Assemblée générale: fin du débat sur la Commission de consolidation de la paix sur fond de crise en Guinée-Bissau et en République centrafricaine

27 mars 2013
AG/11353

Assemblée générale: fin du débat sur la Commission de consolidation de la paix sur fond de crise en Guinée-Bissau et en République centrafricaine

27/3/2013
Communiqué de presse
AG/11353
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale                                         

Soixante-septième session                                  

70e séance plénière – matin

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE: FIN DU DÉBAT SUR LA COMMISSION DE CONSOLIDATION DE LA PAIX

SUR FOND DE CRISE EN GUINÉE-BISSAU ET EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

Une dizaine de délégations a conclu ce matin le débat, entamé hier, sur les réalisations de la Commission de consolidation de la paix (CCP), sur fond de crise en Guinée-Bissau et en République centrafricaine, inscrits à l’ordre du jour de la Commission.  La place centrale que doit accorder la CCP à l’appropriation nationale a de nouveau fait l’objet de plusieurs observations.

Le représentant de la Guinée s’est ainsi félicité des « progrès encourageants » enregistrés par la CCP au cours de l’année 2012, tout en estimant que ces résultats pouvaient être encore améliorés, notamment en ce qui concerne l’interaction de la CCP avec les autorités des pays inscrits, à l’instar du sien, à son agenda.

Il a appelé la Commission à envisager la mise en place d’un cadre permanent de concertation entre les organisations sous-régionales, comme l’Union du fleuve Mano, et les Présidents des formations pays de la Guinée, de la Guinée-Bissau, du Libéria et de la Sierra Leone.

Les efforts déployés par le Bureau d’appui de la CCP en Côte d’Ivoire, au titre de l’élaboration d’une stratégie de réforme du secteur de la sécurité (RSS) en collaboration avec l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), ont été salués par la représentante du Sénégal.

Elle a toutefois jugé important de veiller à ce que la planification de la consolidation de la paix soit axée sur la demande et les besoins des États.  La représentante de la Norvège, notant que l’appropriation nationale est un élément clef de l’initiative du Secrétaire général intitulée « Des moyens civils à la hauteur des situations postconflictuelles », s’est félicitée du soutien du Comité d’organisation de la CCP à cette initiative.

La situation en Guinée-Bissau et en République centrafricaine exige, a tranché le représentant de la Fédération de Russie, que les États analysent d’abord l’efficacité et la pertinence de la CCP dans ces pays.  De toute évidence, le maintien de la paix n’y a pas fonctionné et l’on voit que les recettes qui ont su faire leurs preuves ailleurs ne peuvent être appliquées partout.

Même si l’environnement de la consolidation de la paix varie de pays en pays, l’on voit tout de même des points communs, a estimé pour sa part le représentant du Népal, un pays fort de « son expérience en maintien de la paix à l’extérieur et en consolidation de la paix à l’intérieur ».  Il a jugé bon que le Groupe de travail sur les leçons apprises de la CCP soit renforcé et que ses conclusions soient mieux intégrées dans les activités de consolidation de la paix.

S’agissant plus particulièrement de la situation en Guinée-Bissau, le représentant du Portugal s’est dit convaincu que la formation spécifique de la CCP pouvait fournir un soutien politique au Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau (BINUGBIS) et faciliter le dialogue dès qu’un accord politique plus large permettra d’aller de l’avant.

Outre la Guinée-Bissau et la République centrafricaine, la CCP a à son ordre du jour le Burundi, la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone.  Pour ce qui est du financement, la représentante de la Suède a fait remarquer que le Fonds pour la consolidation de la paix n’a qu’un rôle complémentaire.  Le Fonds étant en réalité, un mécanisme catalyseur, il ne saurait être la principale source de financement de la consolidation de la paix, a renchéri la représentante de la Norvège.  Son homologue du Pakistan a tout de même souhaité que la base des donateurs du Fonds soit élargie. 

Pour l’examen de ces questions, l’Assemblée était saisie du rapport d’activité de la Commission de consolidation de la paix* et du rapport du Secrétaire général sur le Fonds pour la consolidation de la paix**.

DÉBAT SUR LE RAPPORT DE LA COMMISSION DE CONSOLIDATION DE LA PAIX (CCP) ET SUR LE RAPPORT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL RELATIF AU FONDS POUR LA CONSOLIDATION DE LA PAIX (A/67/711 ET A/67/715)

Suite des déclarations

Mme SIGNE BURGSTALLER (Suède) a invité le Bureau d’appui pour la consolidation de la paix à activer ses réseaux, pour renforcer son activité principale de soutien au Comité organisationnel de la CCP et aux formations spécifiques à des pays.  Il faudrait ainsi établir des partenariats avec les acteurs internationaux comme les institutions financières internationales et les organisations régionales.  En ce qui concerne le Fonds pour la consolidation de la paix, elle a rappelé que depuis sa création en 2006, la Suède était un des donateurs principaux.  En tant que Présidente du Groupe consultatif du Fonds, la Suède se concentre sur les résultats, sur le contrôle et l’évaluation, ainsi que sur le rôle du Fonds dans l’architecture de consolidation de la paix.  La représentante s’est félicitée de ce que le Fonds ait renforcé ses activités en matière de contrôle et d’évaluation.  Le Fonds joue un rôle complémentaire à celui des autres mécanismes lorsqu’une action mondiale est nécessaire, a-t-elle estimé. 

La Suède a aussi présidé la formation Libéria, a rappelé Mme Burgstaller, en soulignant l’expérience ainsi acquise par son pays.  Elle a par ailleurs mis l’accent sur l’importance de la coopération entre l’ONU et les institutions financières internationales, comme la Banque mondiale et la Banque africaine de développement.  Notre expérience a également démontré la nécessité d’intégrer les efforts de consolidation de la paix aux structures de coordination de chaque pays.  C’est pourquoi, a-t-elle estimé, la CCP et le Fonds doivent renforcer les mesures de coordination dans le cadre d’« Unis dans l’action ».  La CCP doit aussi prendre en compte les priorités nationales des pays inscrits à son ordre du jour, a-t-elle ajouté. 

Mme SEWA LAMSAL ADHIKARI (Népal) a souligné que l’expérience de son pays en matière de maintien de la paix à l’extérieur et de consolidation de la paix dans le pays montre que les femmes ne sont pas seulement celles qui souffrent le plus lors d’un conflit mais qu’elles sont aussi des pacificatrices et le fondement même de la cohésion sociale.  S’appuyant sur les résolutions 1325 et 1820 du Conseil de sécurité, le Népal a préparé son Plan national d’action pour faire des femmes une partie intégrante de la consolidation de la paix.  Il est clair, a reconnu Mme Adhikari, que le développement et la sécurité se renforcent mutuellement et qu’il doit y avoir un équilibre délicat entre les deux pour mener un pays vers une phase de postconflit.  La CCP doit placer l’appropriation nationale au cœur de ses activités pour assurer paix et développement.  De la même manière, la coordination et la cohérence sont vitales.  Il faut aussi une synergie entre la CCP et le Fonds pour avoir un maximum d’impact sur le terrain.  La représentante a appelé à une augmentation substantielle des contributions au Fonds.

Même si l’environnement de la consolidation de la paix varie de pays en pays, l’on voit tout de même des points communs.  C’est la raison pour laquelle, a estimé la représentante, le Groupe de travail sur les leçons apprises doit être renforcé et utilisé pleinement.  Une meilleure intégration de ses conclusions dans les activités de consolidation de la paix ne peut qu’améliorer l’efficacité sur le terrain. 

M. LUIS AUGUSTO FERNANDES GASPAR DA SILVA (Portugal) a mis l’accent sur les défis en matière de consolidation de la paix en Guinée-Bissau, en Sierra Leone, au Burundi et en République centrafricaine.  S’agissant de la Guinée-Bissau, il s’est dit convaincu que la formation de la Commission de consolidation de la paix pour ce pays pouvait fournir un soutien politique au Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau (BINUGBIS) et faciliter le dialogue dès qu’un accord sera intervenu.  Il a souligné qu’il était indispensable que la restauration de l’ordre constitutionnel soit accompagnée d’un engagement de la communauté internationale en faveur de la stabilité et du développement de la Guinée-Bissau.  La formation de la CCP a aussi comme rôle de promouvoir et de faciliter un tel engagement, a-t-il, insisté. 

M. da Silva a estimé que des progrès étaient nécessaires pour définir le rôle politique des présidents des formations de la CCP en tenant compte de celui des autres acteurs du système de l’ONU -en particulier les représentants spéciaux du Secrétaire général– afin d’éviter tout double emploi et d’encourager la complémentarité.  Dans ce contexte, il a salué l’amélioration observée en 2012 de l’interaction entre le Conseil de sécurité et la Commission de consolidation de la paix.  Soulignant les domaines prioritaires, M. da Silva a estimé que les débats sur les questions transfrontalières, notamment la criminalité transnationale organisée en Afrique de l’Ouest, ont été prometteurs en offrant une dimension régionale aux travaux de la Commission.  Il a salué aussi la contribution de l’Union du fleuve Mano à ces débats.  Quelle que soit la diversité des situations, il y a des principes fondamentaux et des leçons apprises qui doivent guider nos travaux, a insisté le représentant du Portugal avant de mettre l’accent sur la priorité du renforcement des institutions nationales.

M. MAMADI TOURÉ (Guinée) s’est félicité des « progrès encourageants » enregistrés par la CCP au cours de l’année 2012, tout en estimant que ces résultats pouvaient être encore améliorés, notamment en ce qui concerne l’interaction de la CCP avec les autorités des pays inscrits à son agenda, l’accompagnement politique et ses méthodes des travail.  Il a estimé que les autorités nationales doivent être « étroitement » associées à la préparation et à la conduite des travaux de la CCP.  M. Touré a aussi exhorté la CCP à redoubler d’efforts dans le domaine de la mobilisation de ressources, notamment en assistant les pays inscrits à son agenda dans la mise en place de dispositifs nationaux capables d’attirer un soutien financier et technique durable.

Le représentant de la Guinée a ensuite fait savoir que « l’étroite collaboration » entre son gouvernement et le Fonds pour la consolidation de la paix avait débouché sur des avancés significatives dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité, surtout après la mise à la retraite de 3 928 soldats.  Malgré ses « maigres moyens », la Guinée avait contribué au financement du quart de l’enveloppe globale.  Le représentant a également expliqué que le Fonds avait permis de financer le recensement biométrique des effectifs de l’armée, initiative qui, a-t-il expliqué, avait permis d’identifier les réformes nécessaires pour la réorganisation du système de gestion des ressources humaines de l’armée. 

En outre, le déploiement à Conakry d’un conseiller de haut niveau et d’une équipe d’experts pour l’appui stratégique de la réforme du secteur de la sécurité (RSS)a permis d’enregistrer une plus grande implication des parties prenantes nationales dans la mise en œuvre efficace d’une stratégie de RSS, s’est-il félicité.  M. Touré a par ailleurs appelé la CCP à envisager la mise en place d’un cadre permanent de concertation entre les organisations sous-régionales, comme l’Union du fleuve Mano, et les Présidents des formations pays de la Guinée, de la Guinée-Bissau, du Libéria et de la Sierra Leone.

M. PETR V. ILIICHEV (Fédération de Russie) a constaté que malgré les efforts déployés, l’aide apportée aux pays inscrits à l’ordre du jour de la CCP reste fragmentée.  Il a engagé la CCP à coordonner les questions transversales examinées par une multitude d’organes.  La situation en Guinée-Bissau et en République centrafricaine, a-t-il dit, mérite que les États Membres analysent attentivement l’efficacité et la pertinence de la CCP dans ces pays.  De toute évidence, a-t-il tranché, le maintien de la paix n’y a pas fonctionné et l’on voit que les recettes qui ont su faire leurs preuves ailleurs ne peuvent être appliquées partout.

La CCP doit de se pencher sur les problèmes propres à chaque pays et, à ce titre, il a vu dans le règlement de problèmes sociaux une mesure capable de permettre aux pays de surmonter leurs « contradictions politiques ».   Après avoir salué l’ambition du travail à venir de la CCP, le représentant a fait savoir que la Fédération de Russie continuera de verser 2 millions de dollars par an au Fonds pour la consolidation de la paix, amenant ainsi à 10, sa contribution totale.

M. HUGH DUGAN (États-Unis) a noté les avancées de la consolidation de la paix en Sierra Leone et au Libéria et a dénoncé les évènements en République centrafricaine.  Il a estimé que la collaboration entre les Nations Unies et d’autres organisations internationales, le secteur privé et les organisations philanthropiques est indispensable.  D’autres partenariats sont à explorer, a-t-il dit.  Il a surtout exhorté la CCP à déterminer de meilleures formes de collaboration avec les pays inscrits à son ordre du jour où les résultats sont mitigés.  La CCP doit se concentrer sur la collaboration avec les gouvernements.  En ce qui concerne le Fonds pour la consolidation de la paix, des efforts supplémentaires doivent être déployés afin de combler les lacunes parce que les donateurs traditionnels ne peuvent pas tout assumer. 

M. KNUT LANGELAND (Norvège) a estimé que les résultats mitigés de la CCP démontrent que la consolidation de la paix est un processus pour lequel il n’y a pas de réponse facile.  Il a invité à conjuguer patience et détermination politique.   La CCP doit se concentrer sur l’appropriation nationale du processus de paix et la réconciliation, a-t-il estimé, soulignant la nécessité pour ces processus d’inclure tous les segments de la société, notamment les femmes.  À cet égard, il a demandé la pleine application du Plan d’action en sept points.

L’appropriation nationale est un élément clef de l’initiative sur les moyens civils à la hauteur des situations postconflictuelles, a poursuivi M. Langeland, se félicitant du soutien du Comité d’organisation de la CCP à cette initiative.  Il a aussi salué les efforts de la CCP pour développer des partenariats plus forts avec tous les acteurs, dont les institutions financières internationales.  Il faut aussi solliciter les fondations, les organisations philanthropiques et le secteur privé, a-t-il conseillé.  Les partenariats sont essentiels à la mobilisation des ressources, a-t-il souligné, avant de saluer la contribution du Fonds pour la consolidation de la paix.  Ce Fonds est un fonds catalyseur.  Il ne doit donc pas être la seule source de financement des processus de consolidation de la paix dans les pays, a-t-il dit, encourageant donateurs traditionnels et non traditionnels, dont les économies émergentes, à y contribuer.  Il a aussi suggéré d’examiner la manière de mobiliser les ressources nationales dans les pays concernés, comme la fiscalité.  La CCP, a-t-il conclu, fait partie intégrante de la famille des Nations Unies.  Sur le terrain, elle doit donc appuyer l’équipe de pays et le Représentant spécial du Secrétaire général.

Mme FORTUNA DIBACO CIZARE (Éthiopie) a tout d’abord salué les efforts consacrés par la CCP pour améliorer ses rapports avec les principaux organes de l’ONU ainsi que ses méthodes de travail.  Elle a engagé la CCP à inscrire d’autres pays émergeant d’un conflit à son ordre du jour.  Elle a souhaité que les cadres élaborés par la CCP et le Fonds continuent de s’aligner sur les besoins et les priorités identifiés par les pays eux-mêmes.  Elle a également voulu que la participation de la société civile du « Monde du Sud » soit utilisée de manière adéquate.  Mme Cizare a salué l’attention que la CCP accorde à la mobilisation des ressources et la création de partenariats, ainsi qu’à la coordination de l’aide et au renforcement des liens avec la Banque mondiale et la Banque africaine de développement.  Il importe également d’impliquer les fondations, les organisations philanthropiques et le secteur privé, a-t-elle ajouté, à son tour, avant de se féliciter de ce que 88% des projets du Fonds pour la consolidation de la paix soient sur le point d’être mis en œuvre.

M. MANIEMAGEN GOVENDER (Afrique du Sud) a déclaré que les progrès réalisés ont permis des résultats concrets pour les pays figurant à l’ordre du jour.  Ils méritent le plein appui des États Membres.  Il a aussi souligné l’importance de l’appropriation nationale dans le processus de consolidation de la paix et a, à cet égard, noté les gains majeurs réalisés en Sierra Leone.  Des progrès ont aussi eu lieu au Burundi pour ne parler que du renforcement de la cohésion sociale, a-t-il souligné.  Par ailleurs, les événements en République centrafricaine sont préoccupants.  L’Afrique du Sud appuie les déclarations du Conseil sur ce sujet et appelle au respect des Accords de Libreville.  Avant de conclure, le représentant a espéré que le Fonds pourra reprendre son travail au Libéria.  

Mme FATOU ISIDORA MARA NIANG (Sénégal) a souligné que de nombreux défis demeurent, notamment en ce qui concerne la création d’emplois pour les groupes vulnérables comme les jeunes et les femmes, la restauration de l’administration décentralisée et du fonctionnement de l’entité gouvernementale, ainsi que la fourniture de services publics.  Elle a rappelé que la CCP devra jouer pleinement son rôle d’organe consultatif en renforçant sa collaboration avec le Conseil de sécurité, le Conseil économique et social et l’Assemblée générale ainsi que ses liens avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international.

La représentante s’est réjouie des efforts déployés par le Bureau d’appui des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Côte d’Ivoire, au titre de l’élaboration d’une stratégie de réforme du secteur de la sécurité en collaboration avec l’Opération des Nations Unies dans ce pays (ONUCI).  « La maîtrise nationale et le renforcement des capacités des États touchés par les conflits doivent rester au cœur des activités de consolidation de la paix si l’on veut répondre durablement aux besoins de ces pays », a-t-elle déclaré.  À cet égard, elle a jugé important de veiller à ce que la planification de la consolidation de la paix soit axée sur leurs demandes et leurs besoins.  Cela passe par la prise en compte des priorités définies par ces États, mais aussi par la mise en œuvre de politiques viables visant l’autonomisation des acteurs nationaux, en particulier les jeunes.  Enfin, le Sénégal encourage la CCP à promouvoir l’égalité entre les sexes.

M. MASOOD KHAN (Pakistan) a constaté la nécessité de renforcer le rôle de la CCP dans la conception et la mise en œuvre des mandats et activités de l’ONU liés à la consolidation de la paix.   Le Comité d’organisation de la CCP devrait engager des discussions pour se trouver à la CCP une niche dans le processus de prise de décisions de l’ONU s’agissant de la consolidation de la paix.  Le représentant a rappelé qu’alors qu’il présidait le Conseil de sécurité, en janvier dernier, ce dernier a adopté la résolution 2086 qui consacre la centralité de la CCP comme organe consultatif et mobilisateur de ressources pour les activités de consolidation de la paix.  La résolution qui était proposée par le Pakistan découle de son expérience de membre fondateur de la CCP et grand contributeur de troupes aux opérations de maintien de la paix de l’ONU.  La résolution, a insisté le représentant, clarifie le lien entre maintien et consolidation de la paix.  Elle contribue à l’établissement de partenariats forts pour une réponse collective aux défis d’imposition, de maintien et de consolidation de la paix.

Le représentant s’est félicité que les formations pays affinent leur rôle dans le sens de l’appropriation nationale et lancent des initiatives de mobilisation des ressources par le biais d’institutions financières internationales et de sources non onusiennes.  Il a aussi fait remarquer que le Fonds pour la consolidation de la paix, auquel son pays contribue, est une composante essentielle de l’architecture de la consolidation de la paix.  La base des donateurs à ce Fonds doit être élargie, a-t-il lancé, demandant aussi aux États Membres et au Secrétariat de l’ONU de fournir des ressources et une souplesse opérationnelle au Fonds.  M. Khan a enfin salué l’initiative du Secrétaire général de renforcer les capacités civiles.

M. TALAIBEK KYDYROV (Kirghizistan) a indiqué que le Fonds pour la consolidation de la paix avait joué un rôle extrêmement important pour stabiliser son pays après les violences interethniques de 2010 et avait permis de créer la première démocratie parlementaire dans la région.  Depuis, le Fonds a octroyé 10 millions de dollars au Kirghizistan, ce qui a permis au Gouvernement de faire participer les femmes et les jeunes au maintien de la paix et de lancer des programmes de réconciliation entre les communautés, en mettant l’accent sur la gestion des ressources communes, notamment les ressources hydriques.  Le représentant a fait savoir que l’évaluation du Bureau d’appui au maintien de la paix menée en 2012 avait démontré qu’une plateforme sur la lutte contre l’exclusion politique et économique existe bel et bien au Kirghizistan.  Suite à ce processus, il a néanmoins été relevé que le pays a besoin d’un appui financier supplémentaire de la part de ses partenaires.

M. Kydyrov a ensuite remercié le Secrétaire général pour la réponse positive à la lettre que lui a adressée, le 26 septembre 2012, le Président kirghize pour réclamer la prolongation de l’appui du Fonds, notamment en matière de renforcement de l’état de droit, de protection des droits de l’homme et de renforcement des relations interethniques.  Le représentant a par ailleurs annoncé que le Conseil de défense du Kirghizistan a approuvé, il y a quelques jours, la création de l’Agence publique pour les gouvernements locaux et les relations interethniques, ainsi que le Concept pour le renforcement de l’unité nationale et des relations interethniques.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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