L’Assemblée générale revient sur « la réforme la plus large » de l’ECOSOC depuis 1991 en prévision du programme de développement pour l’après-2015

11 November 2013
AG/11452

L’Assemblée générale revient sur « la réforme la plus large » de l’ECOSOC depuis 1991 en prévision du programme de développement pour l’après-2015

11/11/2013
Communiqué de presse
AG/11452
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale                                        

Soixante-huitième session                                  

50e séance plénière - matin

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE REVIENT SUR « LA RÉFORME LA PLUS LARGE » DE L’ECOSOC DEPUIS 1991

EN PRÉVISION DU PROGRAMME DE DÉVELOPPEMENT POUR L’APRÈS-2015

L’Assemblée générale est revenue aujourd’hui sur « la réforme la plus large du Conseil économique et social (ECOSOC) depuis 1991 », portant, entre autres, sur le programme de travail d’un organe qui est appelé à jouer un rôle dans le programme de développement pour l’après-2015, date butoir pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  L’Assemblée examinait le rapport annuel de l’ECOSOC qui a été présenté par son Président, M. Néstor Osorio de la Colombie.

Dans « L’Avenir que nous voulons », le Document final de la Conférence Rio+20 sur le développement durable, les dirigeants du monde ont appelé au renforcement d’un des cinq organes principaux de l’ONU, l’ECOSOC qui, institué en 1946, est chargé de coordonner les activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies, soit 70% des ressources humaines et financières de l’ONU, dont 14 institutions spécialisées, 9 commissions techniques et 5 commissions régionales. 

S’est-il pleinement acquitté de son rôle? Non, répond le Secrétaire général dans son rapport, en imputant cet échec à la complexité croissante des enjeux, à la multiplication des arrangements multilatéraux et aux changements intervenus sur le plan économique.

Pour renforcer l’ECOSOC, il propose des transformations importantes et une refonte de ses méthodes de travail, en se fondant sur ses atouts latents et les organes subsidiaires et spécialisés de l’ECOSOC qui sont un vaste réservoir de connaissances qui peut faire du Conseil un « leader d’opinion ». 

Mais, prévient le Secrétaire général, ces changements prendront du temps et nécessiteront une volonté politique.  Il a été entendu.  Dès le 18 septembre 2013, soit deux mois après la session de fond annuelle de l’ECOSOC, l’Assemblée adoptait ce que le Président du Conseil a appelé aujourd’hui « la réforme la plus large de l’ECOSOC depuis 1991* ». 

Dans ce texte, l’Assemblée prie en effet l’ECOSOC de réaménager immédiatement son programme de travail en un cycle allant de juillet à juillet et de le faire reposer sur un thème principal qui sera arrêté au début de son cycle et choisi compte tenu de son rôle dans la promotion d’une intégration équilibrée des dimensions économique, sociale et environnementale du développement durable ainsi que du programme de développement pour l’après-2015.

Plus dynamique, l’ECOSOC renforcé tiendra toujours ses sessions de fond, considérablement réaménagées, mais il sera aussi habilité à convoquer des sessions extraordinaires et des réunions spéciales sur des questions urgentes.

La mise en œuvre intégrale de la résolution sera la priorité de l’ECOSOC, a assuré aujourd’hui son Président.  M. Néstor Osorio a également assuré que l’ECOSOC continuera aussi à examiner les progrès dans la réalisation des OMD et à contribuer à la formulation du programme de développement pour l’après-2015. 

Son homologue de l’Assemblée générale, M. John Ashe, a d’ailleurs mis l’accent sur les trois décisions prises, lors de la dernière session de fond de l’ECOSOC, pour la mise en œuvre des OMD et du futur programme de développement pour l’après-2015, à savoir: la nécessité d’une approche intégrée et non pas fragmentée, la nécessité d’un renouvellement du partenariat en faveur du développement et son suivi à tous les niveaux, et le fait que le programme pour l’après-2015 intégré supposera une action cohérente.

L’Assemblée générale, l’ECOSOC et le Forum politique de haut niveau sur le développement durable, qui forment une nouvelle architecture, sont bien positionnés pour contribuer au contrôle et à la redevabilité dans l’ère post-2015, a estimé le Président de l’ECOSOC.  

Avant le début de la réunion d’aujourd’hui, le Président de l’Assemblée générale a fait observer une minute de silence pour exprimer la douleur et la sympathie de la communauté internationale aux victimes, au Gouvernement et au peuple des Philippines après le passage du dernier typhon.

L’Assemblée générale se réunira mardi 12 novembre pour élire 7 membres du Comité du programme et de la coordination et 14 membres du Conseil des droits de l’homme. 

*A/RES/68/1

RAPPORT DU CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL

Rapport du Conseil économique et social (A/68/3)

Note du Secrétaire général sur le Prix des Nations Unies en matière de population pour 2013 (A/68/229)

Créé le 17 décembre 1981, le Prix des Nations Unies en matière de population est décerné chaque année afin de récompenser l’apport le plus remarquable à la sensibilisation de l’opinion aux questions de population ou à la mise au point des solutions aux problèmes qui se posent dans ce domaine.

Pour 2013, le Comité a reçu la candidature de 16 personnes et de 12 institutions et les lauréats que sont M. Jotham Musinguzi de l’Ouganda, médecin et spécialiste de la santé publique, et le Centre islamique international des études et recherches démographiques de l’Université Al-Azhar de l’Égypte.

Le Secrétaire général indique aussi qu’au 31 décembre 2012, le solde du Fonds d’affectation spéciale pour le Prix des Nations Unies en matière de population s’élevait à 1 756 527,72 dollars.  Les intérêts perçus en 2012 se montaient à 16 175,12 dollars.  En 2013, le montant des dépenses, y compris les prix décernés aux deux lauréats, s’est établi à 90 385,05 dollars.

Rapport du Secrétaire général sur l’application de la résolution 61/16 de l’Assemblée générale sur le renforcement du Conseil économique et social (A/67/736)

Dans ce rapport, le Secrétaire général fait des recommandations précises visant à transformer le Conseil en un organe intergouvernemental tourné vers l’examen des problèmes qui se posent, à forte intensité de connaissances et donnant leur juste place aux parties prenantes.  Il traite aussi de la nécessité de renforcer la cohérence des travaux des entités du Conseil, notamment en recentrant l’ordre du jour de ce dernier; en simplifiant son programme de travail; et en restructurant le calendrier de ses sessions.

Le rapport a été examiné à la session de fond du Conseil et a donné lieu à des projets de résolution soumis à l’attention de l’Assemblée générale.  Le Conseil, dit le rapport, dispose de plusieurs atouts: sa légitimité politique, son pouvoir fédérateur; ses connaissances grâce à ses organes subsidiaires et spécialisés, son statut de cadre multilatéral de mise en commun des pratiques optimales, des enseignements tirés et de responsabilisation mutuelle; et sa capacité de mobiliser le consensus concernant les priorités de développement mondiales.  Mais malgré ses atouts, le Conseil n’a qu’un faible rayonnement et guère d’impact et on lui a reproché de ne pas avoir bien su définir son ordre du jour.

Pour renforcer le Conseil, il faudrait commencer par simplifier et rationaliser son ordre du jour. Le Conseil pourrait opter pour une approche qui l’amènerait à aborder, à chaque session, un thème principal sur lequel toutes les entités compétentes des Nations Unies viendraient à se pencher, selon leurs domaines de spécialisation.   

Une approche ponctuelle des problèmes permettrait de donner une plus grande cohérence thématique aux travaux du Conseil, de ses commissions techniques et régionales et de ses autres organes subsidiaires.  Elle renforcerait les liens unissant le Conseil à ses organes subsidiaires et donnerait davantage de valeur au processus d’élaboration des politiques.

En se concentrant davantage sur les problèmes qui se posent, le Conseil pourrait élargir le rôle qu’il joue en tant que « leader d’opinion » et mettre à profit les connaissances et les expériences qu’il a accumulées pour guider le choix des programmes et l’élaboration des politiques.

Le Conseil doit investir activement dans l’acquisition de connaissances s’il veut rester pertinent et efficace dans un monde en évolution rapide, et s’il veut avoir l’autorité nécessaire pour surveiller l’application et le suivi des textes issus des grandes conférences et réunions au sommet organisées sous l’égide des Nations Unies dans les domaines économique, social et environnemental.

Le Conseil devrait aussi pouvoir convoquer des sessions extraordinaires dans les jours qui suivent une crise majeure, en appelant l’attention sur cette urgence et en mobilisant les parties prenantes afin qu’elles agissent.  Le Conseil devrait également s’attacher à mener des débats prospectifs, notamment des discussions consacrées à des problèmes d’ordre plus structurel.

Dans l’actuel contexte international mondialisé où tout est lié, il est souhaitable que le Conseil élargisse et approfondisse ses relations avec un plus grand nombre d’intervenants issus des milieux universitaires, de la société civile, des parlements, des autorités locales, du secteur privé et des groupes sociaux.

À l’ONU, le processus intergouvernemental qui porte sur les questions économiques et sociales est caractérisé par la double compétence, prévue par la Charte, de l’Assemblée générale (en particulier de ses Deuxième et Troisième Commissions) et du Conseil économique et social.  Afin d’assurer la cohérence et la complémentarité de leurs activités, ces deux organes pourraient envisager de principes directeurs et de modalités de travail spécifiques.  Les Présidents de l’Assemblée générale et du Conseil pourraient décider de tenir une réunion annuelle afin de favoriser la cohérence et la complémentarité de leurs travaux. 

Il importe que le Conseil économique et social et le Conseil de sécurité collaborent efficacement.  Les conflits et la violence constituent de graves obstacles au développement.  La collaboration entre le Conseil économique et social et le Conseil de sécurité peut notamment s’établir dans les domaines suivants: rapport entre la prévention des conflits et le développement et passage de la phase de secours après un conflit à celle du développement. 

De nombreux États Membres sont en outre favorables à une coopération étroite entre le Conseil économique et social et la Commission de consolidation de la paix, souligne le rapport qui estime qu’il faudrait aussi que le Forum politique de haut niveau fasse fond sur les acquis du système du Conseil.  Par ailleurs, les rapports qu’entretiennent le Conseil et les commissions régionales ont élargi la portée de leur coopération; pour autant, le mandat portant sur l’intégration des trois dimensions du développement durable, récemment convenu à la Conférence Rio+20, appelle une collaboration encore plus poussée.

Il faut aussi que les dirigeants des différents institutions spécialisées et le Président du Conseil s’entretiennent périodiquement, et que le Conseil envisage, avec les institutions de Bretton Woods, les modalités d’une collaboration plus soutenue afin de mieux coordonner les politiques macroéconomiques mondiales et d’en assurer la cohérence, et de mieux mettre en œuvre le programme de l’ONU en matière de développement.

Depuis sa mise en place, le Conseil a créé bon nombre d’organes subsidiaires, tels que les commissions techniques et régionales, et les organes d’experts.  Or la multiplication des organes a contribué au morcellement du paysage institutionnel.  Il faudrait qu’une vision et un programme communs, et des liens hiérarchiques clairement définis, guident les travaux des organes subsidiaires et leur servent de base solide afin de faire mieux connaître leurs activités et leur permettre d’avoir une plus grande incidence dans leur domaine de compétence.

Pour renforcer le Conseil en lui faisant axer davantage ses travaux sur les problèmes à régler, les États Membres ont revu son calendrier et ses méthodes de travail.  Dans ce rapport, le Secrétaire général juge aussi que le Conseil pourrait faire de la présidence une fonction à temps plein et lui consacrer les ressources humaines et financières nécessaires.

Déclarations liminaires

M. JOHN W. ASHE, Président de l’Assemblée générale, a déclaré que la réunion d’aujourd’hui vient compléter une séance d’information officieuse sur les travaux de l’ECOSOC tenue la semaine dernière.  Il a estimé qu’il fallait renforcer la mise en œuvre de la résolution 68/1 de l’Assemblée générale sur la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement(OMD) et la résolution sur le Forum de haut niveau.  Le rapport dont est saisie aujourd’hui l’Assemblée, met fin à un cycle très important de l’ECOSOC, marqué par de grands progrès dans le segment général et le segment humanitaire, a estimé M. Ashe, qui a constaté par ailleurs que le rapport appelle l’Assemblée générale à se prononcer sur un nombre important de sujets. 

M. Ashe a attiré l’attention sur les résultats obtenus lors de la session de fond de l’ECOSOC qui s’est tenue cet été à Genève, rappelant que trois décisions ont été prises pour la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement et du programme de développement pour l’après-2015, à savoir: la nécessité d’une approche intégrée et non pas fragmentée, la nécessité d’un renouvellement du partenariat en faveur du développement et son suivi à tous les niveaux, et le fait que le Programme intégré supposera une action cohérente.  Il s’agit d’un défi de taille à relever pour le programme de développement pour l’après-2015, a fait remarquer le Président de l’Assemblée générale, pour qui les réunions à venir de l’ECOSOC seront une occasion excellente pour toutes les parties prenantes de dialoguer pour former de concert ledit programme. 

M. NÉSTOR OSORIO, Président du Conseil économique et social (ECOSOC), a confirmé que l’année 2013 est une année importante pour l’ECOSOC.  Les efforts déployés ont abouti à l’adoption par l’Assemblée générale de la résolution 68/1 qui a consacré la réforme la plus large que le Conseil n’ait jamais entreprise depuis 1991.  Durant l’année 2013, le Conseil a traité de plusieurs moyens d’améliorer sa contribution au développement.  Il s’est concentré, en particulier, sur la conceptualisation de son rôle et sa contribution au programme de développement pour l’après-2015, y compris en envisageant son rôle potentiel dans le contrôle et la supervision de la mise en œuvre dudit programme.

Le Conseil s’est aussi concentré sur ses méthodes de travail et le contrôle de ses organes subsidiaires.  Il a également travaillé pour améliorer son interaction avec la Commission de consolidation de la paix et les Deuxième et Troisième Commissions de l’Assemblée générale.

L’ECOSOC continuera de se focaliser sur les thèmes substantiels qui sont liés à l’approche « durable » du développement comme en témoigne son dernier examen ministériel qui a porté sur la science, la technologie et l’innovation, le rôle de la culture, et la capacité de production, l’emploi et le travail décent.

Le Conseil continuera à approfondir son dialogue sur la coopération internationale pour promouvoir une plus grande redevabilité.

Le Président de l’ECOSOC a passé en revue la session de fond de l’ECOSOC qui s’est tenue au mois de juillet à Genève, et a estimé que, pour appuyer efficacement le nouvel agenda post-2015, l’ONU devra se montrer à la hauteur de la tâche.  Elle devra continuer de renforcer son rôle dans la facilitation du dialogue mondial et l’élaboration des politiques.  Elle devra également, verticalement et horizontalement, rationaliser le travail de tout son système, en particulier, en mettant en place de nouvelles normes mondiales.  Elle devra aussi approfondir son rôle de contrôle opérationnel et les liens entre les aspects normatifs et opérationnels du développement.

L’ECOSOC jouera son rôle, a promis le Président, en estimant qu’avec la nouvelle architecture, l’Assemblée générale, l’ECOSOC et le Forum politique de haut niveau sont bien positionnés pour contribuer au contrôle et à la redevabilité dans l’ère post-2015.  Mettre en œuvre les dispositions de la résolution 68/1 sera la priorité de l’ECOSOC, a-t-il promis, qui continuera aussi à examiner les progrès dans la réalisation des OMD et à contribuer à la formulation du programme de développement pour l’après-2015.

Débat conjoint

M. PETER THOMSON (Fidji), au nom du Groupe des 77 et la Chine, s’est félicité des réunions spéciales tenues récemment entre l’ECOSOC et les institutions de Bretton Woods, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), et celle sur la coopération fiscale, qui ont permis de mettre en lumière et renforcer les relations de l’ECOSOC avec ces différentes institutions.  Toutefois, le G77 et la Chine sont préoccupés par le fait que, quatre mois après la fin de la session de fond de l’ECOSOC, il n’ait pas été possible d’adopter plusieurs des projets de résolution.  Le Groupe exhorte le Président de l’ECOSOC à tout faire pour obtenir un consensus.  Il estime que l’ECOSOC doit se transformer en un organe intergouvernemental et insiste sur le rôle qu’il doit jouer pour éliminer la pauvreté et assurer le développement durable dans le cadre du programme de développement pour l’après-2015.  Le Groupe exhorte donc l’ECOSOC à renforcer sa coopération avec les autres organes intergouvernementaux, notamment le Forum politique de haut niveau.  Ceci permettra de faire de l’ECOSOC un organe capable d’assurer le suivi du programme de développement pour l’après-2015 et de faire face aux nouveaux défis.

M. ANTO ANTONY (Inde) a estimé que le Forum politique de haut niveau qui vient d’être créé doit favoriser une collaboration tournée vers l’action.  L’ECOSOC et le Forum auront tous les deux un rôle clef à jouer dans l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015.  Seule la croissance économique, a-t-il souligné, est capable de garantir l’élimination de la pauvreté et pour atteindre cet objectif, il faut un partenariat entre les pays développés et les pays en développement, un partenariat « authentique » et qui ait plus de sens.  Le programme de développement pour l’après-2015 doit être un programme dont le point central, a-t-il souligné, doit être une répartition plus équitable des ressources et des richesses parmi et au sein des nations.

M. Antony a passé en revue certaines des initiatives lancées en Inde pour promouvoir une croissance inclusive.  Une loi sur la sécurité alimentaire a récemment été adoptée, tandis qu’une autre mesure législative garantit aux pauvres des zones rurales au moins 100 jours de travail par an.  Le représentant a également fait savoir que la loi sur les crimes commis contre les femmes vient d’être renforcée.  Il a aussi expliqué que son gouvernement met les technologies de l’information et de la communication au service du développement inclusif et qu’il est en train d’offrir un système de cartes d’identité « unique » « dans le cadre de ce qui est sans doute le plus vaste programme au monde ».  Quelque 520 millions de personnes ont déjà été inscrites.  M. Antony s’est, par ailleurs, enorgueilli de ce que l’État du Kerala, dont il est originaire, avait réussi à réduire le taux de mortalité infantile à un niveau que « de nombreux pays riches n’ont même pas réussi à atteindre ».  Le projet « Zero Landless » permet en outre de fournir à l’ensemble des familles de l’État une parcelle de terre sur laquelle construire leur maison.

M. YURY YAROSHEVICH (Bélarus) a rappelé que l’ECOSOC et le Forum politique de haut niveau doivent systématiser les activités relatives au développement social, notamment au vu de l’approche de l’échéance de 2015.  Il a également estimé nécessaire d’établir une plus grande coopération entre l’ECOSOC, le G-20 et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), avant d’appeler les États Membres à envisager la création d’un organe subsidiaire de l’ECOSOC spécialisé dans le financement.  Le représentant s’est aussi dit favorable à des réunions entre l’ECOSOC et des experts des institutions de Bretton Woods, pour harmoniser leurs pratiques.

Le représentant a aussi appelé l’ECOSOC à se pencher sur le suivi de la mise en œuvre des obligations en matière de financement du développement et a proposé de prévoir un mécanisme similaire dans le mandat du Forum.  Il s’est félicité du dialogue avec les pays à revenu intermédiaire et a dénoncé l’absence de consensus sur la Déclaration ministérielle de 2013 sur le développement durable.

M. DMITRY I. MAKSIMYCHEV (Fédération de Russie) s’est dit extrêmement satisfait de la richesse du dialogue lors de la session de haut niveau de l’ECOSOC.  L’ECOSOC doit assumer la définition des priorités socioéconomiques mondiales dans le cadre du programme de développement pour l’après-2015, a-t-il estimé.  Les débats à l’ECOSCO ont réaffirmé que le renforcement des capacités dans les domaines de la culture, des sciences et des technologies constitue une condition sine qua non pour atteindre les objectifs de développement fixés au niveau international, a poursuivi le représentant, pour qui l’ECOSOC a permis de fixer les orientations des efforts futurs dans ce domaine.  Il a souhaité que les projets de résolution en cours de discussion puissent être adoptés en décembre.

L’ECOSOC dispose d’un potentiel unique pour assurer le suivi et une coordination efficace.  Le travail du Forum politique de haut niveau devra absolument partir de cette expérience unique, a déclaré le représentant.  L’ECOSOC a permis de contribuer à la réalisation des politiques de développement et d’améliorer leur efficacité opérationnelle.  Ceci doit rester une priorité de l’ECOSOC, a affirmé le représentant qui a aussi considéré que l’ECOSOC doit réaffirmer son rôle clef dans le suivi des conférences intergouvernementales sur le financement du développement. La Fédération de Russie est très satisfaite des réunions tenues avec l’OMC et les institutions de Bretton Woods. 

L’ECOSOC, a-t-il poursuivi, restera l’instance idoine pour discuter des problèmes de développement les plus actuels, tel que le contrôle des maladies non transmissibles.  Le représentant a dit attendre des propositions de fond sur la réorganisation des travaux de l’ECOSOC et a demandé que les organes de l’ECOSOC fonctionnent sans interruption durant la période de transition.  Il faut éviter une concurrence entre l’examen annuel ministériel et le Forum politique de haut niveau durant la période de transition, a encore estimé le représentant, qui a conclu en rappelant que  la Fédération de Russie souhaite voir l’ECOSOC fonctionner de manière aussi efficace que possible.

M. NURAN NIYAZALIEV (Kirghizistan) a indiqué que son pays avait participé pour la première fois en 2013 aux activités de l’ECOSOC en tant que membre à part entière et a vu dans cet organe une plate-forme de premier plan, en matière de dialogue politique, pour atteindre les priorités nationales des pays.

  Il a salué la réunion conjointe avec la Deuxième Commission sur le thème de la sécurité alimentaire et qualifié d’extrêmement fructueuses les réunions avec les institutions de Bretton Woods et la CNUCED.  Le représentant a ensuite jugé nécessaire de convoquer une réunion sur le thème de la dette, dans l’idéal au cours de la session actuelle.

M. Niyazaliev s’est par ailleurs félicité de l’adoption de la résolution 67/290 qui prévoit la création du Forum politique de haut niveau sur le développement durable. Il a néanmoins jugé nécessaire d’adopter des mesures pour assurer le renforcement mutuel et éviter les chevauchements entre l’ECOSOC et l’Assemblée générale. Il a aussi voulu que le thème des réunions ministérielles reflètent les efforts en cours pour élaborer le programme de développement pour l’après -2015.  Il a par ailleurs appelé l’ECOSOC à accorder une attention particulière aux pays dont la géographie les rend particulièrement vulnérables, notamment les pays enclavés avec un important couvert montagneux.

M. HUSSEIN HANIFF (Malaisie) a déclaré que l’élimination de la pauvreté et le développement durable constituent un défi permanent pour les gouvernements et le système multilatéral.  Le monde change rapidement et est confronté à des défis économique, social et environnemental qui ne peuvent être affrontés sans renforcer la coopération internationale.  À ce sujet, les dirigeants mondiaux ont déjà reconnu la nécessité d’un multilatéralisme efficace et d’arrangements intergouvernementaux effectifs y compris le renforcement de l’ECOSOC.  À cet effet, l’Assemblée générale a adopté en septembre une résolution comprenant la réforme de la plus grande portée que l’ECOSOC ait jamais connue depuis 1991.  Cette réforme, a rappelé le représentant, fera de ce Conseil un organe fort et orienté vers les problèmes, réactif aux pressions économiques, sociales et environnementales.  Il a ajouté que le principe de responsabilité commune mais différenciée devrait être confirmé par tous les États Membres et le système des Nations Unies dans la mise en œuvre du programme de développement pour l’après-2015.  Qui plus est, les activités du Forum politique de haut niveau établi par les résultats de la Conférence Rio+20 devraient compléter le travail de l’ECOSOC. 

S’agissant de la Malaisie, le représentant a indiqué que le Gouvernement a adopté des politiques macroéconomiques dans le cadre du Plan décennal de la Malaisie visant à une croissance économique forte, inclusive et équitable pour s’assurer que le pays reste sur les rails pour devenir une nation à haut revenu à partir de 2020.  Au niveau mondial, la Malaisie continuera de partager ses expériences et ses connaissances en matière de développement économique et social avec les autres pays, et en particulier avec les pays les moins avancés à travers des initiatives de renforcement de capacités.  Pour la Malaisie, les efforts contre la pauvreté devraient être l’objectif général du programme de développement pour l’après-2015.  Le représentant de la Malaisie a attiré l’attention sur le système e-Kasih qui, créé en novembre 2007, a reçu le prix Champion du service public des Nations Unies en 2012, pour sa contribution à l’éradication de la pauvreté.  Ce programme collecte les données au niveau national sur les familles pauvres et permet ainsi une répartition équitable de l’aide tout en empêchant les chevauchements entre les nombreux organismes gouvernementaux. 

M. YEVHENII TSYMBALIUK (Ukraine) s’est félicité des résolutions adoptées par l’Assemblée générale sur le renforcement de l’ECOSOC et sur le Forum politique de haut niveau sur le développement durable.  Ces résolutions devraient apporter une énergie nouvelle dans le processus de réforme de l’ECOSOC, qui pourra servir de mécanisme central de coordination du système de développement des Nations Unies.  Sa réforme est clairement liée à la réforme générale de l’architecture des Nations Unies pour un développement durable, a estimé le représentant, pour qui il doit y avoir une synergie entre le Forum politique de haut niveau sur le développement durable, l’ECOSOC et l’Assemblée générale.  Pour l’Ukraine, le Forum doit constituer une plate-forme de haut niveau pour la mise en œuvre et le suivi des objectifs de développement durable.  L’Ukraine se félicite également que la réforme de l’ECOSOC lui confère le rôle clef dans l’intégration durable des trois dimensions du développement durable.  Elle insiste également sur le rôle de l’ECOSOC dans le suivi des activités opérationnelles de développement.  L’Ukraine souligne aussi la pertinence du segment humanitaire de l’ECOSOC qui a apporté une importante contribution à la coordination et à l’efficacité de l’assistance humanitaire des Nations Unies. 

L’ensemble des réformes de l’ECOSOC reconnait l’importance de la dimension régionale du développement durable et le rôle des commissions économiques régionales des Nations Unies, a déclaré le représentant, qui a rappelé la tenue en 2013 de l’examen de la réforme de la Commission économique pour l’Europe dont le succès suggère que cette Commission régionale a satisfait les attentes de ses membres, a-t-il ajouté.  

Il reste néanmoins encore beaucoup à faire, a déclaré le représentant et notamment à veiller à ce que la période de transition ne dure pas trop longtemps.  Il est également essentiel que le Secrétariat accompagne cette réforme.  L’Ukraine attend avec intérêt les propositions du Secrétaire général pour que le Département des affaires économiques et sociales puisse mieux appuyer l’ordre du jour unifié de l’ECOSOC.  Nous ne devons pas perdre de vue l’objectif essentiel de la réforme de l’ECOSOC, qui est d’en faire l’instance principale chargée d’une autorité suffisante dans les questions sociales et économiques, a rappelé le représentant, qui a demandé que l’on accorde à l’ECOSOC les moyens d’accomplir ses tâches.

M. FAISAL AL-ADWANI (Koweït) a estimé que les obstacles qui entravent la réalisation des OMD doivent inciter les États Membres à appuyer les travaux de l’ECOSOC.  Il faut faire de la vision de Rio+20 une réalité, a insisté le représentant pour qui le renforcement des partenariats au sein du système onusien s’impose.  Afin de renforcer les trois piliers du développement, il a jugé nécessaire d’élaborer une stratégie globale qui mette l’accent sur la solidarité entre les générations, ainsi qu’entre les organisions gouvernementale et les ONG.  Il a expliqué que le Koweït avait institué un Fonds de réserve pour les générations futures financé par un pourcentage des revenus pétroliers, lequel est passé de 10% à 25%.

Le Koweït accorde des prêts assortis de conditions flexibles à près de 100 pays, et a également institué un fonds pour les petites et moyennes entreprises, un fonds pour une vie décente et un fonds pour les pays asiatiques qui est, a-t-il précisé, financé à hauteur de 300 millions de dollars.  Le représentant a annoncé que le Koweït présentera son rapport national au cours de la prochaine session de fond de l’ECOSOC.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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