Le maintien de la paix est l’un des mécanismes les plus efficaces pour aider les pays confrontés à des transitions difficiles vers la paix, affirme M. Ladsous à la Quatrième Commission

28 octobre 2013
CPSD/540

Le maintien de la paix est l’un des mécanismes les plus efficaces pour aider les pays confrontés à des transitions difficiles vers la paix, affirme M. Ladsous à la Quatrième Commission

28/10/2013
Assemblée générale
CPSD/540
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Quatrième Commission                                       

15e séance – matin

LE MAINTIEN DE LA PAIX EST L’UN DES MÉCANISMES LES PLUS EFFICACES POUR AIDER LES PAYS CONFRONTÉS

À DES TRANSITIONS DIFFICILES VERS LA PAIX, AFFIRME M. LADSOUS À LA QUATRIÈME COMMISSION

M. Hervé Ladsous, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, a affirmé aujourd’hui que le maintien de la paix reste l’un des mécanismes les plus efficaces dont dispose la communauté internationale pour aider les pays confrontés à des transitions difficiles vers la paix.  Il a tenu ces propos devant la Quatrième Commission, chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation, qui commençait l’étude des opérations de maintien de la paix sous tous leurs aspects.

Cent quatorze mille hommes et femmes déployés dans 15 missions, dont 97 000 militaires et policiers, 16 725 personnels civils locaux et internationaux et un budget de 7,5 milliards de dollars.  Tels sont les moyens déployés par l’ONU dans l’un de ses mécanismes les plus efficaces, a précisé le Secrétaire général adjoint.  Des hommes et des femmes, a-t-il souligné, confrontés à trois facteurs qui auront un réel impact sur le paysage du maintien de la paix.

M. Ladsous a cité la nature changeante des conflits et les menaces non conventionnelles, comme au Mali aux prises avec le terrorisme, l’importance d’un engagement plus profond avec les organisations régionales et les contraintes budgétaires.

Face à ces facteurs, le Secrétaire général adjoint s’est fixé comme priorité l’accès aux ressources et aux équipements nécessaires dont les hélicoptères ou les véhicules blindés de transport de troupes, dont l’absence continue de retarder le déploiement complet de la Mission au Mali.  M. Ladsous a aussi parlé des systèmes aériens téléguidés qui devraient être opérationnels en République démocratique du Congo (RDC), au printemps prochain.

Comme autre priorité, il s’est attardé sur la capacité de relever le défi de la protection des civils, en rappelant que 9 opérations sur 15 ont ce type de mandat, soit 95% du personnel déployé.  En la matière, le fait que la Mission de l’ONU en RDC ait hérité d’un mandat offensif a suscité des inquiétudes chez les plus grands contributeurs de troupes, dont le Mouvement des pays non alignés, la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN).

Les représentants de l’Égypte, de Cuba et de la Thaïlande ont en effet dit craindre l’effet de tels mandats sur les principes fondamentaux du maintien de la paix dont l’impartialité et le non-recours à la force sauf en cas de légitime défense. 

Comme dernière priorité, le Secrétaire général adjoint a cité le démarrage rapide des activités de consolidation de la paix.  Cette année, a-t-il noté, le Conseil de sécurité a demandé aux Missions en RDC, en Côte d’Ivoire et au Libéria d’identifier des tâches à transférer aux équipes de pays des Nations Unies, mais, a-t-il prévenu, ces équipes ne sont pas toujours en mesure de lever les fonds nécessaires à l’accomplissement de ces tâches.

M. Ladsous n’est pas venu seul à la Quatrième Commission.  Il était accompagné de sa collègue de l’appui aux missions, la Secrétaire générale adjointe, Mme Ameera Haq.  Aux pays contributeurs de troupes qui ont exigé, une nouvelle fois, leur pleine participation au dialogue à chaque étape d’une opération de maintien de la paix, Mme Haq a parlé de la question de leur remboursement pour avoir mis soldats et policiers au service de l’ONU.  Elle a rappelé que l’Assemblée générale a adopté un nouveau cadre révisé au centre duquel se trouve une nouvelle démarche visant à comprendre les coûts réels supportés par les pays contributeurs de troupes.  Elle a assuré que son Département est en train de travailler aux moyens de mettre en œuvre ces nouvelles dispositions.

Avec son collègue des opérations de maintien de la paix, elle n’a pas manqué de rendre hommage aux 79 hommes et femmes qui sont morts, cette année, dans l’exercice de leurs fonctions.

Les délégations se sont dites déçues de l’impasse au Comité spécial des opérations de maintien de la paix qui n’a pas été en mesure d’adopter son rapport final, faute de consensus.  Elles ont réclamé une réunion intersession du Groupe des « Amis de la Présidence » pour étudier les méthodes de travail du Comité spécial.  Il faut veiller, a dit le représentant de l’Union européenne, à ce que le Comité spécial reste un forum fonctionnel capable de définir les lignes directrices du maintien de la paix, sur la base du consensus. 

La Quatrième Commission se réunira demain, mardi 29 octobre, à 10 heures, pour poursuivre son débat général sur l’étude d’ensemble de toute la question des opérations de maintien de la paix sous tous leurs aspects.

ÉTUDE D’ENSEMBLE DE TOUTE LA QUESTION DES OPÉRATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX SOUS TOUS LEURS ASPECTS

Déclarations liminaires

M. HERVÉ LADSOUS, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, a déclaré que le maintien de la paix reste l’un des mécanismes les plus efficaces de la communauté internationale pour aider les pays qui font face à des transitions difficiles vers la paix.  Il s’agit d’un instrument flexible et en mutation qui rassemble des éléments politiques, sécuritaires et autres.  Son impact est clair et quantifiable.  Les chercheurs ont conclu que ces dernières 65 années, un pays a deux fois moins de chances de replonger dans un conflit, après le déploiement d’une opération de maintien de la paix.

Le maintien de la paix, a poursuivi M. Ladsous, est un effort collectif qui dépend d’un partenariat efficace parmi la diversité des États Membres et au sein du système des Nations Unies.  Il se base de plus en plus sur un partenariat stratégique avec les organisations régionales et, pour assurer la viabilité des efforts, il exige un partenariat fort avec les gouvernements hôtes. 

Le Secrétaire général a ensuite cité trois facteurs qui auront un impact sur le paysage des opérations de maintien de la paix et d’abord, la nature changeante des conflits, comme en témoigne celui du Mali où le maintien de la paix doit opérer dans un contexte de menaces non conventionnelles et où la force militaire doit aussi mener des opérations antiterroristes ciblées.  En République centrafricaine, en Somalie et ailleurs, il faut réfléchir à la manière dont le maintien de la paix doit changer pour bien remplir les mandats multidimensionnels.  Dans ce type de contexte opérationnel, un soutien politique fort des États Membres est crucial, a souligné le Secrétaire général adjoint.

Comme deuxième facteur, le Secrétaire général adjoint a cité l’engagement avec les organisations régionales qui continue d’ailleurs de s’approfondir et de se diversifier, en particulier en Afrique.  Avec l’Union africaine et l’Union européenne, a-t-il estimé, il faut des arrangements plus souples et un engagement plus stratégique pour véritablement tirer parti de tout l’éventail des capacités. 

Enfin comme troisième facteur, le Secrétaire général adjoint a pointé le doigt sur l’environnement financier qui continue d’influencer le maintien de la paix et qui exige de l’ONU d’optimiser l’utilisation des ressources.  « L’investissement dans le maintien de la paix est un bon investissement », a-t-il affirmé.

Aujourd’hui, 114 000 hommes et femmes sont déployés dans les 15 opérations de maintien de la paix et la mission politique soutenue par le Département des opérations de maintien de la paix.  Il s’agit de 97 000 militaires et policiers, et de 16 725 personnels civils locaux et internationaux.  Le Secrétaire général adjoint a parlé de la nouvelle Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) dont le déploiement a été confronté à des difficultés.  Il a aussi parlé de la MINUAD au Darfour, de la MINUSS au Soudan du Sud, de la FISNUA à Abyei, de l’ONUCI en Côte d’Ivoire, de la MINUL au Nigéria, de la MONUSCO et sa Brigade d’intervention rapide, en République démocratique du Congo (RDC), du FNUOD et de la FINUL, au Moyen-Orient, de la MISNUS en Syrie, de la MINUSTAH, en Haïti, et de la MINUT au Timor-Leste. 

En plus des opérations existantes, le Conseil de sécurité, a rappelé M. Ladsous, a demandé au Secrétaire général d’explorer, conjointement avec l’Union africaine, les options pour une possible mission en République centrafricaine et en Somalie.

Venant aux priorités de son Département, le Secrétaire général adjoint a d’abord cité « la question vitale » des capacités nécessaires.  Il a souligné que la composante militaire des missions n’a toujours pas les « éléments habilitants » dont elle a besoin, comme les hélicoptères ou les véhicules blindés de transport de troupes.  La police n’a toujours ni les policières qu’il faut ni de personnel francophone en nombre suffisant, sans parler d’une formation adéquate ou des capacités de déploiement rapide.  

Le Secrétaire général adjoint s’est arrêté sur « le caractère essentiel ».  Il a annoncé la publication prochaine de nouveaux manuels couvrant 11 domaines militaires critiques.  Un manuel sur l’état-major est aussi à l’étude comme est en phase de finalisation, un guide sur la police dans les opérations de maintien de la paix.

M. Ladsous a aussi parlé du déploiement et de la génération des forces dont il faut accélérer le rythme, comme en attestent les retards dans le déploiement de la MINUSMA.  On pourrait, par exemple, a-t-il dit, puiser dans les capacités croissantes des partenaires régionaux ou faire appel à un groupe désigné de pays.  Comme la rapidité du déploiement dépend aussi de l’état de préparation du personnel, le Secrétaire général adjoint a dit l’intention de son Département et celui de l’appui aux missions de travailler avec les États Membres sur la manière d’améliorer l’architecture actuelle de la formation pour tirer le meilleur parti du réservoir d’expériences et de connaissances qui existe actuellement.  Il a aussi dit espérer pouvoir annoncer bientôt le nom du premier Directeur du Partenariat stratégique en matière de maintien de la paix.

Venant à la priorité « protection des civils », le Secrétaire général adjoint a rappelé que neuf opérations de la paix ont ce type de mandat, soit 95% du personnel déployé.  Parmi les efforts faits par son Département, il a par exemple indiqué que depuis avril 2011, plus de 500 militaires ont été formés à la question de la violence sexuelle dans les conflits armés et les formations se poursuivront en 2014.  En attendant plus de 9 000 policiers ont déjà reçu une formation.  Le Département a également finalisé du matériel de formation pour le personnel en uniforme concernant la protection des enfants.

Une autre priorité est le démarrage rapide des efforts de consolidation de la paix, a souligné M. Ladsous.  Les missions doivent pouvoir contribuer au renforcement des capacités nationales, en particulier dans les domaines de l’état de droit et des institutions chargées de la sécurité.  Cette année, par exemple, le Conseil de sécurité a demandé à la MONUSCO, à l’ONUCI et à la MINUL d’identifier des tâches à transférer aux équipes de pays des Nations Unies, mais, a prévenu le Secrétaire général adjoint, ces équipes ne sont pas toujours en mesure de lever les fonds nécessaires à l’accomplissement de ces tâches.  Le soutien au développement des institutions nationales est complexe et exige de bien comprendre que les facteurs politiques, sécuritaires et économiques des conflits, sont étroitement liés.

Le Secrétaire général adjoint n’a pas conclu sans rendre hommage aux 79 hommes et femmes qui sont morts, cette année, au cours des opérations.

La Secrétaire générale adjointe à l’appui aux missions, Mme AMEERA HAQ, a elle aussi rendu hommage aux 79 Casques bleus qui ont perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions.  Depuis ma nomination, a-t-elle dit, j’ai consacré beaucoup de temps aux différentes réformes lancées par mon Département (DAM), le DPKO et l’ONU, dans son ensemble.  Cela n’a pas toujours été facile, a-t-elle avoué, car l’année a été marquée par une séquence ininterrompue de nouveaux défis et de nouvelles exigences opérationnelles.

Au cours de ces 18 derniers mois, le Département de l’appui aux missions (DAM) a appuyé trois nouvelles missions à Abyei, en Syrie et au Mali, et trois nouvelles missions politiques en Libye, en Somalie et dans la région des Grands Lacs.  Avec un budget d’environ 7,5 milliards de dollars US pour la période 2013-2014, Mme Haq table sur une baisse du coût par tête de l’ordre de 15% entre la période par rapport à 2008-2009.  Si le Conseil de sécurité n’avait pas autorisé de nouvelles missions cette année, l’ONU aurait enregistré une baisse de 5%, soit 320 millions de dollars, a précisé la Secrétaire générale adjointe.

Tout en reconnaissant l’importance qu’il y a à utiliser les ressources disponibles de manière responsable, Mme Haq a voulu que l’on ne perde pas de vue la priorité incontournable qui est de garantir un environnement sûr et sécurisé au personnel de maintien de la paix, ce qui signifie qu’il y aura probablement une augmentation des dépenses dans ce domaine.

Mme Haq a également brossé un tableau du Système mondial d’appui aux bureaux extérieurs (GFSS), qui en est à sa quatrième année de fonctionnement.  Le prochain rapport du Secrétaire général devrait présenter la « vision finale » pour chacun des quatre piliers de cette stratégie qui sont le partage des services communs; la gestion de la chaîne d’approvisionnement; les ressources humaines et les aspects financiers.  Il s’agit aujourd’hui de faire en sorte que les systèmes mis en place pour faciliter et améliorer la fourniture des services aux missions perdurent, a-t-elle indiqué. 

Dans ce contexte, elle a parlé du Centre de services régional d’Entebbe qui a soutenu les opérations en Afrique de l’Est notamment par le biais du Centre de contrôle intégré des transports et des mouvements.  Mise à part cette stratégie globale, le DAM travaille à la mise en place des normes IPSAS et attend de jouir des bénéfices d’UMOJA.

La Secrétaire générale adjointe a prévenu qu’un des défis sur le terrain demeure la mise à disposition des éléments habilitants et des multiplicateurs de force, dont les capacités aériennes.  Il s’agit d’un véritable « goulet d’étranglement » aujourd’hui et il faut y remédier.  Mme Haq a également évoqué les révisions majeures qui ont été apportées au manuel d’appui médical, ce qui devrait avoir une influence fondamentale sur le bien-être du personnel déployé.

Après l’adoption de la résolution 2122, par laquelle le Conseil de sécurité encourage la participation des femmes aux opérations de maintien de la paix (OMP), Mme Haq a encouragé les États Membres à rechercher de façon active des candidates qualifiées aux postes de maintien de la paix.

Le DAM accorde également la priorité au renforcement des capacités de personnel local, ce qui est directement lié au succès des mandats des missions.  À cette fin le Département réfléchit aux façons de mieux utiliser leurs compétences en vue d’un transfert de responsabilité de certaines tâches. 

Mme Haq s’est attardée sur la question de la redevabilité qui, selon elle, va de pair avec la responsabilité et l’autorité.  L’ONU doit prêcher par l’exemple.  Le DAM a défini des politiques qui établissent des seuils non négociables de conduite pour le personnel de maintien de la paix de l’ONU, dont « la politique de diligence voulue en matière de droits de l’homme dans le contexte de la fourniture d’appui par l’ONU à des forces de sécurité non onusiennes » et « la politique de vérification des antécédents de respect des droits de l’homme dans le personnel de l’ONU ». 

Depuis que le Secrétaire général a accepté la politique de vérification des antécédents de respect des droits de l’homme en décembre dernier, des mesures significatives ont été prises pour aligner les pratiques du DOMP et du DAM avec cette politique.  La responsabilité première de cette vérification revient toutefois aux États Membres qui déploient leur personnel, a-t-elle précisé.  La coopération avec eux est indispensable, en particulier lorsqu’il faut sanctionner ceux qui ont commis des offenses conformément à leurs juridictions nationales.

Pour ce qui est du processus engagé par les États Membres sur la question des taux de remboursement des pays contributeurs de contingents, Mme Haq a rappelé que l’Assemblée générale a adopté un nouveau cadre révisé au centre duquel se trouve une nouvelle démarche visant à comprendre les coûts réels supportés par les pays contributeurs de troupes, lorsqu’ils mettent des ressources essentielles, leurs soldats et leurs policiers, au service de l’ONU.  Des informations détaillées et complètes sur ces coûts permettraient en effet à l’Assemblée générale d’établir le taux de remboursement.

La Secrétaire générale adjointe a indiqué que l’étude révisée du coût du personnel que son Département effectue en ce moment porte sur un échantillon représentatif de 10 pays contributeurs de troupes et d’effectifs de police.  Le Département réfléchit aussi à la manière de mettre en œuvre d’autres dispositions, dont l’introduction de deux nouvelles primes potentielles. 

L’année 2014, a-t-elle espéré, peut être celle d’une convergence unique d’occasions d’introduire des améliorations très attendues dans le système de compensations des Nations Unies.  Quand il a pu compter sur les ressources nécessaires, quand les États Membres l’ont voulu flexible et réactif et quand la volonté politique lui a donné l’énergie qu’il fallait, le maintien de la paix a démontré qu’il est un instrument efficace de gestion des conflits et de consolidation de la paix, a conclu Mme Haq.

Débat général

M. MOHAMED SARWAT SELIM (Égypte), intervenant au nom du Mouvement des pays non alignés, a insisté sur 13 points et d’abord sur l’importance du consensus s’agissant de la formulation des politiques et stratégies à mettre en place.  Le Secrétariat doit éviter de travailler sur des bases qui n’ont pas été agréées par le processus intergouvernemental, car le Comité spécial est le seul organe chargé de la définition des politiques en matière de maintien de la paix, a tranché le représentant.

En deuxième lieu, le représentant a souligné l’importance de doter les opérations de toutes les ressources financières, humaines, militaires et civiles nécessaires.  Dans ce contexte, il s’est opposé à toute modification du mandat des opérations sans l’accord préalable des pays fournisseurs de contingents.

En troisième lieu, il a appelé à un engagement fort et clair du Conseil de sécurité à formuler des mandats clairs et réalisables, fondés sur des évaluations objectives, gardant à l’esprit le succès d’une opération qui dépend d’abord et avant tout du lien entre formulation des politiques et mise en œuvre sur le terrain.

Le représentant a ensuite insisté sur l’importance d’une pleine participation des pays contributeurs de troupes à la formulation des politiques, insistant sur la nécessaire coopération triangulaire entre ces pays, le Secrétariat et le Conseil de sécurité. 

Le représentant s’est aussi opposé à donner aux Casques bleus, « de manière injustifiée », l’autorisation de recourir à la force, ce qui pourrait faire bouger les lignes entre maintien et imposition de la paix et compromettre ainsi l’impartialité de la composante militaire d’une mission.

Il a également voulu que l’on accorde l’attention requise aux stratégies de sortie; les efforts visant à régler les conflits devant être l’objectif principal de toute stratégie.

Le représentant a appelé à une meilleure intégration des efforts de maintien et de consolidation de la paix.  Le but ne devrait pas être de baisser le coût du maintien de la paix mais bien de renforcer la faculté des États à éviter de replonger dans le conflit. 

La protection des civils, a-t-il poursuivi, ne devrait pas servir de prétexte à une intervention militaire des Nations Unies.  Le manque de ressources et la difficulté à rassembler les troupes et les équipements nécessaires à une intervention militaire devraient être étudiés.  Il faut aussi étudier les difficultés juridiques liées à la qualification des civils dans les conflits armés comme combattants, en particulier dans les conflits où l’on voit des parties civiles armées.

Le représentant a aussi plaidé pour que l’on appuie comme il se doit les activités de police dans les opérations de maintien de la paix, avant de plaider pour un appui renforcé de l’ONU aux opérations de l’Union africaine.

Il a appelé à des consultations sur la mise en œuvre de la stratégie globale d’appui aux missions et souligné que le Comité spécial des opérations de maintien de la paix est le seul organe habilité à étudier ces opérations.  Il a argué que la dernière session a montré qu’il faut plus de volonté politique.  L’adoption par consensus du rapport final a été et est toujours la priorité du Mouvement des pays non alignés. 

Enfin, le représentant a souligné l’importance de terminer le travail pour parvenir très vite à un système de révision périodique des taux de remboursement aux pays contributeurs de troupes.  Le Mouvement des pays non alignés fournit la majorité des contingents militaires et de police, a rappelé le représentant.

M RODOLFO REYES RODRÍGUEZ (Cuba), au nom de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), a, à son tour, souligné l’importance du Comité spécial comme organe intergouvernemental « unique et irremplaçable » pour étudier la question des opérations de maintien de la paix sous tous ses aspects.  Il a profondément regretté que le Comité n’ait pas pu parvenir à un accord sur les recommandations du Groupe de travail plénier.  Elle a donc souhaité que le Groupe des Amis de la Présidence sache relever le défi.  La CELAC, a-t-il promis, fera tout pour que le rapport du Comité spécial continue d’être un instrument « pertinent, important, analytique et substantiel », ce qui est « essentiel » pour le renforcement du partenariat mondial autour du maintien de la paix.

Cela est d’autant plus important, à la lumière des développements complexes dont l’autorisation d’opérations offensives à la MONUSCO.  Une telle décision, a-t-il dit, doit être examinée et évaluée, en tenant compte des effets importants qu’elle peut avoir sur les principes fondamentaux du maintien de la paix, la sécurité des Casques bleus et la tâche multidimensionnelle de protection des civils. 

Face à la complexité et au nombre croissant des missions politiques spéciales et à leur interaction avec les opérations de maintien de la paix, le représentant s’est dit attaché à promouvoir les débats sur ces missions afin de les rendre plus transparentes, plus comptables de leurs actes et plus efficaces.

Il n’a pas manqué de souligner que la MINUSTAH est toujours un facteur clef pour aider Haïti à consolider la stabilité et l’état de droit et à relancer son développement économique et social.  Il a donc souligné la nécessité de doter la Mission de ressources financières nécessaires.  Maintenant que la Mission entre dans sa phase de consolidation, la CELAC souligne l’importance de maintenir l’engagement international en faveur du développement d’Haïti puisqu’il s’agit là d’une dimension clef de la stabilité à long terme. 

M. NATTAWUT SABYEROOP (Thaïlande) qui s’exprimait au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), a fermement condamné les attaques contre le personnel de maintien de la paix.  Avec 4 000 personnes déployées, les pays de l’ASEAN réaffirment qu’il faut doter ces missions des moyens nécessaires pour garantir la sécurité et la défense de leur personnel, et lancent un appel à toutes les parties concernées pour qu’elles respectent leur statut consacré par le droit international.

Le représentant s’est aussi fait l’écho de la déception générale face à l’impasse au Comité spécial des opérations de maintien de la paix due à des questions de procédure.  Il a demandé la convocation du Groupe des Amis de la Présidence pour discuter des méthodes de travail du Comité.

À son tour, il s’est dit préoccupé par la conformité des mandats tels que celui de la Brigade d’intervention de la MONUSCO avec les principes fondamentaux du maintien de la paix.  Il a donc jugé nécessaire d’évaluer régulièrement les choses pour collecter des informations propres à fonder des décisions similaires à l’avenir.  Il a souhaité que les pays contributeurs de contingents soient inclus dans le dialogue à toutes les étapes d’une opération de maintien de la paix, y compris à la formulation et la révision d’un mandat. 

Il a, lui aussi, voulu que l’on mette l’accent sur une intégration plus marquée du maintien de la paix et de la consolidation de la paix.  Cela signifie que le personnel de maintien doit avoir la formation nécessaire sur le renforcement des capacités civiles et institutionnelles pour assurer une transition sans heurt vers une paix durale.  L’étape du développement postconflit doit être marquée par un dialogue accru avec le pays hôte en vue de faciliter l’appropriation nationale.  À cet égard, le représentant a insisté sur le caractère essentiel de la Commission de consolidation de la paix et de la coopération Sud-Sud et triangulaire.

Le représentant a indiqué que les pays de l’ASEAN travaillent sur un réseau de Centres de maintien de la paix pour faciliter la coordination.  Il a parlé d’autres mécanismes comme le Forum régional de l’ASEAN et la réunion des ministres de la défense.

S’exprimant ensuite en sa qualité nationale, le représentant de la Thaïlande a rappelé que son pays avait déployé du personnel de maintien de la paix dans plus de 20 missions dans le monde entier, et actuellement au Soudan, au Soudan du Sud, au Cachemire, au Libéria et en Haïti.  La Thaïlande cherche d’autres opportunités pour être davantage impliquée dans les opérations, en particulier par une contribution d’ingénieurs militaires, d’unités médicales et d’officiers femmes, y compris de police.  La Thaïlande est convaincue qu’une présence plus marquée du personnel féminin serait positive, surtout là où on assiste à la violence et l’exploitation des femmes et des enfants.

M. JIM McLAY (Nouvelle-Zélande), s’exprimant également au nom du Canada et de l’Australie (CANZ), a relevé que les mandats des opérations de maintien de la paix deviennent plus complexes et que les États ont ainsi un rôle crucial pour renforcer le partenariat avec l’ensemble des parties prenantes.  Comme cela a été reconnu par la résolution 2086 du Conseil de sécurité, les opérations de maintien de la paix contemporaines doivent adopter une approche multidimensionnelle afin d’assurer une stratégie cohérente visant à faciliter la consolidation de la paix, la prévention des conflits, ainsi que la paix et le développement durables.  Le Secrétariat joue également un rôle important pour faciliter le dialogue et donner une direction stratégique au maintien de la paix, a-t-il ajouté.  De même, les organisations régionales et les agences onusiennes sont très importantes dans les situations postconflit.

M. McLay a estimé que des standards cohérents et une orientation claire sont essentiels dans la planification et la mobilisation de ressources pour les opérations de maintien de la paix.  La formation des contingents constitue également une composante cruciale des efforts de maintien de la paix. 

Le représentant a déploré les attaques contre le personnel des Nations Unies qui deviennent de plus en plus habituelles.  La question de la sécurité des contingents onusiens est importante et elle doit être traitée en priorité, a-t-il affirmé.  Les opérations doivent également bénéficier du soutien opérationnel nécessaire, et en particulier d’hélicoptères afin d’assurer leur mobilité.  Il faut envisager l’utilisation de technologies modernes dans les missions de maintien de la paix, a estimé M. McLay, avant d’affirmer que l’utilisation de systèmes aériens téléguidés non armés améliorera la situation et renforcera la sécurité des contingents. 

La protection des civils reste une question centrale pour la crédibilité et l’effectivité globale des opérations de maintien de la paix, a poursuivi le représentant, en notant que même si la responsabilité principale de protéger les civils est du ressort des États hôtes, les Casques bleus peuvent jouer un rôle dissuasif et utiliser la force pour protéger les populations civiles. 

L’état de droit est une condition préalable au développement durable et à la paix, a-t-il insisté.  Il a ainsi salué la création de la Cellule mondiale de coordination des activités policières, judiciaires et pénitentiaires de promotion de l’état de droit au lendemain de conflits et d’autres crises au sein du Département des opérations de maintien de la paix.

Il a réaffirmé l’engagement du CANZ à renforcer l’efficacité opérationnelle des opérations de maintien de la paix.  La prise en compte de l’expérience des femmes renforce l’efficacité opérationnelle des missions onusiennes, a-t-il argué.  La réussite des transitions, a-t-il aussi argué, dépend de la clarté du mandat et des objectifs de l’opération, ainsi que des évaluations sur la base d’informations précises.  Elle dépend aussi de la qualité du partenariat avec l’ensemble des parties prenantes.  Les activités du Comité des 34 sont essentielles, a dit le représentant, en déplorant l’absence de rapport pour la présente session.  Toutes les délégations devront donc travailler de façon pragmatique et constructive afin de restaurer le partenariat essentiel sur lequel repose le maintien de la paix, a-t-il déclaré pour conclure.

M. IOANNIS VRAILAS, Union européenne (UE), a réaffirmé l’appui de l’Union européenne aux secteurs stratégiques et priorités identifiés par le DPKO et le DAM, en particulier leur approche basée sur les capacités.  Cette approche axée sur « l’ajustement de la taille » des missions de l’ONU et la volonté de mettre l’accent sur leurs performances, leurs normes et la formation du personnel, devrait permettre de mieux faire face aux situations de plus en plus exigeantes dans un contexte de ressources limitées, a-t-il estimé.  Compte tenu de cette difficulté, la coopération intermissions devrait être renforcée davantage.  À ce titre, l’Union européenne soutient la mise en place du nouveau poste de Directeur des partenariats stratégiques.  Elle encourage en outre les efforts du Secrétariat pour utiliser les nouvelles technologies dans le domaine du maintien de la paix, citant à titre d’exemple le déploiement de drones pour la MONUSCO.  L’Union européenne estime qu’il faudrait également envisager l’utilisation de telles technologies dans d’autres missions.

L’Union européenne, a dit son représentant, tient à mettre l’accent sur la protection des civils, en tant que dimension clef du maintien de la paix et aspect souvent décisif du succès et de la légitimité des opérations de l’ONU.  Elle salue donc l’adoption récente de la résolution 2122 du Conseil de sécurité qui encourage la participation des femmes à ces missions.  La question de la bonne conduite du personnel de maintien de la paix est essentielle, et il faut veiller au respect de la politique de tolérance zéro, a souligné M. Vrailas.  Consciente de l’importance des partenariats dans le domaine du maintien de la paix, l’Union européenne, a-t-il ajouté, continue à renforcer sa coopération avec les Nations Unies comme en témoigne le cas du MALI où l’EUTM et la MINUSMA travaillent étroitement ensemble.

En ce qui concerne le Comité spécial du maintien de la paix (C-34), l’Union européenne estime qu’il faut faire attention à ce qu’il reste un forum fonctionnel capable de définir de lignes de conduite du maintien de la paix sur la base d’un consensus.  À cet égard, l’Union européenne attend le travail du Groupe des Amis de la Présidence qui devrait permettre de préparer une meilleure base pour la prochaine session.  L’Union européenne est disposée à s’engager de manière constructive dans ces efforts.

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