Les États Membres s’engagent, en vertu d’une Déclaration politique, à soutenir la mise en œuvre intégrale de l’architecture de paix et de sécurité de l’Union africaine

26 avril 2013
AG/11366

Les États Membres s’engagent, en vertu d’une Déclaration politique, à soutenir la mise en œuvre intégrale de l’architecture de paix et de sécurité de l’Union africaine

26/04/2013
Assemblée générale
AG/11366
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale                                         

Soixante-septième session                                  

74e séance plénière

et Débat thématique intitulé « Le règlement

pacifique des conflits en Afrique »

Matin & après-midi

LES ÉTATS MEMBRES S’ENGAGENT, EN VERTU D’UNE DÉCLARATION POLITIQUE, À SOUTENIR LA MISE EN ŒUVRE

INTÉGRALE DE L’ARCHITECTURE DE PAIX ET DE SÉCURITÉ DE L’UNION AFRICAINE

Consciente de l’importance de renforcer le partenariat mondial à l’appui des efforts de l’Afrique et de ses dirigeants pour résoudre les conflits et promouvoir une paix durable et un développement viable, l’Assemblée générale a, ce matin, adopté sans vote une « Déclaration politique sur le règlement pacifique des conflits en Afrique »*.

Par ce texte de six pages, les États Membres et observateurs, réunis à l’ONU le 25 avril 2013, déclarent que la Réunion de haut niveau sur le règlement pacifique des conflits en Afrique constitue une excellente occasion de renforcer le partenariat mondial à l’appui des propres efforts que déploient l’Afrique et ses dirigeants pour résoudre les conflits et promouvoir une paix durable et un développement viable. 

Ils s’engagent ainsi à soutenir la mise en œuvre intégrale de l’architecture de paix et de sécurité de l’Union africaine, dont le Groupe des Sages, le Cadre d’action de l’Union africaine pour la reconstruction et le développement postconflit et le système d’alerte rapide à l’échelle du continent, ainsi que la mise en place de la Force africaine en attente. 

La Déclaration politique appelle aussi à continuer d’appuyer les mesures prises pour relever les défis liés à l’élimination de la pauvreté, à la lutte contre la faim, à la création d’emplois et à la réalisation du développement durable en Afrique, notamment les mesures d’allégement de la dette, d’amélioration de l’accès aux marchés et d’appui au secteur privé et à la création d’entreprises.

Tout en soulignant l’importance de l’appropriation par l’Afrique des moyens de prévenir et résoudre ses conflits, la plupart des 50 délégations, dont une quinzaine de ministres, intervenues au cours des deux journées de débat ont souligné qu’il était nécessaire pour la communauté internationale d’aider l’Afrique à faire face à l’ampleur de ses défis et à toutes les causes inhérentes aux conflits. 

Toujours en vertu de ce texte, les États insistent sur le fait que la fourniture d’une aide à l’Afrique en faveur du développement durable est une priorité essentielle de la communauté internationale.  

Le représentant de la République démocratique du Congo, qui avait présenté à l’Assemblée générale le projet de résolution contenant la Déclaration politique, a souligné que cette adoption traduisait l’esprit de la commémoration du cinquantième anniversaire de la création de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA) et devrait être perçue comme un test de la véritable solidarité internationale en faveur d’une transformation politique et économique de l’Afrique.

Illustrant cette transformation, le représentant de l’Indonésie a noté que le nombre de conflits armés était passé de 30 à la fin de la guerre froide à un peu plus d’une douzaine et que, dans le même temps, celui des démocraties était passé de 3 à 25.  Il n’est donc pas surprenant que la croissance économique du continent soit forte et résiliente, a-t-il ajouté, avant de rappeler que 20 élections libres seront organisées en 2013 en Afrique.

Tout en saluant la mention faite par la Déclaration politique au renforcement de la démocratie, des droits de l’homme, de la bonne gouvernance, ainsi qu’à l’égalité des sexes, les représentants des États-Unis, de l’Union européenne, de la Norvège et du Liechtenstein, qui s’exprimait également au nom de la Suisse, ont regretté que le texte ne mette pas l’accent sur la justice et la lutte contre l’impunité, l’obligation de protéger et le rôle des femmes en tant que pilier du règlement des conflits. 

La reddition des comptes et la réparation aux victimes, a tenu à préciser le représentant des États-Unis, sont une haute priorité pour son pays.  Il a regretté que les consultations consacrées à l’élaboration du texte n’aient pas permis un examen plus approfondi et prévenu que cette méthode pour traiter une question d’une telle importance ne devrait pas constituer un précédent.

Le représentant de l’Union européenne a regretté l’absence de référence au rôle de la Cour pénale internationale (CPI).  Celui de l’Argentine a estimé, quant à lui, que le fait que 34 pays africains aient adhéré au Statut de Rome témoignait de l’attachement croissant de ce continent à la lutte contre l’impunité.  Notant que la Déclaration politique appelle à un élargissement de la composition du Conseil de sécurité pour faire place à une représentation plus équitable de l’Afrique, les pays occidentaux ont répondu que cette réforme relevait des négociations intergouvernementales en cours visant à forger un consensus entre les États Membres. 

« La cause de la paix serait mieux servie si le Conseil de sécurité était plus transparent », a estimé le représentant de la Côte d’Ivoire, au nom de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest, en faisant remarquer que près de 70% des travaux dudit Conseil étaient consacrés à l’Afrique.  « Les meilleures expériences de reconstruction postconflit viennent de l’Afrique, et l’ONU ferait bien d’en tenir compte », a ajouté la représentante du Rwanda.  Les tribunaux populaires gaçaça, qui ont achevé leurs travaux en 2012, ont traité deux millions de dossiers liés au génocide de 1994. 

En début de journée, l’Assemblée générale a nommé le Pérou en tant qu’un des 21 membres du Comité des conférences** pour un mandat allant du 26 avril 2013 au 31 décembre 2015.  La nomination de deux autres membres pour le Groupe des États d’Amérique latine et des Caraïbes aura lieu à une date ultérieure.

Le Président de l’Assemblée générale a informé l’Assemblée que la République dominicaine et la République bolivarienne du Venezuela ont effectué les versements nécessaires pour ramener leurs arriérés en deçà du montant établi en vertu de l’Article 19 de la Charte des Nations Unies***

* A/67/L.61;

** A/67/107**;

*** A/67/693/add.10.

DÉBAT THÉMATIQUE INTITULÉ « LE RÈGLEMENT PACIFIQUE DES CONFLITS EN AFRIQUE »

Déclarations

M. GEORGE WILFRED TALBOT (Guyana), qui s’exprimait au nom des 14 États membres de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a tenu à rendre hommage aux fondateurs de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), dont le développement, a-t-il souligné, a été d’une importance capitale à une époque où le continent commençait à peine à émerger du colonialisme et était encore sous l’emprise de l’apartheid.  Il a cependant noté que les progrès de l’Afrique ne s’étaient pas faits sans péril et sans recul, en citant par exemple le génocide qui a eu lieu, en 1994, au Rwanda et qui demeure, a-t-il dit, emblématique des traumatismes que les conflits ont engendrés.

Le représentant a ensuite mis l’accent sur le rôle important que peut jouer la communauté internationale en vue d’appuyer l’architecture de paix et de sécurité en Afrique.  Il a également mis en exergue la nécessité critique, pour la communauté internationale, de fournir une assistance aux pays sortant d’un conflit, afin que ceux-ci puissent entamer leur développement et ne pas sombrer à nouveau dans le chaos.  En outre, le rôle de la communauté internationale est aussi de fournir aux pays africains une aide essentielle en vue d’alléger les obstacles qui empêchent ces pays de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  

« La CARICOM se tient aux côtés de l’Afrique afin que celle-ci puisse relever les défis auxquels elle doit faire face, à travers un processus dirigé par les pays africains eux-mêmes et dans leur propre intérêt », a souligné le représentant.  La coopération entre l’Afrique et la CARICOM est d’ailleurs multiple, a-t-il fait remarquer, en précisant qu’elle s’illustre, entre autres, par des contacts directs de plus en plus nombreux, ainsi que par des investissements privés.  La Communauté des Caraïbes renforce sa coopération avec l’Afrique dans les domaines des ressources humaines, de l’énergie et de l’agriculture et elle intensifie aussi ses relations diplomatiques et politiques avec le continent, a-t-il assuré.  La CARICOM estime que l’Afrique devrait occuper un siège permanent au sein d’un Conseil de sécurité réformé, afin de jouer un rôle accru dans la gouvernance économique mondiale, a-t-il dit avant de conclure.

M. TUVAKO N. MANONGI (République-Unie de Tanzanie) a rappelé que l’Union africaine avait créé l’« Architecture africaine de paix et de sécurité » pour anticiper, prévenir et apporter des réponses aux conflits sur le continent.  Ce mécanisme contribue au règlement pacifique des conflits en Afrique.  M. Manongi a ensuite déclaré que les causes profondes des conflits sur le continent ne se limitent pas à la pauvreté, à la mauvaise gouvernance ou aux divisions ethniques, elles résident également dans les différends frontaliers hérités de la colonisation et les divisions créées pendant la guerre froide.  À cela, s’ajoutent, a-t-il dit, les trafics d’armes conventionnelles, en particulier les armes légères et de petit calibre, les ingérences dans les affaires intérieures des États, y compris les incitations à des hostilités entre les partis politiques, au nom de la démocratie, des droits de l’homme et de l’état de droit. 

Les exploitations illégales des ressources naturelles contribuent aussi aux conflits en Afrique, a déploré M. Manongi.  La ruée illégale et honteuse d’acteurs locaux, régionaux ou internationaux pour une plus grande exploitation de ces ressources est une malédiction pour nos pays et une source de souffrances indicibles infligées à la population locale concernée, a-t-il soutenu.  Les ressources naturelles sont non seulement des causes de conflits mais elles font aussi obstacle aux efforts de règlement pacifique des crises.  La Tanzanie réaffirme son attachement au règlement pacifique des différends, à la médiation et à la réconciliation, a assuré son représentant.  Pour que les efforts de prévention des conflits aient un sens, ils doivent intégrer les éléments du développement durable, a estimé M. Manongi.  Avant de conclure, il s’est dit convaincu que l’Afrique était sur la bonne voie et qu’elle devait ainsi refuser d’être divisée, marginalisée et exploitée.  Elle doit aussi refuser d’être perçue comme un continent en lutte avec des conflits, car, a-t-il insisté, le temps est maintenant au nouveau panafricanisme et à la renaissance africaine.

Intervenant au nom de l’Union européenne, M. THOMASMAYR-HARTING a salué la détermination du continent africain en matière de règlement des différends.  Il a rappelé que l’Union européenne avait contribué, à hauteur d’un milliard d’euros, à la mise en place, en 2004, de l’infrastructure de paix de l’Union africaine.  Mettant l’accent sur « l’approche complète » de l’Union européenne en matière de règlement des confits, il a indiqué que l’Union européenne avait consacré 412 millions à la Somalie entre 2008 et 2013 pour l’aider à faire face aux défis auxquels elle est confrontée, en particulier la piraterie au large de ses côtes.  Pour ce qui est du Mali et du Sahel, le délégué de l’Union européenne a cité le lancement, le 18 février, de la mission de formation de l’Union européenne.  Il a également annoncé la reprise de l’aide humanitaire de l’Union européenne dans ce pays, avec le versement, prochainement, de 250 millions d’euros et la convocation d’une conférence sur la question à Bruxelles, à la mi-mai. 

Le règlement des problèmes du Mali nécessite une approche englobant l’ensemble du Sahel.  Il a également mentionné la contribution de l’Union européenne en faveur du processus de stabilisation en Guinée-Bissau et son appui à la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC) pour asseoir la paix dans cette région.  En ce qui concerne les Grands Lacs, il a jugé qu’il existait désormais une occasion unique de régler cette question.  Il a précisé que l’Union européenne a été un des principaux partenaires de la RDC, au cours de ces 10 dernières années, en matière de développement et de renforcement des capacités.  Il a fait remarquer qu’il incombait, en premier lieu, aux États d’assurer la protection des populations.  Il a déclaré par ailleurs qu’il était urgent de concentrer les efforts sur la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  La Commission de l’Union européenne et l’Union africaine se réunissent aujourd’hui sous la présidence conjointe du Président Jacob Zuma, de l’Afrique du Sud, et du Commissaire Jose Manuel Barroso pour leur sixième session annuelle Union européenne-Union africaine, notamment pour jeter les bases du prochain sommet entre les deux institutions, prévu en 2014. 

Intervenant au nom de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), M. YOUSSOUFOU BAMBA (Côte d’Ivoire) a déclaré que la célébration du cinquantenaire de l’Organisation continentale de l’Afrique, le mois prochain à Addis-Abeba, nous invite à réfléchir sur les voies et moyens de résoudre durablement les conflits.  Notant que 60% des questions inscrites à l’ordre du jour du Conseil de sécurité de l’ONU concernent l’Afrique, M. Bamba a estimé que l’absence de bonne gouvernance ou de la primauté du droit, la mauvaise gestion ou répartition inégale des ressources, les frontières artificielles héritées de la colonisation et la prolifération des armes légères représentaient les causes de ces conflits.  « Devant un tel diagnostic, l’Afrique ne doit pas perdre de vue sa responsabilité première dans le maintien de la paix et de la sécurité sur le continent, a-t-il dit.  C’est pourquoi, le représentant a appelé les Africains à agir de façon concertée pour recréer une nouvelle dynamique, développer de nouvelles stratégies et approches intégrées et globales, en impliquant tous les acteurs, les dirigeants, les femmes, les jeunes, les organisations régionales et internationales et celles de la société civile.  Il a souligné l’importance pour les États africains de s’approprier les processus de prévention et de résolution de conflits, ainsi que tous les enjeux de paix et de sécurité régionales, afin de créer les conditions propices qui pourront conduire au développement durable du continent. 

L’Afrique de l’Ouest a, dès 1977, mis en place le premier cadre de sécurité régionale sur le continent africain dénommé « ANAD », qui est un accord de non-agression et d’assistance en matière de défense, a rappelé M. Bamba.  Il a expliqué que l’ANAD préfigurait la CEDEAO en tant qu’outil de diplomatie préventive.  Il a précisé que la CEDEAO, au moment de sa création en 1975, avait pour principal objectif l’intégration économique des États membres.  Face aux crises politiques, la CEDEAO a dû progressivement accorder une place centrale aux questions de paix, de défense et de sécurité, a-t-il dit, en précisant que la CEDEAO était aujourd’hui capable d’intervention diplomatique mais aussi militaire en cas de menace majeure à la sécurité d’un État membre.  Le représentant a précisé que la CEDEAO avait mis en place, en 1999, un Protocole relatif au Mécanisme de prévention, de gestion, de règlement de conflits, de maintien de la paix et de la sécurité ainsi qu’un Protocole additionnel sur la démocratie et la bonne gouvernance.  Il a également cité l’adoption d’une convention visant à contribuer plus efficacement à la lutte contre la circulation des armes légères et de petit calibre.  Après plusieurs décennies de pratiques, a-t-il fait observer avant de conclure, la CEDEAO peut être créditée aujourd’hui d’une expérience incontestable dans la prévention et la résolution des crises.    

« Il ne fait aucun doute que c’est à l’Afrique et aux pays du continent de prendre en main leur avenir », a souligné M. CHITSAKA CHIPAZIWA (Zimbabwe).  Rappelant que l’Afrique avait parcouru, au cours de ces 50 dernières années, un chemin très difficile, il a fait remarquer que le continent luttait toujours, aujourd’hui, pour avoir un contrôle sur ses ressources économiques.  Ces ressources, a-t-il dit, profitent encore à d’autres continents.  Les pays africains ont entrepris de nombreux efforts pour prévenir les conflits ou pour assurer une médiation dans les conflits qui ont éclaté, a-t-il assuré. 

Malgré des gains dans le contexte de la paix et de la sécurité, notamment à travers la création d’un système d’alerte rapide sur le continent, il subsiste de nombreux défis, en particulier dans le domaine de la réduction de la pauvreté.  Il a émis l’espoir que les efforts déployés permettront au continent de progresser.  La communauté internationale devrait y apporter un appui.  « La convocation de réunions de haut niveau en marge de l’Assemblée générale souligne l’importance que les Nations Unies accordent à l’Afrique », a-t-il dit, tout en plaidant pour davantage de consultations entre l’ONU et l’Union africaine.

Le représentant a ensuite mis l’accent sur le rôle des organisations régionales, qui sont devenues, a-t-il souligné, des éléments importants pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales à travers leur connaissance de la région et des conflits qui y éclatent.  « Il est important que l’ONU et ses institutions puissent déléguer leurs responsabilités », a-t-il souligné.  C’est pourquoi, il a insisté pour que les organisations régionales soient appuyées, et non écartées par le Conseil de sécurité.  

Il a également plaidé pour le renforcement des liens entre le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine et le Conseil de sécurité de l’ONU, sans toutefois remettre en cause la responsabilité du Conseil de sécurité et du mandat qui lui est confié par la Charte des Nations Unies.  Ces deux organes, a-t-il souhaité, doivent coordonner leurs activités.  Pour ce faire, il a considéré que le Conseil de sécurité devrait être « représentatif des intérêts de tous ».  La majorité des questions examinées par le Conseil de sécurité, a-t-il fait observer, relèvent de l’Afrique or la représentation de celle-ci est à peine d’un cinquième de ses membres.  La demande faite par les États Membres africains visant à attribuer à l’Afrique deux sièges permanents dotés du droit de veto et de deux sièges non permanents est bien connue, a-t-il rappelé.

M. HERMENEGILDE NIYONZIMA (Burundi) a rappelé que son pays, après quatre décennies de conflits récurrents, avait renoué avec la paix et la sécurité en 2005 grâce aux appuis multiformes de la communauté internationale.  Il a assuré que le peuple burundais avait été assagi par les souffrances de la guerre.  Il a remercié l’Union africaine d’avoir désigné l’ancien Président de la République du Burundi, M. Jean-Pierre Buyoya, comme Haut-Représentant de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel.  Rappelant qu’il n’y a pas de paix sans développement et pas de développement sans paix, le représentant du Burundi a indiqué que son pays avait récemment présenté à ses partenaires au développement, à Genève, le Cadre stratégique de croissance et de lutte contre la pauvreté (CSLP II).  Il a remercié la communauté internationale pour les appuis financiers promis lors de la Conférence de Genève.  Il a demandé le déblocage rapide de ces fonds, afin de pouvoir venir en aide aux populations.  L’extrême pauvreté se montre de plus en plus comme une menace à cette paix laborieusement retrouvée.

M. OCTAVIO ERRÁZURIZ(Chili) a réaffirmé l’obligation des États de régler leurs différends de manière pacifique en s’appuyant sur la Charte des Nations Unies.  Il a salué la volonté de régler des conflits en recourant aux mécanismes de droit international.  La coopération Sud-Sud, a-t-il souligné, est importante pour promouvoir la sécurité, la paix et la stabilité sur le continent africain.  Il a salué les progrès réalisés par l’Afrique en matière de démocratie depuis les années 1990.  La Charte de la démocratie dont s’est dotée l’Union africaine représente un progrès significatif, a-t-il dit.  Il est également important que les Nations Unies renforcent leur coopération avec les organisations régionales africaines, en vertu du Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies.  La Commission de la consolidation de la paix (CCP) joue, a-t-il estimé, un rôle crucial pour appuyer les efforts de l’Afrique en faveur des pays sortant d’un conflit.  Le représentant a appuyé l’appel des pays africains pour une meilleure représentation du continent africain au sein d’un Conseil de sécurité réformé.  Le Chili est déterminé, a-t-il assuré, à travailler avec les pays africains et l’Union africaine dans tous les domaines d’intérêts communs.

M. LI BAODONG (Chine) a salué les progrès importants réalisés en Afrique en matière de paix, de sécurité et de développement, tout en reconnaissant que la situation continuait d’être instable dans certaines régions du continent.  Il a souligné la nécessité pour la communauté internationale d’appuyer tous les efforts entrepris par l’Afrique pour régler ses conflits par le biais du dialogue et de la consultation.  Le représentant a appelé la communauté internationale à tirer les leçons des conséquences humanitaires catastrophiques de l’intervention en Libye, sous le prétexte d’une intervention humanitaire.  L’ONU doit renforcer sa coopération avec l’Union africaine, a insisté le représentant de la Chine avant d’appeler à prêter une plus grande attention aux causes profondes des conflits qu’elles soient historiques, territoriales, ethniques ou autres.  L’année dernière, a-t-il rappelé, la Chine avait organisé la cinquième réunion ministérielle sur les partenariats entre la Chine et l’Afrique en matière de sécurité et s’était engagée, à cette occasion, à apporter un soutien financier à l’Afrique.  

M. FRANCIS DENG (Soudan du Sud) a estimé qu’il y avait de nombreuses raisons de saluer les progrès réalisés par l’Afrique, en cinq décennies, mais il a, néanmoins, reconnu que la prévention des conflits et leur règlement demeuraient « à la traîne ».  Il a ensuite mis l’accent sur les causes sous-jacentes de ces conflits, en particulier sur le non-respect de la diversité des groupes ethniques et sur les disparités sur lesquelles étaient fondées le colonialisme et qu’il a, malgré tout, entretenues. 

Il a ensuite fait remarquer qu’il persistait, au sein du monde politique, une tendance visant à ne pas reconnaître l’identité comme étant un facteur de conflit, au même titre que l’accès aux ressources énergétiques, par exemple.  En effet, certains groupes demeurent exclus d’un accès à ces ressources, en raison de leur appartenance ethnique.  Les sciences sociales, a-t-il dit, démontrent que l’identité n’est pas forcément ce que l’on est mais la manière dont les individus sont perçus.  « La façon dont on gère l’identité est cruciale dans la prévention et le règlement des conflits », a insisté le représentant, en rappelant que les processus inclusifs étaient le fondement même de tout dialogue.

« L’Afrique a beaucoup progressé.  Sa décolonisation est l’une des manifestations parmi les plus significatives de l’OUA mais, a-t-il dit, l’expérience montre qu’on a besoin d’une complémentarité entre les organisations régionales ou sous-régionales et les Nations Unies.  C’est pourquoi, a-t-il souligné, il est important qu’il y ait un plus grand partage des responsabilités entre l’ONU et l’Union africaine.

M. FERNANDO ARIAS (Espagne) a fait remarquer que « les évènements en Afrique transcendent la sphère régionale et acquièrent une dimension globale ».  La bonne gouvernance, la sécurité et le développement sont plus liés que jamais et les efforts conjoints de la communauté internationale sont nécessaires pour combiner ces trois éléments.  L’Espagne, a rappelé le représentant, appuie l’architecture de paix et de sécurité adoptée par l’Union africaine en 2002.  Elle a signé, en 2009, un accord de coopération avec l’Union africaine pour un montant de 30 millions d’euros, dont 40% étaient dédiés au secteur de la paix et de la sécurité.  L’Espagne a également un programme de coopération avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a rappelé son représentant.

En outre, a expliqué M. Arias, l’Espagne contribue depuis 1989 aux missions internationales de paix en Afrique, dans le cadre de l’ONU, de l’Union européenne et de l’Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN).  Ces dernières années, sa présence a été particulièrement significative dans la corne de l’Afrique, en Libye et au Sahel.  Répondant à la crise malienne, l’Espagne a fourni un avion C-130 pour transporter des troupes, des ressources et du matériel dans la région et ravitailler en carburant l’opération française Serval et la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA).  En conclusion, le représentant a estimé que le règlement pacifique des conflits en Afrique et dans le reste du monde passait par le renforcement des mécanismes de la diplomatie préventive et de la consolidation de la paix.  En septembre dernier, l’Espagne avait lancé, conjointement avec le Maroc, une initiative pour promouvoir la médiation dans la région Méditerranée.  De même, l’Espagne parraine le Dialogue des civilisations.

M. DESRA PERCAYA (Indonésie) a noté que le nombre de conflits armés était passé de 30 à la fin de la guerre froide à un peu plus d’une douzaine.  Dans le même temps, le nombre de démocraties est passé de 3 à 25 et 20 pays africains vont tenir des élections libres en 2013.  Il n’est donc pas surprenant, a-t-il ajouté, que la croissance économique du continent soit forte et résiliente.  Notant la persistance de conflits et la fragilité de la paix dans certains pays, le représentant de l’Indonésie a souligné la nécessité de renforcer le maintien de la paix, la consolidation de la paix et le développement.  Tout en rappelant le caractère indispensable de l’appui de l’ONU aux efforts de l’Union africaine, il a estimé que les résultats ne pourront être durables tant que les pays africains ne pourront assurer eux-mêmes le règlement des conflits.  Le représentant a aussi mis l’accent sur la nécessité pour l’Union africaine et les pays africains de mieux préparer la gestion des catastrophes naturelles, des maladies et des déplacements de populations. 

M. Percaya a souhaité que les attentes et besoins des pays africains soient reflétés dans les objectifs de développement post-2015.  Il a précisé que 354 Casques bleus indonésiens étaient actuellement déployés dans l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD), la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), la Force intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abyei et la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO). 

Mme REGINA MARIA CORDEIRO DUNLOP (Brésil) a expliqué que son pays défendait les principes de prévention, ainsi que le multilatéralisme, dans le règlement des différends.  « Trop souvent, le recours à la force aggrave le contexte politique et social qui avait entraîné le conflit », a-t-elle prévenu, en notant également l’interdépendance entre la paix, la stabilité et le développement.  Dès lors, la création de nouvelles opportunités pour le développement est un élément essentiel de la prévention des conflits et de l’ordre du jour de la paix, a-t-elle insisté.

Que ce soit dans la corne de l’Afrique, dans la région des Grands Lacs ou dans la zone du Sahel, l’Afrique demeure toutefois confrontée à des défis énormes et à des crises qui s’étendent au-delà des frontières, a-t-elle souligné.  La représentante a mis l’accent sur la nécessité de renforcer la coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales et sous-régionales dans ce contexte.  La coopération entre l’Union africaine et l’ONU est souvent axée sur la crise, mais, a-t-elle suggéré, il serait utile de se concentrer également sur la prévention et le traitement des causes sous-jacentes aux conflits. 

La représentante s’est félicitée par ailleurs de « l’étape historique » qu’a marqué l’adoption par l’Assemblée générale du Traité sur le commerce des armes, le 2 avril dernier.  Elle a, néanmoins, regretté que celui-ci ne vise pas les transferts d’armes à des acteurs non étatiques.  Elle a considéré que ce nouvel instrument constituait un élément clef pour le maintien de la paix et de la stabilité, en particulier sur un continent où les armes légères et de petit calibre font d’importants ravages.

M. MARTEN GRUNDITZ (Suède) a indiqué que son pays contribuait aux efforts visant le règlement pacifique des conflits et le développement en Afrique en fournissant des observateurs militaires, des hommes et femmes officiers de police, ainsi que du personnel civil, dans plusieurs opérations de paix des Nations Unies et de l’Union européenne.  La Suède, a-t-il ajouté, joue un rôle clef en matière d’aide humanitaire pour l’Afrique et contribue considérablement aux budgets des fonds et programmes des Nations Unies dans ce domaine.  Le représentant a indiqué que son pays avait également conclu des accords bilatéraux de coopération en faveur du développement avec plusieurs pays africains. 

M. Grunditz a ensuite rappelé qu’en temps de conflit, les gouvernements nationaux ont la responsabilité première de protéger les civils, notamment des actes de violence sexuelle liés aux conflits qui pourraient constituer des crimes de guerre.  Il ne doit pas y avoir d’impunité, a-t-il insisté.  Le délégué de la Suède a par ailleurs invité à prendre en compte le rôle des acteurs non étatiques lorsque les dirigeants élus ne respectent pas les droits des autres parties.  Il a encouragé la participation active des femmes aux processus de paix.  Enfin, il a rappelé que la Suède présidait actuellement la formation de pays du Libéria à la Commission de consolidation de la paix, pays pour lequel un projet pilote de New Deal est mené en lien avec les États-Unis. 

M. HALIT CEVIK (Turquie) a déclaré que les États, les organisations régionales et la communauté internationale ont un rôle à jouer en travaillant ensemble en faveur du règlement pacifique des différends.  L’Afrique a déployé de remarquables efforts pour instaurer la démocratie dans les pays du continent et mettre fin aux conflits, a ajouté le représentant.  Il incombe en premier lieu aux États de prendre les mesures nécessaires pour prévenir les conflits.  Ils doivent garantir la paix et la sécurité dans leur région respective par la promotion du dialogue, la réconciliation, la coopération, la promotion de l’état de droit, la bonne gouvernance et la mise en place d’institutions inclusives et transparentes.  Les efforts régionaux et internationaux doivent appuyer et compléter les efforts entrepris par les gouvernements en matière de prévention. 

Les mécanismes de prévention des conflits développés par l’Union africaine méritent d’être salués car, a-t-il dit, ils ont permis au continent africain plus de stabilité.  L’Union africaine a aussi fait un travail remarquable en matière de gouvernance, de développement et d’intégration qui sont importants pour prévenir les conflits, a-t-il ajouté.  À cet égard, a estimé le représentant de la Turquie, le système des Nations Unies, et en particulier les institutions spécialisées, a un rôle spécifique et unique.  M. Cevik a également estimé que le développement économique et social, grâce notamment à un partage équitable des richesses et des ressources, était le meilleur moyen de prévenir les conflits.  La Turquie, conjointement avec la Finlande, œuvrent à la promotion du rôle de la médiation dans le cadre des « Amis de la médiation », au sein du système des Nations Unies.  La Turquie, en tant que partenaire stratégique de l’Union africaine, continuera d’appuyer les efforts de médiation, de prévention, de maintien de la paix et de renforcement de l’état de droit.  Le nombre des ambassades turques en Afrique est passé de 12 à 34 en quatre ans, a assuré le représentant.  En outre, la Turquie a activement appuyé le rapprochement entre le Soudan et le Soudan du Sud, la stabilité dans la corne de l’Afrique et l’action humanitaire en Somalie, a-t-il indiqué.  Plus globalement, la Turquie intensifie ses relations commerciales avec l’Afrique, contribuant ainsi au développement du continent, a-t-il dit en conclusion.

M. RAGUTTAHALLI RAVINDRA (Inde) a rappelé que le Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies reconnaît le rôle important des organisations régionales et que les efforts de coopération entre l’Organisation des Nations Unies et les organisations régionales ou sous-régionales fournissent, aujourd’hui, des résultats dans le cadre de crises ou de conflits sur le continent.  « Lorsque le partenariat repose sur un objectif commun, les chances d’obtenir des résultats concrets sont d’autant plus grandes », a-t-il assuré, tout en demandant à l’ONU « d’agir de manière impartiale ». 

Le représentant a ensuite fait observer que le partenariat avec les pays africains, par le biais du Forum Inde-Afrique, permettait, par exemple, de nouer des contacts privilégiés entre étudiants indiens et africains ou d’aider le secteur des petites et moyennes entreprises.  Il a également indiqué que son pays continuera à apporter un appui aux efforts entrepris par l’Afrique, en particulier dans le domaine du maintien de la paix.  Il a précisé que plus de 6 000 soldats indiens participaient à des opérations de maintien de la paix sur le continent africain.

M. HERMAN SCHAPER (Pays-Bas) a rappelé l’importance de la responsabilité des États en conflit de protéger la population civile.  Il a également souligné le rôle que joue la Cour internationale de Justice (CIJ), principale instance judiciaire de l’ONU, et la Cour permanente d’arbitrage pour régler les conflits de manière pacifique.  Le représentant a encouragé le Conseil de sécurité et l’Union africaine, notamment son Conseil de paix et de sécurité, à recourir davantage à ces institutions afin d’éviter des conflits et de lutter contre l’impunité.  Il a salué l’ambition de l’Union africaine de stabiliser la région par la mise en place d’une architecture de paix et de sécurité africaine.  Les Pays-Bas, a-t-il dit, ont consacré 3 millions d’euros au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, à la mise en place du mécanisme d’alerte rapide et de la force en attente. 

Le représentant a également cité l’attribution de 300 000 euros au programme de renforcement des capacités de l’Union africaine, en collaboration avec le Département des opérations de maintien de la paix et 5 millions d’euros à la gestion de la crise malienne.  Il a expliqué que ces contributions font partie de nos efforts collectifs pour aider l’Union africaine à faire face elle-même à ses problèmes.  Il faudrait s’attaquer aux causes profondes des conflits, a-t-il souligné, en rappelant qu’il n’y avait pas de paix sans développement, ni de développement sans paix.  À ce jour, a-t-il regretté, aucun Objectif du Millénaire pour le développement n’a été atteint dans les États fragiles.

M. CESARE MARIA RAGAGLINI (Italie) a salué les outils mis en place par l’Union africaine dans le domaine de la gestion des conflits ou de la réponse aux crises, avec l’appui de la communauté internationale.  Il a ensuite insisté sur la nécessité de continuer à aider les pays africains à faire face à de nombreux défis, en particulier en lui fournissant des ressources adéquates pour les aider à renforcer leurs capacités nationales.  Il a estimé que la crise au Sahel témoignait de la persistance de l’influence militaire sur la vie politique.  « C’est pourquoi, il faudrait que les institutions nationales soient plus solides, que les droits de l’homme soient respectés et que la pauvreté soit éradiquée », a-t-il dit.  La communauté internationale devrait, pour sa part, fournir un appui de façon cohérente et coordonnée.

Le représentant a ensuite précisé que l’Italie s’était fermement engagée en faveur des efforts visant à la prévention et au règlement des conflits en Afrique, en apportant son appui au continent, par le biais d’une coopération bilatérale avec des pays africains ou par le biais des programmes du système de l’ONU, dans de nombreux domaines allant de l’allègement de la dette à la lutte contre le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose, ainsi qu’à travers des projets d’éducation, de développement rural ou de programmes de création d’opportunités d’emploi. 

M. JEFFREY DELAURENTIS (États-Unis) a souligné que l’appropriation nationale et le renforcement des capacités étaient essentiels pour parvenir à une solution durable des conflits.  Dans ce contexte, la mise en place de l’architecture africaine pour la paix et la sécurité est essentielle.  La coopération entre l’ONU et l’Union africaine est importante, a déclaré le représentant, en mettant l’accent sur le rôle qu’a joué le Bureau de l’ONU auprès de l’Union africaine pour contenir les conflits en Somalie, en RDC et au Mali.  La prévention des atrocités est un autre élément clef du règlement des conflits et une des priorités des États-Unis.  Le représentant a aussi souligné l’importance de déceler, à temps, les signes avant-coureurs des atrocités.  Il a ajouté que la réconciliation et les réparations sont autant d’éléments importants qui permettent aux sociétés de panser leurs blessures tout en instaurant la démocratie.  Avant de conclure, il a insisté sur le rôle des femmes et des jeunes dans les processus de règlement des conflits.

M. YOUSEF SULTAN LARAM (Qatar) s’est dit convaincu que le rôle entrepris par l’Union africaine accélèrerait le rythme de la stabilité espérée sur le continent africain.  Il a ensuite réaffirmé l’engagement de son pays en faveur du renforcement des moyens de régler les conflits de manière pacifique.  Il a également insisté sur l’importance des partenariats stratégiques entre l’ONU et l’Afrique, en particulier dans les États africains qui ont connu aussi bien des conflits internes que des conflits internationaux.  À cet égard, il a estimé que la médiation était un instrument clef pour prévenir la reprise des conflits.  L’Assemblée générale, a-t-il dit, devrait envisager les mesures visant à renforcer la médiation. 

Le représentant a ensuite rappelé que le Qatar contribuait aux efforts visant à réduire les tensions dans des États en conflit, en encourageant les parties à s’asseoir à la table des négociations.  Il a illustré ces efforts en citant l’exemple du Darfour, où le processus de Doha avait conduit les parties au conflit à signer un accord.  Il a également précisé que le Qatar fournissait à plusieurs pays africains une aide au développement.

M. PETR ILIICHEV (Fédération de Russie) a déclaré que les pays africains pouvaient être fiers des progrès économiques et sociaux accomplis au cours de ces dernières années.  Il a appelé à une meilleure coordination de tous les efforts visant à éliminer les causes systémiques des conflits, en citant le terrorisme international, l’extrémisme religieux, la criminalité transnationale organisée, le trafic de drogues et d’armes et l’exploitation illégale des ressources naturelles.  Il a réaffirmé l’engagement de la Fédération de Russie de soutenir la mise en œuvre intégrale de l’architecture de paix et de sécurité de l’Union africaine, notamment le Groupe des Sages, le Cadre d’action de l’Union africaine pour la reconstruction et le développement postconflit et le système d’alerte rapide à l’échelle du continent, ainsi que la mise en place de la Force africaine en attente.  Le représentant a insisté sur la mise en œuvre des dispositions du Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies qui encouragent les organisations régionales et sous-régionales à prendre des initiatives en matière de diplomatie préventive et de règlement pacifique des différends.  Il a également souligné l’importance des réunions annuelles entre le Conseil de sécurité de l’ONU et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, ainsi que les échanges d’exposés entre les dirigeants de ces deux organes.

M. MASOOD KHAN (Pakistan) a estimé que le XXIe siècle serait celui de l’Afrique qui, a-t-il fait remarquer, a œuvré pour assurer sa stabilité, atteindre dans plusieurs pays des taux de croissance économique élevés et gérer les conflits en Somalie, en Sierra Leone, au Libéria ou en Côte d’Ivoire.  « L’Afrique a déjà payé un lourd tribut en raison de ces conflits mais elle va de l’avant, a-t-il dit.  « Aujourd’hui, nous sommes face à une Afrique confiante, qui a pris en main son destin et qui est déterminée à régler les conflits et à progresser sur le plan économique », a-t-il déclaré.  M. Khan a aussi salué l’architecture solide qu’elle a mise en place pour la prévention et la gestion des conflits sur le continent.

Malgré ces tendances « fortes et positives », le représentant a cependant regretté que les situations de conflit en Afrique constituent l’essentiel de l’ordre du jour du Conseil de sécurité.  Il s’est aussi inquiété de l’émergence de nouvelles menaces, telles que le terrorisme, la piraterie ou les trafics illicites.  C’est pourquoi, il a estimé que l’ONU devrait adopter une stratégie cohérente en faveur de l’Afrique et se concentrer sur l’instauration d’institutions légitimes et capables.  L’ONU devrait aussi assister les pays africains à renforcer les capacités nationales et à miser sur la participation des jeunes au processus de développement.  Les promesses faites dans ces domaines devraient être respectées.  Le représentant a, en outre, plaidé pour une représentation de l’Afrique dans le système du commerce et de la finance mondiale sur une base équitable. 

Avant de conclure, M. Khan a souligné que son pays avait contribué au cours des 53 dernières années au maintien et à la consolidation de la paix sur le continent.  Il a indiqué que 132 soldats de la paix pakistanais étaient morts dans le cadre d’opérations de maintien de la paix, dont 119 en Afrique.  À ce jour, le Pakistan fournit 8 221 Casques bleus aux opérations de maintien de la paix, dont 8 075 sont déployés en Afrique.

M. PETER SILBERBERG (Allemagne) a salué une Afrique qui assume de plus en plus son rôle face aux défis qui se posent en matière de paix et de sécurité.  Il a assuré que l’Allemagne appuyait la mise en œuvre intégrale de l’architecture de paix et de sécurité de l’Union africaine tant par la voie diplomatique que par la coopération bilatérale.  Entre 2009 et 2013, l’Allemagne avait consacré 19 millions de dollars à l’Union africaine, a-t-il rappelé. 

Le représentant de l’Allemagne a souligné par ailleurs qu’il était impératif pour les pays en conflit de protéger la population civile, et en particulier les femmes et les enfants.  La communauté internationale doit aider l’Afrique à faire face à l’ampleur des défis auxquels l’Union africaine est confrontée, a-t-il souligné. 

M. OSCAR LÉON GONZÁLEZ (Cuba) a rappelé les liens historiques étroits qui existent entre Cuba et le continent africain.  Il a précisé que la première fois que Cuba avait déployé, au titre de la coopération, des médecins hors de ses frontières, ce fut vers l’Afrique.  Le représentant a ensuite estimé que la situation actuelle en Afrique témoigne d’un ordre international injuste et des inégalités qui perdurent dans les échanges internationaux. 

Le représentant de Cuba a estimé que, dans la recherche d’une solution à un conflit, il faudrait examiner de manière approfondie ses véritables causes.  « Lorsqu’il s’agit de l’Afrique dans le cadre des activités des Nations Unies, les discussions portent principalement sur les « prétendues » questions de sécurité, et on évite, ainsi, de prêter une attention urgente aux graves problèmes économiques et sociaux dans ces pays », a-t-il regretté.  Il a cependant fait remarquer qu’il ne pouvait exister de paix et de stabilité sans développement.  « On ne peut pas envisager la paix et la sécurité lorsqu’un peuple connaît la faim, de graves problèmes d’analphabétisme, un taux élevé de mortalité infantile ou des décès dus à des maladies qui auraient pu être évitées », a poursuivi le représentant.  En conclusion, il a estimé que la dette de la communauté internationale à l’égard de l’Afrique était considérable et qu’elle ne pouvait plus, dès lors, tarder à lui apporter son aide.

M. GEIR O. PEDERSEN (Norvège) a constaté que, malgré les signes prometteurs apportés par la « renaissance africaine », le continent fait face à des défis de taille, à commencer par l’évolution « alarmante » de la situation au Mali, en République démocratique du Congo et en République centrafricaine.  Il s’est également inquiété de la précarité de la situation dans la corne de l’Afrique, l’Ouest du continent et la région du Sahel, de la fragilité des progrès réalisés en Somalie, ainsi que du processus de paix entre le Soudan et le Soudan du Sud.  Le représentant a aussi insisté sur l’importance de lutter contre la pauvreté extrême.  Il faudrait, a-t-il ajouté, réformer le secteur de la sécurité pour qu’il soit « effectif, professionnel et responsable », car, a-t-il dit, c’est la pierre angulaire pour l’édification de la paix et d’un développement durable.  Le représentant a estimé également que le renforcement des capacités nationales, notamment par le biais de la mobilisation des ressources du pays concerné était fondamentale.  L’Afrique ne pourra pas avancer sans assurer pleinement l’autonomisation des femmes, a-t-il dit avant de conclure.

M. RIADH BEN SLIMAN (Tunisie) a rappelé que l’Union africaine avait été créée pour coordonner et diriger les efforts des pays du continent axés sur la sécurité et le développement.  Il a estimé que la marche de l’Afrique vers l’édification des institutions, notamment en ce qui traite de la paix et de la sécurité, n’est plus à démontrer.  Ce processus, qui a démarré en 1993 au Caire, a permis à l’Union africaine de disposer désormais d’une architecture complète qui répond à tous les problèmes de sécurité auxquels le continent est confronté.  Le représentant a souligné l’importance du Groupe des Sages, du Cadre d’action de l’Union africaine pour la reconstruction et le développement postconflit et le système d’alerte rapide à l’échelle du continent, ainsi que la mise en place de la Force africaine en attente.  Il a salué la coopération existante entre l’ONU et l’Union africaine, en souhaitant que cette coopération soit davantage développée afin de tenir compte des attributions du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine en matière d’élections, de prévention des conflits et de consolidation de la paix.  Le représentant a appelé la communauté internationale à aider l’Afrique à faire face à ses défis en matière de développement économique et social et, en particulier, le chômage des jeunes.  

Mme JEANNE D’ARC BYAJE (Rwanda) a estimé qu’on ne pouvait pas aborder la question du règlement des conflits sans mettre en évidence leurs causes profondes, notamment l’héritage laissé par le colonialisme, les problèmes d’identité et de nationalité, la pauvreté, l’absence de démocratie ou d’état de droit, ainsi que les ingérences étrangères ou l’exclusion de certains groupes, fondée sur le genre ou la religion.  Elle a ensuite mis l’accent sur la gouvernance démocratique, politique et économique, l’intégration régionale ou sous-régionale, ainsi que de la justice et de la réconciliation, trois domaines importants, a-t-elle dit, qui doivent être pris en compte dans toute méthode de prévention ou de règlement des conflits. 

Mme Byaje a ensuite souligné l’importance des partenariats entre les Nations Unies, l’Union africaine et les organisations sous-régionales dans le domaine de la prévention et de règlement des conflits.  Ce partenariat, a-t-elle insisté, doit être cohérent, efficace et basé sur le respect mutuel.  Il est également important, a-t-elle estimé, que les Nations Unies, en particulier le Conseil de sécurité, s’efforcent d’appuyer les processus de paix régionaux et s’abstiennent de prendre des décisions qui risquent d’affaiblir la portée de cette approche.  Sur le plan de la justice et de la réconciliation, elle a insisté sur le rôle du système de justice traditionnelle, en citant les tribunaux Gacaca qui étaient en vigueur au Rwanda jusqu’en 2012.  Ces tribunaux avaient permis de traiter 2 millions de dossiers en 10 ans, contribuant ainsi au processus de réconciliation nationale au Rwanda après le génocide de 1994.  Elle a aussi réaffirmé le ferme appui de son pays en faveur de la Cour de justice et des droits de l’homme, établie par l’Assemblée de l’Union africaine en 2003.    

M. KOKI MULI GRIGNON (Kenya) a salué les succès de l’Union africaine qui, selon lui, n’auraient pas été possibles sans une coopération stratégique entre elle et les Nations Unies.  Il a toutefois reconnu qu’il restait encore beaucoup à faire pour rationaliser, unifier et rendre plus cohérente cette coopération.  Le représentant a ensuite souligné le rôle important des Nations Unies dans le soutien aux missions de maintien de la paix dans le monde, tout en rappelant que les mandats de ces missions ne devaient être modifiés qu’après consultation des pays contributeurs de troupes.  Il s’est félicité, en particulier, du rôle important que joue l’ONU pour appuyer la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).  Il a également salué les efforts du Secrétaire général de l’ONU pour renforcer le rôle de la médiation dans le règlement pacifique des conflits, ainsi que dans la prévention des conflits.  Enfin, il a demandé de soutenir davantage les organisations régionales et sous-régionales, ainsi que l’Architecture africaine de paix et de sécurité et le Groupe de personnes éminentes du Mécanisme d’évaluation par les pairs.

M. MATEO ESTREME (Argentine) a rappelé qu’il incombait, en premier lieu aux pays africains d’assumer leurs responsabilités en matière de paix et de sécurité pour régler les conflits qui éclatent sur leur continent.  Il s’est dit convaincu qu’il ne peut y avoir de paix sans justice avant de souligner l’importance de la lutte contre l’impunité.  Une nouvelle ère de la reddition des comptes s’est ouverte avec la création de tribunaux ad hoc des Nations Unies, a-t-il dit.  Le plus grand succès en matière de lutte contre l’impunité est la création de la Cour pénale internationale, juridiction internationale permanente, qui joue un rôle de dissuasion en matière de lutte contre l’impunité, s’est félicité le représentant.

La ratification par 34 pays africains du Statut de Rome témoigne de l’attachement croissant des pays de ce continent à la lutte contre l’impunité, a assuré le représentant de l’Argentine.  Alors qu’un milliard de personnes souffrent de la faim, le continent africain est le seul où ce problème continue de s’aggraver, a-t-il regretté.  Le protectionnisme international et les subventions agricoles des pays développés, a-t-il estimé, en sont la cause.  C’est pourquoi, a-t-il insisté, la solution doit porter sur une plus grande production de denrées alimentaires auxquelles auront accès un plus grand nombre de personnes en Afrique.  Pour faire face à la crise économique et financière la plus grave que le monde traverse depuis 1929, il faudrait modifier le fonctionnement du système financier international et, plus précisément, de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.

M. SAIFUL AZAM ABDULLAH (Malaisie) a souligné que l’Afrique était un continent important pour son pays, en raison notamment des échanges commerciaux.  Il a toutefois regretté l’instabilité politique et les conflits qui continuent de déchirer les pays d’Afrique, en assurant que la Malaisie appuyait les efforts de paix en cours.  Il a, à cet égard, salué les efforts entrepris par la Commission de la consolidation de la paix des Nations Unies.  Le représentant a ensuite insisté sur la nécessité d’examiner les causes profondes qui ont conduit à ces conflits ou à leur résurgence.

La Malaisie a formé près de 26 000 personnes en Afrique et continuera à appuyer les efforts entrepris dans le domaine maintien de la paix et de la sécurité sur le continent, a indiqué son représentant.  Il a également fait savoir que son pays avait réalisé de nombreux investissements directs en Afrique, créé des usines ou établi des institutions financières, tout en facilitant également les transferts de technologies.  Il a fait remarquer que, selon un rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), la Malaisie était, à la fin de 2011, le troisième investisseur en Afrique.  Rappelant que la date butoir n’était qu’à 32 mois, le représentant a assuré que la Malaisie était prête à appuyer tous les efforts permettant d’aider les pays africains à réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

M. JEAN-FRANCIS ZINSOU (Bénin) s’est félicité de l’adoption, il y a quelques semaines, à l’Assemblée générale, d’un accord pour la lutte contre le trafic des armes légères et de petit calibre.  Il a souhaité que de nouvelles approches soient adoptées et que de nouvelles pistes soient explorées pour renforcer l’architecture de paix et de sécurité de l’Union africaine.  Il a appelé également à une nouvelle approche privilégiant l’appropriation des mécanismes de médiation. 

La résolution 1625 du Conseil de sécurité en date du 14 septembre 2005, a-t-il rappelé, avait souligné la nécessité de s’attaquer à la fois à la promotion du développement durable, à l’élimination de la pauvreté, la promotion de la réconciliation nationale, celle de la bonne gouvernance et l’état de droit, le respect et la protection des droits de l’homme.  En raison des ressources limitées de la plupart des pays africains, un pouvoir trop centralisé, a-t-il estimé, ne peut s’occuper des régions qui s’estiment à tort ou à raison écartées du partage des bénéfices de la nation.  C’est pourquoi, le Bénin avait adopté une charte de la gouvernance locale avec pour but d’assurer la promotion de la décentralisation et de la démocratie locale.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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