Quatrième Commission: plusieurs pays africains appuient la proposition du Maroc sur un statut d’autonomie au Sahara occidental

11 octobre 2013
CPSD/532

Quatrième Commission: plusieurs pays africains appuient la proposition du Maroc sur un statut d’autonomie au Sahara occidental

11/10/2013
Assemblée générale
CPSD/532
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Quatrième Commission                                       

7e séance – après-midi


QUATRIÈME COMMISSION: PLUSIEURS PAYS AFRICAINS APPUIENT LA PROPOSITION DU MAROC

SUR UN STATUT D’AUTONOMIE AU SAHARA OCCIDENTAL


La RDC, le Sénégal, la République centrafricaine, le Togo et la Gambie ont clairement appuyé, cet après-midi, l’« initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie de la région du Sahara », formulée en 2007, alors que laQuatrième Commission poursuivait son débat général sur les questions de décolonisation.


L’initiative marocaine reste une base de négociation pour aboutir à une solution politique juste, a argué le représentant de la RDC, en rappelant que le Conseil de sécurité a demandé aux parties de faire preuve de « réalisme ».  Il s’agit, a commenté à son tour son homologue gambien d’un « cadre réaliste et sérieux afin de garantir la paix et le développement du Sahara occidental ».  La proposition marocaine, a renchéri le représentant du Sénégal, pourrait constituer une solution équilibrée de compromis, en ce qu’elle pose les bases d’une certaine autonomisation du Sahara occidental à travers la mise sur pied au niveau local, d’instances et d’institutions exécutives, législatives et judiciaires dotées de compétences propres.


Il n’y a pas de meilleur engagement démocratique que celui d’un État qui concède à une partie de son territoire la gestion démocratique et autonome de ses affaires, a tranché le représentant de la République centrafricaine, en estimant que le règlement concerté et négocié du conflit contribuerait à endiguer une probable émergence d’un nouveau foyer de tensions au Maghreb.  L’approche marocaine, a ajouté son homologue du Togo, a le mérite de représenter « le juste milieu des attentes des deux parties et de transcender leurs positions traditionnelles ».  « Il est temps de donner une chance à la paix, en approuvant le plan marocain », s’est impatienté le représentant gambien.


Les Îles Falklands/Malvinas ont fait l’objet de plusieurs interventions des pays de la région d’Amérique latine et des Caraïbes, qui ont réaffirmé les « droits souverains » de l’Argentine sur les « îles Malvinas », Géorgie du Sud et Sandwich du Sud, ainsi que sur les territoires maritimes adjacents.  Plusieurs intervenants ont appelé le Royaume-Uni et l’Argentine à reprendre les négociations en vue de trouver une solution négociée et pacifique à ce « conflit de souveraineté ».


En mars 2013, a rétorqué le représentant du Royaume-Uni, 99,8% de la population des « Îles Falklands » ont voté en faveur de l’option de rester sous tutelle britannique.  Il a expliqué que tant que c’était là le souhait de la population, son gouvernement resterait engagé pour le développement et la sécurité de ces îles, conformément au « Livre blanc ».  Les deux seuls principes applicables dans le contexte de la décolonisation, a argumenté le représentant de l’Équateur, sont l’autodétermination et l’intégrité territoriale et en conséquence, dans le cas des « îles Malvinas », seul le dernier principe est valable.  Il reprenait ainsi l’argument de l’Argentine selon lequel « le référendum a été organisé par des Britanniques pour des Britanniques à qui on demandait s’ils voulaient rester Britanniques ». 


La Quatrième Commission tiendra sa prochaine réunion lundi 14 octobre, à 10 heures, pour achever son débat général.  La Commission devrait également adopter, au cours de cette séance, des projets de texte relatifs aux territoires non autonomes.


SUITE DU DÉBAT GÉNÉRAL SUR TOUTES LES QUESTIONS RELATIVES À LA DÉCOLONISATION


M. ROBERT GUBA AISI (Papouasie-Nouvelle-Guinée), qui s’exprimait au nom du Groupe du fer de lance mélanésien, a déclaré, au sujet de la Nouvelle-Calédonie, que le Groupe recommande le renforcement des capacités institutionnelles du peuple autochtone kanak.  « Toutes les parties, y compris la France en tant que Puissante administrante, doivent œuvrer dans le cadre des paramètres de l’Accord de Nouméa et des résolutions pertinentes de l’Assemblée générale », a-t-il ajouté.  Il a souligné la nécessité que l’ONU, par le biais de son Comité des Vingt-Quatre, coopère étroitement avec la Nouvelle-Calédonie « au cours de cette période importante ».  Pour M. Aisi, « la France doit envoyer des messages clairs pour ce qui est du rééquilibrage économique du territoire ou encore du transfert des responsabilités en matière d’éducation ».  Le représentant a rappelé que la tenue d’un processus électoral juste, transparent et crédible en vue des élections provinciales de mai 2014, et celle d’un référendum sur l’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie sont des impératifs.  M. Aisi a également plaidé pour un renforcement de la formation professionnelle des populations kanakes et en faveur d’un partage équilibré des produits de l’exploitation des importantes ressources naturelles de la Nouvelle-Calédonie.


M. YUSRA KHAN (Indonésie) a vivement encouragé les puissances administrantes à prendre les mesures nécessaires pour mettre en œuvre la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux.  Il a salué les progrès enregistrés dans le processus de décolonisation des Tokélaou et a félicité, à cet égard, la Nouvelle-Zélande.  Il s’est dit convaincu que la décolonisation était par nature un processus visant un statut politique permanent.  Le système des Nations Unies devait continuer de réfléchir aux moyens de renforcer son soutien aux territoires non autonomes, y compris leurs capacités à s’administrer eux-mêmes.  Il a souligné, à ce titre, les vulnérabilités de ces territoires, dont un manque de ressources naturelles, leur éloignement géographique, l’étroitesse de leurs marchés intérieurs et une forte exposition aux risques de catastrophes naturelles.  Il a relevé le rôle important que jouent les organisations régionales et sous-régionales.


M. JAIME HERMIDA CASTILLO (Nicaragua) a réitéré son engagement en faveur de la lutte contre le colonialisme et pour l’autodétermination de tous les peuples et territoires non autonomes, qui souffrent toujours des vestiges du colonialisme.  Il a réaffirmé que le processus de décolonisation ne saurait connaître d’exceptions et qu’il doit donc s’appliquer au « peuple frère » de Porto Rico.  L’Assemblée générale doit, une fois pour toutes, examiner de façon approfondie et sous tous ses aspects la situation coloniale de Porto Rico, a-t-il estimé. 


M. Castillo a rappelé les « droits souverains légitimes » de l’Argentine sur les îles Malvinas, Géorgie du Sud et Sandwich du Sud, et sur les territoires maritimes adjacents.  « Le Royaume-Uni ne peut pas ignorer les appels de la communauté internationale l’enjoignant de retourner immédiatement à la table des négociations avec l’Argentine », a plaidé le représentant nicaraguayen, estimant qu’il est urgent de trouver une solution négociée à ce conflit de souveraineté.  La remilitarisation de la région par le Royaume-Uni n’est pas conforme à la recherche d’une solution pacifique, a ajouté le représentant.  Il a aussi évoqué la situation du Sahara occidental, affirmant que la seule solution pour que le peuple sahraoui puisse enfin exercer son droit inaliénable à l’autodétermination, conformément à la résolution 1514 (XV) et la Charte des Nations Unies, passe par l’organisation d’un référendum sous l’égide des Nations Unies.


M. SAMUEL MONCADA (Venezuela) a réitéré le droit à l’autodétermination et à l’indépendance du peuple de Porto Rico, appelant les États-Unis à mettre fin à leur « tutelle » et l’Assemblée générale à poursuivre l’examen approfondi et sous tous ses aspects, de la question de Porto Rico.  Le Venezuela, a affirmé le représentant, appuie les droits souverains de l’Argentine sur les îles Malvinas, Géorgie du Sud et Sandwich du Sud, ainsi que sur les territoires maritimes adjacents, et appelle le Royaume-Uni et l’Argentine à reprendre les négociations en vue de trouver une solution négociée et pacifique à ce conflit de souveraineté.  À cet égard, il a relevé que l’Assemblée générale a confié au Secrétaire général un mandat de bons offices afin qu’il poursuive ces efforts auprès des parties. 


Le Venezuela, a-t-il dit, rejette tous les exercices militaires sur les îles Malvinas, qui sont une violation des résolutions pertinentes des Nations Unies et des règles de l’Organisation maritime internationale.  Les deux parties doivent s’abstenir de prendre des décisions qui constitueraient des modifications unilatérales de la situation, a-t-il ajouté.  M. Moncada a également rappelé que le Venezuela a reconnu la République arabe sahraouie démocratique en 1983 et a souligné que « toutes les options disponibles pour l’autodétermination d’un territoire sont valables, tant qu’elles sont clairement exprimées par la population, conformément aux dispositions de la résolution 1514 (XV) ».  Il a également appuyé, pour conclure, la résolution 67/265 du 1er mars 2013 sur l’autodétermination de la Polynésie française, appelant la France à faciliter le processus d’autodétermination du peuple de ce territoire non autonome. 


M. PHILLIP TAULA (Nouvelle-Zélande) a réitéré l’engagement de son pays à coopérer avec le Comité spécial pour que soit fournies en temps voulu toutes les informations adéquates relatives à la situation du territoire non autonome des Tokélaou.  Il a rappelé que depuis 2008, les relations entre son pays et Tokélaou se sont concentrées sur la fourniture de services essentiels aux habitants des trois atolls, conformément à la décision commune des dirigeants des Tokélaou et de la Nouvelle-Zélande.


Il a également rappelé que les résultats des référendums d’autodétermination de 2006 et 2007 avaient montré que le peuple des Tokélaou considérait que les conditions n’étaient pas encore réunies pour le changement constitutionnel.  « Pour la Nouvelle-Zélande, qui contribue à 75% au budget des Tokélaou, il reste aussi beaucoup à faire », a-t-il ajouté, avant de mettre en avant l’Engagement conjoint pour le développement signé entre les deux parties en 2011.


Le représentant a poursuivi en indiquant que le secteur de la pêche s’était significativement développé sous l’impulsion des autorités locales.  À leur demande, elles ont aussi pris en charge la gestion de la zone économique exclusive et initié un projet d’énergie renouvelable au photovoltaïque ayant permis aux villages des Tokélaou de réduire leur consommation de diesel de 80% et d’être autosuffisant.  « Nous espérons que l’attention va se porter maintenant sur les projets de développement des infrastructures qui incluent deux écoles et un hôpital », a-t-il encore indiqué, soulignant que les relations entre son pays et Tokélaou restaient fondées sur le respect mutuel. « La Nouvelle-Zélande respecte le souhait du peuple des Tokélaou et continuera à travailler avec lui à mesure qu’il dessinera son propre chemin et avancera vers une plus grande autonomie », a-t-il conclu.


M. KELEBONE A. MAOPE (Lesotho) a regretté la lenteur du processus de décolonisation puisque depuis 68 ans, les Nations Unies n’en sont toujours pas venues à bout, et que cette année, on a même rajouté la Polynésie française à la liste des territoires qui vivent toujours sous le joug colonial.  Il faut, selon lui, s’engager sur la voie d’un multilatéralisme constructif et renouveler l’engagement pris par la communauté internationale de pleinement respecter les principes de la Charte des Nations Unies pour garantir que tous les peuples puissent jouir du droit à l’autodétermination.  À cet égard, il a appelé les puissances administrantes à mettre en place des mécanismes en vue de permettre aux peuples des territoires d’exercer ce droit inaliénable.


M. Maope est revenu sur la Déclaration du vingt et unième Sommet de l’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine qui réaffirme le soutien inconditionnel à la fin de la décolonisation sur le continent sur la base du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de ses États membres, ainsi que de la protection du droit à l’autodétermination.  Dans ce contexte, le Lesotho réitère le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.  Il appuie les efforts du Secrétaire général et de son Envoyé personnel pour trouver une solution durable à cette question, qui passe, pour le représentant, par des négociations sans condition préalable entre le Maroc et le peuple sahraoui.


M. ANATOLIO NDONG MBA (Guinée équatoriale) s’est félicité des efforts consentis par le Secrétaire général et son Envoyé personnel en vue de trouver une solution viable et réaliste au conflit du Sahara occidental.  Seule une solution négociée sur la base d’un esprit de compromis permettra de mettre un terme au conflit, a ajouté le représentant.  À cet égard, les parties au conflit doivent renforcer leur coopération avec les Nations Unies afin d’améliorer la situation des droits de l’homme et assurer le développement économique du Sahara occidental.  « La paix et la sécurité sont des éléments fondamentaux du développement durable et du bien-être de la population », a-t-il conclu.


M. BUMBA VANGU (République démocratique du Congo - RDC) a expliqué que, sur la plupart des questions coloniales renvoyées à la Quatrième Commission, son pays s’aligne sur les positions défendues par les grands ensembles régionaux et sous-régionaux dont il est membre.  Toutefois, pour ce qui est de « la question épineuse » du Sahara occidental, la RDC réaffirme son soutien aux efforts déjà entrepris par le Secrétaire général, le Conseil de sécurité ainsi que la communauté internationale pour parvenir à une solution politique juste.  Elle regrette les difficultés rencontrées dans le cadre de ce processus et reste convaincue que l’initiative marocaine, qui s’investit dans la voie de l’autonomie du Sahara occidental et de la démocratie, reste une base de négociation pour aboutir à une solution politique juste.  Le représentant a rappelé que dans sa résolution 1979 sur le Sahara occidental, le Conseil de sécurité a demandé aux parties de faire preuve de réalisme pour faire avancer les négociations sur la voie d’une résolution juste, durable et mutuellement acceptable.


M. SAUL WEISLEDER (Costa Rica) a réitéré son attachement au processus de décolonisation, qui constitue l’un des événements les plus mémorables du XXe siècle.  Il reste cependant 17 territoires non autonomes et le mandat du Comité spécial pour la décolonisation, vieux de 50 ans, reste donc malheureusement d’actualité.  Le Costa Rica, a déclaré son représentant, estime que les îles Malvinas, Géorgie du Sud et Sandwich du Sud font partie intégrante du territoire argentin et réaffirme la légitimé de la position argentine sur la question, comme cela a été reconnu par de nombreuses instances internationales, dont les Nations Unies et l’Organisation des États américains.


Par ailleurs, M. Weisleder a estimé qu’une solution juste, durable et mutuellement acceptable est nécessaire s’agissant de la situation du Sahara occidental, conformément aux règles et principes du droit international.  L’organisation d’un référendum proposant au peuple sahraoui les options d’autonomie, d’intégration ou d’indépendance est nécessaire, a-t-il ajouté.  Le mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) doit inclure la surveillance de la situation des droits de l’homme, a-t-il ajouté.


M. JOSÉ EDUARDO PROAÑO (Équateur) a regretté qu’il existe encore des peuples qui revendiquent l’autodétermination et que certaines puissances administrantes n’aient toujours pas compris que ce statut est un « véritable anachronisme au XXIe siècle ».  Le colonialisme sous toutes ses formes constitue un déni des droits fondamentaux, a-t-il souligné.  Le mandat du Comité spécial de la décolonisation exige de la part des puissances administrantes une coopération sincère, à l’image de celle de la Nouvelle-Zélande avec les Tokélaou, a noté le représentant.  S’agissant du cas du Sahara occidental, il a affirmé le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui et a estimé qu’il incombait uniquement à ce peuple de s’exprimer sur les différentes options possibles.  L’Équateur, a dit le représentant, a pris note des propositions marocaines au sujet des droits de l’homme et souhaiterait qu’il y ait des mécanismes sur place pour suivre cette question de manière plus régulière. 


Quant à Porto Rico, le représentant a affirmé que le peuple portoricain constituait une nation latino-américaine et que l’autodétermination et l’indépendance constituent un droit inaliénable de ce peuple.  Il a rappelé que le 6 novembre 2012, les Portoricains ont majoritairement rejeté leur statut politique actuel.  Il a aussi rappelé que les deux seuls principes applicables dans le contexte de la décolonisation sont l’autodétermination et l’intégrité territoriale et, en conséquence, que dans le cas des îles Malvinas seul le dernier est valable.  Aussi, l’Équateur appuie-t-il la revendication de l’Argentine et juge que l’occupation britannique est illégale.  L’Équateur appelle le Royaume-Uni à reprendre les négociations avec l’Argentine et rejette, une nouvelle fois, l’invocation du principe d’autodétermination dans ce cas.


Mme KARLA GARCÍA LÓPEZ (Honduras) a estimé que les Nations Unies doivent maintenir leur engagement en faveur des processus d’autodétermination et d’indépendance des peuples et territoires non autonomes.  À l’instar d’autres délégations, elle a réitéré le « droit légitime » de l’Argentine sur les îles Malvinas, Géorgie du Sud et Sandwich du Sud, ainsi que sur les territoires maritimes adjacents.  Elle a estimé inquiétant le fait que des armes nucléaires soient déplacées vers la région, à cause de ce conflit territorial, rappelant que l’Amérique latine constitue la première zone exempte d’armes nucléaires.  En ce qui concerne le Sahara occidental, Mme Garcia a relevé qu’il est nécessaire de trouver une solution juste à ce conflit et de protéger les droits de l’homme des populations déplacées.  Ainsi, le Honduras, a-t-elle déclaré, appuie les efforts du Secrétaire général et de son Envoyé personnel pour trouver une solution juste, pacifique et mutuellement acceptable.


M. NOEL NELSON MESSONE (Gabon) a réaffirmé l’attachement de son pays au rôle principal des Nations Unies, seule entité universelle et représentative des peuples, dans la décolonisation.  Rappelant que la troisième Décennie internationale de l’élimination du colonialisme (2011-2020) est en cours, il a souligné qu’il fallait que l’ONU poursuive son action en faveur des territoires encore inscrits dans son agenda, conformément à la résolution 1514.  Toutefois, il faut reconnaître, selon lui, les difficultés multiformes qui freinent encore les processus de décolonisation.  C’est pourquoi, le Gabon soutient les recommandations du Comité spécial qui préconise un plan d’action pragmatique, inclusif, tenant compte de la spécificité de chaque territoire, lequel permettrait de mieux évaluer les situations pour accélérer les efforts de décolonisation.  Le Gabon encourage toutes les puissances administrantes à coopérer pleinement avec le Comité spécial pour la pleine mise en œuvre des résolutions des Nations Unies.  De même, il exhorte la communauté internationale à poursuivre son appui au développement socioéconomique et au respect des droits de l’homme dans ces territoires. 


Pour ce qui est du Sahara occidental, le Gabon se félicite des efforts du Secrétaire général et de son Envoyé personnel pour aider les parties à parvenir à une solution politique durable et mutuellement acceptable et reposant sur la confiance.  Alors que la situation régionale est marquée par des défis sécuritaires, il faut œuvrer pour que la situation au Sahara occidental ne vienne pas exacerber ces défis, y compris le terrorisme.  Il importe d’intensifier les efforts et d’insuffler une dynamique nouvelle aux négociations en cours sur cette question, a-t-il souligné avant de saluer les mesures que le Maroc continue de prendre dans les domaines des droits de l’homme et de la situation humanitaire dans le cadre du processus politique au Sahara, ainsi que toutes les initiatives politiques, économiques et sociales amorcées dans la région.  Le Gabon appelle toutes les parties à ce conflit à faire preuve d’esprit de compromis dynamique et à s’engager dans des négociations substantielles.


M. ABDOU SALAM DIALLO (Sénégal) a réaffirmé que le respect des droits humains, l’égalité entre les nations et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes sont des principes cardinaux consacrés dans la Charte des Nations Unies et repris dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.  S’agissant du conflit du Sahara occidental, M. Diallo a fait remarquer que les risques et dangers multiformes attachés à ce différend se trouvent exacerbés par l’instabilité croissante de la région sahélo-saharienne.  Parmi ces défis, il a cité la criminalité transfrontalière, le trafic de drogue et le péril extrémiste « plus que jamais menaçant ».  Devant ce contexte, il a exhorté l’ensemble des pays de la région à poursuivre et à approfondir leur coopération dans les domaines politique, économique et sécuritaire, et à œuvrer résolument au renforcement de leurs liens d’amitié et de bon voisinage. 


Le règlement du différend au Sahara occidental requiert de la part des parties en présence, sinon un abandon, du moins un infléchissement conséquent de leur position pour privilégier un esprit de compromis et de consensus et accepter des concessions mutuelles.  La stabilité et la cohésion du Maghreb arabe sont en jeu tant cette question a constitué, par le passé et aujourd’hui encore, une source récurrente de tensions entre les différentes parties impliquées, a encore rappelé M. Diallo.  Ainsi, il a estimé que la proposition marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie de la région du Sahara pourrait constituer une solution équilibrée de compromis, en ce qu’elle pose les bases d’une certaine autonomisation du Sahara occidental à travers la mise sur pied au niveau local, d’instances et d’institutions exécutives, législatives et judiciaires dotées de compétences propres. 


M. NABEEL MUNIR (Pakistan) a déclaré que la décolonisation a constitué l’une des réalisations majeures des Nations Unies, regrettant cependant que ce processus ne soit toujours pas achevé à l’heure actuelle.  À cet égard, a noté le représentant, le droit inaliénable à l’autodétermination du peuple du Jammu-et-Cachemire a été reconnu par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité.  Cette question ayant été présentée aux Nations Unies en 1948, M. Munir a regretté qu’aucune solution n’ait été trouvée depuis près de sept décennies.


Le Pakistan, a souligné son représentant, appuie la lutte du peuple palestinien pour la paix et la liberté, ainsi que la demande de l’État de Palestine d’accéder au statut de Membre des Nations Unies.  La création d’un État palestinien viable et robuste est la meilleure garantie de la paix, a-t-il estimé.  Enfin, il a réaffirmé le soutien de son pays à une solution juste et mutuellement acceptable sur la question du Sahara occidental, qui favoriserait les efforts régionaux en faveur de la paix et du progrès.  Le Pakistan, a-t-il dit pour conclure, espère que les parties continueront de négocier de bonne foi, avec réalisme et dans un esprit de compromis, en vue de trouver une solution juste et durable qui garantisse le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité.


M. MICHAEL TATHAM (Royaume-Uni) a expliqué que la relation entre son gouvernement et ses territoires d’outre-mer était moderne, basée sur un partenariat et des valeurs partagées ainsi que sur le droit du peuple de chaque territoire de décider s’il veut rester britannique.  Depuis la publication en juin 2012 du « White Paper » (Livre blanc) du Gouvernement britannique sur la sécurité, le succès et la viabilité des territoires d’outre-mer, le Gouvernement britannique a étroitement collaboré avec ces territoires pour développer encore davantage les partenariats existants, grâce à des réunions annuelles avec les dirigeants des territoires au sein du Conseil ministériel conjoint qui a pour mandat de suivre l’application des engagements prévus dans le Livre blanc.  La première de ces réunions s’est tenue à Londres en décembre 2012, a-t-il précisé.  Ainsi, le Comité de la décolonisation des Nations Unies devrait rayer les territoires de la liste des territoires non autonomes si telle est leur volonté, a-t-il estimé. 


Chaque territoire est unique et a sa propre constitution.  Ces constitutions ont fait l’objet d’un processus de négociation depuis 1999 pour qu’elles reflètent la volonté du peuple du territoire.  Le Royaume-Uni a l’intention de continuer sur cette voie et de moderniser les constitutions de ses territoires d’outre-mer.  Par ailleurs, le Livre blanc stipule que la responsabilité fondamentale du Gouvernement britannique vis-à-vis de ses territoires d’outre-mer est de veiller à leur sécurité et à leur bonne gouvernance, a encore expliqué le représentant.  À cet égard, il a salué les développements positifs aux Îles Turques et Caïques où un nouveau Gouvernement a été élu le 2 novembre 2012.  Il a également salué les élections récentes aux Bermudes, en décembre 2012, et aux Îles Caïmans, en mai 2013, qui sont la preuve « d’une vibrante tradition démocratique dans les territoires ».  Le représentant est également revenu sur les résultats du référendum qui a eu lieu aux Îles Falkland en mars 2013, par lequel 99.8% de la population a voté en faveur de l’option de rester sous tutelle britannique.  Il a expliqué que tant que c’était là le souhait de la population, son gouvernement resterait engagé pour le développement et la sécurité de ces îles.  Il adopte la même position par rapport aux souhaits des habitants de Gibraltar, a encore précisé le représentant.


M. MAMADI TOURÉ (Guinée) a indiqué que le processus de décolonisation était à un moment particulièrement critique, notamment au sujet de la lancinante question du Sahara occidental qui interpelle la communauté internationale « au point de s’interroger sur la compétence de notre organisation commune ».  Il a souligné que tous les acteurs engagés dans le processus de négociations, notamment l’ONU, le Maroc, les représentants du Sahara occidental et les principaux pays de la région, avaient le devoir sacré de prôner le dialogue en vue de trouver une solution politique et définitive à ce différend.  Une telle solution est rendue d’autant plus urgente que le contexte régional actuel se caractérise désormais par les changements sociopolitiques dans le Maghreb et les risques de déstabilisation, a-t-il affirmé.  En conclusion, M. Touré a encouragé le Maroc à poursuivre ses efforts dans les domaines des droits de l’homme et du développement économique et social de la région du Sahara, tout en appelant le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à procéder à l’enregistrement des populations des camps de Tindouf.


M. SACHA SERGIO LLORENTTY SOLÍZ (Bolivie) a tout d’abord proposé de faire une minute de silence pour rendre hommage aux victimes du colonialisme.  Il a ensuite appelé à renforcer les efforts internationaux pour éliminer le colonialisme, conformément aux résolutions des Nations Unies.  La Bolivie, a-t-il dit, appuie tous les processus de décolonisation dans le monde, s’agissant en particulier des 17 territoires non autonomes.  Le peuple de Porto Rico, a-t-il déclaré, doit exercer son droit inaliénable à l’autodétermination.  La Bolivie appuie aussi les droits souverains et légitimes de l’Argentine sur les îles Malvinas, Géorgie du Sud et Sandwich du Sud, ainsi que sur les territoires maritimes adjacents, a insisté le représentant en stigmatisant le mépris des « grandes puissances » pour les résolutions des Nations Unies.


M. SAMUEL RANGBA (République centrafricaine) a estimé que la question de la décolonisation mérite d’être analysée au cas par cas, car certaines revendications des populations qui dépendent d’un État déjà indépendant relèvent plutôt d’une aspiration légitime à une autonomie.  Et c’est le cas d’espèce pour le Sahara occidental, a-t-il affirmé.  Ainsi la République centrafricaine appuie les initiatives marocaines axées sur la réalisation d’une large autonomie et une amélioration substantielle de la situation socioéconomique des populations du Royaume sans exception, tel que consacré par la Constitution de 2011.


Pour le représentant, il n’y a pas de meilleur engagement démocratique que celui d’un État qui concède à une partie de son territoire la gestion démocratique et autonome de ses affaires à travers des organes législatifs, exécutifs et judiciaires propres.  Soulignant que l’Afrique avait beaucoup souffert ces dernières années des effets nuisibles des crises politico-militaires et des troubles sociaux sur fond d’agissements relevant parfois des organisations terroristes, particulièrement dans la région sahélo-saharienne, il a insisté sur le fait que la résolution concertée et négociée du conflit du Sahara occidental contribuerait à endiguer une probable émergence d’un nouveau foyer de tensions au Maghreb.  Par conséquent, il a encouragé le Secrétaire général et son Envoyé personnel à poursuivre les efforts dans la recherche d’une solution politique négociée et définitive à ce conflit.


M. KOKOU NAYO MBEOU (Togo) s’est dit convaincu que la négociation demeure la seule démarche réaliste qui puisse permettre de parvenir à une situation de paix au Sahara occidental.  Il a réitéré son appel à toutes les parties concernées pour qu’elles s’engagent résolument dans une approche pragmatique, d’ouverture et de compromis, pour une solution consensuelle et définitive au conflit.  Il a salué l’initiative du Maroc d’accorder une très large autonomie au territoire du Sahara occidental, estimant que cette approche avait le mérite de représenter « le juste milieu des attentes des deux parties et de transcender leurs positions traditionnelles ».  Rappelant l’urgence de mettre fin à ce conflit, en raison des conséquences dramatiques pour les populations sahraouies, mais aussi des activités des bandes extrémistes et terroristes dans la région, il a estimé en conclusion que le règlement de ce différend passait nécessairement par l’amélioration des relations entre le Maroc et l’Algérie.


M. COLLIN BECK (Îles Salomon) a relevé que 53 ans après l’adoption de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, la question de la décolonisation reste inachevée avec 17 territoires non autonomes recensés.  Tel est le cas de la Nouvelle-Calédonie où « la Puissance administratrante et le territoire non autonome collaborent au processus préparatoire du référendum qui doit se tenir entre 2014 et 2018 tel que conclu dans l’accord de Nouméa », a souligné M. Beck.  Le représentant a demandé qu’une mission des Nations Unies se rende en Nouvelle-Calédonie en 2014.  Cette requête des Îles Salomon vient faire écho à celles, déjà formulées, par Fidji, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et Vanuatu.  Les Îles Salomon demandent aussi qu’une mission des Nations Unies se rende dans le territoire non autonome de la Polynésie française.


M. MAMADOU TANGARA (Gambie) a appuyé tous les efforts visant à rétablir le dialogue pour trouver une solution négociée et mutuellement acceptable au conflit du Sahara occidental.  La persistance du conflit constitue une menace immédiate à la paix et à la sécurité dans la région du Sahel et un obstacle à l’intégration régionale.  La Gambie, a déclaré M. Tangara, appelle le HCR à enregistrer les réfugiés des camps et appuie le plan marocain d’autonomie du Sahara occidental qui représente une solution appropriée pour mettre fin au conflit.  Il s’agit d’un cadre réaliste et sérieux afin de garantir la paix et le développement du Sahara occidental.  « Il est temps de donner une chance à la paix, en approuvant le plan marocain », a-t-il conclu.


M. ANTÓNIO COELHO RAMOS DA CRUZ (Angola) a condamné les violations des droits de l’homme au Sahara occidental.  « Ces droits doivent être protégés par les Nations Unies », a-t-il dit, en appelant aussi à la fin de l’exploitation illégale des ressources naturelles dans la zone.  Le représentant a encouragé les parties à poursuivre les négociations jusqu’à ce que soit trouvée une solution politique « définitive ».  « Il est temps que l’ONU assume ses responsabilités dans la décolonisation complète du Sahara occidental », a-t-il conclu.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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