Deuxième Commission: le débat général s’ouvre dans le contexte de la transition à effectuer entre les OMD et le programme de développemment pour l’après-2015

9 octobre 2013
AG/EF/3367

Deuxième Commission: le débat général s’ouvre dans le contexte de la transition à effectuer entre les OMD et le programme de développemment pour l’après-2015

9/10/2013
Assemblée générale
AG/EF/3367
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Deuxième Commission                                        

2e & 3e séances – matin & après-midi


DEUXIÈME COMMISSION: LE DÉBAT GÉNÉRAL S’OUVRE DANS LE CONTEXTE DE LA TRANSITION À EFFECTUER

ENTRE LES OMD ET LE PROGRAMME DE DÉVELOPPEMMENT POUR L’APRÈS-2015


La Commission économique et financière (Deuxième Commission) a ouvert, cet après-midi, son débat général dans un contexte international marqué par la transition que la communauté internationale se prépare à opérer entre la période dévolue à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et le lancement du futur programme de développement pour l’après-2015.  L’année 2015 va en effet marquer la date butoir de réalisation des OMD, dont le bilan semble mitigé à deux ans de cette échéance.  D’un autre coté, comme on a pu le voir ces dernières semaines à l’ONU, la communauté internationale est engagée dans des consultations afin de pouvoir établir les grandes lignes du programme de développement durable qui devrait prendre le relais des OMD.


M. Abdou Salam Diallo, Président de la Deuxième Commission, à ouvert aujourd’hui les travaux de la Commission en rappelant fort opportunément que les priorités de la Deuxième Commission sont l’accélération des progrès vers la réalisation des OMD, et la conduite d’une réflexion sur le programme de développement pour l’après-2015.


Mme Shamshad Akhtar, Sous-Secrétaire générale de l’ONU au développement économique, qui s’est exprimée au nom du Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, M. Wu Hongbo, a pour sa part appelé la communauté internationale à « travailler dûr pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement ».  Concernant le futur programme en préparation, elle a préconisé qu’un accent soit mis sur les OMD, dont la réalisation a pris un grand retard dans certains pays.  Elle a également suggéré qu’une attention particulière soit accordée aux pays rencontrant des difficultés particulières, comme les petits États insulaires en développement (PEID) et les États sans littoral, et aux personnes victimes de handicap et aux autres exclus sociaux.


Pour M. Peter Thomson des Fidji, qui est intervenu au nom du Groupe des 77 et de la Chine, le Forum politique de haut niveau sur le développement durable qui vient d’être établi devrait aider les pays et les autres acteurs du développement à combler les lacunes existant dans le processus visant à définir les objectifs de développement pour l’après-2015.  Il a invité les pays développés à partager leurs connaissances et leurs technologiques avec les pays en développement, afin que ces derniers puissent « faire un bond » par-dessus les premières étapes du développement.  Il a aussi demandé que soit organisée une conférence internationale de suivi sur le financement du développement durable avant 2015 et que soit créée une commission chargée de cette question, commission qui dépendrait du Conseil économique et social.


Par la voix de M. Ioannis Vrailas, l’Union européenne a souhaité que le programme de développement pour l’après-2015 « reflète l’évolution de la dynamique mondiale ».  Il a assuré que l’Union européenne voulait jouer un rôle pour soutenir les pays qui connaissent un retard dans la réalisation des objectifs de développement.


Comme cela a été le cas les années précédentes, l’ouverture du débat général a été marquée par la présentation liminaire d’un économiste de renom.  M. Raj Chetty, titulaire de la chaire d’économie Bloomberg à l’Université de Harvard, aux États-Unis, qui était l’invité de la Commission, a fait un exposé sur une nouvelle approche en vigueur en matière de recherche économique.  Parlant du lien qui existe en éducation, développement et réussite sociale, il a expliqué que certains enseignants semblent avoir un plus grand impact et une plus grande « valeur ajoutée » que d’autres sur l’avenir de leurs élèves.  Dans ce contexte, M. Chetty a préconisé l’amélioration des performances scolaires par la formation adéquate des enseignants et une bonne rémunération de ces derniers.  Il a indiqué qu’il a été observé que ce genre de mesures a, plus tard, un impact positif sur le niveau des revenus futurs des élèves, et partant, sur l’économie globale des pays. 


Ce matin, la Deuxième Commission a élu les autres membres de son Bureau et a procédé à l’organisation de ses travaux.  La Commission a élu par acclamation M. Waruna Sri Dhanapala, du Sri Lanka, et Mmes Oana Maria Rebedea, de la Roumanie, et Farrah Brown, de la Jamaïque, en tant que Vice-Présidents.  Mme Juliet Hay, de la Nouvelle-Zélande, a été élue au poste de Rapporteur.


La Deuxième Commission a, en outre, adopté son programme de travail au cours de cette soixante-huitième session de l’Assemblée générale.  En plus des 15 points inscrits à son ordre du jour et de leurs nombreux sous-points, la Commission devra organiser six manifestations parallèles, dont la première a eu lieu cet après-midi. 


La Commission a également approuvé l’organisation de ses travaux* telle qu’elle figure dans un document oralement corrigé.  Des représentants de l’Union européenne, de la Norvège, de l’Australie, du Canada et de la Suisse ont apprécié les efforts envisagés dans le sens d’une diminution du nombre de points examinés par la Commission et pour que certains points soient examinés seulement tous les deux ou trois ans.  Le représentant de Cuba a, quant à lui, exprimé son désaccord sur l’élimination de certains points qui sont particulièrement importants pour le Groupe des 77 et la Chine, et a rejeté l’option de leur examen tous les deux ou trois ans.  Il a demandé de ne pas prendre de mesures qui entravent les travaux de la Commission sur des questions importantes.  « Il ne faut pas remettre en cause le droit de chaque État de présenter des projets de textes », a-t-il plaidé.


Le débat général de la Deuxième Commission se poursuivra demain, jeudi, le 10 octobre, à 10heures.


*A/C.2/68/L.1


Il est possible de suivre les séances de la Deuxième Commission par vidéo sur le site de la télévision des Nations Unies (http://webtv.un.org/)


Déclarations liminaires


« C’est face à un certain nombre de défis mondiaux qui semblent insurmontables que nous entamons cette session », a déclaré cet après-midi M. ABDOU SALAM DIALLO, Président de la Commission économique et financière (Deuxième Commission), à l’ouverture du débat général de la Commission.  Nos priorités sont l’accélération des progrès vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), et la conduite d’une réflexion sur le programme de développement pour l’après-2015, a-t-il indiqué, en précisant les trois volets de ce programme –économique, social et environnemental.  Il a appelé à intensifier la concertation et la cohérence de l’examen et du suivi de ces questions entre, notamment, l’Assemblée générale, le Conseil économique et social (ECOSOC) et le Forum politique de haut niveau nouvellement créé à ce sujet.  Il a aussi plaidé en faveur du renforcement du multilatéralisme dans le cadre de ce processus.  « Notre action doit privilégier les pays en situation particulière, notamment les pays les moins avancés (PMA) et les pays en conflit », a ajouté M. Diallo. 


Mme SHAMSHAD AKHTAR, Sous-Secrétaire générale au développement économique (DAES), s’exprimant au nom du Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, M. Wu Hongbo, a relevé que l’économie mondiale va connaître une croissance de 2,3% cette année.  Elle a noté qu’après la crise financière et économique mondiale qui a éclaté en 2008, des efforts doivent être faits aujourd’hui pour faciliter et soutenir une reprise économique, notamment en favorisant la création d’emplois.  Alors que 2015 approche, a-t-elle noté, il nous faut travailler dur pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). 


Dans le cadre de la préparation du programme de développement pour l’après-2015, elle a préconisé une triple approche.  D’abord, il faut se concentrer sur les objectifs sur la réalisation desquels un trop grand retard a été pris, comme la question de la mortalité maternelle.  Ensuite, il faut que la communauté internationale accorde une attention particulière à la situation de pays ayant des difficultés particulières comme les petits États insulaires en développement (PEID) qui font face à l’épineuse question des changements climatiques, a dit Mme Akthar.  Elle a également appelé à des actions plus soutenues en faveur des exclus sociaux et notamment des personnes affectées par des handicaps.


Par la suite, Mme Akhtar a indiqué que le programme de développement pour l’après-2015 devrait être à la fois ambitieux, audacieux, pratique et réaliste.  Et qu’il devrait avoir pour buts ultimes le renforcement de l’éradication de la pauvreté, déjà engagée grâce aux OMD, et devrait œuvrer pour l’évènement du développement durable.  Pour ce faire, elle a plaidé pour la création d’un environnement global propice et pour une mobilisation de ressources de financement pérennes.  Elle a noté en outre que l’accès à la technologie par les pays en développement était de première importance, comme l’a rappelé le Groupe de travail à composition non limitée sur un agenda pour le développement.  Cette tâche peut paraître titanesque, a-t-elle reconnu, surtout dans le contexte mondial de passage de la période des OMD à celle à venir du programme de développement pour l’après-2015.


M. RAJ CHETTY, Professeur d’économie titulaire de la chaire Bloomberg à l’Université d’Harvard (États-Unis), a fait un exposé sur une nouvelle approche dans la recherche économique, qui a été expérimentée notamment au Danemark et en Suède.  Il s’agit de mener une analyse économique en s’appuyant sur des données macroéconomiques compilées à partir d’informations disponibles auprès des compagnies travaillant dans le secteur des technologies de l’information et des communications (TIC) telles que Google, ou quelques grandes entreprises téléphoniques.  M. Chetty a ajouté que ces analyses s’appuient également sur les données telles que les registres d’étudiants ou de santé.  Il a poursuivi son exposé en expliquant que les résultats de ces recherches ont permis de voir que les performances scolaires d’un enfant de 5 ans allant en maternelle peuvent prédire ses performances futures à l’âge adulte et son futur niveau de bien-être. 


Cette étude a permis de vérifier que des fillettes ayant obtenu de bons résultats scolaires à la maternelle par exemple, ont plus de chance de ne pas tomber enceintes à l’adolescence, et pour les enfants des deux sexes, de se marier avant l’âge de 30 ans.  L’étude démontre aussi que ces enfants, une fois adultes ont plus de chances d’avoir des revenus 2,5 fois supérieurs à ceux qui n’avaient pas de bonnes performances scolaires en bas âge.  M. Chetty a ainsi affirmé que l’élément clef dans ces performances est la qualité de l’enseignant qui s’occupe des enfants.  Ainsi, a noté le professeur Chetty, certains enseignants semblent avoir une plus grand impact et une plus grande « valeur ajoutée » que d’autres sur l’avenir de leurs élèves.  Cela a été vérifié par des études étalées sur plusieurs dizaines d’années dans les mêmes classes et avec divers enseignants. 


Dans ce contexte, M. Chetty a préconisé l’amélioration des performances scolaires par la formation adéquate des enseignants et une bonne rémunération de ces derniers.  Il a indiqué que cette mesure aura un impact sur les revenus futurs des élèves, et partant, sur l’économie globale d’un pays.  Il a également relevé que la qualité des enseignants est plus importante que la taille de la classe, et que les connaissances non cognitives, telles que la morale et les relations interpersonnelles, sont tout aussi importantes que les connaissances cognitives pour le développement harmonieux des enfants.  Il a souhaité que ces préceptes puissent être appliqués dans les pays en développement afin de pouvoir stimuler le développement de ces derniers.  Il a en outre suggéré la mise en œuvre de politiques solides de sécurité sociale, avec une bonne protection sociale des travailleurs, des allocations familiales et des pensions de retraite conséquentes.  Ces mesures, a-t-il expliqué, stimulent positivement l’économie et améliorent la qualité de vie des populations, tout en stimulant la productivité globale de l’économie.  Il a enfin indiqué que la diffusion des statistiques sur les inégalités de chances et les résultats scolaires des enfants ont poussé les parents et les collectivités locales à établir des mesures pour améliorer les politiques d’éducation.


Échange de vues interactif


Le représentant de Cuba s’est montré critique à l’égard de l’exposé du professeur Chetty, de Harvard, craignant « que ce genre d’intervention académique fasse perdre à cette enceinte la force du débat intergouvernemental ».  Il a invité à discuter de questions qui touchent de plus près le développement durable.


Dans la même veine, le représentant du Venezuela a mis en doute la valeur générale de l’analyse de M. Chetty, notant qu’il avait choisi des exemples observés aux États-Unis et dans le monde développé.  Il a fait part d’une étude sur l’éducation et le développement des Vénézuéliens, qui a mis en évidence les différents facteurs influençant le développement humain selon l’âge des enfants.  Un enfant de moins de deux ans, par exemple, dépend essentiellement de sa mère, tandis qu’entre 2 et 7 ans, beaucoup d’éléments influencent son développement, comme l’enseignement, le niveau social et le logement, a-t-il dit.  Au-delà, à partir de l’adolescence, c’est le contexte économique et social dans lequel il évolue qui compte le plus.


Le représentant de la République démocratique du Congo a ajouté à ces facteurs le rôle des parents, qui sont le moteur principal dans l’éducation de leurs enfants.  L’avenir de l’enfant ne doit pas dépendre seulement de l’enseignement classique, a-t-il aussi estimé, invitant à ouvrir d’autres voies aux enfants.


Le représentant du Togo a invité à réfléchir sur le problème de la fuite des cerveaux, « les personnes éduquées dans les pays en développement ayant tendance à émigrer vers les pays développés ».  « Comment fabriquer des enseignants de qualité et les inciter à rester dans leur pays? » a enchaîné le représentant du Bénin.  Il a estimé que le « plafond de verre » pouvait être percé: « Plus vous avez des difficultés, plus grande est votre détermination à percer ce plafond », a-t-il lancé.


De son côté, le représentant de Maurice a posé la question de la fiabilité des données et celle du respect de la vie privée.


Répondant à ces observations, M. Chetty a reconnu que les enseignants et l’éducation n’étaient pas les seuls éléments importants des efforts à déployer en faveur du développement.  La nutrition, les facteurs sociaux et la famille sont en effet des facteurs cruciaux, a-t-il dit.  Mais, a-t-il expliqué, on peut plus facilement changer d’enseignants que de parents!  En Inde, il a été prouvé que l’amélioration de l’éducation a eu des effets positifs mesurables, a-t-il indiqué.  Reconnaissant que les revenus financiers ne sont pas le seul élément permettant de mesurer le développement, il a expliqué qu’une bonne éducation entraînait d’autres progrès sociaux, comme la diminution des grossesses précoces.


En ce qui concerne la fuite des cerveaux, le professeur Chetty a suggéré de les retenir en offrant des emplois dans les pays en développement et en mettant en œuvre des changements dans les politiques sociales.  Enfin, il a vanté les mérites de la collecte des données, qui permet de compléter et d’affiner les analyses théoriques.  La révolution des technologies de l’information et des communications (TIC) permet, en outre, de mieux exploiter ces données, a-t-il ajouté.  Il a conclu ce débat en réaffirmant que l’éducation était un élément crucial du développement.  Il faut baser les politiques sur des éléments prouvés et non sur la spéculation, a-t-il dit.


Débat général


M. PETER THOMSON (Fidji), parlant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a annoncé que les pays du Groupe des 77 et la Chine allaient présenter plusieurs projets de résolution au cours de la session, en travaillant activement avec les partenaires du monde développé.  L’élimination de la pauvreté demeure le plus grand défi à relever à l’heure actuelle, a-t-il relevé en citant à ce propos le document final de l’évènement spécial de suivi de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Il a souhaité que le Forum politique de haut niveau sur le développement durable permette de combler les lacunes existant dans le processus visant à définir les objectifs de développement de l’après-2015.


La science, la technologie et l’innovation ont un impact positif sur la croissance des pays, a-t-il poursuivi, en invitant à partager les connaissances dans ce domaine.  La création d’un mécanisme de facilitation technologique permettrait aux pays en développement de sauter les premières étapes du développement, a-t-il argué.  Il a aussi demandé d’organiser une conférence internationale de suivi sur le financement du développement durable avant 2015 et de créer une commission chargée de cette question qui dépendrait de l’ECOSOC.  Il a par ailleurs souligné l’importance d’établir des flux prévisibles et pérennes d’aide publique au développement (APD), se disant inquiet de la baisse de cette aide au cours des deux dernières années.  M. Thomson a également souligné les besoins spécifiques des pays en développement et a demandé un renforcement du partenariat mondial en faveur de ces pays. 


Le représentant a ensuite plaidé en faveur de la mise en œuvre de la résolution de l’Assemblée générale qui a défini les orientations politiques devant s’appliquer aux activités opérationnelles de développement menées par les Nations Unies.  Il a proposé de mener une évaluation pilote de ces activités.  Par ailleurs, il a invité à rendre opérationnel le Fonds vert pour le climat d’ici début 2014.  Le représentant a salué la tenue prochaine de la neuvième Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce, prévue à Bali en décembre 2013, espérant que ses travaux feraient avancer les négociations commerciales du Cycle de Doha.  Enfin, il a lancé un appel à réformer l’architecture financière internationale, notamment des institutions de Bretton Woods, afin de permettre aux pays en développement de s’y faire entendre.


M. DELANO F. BART (Saint-Kitts-et-Nevis) s’exprimant au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a indiqué que la crise économique mondiale a durement touché les pays de la CARICOM, notamment en augmentant les déficits dont souffraient déjà certains d’entre eux.  Il a souligné que certains pays, comme le Belize, la Grenade, la Jamaïque et Saint-Kitts-et-Nevis, ont été obligés de négocier la restructuration de leur dette du fait de la baisse des recettes issues du secteur touristique durement touché par la crise.  Il a appelé la communauté internationale à reconsidérer le classement des pays de la région, qui sont considérés comme pays à revenu élevé ou intermédiaire, ce qui leur bloque les possibilités d’accès à certains financements.  Il a ensuite noté que les changements climatiques et l’élévation du niveau des mers qui en résulte menacent l’existence des petits États insulaires en développement (PEID), dont certains sont dans les Caraïbes.  Il a, dans ce contexte, appelé à la mise en œuvre du Plan d’action de la Barbade et de la Stratégie de Maurice sur le développement durable des PEID.


Le représentant a, par la suite, relevé que les pays de la CARICOM sont négativement touchés par les barrières douanières qui affectent leurs activités commerciales, le niveau de leurs revenus commerciaux, et donc leur capacité de mobilisation de ressources nationales pour le développement.  Il a ainsi plaidé pour la création d’un système commercial international plus ouvert, non discriminatoire, équitable et multilatéral, et qui contribuerait à la croissance et au développement durable.  Il a également appelé à la conclusion du Cycle de négociations commerciales de Doha, qui a été lancé il y a déjà une décennie.  En matière de coopération internationale fiscale, M. Bart a salué la décision du Conseil économique et social (ECOSOC) d’organiser des réunions spéciales annuelles.  Il a en outre souhaité que le Comité d’experts de la coopération internationale en matière fiscale devienne un organe intergouvernemental lié à l’ECOSOC, afin de mieux mener à bien les tâches qui sont de son mandat.


S’exprimant au nom du Groupe des pays en développement sans littoral, M. SALEUMXAY KOMMASITH (République démocratique populaire lao) a rappelé les besoins et les défis spécifiques qui se posent aux États qui composent ce groupe et qui ont été reconnus dans le Programme d’action d’Almaty, les Objectifs du Millénaire pour le développement et le Document final de Rio+20.


Après avoir souligné les « progrès considérables » réalisés au cours de la dernière décennie dans la mise en œuvre du Programme d’action d’Almaty, et leurs contributions au développement socioéconomique et à l’intégration des pays en développement sans littoral dans les économies régionale et mondiale, le représentant a estimé qu’il restait encore beaucoup à faire.  Au rang des nouveaux défis qui se présentent au pays en développement sans littoral, figurent notamment les contraintes qu’ils rencontrent pour accéder au marché mondial, les écarts financiers, et le besoin d’améliorer l’intégration au commerce global.  M. Kommasith a également rappelé que les économies de ces pays restaient fragiles et très vulnérables aux chocs externes provoqués par la crise économique et financière, en raison de leurs exportations très peu diversifiées, de leurs capacités de production limitées, et du manque de compétitivité à l’export et du coût élevé du transport ou des transactions.  À cela s’ajoutent les effets négatifs des changements climatiques, de la désertification, de la dégradation des sols et des sécheresses, a-t-il ajouté.


Pour autant, les pays enclavés peuvent néanmoins s’extraire de leur condition actuelle, a estimé le représentant, sous réserve de renforcer la coopération et les partenariats qu’ils entretiennent entre eux et avec les pays en développement de transit et les partenaires de développement tels que les Nations Unies, les organisations internationales, régionales, sous-régionales, et le secteur privé.  Dans ce contexte, le représentant a décrit la dixième Conférence d’évaluation de la mise en œuvre du Programme d’action d’Almaty, prévue en 2014, comme étant d’une importance majeure pour les pays en développement sans littoral.  Elle offrira une excellente occasion à la communauté internationale de réévaluer les besoins spécifiques et les défis propres à ces pays, et de les aider à identifier des priorités pour la définition d’un nouveau cadre d’action pour la prochaine décennie.


M. TEKEDA ALEMU (Éthiopie) parlant au nom du Groupe des États d’Afrique et s’alignant sur la déclaration du Groupe des 77 et la Chine, a estimé que la communauté internationale n’avait pas pleinement rempli ses obligations en matière de développement.  L’aide publique au développement (APD), principale source de financement du développement, n’a cessé de décroître ces deux dernières années, a-t-il observé.  Dans ce contexte, si l’on veut que les objectifs du développement soient atteints, il faut tenir les engagements pris à Monterrey et dans les autres réunions et sommets des Nations Unies, a ajouté le représentant.  Alors que l’on attend beaucoup de la Deuxième Commission cette année, le Groupe des États d’Afrique est pour sa part disposé à coopérer avec elle, a poursuivi M. Alemu, avant de présenter les priorités des États membres de ce Groupe.


La sécurité alimentaire et la pauvreté sont ainsi des préoccupations vitales, en dépit des progrès réalisés par quelques pays africains, a dit le représentant.  C’est pour cela que les membres du Groupe appellent leurs partenaires à tenir les engagements contractés dans ces domaines, en particulier dans le cadre de la « nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition », visant à sortir 50 millions de personnes de pauvreté en Afrique subsaharienne à l’horizon 2022.   Le Groupe des États d’Afrique, a dit M. Alemu, souligne aussi la vulnérabilité de ses États membres aux chocs extérieurs, dont les changements climatiques.  Dans ce contexte, une assistance suffisante devrait être octroyée aux pays concernés pour renforcer les capacités de leurs institutions à s’adapter aux effets de ces bouleversements climatiques, a plaidé le représentant.  Les pays développés doivent maintenant tenir leur engagement de mobiliser 100 milliards de dollars destinés au Fonds vert pour le climat.  Enfin, le déficit d’infrastructures étant un des défis majeurs que rencontrent les pays africains, il est primordial de mettre en place des programmes régionaux pour le renforcement de l’intégration régionale.  Le soutien des partenaires de développement à cette fin serait plus que souhaité, a-t-il conclu. 


S’exprimant au nom des États de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CARICOM), M. RODOLFO REYES RODRĺGUEZ (Cuba) a souligné qu’à deux ans de l’échéance des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), plus d’un milliard de personnes continuaient de vivre dans l’extrême pauvreté, 870 millions d’entre elles restant mal-nourris et 768 millions n’ayant pas accès à l’eau potable.


Il a souhaité que les futures résolutions adoptées lors de cette soixante-huitième session de l’Assemblée traitent notamment des défis structurels de l’économie internationale et de la réforme du système financier, qui doit se faire d’une manière qui prenne en compte les défis des pays en développement et qui soit fondée sur le principe des responsabilités communes mais différenciés.


Il a regretté que les pays développés n’aient toujours pas rempli l’engagement qu’ils ont pris de consacrer 0.7% de leur PIB à l’aide publique au développement (APD), dont 0.20% réservés au pays les moins avancés (PMA), et il les a appelés à établir un calendrier clair et transparent pour atteindre ces objectifs.  « La mise en œuvre complète de ces engagements augmentera les ressources disponibles pour l’agenda du développement et permettre aux pays en développement de répondre plus efficacement aux conséquences de la crise financière », a-t-il insisté.


Défendant la recherche d’un programme de développement pour l’après-2015 qui se concentre d’une part sur l’élimination des écarts aux niveaux international et régional, ainsi que de ceux existant au sein des sociétés, et d’autre part sur la recherche de solutions aux problèmes structurels des pays en développement, il a noté que la situation de ces pays était négativement exacerbée par la crise économique mondiale et les effets des changements climatiques.


Pour être réellement efficace, le futur programme doit se focaliser sur les peuples et doit générer des changements assez profonds et pérennes pour réduire les inégalités, a-t-il déclaré, précisant encore que ce nouveau cadre de développement doit prendre en compte les réalités nationales propres à chaque État et respecter les priorités et les politiques définis au plan national.


Pour le représentant de Cuba, le processus qui débouchera sur le programme de développement pour l’après-2015 devra aussi exprimer de manière sans équivoque l’engagement des pays développés à l’égard des pays en développement, en identifiant clairement les objectifs de l’APD et d’autres formes de coopération Nord-Sud.  La coopération Sud-Sud devrait également être soutenue par la communauté internationale, a-t-il préconisé, ceci avec l’adoption d’un agenda du développement international répondant à la situation et aux besoins spécifiques des PMA, des pays en développement sans littoral et des petits États insulaires en développement.


M. DESRA PERCAYA (Indonésie), qui s’exprimait au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), a salué le lancement du Forum politique de haut niveau et du Comité intergouvernemental d’experts sur le financement du développement durable.  Il a relevé que le programme de développement pour l’après-2015 devrait apporter des changements importants, et qu’il devrait être universel, tout en tenant compte du principe des responsabilités communes mais différenciées.  Il a précisé que les changements qui sont attendus, dans ce nouveau programme, seront fonctions du niveau de réalisation des OMD.  Il a de ce fait indiqué que l’accélération de la réalisation des OMD devait être au cœur des actions de la communauté internationale au cours des deux années à venir.  Il a dit que certains pays de l’ASEAN avaient pu connaitre des avancées notoires dans la réalisation des OMD, mais a précisé que l’ASEAN travaillait à réduire les distorsions existant entre différents pays de la région.  Le représentant à invité ensuite la communauté internationale à accorder une attention particulière aux régions qui sont en retard dans la réalisation des OMD, ceci en accord avec les termes du l’OMD nº 8 relatif au partenariat mondial pour le développement. 


M. Percaya a par ailleurs noté que le prochain programme de développement durable devrait refléter les meilleures pratiques et les leçons apprises de la mise en œuvre des OMD.  Il a précisé que ce nouveau programme devrait viser l’éradication de la pauvreté, condition sine qua none pour un développement durable.  Il a également souhaité que le processus de définition et d’adoption de ce programme soit inclusif, ouvert et transparent.  Il a par la suite relevé des sujets de grande importance pour la communauté internationale.  Il a ainsi évoqué la conclusion du Cycle de négociations commerciales de Doha et la lutte contre les changements climatiques, au sujet desquels il a souhaité la pleine mise en œuvre du principe de responsabilité commune mais différenciée.


M. IOANNIS VRAILAS, de la délégation de l’Union européenne (UE), a salué le document final de l’évènement spécial de suivi de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), qui souligne la nécessité d’une approche basée sur les trois dimensions du développement durable.  Il s’est aussi félicité de la création du Forum politique de haut niveau sur le développement durable, précisant que l’Union européenne avait joué un rôle actif dans ce processus.  Le représentant a également appuyé la décision de placer le Forum sous les auspices tant de l’ECOSOC que de l’Assemblée générale.  Le programme de développement pour l’après-2015 doit reconnaitre l’évolution de la dynamique mondiale, a estimé M. Vrailas, avant d’assurer que l’UE voulait jouer son rôle pour soutenir les pays qui connaissent un retard dans la réalisation des objectifs de développement.


Le Consensus de Monterrey et la Déclaration de Doha sur le financement du développement offrent un cadre politique suffisamment large pour discuter de cette question, a estimé M. Vrailas.  Il a cependant noté que ce cadre devait être adapté aux nouvelles circonstances, en fonction notamment de la capacité des pays d’influencer les tendances mondiales et du rôle des donateurs émergents.  Il a ensuite mentionné le nombre croissant de processus de financement au niveau international et d’outils, comme ceux relatifs au climat ou à la biodiversité.  Il a assuré que l’Union européenne recherchait des mécanismes innovants pour assurer un financement prévisible au développement durable.  M. Vrailas a enfin espéré que des progrès seraient accomplis dans la lutte contre le changement climatique, à partir de ce qui a été agréé à Cancùn, Durban et Doha.


Intervenant au nom des pays les moins avancés (PMA), M. Jean-Francis ZINSOU (Bénin) a rappelé les nombreux défis auxquels les PMA avaient été confrontés, des répercussions de la crise financière de 2008 aux changements climatiques, en passant par l’aggravation des problèmes structurels qui les affectaient déjà.   Soulignant les avancées réalisées par ces pays qui ont aligné leurs politiques et leurs ressources sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement, il a toutefois mis en avant les retards considérables accumulés dans la recherche des OMD, rappelant que 47% de la population des PMA vivent toujours dans l’extrême pauvreté.


« Les PMA ont plus que jamais besoin d’être soutenus par la communauté internationale », a-t-il déclaré, avant de réclamer qu’une attention particulière soit accordée à ces pays dans le processus d’accélération de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement. Il a également insisté pour que les OMD qui ne seront pas atteints d’ici à 2015 soient intégrés dans le programme de développement pour l’après-2015.  Le représentant a ensuite rappelé l’importance de respecter le Programme d’action d’Istanbul de 2011, soulignant que le non-respect de ses engagements annihilerait les efforts déployés aujourd’hui par les PMA et hypothéquerait le développement de bon nombre d’entre eux.


Abordant la question de l’APD, le représentant s’est dit fortement préoccupé par le non-respect des engagements pris par les pays développés.  Il a également appelé à la conclusion très rapide du Cycle de négociations commerciales de Doha, qui devrait permettre aux produits d’exportation des PMA de bénéficier d’un meilleur accès au marché.  Saluant la tenue du Deuxième dialogue de haut niveau sur les migrations et le développement, il a indiqué que les PMA envisageaient de procéder à la diffusion auprès de l’Assemblée générale des résultats du programme pilote de l’Observatoire international de transferts de fonds des migrants qui vient d’être achevé.  Rappelant enfin les faibles niveaux de revenu des habitants des PMA et l’importance des fonds transférés par les migrants, le représentant a appelé les pays développés à réduire sensiblement les coûts de ces transferts et à poursuivre les efforts engagés pour alléger les dettes publiques des PMA.


La rerpesentante de Nauru, parlant au nom de l’Alliance des petits États insulaires, a rappelé l’impact délétère des changements climatiques sur le développement, en particulier dans les pays les moins avancés (PMA) et les petits États insulaires en développement (PEID).  Les mesures internationales actuelles de lutte contre le changement climatique restent inappropriées, et les émissions de gaz à effet de serre ne cessent d’augmenter à un rythme inquiétant, a-t-elle noté.  Elle a dès lors demandé de traiter cette question de manière transversale.  Les PEID restent engagés à mettre pleinement en œuvre le Programme d’action et la Stratégie de Maurice, ainsi qu’à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), a assuré la représentante.  Elle a recommandé de prévoir une stratégie de transformation pour le développement durable, ainsi qu’une nouvelle stratégie de financement du développement.  Ces stratégies doivent permettre de transformer la vie des populations de manière équitable et inclusive.  Enfin, elle a souhaité que la session de la Deuxième Commission contribue au développement durable et permette de changer la vie de millions de personnes.


M. HUSSEIN HANIFF (Malaisie) a estimé que le Forum politique de haut niveau sur le développement durable pourrait lancer un mécanisme visant à promouvoir le développement, le transfert et la diffusion de technologies environnementalement propres vers les pays en développement.  Il a souhaité que les travaux de la Deuxième Commission, cette année, mettent l’accent sur les difficultés posées par les trois dimensions -économique, sociale et environnementale- du développement durable.  Il a demandé de garder à l’esprit les intérêts des pays en développement dans le processus de définition du programme de développement pour l’après-2015.  « Il faut appliquer le principe de la responsabilité partagée mais différenciée », a-t-il précisé.


Le représentant a placé beaucoup d’espoir dans la prochaine Conférence sur les changements climatiques qui se tiendra à Varsovie, en décembre 2013.  Il a ensuite mentionné les progrès accomplis par la Malaisie, qui a atteint et même dépassé presque tous les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  La Malaisie s’inquiète cependant du risque de contagion de la situation économique et financière prévalant dans la zone euro et aux États-Unis sur les pays en développement, a-t-il souligné.  Il faut dès lors renforcer la règlementation financière internationale, a demandé M. Haniff.  Enfin, il a réaffirmé l’importance de la coopération Sud-Sud pour soutenir les efforts de développement. 


M. VITALY MACKAY (Bélarus) a estimé que le Forum politique de haut niveau sur le développement durable devait devenir une réelle plateforme, non discriminatoire.  Il a estimé que les partenariats mondiaux pouvaient mieux servir les objectifs de développement durable, notamment dans le domaine de la réduction de la pauvreté et en ce qui concerne l’ordre du jour énergétique.  Il a relevé la complexité des problèmes que connaissent les pays en développement, d’où les  difficultés qu’ils ont à atteindre les OMD.  Le représentant a, en même temps, attiré l’attention sur le fait que ces pays, une fois qu’ils auront franchi les étapes nécessaires, pourront contribuer par la suite au développement mondial.  Le représentant a également conseillé de développer la coopération entre les pays à revenu intermédiaire.  La promotion d’un programme de développement nécessite une bonne coordination des activités opérationnelles de l’ONU dans ce domaine, a-t-il ajouté.  Il a enfin estimé que la réduction des ressources ordinaires destinées aux activités opérationnelles de développement onusiennes obligeait à élargir la base des donateurs.  Il faut aussi établir une base institutionnelle solide dans ce domaine, a-t-il dit en citant l’ECOSOC dont il s’est réjoui du rernforcemnet.


M. IBRAHIM DABBASHI (Libye) a remarqué que la lutte contre la pauvreté restait une priorité dans un certain nombre de pays.  Il a trouvé difficile pour la communauté internationale d’aider les pays à passer aux étapes qui suivent la réalisation des OMD.  Le Document final de Rio+20 est un programme très clair pour le développement durable, qu’il nous faut maintenant transposer dans la pratique, a-t-il dit.  La Libye estime que cela doit se faire au sein de processus intergouvernementaux, avec le soutien des Nations Unies.  Tant que la pauvreté subsistera, il n’y aura pas de véritable développement, a averti le représentant avant d’appeler toutes les parties de la communauté internationale à agir de concert en vue de cet objectif.  Il a notamment espéré que les négociations commerciales du Cycle de Doha pourraient se conclure rapidement.  En matière de changement climatique, il a appelé les États Membres à se baser sur la Convention-cadre des Nations Unies.  M. Dabbashi a enfin insisté sur l’importance de la Convention contre la désertification et la sécheresse en Afrique, dont son pays participe à la mise en œuvre.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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