Deuxième Commission: les délégations débattent de l’urbanisation durable et de la sécurité alimentaire, talons d’Achille des sociétés en développement

28 octobre 2013
AG/EF/3377

Deuxième Commission: les délégations débattent de l’urbanisation durable et de la sécurité alimentaire, talons d’Achille des sociétés en développement

28/10/2013
Assemblée générale
AG/EF/3377
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Deuxième Commission                                        

22e & 23e séances – matin & après-midi

DEUXIÈME COMMISSION: LES DÉLÉGATIONS DÉBATTENT DE L’URBANISATION DURABLE ET DE

LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE, TALONS D’ACHILLE DES SOCIÉTÉS EN DÉVELOPPEMENT

Des délégations de la Commission économique et financière (Deuxième Commission) ont appelé, ce matin, l’Assemblée générale à proclamer le 31 octobre « Journée mondiale des villes », décision qui prendrait effet en 2014.  Cette initiative résulte d’une résolution du vingt-quatrième Conseil d’administration du Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat), qui s’est tenu du 15 au 19 avril 2013 à Nairobi au Kenya. 

Fort du constat que plus de 50% de la population mondiale vivent aujourd’hui dans des villes et que ce taux ne cesse d’augmenter, en particulier en Asie et en Afrique, le Conseil d’administration d’ONU-Habitat avait en effet souligné que les gouvernements doivent accorder une plus grande attention aux questions cruciales d’urbanisation, et s’efforcer, ensemble, de construire des villes plus écologiques, plus vivables, agréables, harmonieuses et respectueuses de l’environnement.

Pour susciter un engagement mondial renouvelé en faveur d’une urbanisation durable, l’Assemblée générale a décidé de tenir en 2016 une troisième Conférence des Nations Unies sur le logement et le développement urbain durable (Habitat III), a rappelé le Directeur exécutif d’ONU-Habitat, M. Joan Clos, qui a présenté ce matin par visioconférence depuis Nairobi les rapports* relatifs à la question des établissements humains.  

Le représentant de l’Équateur a réitéré la proposition qu’a faite son pays d’accueillir la Conférence Habitat III à Quito, capitale de l’Équateur.  Il a estimé que cette Conférence serait une occasion unique de discuter à un niveau élevé d’un programme mondial de développement urbain durable, en faisant valoir le rôle que jouent les villes en tant que lieux de promotion et de gestion de la croissance et en adoptant une approche holistique dans le traitement de cette problématique.

Le représentant du Brésil a pour sa part évoqué des programmes mis en œuvre dans son pays, comme celui appelé « Ma Maison Ma vie » qui a permis la construction de 1,3 million de logements sociaux.  Le plan national brésilien pour l’assainissement de base et les initiatives d’urbanisation des bidonvilles est une autre initiative, parmi d’autres, prise par le Gouvernement brésilien en matière de promotion de villes et d’habitats sains, a fait savoir le représentant.  De nombreuses délégations ont également plaidé ce matin afin que la question de l’urbanisation durable soit intégrée dans le futur programme de développement pour l’après-2015.

Dans l’après-midi, la Deuxième Commission a entamé l’examen de la question de la sécurité alimentaire et de la nutrition.  Un certain nombre de délégations ont appelé la communauté internationale à investir davantage dans l’agriculture, et à soutenir les petits exploitants agricoles des pays en développement, notamment par des transferts technologiques et en leur assurant l’accès aux crédits et aux terres, ceci particulièrement en faveur des femmes.  Elles ont aussi invité toute la communauté internationale à renforcer et promouvoir l’Initiative « Défi Faim zéro », lancée à Rio par le Secrétaire général en juin 2012.

Présentant le rapport** du Secrétaire général sur « le développement agricole et la sécurité alimentaire », M. Nikhil Seth, Directeur de la Division du développement durable du Département des affaires économiques et sociales, a précisé que, pour assurer un développement agricole et une sécurité alimentaire durables, tous ceux qui le peuvent doivent orienter leurs efforts vers l’investissement dans les agents critiques que sont les petits producteurs, dont dépendra le degré de succès, en matière agricole, du programme de développement pour l’après-2015.

Le représentant des Fidji, qui s’exprimait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a rappelé que le commerce international est un catalyseur important du développement agricole, et partant de la sécurité alimentaire.  Il a ainsi noté que l’accès aux marchés est important en ce qui concerne les produits agricoles des pays en développement.  Il a également souligné que le gaspillage du tiers de la production agricole mondiale dans les pays riches, soit 1,3  milliard de tonnes d’aliments, est une pratique qui doit prendre fin.  Des appels ont été lancés en vue de la conclusion du Cycle de négociations commerciales de Doha et particulièrement de son volet agricole, dont les pourparlers butent sur la question des énormes subventions versées aux agriculteurs des pays riches dont l’écoulement des stocks de produits à bas coûts sur les marchés du Sud empêche la promotion de l’agriculture des pays en développement.

La Deuxième Commission va se réunir demain, 29 octobre, à 10 heures, pour la suite du débat consacré à la sécurité alimentaire et la nutrition.  À 15 heures, elle va examiner le point de son ordre du jour intitulé « Vers des partenariats mondiaux ».

*A/C.2/68/3, A/68/8, A/68/328 et A/68/332

**A/68/311

Application des décisions prises par la Conférence des Nations Unies sur les établissements humains (Habitat II) et renforcement du Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat)

Rapport du Conseil d’administration du Programme des Nations Unies pour les établissements humains, vingt-quatrième session (15-19 avril 2013) (A/68/8)

La vingt-quatrième session du Conseil d’administration s’est tenue au siège d’ONU-Habitat, à Nairobi, du 15 au 19 avril 2013.  Les travaux de ce Conseil d’administration ont débouché sur l’adoption de huit résolutions dont l’une (24/1) recommande à l’Assemblée générale des Nations Unies de décider qu’à compter de 2014, le jour du 31 octobre soit, chaque année, proclamé « Journée mondiale des villes » 

Selon les termes de la résolution 24/2, le Conseil d’administration du Programme des Nations Unies pour les établissements humains demande aux États Membres d’intensifier leurs efforts en vue d’améliorer la mobilité urbaine afin d’assurer aux populations un meilleur accès aux biens et services et de réduire les accidents de la circulation et la pollution de l’air grâce à un meilleur aménagement urbain, une amélioration des transports publics, et la création d’espaces réservés aux transports non motorisés, notamment des rues piétonnes et des pistes cyclables.

La résolution 24/4 est consacrée au thème de « l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes pour leur permettre de contribuer au développement urbain durable ».  Par cette résolution, le Conseil d’administration d’ONU-Habitat invite les gouvernements et les administrations locales à élaborer leurs politiques et programmes, ou à les renforcer, pour soutenir effectivement une plus grande représentation des femmes au sein des administrations locales et la contribution économique des femmes à la prospérité des villes.   .

Par ailleurs, par la résolution 24/5 relative à la « réalisation d’un développement durable au moyen de politiques urbaines nationales », le Conseil d’administration encourage les gouvernements et les partenaires du Programme pour l’habitat à planifier l’expansion des villes à l’aide de méthodes appropriées, pour orienter les villes en pleine expansion vers un développement durable, empêcher la prolifération des taudis, améliorer l’accès aux services urbains de base, appuyer les logements inclusifs, favoriser les possibilités d’emplois et créer un cadre de vie sûr et sain.

Note du Secrétaire général (A/68/328) transmettant le rapport sur la mise en œuvre coordonnée du Programme pour l’habitat (E/2013/68).

Les auteurs de ce rapport transmis par le Secrétaire général à l’Assemblée notent que par-delà le système des Nations Unies, ONU-Habitat a continué de renforcer ses relations avec les partenaires du Programme pour l’habitat: société civile, secteur privé, associations professionnelles, établissements de recherche et de formation.

Le rapport relève que six grandes résolutions ont été adoptées à la vingt-quatrième session du Conseil d’administration d’ONU-Habitat, qui s’est tenue du 15 au 19 avril 2013.  Par l’une de ces résolutions, intitulée « Contribution et appui aux activités préparatoires à la troisième Conférence des Nations Unies sur le logement et le développement urbain durable (Habitat III) », le Conseil d’administration a exhorté les États Membres, avec l’aide, les orientations et l’appui d’ONU-Habitat, et en consultation avec les acteurs intéressés, à créer des comités nationaux ou à renforcer ceux qui existent afin d’assurer leur participation effective aux travaux préparatoires d’Habitat III et notamment à l’élaboration des rapports nationaux.

Cette résolution invite également les États Membres à établir, avant la première réunion du Comité préparatoire de la Conférence Habitat III, qui doit se tenir à New York durant la soixante-neuvième session de l’Assemblée générale, un rapport national sur la mise en œuvre du Programme pour l’habitat adopté à la Conférence Habitat II et des autres objectifs arrêtés au niveau international dans ce domaine, ainsi que sur les nouveaux enjeux, les nouvelles tendances et l’avenir des établissements humains durables et du développement urbain durable, en vue de l’élaboration d’un « nouveau programme pour les villes », conformément au paragraphe 6 de la résolution 67/216 de l’Assemblée générale.

Par une autre résolution sur l’urbanisation et le développement urbain durable dans le contexte du programme de développement pour l’après-2015, le Conseil d’administration a prié le Directeur exécutif, en consultation avec le Comité des représentants permanents, de veiller à ce qu’ONU-Habitat participe à l’élaboration et à la mise en œuvre du programme de développement pour l’après-2015 afin de promouvoir une urbanisation durable.

Enfin, à l’issue de ce Conseil d’administration d’ONU-Habitat, les États Membres sont invités à appuyer, aux niveaux national, régional et mondial, la préparation de la troisième Conférence des Nations Unies sur le logement et le développement urbain durable (Habitat III), qui doit se tenir en 2016, en versant des contributions volontaires au fonds d’affectation spéciale pour la Conférence.

Rapport du Secrétaire général sur l’application des décisions prises par la Conférence des Nations Unies sur les établissements humains (Habitat II) et renforcement du Programme des Nations Unies pour les établissements humains

(ONU-Habitat) (A/68/332)

Le rapport contient un résumé des décisions de fond prises par le Conseil d’administration d’ONU-Habitat à sa vingt-quatrième session.  En particulier, il résume huit résolutions du Conseil d’administration, notamment celles intitulées « Journée mondiale des villes », « contributions et soutien au processus préparatoire de la troisième Conférence des Nations Unies sur le logement et le développement urbain durable (Habitat III) » et « Plan stratégique pour 2014-2019 et au Programme de travail et au budget d’ONU-Habitat pour l’exercice biennal 2014-2015 ».

Le rapport indique que les résolutions, adoptées par le Conseil d’administration d’ONU-Habitat à sa vingt-quatrième session, ont des conséquences pour le choix des politiques et des modalités d’organisation, et les États Membres sont donc invités à envisager de désigner le 31 octobre de chaque année, à compter de 2014, Journée mondiale des villes; d’examiner, renforcer ou élaborer, selon le cas, leurs politiques urbaines nationales, pour en faire une stratégie nationale de développement socioéconomique et un mécanisme de coordination entre les secteurs et ministères.

L’une de ces résolutions, note le Secrétaire général, prescrit qu’il faudrait, à l’aide de méthodes appropriées, orienter les villes en pleine expansion vers un développement durable, empêcher la prolifération des taudis, améliorer l’accès aux services urbains de base, faciliter la construction de logements inclusifs, favoriser les possibilités d’emplois et créer un cadre de vie sûr et sain.

De même, relève le rapport, l’une des résolutions adoptées par le Conseil d’administration suggère d’appliquer des politiques judicieuses d’urbanisme et d’aménagement urbain qui soient favorables à la productivité et à l’équité économiques, et contribuer à l’application de programmes d’autonomisation économique, en particulier en faveur des jeunes et des femmes.

En outre, s’agissant d’Habitat III et compte tenu des progrès réalisés jusqu’à présent dans la préparation de la Conférence, les États Membres sont invités à assurer une participation effective et efficace de tous les acteurs au processus préparatoire d’Habitat III, notamment en vue de la préparation des rapports nationaux sur les préparatifs d’Habitat III, d’accélérer, avant la première réunion du Comité préparatoire d’Habitat III prévue à New York durant la soixante-neuvième session de l’Assemblée générale, la préparation des rapports nationaux présentant les préparatifs d’Habitat III et de faciliter les préparatifs nationaux, régionaux et mondiaux de la Conférence au moyen de contributions volontaires au fonds d’affectation spéciale pour Habitat III.

Débat général

M. PETER THOMSON (Fidji), s’exprimant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a rappelé que, environ 50% de la population mondiale vit dans les villes, soulignant la rapidité de l’urbanisation notamment en Afrique et en Asie.  La question du développement urbain durable est donc devenue un des défis les plus importants du XXIe siècle, a-t-il dit.  À la Conférences des Nations Unies sur le développement durable « Rio+20 », les dirigeants ont reconnu l’importance des villes durables qui, bien développées, peuvent promouvoir des sociétés elles-mêmes durables.  Le G-77 et la Chine sont favorables à une approche holistique du développement urbain durable, a dit le représentant.  M. Thomson a expliqué que cette approche devrait permettre de fournir des logements, des services sociaux et des infrastructures abordables.

Le représentant du Groupe des 77 et de la Chine a indiqué que les pays membres du Groupe appuient pleinement la recommandation de faire du 31 octobre la Journée mondiale des villes, à partir de 2014, comme le recommande le Conseil d’administration d’ONU-Habitat.  Il s’est préoccupé de l’augmentation du nombre d’habitants de bidonvilles à travers le monde, ainsi que de l’effet négatif de la dégradation environnementale des habitats humains et de la vulnérabilité croissante des populations habitant des bidonvilles face aux catastrophes naturelles et humaines.  Le G-77 et la Chine appelle à financer ONU-Habitat par le biais du budget ordinaire des Nations Unies et de contributions volontaires plus importantes, a dit M. Thomson, soulignant la nécessité pour ONU-Habitat de disposer d’un financement prévisible et suffisant afin de soutenir les plans et stratégies nationales.  Il a aussi lancé un appel aux donateurs bilatéraux, y compris ceux du secteur privé, à soutenir les préparatifs nationaux à la Conférence Habitat III.  Le représentant a enfin remercié l’Équateur d’avoir proposé d’accueillir cette conférence dans sa capitale, Quito. 

M. ANTHONY LIVERPOOL (Antigua-et-Barbuda), s’exprimant au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), s’est félicité de la décision du Conseil d’administration d’ONU-Habitat de recommander à l’Assemblée générale de considérer la possibilité d’établir le 31 octobre comme Journée mondiale des villes.  Il a relevé que tous les pays du monde sont confrontés à la question de l’urbanisation durable, mais que les petits États insulaires en développement (PEID) sont les plus concernés du fait de leurs vulnérabilités.  Il a souhaité que les questions relatives à l’urbanisation durable soient prises en compte dans le programme de développement pour l’après-2015. 

Le représentant a, en outre, estimé que l’un des défis majeurs de l’urbanisation durable est celui de l’éducation des populations, afin qu’elles changent de mode de consommation et de style de vie, notamment en ce qui concerne l’utilisation des espaces de vie et des terres.  Il a de ce fait prôné l’adoption de modes de production et de consommation durables qui tiennent comptent du principe de la responsabilité commune mais différenciée, tout en respectant les besoins de développement des pays les moins avancés (PMA).  Il a également souhaité que les capacités régionales soient renforcées dans le cadre de l’urbanisation durable, notamment par le partage des expériences et par la formulation de politiques urbaines régionales communes.  Le représentant a ensuite appelé les donateurs à soutenir ONU-Habitat de manière adéquate, notamment par des allocations financières stables et prévisibles, afin que cet organisme puisse remplir les obligations qui sont siennes aux niveaux national et régional. 

M. KYAW TIN (Myanmar) qui parlait au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) a reconnu que l’urbanisation est un phénomène démographique important dans les pays en développement et que les problèmes posés par les villes deviennent un enjeu sérieux de développement.  À cet égard, l’ASEAN souligne la nécessité, pour les gouvernements et la communauté internationale, d’intensifier leurs efforts en vue de prévenir l’expansion et la multiplication des taudis et des bidonvilles ainsi que de fixer un nouvel objectif concernant l’élimination des taudis dans le programme de développement pour l’après-2015, a dit M. Tin.  Il a ajouté qu’avec la rapide tendance à l’urbanisation actuelle, le développement urbain durable est devenu l’un des défis mondiaux les plus pressants de notre époque.  Les gouvernements doivent enquêter sur des questions cruciales d’urbanisation et faire des efforts pour construire des villes plus vertes, plus vivables, commodes, harmonieuses et respectueuses de l’environnement, a-t-il indiqué. 

C’est dans ce contexte que l’ASEAN appuie pleinement la décision du Conseil d’administration d’ONU-Habitat de désigner le 31 octobre de chaque année comme Journée mondiale des villes à partir de 2014, a dit le représentant.  Il a aussi indiqué que l’ASEAN se félicite de la résolution du Conseil d’administration de soutenir le processus préparatoire d’Habitat III, ainsi que le choix du thème « L’équité urbaine dans le développement-des Villes pour la vie » pour la septième session du Forum mondial urbain (WUF7) qui se tiendra à Medellín, en Colombie du 5 au 11 avril 2014. 

Lors du vingt-troisième sommet de l’ASEAN tenu ce mois, les dirigeants de l’Association avaient encouragé la mise en œuvre effective du plan d’action de l’ASEAN sur la réponse commune aux changements climatiques, avec une attention particulière portée aux groupes vulnérables dans leurs efforts d’adaptation.  Ils ont également souligné l’importance de la préservation, de la gestion et de l’utilisation durable des ressources en eau, et ont appelé les États membres de l’Association à continuer d’appliquer efficacement le plan d’action stratégique de l’ASEAN sur la gestion des ressources en eau, a rappelé le représentant.

M. SECK TIONG LOH (Malaisie) a salué le rôle instrumental que joue ONU-Habitat dans les domaines de l’assistance technique et de la coopération.  Il a dit que la Malaisie était déterminée à promouvoir des villes durables, inclusives et productives.  L’objectif visant à améliorer les conditions de vie des habitants des bidonvilles a été atteint en Malaisie 10 ans avant la date butoir de 2020, a-t-il observé.  Le représentant a cependant fait remarquer les problèmes qui se posent du fait du rythme rapide de l’urbanisation.  En effet, d’ici à 2035, le peuplement de tous les pays en développement, en particulier ceux d’Asie et d’Afrique, seront essentiellement composés de populations urbaines.  ONU-Habitat devrait donc continuer d’adopter des approches novatrices dans ce domaine, a estimé le représentant.

Il s’est ensuite félicité de la proposition de l’Équateur d’accueillir la Conférence Habitat III, espérant que cette conférence et ses préparatifs garantiraient l’équilibre entre développement économique, développement social et protection de l’environnement.  La Malaisie est engagée en faveur des trois objectifs d’ONU-Habitat, a assuré le représentant qui a mentionné la création par son pays d’un ministère chargé de ces questions.  Les populations les plus démunies reçoivent une aide du Gouvernement afin d’obtenir un logement abordable, a-t-il indiqué, donnant cet exemple pour illustrer le genre de mesure concrète prise par la Malaisie en matière d’accès à l’habitat.  Il a aussi parlé du programme de planification, de développement et de construction de logements abordables destinés aux ménages à revenus intermédiaires que met en œuvre son gouvernement.  Enfin, il a plaidé en faveur d’un échange de savoir faire entre les pays dans ce domaine.

M. ABDUL MOMEN (Bangladesh) a noté que le rythme de l’urbanisation s’accélère rapidement en particulier dans les pays en développement de l’Asie et de l’Afrique.  Il a plaidé en faveur de la construction de villes bien développées afin d’y promouvoir des sociétés durables, comme les chefs d’État et de gouvernement l’ont demandé lors de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable « Rio+20 ».  Ce nouveau type de sociétés doit contribuer à l’autonomisation des femmes et des jeunes, a-t-il ajouté.  La grande question à résoudre est celle du financement de cette urbanisation durable, a-t-il observé, avant de demander également que soit adoptée une approche holistique sur cette question.  Il a déploré que 33% de la population urbaine mondiale vivent encore dans des bidonvilles.  Il a lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle aide les pays les moins avancés (PMA) à construire des logements et à renforcer leurs capacités en matière de gestion des espaces urbains, par le biais d’une assistance technique et financière.  M. Momen a ensuite présenté les principales recommandations de la Déclaration de Dacca sur l’urbanisation, adoptée à l’issue de consultations organisées par le Bangladesh, la Suisse et ONU-HABITAT.

Mme WATHSALA AMARASINGHE (Sri Lanka) a indiqué qu’au Sri Lanka la politique du logement est axée sur sept domaines clefs concernant les groupes économiquement défavorisés; les programmes de prêt au logement pour les familles à faible et moyen revenu; l’aménagement du territoire urbain, les investissements privés, les biens en copropriété, la planification et la gestion; la fourniture d’installations et la gestion des infrastructures; la technologie, la mise aux normes, et la formation des travailleurs; le financement du logement et les programmes d’embellissements des villes.  Au plan régional, elle a dit que le Sri Lanka coopère étroitement avec ses voisins de la région d’Asie du Sud sur des sujets tels que le logement, l’urbanisation, l’environnement et l’énergie.  Pour répondre à ces défis et pour améliorer la situation, le Sri Lanka a créé la plate-forme d’urbanisation de l’Asie du Sud, a indiqué Mme Amarasinghe.

Mme TOMOKO ONISHI (Japon) a souhaité que les questions d’urbanisation durables soient prises en compte dans le programme de développement pour l’après-2015.  Elle a noté que, si la communauté internationale résolvait les problèmes majeurs liés à l’urbanisation, elle ferait un grand pas vers le développement durable.  Elle a déclaré que le Japon a beaucoup d’expérience en matière d’urbanisation et est prêt à la partager avec le reste de la communauté internationale.  La représentante a ainsi invité les dirigeants des villes à se servir des bonnes pratiques observées ailleurs pour les appliquer dans leur ville, dans le respect du principe qui veut qu’on pense globalement pour agir localement.  La représentante a, par ailleurs, souhaité que les femmes aient les moyens de se prendre en main, car la moitié des personnes qui souffrent des problèmes d’urbanisation sont des femmes, a-t-elle précisé.  Elle a ensuite souligné que les catastrophes naturelles sont susceptibles de balayer les efforts et les progrès accomplis en matière d’urbanisation.  Elle a, de ce fait, suggéré que toute politique d’urbanisation puisse tenir compte de la problématique de la gestion des catastrophes naturelles.

M. YOUSHENG KO (Chine) a rappelé que la question des établissements humains n’avait toujours pas été résolue au plan international.  Pour parvenir à un équilibre dans ce domaine, il a appelé la communauté internationale à encourager le développement économique et à éliminer la pauvreté.  Plaidant en faveur des établissements humains durables, il a invité la communauté internationale à respecter la capacité d’initiative des pays en développement ainsi que celle de leurs politiques et stratégies, qui doivent être basées sur leurs priorités nationales.  Il a aussi plaidé en faveur de la croissance de la production et de la productivité, en vue de renforcer le développement durable.  « Il faut faire preuve de détermination pour créer un environnement social durable dans les pays en développement », a demandé le représentant, invitant notamment les États Membres à ouvrir leurs marchés et à annuler ou alléger la dette des pays en développement.  La Chine va organiser la Conférence sur le développement humain en 2016, a rappelé le représentant avant de parler de la prochaine Conférence Habitat III qui, a-t-il espéré, complétera les mécanismes existants.  Enfin, il a indiqué que la Chine était favorable à l’instauration de la Journée mondiale des villes, qui serait célébrée chaque 31 octobre, à partir de 2014.

M. MAMADOU MDBODJ (Sénégal) a évoqué le phénomène d’urbanisation spontanée en Afrique, avec son corollaire de conséquences négatives.  Si nous voulons éradiquer la pauvreté et nous lancer vers le développement durable, a-t-il relevé, il faudrait œuvrer à la mise en place de politiques de développement urbain durable.  Le représentant a souligné que la Conférence Rio+20 avait noté l’importance de la problématique des villes dans le cadre du développement durable.  Il a déclaré que le Gouvernement du Sénégal a mis en place des institutions nationales de promotion de l’habitat décent, et a adopté un code de l’urbanisme qui guide les programmes d’urbanisation du pays.  Le représentant a plaidé pour que les questions relatives à l’urbanisation durable soient intégrées dans le programme de développement pour l’après-2015.

Mme ANGELINE CHUI (Singapour) a déclaré que l’efficacité doit être une considération prioritaire quand on pense à la façon dont doivent être construites les villes.  « Assurer et maintenir l’habitabilité dans un cadre de haute densité humaine en milieu urbain a toujours été au cœur de l’approche qu’a Singapour du développement », a-t-elle ajouté.  Elle a rappelé que Singapour était une cité-État de 647 km² peuplée de 5 millions d’habitants.  Construire une ville vivable sur l’île de Singapour a été possible grâce à une combinaison d’éléments de bonne gouvernance au cours des 50 dernières années, et à un  apprentissage des meilleures pratiques observées dans d’autres grandes villes, a expliqué la représentante.  Notre expérience peut se résumer en trois points: promouvoir une économie compétitive, un environnement durable et une haute qualité de vie, a indiqué Mme Chui.  Singapour insistera sur l’approche orientée vers la promotion d’un cadre de viabilité optimum lors des réunions du Groupe de travail ouvert sur les objectifs de développement durable portant sur la question: « Villes durables et établissements humains », travaux prévus en janvier 2014, a-t-elle déclaré.    

M. JUAN A. SALVADOR (Équateur) a, d’emblée, réitéré la proposition qu’a faite son pays d’accueillir la Conférence Habitat III à Quito, capitale de l’Équateur.  Il a estimé que le débat sur l’urbanisation durable devait se pencher sur les thèmes transversaux de la pauvreté, de l’exclusion, des problèmes de mobilité et de transport, et de celui concernant les établissements humains eux-mêmes.  Il a estimé que la Conférence Habitat III serait une occasion unique de discuter, à un niveau élevé, d’un programme mondial de développement urbain durable, en faisant valoir le rôle que jouent les villes en tant que lieux de promotion et de gestion de la croissance et en adoptant une approche holistique dans le traitement de cette problématique.  Le représentant a jugé indispensable de revoir le programme urbain du XXIe siècle, en tenant compte des changements et des défis survenus depuis la dernière Conférence ONU-Habitat, tenue il y a plus de 20 ans, face à une urbanisation aujourd’hui en pleine croissance. 

Le représentant a plaidé en faveur de la protection des espaces verts dans les villes et invité à lutter contre les effets négatifs du changement climatique, ainsi que contre l’insécurité et le chômage.  Il faut aussi réduire les risques de catastrophes naturelles, promouvoir des emplois décents, ainsi que la fourniture d’eau potable et de services d’assainissement urbain, a-t-il ajouté.  Plaidant aussi en faveur du renforcement de la coordination régionale, il a indiqué que l’Équateur plaçait beaucoup d’espoir dans la réunion ministérielle des États de l’Amérique latine et des Caraïbes, prévue en décembre 2013, et dans la Conférence Habitat III.  Sur le plan national, l’Équateur a organisé ce mois-ci un forum urbain national pour discuter de certains points de la réalité urbaine et tirer les leçons apprises dans ce domaine.  L’Équateur veut se concentrer sur les résultats générés par des stratégies concrètes visant à répondre aux défis qui se posent aux pays en développement en matière de développement urbain, a-t-il expliqué, avant de demander que ce thème soit inclus dans le programme de développement pour l’après-2015.

M. VICENTE AMARAL BEZERRA (Brésil) a indiqué que le processus préparatoire d’Habitat III doit être effectué de la manière la plus inclusive, efficiente et efficace possible, et que ONU-Habitat III devrait s’appuyer sur les expériences régionales, et prendre spécifiquement en compte les besoins des pays en développement.  En ce qui concerne le Cadre stratégique biannuel d’ONU-Habitat pour la période 2014-2015 et le Plan stratégique pour 2014-2019, le Brésil se félicite de l’initiative prise par le Directeur exécutif d’ONU-Habitat de réaffirmer l’importance de la planification urbaine, une préoccupation qui a été absente des deux précédentes éditions des rapports d’ONU-Habitat, a ajouté le représentant. 

S’agissant de la réforme structurelle à effectuer dans la gouvernance du programme, le Brésil considère que les changements doivent être axés exclusivement sur les actions susceptibles d’améliorer la capacité d’ONU-Habitat pour que le programme puisse mieux s’acquitter de son mandat, a dit le représentant.  Avec quelque 863 millions de personnes résidant dans des bidonvilles dans les pays en développement, des objectifs plus ambitieux, tels que l’amélioration des conditions de vie dans ces zones de taudis, devraient être encouragés par la communauté internationale, a ajouté le représentant.  Il a, en outre, encouragé le Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat) à redoubler d’efforts pour le développement et la mise en œuvre du programme de développement pour l’après-2015 et à promouvoir une urbanisation durable. 

Au Brésil, a-t-il expliqué, le Gouvernement a pris une série de mesures dont la plus importante reste le cadre juridique fixant le statut des villes, adopté en 2001.  En outre, le programme « Ma Maison Ma vie » a permis la construction de 1,3 million de logements sociaux.  Le plan national pour l’assainissement de base et les initiatives d’urbanisation des bidonvilles, est une autre initiative, parmi d’autres, prise par le Gouvernement, a fait savoir le représentant.

Développement agricole, sécurité alimentaire et nutrition

Lettre datée du 30 septembre 2013, adressée au Secrétaire général par le Représentant permanent du Bénin auprès de l’ONU et Président du Bureau de coordination internationale des pays les moins avancés (A/C.2/68/3)

Cette lettre contient le texte de la Déclaration adoptée à la Réunion ministérielle annuelle des pays les moins avancés, tenue à New York le 27 septembre 2013.

Note du Secrétaire général transmettant à l’Assemblée générale et au Conseil économique et social un rapport sur les principales décisions prises et recommandations de politique générale formulées par le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (A/68/73–E/2013/59)

Le rapport a pour objet de donner suite à la décision 2011/217 du Conseil économique et social, qui a invité le Président du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) à lui transmettre, chaque année, à compter de 2012, un rapport sur les principales décisions prises, les recommandations de politique générale formulées, et les résultats atteints par le Comité dans le domaine de la sécurité alimentaire et de la nutrition, conformément aux nouvelles fonctions qu’il exerce et à sa nouvelle vision.  

Le rapport relève que les Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts dans le contexte de la sécurité alimentaire ont été adoptées par le Comité de la sécurité alimentaire mondiale à sa trente-huitième session extraordinaire.  Ces Directives visent à promouvoir la sécurité des droits fonciers et un accès équitable aux terres, aux pêches et aux forêts, en tant que moyen d’éradiquer la faim et la pauvreté, de favoriser l’instauration d’un développement durable et de mieux protéger l’environnement.  Elles sont volontaires et ne sont pas juridiquement contraignantes.

S’appuyant sur les conclusions du forum d’experts de haut niveau sur l’insécurité alimentaire dans les situations de crise prolongée, qui s’est tenu à Rome en septembre 2012, le Comité a, au cours de sa trente-neuvième session, réitéré son soutien à l’organisation d’un processus consultatif et ouvert en vue de l’élaboration d’un programme d’action pour lutter contre l’insécurité alimentaire dans les pays en proie à des crises prolongées.

Le Comité a prié le Groupe d’experts de haut niveau d’entreprendre deux études qui seront présentées en séance plénière en 2014 respectivement sur l’importance des pêches et de l’aquaculture durables pour la sécurité alimentaire et la nutrition, et sur les pertes et le gaspillage de denrées alimentaires dans le contexte de systèmes alimentaires durables.

Rapport du Secrétaire général sur le développement agricole et la sécurité alimentaire (A/68/311)

Le rapport relève qu’un consensus se dégage peu à peu au sein de la communauté internationale sur la nécessité qu’une action soit menée dans plusieurs domaines pour assurer la sécurité alimentaire.  Parmi ceux-ci figurent la production, le commerce, l’accessibilité, la consommation et l’utilisation des aliments.

Le Secrétaire général souligne qu’un monde où tous sont à l’abri du besoin et parviennent peu à peu à jouir d’une alimentation et d’une nutrition adéquates ne peut advenir sans de profonds changements, appuyés par des politiques et des programmes favorisant un développement durable dans toutes ses dimensions.  Une telle transformation et l’élimination de la pauvreté passent par un accroissement de la production agricole propre à répondre durablement aux besoins nutritionnels d’une population mondiale de plus en plus nombreuse, ajoute-t-il.

Le rapport note que dans le cadre du processus de consultation pour l’après-2015, la FAO et le PAM ont lancé une Consultation thématique mondiale sur la faim, la sécurité alimentaire et la nutrition, de concert avec le FIDA et Biodiversity International, et avec l’appui du Représentant spécial du Secrétaire général chargé de la sécurité alimentaire et de la nutrition et d’un large éventail d’institutions contributrices et de partenaires, y compris la société civile et le secteur privé.

Le rapport propose ensuite que, pour mettre un terme à la faim et la malnutrition, il importe de donner la priorité à une résilience accrue de l’agriculture et des systèmes d’alimentation en établissant des écosystèmes sains et dynamiques qui soient mieux à même de faire face et de répondre au changement climatique, aux phénomènes météorologiques extrêmes, aux nouvelles maladies, aux changements dans les phénomènes démographiques et aux troubles et crises économiques.

Le Secrétaire général indique que, pour assurer un développement agricole et une sécurité alimentaire durables, tous ceux qui le peuvent doivent orienter leurs efforts vers l’investissement dans les agents critiques: les petits producteurs hommes et femmes et leurs organisations, les pêcheurs, les éleveurs, les usagers de la forêt, les travailleurs ruraux, les entrepreneurs ruraux et les populations autochtones, dont dépendra le degré de succès du programme de développement pour l’après-2015.

Débat général

M. ELIESA TUILOMA (Fidji), s’exprimant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a relevé que la sécurité alimentaire et la nutrition sont des dimensions essentielles du développement durable.  Il a regretté qu’en dépit des progrès accomplis, le monde compte toujours 868 millions de personnes sous-alimentées, et près de 2 milliards de personnes souffrant de malnutrition.  Il a ajouté que 1,4 milliard d’adultes sont obèses, une situation qui renforce le besoin d’adopter des politiques de sécurité alimentaire et de nutrition centrées sur la personne humaine.  Il a précisé que l’augmentation de la production agricole, pour pallier l’accroissement de la population mondiale, est au cœur de l’éradication de la pauvreté.  Le représentant a ensuite rappelé que le commerce international est un catalyseur important du développement.  Il a ainsi noté que l’accès aux marchés, pour les pays en développement, est important, y compris en ce qui concerne les produits agricoles de ces pays.  Il a par la suite expliqué que les subventions agricoles et d’autres mesures commerciales prises par les pays développés ont compromis le développement du secteur agricole des pays en développement.  Il a plaidé pour que soit mis fin à de telles mesures, et a en outre souligné que le gaspillage du tiers de la production agricole mondiale dans les pays riches, soit 1,3 milliard de tonnes, est une pratique qui doit prendre fin. 

M. Tuiloma a, par ailleurs, indiqué que la financiarisation du secteur agricole est l’une des causes de la volatilité des prix des produits alimentaires, ce qui contribue à aggraver l’insécurité alimentaire.  Il a souhaité que les marchés puissent fonctionner selon des normes qui mettraient un frein aux activités spéculatives, tout en servant les réels intérêts des producteurs et des consommateurs.  Il a par la suite relevé que 85% des agriculteurs du monde sont des petits exploitants qui méritent davantage de soutien en termes de crédits, d’accès aux marchés et d’accès aux terres, entre autres.  Il a, dans ce contexte, déclaré que l’élimination de la faim passe, au niveau national, par des investissements dans le secteur agricole, la protection sociale des agriculteurs, des infrastructures agricoles, ainsi que l’amélioration de l’éducation et des soins de santé en faveur des agriculteurs et l’autonomisation des femmes.  Il a noté que la célébration de l’Année internationale de l’agriculture familiale, en 2014, qui sera lancée à New York le 22 novembre prochain, est une étape importante vers le soutien aux petits exploitants agricoles.  Il a également appelé au transfert des technologies et à l’appui des donateurs en faveur du développement du secteur agricole des pays en développement.

M. YOSEPH KASSAYE (Éthiopie), qui parlait au nom du Groupe des États d’Afrique, a déclaré qu’en dépit de l’engagement des pays africains de consacrer 10% de leurs budgets respectifs à l’agriculture, les défis à relever restent nombreux et importants pour permettre à ce secteur d’être le fer de lance de l’économie africaine.  Il a souligné que le secteur agricole du continent africain est dominé par les petits exploitants qui méritent que l’on leur accorde l’attention nécessaire.  À cet égard, il s’est réjoui que le Sommet du G-8 tenu à Lough Erne, en Irlande, cette année, a réaffirmé l’engagement des pays de ce Groupe à réaliser la sécurité alimentaire et nutritionnelle durables au niveau mondial en reconnaissant le rôle des petits exploitants agricoles africains et en particulier celui des femmes. 

Le représentant a estimé que de nouveaux défis, comme les prix élevés de l’énergie et les changements climatiques, posent de sérieuses menaces pour l’Afrique.  Il n’y a d’autres choix que d’y faire face et de recourir à l’utilisation de l’énergie renouvelable si nous voulons augmenter la production agricole et atteindre la sécurité alimentaire de manière durable tout en protégeant l’environnement, a-t-il dit.  En outre, il a indiqué que l’Afrique a pris note du fait que l’agriculture s’est transformée et est devenue un secteur de plus en plus orienté vers le marché.  Cette situation amène de nouvelles opportunités d’investissements à de nombreux pays, a reconnu M. Kassaye qui a fait savoir que des systèmes économiques et commerciaux mondiaux stables et exemptes de distorsions, devraient être établis si l’on veut que les pays en développement puissent bénéficier de leurs avantages comparatifs.  À ce sujet, il a rappelé que le Groupe des États d’Afrique appelle les autres pays à assurer le succès des négociations du Cycle de Doha. 

M. LIBRAN CABACTULAN (Philippines), qui s’exprimait au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), a exhorté la communauté internationale à traiter la question de la sécurité alimentaire de manière complète, notamment en lien avec les thèmes de l’eau et de la gestion des ressources naturelles.  Le monde fait face à une éventuelle crise de la sécurité alimentaire, a-t-il prévenu, soulignant la difficulté à produire suffisamment de denrées alimentaires pour une population mondiale qui devrait atteindre 9 milliards d’êtres humains d’ici à 2050.  Il a appelé à adopter des mécanismes permettant de régler la question de la sécurité alimentaire de manière collective.  Les pays de l’ASEAN ont fait de cette question une grande priorité, a-t-il indiqué, mentionnant notamment le cadre intégré de l’ASEAN sur la sécurité alimentaire, qui a pour objectif l’amélioration des conditions de vie des agriculteurs.  Il a également parlé de la Réserve de riz d’urgence (APTERR) constituée par les États membres de l’ASEAN et trois autres pays (ASEAN+3).

M. Cabactulan a expliqué qu’il fallait pouvoir compter sur des informations mises à jour et fiables portant sur la production, la consommation et les réserves alimentaires, en vue d’atténuer la volatilité des prix de l’alimentation.  Les pays du groupe ASEAN+3 ont ainsi créé le système d’information sur la sécurité alimentaire de l’ASEAN (AFSIS), a-t-il indiqué, souhaitant que ce mécanisme complète le cadre d’information sur la sécurité alimentaire Asie-Pacifique (APIP) et le système d’information sur les marchés agricoles du G-20 (AMIS).  Il a estimé que l’ONU avait son rôle à jouer en reliant ces différents mécanismes.  M. Cabactulan a rappelé que, selon les estimations de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la productivité alimentaire devrait augmenter de 60%, et même de 100% dans les pays en développement, pour pouvoir nourrir le niveau de population escompté en 2050.  Il faut donc augmenter les investissements dans la recherche agricole afin d’améliorer cette productivité, a-t-il préconisé.  Enfin, pour que le marché agricole international fonctionne bien, il a recommandé de faciliter le commerce ouvert et de baser le fonctionnement de ce marché sur des règles claires.

M. GEORGE TALBOT (Guyana), qui s’exprimait au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a indiqué que les pays de cette région avaient donné la priorité, dans leurs programmes de développement, aux questions de développement agricole, de sécurité alimentaire et de nutrition.  Il a parlé de la douzième semaine caribéenne de l’agriculture, tenue au début du mois d’octobre dans la capitale du Guyana, Georgetown, qui a réaffirmé la nécessité urgente de l’élimination des obstacles à la productivité dans la région.  M. Talbot a recensé les difficultés qui se posent aux pays de la CARICOM, comme la vulnérabilité aux catastrophes naturelles, la nécessité de s’adapter aux changements climatiques, un accès limité aux financements, une insuffisance de mesures concernant la gestion des risques, des faibles niveaux de recherche et de développement, et des systèmes de distribution et de gestion des terres et de l’eau inadaptés.  Les pays de la CARICOM souffrent aussi d’un manque de personnel qualifié et des incidences des crises financière et économique, a-t-il ajouté.  Dans ces circonstances, les chefs d’État et de gouvernement de la CARICOM ont adopté une politique agricole commune qui offre une approche pragmatique à nombre de ces problèmes, a indiqué M. Talbot.  Il a aussi mentionné la politique régionale de sécurité alimentaire et nutritionnelle adopté par les États de la CARICOM.

Alors que les pays en développement s’efforcent de transformer l’agriculture et d’augmenter leur résilience, tout en s’attaquant aux défis multiples de manière intégrée, M. Talbot a appelé la communauté internationale à renforcer son soutien à ces efforts, notamment aux initiatives régionales en matière d’agriculture.  Il a souhaité que ces questions restent au cœur des efforts visant le développement durable, en particulier dans l’élaboration du futur programme de développement pour l’après-2015.  Il a insisté sur les liens existants entre sécurité alimentaire, eau, énergie, changements climatiques, et la promotion d’une agriculture et d’un développement rural durables.

« Nous ne pouvons supporter le fait que 840 millions de personnes vivent affamées ou sous-alimentées de nos jours », a relevé le représentant de l’Union européenne, M. IOANNIS VRAILAS.  Il a ensuite indiqué que l’Union européenne (UE) a contribué au lancement de deux initiatives contre la faim: l’Alliance globale pour l’initiative résilience (AGIR) et le « Supporting Horn of Africa Resilience » (SHARE) qui œuvrent au renforcement de la résilience des communautés du Sahel et de la corne de l’Afrique en matière de sécurité alimentaire.  Il a déclaré que la volatilité des prix des produits alimentaires peut avoir des conséquences désastreuses sur les pauvres et les plus vulnérables.  Le représentant a ensuite souligné l’importance de promouvoir l’agriculture durable, notamment par un soutien aux pays en développement, afin qu’ils stimulent et diversifient leur agriculture et renforcent leur productivité agricole.  La recherche et l’innovation sont cruciales à cet effet, a-t-il relevé, tout en appelant à la prise de mesures pour mettre fin au gaspillage du tiers de la production alimentaire mondiale.

Il a, en outre, plaidé pour un soutien accru aux petits exploitants agricoles et particulièrement aux femmes.  Il a aussi appelé au renforcement de la nutrition maternelle et infantile, et il a évoqué un programme de l’UE visant à aider au moins 7 millions d’enfants vivant en état de malnutrition d’ici à 2025.  Il a également dit que l’UE soutenait l’initiative d’appui au renforcement de la nutrition des Nations Unies, plus connue sous son appellation anglaise « Scaling up nutrition » (SUN).  Il a enfin soutenu qu’un système commercial plus ouvert et une gouvernance et une coordination mondiales sont essentiels pour atteindre la sécurité alimentaire.

M. MOHAMED ELKARAKSY (Égypte) a rappelé que son pays, le Chili et l’Indonésie avaient été à l’origine d’un projet de résolution sur la sécurité alimentaire et le développement de l’agriculture, texte dont les termes ont été par la suite réaffirmés par d’autres résolutions.  Il a invité la Commission à reconnaître les liens qui existent entre les questions de la sécurité alimentaire et du développement agricole, et celles de l’énergie, des changements climatiques, du déboisement, du commerce et du transfert des technologies.  Il a insisté sur la nécessité de doter les pays en développement de technologies respectueuses de l’environnement et d’accroître les investissements dans ces pays pour améliorer leur productivité agricole.  Ces investissements nécessitent cependant que soit assuré aux produits de ces pays un bon accès aux marchés, a-t-il ajouté.  Il a, à cet égard, invité la communauté internationale à conclure le Cycle de négociations commerciales de Doha.  En Afrique, le secteur agricole subit durement les effets des changements climatiques, en particulier dans la région de la corne de l’Afrique et dans celle du Sahel, a-t-il regretté.  Il a dès lors appelé à mener une action concertée pour surmonter tous ces défis. 

M. GIORA BECHER (Israël) a déclaré que « si nos efforts sont concentrés sur l’aide aux ruraux pauvres pour qu’ils puissent produire davantage de produits alimentaires et les transférer dans de bonnes conditions sur les marchés, nous créons ainsi un avenir meilleur pour des millions de personnes ».  Il a ajouté qu’Israël possède un vaste réservoir d’expériences à partager avec les autres nations parce que le secteur agricole y est aujourd’hui presque entièrement basé sur la technologie et la science.  Le Gouvernement, le milieu universitaire et le secteur privé travaillent ensemble pour relever les défis et chercher de nouvelles solutions.  « Grâce à MASHAV, l’Agence israélienne de coopération internationale pour le développement, nous partageons nos solutions avec un certain nombre de pays à travers le monde.  Notre expérience nous a prouvé que quand vous mettez les bons outils entre les mains des agriculteurs, les résultats peuvent être de grande envergure », a expliqué le représentant qui a ajouté que l’autre intervention qui doit être faite est celle de l’investissement dans les femmes.  « Si nous donnons le même accès aux ressources aux hommes et aux femmes, nous pourrions augmenter la production agricole de 30 à 40% », a-t-il estimé.  Cela donnera à manger à 150 millions de personnes en plus, a conclu M. Becher.

M. MUSTAFIZUR RAHMAN (Bangladesh) a fait part de ses inquiétudes quant à la situation dans laquelle sont les pays les moins avancés (PMA) et les petits États insulaires en développement (PEID).  Il s’est dit soucieux des disparités régionales et des problèmes qui se posent en termes d’accès aux ressources.  Il s’est aussi alarmé que le secteur agricole soit le plus affecté par les effets imprévisibles des changements climatiques, en particulier ses impacts sur les populations les plus vulnérables.  Il a espéré que la prochaine Conférence des Parties à la Convention-cadre sur les changements climatiques abordera ces questions en novembre prochain.  M. Momen a en outre appelé la communauté internationale à fournir les ressources adéquates pour l’investissement à long terme dans le développement agricole et rural des pays en développement.  Puis il a réitéré la nécessité de la mise en place d’un système de stockage performant pour faire face aux crises alimentaires et humanitaires et comme moyen de limiter la volatilité des prix, conformément au Programme d’action d’Istanbul.  Il a également rappelé l’urgence de débloquer l’impasse dans laquelle sont les négociations du Cycle de Doha.  Avant de conclure, il a déclaré que la sécurité alimentaire ne pourrait pas être atteinte si l’on continue de gaspiller d’énormes quantités de nourriture dans les pays développés.

M. VADIM PISAREVICH (Bélarus) a déclaré que les progrès accomplis en matière de sécurité alimentaire avaient été facilités par les activités d’organisations internationales telles que l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM).  Ces progrès ne sont cependant pas irréversibles et sont inégalement répartis, a-t-il observé.  Outre la persistance de la pauvreté extrême, il a relevé d’autres facteurs qui ralentissent les progrès en matière de sécurité alimentaire dans les pays en développement, comme l’urbanisation croissante et l’utilisation de denrées alimentaires pour produire des biocarburants.  Les changements climatiques mettent également en danger la sécurité alimentaire mondiale, a-t-il ajouté.  « Comment peut-on accroître la production agricole pour répondre aux besoins d’une population qui ne cesse d’augmenter alors que les terres se dégradent ou sont utilisées à d’autres fins que l’agriculture? », s’est demandé le représentant du Bélarus.  Répondant à cette question, il a invité le monde à suivre une approche innovante, en utilisant au mieux les technologies.  Il a aussi demandé d’inclure dans le futur programme de développement pour l’après-2015 des critères assortis aux objectifs de sécurité alimentaire.  Il a ensuite parlé de l’expérience acquise par son pays dans ce domaine en indiquant que le Bélarus est prêt à la partager avec d’autres pays. 

M. MAURICIO FAVERO (Brésil) a indiqué que les conclusions de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable, la Conférence Rio+20, contenues dans le Document final « L’avenir que nous voulons », avaient souligné les orientations à suivre pour pouvoir faire face à la sécurité alimentaire, en droite ligne des cinq Principes de Rome pour une sécurité alimentaire mondiale durable.  Il a rappelé que Rio+20 avait insisté sur le besoin de mettre l’accent sur les zones rurales des pays en développement, parce que ces zones sont les lieux où la faim et la malnutrition sont les plus visibles.  La Conférence a également souligné l’importance d’augmenter la production et la productivité agricoles, notamment en renforçant l’accès des agriculteurs aux technologies et aux finances. 

Le représentant a, par ailleurs, déclaré que le commerce international joue un rôle important dans le cadre de la sécurité alimentaire, et il a indiqué que le protectionnisme mis en place dans les pays développés a contribué à l’insécurité alimentaire dans les pays en développement en empêchant que les produits de ces pays ne parviennent aux marchés des pays développés, et en créant une concurrence déloyale à travers l’octroi de subventions que ces pays accordent à leurs agriculteurs.  Il a de ce fait appelé à la conclusion du Cycle de négociations commerciales de Doha pour qu’il soit mis fin à cette situation.  Il a en outre appelé la communauté internationale à considérer avec attention la question des organismes génétiquement modifiés (OGM) qui ont mis la sécurité alimentaire de pays entiers entre les mains d’entreprises privées détenant des brevets sur les nouvelles semences mises au point par leurs laboratoires de recherche agricole.  M. Favero a ensuite déclaré que les petits exploitants agricoles représentent 84% des agriculteurs du Brésil, et que leurs activités fournissent un tiers de la production agricole du pays.  Il a indiqué que des programmes nationaux leur permettent d’avoir accès aux crédits et à l’assurance agricole, autant qu’à l’assistance technique.  Il a par ailleurs relevé que la coopération Sud-Sud peut contribuer grandement à faire face au défi de la faim dans le monde.  Il a déclaré que le Brésil est engagé dans 34 accords de coopération bilatérale ou trilatérale avec des pays d’Afrique subsaharienne et d’autres régions du monde.

Mme BRIANNA PETERSON (Canada) a dit que pour relever les défis actuels et futurs liés à la sécurité alimentaire, le Canada a adopté sa stratégie internationale pour la sécurité alimentaire qui met l’accent sur le développement agricole durable, l’aide alimentaire et la nutrition, ainsi que sur la recherche et le développement.  Le Canada poursuit son action au sein de la Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition du G-8, a-t-elle indiqué.  Ce partenariat vise à sortir 50 millions de personnes de la pauvreté d’ici à 2022.  La Nouvelle Alliance collabore avec le secteur privé afin de mobiliser des investissements et d’accroître la production agricole en Afrique.  Pour ce faire, le Canada vise, entre autres, à rendre l’agriculture attrayante sur le plan économique, notamment auprès des jeunes entrepreneurs.  Cela implique d’investir dans l’infrastructure rurale, la formation, et les marchés, afin de créer un secteur agricole dynamique, a expliqué la représentante qui a conclu son allocution en disant que ces stratégies nationales pour le développement agricole doivent reposer sur la participations des petits exploitants agricoles, et s’attaquer aux problématiques sous-jacentes et d’une importance cruciale liées à la gouvernance des terres. 

M. FERNANDO FERNANDEZ-ARIAS MINUESA (Espagne) a indiqué que l’Espagne s’efforçait de promouvoir le droit à l’alimentation, de reconnaître le rôle pertinent des petits exploitants agricoles et des agricultrices, ainsi que de soutenir les systèmes agroalimentaires durables.  Il a ajouté que son pays participait activement aux efforts internationaux de lutte contre la faim, ayant notamment soutenu le processus de réforme du Comité sur la sécurité alimentaire (CSA) afin qu’il soit plus inclusif.  L’Espagne a aussi annoncé un don de 500 millions d’euros d’aide supplémentaire pour la période 2009-2011 dans le cadre de l’Initiative de L’Aquila sur la sécurité alimentaire mondial, Initiative qui répond à la crise de la hausse des prix de l’alimentation de 2008.  En outre, l’Espagne est engagée dans le Programme mondial sur l’agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP), et ce depuis son lancement, a indiqué le représentant.

Il a ensuite parlé de l’engagement de son pays dans des initiatives régionales de lutte contre la faim dans la région de l’Amérique latine et des Caraïbes.  Par ailleurs, un accord a été récemment signé entre l’Espagne et le Programme alimentaire mondial (PAM) pour créer une base logistique aux Canaries afin de distribuer une aide alimentaire à plus de 7 millions de personnes en Afrique de l’Ouest.  Le représentant a ensuite signalé que, dans le cadre des préparatifs du programme de développement pour l’après-2015, l’Espagne et la Colombie avaient organisé des consultations sur la faim, la sécurité alimentaire et la nutrition à Madrid en avril 2013.  Ces consultations ont mis en évidence la nécessité de relier le futur programme aux stratégies s’attaquant aux causes sous-jacentes de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition.

M. MOHANNA SALEH ABAL-KHALIL (Arabie saoudite) a noté que la volatilité des prix des produits alimentaires a un impact sur la vie des populations des pays en développement.  Il a indiqué que cette volatilité est causée, entre autres, par la baisse de la production céréalière mondiale, l’augmentation de la production des biocarburants, et les restrictions commerciales mises en place par certains pays développés.  Il a déclaré que l’Arabie saoudite est l’un des pays parmi les plus engagés dans l’atténuation des effets de la volatilité des prix des produits alimentaires sur les pays en développement.  Il a ainsi noté que l’Arabie saoudite a offert 500 millions de dollars en 2008 pour le soutien aux efforts déployés par le Programme alimentaire mondial (PAM) en vue de fournir des aliments dans 62 pays à travers le monde.  M. Abal-Khalil a souligné que le royaume d’Arabie saoudite fournit 4 000 tonnes de dattes chaque année au PAM pour ses programmes d’aide alimentaire.  Il a également évoqué le programme dit des « Serviteurs des deux mosquées saintes », qui permet aux investisseurs d’Arabie saoudite de financer les infrastructures censées stimuler la productivité agricole dans certains pays en développement.  Il a, en outre, annoncé la mise en place récente d’une entreprise chargée de mener des investissements dans le secteur de l’agriculture, en vue d’assurer la sécurité alimentaire en Arabie saoudite et dans d’autres pays en développement.

M. USMAN SARKI (Nigéria) a relevé que l’agriculture et la sécurité alimentaire sont affectées par la crise économique mondiale et les effets des changements climatiques.  Il a appelé la communauté internationale à soutenir l’agriculture des pays en développement, et il a salué la coopération entre l’Alliance globale pour l’Initiative résilience au Sahel, qui est soutenue par l’Union européenne, et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).  M. Sarki a également salué l’Initiative « Défi Faim Zéro » du Secrétaire général des Nations Unies.  Sur le plan national, il a relevé que le Gouvernement du Nigéria a mis sur pied un programme de transformation de l’agriculture qui vise notamment à créer 3,5 millions d’emplois dans le secteur agricole tout en permettant aux petits exploitants agricoles de potentiellement bénéficier de 2 milliards de dollars de plus en termes de revenus.  Il a en outre appelé à plus d’investissements dans le secteur agricole.

Mme FENG XIN (Chine) a estimé qu’on ne pouvait pas être optimiste concernant la situation mondiale en matière de sécurité alimentaire.  Elle a souhaité que cette question soit un des éléments clefs du programme de développement pour l’après-2015.  Elle a énuméré les actions prioritaires à mener pour parvenir à la sécurité alimentaire, notamment en ce qui concerne la production agricole.  La Chine estime que les gouvernements des petits pays doivent continuer à accorder une priorité à la production agricole, en développant les infrastructures et les technologies adéquates, a dit la représentante.  La Chine invite les pays à utiliser la recherche et l’innovation pour augmenter les quantités et la qualité des récoltes et à améliorer le stockage des produits.  Il faut également réduire au minimum les quantités de déchets, a-t-elle ajouté.  La représentante a ensuite appelé les pays à travailler conjointement pour utiliser au mieux leurs différentes expériences.  Nous sommes contre le protectionnisme agricole, a-t-elle ajouté.  La Chine a toujours accordé une grande priorité à ces questions, a poursuivi la représentante.  En Chine, nous dépendons à la fois de la production nationale et des importations en ce qui concerne les denrées alimentaires.  La Chine est parvenue à réaliser en 2012 l’OMD relatif à l’élimination de la pauvreté, a-t-elle souligné, ajoutant que sa délégation était convaincue que la Chine serait autosuffisante en matière alimentaire à long terme.

M. JIM MCLAY (Nouvelle-Zélande) a remarqué que le secteur agricole était particulièrement vulnérable aux effets des changements climatiques, ces effets étant ressentis plus durement par les petits exploitants agricoles des pays en développement.  Son pays a lui-même été affecté l’été dernier par une grave sécheresse, a-t-il rappelé.  Il a expliqué que l’innovation et l’usage de technologies adéquates pouvaient permettre d’augmenter la productivité et la résilience des systèmes de production alimentaire agricole.  La Nouvelle-Zélande partage son expertise dans ce domaine par le biais de l’Alliance mondiale de recherche sur les gaz à effet de serre provenant de l’agriculture, a indiqué M. McLay.  Pour que la production alimentaire réponde à la demande mondiale croissante, il a conseillé d’établir un environnement commercial transparent, en facilitant l’accès de produits d’alimentation aux marchés régionaux et internationaux.  Il a plaidé pour que la communauté internationale élimine les subventions existant dans le secteur de la pêche, comme elle s’y est engagée à la Conférence des Nations Unies sur le développement durable « Rio+20 », et pour qu’elle conclue le Cycle de négociations commerciales de Doha.

M. BISHNU PRASAD GAUTAM (Népal) a déclaré que l’agriculture est la principale source de subsistance des populations du monde en développement.  En dépit des efforts mondiaux déployés pour garantir un développement agricole durable et la sécurité alimentaire, 1,2 milliard de personnes continuent de vivre dans l’extrême pauvreté, dont 868 millions souffrent de malnutrition, et 26% des enfants du monde présentent un retard de croissance.  Les causes multiples et complexes de la crise alimentaire qui sévit dans différentes régions nécessitent des réponses coordonnées et globales aux niveaux national, régional et international, a-t-il poursuivi.

M. Gautam a affirmé que la souveraineté alimentaire est une question cruciale, dont dépend la réalisation du droit à l’alimentation.  Il a estimé que l’insécurité alimentaire qui caractérise notre époque est largement due au faible niveau des investissements, à l’absence de transformation structurelle du secteur agricole, au manque d’exploitation des technologies appropriées et à la baisse de l’aide publique au développement.  Le représentant a ainsi appelé les pays développés et les institutions financières internationales à accroître leur aide et à partager les bonnes pratiques et les technologies de production agricole.  Enfin, il appelé toutes les parties prenantes à pleinement mettre en œuvre le Programme d’action d’Istanbul en faveur des PMA, ainsi qu’à porter l’attention adéquate à la question de l’agriculture dans le cadre du programme de développement pour l’après-2015.

Mme BATTUNGALAG GANKHUURAI (Mongolie) a indiqué que les déficits de production, la volatilité des prix et la perturbation du commerce demeurent une menace pour la sécurité alimentaire mondiale.  L’indice des prix alimentaires de la FAO demeure quelque peu volatile, avec une moyenne de 211,3 points en juin 2013, soit près de 11 points de plus que l’année précédente, s’est-elle inquiétée.  Les défis économiques posés par la flambée des prix des denrées alimentaires sont redoutables et entravent sérieusement le développement économique des pays en développement, a ajouté la représentante qui a indiqué que son gouvernement a pris des mesures visant à atteindre trois principaux objectifs pour promouvoir la production alimentaire afin de réduire la dépendance de la Mongolie envers l’importation de denrées alimentaires.  Les deux autres objectifs que s’assigne le Gouvernement mongol sont la sensibilisation du public sur la qualité de la nourriture et la garantie de promotion d’une production d’aliments salubres et de qualité dans le pays.  Mme Gankhuurai a également ajouté qu’il était très inquiétant de constater que le monde jette à la poubelle 1,3 milliard de tonnes de nourriture par an.  Elle a, en outre, dit que l’autonomisation des femmes rurales reste cruciale pour le développement agricole et rural et la sécurité alimentaire.  Elle a dit que son pays a présenté à la Troisième Commission un projet de résolution sur l’amélioration de la situation des femmes rurales et elle a salué la décision faisant de l’année 2014, celle de la célébration internationale de l’agriculture familiale.  

M. TENGKU MOHD DZARAIF KADIR (Malaisie) a estimé qu’au XXIe siècle, avec tout le savoir faire et les technologies dont on dispose, les chiffres de la faim et de la malnutrition dans le monde d’aujourd’hui sont choquants.  Il a dit que la Malaisie appuie l’Initiative « Défi Faim zéro » lancée par le Secrétaire général l’an dernier.  La Malaisie estime qu’il faut accroître la production agricole pour répondre aux besoins croissants.  La nutrition constitue un défi mondial à relever et une responsabilité des politiques nationales, a estimé le représentant.  En ce qui concerne son pays, la Malaisie, il a présenté son programme national qui accorde une bonne place à l’agriculture durable et à la préservation de la sécurité alimentaire.  Ce programme prévoit notamment d’examiner les lois et procédures actuelles, de fournir des moyens logistiques pour soutenir les activités à forte valeur ajoutée et de développer la collaboration avec les instituts de recherche agricole.  En 2011, la politique nationale agroalimentaire de la Malaisie a été adoptée pour la décennie 2011-2020, a-t-il ajouté.  Il a aussi parlé du programme de transformation économique de la Malaisie, qui a fait de l’agriculture un domaine prioritaire.  L’une de nos priorités est de veiller à ce que l’approvisionnement en riz soit toujours suffisant, a-t-il indiqué. 

M. WARUNA SRI DHANAPALA (Sri Lanka) a réaffirmé le soutien du Sri Lanka à l’initiative « Défi Faim Zéro » lancée par le Secrétaire général et plaidé pour que le développement agricole, la sécurité alimentaire et la nutrition soient inclus dans le programme de développement pour l’après-2015.  Le Sri Lanka a longtemps été connu comme « grenier de l’Est », grâce à sa technologie d’irrigation et à sa tradition d’usage des ressources hydrauliques, a-t-il rappelé.  Le secteur agricole représentait 11,1% du PIB du Sri Lanka en 2012, a signalé le représentant en soulignant une augmentation de 25% de la production agricole au cours des 10 dernières années.  Le Sri Lanka a atteint l’objectif d’autosuffisance en riz et a même pu faire don de 10 000 tonnes de riz à la région de l’Afrique de l’Est, a indiqué M. Dhanapala.  Il a également parlé du secteur de la pêche, qui contribue pour 1,3% au PIB du Sri Lanka et qui fait l’objet de divers projets notamment pour la reconstruction de ports.  Il a ensuite énuméré quelques mesures prises par le Gouvernement sri-lankais pour promouvoir le développement agricole durable et la sécurité alimentaire, comme le plan de recherche nationale agricole sur le riz et autres cultures.

Mme AL-MOUSAWI (Iraq) a indiqué que son pays avait continué à améliorer ses secteurs alimentaire et agricole, grâce à l’initiative prise dans ce domaine et lancée en 2007.  La production de blé a ainsi augmenté pour atteindre 3 millions de tonnes, face à des besoins de 4,5 millions de tonnes.  Elle a aussi parlé de la production de dattes de bonne qualité qui sont distribuées sur les marchés mondiaux.  La représentante a, ensuite, fait part des progrès accomplis dans le secteur de la pêche, avec une augmentation de la production et du nombre d’espèces de poissons péchés.  Elle a, par ailleurs, indiqué que le Gouvernement iraquien s’efforçait d’offrir des débouchés aux diplômés des écoles agronomiques.  Enfin, pour illustrer le redressement du secteur agricole de son pays, elle a indiqué que sa contribution au PIB était de 5,8% contre 3% en 2003.

M. PORNSITH PIBULNAKARINTR (Thaïlande) a relevé que certaines questions relatives à l’insécurité alimentaire peuvent trouver des solutions nationales, tandis que d’autres doivent être réglées par la communauté internationale.  Dans ce contexte, il a appelé à une plus grande coordination des efforts mondiaux pour mettre fin à l’insécurité alimentaire.  Il a ensuite précisé que l’insécurité alimentaire devrait être vue sous deux angles: la disponibilité des produits alimentaires et l’accès à ces aliments.  Au sujet de la disponibilité alimentaire, il a estimé que la productivité agricole peut être améliorée par des investissements technologiques, notamment dans les pays en développement.  Sur le plan de l’accès aux aliments, le représentant a plaidé pour la conclusion du Cycle de négociations commerciales de Doha, afin de mettre en œuvre un cadre commercial international plus juste et équitable, et qui verrait la fin des pratiques de protectionnisme et de versement de subventions agricoles aux producteurs qu’ont mises en place certains pays développés.  Il a également souhaité que la question de la sécurité alimentaire soit intégrée dans le programme de développement pour l’après-2015.

M. APPOLINAIRE DINGHA (Congo) a dit que son pays s’est attelé à la mise en œuvre d’un certain nombre d’initiatives visant à promouvoir le développement de l’agriculture et atteindre la sécurité alimentaire.  Parmi ces initiatives figurent, a-t-il dit, l’élaboration d’un programme national pour la sécurité alimentaire, le développement d’un projet expérimental en faveur des paysans, l’ouverture de nouveaux centres d’exploitation des machines agricoles, le lancement de l’expérience des fermes communautaires, la relance de la deuxième campagne agricole de maïs et le lancement officiel de la culture du palmier à huile sur une superficie de 180 000 hectares. 

Le représentant a ajouté que pour le secteur pêche et aquaculture, le Gouvernement congolais a entrepris d’acquérir des bateaux de pêche et des cages flottantes pour la promotion de l’aquaculture, de réhabiliter les stations piscicoles domaniales et de créer un centre de pêche et d’aquaculture et un centre de technopole de pêche dans différentes localités du pays.  Il a enfin révélé qu’afin de garantir l’exploitation rationnelle des ressources halieutiques, le Gouvernement procède à la consolidation du système Argos de surveillance satellitaire des navires de pêche et au renforcement des capacités de surveillance maritime avec du matériel de navigation approprié.

M. YOUSSOUFOU BAMBA (Côte d’Ivoire) a fait savoir que le Plan national d’investissement agricole (PNIA) et son Plan d’investissement détaillé (PID) adoptés par le Gouvernement de la Côte d’Ivoire visent à relancer la croissance agricole à un taux annuel de 9%, à réduire l’insécurité alimentaire, à réduire la pauvreté en milieu rural, à stimuler le tissu agro-industriel du pays et à créer des emplois pour les jeunes.  Dans cette perspective, a-t-il dit, l’État a engagé des réformes par la création d’un environnement propice à l’investissement privé dans la production, la sécurisation du domaine foncier, et la création d’un cadre favorable à la sécurité nutritionnelle.  Les ressources financières actuellement mobilisées sont estimées à 1milliard 490 millions de dollars, a déclaré le représentant.  Avant de conclure, il a estimé que le Cycle de négociations de Doha devrait pouvoir combler les attentes des pays en développement qui tirent leurs ressources de l’agriculture.

M. AHMED MOHAMED AL-THANI (Qatar) a conseillé d’adopter une approche globale, immédiate et à long terme pour faire face aux défis de la faim dans le monde et atteindre les objectifs de l’agriculture durable.  Il a noté les liens existant entre énergie, eau et développement rural.  Le représentant a aussi souligné l’importance de la sécurité alimentaire pour garantir à tous les citoyens une alimentation saine.  Il faut mettre l’accent sur les petits exploitants agricoles, a-t-il dit, avant de plaider en faveur de l’autonomisation de ces exploitants, des femmes, et des populations autochtones.  La prochaine réunion de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui se tiendra à Bali doit nous aider à conclure le Cycle de négociations commerciales de Doha, a-t-il espéré.  Il a aussi appelé à consolider la productivité agricole par des pratiques durables, de manière à préserver les écosystèmes.  Il a enfin réitéré l’importance du droit à l’alimentation et appelé à se pencher sur les couches vulnérables de la société.  La question du développement agricole doit être traitée dans le cadre des politiques nationales, a-t-il demandé.  Il a aussi invité la communauté internationale à faciliter l’accès des pays en développement aux technologies modernes pour améliorer la production agricole.

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