La CNUCED XIII ferme ses portes en reconnaissant que « le vent du changement qui souffle sur le monde dit que les populations aspirent à des politiques soucieuses de leurs besoins »

26 avril 2012
TAD/2058

La CNUCED XIII ferme ses portes en reconnaissant que « le vent du changement qui souffle sur le monde dit que les populations aspirent à des politiques soucieuses de leurs besoins »

26/04/2012
Conseil économique et social
TAD/2058
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LA CNUCED XIII FERME SES PORTES EN RECONNAISSANT QUE « LE VENT DU CHANGEMENT QUI SOUFFLE SUR LE MONDE DIT

QUE LES POPULATIONS ASPIRENT À DES POLITIQUES SOUCIEUSES DE LEURS BESOINS »


Dans un contexte de crise économique et financière, le Secrétariat

de la CNUCED hérite d’un mandat identique à celui qui lui a été octroyé en 2008 à Accra


(Publié tel que reçu)


DOHA, QATAR, 26 avril -- Les États membres de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), réunis à Doha depuis le 21 avril, pour la tenue de la treizième session de la CNUCED ont adopté aujourd’hui le « Manar »* et le « Mandat de Doha »**.  Ils reconnaissent dans ces deux textes que « le vent du changement qui souffle dans de nombreuses régions du monde dit que les populations aspirent à des politiques soucieuses de leurs besoins et favorables à des approches participatives et équitables du développement afin d’assurer la prospérité de tous ».


Un « manar » est une source lumineuse forte et brillante qui, tel un phare, oriente les voyageurs, qu’ils se déplacent sur la mer ou sur la terre ferme.  Le terme s’applique également à des personnes ou à des institutions qui diffusent connaissances et savoir autour d’elles.  Dans tous les cas, il évoque l’idée de quelque chose ou de quelqu’un qui oriente et qui guide.


Conformément au thème de cette CNUCED XIII –« Une mondialisation centrée sur le développement: vers une croissance et un développement équitables et durables »-, les États membres font de la mondialisation centrée sur le développement leur cause commune.  Ils reconnaissent « la nécessité de rendre leurs activités économiques plus propices à un changement structurel progressif qui se traduise davantage par une croissance et un développement équitables et durables et par une participation plus large à un nouveau contrat social plus solide ».  Cela reflète l’esprit renouvelé de partenariat « qui nous mène vers la réalisation d’un désir commun de développement pour tous », a commenté le représentant du Qatar, en présentant le « Manar ».


« Nous avons navigué dans des eaux un peu troubles pour finalement arriver à bon port », a-t-il aussi avoué, en parlant du « Mandat de Doha », arraché au petit matin, après cinq jours de négociations « difficiles » entre délégations.  C’est la première fois qu’une session de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement s’ouvre sans un projet d’accord finalisé, alors même que le Secrétaire général de la CNUCED, M. SupachaiPanitchpakdi, alertait, dès le premier jour, du « tournant dangereux de l’évolution des choses en matière de développement » dû à une financiarisation à outrance de l’économie mondiale. 


La CNUCED, qui tenait à Doha sa première session depuis l’éclatement de la crise économique et financière mondiale, n’a pu éviter des points de divergence sur l’opportunité ou non d’élargir le mandat de son secrétariat à l’analyse des causes sous-jacentes de cette crise, du fonctionnement du système bancaire, de la gestion de la dette privée, des implications économiques des changements climatiques et de la facilitation de l’accès aux technologies. 


Le « Mandat de Doha » reconnaît que depuis la CNUCED XII à Accra en 2008, la crise financière a provoqué la première contraction de l’économie mondiale depuis les années 1930, et qu’en dépit des efforts menés par les pays développés et en développement, la reprise économique mondiale demeure fragile.  Parmi d’autres défis à relever, le Mandat de Doha cite la faim, l’insécurité alimentaire, l’instabilité des prix énergétiques et l’accès à l’énergie.  Le texte réaffirme l’« Accord d’Accra » en jugeant que ce dernier poursuivait un programme constructif et ancré dans les trois grands domaines d’action de la CNUCED à savoir: l’analyse directive, la formation de consensus et la coopération technique.  « L’Accord reste donc valide et pertinent », tout comme le rôle de la CNUCED qui avait alors été défini, est-il relevé dans le Mandat.


« La route de Doha a été longue et parfois difficile, et la réalisation de l’objectif que nous nous étions fixés a démontré qu’il existait de nombreux points de désaccord entre les États membres », a commenté aujourd’hui le Secrétaire général de la CNUCED.  Après presque 50 ans d’existence et les transformations immenses qui se sont manifestées dans le système financier international, il était utile, même si cela a été parfois douloureux, de repenser de manière approfondie le mandat de la CNUCED ainsi que son rôle de leadership, sa pertinence et son programme de travail, a déclaré Supachai Panitchpakdi.


Les représentants des pays suivants ont également fait des déclarations de clôture: Panama, Algérie, Zimbabwe, Indonésie, Iran, Chine, Népal et Suisse.  Le représentant de l’Union européenne a également pris la parole.


Entamé le 21 avril, les travaux de la CNUCED XIII ont pris la forme d’un débat général, de manifestations spéciales de haut niveau, de tables rondes, de panels de discussions, sans compter le Forum mondial sur l’investissement.  La CNUCED XIII a aussi célébré la toute première Journée de l’innovation et de la technologie. 


Les travaux ont été inaugurés par l’Émir du Qatar, Cheikh Hamad bin Khalifa Al-Thani, qui a prévenu que « les crises qui ont affecté le monde depuis 2008 ont créé des déséquilibres majeurs qui ne pourront être traités dans leur intégralité ».  La Ministre de l’industrie et du commerce du Ghana et Présidente de la CNUCED XII a passé le relais à M. Hamad Bin Abdulaziz Al-Kuwari, Ministre de la culture, des arts et du patrimoine du Qatar, qui a déclaré aujourd’hui lors de la clôture des travaux: « Nous sommes arrivés à destination et comme tous les voyages importants, ce fut un voyage long et difficile ».  Le consensus manifesté à Doha doit maintenant être assorti d’engagements concrets, et la CNUCED, dotée du « Mandat de Doha », doit devenir un signe de changement et d’espoir pour les plus pauvres, a ajouté le Président de la CNUCED XIII.


*TD/L.425

*TD/L.427 –Version consolidée à paraître.



« Manar de Doha »


Dans ce texte, les États membres de la CNUCED disent également partager la conviction que, grâce à une coopération économique et toujours plus intense, ils peuvent bâtir un monde meilleur en surmontant les divisions tout en respectant les différences.  Nous pouvons et nous devons, ajoutent-ils, libérer de nouvelles forces productives pour élever les niveaux de vie partout et éliminer l’extrême pauvreté.


Nos délibérations à Doha, rappellent-ils, se sont articulées autour de quatre grands thèmes liés à une mondialisation centrée sur le développement.  Premièrement, nous reconnaissons la nécessité de renforcer un environnement favorable à tous les niveaux à l’appui d’une croissance et d’un développement équitables et durables, disent-ils.


Deuxièmement, poursuivent-ils, nous reconnaissons la nécessité de renforcer toutes les formes de coopération et de partenariat pour le commerce et le développement.  Troisièmement, ils affirment que l’économie mondiale est confrontée à plusieurs problèmes, persistants et nouveaux, et que des politiques et mesures correctives, adaptées aux capacités et aux conditions locales doivent être prises afin d’y remédier.  Quatrièmement, ils reconnaissent que promouvoir l’investissement, l’entreprenariat et les politiques de développement correspondants contribuent au renforcement des capacités productives et à une croissance économique soutenue.


Ces quatre grands thèmes sont repris dans la soixantaine de paragraphes du « Mandat de Doha  »qui détaille le rôle de la CNUCED. 


Le document part du postulat qu’ayant un rôle important à jouer, en collaboration avec les parties prenantes privées, l’État peut aider à bâtir une stratégie de développement cohérente et assurer les conditions propices à une activité économique productive.  À cette fin, un environnement économique favorable à tous les niveaux est essentiel.  La mondialisation, dit encore le document, implique une participation élargie et renforcée des pays en développement et des pays en transition à la prise de décisions économiques et à l’établissement de normes au niveau international.


Dans ce contexte, la CNUCED doit donc continuer de suivre et d’évaluer l’évolution du système commercial international et ses tendances dans une optique de développement.  Elle doit accroître l’efficacité de ses contributions au cadre intégré renforcé et contribuer à la bonne exécution de l’initiative d’aide au commerce.  Elle doit aussi continuer d’accorder une attention particulière aux besoins spéciaux de l’Afrique, des pays les moins avancés (PMA), des petits États insulaires en développement (PIED) et des petits pays structurellement et économiquement vulnérables.


Elle doit continuer à appuyer les efforts de développement des pays à revenu intermédiaire et des économies en transition, et mettre en œuvre les résultats pertinents des grandes conférences et sommets sur le développement.


Déclarations de clôture


On ne peut pas parvenir à la paix par la guerre, mais seulement par l’intermédiaire d’un accord », a déclaré M. SUPACHAI PANITCHPAKDI, Secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), citant un proverbe arabe.


La route de Doha a été longue et parfois difficile, et la réalisation de l’objectif que nous nous étions fixés a démontré qu’il existait de nombreux points de désaccord, a constaté le Secrétaire général de la CNUCED.  Le résultat que nous avons obtenu renforce la CNUCED.  Après presque 50 ans d’existence, et les transformations immenses qui se sont manifestées dans le système financier international, il était utile, même si cela a été parfois douloureux, de repenser de manière approfondie le mandat de la CNUCED ainsi que son rôle de leadership, sa pertinence et son programme de travail, a déclaré M. Supachai.


Le résultat obtenu réaffirme de manière fondamentale et sans ambigüité l’ample mandat dont est dotée la CNUCED en tant que point focal du système de l’ONU pour le traitement intégré des questions liées au commerce et au développement, ainsi que son statut très spécial de lieu privilégié où se retrouvent tous ses États membres pour débattre et parfois échanger des vues concurrentes au sujet des questions du commerce et du développement, domaines qui sont en évolution constante.  L’importance du rôle et du statut très particuliers de la CNUCED ne sont plus à démontrer.  Le travail qui a commencé à Doha est un travail difficile qui doit démontrer que la CNUCED est capable de s’acquitter de son mandat ambitieux  pendant les 50 prochaines années, a reconnu M. Supachai.


Renforcer la voix de la CNUCED est une tâche essentielle si on veut faire du multilatéralisme un véhicule plus puissant qui permette de trouver des réponses aux défis du commerce et du développement, a-t-il souligné.  Évoquant les défis posés par l’insécurité alimentaire et par le fossé énergétique qui ne cessent de croitre entre les pays riches et les pays pauvres, ainsi que les risques posés par la « menace existentielle » d’un monde qui se réchauffe, M. Panitchpakdi a signalé que le multilatéralisme serait sans doute mis à l’épreuve au cours des mois à venir à l’approche de la Conférence Rio+20.  Il a également évoqué le besoin d’affirmer la conclusion positive du Cycle de négociations commerciales de Doha et la création d’un nouveau consensus sur la coopération pour le développement au-delà de 2015, année-butoir pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Il nous faut un nouveau consensus mondial sur les valeurs et les principes clefs qui permettront la promotion d’une activité économique durable et inclusive, a souligné le patron de la CNUCED.


Le Secrétaire général de la CNUCED a ensuite passé en revue certains des moments forts de cette treizième édition de la CNUCED.  Il a notamment évoqué la nécessité de repenser la macroéconomie dans un monde sortant d’une crise profonde, et s’est ensuite félicité de l’attention qui a été accordée aux problèmes posés par la dérèglementation financière et par la nécessité d’assurer, malgré tout, la croissance dans un contexte de dette (debt-driven growth).  Il a également parlé de la création d’économies vertes ainsi que de la nécessité d’éviter toute forme de « protectionnisme vert » dans le cadre du commerce mondial.


M. Panitchpakdi a par ailleurs rappelé l’interdépendance entre politique économique, développement et promotion de l’égalité entre les sexes.  Il a également constaté que la situation difficile dans laquelle se trouvent les pays les moins avancés (PMA) demeurait un problème persistant.  Il a, à cet égard, assuré que la CNUCED était déterminée à veiller à la mise en œuvre du Plan d’action d’Istanbul, ainsi qu’à assurer le renforcement des partenariats dans le domaine de l’assistance technique.


Le représentant du Panama, qui a pris la parole au nom de tous les États membres de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, a exprimé ses remerciements au peuple et au Gouvernement du Qatar, pour leur généreuse hospitalité en tant que pays hôte de la CNUCED XIII.  Il a présenté le document comme étant une expression de cette gratitude, avant de relayer également au Gouvernement et au peuple du Qatar les remerciements des États du Groupe des pays d’Amérique latine et des Caraïbes.


La représentante de l’Algérie, suivie par d’autres délégations, a également exprimé la gratitude de sa délégation au Qatar et s’est réjouie de l’heureux aboutissement qu’ont connu les travaux de la CNUCED XIII.  Le représentant du Zimbabwe, s’exprimant au nom du Groupe des États d’Afrique, a apprécié qu’un dialogue véritable ait pu se tenir sur les obstacles qui se posent actuellement dans les domaines du commerce et du développement.  Il faut se féliciter du résultat positif auquel nous sommes parvenus « malgré les difficultés rencontrées au cours des négociations », a ajouté le représentant de l’Indonésie, qui parlait au nom des États membres du Groupe des 77 et de la Chine.  Il a émis l’espoir que « l’esprit de Doha » soufflerait sur d’autres conférences.


Le représentant de l’Iran, qui a pris la parole au nom du Groupe des États d’Asie, a aussi espéré que l’appel à renforcer l’intégrité de la CNUCED serait entendu par tous les négociateurs.


Pour le représentant de la Chine, la nouvelle CNUCED donnera un nouvel élan aux fonctions de cette instance, qui devra continuer à servir de « centre de réflexion » pour l’apport de réponses aux questions qui se posent aux pays en développement dans les domaines du commerce, de l’investissement et de l’économie.


Au nom des pays les moins avancés (PMA), dont son pays assure la présidence, le représentant du Népal a souligné le rôle important des Nations Unies dans le développement des PMA, une catégorie d’économies créée grâce à la CNUCED.  Un an après l’adoption du Programme d’action d’Istanbul, qui a eu lieu lors de la dernière Conférence des Nations Unies sur les PMA, il a souhaité que les clauses du document de Doha soient mises en œuvre au cours des années à venir.  Le représentant a aussi tenu à saluer le rôle des partenaires des PMA qui jouent un rôle très constructif dans leur développement.


Se disant « très satisfait » du résultat obtenu à l’issue des travaux de la CNUCED XIII, le représentant de l’Union européenne a estimé que le document final était tourné vers l’avenir.  Reconnaissant lui aussi les difficultés qui se sont posées durant les négociations, il a noté l’engagement pris par les États membres de la CNUCED envers la poursuite du travail à accomplir sur la base du « mandat de Doha ».


Le représentant de la Suisse, s’exprimant au nom du Groupe JussCannz, a quant à lui tiré trois leçons des travaux de la CNUCED XIII.  Il a ainsi constaté que le consensus est possible, tout en annonçant qu’il reste cependant encore une tâche énorme à accomplir.  Par ailleurs, a-t-il félicité les représentants du Qatar « vous avez fait de votre pays une perle », rappelant ainsi que le Qatar vivait autrefois du commerce de la perle.


Le représentant du Qatar a indiqué qu’outre les gouvernements, cette Conférence s’adressait également au secteur privé et à la société civile.  Il a déclaré que la tenue de cette treizième session de la CNUCED avait été la « preuve éclatante » du rôle qu’elle joue en tant que forum où peuvent être débattues diverses politiques commerciales, économiques, sociales ou financières diverses dans l’intérêt de l’ensemble de ses États membres.


« Nous sommes arrivés à destination », a lancé de son côté M. HAMAD BIN ABDULAZIZ BIN ALI AL-KUWARI, Président de la CNUCED XIII et Ministre de la culture, des arts et de l’héritage du Qatar, « et comme tous les voyages importants, ce fut un voyage long et difficile ».  M. Al-Kuwari a dit espérer que cette treizième édition de la CNUCED permettrait d’assurer le renforcement du rôle de cette organisation afin qu’elle soutienne encore mieux l’avènement d’un développement durable pour tous.  Les fruits de vos labeurs reflètent les aspirations de l’humanité en faveur d’un avenir plus radieux et réaffirment que nous nous sommes engagés sur la bonne voie, s’est-il félicité.  Il a plaidé pour l’avènement d’un « développement basé sur l’inclusion » qui soit véritablement durable pour tous.  Le consensus manifesté à Doha doit maintenant être assorti d’engagements concrets, et la CNUCED, dotée du mandat de Doha, doit devenir un signe de changement et d’espoir pour les plus pauvres.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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