Deuxième Commission: il faut renforcer la résilience des petits états insulaires, menacés parfois de disparition, déclarent les délégations lors d’une table ronde

1 novembre 2013
AG/EF/3381

Deuxième Commission: il faut renforcer la résilience des petits états insulaires, menacés parfois de disparition, déclarent les délégations lors d’une table ronde

1/11/2013
Assemblée générale
AG/EF/3381
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Deuxième Commission                                        

Table ronde – matin

DEUXIÈME COMMISSION: IL FAUT RENFORCER LA RÉSILIENCE DES PETITS ÉTATS INSULAIRES, MENACÉS

PARFOIS DE DISPARITION, DÉCLARENT LES DÉLÉGATIONS LORS D’UNE TABLE RONDE

La Commission économique et financière (Deuxième Commission) s’est réunie ce matin dans la cadre d’une table ronde organisée sur le thème: « Renforcer la résilience des petits États insulaires en développement dans le contexte du développement durable ».

De nombreux petits États insulaires en développement (PEID) ont pu faire des progrès dans la mise en œuvre du Programme d’action de la Barbade, adopté en 1994, et de la Stratégie de Maurice de 2005 qui visent la promotion du développement durable des PEID,a relevé le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, M. Wu Hongbo, dans son discours liminaire. 

M. Wu, qui est aussi le Secrétaire général de la troisième Conférence internationale sur les PEID qui aura lieu en septembre prochain à Apia, aux Samoa, a souligné que les PEID entendent voir l’établissement d’un partenariat durable et véritable en faveur de la promotion et du soutien à leur développement durable.

La Conférence d’Apia portera son attention sur la situation d’un groupe de pays dont le cadre de développement durable est unique, compte tenu de la vulnérabilité particulière de ces petits États insulaires aux effets des changements climatiques et à l’impact négatif que le réchauffement de la planète a sur leur environnement naturel, notamment la destruction des récifs coralliens qui jouent un rôle important dans l’économie des PEID, et l’élévation du niveau des mers qui fait courir à certaines petites îles un risque d’engloutissement ou même de disparition totale de leurs territoires. 

La table ronde de ce matin a donc été l’occasion d’évoquer le renforcement de la résilience des PEID face aux dangers qui les menacent.  Le représentant de Maurice a présenté le projet « Maurice Île durable » (MID), lancé en 2008 par le Gouvernement mauricien afin de promouvoir le développement économique, environnemental et social de l’île sur la base de l’Énergie, l’Environnement, l’Éducation, l’Emploi et l’Équité.  Dans ce cadre, des mesures de taxation des émissions de dioxyde de carbone (CO2) ont permis à Maurice d’avoir « la meilleure qualité de l’air environnant à travers le monde » en 2011, a indiqué le représentant.

La représentante de Kiribati a pour sa part regretté le fait que depuis le premier rapport national que Kiribati a envoyé au Secrétariat de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques en 1999, la vulnérabilité du pays est restée la même.  Elle a déploré les nombreuses et coûteuses études menées dans le pays, ce qui en fait, a-t-elle estimé, le pays ayant été au centre du plus grand nombre de recherches sur les changements climatiques.  « La quantité de documents provenant de ces études pourrait servir à construire un pont entre Kiribati et New York », a-t-elle ironisé en demandant à la communauté internationale d’abandonner les discours et les promesses et de passer à des actions concrètes.

La représentante a parlé des actions en matière de résilience mises en place par Kiribati, évoquant notamment un programme de plantations de mangroves destinées à réduire l’érosion des côtes, et l’élaboration, par le Gouvernement, de plans de relocalisation des populations de Kiribati sur des terres acquises hors des frontières nationales, dans l’éventualité d’un engloutissement de ce pays dont le point culminant du territoire ne s’élève qu’à trois mètres d’altitude.  La représentante a également plaidé pour l’établissement de vrais partenariats en faveur du développement durable des PEID.  Elle a appelé à la conclusion de partenariats centrés sur le bien-être des gens et basés sur le respect mutuel, la confiance et la reddition des comptes.

En ouverture de la table ronde, le Président de la Deuxième Commission, M. Abdou Salam Diallo (Sénégal), a prévenu que la situation dans laquelle sont les petits États insulaires en développement doit être comprise comme étant le signe avant-coureur de circonstances qui affecteront l’ensemble de la communauté internationale.

La Deuxième Commission tiendra sa prochaine séance plénière lundi 4 novembre à 10 heures.  Elle examinera le point de son ordre du jour intitulé: « Développement durable ».

TABLE RONDE SUR LE THÈME « RENFORCER LA RÉSILIENCE DES PETITS ÉTATS INSULAIRES EN DÉVELOPPEMENT DANS LE CONTEXTE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE »

Déclaration liminaire

M. WU HONGBO, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales et Secrétaire général de la troisième Conférence internationale sur les petits États insulaires en développement, a relevé que certains petits États insulaires en développement (PEID) ont pu faire des progrès dans la mise en œuvre du Programme d’action de la Barbade et de la Stratégie de Maurice.  Il a noté qu’au vu de la vulnérabilité particulière des PEID, il apparait difficile pour ces derniers de s’adapter aux chocs externes et de se lancer sur la voie du développement durable.  M. Wu a ainsi indiqué que le renforcement de la résilience des PEID est d’une importance capitale.  Il a ensuite souligné que les PEID veulent faire face aux défis qui les interpellent, et a émis l’espoir que le programme de développement pour l’après-2015 offrira à la communauté internationale et aux États l’occasion de mettre en place des actions mondiales et un véritable partenariat pour soutenir les PEID.  Il a rappelé que les PEID entendent voir l’établissement d’un partenariat durable et véritable en faveur de la promotion et du soutien à leur développement durable.  « C’est ce vœu qui a guidé le choix de ce thème pour la tenue de la Conférence internationale sur les petits États insulaires en développement (PEID), qui va se tenir au mois de septembre 2014 à Apia, aux Samoa », a souligné M. Wu.

Exposés

En sa qualité de modératrice de la table ronde, Mme JANINE COYE-FELSON, Conseillère spéciale pour les affaires juridiques au Bureau du Président de l’Assemblée générale de la soixantième-huitième session, a ouvert la discussion qui s’articulait autour des quatre thèmes libellés comme suit: « Le cas particulier des petits États insulaires en développement (PEID) »; « Les problèmes et solutions liés aux changements climatiques pour les PEID »; « Les moyens de mise en œuvre dans le sens du renforcement de la résilience des PEID »; et « Les partenariats entre les PEID et ceux en leur faveur ».

M. OSMAN MAHOMED, Président exécutif de la Commission sur le projet Maurice Île durable (MID), a présenté ce projet lancé en 2008 par le Premier Ministre mauricien.  C’est un projet à multiples facettes adoptant une approche holistique pour promouvoir le développement économique, environnemental et social basé sur l’Énergie, l’Environnement, l’Éducation, l’Emploi et l’Équité.  Vingt comités directeurs composés de représentants de différents ministères sont chargés de sa mise en œuvre, a indiqué M. Osman Mahomed.  Il a indiqué que des réunions publiques avaient été organisées pour faire connaître ce projet à la population afin de l’impliquer dans sa mise en œuvre.  Sur le plan énergétique, M. Mahomed a dit qu’une taxe allait être imposée sur les émissions de carbone.  Par ailleurs, un indice de durabilité des entreprises a été mis au point afin d’évaluer les entreprises qui travaillent en vue de parvenir à cet objectif.  Nous avons commencé à taxer les véhicules en fonction de leurs émissions de CO2, a ajouté M. Mahomed avant d’estimer que Maurice avait atteint, en 2011, « la meilleure qualité de l’air environnant à travers le monde ».  Sur le plan de la communication, il a mentionné un partenariat établi entre la Commission sur le projet MID et la télévision mauricienne afin d’expliquer au monde la portée de ce projet.

Maurice produit de l’électricité en utilisant un produit dérivé de la canne à sucre, la mélasse, a poursuivi M. Mahomed.  Au niveau de l’éducation, il a indiqué que la Commission du projet MID avait créé des clubs dans les écoles, faisant valoir que les enfants sont les agents du changement pour l’avenir.  La gestion des déchets est une autre grande préoccupation de Maurice, a-t-il dit, et nous encourageons les petits agriculteurs à produire du compost.  M. Mahomed a ensuite expliqué que le projet MID avait pris en compte 600 recommandations venant de la société civile.  Le Gouvernement mauricien a ainsi commencé à élaborer un programme de promotion de l’économie verte.  L’exposé de M. Osman Mohamed a été illustré par une vidéo présentant les différents domaines d’action du projet MID et montrant le Premier Ministre de Maurice en train d’expliquer que « Maurice Île durable » est « un projet de société, pas un projet énergétique ».  À Maurice, nous voulons faire passer le nombre d’emplois verts de 6,3% en 2010 à 10% en 2020, a ajouté M. Mahomed.  Dans le secteur de l’éducation, nous voulons atteindre l’objectif de 100% de taux d’alphabétisation d’ici à 2020 et ouvrir un centre de connaissances sur le développement durable en 2020.

Mme MAKURITA BAARO, Représentante permanente de Kiribati auprès de l’Organisation des Nations Unies, a indiqué que les changements climatiques sont la plus grande menace posée aux PEID.  Elle a regretté que le Fonds pour le climat tarde à se concrétiser.  Elle a déploré le fait que la plupart des financements destinés à l’adaptation aux changements climatiques octroyés à ce jour ont été consacrés aux études, à la recherche, aux consultations et au renforcement de capacités dans le cadre des programmes de terrain.  Elle a par la suite relevé que de manière permanente, Kiribati reçoit pas moins de 20 experts ou consultants sur les changements climatiques qui travaillent avec les ministères locaux.  En plus de ces experts, a-t-elle ajouté, le pays reçoit aussi des étudiants venant du monde entier pour étudier les changements climatiques et leur impact sur un peuple qui risque de disparaître.  Elle a de ce fait regretté que depuis le premier rapport national que Kiribati a envoyé au Secrétariat de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques en 1999, la vulnérabilité du pays est restée la même.  Elle a, en outre, souligné que Kiribati semble être le pays ayant été au centre du plus grand nombre de recherches sur les changements climatiques.  « La pile de dossiers de documentation sur le pays et sa vulnérabilité pourrait permettre de construire un pont entre New York et Kiribati », a ironisé la représentante. 

Mme Baaro est par ailleurs revenue sur les résultats des différentes recherches menées à Kiribati.  Elle a ainsi déclaré que le territoire de Kiribati est situé juste à un mètre d’altitude au dessus du niveau des eaux de l’océan Pacifique, le point culminant des îles s’élevant à 3 mètres de hauteur, ce qui n’offre aucun point de refuge à la population en cas de montée du niveau des eaux de la mer.  Elle a noté que les côtes de Kiribati font face à une dégradation extrêmement rapide du fait de l’élévation du niveau des mers, et qu’en plus, des phénomènes naturels extrêmes sont de plus en plus fréquents dans les 33 îles de l’archipel de Kiribati.  Elle a évoqué les mesures nationales d’adaptation aux effets des changements climatiques entreprises par son pays.  Kiribati s’est engagée ainsi dans un programme de plantation de mangroves pour réduire l’érosion des côtes, a-t-elle relevé.  De plus, Kiribati construit des barrières côtières afin de protéger les infrastructures du pays.  Elle a également indiqué que le Gouvernement a prévu des plans de relocalisation des populations, et a acquis des terres hors des frontières nationales pour cette éventualité.

La représentante a déclaré que Kiribati ne pouvait prendre toutes ces mesures sans le soutien de la communauté internationale.  Elle a rappelé qu’un grand nombre de grandes villes du monde sont situées en bordure des mers, et qu’il est temps d’agir pour éviter que ces centres urbains ne soient engloutis du fait de l’élévation du niveau des océans.  Elle a souhaité que dans le contexte de la préparation de la dix-neuvième Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 19) qui aura lieu du 11 au 22 novembre, à Varsovie en Pologne, et en prévision de la troisième Conférence internationale sur les petits États insulaires en développement en 2014, il est temps que la communauté internationale mette sur pied des partenariats en faveur des PEID.  Nous voulons de vrais partenariats centrés sur le bien-être des gens et basés sur le respect mutuel, la confiance et la reddition des comptes, a dit Mme Baaro.

M. PETER ALLUM, Sous-Directeur du Département de la stratégie, des politiques et de l’évaluation du Fonds monétaire international (FMI), a donné des chiffres sur les résultats économiques obtenus par les petits États insulaires en développement (PEID).  En termes macroéconomiques, il a dit qu’il y avait une bonne nouvelle du fait qu’en 2012 le PIB par habitant et l’index de développement humain (IDH) étaient en moyenne un peu plus élevé par rapport aux années précédentes dans les petits États, comparés aux données du même type dans les grands pays.  Mais la mauvaise nouvelle, c’est que la croissance des petits États a diminué ou stagné, par rapport à la croissance de certains grands États qui a été plus rapide.  La volatilité économique est aussi plus importante dans les petits pays, a noté M. Allum en indiquant que cette tendance était visible dans les petits pays ayant une population de moins de 900 000 habitants.  Le coût qu’ont les catastrophes naturelles est plus grand dans les petits États, a-t-il aussi remarqué, du fait de leur plus grande vulnérabilité, surtout quand leur économie repose sur une base de production peut diversifiée.  L’expert a aussi indiqué que les petits pays ne sont pas bien armés pour résister aux effets négatifs des changements climatiques, car le déficit fiscal est plus important dans ces pays.  Le risque de crise y est donc aussi plus important. 

La question qui se pose est de savoir si les mauvais résultats des petits pays sont dus à un environnement économique mondial qui favorise les grands États ou au manque de réformes macroéconomiques dans ces petits États.  Indiquant qu’on n’avait pas encore de réponse à cette question, M. Allum a noté que les grands États, du fait de la faible croissance qui les a affecté dans les années 80 et 90, avaient entrepris des réformes de macrostabilisation, ce que devraient peut être aussi faire aujourd’hui les petits États.  Comparant ensuite les îles des Caraïbes et celles du Pacifique, il a rappelé que les Caraïbes étaient arrivées à de bons résultats dans les années 90, mais que leur croissance s’était ralentie dans les années 2000.  Les États de cette région sont donc plus sensibles au caractère imprévisible des revenus, a-t-il constaté, soulignant que les îles du Pacifique sont moins endettées que celles des Caraïbes.

Le FMI, a poursuivi M. Allum, fournit un financement à des conditions préférentielles aux petits États comme le Cabo Verde et le Guyana, dont le produit intérieur brut (PIB) par habitant est inférieur à 3 585 dollars.  Le FMI fournit en outre une assistance technique aux petits États, notamment en ce qui concerne la confection et la mise en œuvre de leurs budgets nationaux.  Le FMI aide certains petits États dans l’allégement du fardeau de leur dette lorsque celle-ci devient insoutenable.  Récemment, trois de ces pays ont bénéficié d’une annulation de leur dette tandis que cinq autres ont eu droit à une restructuration de leur dette extérieure.  Sur le plan politique, le FMI a élaboré des notes d’orientation pour aider ces pays à se préparer et s’orienter au mieux.  Le FMI propose aussi des méthodes d’optimisation des règles fiscales.  M. Allum a ajouté que le FMI travaillait au renforcement de la résilience des pays, précisant qu’il faisait une différence entre les risques causés par les petits chocs et ceux venant de grands chocs mondiaux.  Nous donnons des conseils sur les sources d’aide au développement permettant d’améliorer la résilience, ou sur les systèmes de mobilisation de ressources nationales que peuvent mettre en place les pays à revenu intermédiaire, a dit M. Allum.  En ce qui concerne les chocs liés aux changements climatiques, il a mentionné l’utilité d’avoir recours à la réserve internationale consacrée à ce problème.

M. JOSÉ REGIDOR GARCÍA, Recteur de l’Universidad de Las Palmas de Gran Canaria et membre du Conseil d’administration du Consortium des universités des petits États insulaires en développement, a souligné l’importance des partenariats en faveur des PEID et ceux établis entre PEID.  Il a parlé des programmes mis en place par l’Université de Las Palmas, et qui visent à apporter aux PEID plus d’assistance technologique.  Le Recteur de l’Université de Las Palmas a présenté aux délégations certaines des recherches menées dans le domaine de l’océanographie et dans le secteur de la gestion des environnements marins et côtiers.  M. Regidor García a également relevé que dans le cadre de sa responsabilité sociale, l’Université de Las Palmas mène des projets dans de nombreuses îles rendues vulnérables par les changements climatiques.  Il a souhaité que le monde académique s’implique davantage dans l’examen des thématiques relatives aux changements climatiques et au développement des PEID.  Il a, en outre, plaidé pour que les PEID puissent s’unir pour travailler ensemble sur la manière dont ils peuvent faire face aux défis qui se posent à eux, notamment par la mise en place de programmes communs destinés à informer les populations sur les questions touchant leur vie quotidienne en tant qu’habitants de petites États insulaires en développement.

Dialogue interactif

Après les exposés des panélistes et experts, deux délégations ont réaffirmé leur engagement à l’égard du développement des petits États insulaires en développement (PEID), tandis que quelques représentants de ces pays ont donné des exemples des difficultés rencontrées par leurs pays et exprimé leurs priorités.  Le représentant de Cuba a appelé les Nations Unies à collaborer avec les PEID pour les aider à surmonter les circonstances difficiles dans lesquelles ils se trouvent.  Cuba est un petit État insulaire qui essaie de donner à son peuple éducation et santé.  Mais cela ne suffit pas, a-t-il dit, en soulignant la vulnérabilité économique des petits États insulaires face au contexte international.  L’assistance du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à l’égard des PEID baisse, s’est-il inquiété, de même que les flux d’investissements étrangers.  Il a estimé par ailleurs que les PEID pouvaient donner un bon exemple de stabilité et de sécurité au reste du monde, et ainsi susciter la confiance. 

Exposant les problèmes particuliers qui se posent aux PEID des Caraïbes, le représentant de la Jamaïque a souligné leur niveau de dette très élevé qui tient à la réduction de l’aide publique au développement (APD).  Cette aide est en effet plus faible pour les pays Caraïbes, si on la compare à celle versée en faveur des PEID du Pacifique, a-t-il remarqué.  Or, notre fiscalité ne nous permet pas de financer toutes nos activités de développement, a expliqué le représentant, avant de réfléchir aux moyens permettant de mobiliser les investissements étrangers.  Il a souhaité travailler avec le FMI sur cette question.

Du côté du Pacifique, la représentante de Nauru a insisté sur l’importance de la bonne santé des mers et des océans, en ce qu’ils représentent les principales sources de subsistance des habitants des îles.  Elle a demandé que cela soit reflété dans le programme de développement pour l’après-2015, un appel qui a été relayé par le représentant de la Papouasie-Nouvelle-Guinée qui a insisté sur le caractère essentiel des mers et des océans pour les PEID.  Parmi les questions importantes à ce sujet, il a cité la protection des ressources marines, la lutte contre la pêche illégale et la gestion rationnelle des pêches.  Il a aussi soulevé la question de l’énergie durable, rappelant que les PEID dépendent actuellement trop des énergies fossiles

Le représentant de l’Union européenne (UE) a indiqué que l’APD versée par l’Union européenne aux petits États insulaires en développement augmentait.  Il a estimé que les chiffres fournis par le représentant du FMI étaient très utiles pour se rendre compte de la vulnérabilité particulière des PEID, qui sont exposés aux catastrophes naturelles et au changement climatique.  Il a cependant regretté que les intervenants n’aient pas abordé le rôle des femmes et celui du secteur privé dans le renforcement de la résilience. 

Pour sa part, le représentant du Brésil a réaffirmé l’engagement de son pays à l’égard du développement des PEID.  Le Brésil a établi des relations diplomatiques avec tous ces pays, a-t-il précisé.  Il s’est également réjoui de la tenue en 2014, à Samoa, de la troisième Conférence internationale sur les PEID.

Répondant aux questions posées par le représentant de Cuba, le représentant du FMI a expliqué que les chocs auxquels sont sensibles les PEID étaient variés.  Ces pays ont souvent une bonne gouvernance, parfois meilleure que celle de nombreux grands États, a-t-il par ailleurs observé.  En ce qui concerne les capacités de ces pays à répondre aux grands chocs, il a noté qu’il fallait s’interroger sur les ressources provenant de la fiscalité.  « Faut-il prendre la voie de l’austérité fiscale? » a-t-il demandé en rappelant le niveau de dette important de certains petits pays.  Le FMI n’offre pas d’aide financière en soi, mais plutôt des conseils et des avis aux pays qui ont besoin de réagir à un choc, a-t-il précisé.  Enfin, il a souligné l’importance de faire des investissements au profit du rôle joué par les femmes et le secteur privé.  Le FMI n’a pas de programme particulier en matière de promotion de la parité, mais son Directeur exécutif actuel est une femme, a-t-il fait valoir.

Lorsque les femmes ne sont pas impliquées dans les activités de développement durable, cela signifie que la moitié de nos ressources humaines sont laissées de côté, a fait remarquer la représentante de Kiribati.  Elle a précisé que si la société de son pays était encore très dominée par les hommes, les femmes arrivaient cependant à y faire connaître leur volonté.  Elle a souligné par ailleurs que Kiribati avait travaillé en étroite collaboration avec Cuba sur la question de l’éducation, 17 médecins de Kiribati ayant d’ailleurs obtenu cette année leur diplôme à Cuba.  Elle a aussi remercié l’Union européenne d’avoir été un partenaire fort pour Kiribati, notamment en matière énergétique.

Le représentant du projet Maurice Île durable a assuré que les institutions du pays devaient être composées d’un tiers de femmes.  Il a confirmé que le secteur privé devait s’investir aux côtés du secteur public, notamment en faveur de la diversification des sources d’électricité.  L’Agence française de développement a offert à cet effet des ressources au secteur privé de Maurice, a-t-il précisé.  Il a aussi parlé de l’initiative de l’Union européenne « la mer pour tous » qui implique le secteur privé.  Enfin, le Recteur de l’Universidad de Las Palmas de Gran Canaria a ajouté que les universités devaient elles aussi apporter leur collaboration dans la promotion du développement des PEID.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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