La Journée contre les essais nucléaires marquée par des appels à l’entrée en vigueur du TICE et à la création d’une zone non nucléaire au Moyen-Orient

5 septembre 2013
AG/11405-CD/3449-OBV/1253

La Journée contre les essais nucléaires marquée par des appels à l’entrée en vigueur du TICE et à la création d’une zone non nucléaire au Moyen-Orient

05/9/2013
Assemblée générale
AG/11405 CD/3449 OBV/1253
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Assemblée générale

Soixante-septième session

Célébration de la Journée internationale

contre les essais nucléaires – matin

LA JOURNÉE CONTRE LES ESSAIS NUCLÉAIRES MARQUÉE PAR DES APPELS À L’ENTRÉE EN VIGUEUR DU TICE

 ET À LA CRÉATION D’UNE ZONE NON NUCLÉAIRE AU MOYEN-ORIENT

L’Assemblée générale a tenu ce matin une séance informelle sur la Journée internationale contre les essais nucléaires, laquelle a été marquée par des appels à l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) et à la création rapide d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.  Placée sous le signe du « zéro nucléaire », la commémoration de la Journée internationale a donné lieu à une table ronde sur « Le rôle des Nations Unies dans le désarmement et la non-prolifération nucléaires ».

Le Ministre kazakh des situations d’urgence n’a pas manqué de rappeler que même si le TICE a été ouvert à la signature en 1996, certains pays influents ne l’ont toujours ni signé ni ratifié.  Ces pays ont été cités dans le message du Secrétaire général qu’a lu la Haute Représentante des Nations Unies pour les affaires de désarmement.  Il s’agit de la Chine, de l’Égypte, des États-Unis, de l’Inde, de l’Iran, d’Israël, du Pakistan et de la République populaire démocratique de Corée, huit pays parmi les 44 identifiés dans l’annexe 2 du TICE qui bloquent ainsi l’entrée en vigueur d’un instrument signé par 183 États et ratifié par 159. 

C’est la date du 29 août qui a été proclamée en 2009 « Journée internationale contre les essais nucléaires », une date qui est aussi celle de la fermeture, en 1991, du site kazakh de Semipalatinsk, un des plus grands sites d’essais nucléaires au monde.  Les 456 essais qui ont été effectués à Semipalatinsk ont affecté plus de 500 000 personnes et contaminé une immense portion du territoire kazakh, a rappelé le Secrétaire général dans son message.

Aujourd’hui, le Ministre kazakh a voulu que l’on cesse de croire que les armes nucléaires assurent la sécurité.  L’ensemble de l’hémisphère sud est exempt d’armes nucléaires, a-t-il rappelé.  Or, tout incident nucléaire a un impact mondial, quel que soit l’endroit où il se produit.    

Face à ceux qui croient à la force de dissuasion des armes nucléaires, le Président de l’Assemblée générale a dit: « Emmenons-les à Hiroshima, arrêtons-les devant le cénotaphe et faisons-leur lire les mots ”Que toutes les âmes ici reposent en paix parce que nous ne répéterons jamais cet acte diabolique” ».  La fin des essais nucléaires n’étant pas un objectif, mais un moyen d’aller vers la disparition totale des armes nucléaires, plusieurs États ont appelé aujourd’hui à la création rapide d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient.

En tant que premier producteur mondial d’uranium, le Kazakhstan, a annoncé aujourd’hui son Ministre, abritera bientôt la banque internationale de combustible nucléaire, sous les auspices de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).  Le pays coopère aussi avec la Commission préparatoire du TICE pour promouvoir le développement du système international de surveillance.  Le Kazakhstan a d’ailleurs déjà mis en place un des systèmes nationaux les plus sophistiqués.

Le Président de l’Assemblée générale a profité de la commémoration de la Journée internationale pour inviter tous les États Membres à participer à la toute première Réunion de haut niveau sur le désarmement nucléaire, le 26 septembre prochain. 

SÉANCE INFORMELLE POUR MARQUER LA CÉLÉBRATION DE LA JOURNÉE INTERNATIONALE CONTRE LES ESSAIS NUCLÉAIRES

Déclarations liminaires

M. VUK JEREMIĆ, Président de la soixante-sixième session de l’Assemblée générale des Nations Unies, a rappelé qu’avant que l’Assemblée générale n’ouvre en 1996, le Traité sur l’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) à la signature, plus de 2 000 essais avaient été effectués dans plus de 60 endroits différents.  Depuis lors, a-t-il regretté, une dizaine d’essais environ a été fait, en violation du moratoire agréé au niveau international.  Nous avons parcouru un long chemin vers « le zéro nucléaire » mais nous sommes loin d’être arrivés, a prévenu le Président, qui a saisi l’occasion pour inviter tous les États Membres à participer à la toute première Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur le désarmement nucléaire, prévue le 26 septembre prochain.  Il a expliqué qu’au total, 183 pays ont à ce jour signé le TICE, tandis que 159 l’ont déjà ratifié.  Néanmoins, huit ratifications supplémentaires sont nécessaires pour que le TICE entre effectivement en vigueur.

Le Président a rappelé que pendant cette session, l’Assemblée a adopté une résolution réitérant que la fin des essais nucléaires représenterait une étape significative vers la réalisation d’un processus systématique de désarmement nucléaire.  C’est ce message, a confié le Président, que j’ai donné, le 6 août, lors de la cérémonie du Mémorial de la paix d’Hiroshima. 

Ceux qui croient à la force de dissuasion des armes nucléaires devraient se rendre dans la ville japonaise, a estimé le Président, et nous les guiderons à travers les couloirs du Musée.  Emmenons-les à Hiroshima, arrêtons-les devant le cénotaphe et faisons leur lire les mots « Que toutes les âmes ici reposent en paix parce que nous ne répéterons jamais cet acte diabolique ».

M. VLADIMIR BOZHKO, Ministre des situations d’urgence du Kazakhstan, a rappelé que son pays a emprunté la voie vers « le zéro nucléaire » lorsque, le 29 août 1991, le jour même de son indépendance, il a procédé à la fermeture de Semipalatinsk, le plus grand site d’essais nucléaires au monde.  Grand défenseur du désarment nucléaire, le Kazakhstan, a dit le Ministre, appelle à une action multilatérale ambitieuse, non seulement pour diminuer mais surtout pour supprimer la menace nucléaire face à l’érosion progressive de la sécurité internationale. 

Le Ministre a souligné que cette célébration précède, de 21 jours, une Réunion de haut niveau « historique » sur le désarmement nucléaire.  La voie vers « le zéro nucléaire » jouit d’un consensus presqu’universel.  Mais, a fait observer le Ministre, l’inventaire de l’arsenal nucléaire mondial reste à un niveau très élevé et en dépit des contraintes budgétaires, la modernisation de cet arsenal, les essais et la production continuent. 

Même si le TICE a été signé en 1996, certains pays influents ne l’ont toujours ni signé ni ratifié.  Quelques États dotés de l’arme nucléaire continuent les essais alors que d’autres travaillent à leurs programmes nucléaires.  Pour briser le statu quo actuel, a assuré le Ministre, le Kazakhstan est prêt à coopérer avec tous les pays pour l’entrée en vigueur du TICE et l’universalisation du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). 

Le Kazakhstan exhorte les États dotés de l’arme nucléaire à élaborer un document international juridiquement contraignant sur les garanties de sécurité aux États non nucléaires.  Il est temps de cesser de croire que les armes nucléaires assurent la sécurité.  Aujourd’hui, a relevé le Ministre, l’ensemble de l’hémisphère sud est une zone exempte d’armes nucléaires.  Or, tout incident nucléaire a un impact mondial, quel que soit l’endroit où il s’est produit.    

Pour sa part, a souligné le Ministre, le Kazakhstan continue de contribuer au désarmement et à la non-prolifération.  Il a, par exemple, offert le Programme d’Almaty pour les pourparlers à « 5+1 » sur le nucléaire iranien.  Il a aussi proposé qu’en échange des garanties de sécurité, « le club des États nucléaires » obtienne du monde entier l’abandon des ambitions nucléaires.  Le Président du Kazakhstan, a aussi rappelé le Ministre, a appelé à une déclaration universelle sur la réalisation d’un monde exempt d’armes nucléaires pour promouvoir « le zéro nucléaire ». 

Le Kazakhstan, qui soutient l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, appelle tous les États parties au TNP à signer les accords de garanties généralisées de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et ses Protocoles facultatifs.  Il estime aussi qu’il faut renforcer le rôle de l’Agence dans l’inspection et la vérification du transfert et de l’utilisation des matériaux fissiles.

En tant que premier producteur mondial d’uranium, le Kazakhstan, a annoncé le Ministre, abritera bientôt la banque internationale de combustible nucléaire, sous les auspices de l’AIEA.  Le pays coopère aussi avec la Commission préparatoire du TICE pour promouvoir le développement du système international de surveillance.  Le Kazakhstan a d’ailleurs déjà mis en place un des systèmes nationaux les plus sophistiqués.

Le 29 août n’est pas seulement un jour de souvenir.  C’est un jour d’action.  Cette célébration est un pas timide mais important pour l’espoir partagé d’un monde sans essai ni arme nucléaire, a conclu le Ministre.  

Lisant le message de M. BAN KI-MOON, Secrétaire général de l’ONU, Mme ANGELA KANE, Haute Représentante pour les affaires de désarmement, a voulu que l’on se rappelle le coût terrible des essais nucléaires.  Les 456 essais qui ont été effectués à Semipalatinsk, dont le premier, il y a 64 ans, ont affecté plus de 500 000 personnes et contaminé une immense portion du territoire national.  Elle a souligné la responsabilité particulière des huit pays dont la signature est nécessaire pour l’entrée en vigueur du TICE, soit la Chine, l’Égypte, les États-Unis, l’Inde, l’Iran, Israël, le Pakistan et la République populaire démocratique de Corée.  Aucun de ces pays ne devrait attendre qu’un autre agisse d’abord et, en attendant, tous les États doivent maintenir ou mettre en œuvre le moratoire sur les explosions nucléaires.

Aucun autre retard ne saurait être justifié pour atteindre cet objectif remarquable.  Il est temps de traiter des effets humains et environnementaux horribles des essais nucléaires par une interdiction complète, seule manière fiable d’atteindre cet objectif. 

Le Kazakhstan a montré ce qu’un peuple déterminé et un gouvernement engagé peuvent faire pour éliminer la menace nucléaire.  Continuons alors notre voyage historique vers un monde à l’abri des essais et exempt d’armes nucléaires, conclut le Secrétaire général, dans son message.

Table ronde de haut niveau sur le thème « La voie vers lezéro nucléaire΄: Le rôle des Nations Unies dans le désarmement nucléaire et la non-prolifération »

Modérateur de la table ronde, M. EDUARDO ULIBARRI (Costa Rica) a demandé si l’architecture juridique et institutionnelle actuelle était apte à résoudre le problème de la dénucléarisation.  Il a évoqué la question du renforcement de la confiance entre États et l’entrée en vigueur du TICE, qui est là, a rappelé Mme  ANGELA KANE, Haute Représentante de l’ONU pour les affaires de désarmement, pour éviter de nouvelles souffrances à l’humanité.  Les Nations Unies, a-t-elle promis, vont continuer de soutenir la ratification universelle du TICE.  

Le 29 août doit être un jour d’action et non d’attente, a dit, en écho, M. LASSINA ZERBO, Secrétaire exécutif de la Commission préparatoire de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE).  L’entrée en vigueur du TICE est primordiale, a renchéri M. ANDREAS RIECKEN (Autriche), qui a déploré les dissensions entre États nucléaires et non nucléaires.  « Il ne faut pas seulement éliminer certaines armes nucléaires, mais toutes les armes nucléaires », a plaidé le docteur ANDREW S. KANTER, Vice-Présidentpour l’Amérique du Nord de « International Physicians for Prevention of Nuclear War ».  Il a argué qu’une guerre nucléaire entre deux pays comme l’Inde et le Pakistan pourrait non seulement causer des millions de morts mais aussi influer sur le climat de toute la planète. 

En effet, la communauté internationale n’admet que cinq puissances nucléaires, alors que « tout le monde sait que ce n’est pas vrai », a commenté M. ENRIQUE Roman-Morey (Pérou), qui a souligné que la responsabilité du désarmement incombe à tous les États dotés de l’arme nucléaire.  Ces propos ont conduit son homologue de l’Union européenne, soutenu par le Royaume-Uni et le Japon, entre autres, à appeler les États de l’annexe 2 du TICE qui n’ont pas encore ratifié le Traité à le faire.  Tous les membres de l’Union européenne ont signé le TICE, a-t-il souligné, avant d’annoncer l’augmentation de la contribution européenne au régime de vérification de la Commission préparatoire de l’Organisation du TICE, qui va passer de 10 à 15 millions d’euros.  La volonté politique doit se manifester, a commenté le représentant du Burkina Faso,

Mais, a prévenu, son homologue de la Chine, l’arrêt des essais nucléaires ne pourra avoir lieu que si la communauté internationale s’engage sur la voie du multilatéralisme et du respect des principes de la Charte des Nations Unies.  La question de la non-prolifération doit être traitée de manière pacifique, a-t-il dit alors que le représentant de la République de Corée a décrié les essais nucléaires de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et que celui de la République islamique d’Iran a souhaité l’abandon de cette approche « discriminatoire » qui tolère certains pays détenteurs de l’arme nucléaire au détriment d’autres.

Les représentants de l’Iraq, de l’Arabie saoudite, de la Turquie, et de l’Égypte, entre autres, ont plaidé pour la création rapide d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient; la fin des essais nucléaires n’étant pas un objectif, mais un moyen d’aller vers la disparition totale des armes nucléaires.  Représentant du Directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), M. GEORGE SHAW, a indiqué que l’appui de l’Agence devrait permettre d’ouvrir une partie de la région de Semipalatinsk à l’exploitation économique.

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