Le terrorisme se nourrit des revenus de la criminalité transnationale organisée, soulignent des délégations de la Sixième Commission

8 octobre 2013
AG/J/3454

Le terrorisme se nourrit des revenus de la criminalité transnationale organisée, soulignent des délégations de la Sixième Commission

08/10/2013
Assemblée générale
AG/J/3454
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Sixième Commission                                         

4e séance – matin


LE TERRORISME SE NOURRIT DES REVENUS DE LA CRIMINALITÉ TRANSNATIONALE ORGANISÉE,

SOULIGNENT DES DÉLÉGATIONS DE LA SIXIÈME COMMISSION


Les délégations de la Sixième Commission, chargée des questions juridiques, ont, au deuxième jour de leur débat sur les mesures visant à éliminer le terrorisme, présenté, tour à tour, leurs expériences nationales en matière de lutte contre ce fléau qui affecte tout État.  Elles ont cependant souligné que la lutte contre le terrorisme ne pouvait donner des résultats concrets qu’à travers la coopération internationale et c’est pourquoi, elles ont insisté sur la nécessité de finaliser le projet de convention générale sur le terrorisme international.  À cette fin, un groupe de travail sera créé, au sein de la Sixième Commission, à la soixante-neuvième session de l’Assemblée générale. 


La principale divergence subsistant entre délégations a trait à la définition du terme de terrorisme.  Les délégations de la République islamique d’Iran et de l’Équateur ont rejeté toute assimilation du droit des peuples à l’autodétermination au terrorisme.


Ces deux délégations ont également mis en avant la notion de terrorisme d’État et réitéré qu’elles souhaitaient voir le projet de convention générale sur le terrorisme international adopté par consensus.  « Nous n’accepterons pas ce projet de texte à tout prix et ne transigerons pas sur la qualité du texte dans le simple but d’accélérer le rythme des négociations », a tranché le délégué équatorien. 


De nombreuses délégations ont par ailleurs établi un lien étroit entre la criminalité transnationale organisée et le terrorisme.  Le blanchiment d’argent résultant du trafic de la drogue a été caractérisé comme une source majeure du financement du terrorisme.  Le représentant de l’Uruguay a rappelé que l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) estimait à 2,1 trillions de dollars le montant des revenus générés par la grande criminalité.  Selon lui, une part non négligeable de cette somme profite aux groupes terroristes par la voie du blanchiment d’argent.


L’ONUDC, dans le cadre de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel, impulse et réunit les efforts des pays de la région pour traiter efficacement les liens existant entre la grande criminalité et le terrorisme.  En juin dernier, les représentants de l’Algérie, du Burkina Faso, du Tchad, de la Libye, du Mali, de la Mauritanie, du Maroc et du Niger se sont réunis à Ouagadougou, au Burkina Faso, pour renforcer les moyens nationaux en matière de législation et de contrôle des frontières. 


Ce constat a été partagé par les pays africains des régions du Sahel et de la Corne de l’Afrique.  C’est le cas de la déléguée du Kenya qui a déclaré que son pays « surmontait l’acte odieux et lâche » commis, il y a quelques semaines, au centre commercial de Westgate, à Nairobi, et qui avait causé plusieurs dizaines de morts.  Elle a rappelé que cette attaque terroriste n’était pas la première et enjoint les États Membres à porter une attention particulière aux développements en cours dans les régions de la Corne de l’Afrique et du Sahel.


Le délégué du Nigéria a, quant à lui, souligné que son pays avait été frappé par des vagues d’attentats.  Il a également salué le rôle de coordination des efforts mondiaux joué par l’Organisation des Nations Unies, notamment pour la mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale.  Dans ce cadre, son pays accueillera une conférence sur des questions de terrorisme dans la région du Sahel, les 16 et 17 octobre prochains. 


Les représentants de l’Égypte et de l’Algérie ont, quant à elles, dénoncé les prises d’otages en vue d’obtenir des rançons.  Ils ont tous deux appelé la communauté internationale à prendre des mesures concrètes pour lutter contre le financement du terrorisme, en rejetant notamment de manière catégorique le paiement de rançons à des groupes terroristes. 


D’autres sources de financement nécessitent également la vigilance de la communauté internationale.  Le délégué de la Serbie a évoqué, pour sa part, l’utilisation frauduleuse de fonds par des organisations caritatives en vue d’alimenter les circuits terroristes.


La Sixième Commission poursuivra l’examen de cette question demain, mercredi 9 octobre, à 10 heures.


MESURES VISANT À ÉLIMINER LE TERRORISME INTERNATIONAL (A/68/180 ET A/68/37)


Débat général


M. IBRAHIM SALEM (Égypte), s’exprimant au nom du Groupe des États d’Afrique, a affirmé avec force qu’« aucune cause ne justifie le terrorisme ».  Le Groupe condamne, dans les termes les plus forts, les récentes attaques au Kenya, des tragédies qui appellent, a-t-il souligné, une coopération étroite aux niveaux régional et international.  Par ailleurs, le Groupe des États d’Afrique se félicite du travail effectué par le Comité spécial et appelle tous les États à coopérer pour résoudre les questions en suspens sur le projet de convention générale sur le terrorisme international.  Il a précisé, à cet égard, que ce projet de convention ne devrait pas remettre en cause le droit légitime des peuples à la lutte pour l’autodétermination.  Il a également exhorté la communauté à coopérer pour mettre fin au paiement de rançons aux terroristes qui, a-t-il fait remarquer, constitue un moyen de financement très important de ces groupes.


M. SALWAN SINJAREE (Iraq), s’associant à la déclaration de la République Islamique d’Iran au nom du Mouvement des pays non alignés, a rappelé sa condamnation du terrorisme sous toutes ses formes et manifestations.  « C’est un objectif pour la communauté internationale dans son ensemble », a-t-il rappelé.  Le représentant a assuré que l’Iraq avait toujours pris toutes les mesures nécessaires pour éliminer ce fléau dans le cadre de la lutte établi par les Nations Unies, en traduisant en justice les responsables d’actes terroristes.  « Dans ce contexte, nous avons ratifié quatre instruments internationaux relatifs à la lutte contre le terrorisme ».  Il a déploré que son pays doive faire face à des situations qui visent des civils, notamment des établissements scolaires.


Les Nations Unies examinent cette question depuis déjà très longtemps, a noté le représentant.  Le terrorisme continue de frapper aveuglément, en dépit des efforts entrepris aux niveaux national, régional et international.  Le représentant a estimé qu’il ne suffit pas de prendre des mesures.  Il faudrait également examiner les causes sous-jacentes qui génèrent ce phénomène, comme l’occupation étrangère ou le recours à la politique du « deux poids, deux mesures » dans les relations internationales.  Les mesures prises par les États doivent respecter les principes fondamentaux du droit international et le droit relatif aux droits de l’homme, a-t-il rappelé, avant de conclure.


M. BORIS HOLOVKA (Serbie) a rappelé que son pays avait toujours condamné le terrorisme sans aucune équivoque, dans toutes ses formes et manifestations.   En outre, son pays est partie à 14 des 18 instruments internationaux existants sur la lutte contre le terrorisme.  À cette fin, la Serbie a accueilli la délégation du Comité contre le terrorisme, du 18 au 21 mars 2013.  « Cela nous a permis de réaffirmer que la principale menace terroriste dans la région provient de l’extrémisme et de la criminalité transnationale organisée ».  Le représentant a fait part des progrès réalisés en matière de législation nationale pour lutter contre le terrorisme, notamment les amendements du Code pénal et du Code de procédure pénale. 


M. Holovka a estimé que la question de la définition du terrorisme avait été davantage précisée.  Il a souligné qu’au niveau des échanges d’information, le bureau d’Interpol à Belgrade fournit des renseignements importants à cette lutte.  La Serbie, a-t-il souligné, a signé, dans ce cadre, 60 accords bilatéraux.  « Concernant la fourniture d’aide technique, nous pensons que la formation des juges et les programmes de formation permanents font partie des actions essentielles à la lutte contre le terrorisme.  En conclusion, le représentant a exprimé l’espoir que le Groupe de travail qui se réunira durant la soixante-neuvième session de l’Assemblée générale réussira à finaliser le projet de convention générale sur le terrorisme international.  « Nous ferons de notre mieux pour soutenir activement cet objectif », a-t-il assuré.


Mme GLENNA CABELLO DE DABOIN (Venezuela), après avoir exprimé les condoléances de son pays aux victimes des récentes attaques qui ont eu lieu au Kenya, en Iraq, en Syrie et au Pakistan, a réaffirmé que le Venezuela condamnait fermement le terrorisme.  Elle a également estimé que les inégalités sociales et économiques, les injustices, les occupations étrangères et la violation des souverainetés font partie des causes profondes du terrorisme qui doivent être résolues.   Son pays se refuse de prendra part, directement ou indirectement, à des actes terroristes directement ou indirectement, a-t-elle affirmé. 


La représentante a en outre appelé à progresser dans la recherche d’un compromis autour d’un texte sur le terrorisme international qui pourrait, selon elle, servir de cadre juridique.  « Nous rejetons le fait d’invoquer la nécessité de protéger les civils pour se livrer à des violations de la souveraineté des États », a-t-elle déclaré en exhortant la communauté internationale à concilier le droit des peuples à l’autodétermination et l’objectif d’assurer la paix et la sécurité.  Elle a également soutenu la proposition faite par certains États Membres visant la convocation d’une conférence de haut niveau, au cours de la soixante-neuvième session de l’Assemblée générale, indépendamment des progrès réalisés sur le projet de convention générale sur le terrorisme international. 


Mme KOKI MULI GRIGNON (Kenya), s’associant à la déclaration faite par la République islamique d’Iran au nom du Mouvement des pays non alignés, a rappelé que son pays avait été frappé, il y a peu de temps, par une attaque lâche et haineuse dans le centre commercial de Westgate, à Nairobi.  Elle a remercié à cet égard les délégations qui ont exprimé leur solidarité.  Elle a rappelé qu’avant l’attentat de Westgate, d’autres avaient eu lieu mais n’avaient pas attiré l’attention des médias.  « Nous avons été victimes de trois grands attentats terroristes au cours de ces dernières décennies et, c’est pourquoi, nous sommes déterminés à combattre ce fléau », a-t-elle souligné


La représentante a déclaré que la Corne de l’Afrique et la région des Grands Lacs sont vulnérables à la multiplication d’attaques terroristes.  Il est essentiel, a-t-elle dit, d’accélérer la mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies.  Tout en se félicitant du rôle joué par l’ONUDC, elle a estimé que des efforts restent à faire pour vaincre ce fléau.


M. USMAN SARKI (Nigéria) a rappelé que le groupe terroriste Boko Haram avait lancé dans son pays, depuis 2009, une série d’attaques qui ont frappé des civils et bouleversé la vie de nombreux nigérians de toute origine, religion ou classe sociale.  Son gouvernement, engagé dans une campagne militaire et policière contre ce groupe, a conscience que la seule répression ne pourra endiguer durablement le terrorisme.  Le Gouvernement du Nigéria, a assuré M. Sarki, a mis en œuvre des mesures pour faire reculer la pauvreté et le chômage dans les régions les plus touchées.  Des initiatives de réconciliation interreligieuse ont également été mises en œuvre, a-t-il ajouté.  Le représentant a également salué le rôle de mobilisation des efforts mondiaux joué par l’Organisation des Nations Unies, notamment par la mise en œuvre de la Stratégie antiterroriste mondiale.  Dans ce cadre, son pays accueillera une conférence sur des questions de terrorisme dans la région du Sahel, les 16 et 17 octobre 2013. 


M. AL-HAFEZ (Arabie saoudite), rappelant que son pays avait souffert d’attentats terroristes, a assuré que des mesures sont constamment prises pour lutter contre ce fléau.  « Le représentant a estimé que l’adhésion aux conventions internationales doit être accompagnée de bonne volonté de la communauté internationale.  C’est pourquoi, nous exhortons toutes les délégations à lutter contre le terrorisme et à soutenir tous les travaux du Centre des Nations Unies contre le terrorisme.


Le représentant a estimé que le terrorisme ne pourrait être combattu qu’en s’attaquant à ses causes profondes par le biais du développement, de l’éducation et de la promotion de l’état de droit.  En outre, a-t-il souligné, il existe une distinction claire entre le terrorisme aveugle et la lutte des peuples sous occupation étrangère qui luttent légitimement pour leur droit à l’autodétermination.  La communauté internationale doit axer ses efforts sur la définition du terrorisme afin que des progrès sérieux permettent de finaliser le projet de convention générale sur le terrorisme international et combattre ainsi plus efficacement ce fléau, y compris sur le plan financier.


M. PATRICIO TROYA (Équateur) a condamné le terrorisme sous toutes ses formes et quels qu’en soient les auteurs.  Les actes terroristes, a-t-il dit, déstabilisent des régions entières.  Il a néanmoins insisté sur la nécessité d’opérer une distinction entre le terrorisme et le droit à l’autodétermination.  Il a par ailleurs qualifié les actes commis par certains États de « terrorisme d’État » et réitéré que la lutte contre les groupes terroristes doit être menée dans les limites du droit international et, en particulier, la Charte des Nations Unies.  En ce qui concerne le projet de convention générale sur le terrorisme international, il a salué les efforts déployés par le Comité spécial, tout en estimant que les divergences actuelles sont trop profondes et devront être surmontées dans le cadre d’un débat ouvert à tous et fondé sur un consensus.  « Nous n’accepterons pas ce projet à tout prix et ne transigerons pas sur la qualité du texte dans le simple but d’accélérer le rythme des négociations », a-t-il tranché.


M. ABULKALAM ABDUL MOMEN (Bangladesh) a réaffirmé que son pays condamnait fermement le terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, en soulignant qu’une lutte sans compromis avait été lancée par le Gouvernement du Bangladesh pour éliminer l’extrémisme et le terrorisme.  Il a reconnu que le terrorisme était l’une des plus graves menaces qui se posait à la paix et la sécurité internationales.  La Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies, adoptée en 2006, a été une réalisation importante, a-t-il estimé. 


Le Bangladesh, qui est fermement engagé à lutter contre le terrorisme, a adhéré à 14 instruments juridiques internationaux relatifs à la lutte contre le terrorisme, ainsi qu’à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée.  Le Bangladesh appuie pleinement la conclusion rapide du projet de convention générale sur le terrorisme international, qui devrait contenir, a-t-il estimé, une définition consensuelle du terrorisme et faire une distinction claire entre terrorisme et combat légitime contre la domination coloniale, l’occupation étrangère et pour le droit à l’autodétermination, conformément à la Charte des Nations Unies.  Toute tentative d’associer de façon erronée le terrorisme à une religion, une nationalité, une civilisation ou un groupe ethnique doit être évitée, a-t-il ajouté.  La future convention devrait également traiter des causes profondes du terrorisme, dont les disparités économiques, l’exclusion politique et le néocolonialisme.


En outre, le Gouvernement du Bangladesh a adopté une politique de tolérance zéro à l’égard du terrorisme et de l’extrémisme religieux, a indiqué M. Momen, en se déclarant convaincu que la promotion d’une culture de paix et « d’unité dans la diversité » était une façon efficace de lutter contre le terrorisme.  Une plus grande compréhension et un plus grand respect mutuels sont nécessaires pour vaincre le terrorisme, a-t-il ajouté avant de conclure.


M. KIM YONG SONG (République populaire démocratique de Corée) a déclaré que le terrorisme continuait d’être un défi pour tous les pays du monde.  La lutte contre le terrorisme ne peut en aucun cas justifier des agressions armées contre des États souverains et des populations civiles, a-t-il rappelé, en soulignant que les forces armées qui tuent des innocents pour renverser le Gouvernement légitime en Syrie doivent être condamnées.  Les velléités d’imposer des changements de régime, sous prétexte de mener la lutte antiterroriste, constituent une ingérence dans les affaires intérieures d’États souverains et ne doivent pas être tolérées, a-t-il insisté.


Par ailleurs, les efforts consentis pour lutter contre le terrorisme international doivent attacher une importance particulière à la suppression des causes fondamentales du terrorisme, a souligné M. Kim.  À cet égard, la délégation de la République populaire démocratique de Corée appuie la proposition de l’Égypte visant à convoquer une conférence de haut niveau sur le terrorisme car, a-t-il déclaré, elle contribuerait à identifier les causes profondes du terrorisme ainsi que les contre-mesures communes que pourrait adopter la communauté internationale en vue d’éliminer les causes de ce fléau.


La République populaire démocratique de Corée vit depuis longtemps sous la menace continue d’attaques terroristes visant à renverser son système politique.  C’est pourquoi, la lutte antiterroriste revêt une importance particulière pour son pays qui œuvre à protéger la souveraineté et la sécurité de sa population, a expliqué M. Kim, en indiquant que la République populaire démocratique de Corée avait adhéré aux principales conventions internationales relatives au terrorisme afin de renforcer la coopération internationale dans ce domaine.  Son pays, a-t-il ajouté, a amendé sa législation en vue de respecter les engagements pris au niveau international.


M. MOURAD BENMEDIHI (Algérie) a tout d’abord souligné les efforts de coopération menés dans la région du Sahel afin de lutter contre le terrorisme.  La libération du nord du Mali, a-t-il rappelé, ne devrait pas faire oublier l’urgence de s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité.  En ce qui concerne le projet de convention générale sur le terrorisme international, M. Benmehidi a insisté sur la nécessité de finaliser et adopter ce projet de convention le plus rapidement possible.  La définition du terrorisme doit respecter les principes fondamentaux consacrés par la Charte des Nations Unies et le droit international et faire une distinction claire entre actes de terrorisme et lutte légitime des peuples sous occupation étrangère pour l’exercice de leur droit à l’autodétermination.


« L’Algérie est en faveur de la tenue d’une conférence de haut niveau sous les auspices des Nations Unies afin de formuler une position commune pour l’éradication du terrorisme sous toutes ses formes et manifestations », a affirmé M. Benmedihi.  Il a ensuite salué le travail accompli par le Centre des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme et remercié l’Arabie saoudite pour sa récente contribution financière de 100 millions de dollars au Centre.  Avant de conclure, il a appelé la communauté internationale à prendre des mesures concrètes pour lutter contre le financement du terrorisme, en rejetant notamment de manière catégorique le paiement de rançons à des groupes terroristes. 


M. MOHAMMAD KHAZAEE (République islamique d’Iran), s’exprimant en sa capacité nationale, a vivement condamné le terrorisme d’État qui menace la paix, la sécurité et les droits élémentaires des populations.  Il a indiqué que plusieurs scientifiques iraniens avaient été victimes d’attaques terroristes dans son pays.  La lutte contre le terrorisme, a-t-il rappelé, ne doit pas être sélective et reposer sur la pratique du « deux poids, deux mesures ».  Rejetant l’idée d’adopter une « approche fonctionnelle » pour combattre le terrorisme, il a déploré que certains États aient radié de leurs listes des organisations terroristes des groupes qui ont tué et blessé des milliers d’Iraniens. La lutte contre ce fléau, a-t-il insisté, doit être menée dans le respect de la Charte des Nations Unies et du droit international.  « Le terrorisme ne doit pas être assimilé à la lutte légitime des peuples contre l’occupation étrangère ou pour l’exercice de leur droit à l’autodétermination », a-t-il prévenu, avant d’indiquer que le terrorisme ne pouvait être associé à une culture, une nationalité ou une religion, en particulier.  Avant de conclure, il a mentionné la proposition présentée par le Président iranien lors du débat général, le 25 septembre dernier, de lancer une initiative mondiale contre la violence et l’extrémisme.


M. LAASEL ABDERRAZZAK (Maroc) a rappelé que son pays en sa qualité de membre non permanent du Conseil de sécurité avait activement contribué à l'adoption de la résolution sur le Mali et avait, de même, élaboré et présenté la déclaration présidentielle du Conseil sur le Sahel en juillet 2013.  Le représentant a assuré de l’appui de sa délégation le travail accompli par l'ONU pour finaliser le projet de convention générale sur le terrorisme international.  Il a ensuite plaidé en faveur d'une approche régionale, consolidée par des mécanismes internationaux parrainés par l’ONU, pour lutter contre ce fléau, avant d'indiquer que la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies de 2006 restait le cadre idoine pour renforcer le combat antiterroriste.


Prenant acte des progrès considérables contre les groupes terroristes au nord du Mali, le représentant a estimé que la coopération régionale s'avérait indispensable entre les États du Sahel, d'Afrique de l'Ouest et du Maghreb pour faire face aux menaces terroristes.  Enfin, le délégué a indiqué que l'expérience du Maroc dans le domaine de la lutte contre le terrorisme avait démontré que l'adhésion des citoyens aux mesures prises par les autorités, et le rejet total de l'extrémisme et de la violence pour atteindre des buts politiques, étaient des éléments fondamentaux de toute stratégie antiterroriste.


M. SHRI ARUN JAITLEY (Inde) s’est dit en faveur du renforcement du cadre normatif des Nations Unies en matière de lutte contre le terrorisme, avant de souligner la nécessité d’élargir le champ d’application des instruments juridiques existants.  S’agissant des discussions relatives au projet de convention générale sur le terrorisme international, il a rappelé que les éléments présentés par le Coordonnateur du Comité spécial en 2007 constituaient une version équilibrée de ce projet et appelé tous les États Membres à l’appuyer.  M. Jaitley a ensuite expliqué que son pays et ceux de la région tout entière continuent d’être frappés par le terrorisme.  L’Inde est partie à 13 instruments juridiques internationaux de lutte contre le terrorisme, a indiqué son représentant, avant de passer en revue les mesures prises dans ce domaine au niveau national.  Il a notamment cité une loi de 2005 qui vise à empêcher que des armes de destruction massive ne tombent entre les mains de groupes terroristes.  Le délégué de l’Inde a également mentionné les divers organes nationaux chargés de la lutte contre le terrorisme, en particulier l’agence nationale d’investigation qui diligente des enquêtes sur les menaces contre la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Inde.  En conclusion, il a affirmé que la communauté internationale ne pouvait se permettre d’adopter des approches sélectives à l’égard des groupes terroristes et devrait intensifier sa coopération en la matière.  « Le terrorisme est comme le monstre Frankenstein », a-t-il affirmé, en estimant que le recours au terrorisme à des fins politiques était une stratégie vouée à l’échec, qui finirait par se retourner contre ceux qui l’avaient adoptée.


M. DUNCAN MUHUMUZA LAKI (Ouganda) a condamné le terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, en réaffirmant qu’aucun prétexte ne pouvait justifier ce phénomène contre lequel une réponse appropriée doit être trouvée.  L’élimination du terrorisme passe nécessairement par l’identification de ses causes et de ses symptômes, a-t-il relevé, en exhortant la communauté internationale à se pencher sur la question de la pauvreté qui reste, selon lui, une condition dans laquelle le terrorisme prospère.  Il a aussi prévenu contre les amalgames, en faisant référence à l’association « absurde » du terrorisme à des croyances religieuses, à une race ou à une civilisation.


L’Ouganda, a-t-il déclaré, intervient en Somalie sous l’égide de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) pour combattre les Al-Chebaab, l’un des plus dangereux groupes terroristes.  Dans cet élan, M. Laki a lancé un appel à la communauté internationale pour assister au renforcement des capacités de l’AMISOM afin de lui permettre de poursuivre ses actions visant à neutraliser les terroristes.  Il est indispensable, a-t-il souligné, que les efforts entrepris visent à refuser tout refuge aux terroristes et à éliminer leurs sources de financement, tout en réduisant la vulnérabilité de l’État somalien. 


L’Ouganda n’est pas étranger aux actes de terrorisme, a précisé son délégué, en assurant sa solidarité au Kenya et au Nigéria qui sont actuellement la cible d’attaques perpétrées par des groupes terroristes.  M. Laki est revenu sur la problématique des déchets toxiques rejetés au large des côtes de Somalie, en prévenant la communauté internationale sur les dangers que cela pourrait représenter pour elle.  « Les déchets toxiques peuvent être transformés en arsenal par les terroristes s’ils parviennent à les recycler pour en faire des armes de destruction massive », a-t-il conclu.


M. ALI MOHAMED ABDULLAH ALMAKHADI (Yémen) a souhaité que le projet de convention générale sur le terrorisme international opère une distinction entre le terrorisme et la légitime lutte des peuples pour l’autodétermination.  Il a ensuite détaillé l’éventail de mesures nationales mises en œuvre par son pays pour lutter contre le terrorisme et son financement dans tous les gouvernorats du Yémen.  Le Yémen, a-t-il assuré, adopte une attitude de fermeté vis-à-vis les groupes et actions terroristes en s’efforçant de respecter les droits de l’homme.  Il a par ailleurs tenu à remercier l’Arabie saoudite pour sa contribution de 100 millions de dollars au Centre des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme.  La pauvreté et le chômage créent un environnement propice à la propagation du terrorisme, a-t-il estimé, en appelant la communauté internationale à combattre les inégalités.


M. MOHAMMAD TAQI KHALILI (Afghanistan) a indiqué que la lutte contre le terrorisme faisait partie intégrante de la stratégie sécuritaire de son pays, en précisant que l’armée et la police nationales étaient en première ligne des opérations antiterroristes qui sont menées.  Il a émis l’espoir que des mesures concrètes seront prises afin d’éliminer les sanctuaires terroristes qui se trouvent à l’extérieur du pays et qui constituent la principale menace terroriste à laquelle est confronté l’Afghanistan.  Insistant sur la nécessité d’une coopération régionale, le délégué s’est dit encouragé par la récente visite du Président afghan, M. Hamid Karzai, au Pakistan, ce qui a permis la tenue de discussions détaillées sur le renforcement des efforts communs contre le terrorisme.  Il a ensuite rappelé que tous les États avaient l’obligation de combattre le terrorisme international, en application des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, en particulier la résolution 1373, et de l’Assemblée générale.  « Mon pays continue de réviser sa législation en la matière afin qu’elle réponde aux exigences des instruments juridiques internationaux relatifs à la lutte contre le terrorisme qu’il a ratifiés », a affirmé le délégué afghan.  Il a estimé qu’il était maintenant nécessaire d’adopter le projet de convention générale sur le terrorisme international.


M. TOFIG F. MUSAYEN (Azerbaïdjan) a rappelé que son pays avait été la cible d’attaques terroristes qui ont causé la mort de milliers de personnes.  C’est une menace à l’intégrité territoriale et au développement économique et social de tous les États, a-t-il affirmé.  L’accumulation d’un grand nombre d’armes et de munitions, la prolifération d’armes de destruction massives sont aussi une menace importante à la sécurité du monde.


Le représentant a rappelé qu’il faudrait appliquer les sanctions imposées par le Conseil de sécurité.  L’Azerbaïdjan, a-t-il dit, appuie une coopération efficace entre les États et les groupes d’experts des Nations Unies.


Pour sa délégation, l’absence d’une définition claire du terrorisme est un obstacle aux efforts de la communauté internationale pour combattre non seulement les individus coupables d’actes terroristes, mais aussi les États qui soutiennent et financent les activités terroristes.  Le représentant a ainsi réaffirmé la volonté et la détermination de son pays pour déployer tous les efforts nécessaires afin de parvenir à un accord sur le projet de convention générale sur le terrorisme international.  Il s’est dit convaincu que la future convention sera un instrument efficace de lutte contre le terrorisme.  La lutte contre le terrorisme ne doit pas être utilisée comme un moyen de cibler une religion ou une culture, a-t-il cependant prévenu.  


M. ABDULAZIZ A M A ALAJMI (Koweït) a condamné le terrorisme sous toutes ses formes et exhorté les États Membres à résoudre les causes profondes de ce phénomène.  Il a estimé que les conflits non résolus et les violations des droits de l’homme devraient faire l’objet d’une attention particulière.  Il a rappelé que son pays avait ratifié les principaux instruments juridiques internationaux en matière de lutte contre le terrorisme et, à ce titre, il a enjoint tous les États Membres à consentir un effort supplémentaire pour achever les négociations sur le projet de convention générale sur le terrorisme international.  À cet égard, il a estimé que le projet de convention devrait reconnaître la notion de terrorisme d’État et établir une distinction claire entre le terrorisme et le droit des peuples à l’autodétermination


M. ARAYA DESTA (Érythrée) a réaffirmé que son pays condamnait le terrorisme sous toutes ses formes.  L’attentat terroriste perpétré récemment à Nairobi montre que la région est sous le joug de ce fléau.  « Cela met en lumière le fait que la coopération doit être intensifiée ».  Pour ce faire, il faudrait consacrer des ressources adéquates t s’attaquer aux causes profondes du terrorisme, dont font partie les conflits de longue durée, la pauvreté, et la criminalité transnationale organisée.


« L’Érythrée a pris une série de mesures législatives pour mieux lutter contre le terrorisme », a indiqué son représentant.   Son pays, qui a une longue expérience du terrorisme, estime cependant qu’il faudrait faire preuve de prudence.  Il faudrait, a-t-il précisé, s’abstenir de recourir à la force et d’agir en violation de l’intégrité territoriale des États souverains.  En conclusion, il a estimé que le terrorisme ne peut être associé à aucune religion ou race.


M. JOSÉ LUIS CANCELA (Uruguay) a salué le travail effectué par le Comité contre le terrorisme et rappelé que son pays coopérait étroitement avec cet organe des Nations Unies.  Il a rappelé que l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) estimait à 2,1 trillions de dollars par an le montant des sommes d’argent générées par la criminalité transnationale organisée.  À cet égard, il a précisé qu’une part non négligeable de ces sommes profitait aux groupes terroristes par la voie du blanchiment d’argent et a estimé qu’il était indispensable de combattre ce fléau.  Ce phénomène, a-t-il poursuivi, nécessite des efforts coordonnés aux niveaux régional et international.  Il a par ailleurs soutenu la création d’un groupe de travail au cours de la soixante-neuvième session de l’Assemblée générale afin de parvenir à un compromis sur le projet de convention générale sur le terrorisme.  Ce projet de convention constituerait un cadre juridique utile et contribuerait à une meilleure coopération entre États, a-t-il estimé. 


M. NORACHIT SINHASENI (Thaïlande) a noté que le terrorisme ne causait pas seulement des pertes en vies humaines et des souffrances, mais qu’il affectait également la conscience de la communauté internationale.  La Thaïlande condamne sans équivoque tous les actes de terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations et est fermement engagée à prévenir, combattre et éradiquer le terrorisme à tous les niveaux, a-t-il assuré.


La Thaïlande se félicite des partenariats établis par les Nations Unies pour contrer le terrorisme aux niveaux régional et international.  La Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies est importante, car, a-t-il souligné, elle engage tous les acteurs, les États Membres, les organisations non gouvernementales et la société civile.  « Nous attendons de participer activement au prochain examen de la Stratégie mondiale », a-t-il dit.


Un des moyens les plus efficaces pour combattre le terrorisme est d’éliminer ses ressources financières en établissant de fermes mesures contre le blanchiment d’argent.  « À cet égard, nous avons renforcé systématiquement notre système législatif, en adoptant de nouvelles lois », a indiqué le représentant.


Il a ensuite salué les efforts du Comité spécial, établi par l’Assemblée générale par sa résolution 51/120, qui ont permis de progresser en vue de la finalisation d’un projet de convention générale sur le terrorisme international.  À cet égard, il a appuyé pleinement la création d’un groupe de travail, lors de la soixante-neuvième session de l’Assemblée générale.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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