L’Assemblée demande aux négociateurs du programme de développement pour l’après-2015 de reconnaître l’importance de renforcer la résilience face aux catastrophes

13 décembre 2013
AG/11471

L’Assemblée demande aux négociateurs du programme de développement pour l’après-2015 de reconnaître l’importance de renforcer la résilience face aux catastrophes

13/12/2013
Assemblée générale
AG/11471
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale                                         

Soixante-huitième session                                  

67e séance plénière – matin

L’ASSEMBLÉE DEMANDE AUX NÉGOCIATEURS DU PROGRAMME DE DÉVELOPPEMENT POUR L’APRÈS-2015

DE RECONNAÎTRE L’IMPORTANCE DE RENFORCER LA RÉSILIENCE FACE AUX CATASTROPHES

L’Assemblée générale a adopté, ce matin sans vote, une série de résolutions relatives à la coordination de l’aide humanitaire et a demandé aux négociateurs du programme de développement pour l’après-2015 d’accorder l’importance qu’il mérite au renforcement de la résilience des pays et des communautés face aux catastrophes naturelles.

L’Assemblée a adopté des textes sur la sécurité du personnel humanitaire, la coopération internationale à la suite de catastrophes naturelles, l’assistance au peuple palestinien, l’accident nucléaire de Tchernobyl et le renforcement de la coordination de l’aide humanitaire.

Dans ce dernier texte, elle encourage les États Membres, dans le cadre du débat sur le programme de développement pour l’après-2015, à accorder l’importance qu’elle mérite à la réduction des risques de catastrophe, y compris le renforcement de la résilience, l’état de préparation aux niveaux national et local et les capacités d’intervention.

L’Assemblée demande aussi à ces États mais également aux organismes des Nations Unies et à toutes les parties prenantes à poursuivre les consultations sur l’instrument appelé à succéder au Cadre d’action de Hyogo pour 2005-2015: « Pour des nations et des collectivités résilientes face aux catastrophes ».  L’ultime rendez-vous est fixé, du 14 au 18 mars 2015, à Sendai au Japon qui accueillera ainsi la troisième Conférence mondiale des Nations Unies sur la réduction des risques de catastrophe.

Citant une étude de la Banque mondiale, le représentant de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a chiffré les pertes provoquées par les catastrophes à 3 800 milliards de dollars entre 1980 et 2012.   

Un autre rendez-vous est fixé: celui du premier Sommet mondial sur l’aide humanitaire, à Istanbul, en 2016, en vue d’échanger des connaissances et des pratiques optimales dans le but d’améliorer la coordination, les moyens et l’efficacité des interventions humanitaires.  L’Assemblée prie d’ailleurs le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de faire en sorte que le processus préparatoire soit sans exclusive, consultatif et transparent. 

Deux processus sont directement liés au Sommet mondial, a dit le représentant du Japon, en revenant sur le processus du programme de développement pour l’après-2015 et celui sur la troisième Conférence internationale de Sendai.  Tout le monde sait, a-t-il rappelé, que les défis du système humanitaire des Nations Unies ne peuvent être relevés par la communauté humanitaire seule.  Il faut, a-t-il plaidé, veiller à la synergie entre ces trois processus. 

L’Assemblée prie aussi, dans un autre texte, son Président de convoquer, le 26 avril 2016, une séance extraordinaire commémorative marquant le trentième anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl.   Elle demande un examen des progrès accomplis durant la Décennie du relèvement et du développement durable des régions touchées (2006-2016) et une réflexion sur les nouvelles modalités de coopération internationale.

La Palestine, Israël, l’Arabie saoudite, la Syrie et la Turquie ont exercé leur droit de réponse.

L’Assemblée générale poursuivra ses travaux lundi 16 décembre, à partir de 10 heures, avec l’examen des rapports de sa Sixième Commission chargée des questions juridiques, suivi d’un débat sur la culture de la paix.

RENFORCEMENT DE LA COORDINATION DE L’AIDE HUMANITAIRE ET DES SECOURS EN CAS DE CATASTROPHE FOURNIS PAR LES ORGANISATIONS DES NATIONS UNIES, Y COMPRIS L’ASSISTANCE ÉCONOMIQUE SPÉCIALE

AIDE AUX SURVIVANTS DU GÉNOCIDE DE 1994 AU RWANDA, EN PARTICULIER AUX ORPHELINS, AUX VEUVES ET AUX VICTIMES SEXUELLES

Suite des déclarations

M. YUSRA KHAN (Indonésie) s’est inquiété de l’augmentation du nombre de personnes victimes de catastrophes naturelles, relevant que la situation humanitaire qui prévaut ensuite devient de plus en plus complexe.  Il faut donc un renforcement des efforts déployés par l’architecture humanitaire internationale.  L’amélioration de la coordination et la coopération entre les acteurs est essentielle de même que la mise en place sur le terrain d’un système de réaction « cohérent ».  En 2012, plus de 30 millions de personnes, ont été déplacées après des catastrophes naturelles, soit le double par rapport à 2011.  2012 est, s’est alarmé le représentant, la troisième année consécutive durant laquelle les pertes économiques dues aux catastrophes ont dépassé la barre des 100 milliards de dollars.

Le représentant a, par conséquent, insisté sur l’importance de lier les secours d’urgence à la relance et au développement, en mettant un accent particulier sur la résilience des pays et la réduction des risques de catastrophe.  Il a appelé l’ONU à jouer un rôle central dans l’architecture humanitaire internationale, en termes de financement, de coordination, de livraison et de dissémination des informations.  Il l’a également engagée à contribuer au transfert des technologies et de l’expertise.  Il faut, a-t-il conseillé, privilégier des plans de préparation aux urgences qui s’inspirent du savoir des communautés et qui mettent l’accent sur le renforcement des institutions.

M. SAENG KIM (République de Corée) a estimé que les Nations Unies devaient jouer leur rôle de chef de file avec vigueur pour faire face aux conséquences humanitaires des catastrophes naturelles et des conflits, en particulier du fait de l’émergence de nouveaux intervenants humanitaires.  Il a apprécié à cet égard la coordination efficace menée par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) aux Philippines après le passage du typhon Haiyan, en étroite coopération avec le Gouvernement philippin.  Pour renforcer la coordination, il a invité l’ONU à continuer de mettre en œuvre les recommandations du programme de transformation du Comité permanent interorganisations.  Il a aussi plaidé en faveur d’un fort niveau de préparation dans les pays vulnérables aux catastrophes.

Le représentant a exprimé ses grandes préoccupations face à la situation humanitaire en Syrie.  Il est temps que la communauté internationale se concentre davantage sur les besoins socioéconomiques des pays qui accueillent des réfugiés syriens, a-t-il estimé.  Il a suggéré de concevoir un nouveau cadre qui incite à des partenariats plus inclusifs, crée une synergie entre les différents intervenants et augmente l’efficacité de l’aide.  Il a aussi souligné le risque croissant de la violence basée sur le sexe, espérant que les organisations et les gouvernements en feraient davantage pour protéger les femmes lors de crises humanitaires, notamment en finançant des programmes spécifiques sur la violence sexiste.

M. GUILLERMO RISHCHYNSKI (Canada) a estimé qu’il faut faire davantage pour s’assurer que les principes normatifs relatifs au leadership, à la coordination et à la responsabilisation du programme de transformation soient pleinement opérationnalisés et mis en œuvre sur le terrain.  Il a souhaité une évaluation de l’impact collectif du système de l’ONU et jugé nécessaire de mieux transmettre les résultats obtenus aux communautés.  La responsabilité à l’égard des donateurs et des populations touchées est essentielle, a-t-il affirmé.  Le représentant a également jugé nécessaire de prévenir et de réagir aux cas de violences sexuelles perpétrées lors de situations d’urgence humanitaire.

M. Rishchynski a indiqué que le Canada a débloqué 20 millions de dollars après le typhon qui a dévasté les Philippines.  Les citoyens canadiens ont, par ailleurs, versé plus de 35 millions de dollars à des organisations caritatives pour répondre à la crise.  Abordant la situation en Syrie, le représentant s’est inquiété de « l’énorme pression » qu’exerce l’influx de réfugiés dans les pays et les communautés d’accueil.  Il a applaudi les « efforts courageux » des intervenants humanitaires et exhorté le Gouvernement syrien à pleinement mettre en œuvre l’appel lancé le 2 octobre par le Conseil de sécurité concernant l’amélioration de l’accès humanitaire.

M. JIM MCLAY (Nouvelle-Zélande) a assuré que son pays respectait les principes humanitaires de base, à savoir l’humanité, la neutralité, l’impartialité et l’indépendance.  Alors que nous formons de nouveaux partenariats avec de nouveaux intervenants, nous devons rester vigilants quant au respect de ces principes, a-t-il dit.  Il a aussi invité les États Membres et le système de l’ONU à traiter de la question de la violence dans le cadre des urgences humanitaires et à garantir une meilleure protection des victimes, notamment par des services de santé sexuelle et reproductive.  Il a plaidé pour que les agents humanitaires aient un accès rapide aux personnes dans le besoin, sans craindre d’être attaqués ou enlevés.  À cet égard, il a déploré l’augmentation des attaques contre le personnel humanitaire. 

À son tour, il a voulu que l’on mette davantage l’accent sur la prévention des urgences humanitaires, en renforçant la capacité de résilience des communautés.  Face aux conséquences des changements climatiques et à l’augmentation du nombre de catastrophes naturelles, il nous faut mettre en place une meilleure coordination entre les acteurs humanitaires, du développement, de la politique et de la sécurité, a-t-il ajouté.  M. McLay a soutenu la proposition du Secrétaire général de tenir un Sommet mondial sur l’action humanitaire.

M. HALIT ÇEVIK (Turquie) a estimé que le Sommet mondial de l’action humanitaire qui doit se tenir à Istanbul en 2016, et le programme de développement pour l’après-2015 marqueront une nouvelle ère dans la compréhension et la conduite de la gestion des risques de catastrophes et de l’aide humanitaire.  La clef du succès réside, a-t-il prévenu, dans le renforcement des capacités institutionnelles, aux niveaux local et national, ainsi que dans l’amélioration de la résilience des communautés. 

Maintenant que la crise syrienne entre dans sa troisième année, le représentant a espéré une solution politique durable et promis que son pays continuera d’apporter son aide au peuple syrien, en étroite coopération avec les agences des Nations Unies.  Ces quatre dernières années, l’aide humanitaire de la Turquie est passé de 31 millions de dollars à plus d’1 milliard de dollars en 2012.  Rien que ces deux dernières années, la Turquie a ponctionné de son budget national une somme de plus de 2 milliards de dollars pour les réfugiés syriens.  La Turquie était le quatrième plus gros donateur en 2012, a insisté le représentant qui a ajouté que depuis la création du Fonds central pour les interventions d’urgence, la Turquie y a versé 2 millions de dollars.  La Turquie est également prête à partager son expérience en matière d’aide humanitaire, a conclu le représentant en attirant l’attention sur « HOPEFOR », une initiative lancée avec la République dominicaine et le Qatar, qui vise à renforcer la coordination des capacités civils et militaires pendant les opérations de secours.

Mme JILL DERDERIAN (États-Unis) a souhaité un système humanitaire plus cohérent et plus efficace, face aux 28 millions de déplacés dans le monde.  Elle a, par exemple, estimé que s’agissant des 1,1 million de réfugiés et plus qui vivent en dehors des camps et près des villes, il faut privilégier la fourniture de services plutôt qu’une aide directe.  La représentante a concédé que l’impact de la lutte contre le terrorisme sur l’aide humanitaire est une question qui mérite d’être étudiée.  Elle s’est inquiétée du manque d’accès et des dangers que subissent les agents humanitaires et des attaques contre les hôpitaux et autres infrastructures.  Elle a rappelé, à cet égard, les principes de l’action humanitaire que sont la neutralité et l’impartialité.  S’agissant en particulier de l’accès humanitaire, elle a appelé les États à alléger les procédures administratives et à éviter les mesures arbitraires.  Elle a apporté son appui au Sommet mondial de l’action humanitaire, en promettant une participation active aux préparatifs.  L’objectif est d’avoir un système humanitaire inclusif et plus efficace, a-t-elle conclu.

M. KAZUYOSHI UMEMOTO (Japon) a rappelé qu’après le passage du typhon qui a dévasté les Philippines, son pays a fourni une aide de 56 millions de dollars, sans compter les équipes médicales, les unités de transport et les experts qu’il a déployés, en coordination avec la communauté humanitaire de l’ONU.  Le représentant a indiqué qu’avec le conflit en Syrie, la situation de l’aide humanitaire des Nations Unies a atteint le niveau 3 en matière de crise. 

À ce jour, le Japon a déjà versé 155 millions de dollars pour l’aide humanitaire en Syrie.  Mais, a prévenu le représentant, les contributions des donateurs traditionnels ne suffiront tout simplement plus.  Il faut donc discuter non seulement de la manière de financer les besoins humanitaires mais également de celle de mieux y répondre.  L’importance de ce débat et des résolutions dont les délégations sont saisies ne saurait être surestimée, a souligné le représentant.  Dans ce contexte, il a salué l’idée de convoquer le Sommet mondial de l’action humanitaire et a dit la disposition de son pays à accueillir le processus régional de consultations pour l’Asie de l’Est et du Nord, l’année prochaine.  Le Japon serait heureux de partager ce qu’il a appris du grand tremblement de terre de mars 2011. 

Deux processus sont directement liés au Sommet mondial, a dit le représentant, en citant le processus du programme de développement pour l’après-2015 et celui sur la troisième Conférence internationale sur la réduction des risques de catastrophes qui sera organisée à Sendai, au Japon, en mars 2015.  Tout le monde sait, a dit le représentant, que les défis du système humanitaire des Nations Unies ne peuvent pas être relevés par la communauté humanitaire seule.  Il faut, a-t-il plaidé, incorporer la gestion des risques de catastrophes dans le programme de développement pour l’après-2015 et veiller à la synergie entre ces trois processus.  Le représentant a annoncé, en concluant, que son pays compte une nouvelle fois soumettre à la Commission de la condition de la femme un projet de résolution sur les catastrophes naturelles et l’égalité des sexes.

M. OCTAVIO ERRÁZURIZ (Chili) s’est félicité des progrès réalisés dans le renforcement du libellé de la résolution sur la protection du personnel humanitaire, notamment pour la protection du personnel médical.  Il a jugé fondamental la prise en compte des besoins spécifiques de certains groupes de population et s’est félicité des références faites à l’agenda de transformation.  Il a aussi jugé nécessaire d’incorporer l’élément « innovation » et a réitéré son appel pour que les contributions à l’aide humanitaire ne se fassent au détriment de l’aide publique au développement (APD).  Il a mis l’accent sur la transition de la phase des secours d’urgence à celle du développement.  L’assistance humanitaire, a-t-il estimé, doit s’articuler autour des principes humanitaires, des droits de l’homme et de la sécurité humaine.  Il a appuyé la convocation du Sommet mondial et souhaité que ses préparatifs se fassent dans le cadre d’un processus de consultations transparent.

M. ISAÏEBAGABO (Rwanda) a annoncé qu’en avril 2014, la communauté internationale se joindra au peuple du Rwanda pour se souvenir du génocide contre les Tutsis, qui a eu lieu il y a 20 ans, et qui a conduit à la mort de plus d’un million de victimes innocentes, en seulement trois mois et devant un monde passif.   Aujourd’hui, les survivants continuent de faire des progrès énormes dans la reconstitution du tissu social déchiré par le génocide, a ajouté le représentant, tout en prévenant que surmonter la profondeur de l’impact du génocide sur les Rwandais et leur état post-traumatique est un processus de guérison progressif. 

Il a estimé que la résolution de 2003 créant la Journée internationale de réflexion sur le génocide a été perçue par le peuple du Rwanda, en particulier les survivants, comme un geste de solidarité et de reconnaissance de l’échec collectif de la communauté internationale.  Avec de l’engagement, de la détermination et de la résilience, il n’y a pas d’adversaire invincible et c’est ce que les Rwandais ont prouvé au monde en optant pour la vie au lieu du désespoir, a souligné le représentant.

Il a appuyé les recommandations du rapport du Secrétaire général.  Il s’est dit particulièrement encouragé par l’accent que veut mettre ce dernier sur les groupes vulnérables comme les orphelins, les veuves et ceux qui ont subi des blessures donnant lieu à un handicap physique ou mental ainsi qu’aux survivants âgés du génocide.  Il a appuyé l’idée de soutenir ces groupes en les aidant à créer des entreprises viables et d’autres formes d’activités génératrices de revenus, grâce au renforcement des capacités, aux microcrédits et à l’accès aux marchés.  Le représentant a conclu en appelant les États à renouveler leur engagement au « Plus jamais ça ».

M. GEIR O. PEDERSEN (Norvège) a estimé que le désastre qui a frappé les Philippines dit toute l’importance d’élaborer au niveau local des plans de réduction du risque de catastrophe et de préparation en cas d’urgence.  Les conséquences du typhon auraient été pires encore si près de 700 000 personnes n’avaient pas été évacuées, a-t-il notamment fait observer.  Le message selon lequel la réduction des risques de catastrophes et la préparation permettent non seulement de sauver des vies mais sont aussi rentables a été dit partout.  On ne peut ne pas éviter les catastrophes mais leurs conséquences peuvent être moins désastreuses dans une communauté bien préparée.  Malgré cela, a-t-il dénoncé, les mesures de réduction du risque de catastrophe ne sont toujours pas bien financées et ne sont toujours pas systématiquement intégrées aux outils stratégiques et aux appels de fonds.

M. Pedersen a ensuite insisté sur l’accès humanitaire et la sécurité des agents humanitaires et de leurs infrastructures.  Il a rappelé les gouvernements à leurs obligations en la matière, et les exhortés à investir dans la préparation et la résilience.  Il s’agit après tout d’une question de priorité politique pour le bien de tous, y compris les pauvres et les vulnérables. 

M. GUILHERME DE AGUIAR PATRIOTA (Brésil) s’est félicité de ce que les projets de résolution dont est saisie l’Assemblée parlent de la reconstruction et du développement.  Les transferts d’argent, les achats de produits locaux et les filets de sécurité sociale sont tous des éléments positifs qui, entre autres, rendent plus efficaces les secours d’urgence.  Les dons d’argent, a-t-il dit, ont aidé les gens dans le besoin après une catastrophe ou un conflit.  Le Brésil est en effet attaché à une coopération humanitaire qui a pour but de contribuer à la réduction de la pauvreté et à la réalisation des objectifs de développement, a tranché le représentant.

M. MIGUEL CAMILO RUÍZ BLANCO (Colombie) a déclaré que, du fait de 40 années de conflits et de plusieurs catastrophes naturelles, son pays avait beaucoup appris, ce qui lui donne l’autorité nécessaire pour commenter avec conviction la résolution adoptée aujourd’hui par consensus.  Le consensus est fondamental pour la légitimité d’une résolution de ce type, a-t-il estimé, ajoutant que l’assistance humanitaire devait être fournie conformément aux principes d’humanité, de neutralité et d’impartialité et dans le respect du rôle principal de l’État affecté, à qui incombe le lancement, l’organisation, la coordination et la mise en œuvre de cette aide sur son territoire.  L’aide humanitaire doit donc être apportée avec le consentement et, en principe, sur la base d’une demande de l’État affecté.  De même, il est important que la coopération internationale serve à renforcer les mécanismes nationaux et locaux de coordination de l’assistance.

M. Ruíz Blanco a rappelé qu’aux termes de la résolution 46/182, l’accès humanitaire est soumis à une demande de la part de l’État affecté.  Un accès sans restriction ne garantit pas une aide humanitaire efficace, a-t-il affirmé, surtout si elle n’est pas coordonnée avec l’État affecté, dont les mécanismes ne doivent pas être considérés comme une ressource de dernier recours mais au contraire de première instance.  Le représentant a reconnu l’importance pour les Nations Unies de mettre en place des mécanismes de coordination interagences mais a ajouté qu’un tel processus devait être cohérent et s’articuler avec les programmes et plans de prévention.

La Colombie considère par ailleurs que l’aide humanitaire doit être apportée dans une perspective holistique et contribuer à reconstruire le tissu social et économique des populations affectées.  Il est également important d’assurer la transition de la réponse d’urgence vers le développement en prenant en compte les phases essentielles de réhabilitation et de reconstruction, a conclu le représentant.

M. MARWAN JILANI, Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), a fait observer que lors de son intervention, l’année dernière, il avait évoqué l’impact dévastateur du typhon Bopha sur les Philippines.  Cette année, le débat s’ouvre, une fois de plus, au moment même où les Philippines font face aux répercussions d’une catastrophe naturelle, le typhon Haiyan qui a eu un impact sur près de 15 millions de personnes, faisant plus de 4 millions de déplacés.  Le FICR a lancé un appel de fonds de 87 millions de francs suisses pour appuyer les efforts de secours et de redressement aux Philippines.

La majorité des catastrophes, a-t-il prévenu, sont d’origine climatique.  Leur impact peut être atténué et leur coût, humain et économique, diminué par de meilleurs investissements dans la préparation et la réduction des risques de catastrophes.  Selon un rapport récent de la Banque mondiale sur la résilience, les pertes provoquées par les catastrophes, entre 1980 et 2012, sont de 3 800 milliards de dollars.  Quatre-vingt-sept pour cent de ces catastrophes, soit 18 200 manifestations, 74% des pertes, soit 2 800 milliards de dollars, et 61% des pertes en vies humaines, soit 1,4 million de morts, étaient dus à des conditions climatiques extrêmes. 

Le représentant a indiqué que lors de la dix-neuvième session de son Assemblée générale, qui vient de s’achever à Sydney, la FICR a adopté la Déclaration de Sydney sur le programme de développement pour l’après-2015 qui appelle notamment les gouvernements à protéger l’environnement, à répondre à l’impact négatif des changements climatiques et à renforcer la résilience des groupes les plus vulnérables.

Le FICR est convaincu que les autorités nationales devraient investir de manière adéquate dans le renforcement de la résilience.  Elles ont aussi l’obligation de faire appel à l’assistance internationale lorsque l’ampleur de la catastrophe et les besoins des personnes touchées dépassent leurs capacités.

Le représentant s’est attardé sur le travail de sa Fédération pour aider les autorités à mettre en place la législation et les normes nécessaires, comme cela a été, une nouvelle fois, le cas aux Philippines. 

M. STÉPHANE BONAMY, Comité international de la Croix-Rouge, a plaidé en faveur de l’accès humanitaire.  En tant qu’organisation mandatée pour protéger les victimes des conflits armés, le CICR a absolument besoin de pouvoir accéder aux personnes affectées pour travailler correctement, a-t-il expliqué.  Or, dans certains contextes, cet accès est de plus en plus difficile et, parfois impossible, a dénoncé le représentant, qui a ajouté que les contextes extrêmement polarisés et politisés sont ceux dans lesquels une action humanitaire neutre et indépendante est encore plus nécessaire.

Le CICR est parfaitement au courant des controverses politiques sur la question de l’accès humanitaire mais, en tant qu’organisation humanitaire neutre, il refuse d’y prendre part, a déclaré le représentant.  En revanche, a-t-il poursuivi, le CICR soulève régulièrement la question du dialogue bilatéral avec les autorités afin d’entendre leur point de vue et trouver un consensus pour une action humanitaire réellement apolitique.  Le représentant a rappelé que les traités de droit international humanitaire contiennent de nombreuses dispositions régulant l’aide aux civils dans le besoin et qu’un des éléments qui leur est commun est le consentement des parties concernées.  Toutefois, a-t-il ajouté, un État ne peut refuser cet accès que pour des raisons valables, telles que des impératifs militaires absolus, ou encore s’il considère que l’aide n’est ni humanitaire ni impartiale, ni nécessaire, ou encore déjà fournie par d’autres acteurs.  Le refus de l’accès humanitaire n’est donc pas discrétionnaire, a-t-il affirmé.

Le CICR doit pouvoir établir un dialogue en toute confiance avec les forces militaires, les groupes armés et les autorités civiles, faute de quoi il ne pourra agir, a poursuivi le représentant.  Il a affirmé que l’expérience du CICR montre que le strict respect, par tout le Mouvement internationalde la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, des principes humanitaires est le meilleur moyen de pouvoir remplir son mandat.  Cela est vrai aussi pour les sociétés nationales, ce qui signifie que les gouvernements doivent laisser ces dernières travailler avec l’autonomie nécessaire.

L’action humanitaire ne peut pas prévenir ou résoudre par elle-même les problèmes humanitaires, a insisté le représentant, qui a rappelé à plusieurs reprises qu’en cas de conflit ce sont les parties –États ou groupes armés non étatiques– qui ont l’obligation juridique de respecter le droit international humanitaire et d’éviter les souffrances civiles inutiles.   Le CICR appelle donc toutes les parties à faciliter l’accès aux personnes dans le besoin.

Le représentant a par ailleurs dénoncé le trop fréquent mépris manifesté à l’égard du personnel médical et des installations médicales, dont les conséquences sont durables pour des populations entières.  Il a rappelé que le Mouvement internationalde la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge avait lancé en 2012 la campagne mondiale « halte à la violence contre les soins de santé », précisant que plus de 1 200 incidents affectant la fourniture de soins avaient été recensés dans 23 pays entre janvier 2012 et mai 2013, et avaient coûté la vie à 112 membres du personnel médical.  Il a appelé les gouvernements à prendre des mesures décisives pour mettre fin à ces violations du droit international humanitaire.

Le représentant a souhaité que le futur Sommet mondial de l’action poursuive dans la voie du système d’assistance humanitaire mis en place il y a 20 ans par la résolution 46/182, permette d’analyser en détail les évolutions actuelles de l’action humanitaire mondialisée et de déterminer des approches fructueuses pour résoudre les difficultés qui seront identifiées.  Notre objectif commun doit rester de renforcer le respect du droit international humanitaire et de fournir une protection efficace à toutes les victimes des conflits armés, a-t-il conclu.

Mme MICHELE KLEIN SOLOMON, Organisation internationale pour les migrations (OIM), a rappelé que son organisation fournit une assistance humanitaire vitale à des millions de personnes déplacées internes, réfugiées et à d’autres migrants affectés par différentes crises dans le monde.  L’aide humanitaire qui leur est apportée doit répondre aux besoins spécifiques des différentes catégories de population, a-t-elle ajouté.  Le cadre opérationnel de l’OIM face aux « crises de migrations » permet d’améliorer et de systématiser la réponse multidimensionnelle nécessaire, a affirmé Mme Klein Solomon.  Les multiples facettes des migrations exigent des partenariats et une coordination forte, qui permettent aussi de bâtir des solutions à long terme, a poursuivi Mme Klein, qui s’est félicitée des références faites dans la résolution sur l’assistance humanitaire.  L’OIM accorde une grande importance au rôle directeur des gouvernements nationaux et leur apporte son soutien a-t-elle ajouté. 

Les acteurs humanitaires et du développement doivent travailler ensemble pour réduire et gérer les risques de crises, et pas simplement répondre à leurs effets, a reconnu la représentante.  C’est pourquoi le développement à long terme, y compris par la réduction des risques de catastrophes, est essentiel pour réduire l’assistance humanitaire.  L’OIM considère comme essentiel le renforcement de la coopération durant toutes les phases d’une catastrophe, depuis l’aide d’urgence jusqu’au développement.  Elle a exprimé l’engagement de l’OIM en faveur du Sommet mondial d’Istanbul et de son processus préparatoire.

ADOPTION DE RÉSOLUTIONS

Aux termes de la résolution sur la sûreté et sécurité du personnel humanitaire et protection du personnel des Nations Unies (A/68/L.24),l’Assemblée générale engage tous les États à envisager de devenir parties aux instruments au Statut de Rome de la Cour pénale internationale et au Protocole facultatif relatif à la Convention sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé.

Elle prie le Secrétaire général de demander que les dispositions applicables de cette Convention ainsi que de celles sur les privilèges et immunités des Nations Unies et des institutions spécialisées soient prises en considération lors des négociations portant sur les accords de siège. 

L’Assemblée soulignequ’il importe de s’assurer que le personnel humanitaire ainsi que le personnel des Nations Unies respectent les coutumes et les traditions nationales et locales des pays où ils se trouvent et exposent clairement leur mission et leurs objectifs aux populations locales.  Elle prie le Secrétaire général de continuer à prendre les mesures requises pour que le personnel soit dûment informé des règles qu’il est tenu de respecter, notamment de celles qu’imposent la législation nationale et le droit international.

L’Assemblée se félicite de l’action que mène le Secrétaire général pour que tous les fonctionnaires des Nations Unies reçoivent la formation voulue en matière de sûreté et de sécurité etdes progrès accomplis pour améliorer le système de gestion de la sécurité des Nations Unies.  Elle engage le Secrétaire général à continuer de mettre au point des procédures propres à faciliter le déploiement de membres du personnel de sécurité des Nations Unies ayant les qualifications requises. 

L’Assemblée prie le Secrétaire général de continuer à renforcer, notamment par l’intermédiaire du Réseau interorganisations pour la gestion des mesures de sécurité, la coopération et la collaboration entre départements, organismes, fonds et programmes des Nations Unies et organisations internationales affiliées.  Elle prend note avec satisfaction des progrès enregistrés dans la mise en œuvre des recommandations du Groupe indépendant sur la sûreté et la sécurité du personnel et des locaux des Nations Unies dans le monde entier.  Elle prie le Département de la sûreté et de la sécurité du Secrétariat d’affiner l’analyse des menaces et de continuer à mettre en place un dispositif efficace, moderne et souple de gestion de l’information.

L’Assemblée souligneque, pour assurer le bon déroulement des opérations de sécurité au niveau des pays, il faut pouvoir compter sur un dispositif unifié concernant les politiques, les normes, la coordination, les communications, le respect des règles et l’évaluation des menaces et des risques, et se félicite des mesures prises à ce jour par le Secrétaire général.  Elle soulignequ’il faut améliorer la coordination entre l’ONU et les pays hôtes pour faciliter l’utilisation et le déploiement du matériel essentiel destiné à assurer la sûreté et la sécurité du personnel.

Par la résolution sur le renforcement de la coordination de l’aide humanitaire d’urgence fournie par les organismes des Nations Unies (A/68/L.25), l’Assemblée encourage les États Membres, le système des Nations Unies, les organisations humanitaires et les organismes de développement à continuer d’évaluer et d’améliorer, de concert avec d’autres parties prenantes concernées, y compris le secteur privé, les mesures permettant de détecter plus systématiquement les innovations et d’en faire bénéficier durablement l’action humanitaire, et de promouvoir le partage des meilleures pratiques et des enseignements tirés de l’expérience, y compris à l’occasion de catastrophes naturelles de grande ampleur, en matière d’outils, de procédures et de méthodes novateurs. 

L’Assemblée réaffirme qu’il importe d’appliquer le Cadre d’action de Hyogo pour 2005-2015: pour des nations et des collectivités résilientes face aux catastrophes et encourage les États, les organismes des Nations Unies et toutes les parties prenantes à poursuivre les consultations sur l’instrument appelé à succéder au Cadre d’action de Hyogo, auquel devrait aboutir la troisième Conférence mondiale des Nations Unies sur la réduction des risques de catastrophe, qui doit se tenir à Sendai (Japon), du 14 au 18 mars 2015.

L’Assemblée encouragele système des Nations Unies, les organisations humanitaires et les organismes de développement à continuer de s’efforcer d’intégrer systématiquement des activités relatives à la préparation et aux interventions et au relèvement rapides dans leurs programmes, reconnaît que ces activités devraient bénéficier de fonds supplémentaires et, à cet égard, engage tous ces acteurs à fournir, en temps opportun, des ressources suffisantes, prévisibles et utilisables avec souplesse, en recourant notamment aux budgets d’aide humanitaire et de développement en tant que de besoin.

L’Assemblée encourage la communauté internationale, y compris les organismes des Nations Unies compétents et la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, à appuyer les activités des États Membres visant à renforcer leurs capacités d’anticipation des risques et d’intervention.  Elle encourage donc aussiles États à instaurer un environnement propice au renforcement des capacités des autorités locales et des ONG nationales et locales, en vue de mieux les préparer à apporter en temps voulu une aide humanitaire efficace et prévisible, et engage les organismes des Nations Unies et les organisations humanitaires à soutenir ces efforts, notamment, par des transferts de technologie et d’expertise aux pays en développement et par un appui aux programmes ayant pour objet de développer les capacités de coordination des États touchés.

L’Assemblée demande aussi aux organismes humanitaires des Nations Unies d’étoffer la base de données de faits sur laquelle repose l’aide humanitaire en perfectionnant les mécanismes communs, en vue d’améliorer la qualité, la transparence et la fiabilité de leurs évaluations et de progresser encore vers la réalisation d’évaluations communes des besoins humanitaires.

L’Assemblée se félicite de l’initiative prise par le Secrétaire général d’organiser le premier Sommet mondial sur l’aide humanitaire, à Istanbul, en 2016, en vue d’échanger des connaissances et des pratiques optimales dans le domaine humanitaire afin d’améliorer la coordination, les moyens et l’efficacité des interventions humanitaires, et prie le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de faire en sorte que le processus préparatoire soit sans exclusive, consultatif et transparent.  Elle encourage les États Membres, dans le cadre du débat sur le programme de développement pour l’après-2015, à accorder l’importance qu’elle mérite à la réduction des risques de catastrophe, y compris le renforcement de la résilience, l’état de préparation aux niveaux national et local et les capacités d’intervention.

Aux termes de la résolution sur la coopération internationale en matière d’aide humanitaire à la suite de catastrophes naturelles: de la phase des secours à celle de l’aide au développement (A/68/L.27),l’Assemblée reconnaît que les changements climatiques mondiaux concourent, entre autres facteurs, à la détérioration de l’environnement, à l’intensification et à la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes, d’où un risque plus grand de catastrophes, et, à cet égard, encourage les États Membres ainsi que les organisations sous-régionales, régionales et internationales compétentes à soutenir l’adaptation aux effets négatifs des changements climatiques et à renforcer la réduction des risques de catastrophe et les systèmes d’alerte avancée.

Elle souligneque, pour accroître encore l’efficacité de l’aide humanitaire, un effort particulier doit être fait, dans le cadre de la coopération internationale, pour renforcer et élargir encore l’utilisation des capacités nationales et locales, ainsi que, le cas échéant, des capacités régionales et sous-régionales de préparation en prévision des catastrophes et d’intervention en cas de catastrophe. 

Elle encourage tous les intervenants concernés, dont les États Membres, à prendre les mesures nécessaires pour réduire et décourager l’envoi d’articles de secours non sollicités, inutiles ou inadaptés en cas de catastrophe.  Elle encourage aussi les États à adopter des mesures douanières propres à rendre plus efficaces les interventions.

L’Assemblée demande aux organismes compétents d’aide humanitaire et de développement des Nations Unies de renforcer les instruments et mécanismes existants pour faire en sorte que les besoins liés au relèvement rapide soient intégrés dans la planification et l’exécution des initiatives de préparation aux catastrophes, des interventions humanitaires et des activités de coopération pour le développement.

S’agissant de l’assistance au peuple palestinien (A/68/L.22), l’Assemblée générale prie instamment les États Membres, les institutions financières internationales du système des Nations Unies, les organisations intergouvernementales et non gouvernementales, régionales et interrégionales, « agissant en étroite coopération avec l’Organisation de libération de la Palestine et par l’intermédiaire des institutions de l’administration palestinienne », d’apporter aussi rapidement et généreusement que possible une assistance économique et sociale au peuple palestinien.

Elle se félicite, à cet égard, des réunions tenues les 19 mars et 25 septembre 2013 par le Comité spécial de liaison pour la coordination de l’assistance internationale aux Palestiniens.  Elle souligne aussi qu’il importe de donner suite aux résultats de la Conférence internationale sur le soutien à l’économie palestinienne pour la reconstruction de la bande de Gaza et demande aux donateurs qui n’ont pas encore converti en décaissement leurs promesses d’aide financière de bien vouloir transférer ces fonds aussitôt que possible.

Elle demande par ailleurs à la communauté internationale de fournir d’urgence l’assistance et les services nécessaires pour améliorer la situation humanitaire difficile dans laquelle se trouvent les femmes et les enfants palestiniens et leur famille et aider à la reconstruction et au développement des institutions palestiniennes concernées.  Elle demande aussi instamment aux États Membres d’ouvrir leurs marchés aux exportations palestiniennes aux conditions les plus favorables.

L’Assemblée générale souligne également qu’il faut que les deux parties appliquent intégralement l’Accord réglant les déplacements et le passage ainsi que les Principes convenus concernant le passage de Rafah, en date du 15 novembre 2005.

Pour ce qui est du renforcement de la coopération internationale et coordination des efforts déployés pour étudier et atténuer le plus possible les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl (A/68/L.21),l’Assemblée prie son président de convoquer, le 26 avril 2016, une séance extraordinaire commémorative marquant le trentième anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl.

Elle demande par ailleurs à la Coordonnatrice des Nations Unies pour la coopération internationale pour Tchernobyl d’organiser, en collaboration avec les Gouvernements du Bélarus, de la Fédération de Russie et de l’Ukraine, les organismes des Nations Unies, les pays donateurs et les autres organismes de développement, un examen des progrès accomplis durant la Décennie du relèvement et du développement durable des régions touchées (2006-2016) et d’envisager de nouvelles modalités de coopération internationale concernant Tchernobyl.

Droits de réponse

L’observateur de l’État de Palestine a dit que les activités humanitaires d’Israël ne sauraient changer les choses puisque c’est la dernière Puissance occupante de notre époque.  Israël commet les pires violations des droits de l’homme qui peuvent, à bien des égards, être considérées comme des crimes de guerre.  Ce ne sont pas des activités humanitaires « cosmétiques » qui réussiront à changer le fait que les territoires palestiniens sont occupés, a tranché l’observateur pour qui la seule solution est de mettre un terme à l’occupation et d’appliquer toutes les résolutions des Nations Unies. 

Mais il est clair que ce n’est pas l’option d’Israël, a-t-il dénoncé, en rappelant qu’en 1988, les Palestiniens ont accepté la création de l’État de Palestine sur 22% de leur territoire.  Mais, a-t-il accusé, 25 ans plus tard, Israël n’est toujours pas concerné par ce processus et continue d’entraver toute initiative de paix sérieuse.  Quand Itzhak Rabbin s’y est engagé, ils l’ont tué.  Quand Ehud Olmert s’est approché d’un traité de paix, ils l’ont écarté de la vie politique et si, a prévenu l’Observateur, la communauté internationale n’agit pas comme elle l’avait fait contre l’apartheid, la situation restera la même.  Quant aux questions sur les capacités des Palestiniens, il a répondu: mettez un terme à l’occupation, laissez-nous en paix et vous verrez que nos capacités sont sans limite.

À l’Arabie saoudite qui s’est exprimée hier, la représentante de la République arabe syrienne a demandé si l’argent évoqué était destiné à l’aide humanitaire ou à l’achat d’armes pour tuer le peuple syrien.  Devant ces « déclarations mensongères », la représentante a dit que l’intervention « barbare » dans les affaires de la Syrie est flagrante.  Elle a ironisé sur l’ignorance de l’Arabie saoudite et ses violations de la Charte.

Le représentant de la Turquie a dénoncé le fait que certaines délégations n’hésitent pas à abuser de la tribune de l’Assemblée générale et rejeté « les accusations d’une délégation ».  La Turquie continuera d’être aux côtés du peuple syrien pendant cette période difficile, a-t-il dit.

Son homologue d’Israël s’est dit choqué de la déclaration de l’observateur de la Palestine, y voyant beaucoup d’hypocrisie, de cynisme et de mensonges, alors qu’Israël s’est joint au consensus sur la résolution  relative aux Palestiniens.  A-t-on entendu un seul mot des Palestiniens sur la position d’Israël? a demandé le représentant, qui a également reproché aux Palestiniens de ne rien dire sur le fait que c’est le Hamas qui gouverne à Gaza.  Il a accusé les Palestiniens d’utiliser une réunion « professionnelle » pour faire avancer un agenda politique.  N’exploitez pas cette enceinte des Nations Unies avec autant de cynisme, pour votre propre propagande, a-t-il conseillé.

Rejetant toute idée de soutenir le terrorisme comme l’a affirmé la Syrie, le représentant de l’Arabie saoudite a souligné que son pays aide le « peuple frère » de la Syrie, avant d’énumérer les financements et facilités accordés par son pays.  Le régime syrien, a-t-il dit, devrait regarder la réalité en face et voir qui est vraiment en train d’annihiler le peuple syrien.  Le représentant a vu dans les propos de la Syrie, une tentative dénuée d’intérêt de détourner l’attention des évènements sur le terrain.

L’observateur de Palestine a jugé normaux les propos d’Israël, jugeant que c’est là la réaction de tout criminel démasqué et étayant ses dires par les vers du poète Mahmoud Darwish.

La représentante de la République arabe syrienne a jugé « honteux » les propos du représentant de la Turquie et sa « prétendue sympathie » à l’égard du peuple syrien alors qu’elle soutient le terrorisme contre la Syrie.  Elle a ensuite accusé la Turquie d’abriter Al-Qaida et d’autres organisations terroristes.

Son homologue d’Israël a répondu à l’observateur de la Palestine que la répétition du mensonge n’en fait pas une vérité.  Tous les problèmes en suspens seront réglés dans le cadre du dialogue direct entre Israël et les Palestiniens, dialogue en faveur duquel Israël est engagé.  Le représentant a rappelé que son pays s’était joint au consensus sur la résolution en faveur du peuple palestinien.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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