L’Assemblée générale prolonge la Trêve olympique qui prendra fin sept jours après les Jeux paralympiques

6 novembre 2013
AG/11449

L’Assemblée générale prolonge la Trêve olympique qui prendra fin sept jours après les Jeux paralympiques

6/11/2013
Communiqué de presse
AG/11449
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale                                        

Soixante-huitième session                                  

44e & 45e séances plénières

matin & après-midi

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE PROLONGE LA TRÊVE OLYMPIQUE QUI PRENDRA FIN

SEPT JOURS APRÈS LES JEUX PARALYMPIQUES

L’Assemblée générale a adopté aujourd’hui sa résolution annuelle sur l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), après avoir décidé, dans la matinée, de prolonger la durée de la Trêve olympique à compter de sept jours avant l’ouverture des XXIIe Jeux olympiques d’hiver et jusqu’à sept jours après la clôture des XIe Jeux paralympiques d’hiver.

Jusqu’à présent, les États Membres étaient tenus de respecter la Trêve uniquement sept jours avant et après les Jeux olympiques.  À partir de 2014, ils devront observer la Trêve sept jours avant l’ouverture, le 7 février 2014, des Jeux olympiques de Sotchi et jusqu’à sept jours après la clôture, le 16 mars 2014, des Jeux paralympiques qui se dérouleront dans cette même ville russe.

Par l’adoption sans vote de la résolution* intitulée « Le sport au service de la paix et du développement: édification d’un monde pacifique et meilleur grâce au sport et à l’idéal olympique », qui a été présentée par le Président du Comité d’organisation des Jeux olympiques de Sotchi, l’Assemblée générale se félicite, dans le préambule du texte, que le 6 avril ait été proclamé Journée internationale du sport au service du développement et de la paix.

Le Président du Comité international olympique (CIO) a parlé du lien entre sport et politique et a surtout plaidé pour la nécessaire « autonomie responsable » des organisations sportives.  L’autonomie ne veut pas dire anarchie mais au contraire respect des lois nationales qui ne veulent pas abattre le sport pour des raisons principalement politiques.  Le sport lui-même n’est pas apolitique, a-t-il dit, mais il doit rester politiquement neutre, même s’il sait les implications politiques, économiques et sociales de ses décisions, en particulier lorsqu’il s’agit de choisir un endroit pour des manifestations importantes, et surtout les Jeux olympiques.

Dans le cadre de la relation entre sport et politique, il ne faut jamais perdre de vue, a insisté le Président du CIO, que le rôle du sport est de jeter des ponts et non d’ériger des murs.  C’est la raison pour laquelle, le CIO s’oppose aux boycotts, « fondamentalement contraires » à l’esprit sportif, surtout quand le sport est manipulé comme seul outil de boycott alors que les relations politiques, économiques et culturelles restent les mêmes.

Le Président du Comité d’organisation des Jeux olympiques de Sotchi a affirmé que ces Jeux deviendront le symbole du « dialogue constructif entre les peuples ».  La représentante des États-Unis a rappelé que tous les Jeux ont connu la participation de personnes de conditions différentes et d’origine différente, « y compris les personnes aux orientations sexuelles différentes ».  Celui d’Israël a voulu que l’on veille à ce que le sport ne soit pas détourné par « ceux qui sont au service d’idéologies fondamentalistes », faisant allusion au cas récent d’un joueur de tennis tunisien qui a reçu l’ordre de ne pas jouer contre un Israélien dans un tournoi en Ouzbékistan. 

Cette fois, a annoncé le Président du Comité d’organisation des Jeux de Sotchi, le parcours de la flamme olympique sera la plus longue de l’histoire, tant pour la durée, 123 jours, que pour la distance, 65 000 km.  Demain, la flamme sera propulsée dans l’espace extra-atmosphérique et fera, pour la première fois de l’histoire des Jeux, une sortie dans l’espace.

En prévision des Jeux de Tokyo en 2020, le représentant du Japon a indiqué que son gouvernement a lancé un vaste programme nommé « Le sport pour demain » qui devrait profiter à plus de 10 millions de personnes dans plus de 100 pays différents sur une période de sept ans.

La Fédération de Russie a exercé son droit de réponse en réaction à l’intervention de la Géorgie.

Après ce débat, l’Assemblée générale a achevé l’examen du rapport annuel de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) qui avait été présenté hier par le Directeur général de l’AIEA, M. Yukiya Amano.

Elle a adopté sans vote la résolution**qui avait été présentée hier par le Viet Nam, et dans laquelle elle réaffirme son appui au « rôle irremplaçable » de l’Agence dans les domaines de l’application pratique des utilisations de l’énergie atomique à des fins pacifiques, ainsi que dans les domaines du transfert de technologies aux pays en développement et de la sûreté, de la vérification et de la sécurité nucléaires.  Elle félicite par ailleurs le Directeur général de l’Agence pour sa reconduction à la tête de l’AIEA jusqu’en novembre 2017.

Les délégations ont entendu le représentant de l’Iran affirmer que la déclaration conjointe de son pays et de l’AIEA, qui a été publiée après les entretiens de Vienne des 28 et 29 octobre, au cours desquels l’Iran a présenté une nouvelle proposition sur des moyens pratiques de renforcer le dialogue et la coopération, ouvre un « nouveau chapitre » dans la coopération de l’Iran avec l’AIEA.  Hier, le Directeur général de l’AIEA a annoncé qu’il avait été décidé que l’AIEA et l’Iran tiendraient une nouvelle réunion, le 11 novembre à Téhéran.

Le représentant de la Syrie a dénoncé la subjectivité du rapport de l’AEIA tout comme son homologue de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) qui a aussi exercé son droit de réponse.

L’Assemblée générale poursuivra ses travaux demain, jeudi 7 novembre, à partir de 10 heures, avec l’examen de la question de la représentation équitable au sein du Conseil de sécurité.

* A/68/L.8

**  A/68/L.10

LE SPORT AU SERVICE DE LA PAIX ET DU DÉVELOPPEMENT: ÉDIFICATION D’UN MONDE PACIFIQUE ET MEILLEUR GRÂCE AU SPORT ET À L’IDÉAL OLYMPIQUE: PROJET DE RÉSOLUTION (A/68/L.8

Déclarations

M. DMITRY N. CHERNYSHENKO, Président du Comité d’organisation des XXIIe Jeux olympiques d’hiver et des XIe Jeux paralympiques d’hiver de Sotchi, a affirmé que les Jeux de Sotchi deviendront le symbole du dialogue constructif entre les peuples.  Il a expliqué que son pays s’était fixé pour objectif d’organiser des Jeux novateurs qui exprimeront le « caractère » de la « nouvelle Russie moderne » et qui seront capables d’engendrer des changements positifs durables.  L’organisation de ces Jeux a donné de l’élan au développement du « phénomène important » du bénévolat et crée un environnement favorable à la réalisation du développement durable.

Le Président du Comité d’organisation a fait savoir que la Colonie des générations pour la paix internationale, qui se tient à Sotchi depuis 2011, se réunira à nouveau pendant les Jeux paralympiques de 2014.  La ville de Sotchi a également accueilli, en 2012 le Forum sur le sport au service de la paix, et des milliers d’évènements ont par ailleurs été organisés dans l’ensemble du pays au cours des quatre dernières années.  M. Chernyshenko a ajouté que « l’Olympiade culturelle » avait réussi à préserver et promouvoir la richesse culturelle de la Fédération de Russie.

M. Chernyshenko s’est ensuite attardé sur l’organisation de « cours olympiques » auxquels ont participé plus de cinq millions de lycéens du pays.  La toute première Université olympique internationale russe a ouvert ses portes et formera les représentants des 205 comités nationaux olympiques.  Il a précisé que des étudiants originaires de 15 pays différents avaient participé à son premier cycle d’enseignement.

Le Président a également indiqué que les Jeux de Sotchi avaient servi de catalyseur à l’envol du bénévolat, rassemblant des centaines de milliers de volontaires.  Il a ajouté que les centres de bénévolats de Sotchi avaient déjà mis en œuvre plus de 3 000 projets et que suite à ces initiatives, la Fédération de Russie a été propulsée au huitième rang du World Giving Index de 2012.  M. Chernyshenko s’est aussi félicité du fait que pour la première fois dans l’histoire des Jeux olympiques, les Jeux de Sotchi sont l’occasion de faire participer des étudiants bénévoles à l’élaboration d’une résolution sur la Trêve olympique.  Il s’est également enorgueilli du fait que le parcours de la flamme olympique sera la plus longue de l’histoire olympique, tant pour la durée, qui sera de 123 jours, que pour la distance, qui sera de 65 000 km.  Demain, la flamme sera propulsée dans l’espace extra-atmosphérique et fera, pour la première fois de l’histoire des Jeux, une sortie dans l’espace.

Mme RAJKUMARI RATNA SINGH (Inde) a fait savoir que le sport et l’activité physique sont une partie intégrale de la civilisation indienne, grâce, notamment à la pratique du yoga qui, s’est-elle félicitée, est dorénavant populaire dans le monde entier.  L’éducation physique et le sport ont été intégrés au programme officiel d’enseignement dès le premier plan quinquennal, après l’indépendance, en 1947.  La politique nationale du sport a ensuite été définie en 1984, en encourageant l’autonomie des fédérations sportives, à commencer par le Conseil du cricket.

Mme Singh a vu dans le sport l’outil le plus efficace pour réaliser les objectifs de la santé, de l’éducation et du développement de l’enfant.  Il faut, a-t-elle dit, plus d’efforts pour ancrer dans le système de l’ONU la notion du sport au service du développement.  Elle s’est enorgueillie du fait que « la star du tennis indien », Vijay Amritraj, est un Messager de la paix et que le « héros du cricket », Sachin Tendulkar, est l’un des ambassadeurs de bonne volonté du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

M. CHANDRA TIRTA WIJAYA (Indonésie) a déclaré que le sport contribue traditionnellement à des relations pacifiques entre les peuples.  Dans ce contexte, l’Indonésie salue les résolutions par lesquelles les États Membres reconnaissent ce potentiel unique du sport à promouvoir la paix et le développement ainsi que sa contribution à la tolérance et à la compréhension mutuelle entre les peuples.  Les traditions de la Trêve olympique et de l’idéal olympique doivent être préservées.

Le représentant a estimé que le sport pouvait être un moyen efficace de passer des messages sur des questions d’éducation, de santé, d’intégration sociale, d’égalité des sexes, de consolidation de la paix, et de prévention des conflits, de relèvement, de normalisation de la vie, de développement et d’environnement.  Le sport peut ainsi contribuer à une large action de soutien aux Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

L’Indonésie, a-t-il indiqué, a un Ministère de la jeunesse et des sports et plusieurs journées nationales reflètent l’engagement à créer une culture sportive.  Au plan international, l’Indonésie participe à l’initiative du Groupe des Amis du sport pour la paix et le développement et est coauteur de la résolution adoptée aujourd’hui.

Mme ISABELLE PICCO (Monaco) a rappelé que les Jeux olympiques suscitent toujours une vive émotion et une grande joie, et ce, en dépit des conflits qui perdurent.  La noble vocation de la Trêve nous rappelle lors des Jeux notre attachement aux buts et principes de la Charte des Nations Unies et de la Charte Olympique.  Ils promeuvent aussi les valeurs intrinsèques au sport, du dépassement de soi, du respect de l’autre et du rapprochement des cultures, a-t-elle dit. 

Elle a ajouté que les partenariats entre l’ONU et le Bureau des Nations Unies pour le sport au service du développement et de la paix, le Comité international olympique (CIO), et les organisateurs des pays hôtes des Jeux olympiques sont prometteurs.  Ils nous incitent à rechercher toutes les contributions possibles au grand dessein qui nous anime: réaliser un monde pacifique et meilleur.

Pour les participants, les spectateurs et les amoureux du sport, les Jeux olympiques ne se limitent pas à la compétition ou à la recherche d’un record.  Chaque olympien prend part à une gigantesque aventure humaine et communie avec des milliers d’autres athlètes, de tous les horizons et de toutes les cultures.  Le sport est avant tout un voyage humain.  En soi-même, d’une part, pour aller au delà de ses limites et vers les autres, d’autre part, car l’essentiel n’est pas nécessairement de l’emporter, mais de participer dans le respect de l’autre, a-t-elle conclu.

M. MOHAMED KHALED KHIARI (Tunisie) a vu dans le sport un moyen de renforcer la paix car, a-t-il fait observer, il transcende les limites géographiques et sociales et permet de renforcer les liens d’amitié par la tolérance.  Le représentant a mis l’accent sur l’interdépendance entre le sport et les droits de l’homme et le rôle que cela joue, selon lui, en matière de promotion du développement.  Il a également mis l’accent sur les contributions du sport à l’éducation et à la santé et a remercié les États Membres pour avoir su observer la Trêve olympique.

M. RODOLFO REYES RODRÍGUEZ (Cuba) a déclaré que le sport était un élément essentiel des relations pacifiques entre les nations.  Après 1959, le sport est devenu un droit pour chaque Cubain, comme en atteste la politique du sport qui a été mise en place et qui a permis à des Cubains de remporter de nombreux succès dans les jeux internationaux, y compris les Jeux olympiques où Cuba, bien que petite nation, brille par son classement.

L’activité athlétique ne vise pas que l’argent, a dit le représentant, qui a dénoncé le « vol des talents » dont sont victimes les pays en développement.  Il a rappelé que son pays mettait à la disposition d’autres pays du Sud, les compétences de son Institut national du sport et celles de son Centre de médecine sportive et de son laboratoire antidopage.  Le représentant s’est félicité du choix de Sotchi pour les prochains Jeux olympiques d’hiver et de Rio pour les Jeux d’été de 2016.  Ce dernier choix représente un succès pour tous les pays du Sud, s’est-il réjoui.

M. MICHEL SPINELLIS (Grèce) a rappelé la tradition de la Trêve olympique des temps anciens dont le but était de permettre aux athlètes d’arriver dans les stades sains et saufs.  C’est ce concept, qui a duré plus de 1 200 ans, qui a inspiré le Baron de Coubertin, a rappelé le représentant.  Son initiative a pavé la voie de la concrétisation de la Trêve olympique dans les jeux modernes.  De nos jours, a-t-il continué, mettre l’accent sur la paix est devenu une caractéristique majeure de l’idéologie olympique et la fondation du Centre international pour la Trêve olympique a donné un nouveau dynamisme à cette idéologie. 

Plus important encore, le fait que la Trêve olympique ait fait l’objet de la résolution 48/11 en 1993, a donné un rôle distinct à cet idéal puisque les Nations Unies et le Mouvement olympique partagent désormais les mêmes valeurs et objectifs.  Il est de notre devoir de continuer d’annoncer la Trêve olympique et de ne ménager aucun effort pour sa mise en œuvre, a exhorté le représentant.  Il a, en outre, estimé que la Trêve olympique devrait être élargie sept jours avant et sept jours après les Jeux.  S’agissant des Jeux olympiques d’hiver de Sotchi en 2014, il a rappelé que le devoir de la communauté internationale est d’observer la Trêve et de faire en sorte que la paix soit réalisable.

Mme WAFIQA AL-MULLA (Koweït) a vu dans le sport un instrument de paix et de relations amicales entre les nations, capable d’éloigner l’hostilité et la guerre, comme « source de paix et de cordialité ».  Comme il faut donner aux jeunes la chance de s’épanouir, le Koweït a créé un organe spécial pour favoriser leur participation aux activités sportives.  Le pays s’est efforcé de lever toutes les barrières qui entravent l’accès des femmes au sport et a organisé dans la région le tout premier tournoi de Golfe pour les femmes et auquel, a-t-elle précisé, ont participé cinq pays.  Des athlètes féminines koweïtiennes ont également pris part aux Jeux olympiques de Londres, a-t-elle souligné.

M. HAROLD LEE TIEN LOONG (Singapour) a estimé que le sport représente un moyen de rassembler les peuples dans la quête de l’excellence, transcendant les différences créées par les origines socioéconomiques, culturelles et nationales.  Singapour a accueilli en 2010 les Jeux olympiques de la jeunesse, qui ont été une source d’inspiration pour le pays, qui continuera de faire tout son possible pour développer une culture sportive forte, notamment grâce au plan Vision 2030.  Nous estimons que le sport peut contribuer à la cohésion sociale et à la force économique de Singapour, a déclaré le représentant.

Le sport représente plus que les médailles et la bonne santé, a poursuivi M. Tien Loong.  Par sa nature, le sport développe les qualités nécessaires pour appréhender un monde en constante mutation à savoir, le goût de la victoire, le respect du travail en équipe, l’engagement en faveur du leadership et l’amour de son pays. . Ce sont là des principes que nous voulons voir fermement enracinés dans l’ensemble de la société singapourienne et pas seulement dans ses athlètes, a dit le représentant.  Singapour accueillera les vingt-huitième Jeux asiatiques en 2015, date qui correspondra au cinquantième anniversaire de l’indépendance et aura de ce fait une valeur historique, a encore déclaré M. Tien Loong, qui a conclu en présentant ses vœux de réussite à la Fédération de Russie pour l’organisation des Jeux olympiques d’hiver de Sotchi.

Mme ELIZABETH COUSENS (États-Unis) a attiré l’attention sur le libellé de la résolution faisant mention de l’inclusion et la participation de tous.  Cette inclusion, a dit la représentante, comprend la participation de toutes les personnes sans aucune distinction qu’elle soit fondée sur la race, les origines ou les orientations sexuelles.  Elle fait aussi appel à un esprit de respect mutuel et de tolérance, a-t-elle dit.  Elle a rappelé que les Jeux olympiques ont toujours connu la participation de personnes de conditions différentes et d’origine différente, y compris les personnes aux orientations sexuelles différentes

M. CHIBAULA DAVID SILWAMBA (Zambie) a déclaré que le sport, qui ne connait ni race, ni religion, est un unificateur de l’humanité qui a été utilisé en Zambie comme loisir, mode de vie saine et médium important pour transmettre des messages au service de la vie, notamment auprès de la jeunesse.  La Zambie considère en outre le sport comme un moyen de promouvoir l’égalité des sexes et invite les femmes et les filles à participer davantage aux activités sportives.  On voit ainsi des femmes remporter davantage de titres et dans des sports comme la boxe, autrefois considérée comme exclusivement réservée aux hommes.

Dans un monde frappé par le chômage, le sport crée indiscutablement des emplois, notamment pour les jeunes, a déclaré le présentant. Pour encourager le sport en Zambie, les parlementaires zambiens, tous partis confondus, participent régulièrement à des tournois de football ou autres activités sportives.  Ils ont d’ailleurs organisé des tournois avec des diplomates en poste en Zambie et des équipes de parlementaires d’autres États de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).  Le représentant a rappelé que le Comité international olympique a créé à Lusaka un centre de développement auquel participent plus de 10 900 enfants âgés de 10 à 17 ans, dont près de 4 300 filles.  Le Centre a déjà été visité par des milliers de jeunes d’autres pays et a accueilli diverses compétitions sportives.  Le Secrétaire général de l’ONU et le Président du CIO l’ont visité en 2012, a rappelé le représentant, qui a appelé les partenaires à faire en sorte que le Centre reste un centre d’excellence à reproduire ailleurs dans le monde.

M. HUSSEIN HANIFF (Malaisie) a déclaré que le sport est comme une langue commune, comprise par tous, jouant un rôle social de promotion de l’intégration sociale et du développement économique, des liens sociaux, de la paix, de la fraternité, de la solidarité, de la non-violence, de la tolérance et de la justice.  La Malaisie a établi un plan stratégique 2010-2015 qui a pour objectif de cultiver le slogan « Un esprit sain dans un corps sain ».  Ce plan veut inculquer la culture du sport, le développement du sport de haut niveau et l’appréhension du sport comme industrie.  Les efforts de la Malaisie s’inscrivent dans ceux de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) pour le développement du sport, a indiqué M. Haniff.

Le sport ne peut seul prévenir les conflits ou bâtir la paix mais il peut contribuer aux interventions de la consolidation de la paix, en imprimant une atmosphère de tolérance et de compréhension entre les peuples et les nations.  À travers la collaboration et la coopération, les gouvernements devraient renforcer leurs efforts pour rendre le sport à même de contribuer aux défis du développement, a conclu le représentant.

M. DAVID ROET (Israël) a jugé intéressant que le sport, qui mène des individus à se confronter, transcende les différences et favorise la coopération, l’amitié et la compréhension mutuelles.  Il a rappelé que des centaines d’ONG dans le monde utilisent le sport contre les différences culturelles et la haine.  En Israël, le Centre Peres pour la paix a été créé dans cet esprit, afin de réunir les peuples du Moyen-Orient dans une amitié véritable.  M. Roet a aussi parlé des Écoles jumelées sport et paix, le plus ancien projet en matière de sport dans la région, qui accueille chaque année près de 2 000 enfants israéliens et palestiniens sous une même bannière dans des communautés jumelées, pour favoriser l’écoute et le respect mutuels.

Malheureusement, toutes les manifestations sportives ne sont pas marquées par de tels idéaux, a poursuivi le représentant, qui a rappelé le massacre commis contre la délégation israélienne aux Jeux de Munich en 1972.  Il a regretté que le CIO ait refusé, à cette époque, de faire observer une minute de silence et a rappelé que son pays continue de subir des préjugés sportifs, citant le cas récent d’un joueur de tennis tunisien qui a reçu instruction de ne pas jouer contre un Israélien dans un tournoi en Ouzbékistan.  Il faut veiller à ce que le sport, qui porte avec lui des concepts de paix, d’harmonie et de tolérance, ne soit pas détourné par ceux qui sont au service d’idéologies fondamentalistes, a-t-il averti. 

M. Roet a également parlé de l’organisation Mifalot, qui a été présentée comme la plus importante organisation de promotion de la paix et du développement par le sport au Moyen-Orient, avec plus de 300 programmes qui exploitent la popularité du football pour bâtir des communautés de compassion et d’union.  Mifalot, a-t-il expliqué, vient en aide à des milliers de gens qui ont des besoins sociaux, par exemple en accueillant les nouveaux immigrants ou en organisation des cours de gestion.  Mifalot contribue aujourd’hui au changement social dans des pays aussi divers que la Jordanie, le Rwanda, Haïti ou le Nigéria.

M. KAZUYOSHI UMEMOTO (Japon) a déclaré que le sport a la capacité de connecter la planète.  Le sport, a-t-il ajouté, est capable d’unir et d’inspirer les populations d’une manière qui transcende des différences telles que la nationalité, l’ethnicité, le sexe et les affiliations politiques.  Il a appelé la communauté internationale à promouvoir le sport et à le rendre disponible et accessible pour tous.  Il a souligné que les femmes et les personnes handicapées doivent être en mesure de pouvoir profiter des mêmes bienfaits et des mêmes joies du sport.  Le représentant a dit être fermement convaincu que les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver qui se dérouleront à Sotchi permettront de réaliser les idéaux et les objectifs de la résolution présentée aujourd’hui.

M. Umemoto a indiqué qu’en prévision des Jeux de Tokyo de 2020, le Japon s’est engagé à contribuer au « Mouvement olympique » grâce à un nouveau programme, « Le sport pour demain », lequel cible plus de 10 millions de personnes dans plus de 100 pays différents sur une période de sept ans.  Le Gouvernement du Japon a l’intention d’améliorer les installations sportives, de déployer des entraîneurs et des athlètes et de renforcer la conception des programmes d’éducation sportive.  Un programme sur invitation permettra en outre d’améliorer la formation des ressources humaines dans le domaine du sport.  Le Japon participera aussi au renforcement des activités internationales de lutte contre le dopage.  Le représentant a indiqué que la ville de Tokyo accueillera, au mois de janvier 2014, la colonie du Programme de leadership des jeunes du Bureau des Nations Unies pour le sport au service du développement et de la paix.

M. NEGASH KEBRET (Éthiopie) a déclaré que le sport est devenu un phénomène universel et un langage de communication qui peut jouer un rôle positif dans les relations humaines, qu’elles soient nationales ou internationales.  Il est admis depuis longtemps que le sport peut être un facteur de la réalisation des objectifs de paix et de développement.  L’Éthiopie a fait du sport une de ses priorités en matière de développement, a affirmé le représentant, qui a expliqué que son pays a adopté une politique nationale du sport assortie de plans stratégiques.  L’objectif est de garantir la participation de toutes les communautés aux sports traditionnels et modernes et d’obtenir des grands résultats au plan international.  Toutefois, permettre à chacun d’exercer son droit de participer aux activités sportives et de loisir suppose des investissements considérables, a déclaré M. Kebret, qui a regretté que peu ait été fait pour créer des partenariats significatifs dans le domaine du sport.  Il a donc appelé la communauté internationale, les partenaires sportifs et les autres acteurs à mettre en place de tels partenariats.  

Mme RITA KAZRAGIENĖ (Lituanie), au nom de l’Union européenne, a déclaré que la résolution met au premier plan le lien indispensable entre sport et paix.  L’Union européenne partage l’idéal olympique et fera tout pour que la Trêve olympique soit respectée. Le sport porte un idéal de paix et la notion de trêve olympique donne une occasion de contribuer à la paix et à la sécurité internationales.  La résolution adoptée cette année prolonge cette Trêve d’une semaine avant et d’une semaine après les Jeux olympiques.  Elle appelle aussi les pays hôtes à promouvoir la cohésion sociale et à lutter contre toutes les formes de discrimination, grâce aux volontaires, a estimé la représentante.

Mme EMILIA GATTO (Italie) a appelé les États Membres à faire de leur engagement en faveur de la Trêve olympique une réalité.  Elle s’est félicitée de ce que contrairement aux résolutions passées, le texte présenté aujourd’hui prévoit de prolonger la durée de la Trêve, conformément à la tradition grecque.  L’Italie croit fermement que le sport est un outil puissant pour promouvoir la paix et le développement et, l’année dernière, la « F.C. Internazionale » a lancé une initiative à but non lucratif dont la finalité est de restituer aux jeunes défavorisés dans 24 pays du monde, leur droit de jouer au football et de réapprendre le travail d’équipe et le fairplay.  Le programme s’occupe aussi de la santé et de l’éducation.

M. EVGENY LAZAREV (Bélarus) a estimé que la résolution adoptée aujourd’hui doit servir de base au respect de la Trêve olympique.  Il a dénoncé la politisation du sport et des Jeux olympiques et a regretté que les derniers Jeux olympiques d’été aient démontré que tous les États ne sont pas prêts à respecter les principes olympiques.  Il s’est dit convaincu que les Jeux olympiques d’hiver, qui se dérouleront à Sotchi en 2014, contribueront au bonheur dans le monde.

M.YEVHENII TSYMBALIUK (Ukraine) a indiqué qu’une approche holistique multisectorielle du sport peut aider à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, y compris la santé et l’éducation.  Guidée par les idéaux olympiques, l’Ukraine se sert du sport pour la réhabilitation et l’inclusion sociale des personnes handicapées, a ajouté le représentant.  Le Gouvernement a créé le centre d’éducation physique et sportive des personnes handicapées dans 27 régions, avec 106 bureaux et 27 écoles de sports pour enfants handicapés.  Plus de 51 000 personnes handicapées pratiquent le sport et se servent de ces infrastructures pour leur réhabilitation, a dit le représentant.

Au niveau international, l’Ukraine et la Pologne ont organisé l’année dernière le championnat d’Europe de football.  En 2013, l’Ukraine a abrité le trente-deuxième championnat du monde de gymnastique rythmique ainsi que le championnat du monde des jeunes de boxe et d’athlétisme.  En 2015, le pays accueillera le championnat d’Europe de basketball, a-t-il dit, avant d’indiquer que le Gouvernement et les comités nationaux olympiques ont déclaré, le mardi 5 novembre, leur intention d’organiser les Jeux olympiques et paralympiques de 2022 à Lviv sur le thème « Espoir olympique 2022 ».

Mme TANISHA HEWANPOLA (Australie) s’est dite heureuse de coparrainer la résolution.  L’Australie est une nation sportive qui a accueilli les Jeux olympiques et qui apprécie la contribution du sport et de l’olympisme au dépassement de toutes les barrières entre les hommes.  Les Jeux olympiques ont un rôle important à jouer dans l’intégration et la cohésion sociales car ils permettent d’inculquer des valeurs de respect et de lutte contre les discriminations, y compris celles basées sur l’orientation sexuelle.  L’Australie participera aux Jeux olympiques et paralympiques de Sotchi, a conclu la représentante.

M. MUSTAFA ELHOSSEIN ELSHAREEF (Soudan) a dit que toutes les formes de sports ont, de tout temps, joué un rôle important et efficace pour rapprocher les peuples et les nations.  Le sport promeut les valeurs de la patience, du respect de l’autre et de l’effort.  Tous les gouvernements se sont servis du sport pour la promotion de l’entente, de la tolérance et du respect et pour canaliser les forces de la jeunesse, a-t-il encore indiqué.  Concernant les Jeux olympiques de Sotchi de 2014, le Soudan prend acte de la création de l’Université olympique de Sotchi, a conclu le représentant.

« Les principes olympiques sont les principes des Nations Unies », a déclaré M. THOMAS BACH, Président du Comité international olympique (CIO), et ces liens ont encore été renforcés le jour où l’Assemblée générale a accordé au CIO le statut d’Observateur permanent.  Les liens entre ces principes ont toujours été vrais, a-t-il dit, en expliquant que la « trêve sacrée », la Trêve olympique, est fondée sur la tradition qui a suivi un accord entre trois rois grecs.  Les Jeux olympiques étaient alors la seule chose qui liait les Grecs à une époque où n’il y avait pas d’unité politique. 

La Trêve marquait la fin des hostilités entre les villes-États, avant, pendant et après les Jeux, de manière à ce que les athlètes et les spectateurs puissent se rendre à Olympie puis rentrer chez eux en toute sécurité.  Cela montre qu’il y a des milliers d’années, le lien entre sport et politique existait déjà.  Ce partenariat a pris une toute autre dimension aujourd’hui puisqu’à l’époque, ce n’était que trois villes-États qui se mettaient ensemble.  Or, nous avons aujourd’hui 193 États et 204 Comités olympiques. 

Le CIO est d’abord et avant tout une organisation sportive et le sport est sa première priorité.  Le sport, a affirmé le Président, est le seul domaine de l’existence humaine à avoir atteint ce que la philosophie politique appelle « loi universelle » et ce que la philosophie morale nomme  « éthique mondiale ».

Mais, a prévenu M. Bach, pour appliquer cette « loi universelle » partout dans le monde et propager ses valeurs, le sport a besoin d’une « autonomie responsable » et la politique doit respecter cette autonomie sportive car c’est le seul moyen pour les organisations sportives de faire prévaloir ces valeurs universelles malgré toutes les lois, coutumes et traditions différentes.  L’autonomie responsable ne veut pas dire anarchie mais au contraire respect des lois nationales qui ne veulent pas abattre le sport et les organisations sportives pour des raisons principalement politiques. 

Dans de nombreux pays, le fait que le sport ne puisse organiser ses compétitions internationales et promouvoir ses valeurs que s’il jouit de son autonomie n’est pas toujours bien compris ni accepté.  Au nom de l’intérêt mutuel et du sport, protégez et renforcez l’autonomie du sport, a lancé le Président aux États Membres.  C’est la seule manière de créer la situation mutuellement avantageuse d’un partenariat constructif pour le bien de la jeunesse et de la société.

Reconnaissant le droit des États à compter sur un exercice responsable de cette autonomie, et conforme aux règles de la bonne gouvernance,  M. Bach a parlé des « Principes universels pour la bonne gouvernance du Mouvement olympique ».  Dans ce partenariat entre le sport et les États, le sport doit rester politiquement neutre, ce qui ne veut pas dire qu’il doit être apolitique.  Le sport doit prendre en compte des considérations politiques dans ses décisions et peser leurs implications politiques, économiques et sociales, en particulier lorsqu’il s’agit de choisir un endroit pour des manifestations importantes, et surtout les Jeux olympiques.

Avec les Jeux olympiques, le CIO donne l’exemple de l’interaction pacifique, a dit son Président.  Le programme 2012 de Londres pour les jeunes offre aux enfants de chaque école et de chaque collège britannique la chance de participer à des activités sportives et culturelles.  Les initiatives de Sotchi de 2014 visent de la même façon à promouvoir la paix, l’harmonie et le respect.  Au-delà des Jeux, le CIO cherche à multiplier les exemples de compréhension mutuelle et de solidarité, a poursuivi le Président en citant plusieurs programmes et initiatives.  La famille olympique est en train d’investir plus de 600 millions de dollars pour faire de la solidarité une réalité, a-t-il annoncé.  

Dans le cadre de la relation entre sport et politique, il ne faut jamais perdre de vue, a-t-il insisté, que le rôle du sport est de jeter des ponts et non d’ériger des murs.  C’est la raison pour laquelle, le CIO s’oppose aux boycotts qu’il trouve « fondamentalement contraire » à l’esprit sportif, le privant des moyens de continuer à travailler à la paix, à la compréhension mutuelle et à la solidarité.  Cela est d’autant plus vrai face à une situation où l’on voit le sport être manipulé comme seul outil de boycott alors que les relations politiques, économiques et culturelles se poursuivent comme d’habitude.

Explications de position

Le représentant de la Géorgie a déclaré que l’esprit de paix qui inspirait les Jeux olympiques de la Grèce antique encourage toujours l’ensemble des États à faire cette expérience particulière tous les quatre ans, et à contribuer à une atmosphère de tolérance, de solidarité et de confiance.  Ce noble caractère explique la décision de la Géorgie de ne pas saper la nature consensuelle de la résolution présentée à l’Assemblée générale, a poursuivi le représentant, qui a toutefois affirmé que la réalité projette une ombre sur les aspirations proclamées. Il a estimé que la notion de Trêve olympique était détournée et que les Jeux olympiques étaient utilisés pour détourner l’attention des violations des droits de l’homme et des agressions militaires. 

Alors que nous nous apprêtons à renouveler la Trêve olympique, à 40 kilomètres seulement de Sotchi, le pays hôte des Jeux continue d’occuper 20% du territoire de la Géorgie en violation flagrante de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de mon pays, a accusé le représentant, qui a ajouté que, dans les faits, les régions occupées restent fermées à l’assistance humanitaire.  Pourtant, le Gouvernement de la Géorgie a choisi de dépolitiser les Jeux olympiques et a pris en octobre 2012 la difficile décision de ne pas boycotter les Jeux de Sotchi.  Malheureusement, peu de temps après cette décision constructive, les forces d’occupation ont commencé de construire une clôture barbelée le long des régions géorgiennes occupées de Tsinkvali et de l’Abkhazie.  Cette décision illégale affecte les conditions de vie de la population, divise les familles, empêche les contacts et prive les gens de leurs droits fondamentaux.

Le représentant a émis l’espoir que les constructions ne se poursuivront pas et que ce qui a été construit sera détruit.  Le représentant a encore accusé Moscou d’utiliser les Jeux de Sotchi à des fins politiques et d’opter pour la provocation, en choisissant comme un des porteurs de la torche olympique Ivan Netchaved, présenté comme « pilote héroïque de la guerre d’août » et qui, s’est surtout illustré par ses bombardements contre des villages géorgiens.  Une telle approche contredit totalement l’esprit de la résolution, a déclaré le représentant en réaffirmant toutefois son attachement à l’esprit du texte.

Le représentant du Brésil a rappelé que son pays avait été à l’origine de la première résolution de l’Assemblée générale sur le sport et la paix.  Il a rappelé l’importance que son pays accorde au sport et les prochains événements sportifs de grande ampleur que le Brésil accueillera dans les années à venir.  La préparation de ces manifestations inclut des campagnes de sensibilisation à l’intégration sociale et à la lutte contre la discrimination.  Le Brésil est un partisan du Conseil des droits de l’homme et de sa résolution sur la lutte contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle.  Le Brésil a appuyé la Déclaration ministérielle sur la fin de la discrimination fondée sur l’identité sexuelle, a précisé le représentant.

Droit de réponse

Le représentant de la Fédération de Russie a réagi à la déclaration du représentant de la Géorgie qui, selon lui, n’a pas entendu l’appel du Président du CIO contre la politisation du sport.  Au lieu de chercher à atténuer les tensions dans la région, la Géorgie accuse une fois encore la Fédération de Russie, a-t-il regretté.  « Nous contestons ces accusations et réitérons que les sportifs de Géorgie seront les bienvenus à Sotchi en 2014 », a conclu le représentant.

RAPPORT DE L’AGENCE INTERNATIONALE DE L’ÉNERGIE ATOMIQUE

Déclarations

M. MOHAMMAD KHAZAEE (République islamique d’Iran) a déclaré que l’énergie nucléaire, efficace et respectueuse de l’environnement et du climat, jouait un rôle éminent dans le développement durable des nations, notamment dans les domaines industriel, médical et agricole.  Il a estimé que le droit inaliénable de développer la recherche, la production et l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques, y compris le droit d’un État de mettre en place un cycle complet du combustible nucléaire à des fins pacifiques, est à la base du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) qui ne peut en aucun cas être restreint ou suspendu. 

Aux termes de ses statuts, l’AIEA doit chercher à accélérer et accroître la contribution de l’énergie nucléaire à la paix, à la santé et à la prospérité dans le monde, ainsi qu’à faciliter les échanges scientifiques et la coopération technique, a rappelé le représentant.  M. Khazaee a affirmé que le rôle de l’AIEA devait être promu et que l’Agence devait travailler en toute impartialité.  Dans le cadre des droits inaliénables à l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, l’Iran respecte pleinement ses obligations et continue de coopérer avec l’AIEA dans des domaines qui vont au-delà de ses obligations juridiques, a-t-il ajouté.  En conséquence, tous les rapports de l’AIEA, y compris le dernier, daté du 28 août 2013, confirment que le matériel nucléaire déclaré par l’Iran n’a pas fait l’objet de détournement, a fait remarquer le représentant.

M. Khazaee a ensuite estimé que la déclaration conjointe de son pays et de l’AIEA publiée après les entretiens tenus à Vienne les 28 et 29 octobre, à l’occasion desquels l’Iran a présenté une nouvelle proposition sur des moyens pratiques pour renforcer le dialogue et la coopération, ouvre un nouveau chapitre dans la coopération de l’Iran avec l’AIEA.  Grâce à sa participation constructive, l’Iran démontre son sérieux pour résoudre une fois pour toutes les questions en suspens.  Les autres acteurs devraient saisir cette occasion, a conclu le représentant.

M. CHRIS BACK (Australie) a déclaré que tous les membres de l’AIEA devaient travailler ensemble pour assurer un système de garanties efficace.  Il a estimé que la confiance dans le système offre l’assurance nécessaire sur la nature pacifique des activités nucléaires.  Elle est aussi à la base de la coopération, de la sécurité et des progrès en matière de désarmement nucléaire.  L’Australie exhorte tous les États qui ne l’ont pas encore fait de donner force de loi au Protocole additionnel le plus tôt possible.  Le représentant a également noté que l’environnement dans lequel opère l’AIEA change rapidement.  Aussi, l’Agence doit-elle garder sa capacité de réagir rapidement et efficacement aux situations relatives à la sécurité nucléaire, à la protection physique, à la prolifération nucléaire et au développement durable. 

M. ISRAIL TILEGEN (Kazakhstan) a jugé nécessaire d’adapter les normes juridiques internationales à l’existence de facto d’États dotés de l’arme nucléaire.  Il a ajouté que les risques les plus importants sont liés aux États qui participent au marché noir des technologies nucléaires.  Il a proposé de tester régulièrement, sous les auspices de l’AIEA, les centrales nucléaires et les systèmes de protection ainsi que les mécanismes de réaction rapide.

M. Tilegen a fait savoir que le Kazakhstan, en collaboration avec la Fédération de Russie, enrichit son uranium au Centre national d’Angarsk, en Sibérie, afin d’alimenter des réacteurs nucléaires.  Il a annoncé que son gouvernement est en train de finaliser une série de négociations avec l’AIEA sur l’hébergement d’une banque de combustible nucléaire sur son territoire.  Il a rappelé que le Kazakhstan avait accueilli, en 2011, un atelier de formation relatif à la mise en œuvre de la résolution 1540 du Conseil de sécurité et a indiqué que son pays envisage d’en organiser un autre au début de l’année 2014. 

Il a aussi assuré que le Kazakhstan, en sa capacité de membre du Groupe des fournisseurs nucléaires et du Comité Zangger, applique les normes les plus strictes pour assurer le maintien de ses installations d’enrichissement de l’uranium et de recyclage de combustible irradié.  Il a également évoqué un accord avec l’AIEA sur la coopération technique pour la période 2010-2015 qui vise notamment à développer l’énergie nucléaire pour l’enseignement, l’agriculture, la médecine et la technologie, entre autres.  Le représentant a par ailleurs dénoncé le fait que le Kazakhstan se voit nié la possibilité de participer au travail des organes électifs en raison des règles de procédures existantes.

M. COURTENAY RATTRAY (Jamaïque) a déclaré que les projets de coopération techniques de l’AIEA dans les domaines de la recherche et technologie, la sécurité et sûreté nucléaires sont très appréciés par de nombreux petits États et par la Jamaïque.  Il a rappelé que son pays a adhéré aux Arrangements régionaux de coopération pour la promotion des sciences et techniques nucléaires en Amérique latine (ARCAL) en novembre 2011 et qu’il attache une grande importance à son mécanisme régional de coopération.  Il s’est réjoui aussi que l’AIEA ait approfondi sa collaboration avec les Caraïbes. 

Dans cet esprit, le représentant a révélé que la Jamaïque accueillera en mars 2014 la réunion de l’AIEA sur le droit nucléaire pour la Région des Caraïbes.  La Jamaïque a reçu la visite de nombreuses missions de l’AIEA entre 2012 et 2013 y compris une mission pour procéder à une large évaluation des capacités de lutte contre le cancer du pays et lancer un projet sur la gestion des ressources en eau.  En ce qui concerne la recherche et la technologie, la Jamaïque est en train de transformer son réacteur qui passera de l’uranium fortement enrichi à l’uranium faiblement enrichi.  En matière de sécurité, la Jamaïque attend avec impatience l’avènement d’un monde exempt d’armes nucléaires.  Avant de conclure, le représentant a dit l’opposition de sa région au transport maritime des déchets nucléaires sur la mer des Caraïbes.

M.KNUT LANGELAND (Norvège) a déclaré que le désarmement et la non-prolifération constituent une pierre angulaire de la politique étrangère de son pays, qui considère comme de la plus haute importance l’universalisation du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Le représentant a aussi appelé à une application universelle des Accords de garanties généralisées et protocoles additionnels.  Il s’est dit très préoccupé des graves menaces au régime de non-prolifération que font peser l’Iran, la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et la Syrie.

Il a soutenu le Concept au niveau national pour la mise en œuvre des garanties, ainsi que l’approche multilatérale en matière de cycle du combustible.  Il a dit apprécier la contribution de l’AIEA à la mise en place de la banque de combustible en uranium faiblement enrichi au Kazakhstan et à la résolution des problèmes de prolifération en suspens.

La Norvège, a poursuivi le représentant, se félicite de la Conférence ministérielle sur la sécurité nucléaire organisée l’été dernier à Vienne.  Il a invité tous les États à ratifier la Convention sur la protection physique des matières nucléaires et ses amendements de 2005, tout en reconnaissant la validité d’autres efforts multilatéraux comme l’initiative mondiale de lutte contre le terrorisme ou la résolution 1540 du Conseil de sécurité.  Il a rappelé que son pays a apporté des contributions importantes au Fonds pour la sécurité nucléaire de l’AIEA.

À l’heure où nous accélérons la marche pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), l’AIEA est un partenaire important.  Inversement, Fukushima rappelle que des accidents nucléaires surviennent avec des conséquences transfrontières, a poursuivi le représentant, qui a rappelé que chacun devait veiller à renforcer la sécurité nucléaire.  La Norvège, a-t-il appelé, apporte une forte contribution financière au Plan d’action de l’AIEA mais il faut, outre la sécurité, améliorer la préparation et la réponse aux catastrophes.  

M. NEGASH KEBRET (Éthiopie) a salué les efforts de l’AIEA pour aider les États Membres à utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques à travers son programme de coopération technique.  À cet égard, il a noté le développement de projets de centrales nucléaires et la promotion de l’application de la technologie nucléaire pour la santé humaine, l’alimentation et l’agriculture et la protection de l’environnement.  Il a en outre indiqué que les mesures nationales et la coopération internationale sont essentielles pour la sûreté nucléaire et radiologique.  À ce propos, le Gouvernement de l’Éthiopie a renforcé les infrastructures nationales de sécurité nucléaire et radiologique pour sécuriser leur maniement. 

Le représentant a aussi rappelé la responsabilité de l’AIEA et des États parties en matière de désarmement nucléaire en vertu du Traité sur la non-prolifération ainsi que des autres armes de destruction massive.  À ce sujet, la mise en œuvre des résolutions 1540 (2004) et 1887 (2009) du Conseil de sécurité est cruciale, a-t-il dit.  Le représentant a également tenu à souligner que l’AIEA a continué à soutenir les efforts de son gouvernement pour le contrôle de la mouche tsé-tsé, le traitement du cancer, les diagnostics médicaux, les analyses isotopiques radiologiques, les tests de qualité non destructifs et l’infrastructure nationale de technologie et de science nucléaire.  L’Éthiopie a bénéficié des initiatives conjointes de l’AIEA et du Fonds des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) pour l’application des techniques nucléaires à l’agriculture et l’élevage, au contrôle durable des insectes, à la dégradation des sols et à la qualité des aliments. 

Mme ISABELLE PICCO (Monaco) a rappelé que Monaco est membre de l’AIEA depuis sa création en 1957 et accueille depuis 1961 les laboratoires de l’environnement marin, dont les activités ont été étendues en 2010 à l’environnement terrestre, devenant ainsi les laboratoires de l’environnement de l’Agence.  Monaco abrite également le Centre international de coordination de l’acidification des océans créé en 2012, a rappelé la représentante, qui a expliqué le rôle de cette plate-forme chargée de renforcer la recherche et la coopération contre cette conséquence néfaste des changements climatiques, un grave danger pour de nombreux organismes marins.  L’acidification des océans attire depuis de nombreuses années l’attention du Centre scientifique de Monaco, a ajouté Mme Picco, qui a rappelé que les deux institutions avaient présenté l’état de leurs travaux aux États membres en juin dernier.

La représentante a rappelé le rôle essentiel des applications nucléaires en matière de santé avant de préciser que Monaco avait signé en 2011 un accord-cadre avec l’AIEA pour soutenir le programme d’action de l’Agence en faveur de la cancérothérapie (PACT). Par ce partenariat, Monaco entend contribuer pleinement à la prévention, au dépistage et au traitement des cancers dans tous les pays à revenu faible ou moyen, où plus de cent millions de personnes pourraient mourir du cancer d’ici à 2020, a déclaré Mme Picco.

M. BASHAR JA’AFARI (République arabe syrienne) a déclaré que le seul risque nucléaire au Moyen-Orient était représenté par Israël, dont les armes nucléaires pourraient atteindre la Chine.  Il a dénoncé l’approche partiale et subjective de certains États qui ont fourni pendant des années de la technologie et du matériel nucléaires à Israël.  Le Directeur général de l’AIEA a déclaré que l’Agence avait conclu qu’il était possible qu’un bâtiment détruit en 2011 en Syrie ait été un bâtiment nucléaire qui aurait dû être déclaré.  Or, a poursuivi le représentant, le Directeur général de l’AIEA sait parfaitement que la Syrie a adhéré au TNP et à l’Accord de garanties généralisées, et qu’elle avait préparé pour le Conseil de sécurité un projet de résolution tendant à instaurer une zone exempte d’armes nucléaire au Moyen-Orient.

Ce projet, a-t-il rappelé, est resté à l’état de projet du fait de la menace d’un membre permanent du Conseil de sécurité d’exercer son droit de veto.  Le représentant a accusé Israël de refuser de coopérer avec l’AIEA pour vérifier la nature du matériel utilisé pour détruire le site de Dair Alzour.  L’AIEA sait tout cela et il est regrettable que son Directeur général n’en ait pas fait état dans sa déclaration, a ajouté le représentant, qui a nié que Dair Alzourait abrité un site nucléaire et accusé l’AIEA de n’avoir utilisé dans son rapport que des documents soumis huit mois après l’attaque par la CIA, c’est-à-dire par un pays qui a une attitude inamicale à l’égard de la Syrie.

M. KAZUYOSHI UMEMOTO (Japon) a remercié la communauté internationale de son soutien au Japon après l’accident de Fukushima.  Le représentant a énuméré les mesures prises par son gouvernement après cet accident notamment pour arrêter l’une des centrales nucléaires et traiter les eaux contaminées et la pollution en mer.  Il a assuré que le Japon informe en toute transparence la communauté internationale sur ce qui se passe à Fukushima et coopèrera avec l’AIEA à la rédaction du rapport sur cet accident.  Le Japon compte même partager avec le reste du monde les enseignements appris après cet accident, notamment en ce qui concerne les mesures de sécurité des centrales nucléaires, a indiqué le représentant.  En ce qui concerne le programme nucléaire de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), le représentant a réitéré l’opposition de son pays à tout essai nucléaire par la RPDC.  Le Japon est aussi préoccupé par l’annonce de la RPDC de rouvrir le site de Yongbiong, a-t-il ajouté.  Le Japon appuie le rôle de l’AIEA sur le dossier du nucléaire de la RPDC et s’agissant du programme nucléaire iranien, il demande à l’Iran de respecter les résolutions du Conseil de sécurité et se félicite des négociations en cours entre l’Iran et l’AIEA.

M. DAVID ROBIN WENSLEY(Afrique du Sud) a salué les contributions de l’AIEA au développement socioéconomique et a estimé que l’Agence sera amenée à faire encore plus dans ce domaine, compte tenu de l’augmentation du nombre de ses États membres du monde en développement.  Le représentant a constaté que de plus en plus de pays sont en train d’augmenter la part de l’énergie nucléaire dans leur bouquet énergétique, faisant notamment observer que nombre d’entre eux n’ont pas le luxe de choisir entre les différentes sources d’énergie.  Le nucléaire est un complément aux autres sources d’énergie, s’est-il expliqué.  L’Afrique du Sud travaille de près avec l’AIEA pour bâtir son programme nucléaire, a-t-il dit, avant d’aborder la question des vérifications.

Il a jugé nécessaire de renforcer la collaboration et la communication entre les États Membres et le Secrétariat de l’AIEA.  Il a souligné que la sécurité nucléaire demeure la responsabilité des États Membres, tout en se félicitant des progrès réalisés pour la renforcer grâce au « travail important » de l’AIEA, notamment avec à la tenue, cette année, de la première Conférence ministérielle internationale sur la sûreté nucléaire.

Explication de position

Le représentant de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) a estimé que le rapport de l’AIEA  était une fois encore subjectif.  Il ne prend pas en compte le fait que les États-Unis ont créé et produit le problème nucléaire sur la péninsule coréenne, Ce sont les États-Unis qui y ont apporté des armes nucléaires en 1957 et y ont déployé plus d’un millier d’engins nucléaires, a-t-il affirmé.  Ce sont les États-Unis qui exercent depuis les années 1950 un chantage nucléaire sur le peuple de la RPDC, qui ont déclaré en 2002 que la RPDC faisait partie de l’« axe du Mal » et qui continuent leur exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud, en apportant à chaque fois davantage d’armes nucléaires.

La RPDC, a affirmé le représentant, n’est que la victime de ce chantage.  Or, le rapport de l’AIEA ne reflète rien de cela.  Les essais nucléaires de la RPDC ne sont effectués qu’en réaction à la violation de leur souveraineté.  Il s’agit d’un exercice légitime de souveraineté qui ne peut être considéré comme une violation des résolutions du Conseil de sécurité.  Les États-Unis ont une fois de plus commis un abus de pouvoir en manipulant le Conseil de sécurité.  Ce sont eux qui devraient faire l’objet des sanctions du Conseil, du fait du nombre de leurs armes nucléaires.  C’est aux États-Unis, responsables du chantage nucléaire, de faire le premier pas et tant qu’ils ne le feront pas, la RPDC ne bougera pas.  La RPDC en conséquence ne souscrit pas au projet de résolution.

Droit de réponse

Dans ce cadre, le représentant de la RPDC a voulu réagir à l’intervention du représentant Japon à propos des activités nucléaires de son pays, notamment la reprise des essais.  Pourquoi le Japon est-il contre ces essais? s’est-t-il demandé.  Quant aux résolutions du Conseil de sécurité que ce pays brandies, le représentant a dit les considérer comme illégales et a accusé le Japon d’être devenu une puissance nucléaire grâce à l’appui des États-Unis.  C’est donc le Japon qui porte atteinte à la sécurité dans notre région, a-t-il tranché.  S’agissant des pourparlers à six, il a accusé le Japon de n’avoir jamais respecté ses engagements. 

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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