Quatrième Commission: l’Argentine et le Royaume-Uni campent sur leur position concernant les îles Falklands/Malvinas

7 octobre 2013
CPSD/528

Quatrième Commission: l’Argentine et le Royaume-Uni campent sur leur position concernant les îles Falklands/Malvinas

07/10/2013
Assemblée générale
CPSD/528
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Quatrième Commission

3e séance – après-midi

QUATRIÈME COMMISSION: L’ARGENTINE ET LE ROYAUME-UNI CAMPENT

SUR LEUR POSITION CONCERNANT LES ÎLES FALKLANDS/MALVINAS

« Le référendum aux îles Malvinas a été lancé par des Britanniques pour des Britanniques à qui on a demandé s’ils voulaient rester Britanniques », a tranché aujourd’hui le représentant de l’Argentine alors que la Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation (Quatrième Commission) entamait son débat de cinq jours sur les questions de décolonisation liées aux 17 territoires non autonomes. 

Le représentant argentin a rejeté le résultat du référendum des 10 et 11 mars 2013 à l’issue duquel la population s’est prononcée pour le maintien du statu quo.  Il a argué que les Nations Unies ont reconnu les îles Malvinas comme une situation coloniale spéciale à laquelle ne s’applique pas le principe d’autodétermination.

En renfort, les pays d’Amérique latine et des Caraïbes ont souligné que les continentaux avaient été chassés du territoire en 1833, pour être remplacés par des Britanniques.  Aujourd’hui les habitants des îles Malvinas sont des sujets britanniques et pas « un peuple colonisé dont les droits sont à défendre ».

Lors du référendum, le maintien du statut de territoire britannique d’outre-mer avait été choisi avec 99,8% des votants.  Ce résultat ne change en rien la donne, a commenté le représentant argentin, avant que son homologue du Royaume-Uni ne souligne que son pays « n’a aucun doute sur sa souveraineté sur les îles Falkland ».  Pour le Royaume-Uni, l’avenir des îles Falklands doit être déterminé par sa population, conformément à la Charte des Nations Unies. 

L’Argentine et les pays d’Amérique latine et des Caraïbes ont répondu par un appel à la reprise des discussions en vue d’une solution concertée et pacifique à ce différend.  « L’Argentine est déjà à la table des négociations », a dit son représentant.

En début de séance, le Rapporteur du Comité spécial de la décolonisation, M. Bashar Ja’afari, de la Syrie, a présenté le rapport du Comité et précisé que la Polynésie française avait été ajoutée à la liste des territoires non autonomes.

Le Président par intérim du Comité spécial, M. Rodolfo Reyes Rodríguez, de Cuba, a assuré que son Comité poursuivra ses efforts en vue de suivre la situation dans les territoires non autonomes et de promouvoir le dialogue avec les puissances administrantes.  Leur responsabilité ne se limite pas à transmettre régulièrement des informations au Secrétaire général, a souligné M. Reyes Rodríguez.  Elles doivent également aider les autorités des territoires non autonomes à s’administrer elles-mêmes, en tenant compte des conditions spécifiques à chaque territoire.

La Quatrième Commission poursuivra ses travaux demain, mardi 8 octobre, dans l’après-midi à 15 heures, et commencera les auditions de pétitionnaires sur la Polynésie française, Guam et le Sahara occidental.

DÉBAT GÉNÉRAL SUR TOUTES LES QUESTIONS RELATIVES À LA DÉCOLONISATION

Rapport du Comité spécial chargé d’étudier la situation en ce qui concerne l’application de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux sur ses travaux de 2013 (A/68/23 - Chap. V à XIII)

Le premier chapitre du rapport fait le point sur les travaux menés par le Comité en 2013.  Les chapitres 2 à 12 portent sur des informations thématiques et spécifiques aux différents territoires non autonomes.  Les recommandations du Comité, qui sont présentées sous forme de projets de résolution à soumettre à l’examen et à l’adoption de l’Assemblée générale, figurent au chapitre 13.

Rapport du Secrétaire général sur l’application de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux par les institutions spécialisées et les organismes internationaux associés à l’Organisation des Nations Unies (A/68/62)

Le rapport est une compilation des réponses reçues par les organismes internationaux sur les mesures qu’ils ont prises depuis le rapport précédent.

Rapport du Secrétaire général sur les renseignements relatifs aux territoires non autonomes communiqués en application de l’alinéa e de l’Article 73 de la Charte des Nations Unies (A/68/64 et A/68/64/Add.1)

Le rapport contient des renseignements fournis par les États qui ont ou qui assument la responsabilité d’administrer des territoires dont les populations ne s’administrent pas encore complètement elles-mêmes. 

Rapport du Secrétaire général sur les dispositifs offerts par les États Membres aux habitants des territoires non autonomes en matière d’études et de formation (A/68/66 et A/68/66/Add.1)

Le rapport donne la liste des pays qui ont fourni des bourses d’études.

Rapport du Secrétaire général sur la question du Sahara occidental (A/68/330)

Le rapport couvre la période du 1er juillet 2012 au 30 juin 2013, une période marquée par de graves troubles dans la région du Sahel et au-delà, ainsi que par la mise en place d’une nouvelle méthode de négociation.  La pause dans les négociations, due au fait que le Maroc avait retiré sa confiance à l’Envoyé personnel du Secrétaire général en mai 2012, a pris fin le 25 août 2012.  En conséquence, entre le 31 octobre au 3 novembre 2012, l’Envoyé personnel a pu effectuer sa première visite au Sahara occidental.  Sa visite a montré que, malgré sa forte identité culturelle, la société sahraouie est, dans une certaine mesure, traversée de divisions politiques.

L’Envoyé n’a pu mesurer la portée ou la profondeur des sentiments autonomistes ou indépendantistes au sein de la population.  La constante qui se dégage de toutes les escales était la préoccupation suscitée par la sécurité et la stabilité dans la région du Sahel et au-delà et les inquiétudes croissantes qu’inspirait la situation précaire des jeunes dans les camps de réfugiés non loin de Tindouf et dans le territoire.  Toutefois, ces préoccupations n’ont pas amené les intéressés à prendre de nouvelles dispositions pour collaborer sérieusement en vue de régler le conflit du Sahara occidental.  Les parties ont continué à faire preuve d’« un attachement indéfectible à des positions mutuellement exclusives », aucun progrès n’ayant été fait sur la question fondamentale du statut futur du territoire.

Lors d’un second séjour dans la région, du 20 mars au 11 avril 2013, il a confirmé la volonté des parties d’entamer des consultations bilatérales discrètes, soutenues par une diplomatie de la navette.  Contrairement à ce qu’il a fait lors de ses précédents séjours, l’Envoyé personnel s’est efforcé d’élargir le champ de ses contacts au-delà des interlocuteurs officiels pour s’entretenir avec les dirigeants de la société civile.

Ce second séjour est intervenu après le tour des capitales du Groupe des Amis du Sahara occidental, à savoir Paris, Moscou, Madrid, Londres et Washington, du 28 janvier au 15 février.  L’Envoyé personnel s’est aussi rendu en Allemagne et en Suisse. 

Les gouvernements consultés se sont tous dits gravement préoccupés du risque de voir les combats au Mali déborder sur les pays voisins et contribuer à radicaliser les camps de réfugiés sahraouis.  La nécessité de trouver une solution au conflit du Sahara occidental et d’éviter la reprise des hostilités a suscité un vif intérêt, un gouvernement ayant qualifié la situation dans les camps de « bombe à retardement ».  L’Envoyé personnel a exhorté chacun des gouvernements consultés à user de leurs contacts pour encourager la tenue de négociations sérieuses.  Pour la première fois, le 15 mars 2013, le Groupe des Amis du Sahara occidental a publié une déclaration commune venant soutenir l’Envoyé personnel dans ses efforts.

Du 20 mars au 3 avril 2013, il est retourné en Afrique du Nord, y compris au Sahara occidental et à Rabat du 8 au 11 avril pour rencontrer le Roi du Maroc. Lors de ce séjour, il a confirmé que les parties et les États voisins acceptaient de dialoguer à la faveur de consultations bilatérales discrètes et d’une diplomatie de la navette.  Le Front Polisario et l’Algérie ont fait observer que ces démarches devaient venir compléter des négociations directes entre les parties et non s’y substituer.  Le Maroc s’est dit prêt à coopérer sans réserve avec l’Envoyé personnel dans le cadre de la nouvelle formule et a semblé peu enclin à reprendre des négociations directes.

Pour l’heure, aucune date n’a été arrêtée pour la prochaine session de négociations communes, mais les consultations bilatérales, de même que d’éventuelles navettes diplomatiques, doivent commencer en septembre 2013. 

Déclarations

M. MOHAMMAD KHAZAEE (République islamique d’Iran), qui s’exprimait au nom du Mouvement des pays non alignés, a noté qu’en dépit des progrès significatifs réalisés en matière de décolonisation depuis la création du Comité spécial des Vingt-Quatre en 1961, il reste encore 17 territoires non autonomes, ce qui est contraire à la Charte des Nations Unies et à la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux.  Le Mouvement, a-t-il dit, souligne l’impératif d’accélérer le processus de décolonisation et le rôle des Nations Unies dans ce domaine.  À cet égard, il a insisté sur l’importance des recommandations contenues dans le Document final de sa seizième Conférence au Sommet, qui s’est tenue à Téhéran en aout 2012, ainsi que dans la Déclaration finale de sa dix-septième Réunion ministérielle qui a eu lieu à Charm el-Cheikh en mai 2012.

Le représentant a dit être conscient que le Comité spécial continue d’être aux prises avec des questions politiques épineuses liées à des territoires sous occupation étrangère.  Il a indiqué que le Mouvement des non-alignés estime que le Comité spécial devrait trouver les moyens de renforcer son efficacité, d’améliorer sa coopération avec les puissances administrantes et de faire en sorte que les peuples des territoires non autonomes puissent se prononcer sur l’avenir qu’ils veulent.  L’éradication du colonialisme est l’une des priorités des Nations Unies et le Mouvement est prêt à jouer son rôle pour qu’il y ait des réalisations tangibles au cours de la troisième Décennie internationale de l’élimination du colonialisme, a déclaré M. Khazaee.   Le Mouvement appelle les Nations Unies à s’assurer que les activités économiques et autres menées par les puissances administrantes n’aient pas d’impact sur les habitants des territoires non autonomes; ceci s’appliquant aussi à l’héritage culturel de ces peuples.  Après avoir insisté sur le droit de ces peuples à être indemnisés, le représentant a réaffirmé le droit à l’autodétermination de Porto Rico.

M. RODOLFO REYES RODRÍGUEZ (Cuba), au nom de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), a réitéré son appui ferme au processus de décolonisation, en soulignant l’importance de garantir à tous les peuples du monde l’exercice du droit inaliénable à l’autodétermination, qui constitue l’un des objectifs centraux des Nations Unies.  La création du Comité, en 1961, ainsi que les mesures prises par le Secrétaire général ont permis la décolonisation de plus de 80 territoires.  Cependant, M. Reyes Rodríguez a noté, à son tour, qu’il reste encore 17 territoires non autonomes, dont certains dans la CELAC, ce qui démontre que le travail n’est pas terminé. 

Depuis la dernière réunion de cette Commission en automne 2012, la liste des territoires non autonomes s’est rallongée, a indiqué le représentant, en pensant à la Polynésie française.  La CELAC appelle toutes les puissances administrantes à coopérer pleinement et à participer aux travaux de la Commission, notamment en fournissant régulièrement des informations au sujet des territoires non autonomes, conformément à la Charte des Nations Unies, a-t-il encore déclaré. 

La CELAC appuie le travail du Département de l’information, dont sa page Internet sur la décolonisation, qui contient des informations actualisées dans les six langues officielles de l’ONU, a dit le représentant avant de réaffirmer la position de sa Communauté sur les îles Malvinas, Géorgie du Sud et Sandwich du Sud, comme cela a été réitéré, lors du dernier Sommet de la CELAC en janvier 2013.  L’Argentine et le Royaume-Uni doivent reprendre les négociations, a indiqué le représentant, en vue de trouver une solution pacifique et durable à ce différend.  Les deux parties devraient en outre s’abstenir de prendre des décisions pouvant changer la situation de façon unilatérale. 

Le représentant a aussi tenu à insister sur le fait que Porto Rico est une nation latino-américaine dotée d’une identité propre.  La CELAC est également inquiète quant à la situation des îles Turques et Caïques, dont le peuple doit pouvoir exercer son droit à l’autodétermination.  S’agissant de la situation au Sahara occidental, il a réitéré le fait que les efforts du Secrétaire général et de son Envoyé personnel doivent être appuyés pour parvenir à une solution juste, durable et mutuellement acceptable qui mène à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental, conformément à la Charte des Nations Unies et aux résolutions pertinentes. 

M. GUILLERMO ENRIQUE MORENO ZAPATA (Venezuela), au nom du MERCOSUR, a souligné que la question de Porto Rico est examinée depuis 35 ans par le Comité spécial et que 32 résolutions et décisions plus loin, le peuple portoricain ne jouit toujours pas de son droit à l’autodétermination.  Au nom du MERCOSUR, le représentant a salué l’inscription de la Polynésie française dans la liste des territoires non autonomes.  Dans leur déclaration du 12 juillet 2013, les chefs d’État du MERCOSUR avaient, entre autres, souligné que, pour ce qui est des îles Malvinas, Géorgie du Sud et Sandwich et les espaces maritimes environnants, il fallait trouver au plus vite une solution conforme aux résolutions pertinentes des Nations Unies et aux déclarations de l’Organisation des États américains et du MERCOSUR et autres forums régionaux et internationaux. 

Ils ont également insisté sur le fait que toute mesure unilatérale du Royaume-Uni est contraire aux décisions de l’ONU, dont la présence militaire qui empêche la recherche d’une solution pacifique.  Le MERCOSUR a aussi dénoncé l’exploitation pétrolière menée dans ces îles par le Royaume-Uni.  Les habitants argentins ont bien été chassés des îles Malvinas, en 1833, pour être remplacés par des Britanniques qui tout naturellement ne répondent plus aux critères du peuple soumis à l’occupation, a accusé le représentant.

Mme YANERIT MORGAN (Mexique) a réitéré l’engagement profond de son pays en faveur du droit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental et son soutien à l’organisation d’un référendum sur cette question.  Compte tenu de l’importance qu’accorde le Mexique à la question des droits de l’homme, il a estimé que la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) devrait avoir le mandat d’évaluer la situation des droits de l’homme.  S’agissant du conflit de souveraineté sur les îles Malvinas, la représentante a appelé les parties à s’abstenir de toutes mesures unilatérales qui pourraient avoir des effets néfastes.  Elle a encouragé les parties à reprendre les négociations en vue de trouver une solution juste, pacifique et durable au conflit, conformément aux résolutions pertinentes des Nations Unies.

M. ANTONIO DE AGUIAR PATRIOTA (Brésil) a souligné que 2013 marque le cent-quatre-vingtième anniversaire de l’occupation des îles Malvinas.  Il a jugé souhaitable que l’Argentine et le Royaume-Uni règlent  par la voie pacifique, tout en reconnaissant le droit légitime de l’Argentine à la souveraineté sur les îles Malvinas, Géorgie du Sud et Sandwich.  Le représentant a condamné toutes les actions unilatérales menées par le Royaume-Uni, comme l’exploitation des hydrocarbures, contraire à ce qui est convenu aux Nations Unies.  Craignant que de telles mesures ne sapent l’esprit de paix et de compréhension de la région, il a averti que la position de son pays est la même depuis des décennies.  En tant nation de cette région, le Brésil reste attaché à une solution concertée de ce différend sur la souveraineté.

M. WEI ZONGLEI (Chine) a rappelé que le droit à l’autodétermination est l’un des objectifs de la Charte des Nations Unies, ce qui a été réaffirmé lors de l’adoption en 1960 de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux.  Deux millions de personnes, a-t-il ajouté, vivent pourtant dans 17 territoires non autonomes à travers le monde et le processus de décolonisation y est difficile.  M. Wei a rappelé que la Charte des Nations Unies demande aux puissances administrantes d’assurer le droit à l’auto détermination des peuples non autonomes et de fournir aux Nations Unies des informations sur la situation desdits territoires.  La Chine s’engage, a-t-il souligné, à coopérer pleinement avec les autres Etats en vue de mettre en œuvre les objectifs de la troisième Décennie internationale de l'élimination du colonialisme.

M. MATEO ESTREME (Argentine) a indiqué qu’adhérant pleinement au principe du droit à l’autodétermination, son pays ne peut accepter que ce principe soit détourné au détriment de son intégrité territoriale.  Comme cela a été reconnu au sein des Nations Unies, ce différend de souveraineté est une « situation coloniale spéciale » qui doit être résolue par la négociation entres les deux parties concernées.  Dans ce cas d’espèce, « il n’y avait pas de peuple colonisé » puisque les habitants actuels de ces îles sont des sujets britanniques qui y ont été transplantés pendant que les Argentins du continent ne pouvaient s’y installer à quelques rares exceptions prêt.

L’Argentine rejette donc « le vote illégitime et unilatéral » que le Royaume-Uni a organisé dans les îles Malvinas en mars 2013.   Le résultat du vote ne change en rien le sens de ce différend et ne remet pas en cause le droit à la souveraineté de l’Argentine sur ces îles.  L’Argentine, a poursuivi le représentant, dénonce également les actes unilatéraux et illégaux du Royaume-Uni dont l’exploration et l’exploitation de ressources renouvelables et non renouvelables dans ces îles, ce qui va à l’encontre des résolutions pertinentes des Nations Unies.  Il a également dénoncé les exercices militaires du Royaume-Uni, expliquant qu’ils sont contraires au droit international, sans oublier qu’ils créent des tensions inutiles dans la région. 

L’Argentine réaffirme sa volonté de mettre fin à ce différend de souveraineté par le dialogue et « elle est déjà à la table des négociations », a affirmé le représentant.  Il a rappelé, qu’à l’instar de l’Argentine, les peuples d’Amérique du Sud ont appelé le Secrétaire général à renouveler sa mission de bons offices dans ce différend. 

M. CHARLES THEMBANI NTWAAGAE (Botswana) a déclaré qu’il était malheureux de constater que la question du Sahara occidental ait été à l’ordre du jour de la Commission depuis si longtemps.  Il a réitéré le soutien de son pays au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, appelant les parties concernées à entamer des négociations dans un esprit de compromis.  Se félicitant des efforts du Secrétaire général et de son Envoyé personnel, en vue de trouver une solution durable et mutuellement acceptable à cette situation, le représentant a regretté que peu de progrès aient été réalisés.  Un référendum ouvert reste la seule solution pratique pour aider le peuple sahraoui à décider de son avenir, a conclu M. Ntwaagae.

M. AUGUSTO THORNBERRY (Pérou) a noté que plus d’un demi-siècle s’est écoulé depuis l’adoption de la résolution 1514, et que depuis plus de 80 territoires ont obtenu leur indépendance.  Toutefois 17 territoires restent toujours non autonomes et il faut redoubler d’efforts pour achever le processus de décolonisation, a-t-il demandé.  S’agissant du travail du Comité spécial, il a estimé que deux facteurs étaient cruciaux pour parvenir au succès à savoir, la convergence d’une volonté politique et l’adoption d’une approche au cas par cas de chacun de ces territoires.  Abordant la question des îles Malvinas, il a expliqué qu’il s’agissait d’un cas spécial de décolonisation qui exclut l’application du principe d’autodétermination dans la résolution du différend de souveraineté.  Le Pérou appuie les droits de souveraineté légitime de l’Argentine sur ces îles et estime que toute solution passe par la négociation entre les parties concernées.  Le Pérou souhaite qu’elles puissent reprendre dans les plus brefs délais afin de trouver une solution négociée, pacifique à ce différend de souveraineté.

M. GABRIEL ORELLANA ZABALZA (Guatemala) a relevé qu’en dépit du grand nombre de territoires décolonisés depuis la création du comité en 1961, il reste un certain nombre de territoires non autonomes qui restent à décoloniser, y compris les « îles Malvinas », Sandwich du Sud et de Géorgie du Sud.  La situation de ces territoires a été définie par les Nations Unies comme étant spéciale comportant des caractéristiques particulières qui les distinguent d’autres situations, à commencer par l’occupation forcée et l’expulsion de la population et des autorités par la puissance occupante dans les années 1830.  Les Nations Unies ont ainsi écarté l’application du droit à l’autodétermination en raison du fait que la population actuelle y a été implantée par la force, a-t-il souligné.

Le Guatemala, a relevé M. Orellana Zabalza, réitère son souhait que les deux parties en cours reprennent les négociations bilatérales en vue de trouver une solution juste et durable à ce différend de souveraineté, comme cela a été réaffirmé par l’Organisation des États américains lors de son Sommet en juin 2013.  L’Argentine a déjà indiqué son intention de trouver une solution pacifique par le dialogue, et la puissance occupante devrait en faire de même, a-t-il estimé.

S’agissant de la  question du Sahara occidental, le représentant du Guatemala a exprimé l’espoir que la future visite de l’Envoyé personnel du Secrétaire général permettra l’ouverture de négociations dans un esprit de compromis et en vue de parvenir à des progrès.  Cela est non seulement nécessaire pour la population sahraouie, mais également pour l’intégration de la région du Maghreb et la stabilité de celle du Sahel, a-t-il conclu.

M. MARCELO SCAPPINI RICCIARDI (Paraguay) a réaffirmé l’attachement de son pays au principe du droit à l’autodétermination des peuples et a souhaité voir les efforts de la communauté internationale être intensifiés en vue de finaliser le processus de décolonisation.

Il est étrange d’entendre parler de « puissance administrante » au XXIe  siècle, a-t-il noté, tout en reconnaissant que la volonté politique des États avait permis de faire des progrès considérables en termes de décolonisation.  M. Scappini Ricciardi a insisté sur la nécessité de tenir compte de la volonté des peuples autochtones dans le règlement de la situation des 17 territoires qui sont toujours non autonomes et a souligné qu’il fallait adopter une approche au cas par cas.  Pour sa délégation, les résolutions 1514 et 1541 restent garantes de leurs droits, et le travail important du Comité spécial de la décolonisation dans ce domaine contribue à la défense des intérêts de ces peuples et de ces territoires.  Le Paraguay espère que le Comité spécial trouvera les voies et moyens pour pleinement mettre en œuvre la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux.

M. OCTAVIO ERRÁZURIZ(Chili) a relevé que la décolonisation est l’un des objectifs centraux des Nations Unies, comme cela a été réitéré à de nombreuses reprises dans diverses résolutions.  Aujourd’hui, on peut reconnaître en toute humilité que les travaux de la Commission en la matière ont été couronnés de succès, a-t-il estimé, avant de rappeler que le processus n’est cependant pas terminé, car 17 territoires non autonomes doivent encore être décolonisés.  À cet égard, M. Errázuriz a souligné le « caractère spécial » de la situation des « îles Malvinas », étant donné le différend qui existe à ce sujet entre deux États Membres, l’Argentine et le Royaume-Uni.  Le Chili, a-t-il déclaré, réitère son soutien à l’Argentine et appelle les deux parties à reprendre les négociations en vue de trouver au plus vite une solution juste et durable, conformément aux résolutions des Nations Unies.  Les deux parties doivent s’abstenir de toutes décisions qui entraîneraient la modification unilatérale de la situation actuelle, notamment s’agissant des explorations pétrolières sur le plateau continental, a-t-il ajouté.  Enfin, le représentant du Chili a remercié le Département de l’information pour son soutien aux travaux de la Quatrième Commission, en soulignant que la mise à jour du site Internet de la Commission dans les six langues officielles renforce les travaux accomplis par les Nations Unies à ce sujet.

M. MARTIN VIDAL (Uruguay) a espéré que ce débat de la Quatrième Commission sera l’occasion de relancer l’engagement de la communauté internationale en faveur du processus de décolonisation dans le monde.  À cet égard, il a précisé que l’Uruguay défendait le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et qu’il saluait les efforts du Secrétaire général et de son Envoyé personnel dans la région.  En tant que fervent défenseur du droit à l’autodétermination des peuples, il a expliqué que, pour l’Uruguay, la promotion et la protection des droits de l’homme constituaient l’un des axes prioritaires de sa politique étrangère.  Par conséquent, l’Uruguay encourage les deux parties à engager un dialogue en vue de garantir le plein respect de ces droits au peuple sahraoui.

Pour ce qui des « îles Malvinas », l’Uruguay appuie pleinement le principe de la défense de l’intégrité territoriale de l’Argentine dans son différend de souveraineté avec le Royaume-Uni.  Il appuie le droit légitime de l’Argentine à la souveraineté sur ces îles, et tient à rappeler qu’il s’agit d’une situation coloniale spéciale à laquelle ne s’applique pas le principe de l’autodétermination des peuples.  L’Uruguay est convaincu que la solution à ce différend passe par un règlement pacifique et négocié entre l’Argentine et le Royaume-Uni, a dit M. Vidal.  Dans ce contexte, il a dénoncé toute action unilatérale des parties à ce différend, conformément aux résolutions pertinentes de l’ONU et aux déclarations l’Organisation des États américains.  En vue de faire avancer ce dossier, l’Uruguay se joint aux appels des pays d’Amérique latine qui souhaitent la reprise de la mission de bons offices du Secrétaire général dans ce différend, a indiqué M.  Vidal.

M. JEAN-FRANCIS RÉGIS ZINSOU (Bénin) a déclaré que le règlement de la question du Sahara occidental est essentiel pour l’Afrique, qui a besoin de cultiver la paix et la concorde à l’échelle continentale.  À cet égard, la persistance depuis 1976 de cette situation freine considérablement le développement de la coopération régionale, ralentit la construction de l’Union du Maghreb arabe et constitue un handicap non négligeable au renforcement de l’intégration et de l’unité africaine, au moment où l’Afrique doit faire face avec efficacité aux problèmes du chômage et de la pauvreté.  Le Bénin, a relevé M. Zinsou, estime que l’initiative marocaine présentée le 11 avril 2007 constitue une base de négociation sérieuse et constructive pour aboutir à une solution respectant le principe de l’auto-détermination.  Les parties devront transcender leurs divergences, se faire confiance mutuellement et faire prévaloir l’esprit de compromis pour permettre aux négociations d’entrer dans une phase plus intensive et substantielle et de définir enfin les contours de la solution politique juste, réaliste, durable et mutuellement acceptable par toutes les parties, a conclu le représentant du Bénin.

Droits de réponse

La représentante du (Royaume-Uni) a réitéré le fait que son pays n’avait aucun doute sur sa souveraineté sur les îles Falkland.  Le Royaume-Uni est convaincu que l’avenir des îles Falklands doit être déterminé par sa population, conformément à la Charte des Nations Unies, a-t-elle ajouté, soulignant que la population de ce territoire a voté, en mars 2013, en faveur de son statut actuel.  En outre, les autorités légitimes de ces îles ont réitéré que leur peuple est un peuple légitime qui a droit au respect de ses droits.  Ce peuple a clairement indiqué sa volonté de coopérer avec l’Argentine dans les domaines pertinents, a-t-elle rappelé, regrettant qu’en dépit de cette bonne volonté, l’Argentine ait poursuivi sa politique restrictive vis-à-vis des entreprises qui souhaitent commercer avec les îles Falkland.  La représentante a rejeté les allégations fallacieuses selon lesquelles le Royaume-Uni militarise l’Atlantique Sud.  Depuis l’invasion des îles Falkland en 1982, le Royaume-Uni a maintenu une position défensive.  Mon pays, a ajouté la représentante, rejette aussi les allégations selon lesquelles l’exploration des ressources du plateau continental des îles Falkland constituerait une mesure unilatérale.  L’exploration est faite au nom des intérêts de la population des îles Falklands, a conclu la représentante.

Le représentant de l’Argentine a réitéré la déclaration de sa Présidente, Mme Cristina Kirchner, devant l’Assemblée générale.  Elle avait rappelé que les îles Malvinas, Géorgie du Sud et Sandwich, ainsi que les espaces maritimes qui les entourent, font partie intégrante du territoire argentin et qu’elles ont été illégalement occupées par le Royaume-Uni.  Nous sommes, a-t-il dit, devant un différend de souveraineté entre l’Argentine et le Royaume-Uni, tel que reconnu par les résolutions pertinentes et successives des Nations Unies qui prient les gouvernements de l’Argentine et du Royaume-Uni à reprendre les négociations.  L’Argentine défend le mandat du Comité spécial et regrette que le Gouvernement britannique essaye de « tergiverser » pour détourner le regard de son acte d’invasion.  Cela prouve, selon lui, que le Royaume-Uni doute bien de la légitimité de sa souveraineté sur ces îles.  

Pour l’Argentine, a répété le représentant, le principe du droit à l’autodétermination des peuples ne s’applique pas à ce différend, contrairement à ce que prétend le Royaume-Uni.  Le vote « illégal » du mois de mars n’a modifié en rien la position du Comité spécial qui a nouveau adopté une résolution dans les termes habituels en juin dernier.  Aujourd’hui, les habitants des îles Malvinas sont des sujets britanniques.  « Le référendum a été lancé par des Britanniques pour des Britanniques à qui on a demandé s’ils voulaient rester des citoyens britanniques », a tranché le représentant, expliquant pourquoi l’Argentine conteste la validité du référendum dans le contexte du différend de souveraineté.

La représentante du Royaume-Uni a réitéré que son pays n’avait aucun doute sur sa souveraineté sur les îles Falklands, rappelant que la population de ces îles s’est exprimée démocratiquement en mars 2013 pour le maintien du statut actuel.

Les îles Malvinas, Sandwich du Sud et de Géorgie du Sud font partie intégrante du territoire argentin, a rétorqué le représentant de l’Argentine.  Elles sont occupées illégalement par le Royaume-Uni et le différend de souveraineté a été reconnu par la communauté internationale, comme l’attestent les nombreuses résolutions des Nations Unies, a insisté le représentant.  Le Royaume-Uni et l’Argentine doivent reprendre les négociations au plus vite, a-t-il ajouté.  L’Argentine rappelle que la consultation est un acte unilatéral qui ne peut pas remettre en cause les droits de l’Argentine sur les îles Malvinas.  La résolution du différend ne dépend pas d’un soi-disant référendum qui n’a pas lieu d’être puisqu’il n’existe pas de peuple colonisé dans les îles Malvinas, a-t-il conclu.

Le représentant du Maroc a rappelé que le Secrétaire général et son Envoyé personnel pour le Sahara occidental avaient reconnu l’inapplicabilité du référendum au Sahara occidental en 2000, et que le Conseil de sécurité n’avait plus fait référence à ce mécanisme depuis 2004.  Depuis, les Nations Unies penchent plus en faveur d’une solution négociée mutuellement acceptable, a-t-il expliqué.  Il a invoqué la difficulté du processus d’identification et la nature tribale de la population sahraouie pour justifier le fait que l’ONU n’a jamais organisé un référendum d’autodétermination.  Répondant à une autre délégation qui avait demandé qu’on intègre une dimension des droits de l’homme dans la MINURSO, le représentant a fait valoir que le Royaume du Maroc n’avait pas attendu les printemps arabes pour s’engager dans des réformes en matière de droits de l’homme et de bonne gouvernance dont bénéficient d’ailleurs les populations des provinces du Sud au même titre que les autres.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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