limitée de la présidence du Comité des 34 parviendra à mettre fin à cette impasse.

Le représentant a demandé une coordination plus étroite entre le Secrétariat, le Conseil de sécurité et les pays fournisseurs de contingents, à la fois, à différentes phases des mandats des opérations de maintien de la paix afin de prendre en compte les besoins spécifiques de chaque situation sur le terrain.  Il a émis l’espoir que les évaluations périodiques des opérations de maintien de la paix par le Conseil de sécurité soient partagées avec les pays fournisseurs de troupes.

Revenant sur la notion de « partenariat mondial », qui est au cœur du maintien de la paix, le représentant du Guatemala a exigé que le coût des troupes ne soit pas négligé et compte sur une analyse rationnelle de cette question dans le contexte du nouveau système de calcul des taux de remboursement des pays fournisseurs de contingents.  Le représentant a averti qu’il ne s’agissait pas d’un grand exercice de sous-traitance où les pays en développement contractent des troupes à faible coût.  Concernant la question de la sécurité des Casques bleus, le représentant a rappelé qu’il incombait aux pays hôtes des opérations de l’ONU de l’assurer.  Sa délégation regrette la lenteur des enquêtes sur les incidents qui se sont produits dans le cadre des opérations de maintien de la paix.

M. JOSÉ EDUARDO PROAÑO (Équateur) a estimé que la question des ressources consacrées aux opérations de maintien de la paix était l’une des plus préoccupantes, compte tenu de la complexité croissante de leurs mandats et du fait qu’elles sont déployées dans des zones à grands risques.  Il est important de préserver la légitimité des opérations de maintien de la paix, a-t-il souligné.  Les États doivent particulièrement veiller à ce que les opérations se déroulent avec le consentement des États hôtes, de manière impartiale et sans recourir à la force.

Le représentant a relevé que la légitimité des opérations de maintien de la paix provient d’un dialogue franc et transparent entre les États Membres au sein de l’Assemblée générale et du Comité spécial des opérations de maintien de la paix.  Il a ainsi regretté le blocage auquel est confronté le Comité spécial. 

Par ailleurs, M. Proaño a estimé qu’il faudrait stimuler la participation des femmes aux opérations de maintien de la paix et rejeter toutes formes de violence sexuelle.  La légitimité des opérations de maintien de la paix repose sur une définition claire de leurs mandats, loin de toute manipulation politique.  Les menaces éventuelles ou la protection des civils ne doivent pas constituer des prétextes pour recourir à la force ou agir en violation de la souveraineté des États hôtes.  De même, la question de l’utilisation de nouvelles technologies, comme les systèmes aériens téléguidés, doit être débattue de façon approfondie au sein du Comité spécial, a-t-il estimé.

L’Équateur, a assuré son représentant, soutient le renouvellement du mandat de la MINUSTAH et l’application du plan de renforcement de la Mission, en rappelant qu’il était nécessaire de tenir compte des priorités du Gouvernement haïtien, à savoir le renforcement de la police, l’amélioration de la gouvernance et le respect des droits de l’homme.  Avant de conclure, M. Proaño a rendu hommage aux Casques bleus déployés à travers le monde et, en particulier, à ceux qui ont sacrifié leur vie au service de la paix.

M. OSCAR LEÓN GONZÁLEZ (Cuba) s’est dit préoccupé par le fait que de nouvelles missions de maintien de la paix multidimensionnelles sont créées sans que les pays contributeurs de contingents soient appelés à participer aux processus décisionnels et sans qu’elles soient dotées d’une composante militaire adéquate pour appuyer la force sur le terrain.  Il a mis l’accent sur la capacité militaire du Département des opérations de maintien de la paix qui est confrontée à des problèmes considérables, en citant notamment l’absence d’hélicoptères et d’équipements de surveillance pour les patrouilles de nuit. 

Au cours de l’année écoulée, 79 Casques bleus ont perdu la vie, a-t-il déploré, convaincu que les mandats ne prennent pas suffisamment compte des risques auxquels est exposé le personnel militaire des opérations de maintien de la paix. C’est pourquoi, il a demandé que ces mandats soient clairs, réalistes et assortis des ressources adéquates pour permettre à ces missions de s’acquitter efficacement de leur rôle.

Il a également mis l’accent sur la coopération incontournable entre pays hôtes, pays contributeurs de contingents et le Secrétariat, en soulignant que les deux premiers ne sont pas systématiquement impliqués dans les processus de prise de décisions. 

En ce qui concerne l’utilisation à titre expérimental des technologies modernes, comme les drones, dans les missions de maintien de la paix, Cuba est d’avis qu’il faudrait en débattre au sein du Comité spécial des opérations de maintien de la paix, compte tenu des conséquences juridiques d’une telle utilisation. 

Faisant référence à la Brigade d’intervention créée au sein de la MONUSCO, le représentant de Cuba a souligné que le recours à la force pourrait avoir des répercussions graves sur les principes fondamentaux du maintien de la paix, en particulier sur l’impartialité de l’Organisation.  Cuba réaffirme que les opérations de maintien de la paix doivent reposer sur le plein respect des buts et principes de la Charte des Nations Unies, notamment la non-ingérence dans les affaires intérieures et la souveraineté nationale des États, et respecter les principes fondamentaux du maintien de la paix. 

Il a souligné en outre que les opérations de maintien de la paix ne constituaient pas une fin en soi, mais plutôt une mesure intermédiaire en vue d’une transition vers une paix durable.  Dans ce contexte, il a précisé que les tâches de consolidation de la paix de ces opérations devraient être concrètes et reposer sur les priorités des pays d’accueil, conformément au principe du contrôle et de l’appropriation nationale.

M. TAEDONG KIM (République de Corée) a souligné l’utilité des modules de formation de la Section de la protection des civils, qui aident les troupes déployées sur le terrain à mieux s’acquitter de leur mandat de protection de la population civile.  Concernant les capacités de développement, le représentant a plaidé pour une modernisation accrue des moyens technologiques dont doivent disposer les opérations de maintien de la paix.  « L’introduction des drones à haute altitude et grande autonomie dans les activités de la MONUSCO devrait renforcer la sécurité des Casques bleus », a-t-il estimé.  Le Comité des 34 devrait poursuivre ses efforts en vue de parvenir à la formulation de recommandations stratégiques basées sur le consensus le plus large possible, a-t-il souligné.

Mme LASEINDE (Nigéria) a déclaré que le maintien de la paix ne pouvait remplacer l’effort de construction des nations.  « C’est pourquoi, nous saluons les efforts du Secrétaire général pour dynamiser la consolidation de la paix au lendemain des conflits, en particulier en Afrique », a-t-elle ajouté.  La représentante, notant à son tour que la sécurité des Casques bleus était de plus en plus souvent menacée, a salué l’utilité des formations à la gestion des risques dispensées pour renforcer la réalisation du mandat de protection des civils.  Mme Laseinde a également considéré que les demandes de remboursement concernant les Casques bleus, ayant perdu la vie sur le terrain, devraient être satisfaites.  La représentante du Nigéria a conclu son intervention en saluant la création du groupe des amis de la présidence devant permettre au Comité des 34 de sortir de l’impasse et de produire des résultats positifs.

M. MD MUSTAFIZUR RAHMAN (Bangladesh) a rappelé que les opérations de maintien de la paix représentaient une activité phare de l’ONU.  Les besoins en matière de maintien de la paix augmentent et les mandats des opérations de l’ONU deviennent de plus en plus complexes.  C’est pourquoi, il est important d’établir un véritable partenariat entre le Secrétariat et les pays contributeurs de contingents, a-t-il souligné.  Il a également noté que le rôle des Casques bleus avait, aujourd’hui, changé et ne se limitait plus à observer des trêves.  « À mesure que les mandats des missions sont étendus, le financement de ces missions augmente », a-t-il souligné, en appelant à garantir que les ressources appropriées soient allouées aux opérations de maintien de la paix.

Le maintien et la consolidation de la paix constituent les deux faces d’une même médaille, a-t-il poursuivi, en estimant que l’appropriation nationale et le renforcement du rôle des organisations régionales étaient deux facteurs importants de réussite des opérations de maintien de la paix de l’ONU.  De même, il est nécessaire de prendre en compte la position des pays contributeurs de troupes lors de la définition des mandats et ces pays doivent participer équitablement à la prise de décision.  Par ailleurs, la modification du mandat d’une opération doit respecter les vues de ceux qui travaillent sur le terrain.  De plus, les pays contributeurs doivent être remboursés à temps et des compensations doivent être offertes sans délai en cas de décès.  Des mesures doivent également être prises pour assurer la sécurité des Casques bleus déployés sur le terrain, en particulier dans les zones à grands risques, a recommandé le représentant.

En conclusion, M. Rahman a déclaré que le maintien de la paix était un effort collectif, dont le succès dépend d’une concertation entre toutes les parties prenantes et de partenariats forts, basés sur l’expérience et les leçons apprises.

M. NOEL NELSON MESSONE (Gabon) est revenu sur le problème de la sécurité des personnels de l’ONU en général, et des opérations de maintien de la paix en particulier.  Il a estimé que l’ONU devrait œuvrer davantage pour réduire les risques et améliorer les conditions dans lesquelles opèrent ces hommes et ces femmes, par le renforcement des capacités humaines, techniques et matérielles leur permettant non seulement de mener à bien leurs missions, mais également de mieux se protéger.  M. Messone a ajouté que les réformes budgétaires de l’ONU devraient assurer aux opérations de maintien de la paix les moyens nécessaires pour leur permettre de s’acquitter de leurs tâches en fonction des besoins sur le terrain.

Le représentant du Gabon a ensuite insisté sur le multilinguisme qui contribue, selon lui, à l’efficacité des missions en facilitant la coopération et la communication avec les pays hôtes.  Le Gabon, a-t-il dit, encourage les efforts du Département des opérations de maintien de la paix sur cette question.  Le facteur de la langue doit être pris en compte dans le recrutement et le choix du commandement, ainsi que dans l’élaboration des manuels, directives et modules de formation, a précisé le représentant.  Il s’est réjoui de la coopération entre l’Organisation internationale de la Francophonie et l’ONU sur cette question.

L’exemple de la gestion de la crise malienne et la création de la MINUSMA démontre, selon M. Messone, que lorsqu’il y a coordination avec les organisations régionales et sous-régionales, des réponses peuvent être rapidement apportées aux situations de crise.  La situation en Centrafrique devrait être envisagée, a-t-il souhaité, par un traitement similaire.

M. RADISA GRUJIC (Serbie) a estimé que le maintien de la paix était l’un des instruments les plus efficaces à la disposition des Nations Unies pour garantir la paix et la sécurité internationales.  Compte tenu de l’évolution des conflits, des effets de la crise économique mondiale et de la multiplication des acteurs sur le terrain, il est nécessaire de renforcer la capacité opérationnelle des missions sur le terrain et d’en augmenter l’efficience.  Un dialogue constant et renforcé est déterminant pour que chaque opération soit adaptée à la réalité sur le terrain.  « Le maintien de la paix est une responsabilité collective », a-t-il dit, en appelant à renforcer les interactions entre les États Membres, le Conseil de sécurité, les pays contributeurs de troupes et les pays hôtes.  Les pays contributeurs de contingents, militaires ou civils, doivent ainsi être pleinement intégrés aux processus décisionnels.  Par ailleurs, la formation des personnels militaire et civil est cruciale, tout en veillant à ce que l’utilisation des ressources soit assurée efficacement.

La Serbie, a déclaré le représentant, est préoccupée par les attaques, de plus en plus fréquentes, perpétrées contre le personnel des opérations de maintien de la paix.  Il est nécessaire, a-t-il dit, de renforcer la sécurité de ce personnel sur le terrain.  C’est dans ce contexte, a indiqué M. Grujic, que la Serbie est en faveur de l’utilisation de nouvelles technologies, dont les drones, afin d’améliorer la protection des troupes onusiennes. 

La participation des femmes aux opérations de maintien de la paix est vitale, a estimé M. Grujic.  Par ailleurs, il a souligné que le rôle du Comité spécial des opérations de maintien de la paix était crucial et il devrait s’adapter à l’évolution de la situation.  Il a souhaité que sa session de 2014 soit couronnée de succès.  En tant que membre responsable de la communauté internationale, la Serbie participe à de nombreuses opérations de maintien de la paix en veillant à tirer les enseignements du passé, a rappelé le représentant avant de conclure.

M. MLUNGISI MBALATI (Afrique du Sud) a regretté que des Casques bleus de l’ONU aient perdu la vie à la suite d’attaques contre certaines opérations de maintien de la paix et a estimé que leurs efforts ne devaient pas être vains.  L’ONU doit prendre les mesures nécessaires pour garantir la sécurité des troupes déployées sur le terrain, ce qui passe, a-t-il estimé, par des mandats clairs pour les missions et des mesures punitives pour les responsables de ces actes.  Il faudrait en outre réviser les mémorandums d’accord avec les pays hôtes qui ont la responsabilité première de protéger le personnel des opérations de maintien de la paix, a rappelé le représentant.  L’Afrique du Sud est convaincue que les opérations de maintien de la paix ne doivent pas remplacer les stratégies de consolidation de la sécurité.  Il est essentiel que les ressources nécessaires soient fournies aux missions qui ont des mandats de plus en plus complexes.

L’Afrique du Sud, qui a toujours participé aux opérations de maintien de la paix, se félicite de coopération constante entre l’ONU et l’Union africaine.  Ce partenariat, a-t-il souhaité, devrait être renforcé en utilisant les avantages comparatifs de chacune des deux organisations.

Concernant les travaux du Comité des 34, le représentant a rappelé que le Comité était le principal organe subsidiaire chargé d’évaluer les politiques de maintien de la paix.  Il a regretté que le Comité ne soit, aujourd’hui, « qu’une instance de contestation » et que, de ce fait, il n’ait pas réussi à adopter le rapport sur les travaux de sa dernière session, à cause de divergences sur des questions de procédure et de méthodes de travail.

Pour ce qui est de l’utilisation des technologies modernes dans les opérations de maintien de la paix, le représentant de l’Afrique du Sud a demandé que des discussions de fond soient engagées sur cette question.  L’Afrique du Sud salue la résolution 2122 (2013) du Conseil de sécurité qui encourage la participation accrue des femmes dans les missions de maintien de la paix. 

M. ROBERTO BORJE (Philippines) a estimé que les opérations de maintien de la paix sont un outil essentiel pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales.  Ces opérations sont déployées dans des situations de conflit complexes.  L’ensemble des structures du maintien de la paix doit recevoir le soutien adéquat et les Casques bleus doivent être appuyés de façon adéquate, a insisté le représentant.  Cette complexité, a-t-il estimé, explique en partie les difficultés du Comité des 34 à adopter son rapport annuel.  Toutes les délégations devraient s’efforcer, dans un esprit d’ouverture et de confiance, à travailler en vue d’une solution rapide à ce problème. 

Les Philippines, en tant que pays contributeur de contingents depuis plus de 50 ans, sont présentes dans de nombreuses opérations, a rappelé le représentant, qui a souligné la nécessité de renforcer la coopération triangulaire entre les États Membres, les pays contributeurs de contingents et le Secrétariat.  Il faudrait également allouer les ressources appropriées à toutes les opérations et assurer la sécurité des Casques bleus déployés sur le terrain.  Leur vulnérabilité et la complexité de la situation sont démontrées par les nombreux incidents qui se sont produits sur le plateau du Golan, dont l’enlèvement de soldats philippins, a-t-il fait remarquer.

Pour améliorer la coordination, a déclaré M. Borje, il faudrait établir un mécanisme institutionnel de dialogue entre les pays fournisseurs de contingents, le Secrétariat et le Conseil de sécurité, notamment en matière de sécurité.  Par ailleurs, il a estimé qu’il était nécessaire de promouvoir la participation des femmes aux opérations de maintien de la paix.  Avant de conclure, le représentant a rendu hommage aux Casques bleus qui ont perdu la vie au service de la paix à travers le monde.

M. CHARLES M. MSOSA (Malawi) a souligné que son pays participait à des missions depuis 1994.  Le Malawi a récemment fourni un bataillon dans le cadre du déploiement de la Brigade d’intervention en République démocratique du Congo.  « Cette action démontre l’engagement du maintien de la paix et de la sécurité internationales, compte tenu du fait qu’il n’y a pas de développement sans paix durable », a-t-il souligné.  Après avoir rendu un hommage appuyé aux Casques bleus qui ont perdu la vie sur le théâtre des opérations, il a fustigé les auteurs de violences sexuelles perpétrées pendant les conflits.  Le représentant a exhorté les gouvernements et la communauté internationale à faire en sorte que les auteurs de tels crimes soient arrêtés et traduits en justice.  Il a conclu son intervention en appelant à recruter davantage de femmes qualifiées dans les opérations de maintien de la paix, aussi bien sur le terrain qu’au Siège de l’Organisation.

M. DURGA P. BHATTARAI (Népal) a déclaré que l’impasse dans laquelle se trouve actuellement le Comité spécial des opérations de maintien de la paix était préoccupante car, a-t-il rappelé, le maintien de la paix est une responsabilité fondamentale de l’ONU.  Les activités croissantes des opérations de maintien de la paix sont importantes, « les investissements en matière de paix sont également des investissements en faveur du développement », a-t-il souligné.

Le Népal, a rappelé le représentant, participe à de nombreuses opérations.  Le maintien de la paix est une entreprise qui appelle au renforcement du partenariat entre pays contributeurs, l’Assemblée générale, le Conseil de sécurité et le Secrétariat, a-t-il souligné.  C’est pourquoi, il est crucial que le Conseil de sécurité décide de mandats clairs et dégage les ressources nécessaires pour permettre à ces opérations de s’acquitter efficacement de leur rôle.  Les pays contributeurs devraient, en outre, être consultés de la phase de planification à celle du déploiement, dans un esprit de coopération.  Cela implique une meilleure représentation des pays contributeurs de contingents à toutes les étapes de la prise de décisions, a-t-il estimé.  Des solutions innovantes doivent être trouvées pour répondre au manque d’équipements nécessaires aux opérations de maintien de la paix.

Compte tenu de l’évolution des opérations de maintien de la paix, M. Bhattarai a souligné la nécessité de réfléchir aux enseignements tirés au cours de ces six dernières décennies, notamment en matière budgétaire.  Il faudrait également renforcer le rôle que doivent jouer les opérations de maintien de la paix afin de préserver la crédibilité de l’Organisation des Nations Unies.  Le Népal, a-t-il poursuivi, se réjouit des progrès accomplis en vue d’assurer une meilleure utilisation des ressources.

La protection des civils est un enjeu essentiel des opérations de maintien de la paix, tout comme la sécurité des Casques bleus, a-t-il insisté, en appelant à prendre des mesures concrètes tant pour assurer la protection des populations civiles que celle du personnel de l’ONU sur le terrain.  En conclusion, le représentant a demandé au Secrétariat d’accélérer les remboursements dus aux pays contributeurs de contingents, ainsi que le paiement d’une indemnisation en cas de décès, avant de rendre hommage à ceux qui ont sacrifié leur vie pour la paix et la sécurité et à ceux qui se dévouent pour que le monde devienne plus prospère et plus sûr.

M. REDOUANE HOUSSAINI (Maroc) a rappelé que les opérations de maintien de la paix constituaient l’un des principaux moyens à la disposition de l’ONU pour assurer le maintien de la paix et de la sécurité des Nations Unies, en soulignant que le consentement des parties était essentiel, comme l’impartialité des Casques bleus et le non-recours à la force, sauf en cas de légitime défense.

On ne peut avoir un débat sur le maintien de la paix sans aborder la nécessité d’une plus grande coopération entre les pays contributeurs de contingents, le Conseil de sécurité, les bailleurs de fonds et le Secrétariat, a estimé le représentant du Maroc.  En outre, le contexte géopolitique dans lequel sont menées les opérations de maintien de la paix a changé, et cela fait obligation à l’ONU de procéder à une évaluation continue et régulière de l’accomplissement de leur mandat et de déterminer s’il y a eu succès.  Le maintien de la paix est une responsabilité partagée, a insisté le représentant.  Ainsi, un nouveau partenariat pour le maintien de la paix est nécessaire, tout comme le renforcement du partenariat triangulaire entre le Conseil de sécurité, le Secrétariat et les pays contributeurs de troupes.

La participation du Maroc aux opérations de maintien de la paix, a déclaré M. Houssaini, s’est toujours faite dans le cadre de missions autorisées par les Nations Unies, dans le respect des principes régissant le maintien de la paix et avec une forte dimension humanitaire.  En conclusion, le représentant du Maroc a estimé qu’il était très important pour le Comité spécial d’achever les travaux de sa dernière session avec succès, en rappelant le rôle clef de cet organe dans l’élaboration des politiques générales du maintien de la paix.

M. MAURICIO ERNESTO GRANILLO, du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), a souligné que, comme le montrent les Missions de l’ONU en République démocratique du Congo (RDC) et au Mali, le mandat robuste confié aux missions de maintien de la paix augmente les risques pour les Casques bleus qui ne sont pas appelés à recourir à la force.  « La question est de savoir quand et comment le droit international humanitaire s’appliquera à leur action en est devenue d’autant plus pertinente », a-t-il estimé.  Il est important que le personnel de l’ONU engagé dans de telles opérations connaisse bien les règles et principes qui leur sont applicables, en particulier en matière de droits de l’homme, et y adhère scrupuleusement, a-t-il souligné.  L’observateur du CICR a relevé, par ailleurs, que les mesures prises par les missions de l’ONU pour faire en sorte que les parties à un conflit respectent le droit international humanitaire « contribuent, ainsi, à l’amélioration du sort de la population civile ».  Les « Standards professionnels pour les activités de protection menées par les organisations humanitaires et de défense des droits de l’homme lors de conflits armés et d’autres situations de violence » du CICR est un instrument utile pour les relations entre institutions, qui pourrait être utilisé dans l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies de protection des civils par les missions.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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