Une session spéciale de la CNUCED XIII souligne que le développement durable doit concerner tous les secteurs et a besoin d’une bonne assise démocratique

23 avril 2012
TAD/2051

Une session spéciale de la CNUCED XIII souligne que le développement durable doit concerner tous les secteurs et a besoin d’une bonne assise démocratique

23/04/2012
Conseil économique et social
TAD/2051
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UNE SESSION SPÉCIALE DE LA CNUCED XIII SOULIGNE QUE LE DÉVELOPPEMENT DURABLE

DOIT CONCERNER TOUS LES SECTEURS ET A BESOIN D’UNE BONNE ASSISE DÉMOCRATIQUE

« Les solutions aux problèmes économiques et financiers mondiaux doivent venir

d’une analyse rigoureuse, indépendante et non dogmatique », recommande le Secrétaire général de la CNUCED

(Publié tel que reçu)

DOHA, QATAR, 22 avril -- Ouverte par le Président de la treizième session de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED XIII), M. Hamad Bin Abdulaziz Al-Kuwari, Ministre de la culture, des arts et du patrimoine du Qatar, une session spéciale de discussions a eu lieu ce matin au deuxième jour des travaux de la CNUCED XIII, donnant l’occasion à son Secrétaire général, au Président de l’Assemblée générale des Nations Unies et au Président de l’Union interparlementaire de souligner l’importance du rôle des institutions démocratiques dans les efforts menés en vue de promouvoir le développement durable et une croissance bénéficiant à tous.

M. NASSIR ABDULAZIZ AL-NASSER, qui assure actuellement la présidence de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, et dont le pays, le Qatar, accueille la CNUCED XIII, a indiqué que l’instauration du développement durable et de la prospérité est au centre des travaux de la session actuelle de l’Assemblée générale.  L’Assemblée va organiser au mois de mai prochain un débat de haut niveau sur l’état de l’économie mondiale et tiendra une discussion sur le thème « La route menant à Rio », en prévision de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable qui aura lieu à Rio de Janeiro, au Brésil, au mois de juin.

Faisant l’historique de la CNUCED, créée en 1964, M. Al-Nasser a expliqué qu’elle avait été conçue pour combler une lacune du cadre institutionnel mis en place pour gérer les questions économiques mondiales.  La vocation particulière de la CNUCED a été, dès le départ de prendre en compte les défis qui se posent aux pays en développement et de contribuer à la recherche de solutions, a-t-il expliqué.

M. Al-Nasser a estimé que les controverses sur les changements mondiaux en matière économique devraient être examinées sous l’angle du développement.  « Il vous appartient de maîtriser ces divergences et de ne pas faire tarir la source productrice de cette institution », a-t-il lancé.  Il a invité les participants à cette session à donner de bonnes orientations à la CNUCED, en réfléchissant de manière réaliste aux problèmes qui se posent aujourd’hui à l’institution, de façon à gérer de manière efficace les ressources allouées à la CNUCED.

De son côté, M. SUPACHAI PANITCHPAKDI, Secrétaire général de la CNUCED, a souligné la nécessité pour les États Membres et autres acteurs économiques mondiaux de mener une analyse rigoureuse, indépendante et débarrassée de tout dogme des problèmes économiques et financiers qui se posent à toute la planète.  Il a rappelé qu’après la crise asiatique de 1997-1998, il avait fallu presque 10 ans aux pays qui en avaient été victimes pour qu’ils retrouvent leur niveau de croissance antérieur, ceci en raison non pas de la « maladie » elle-même mais du « traitement » qui avait été préconisé par les institutions de Bretton Woods aux États affectés.  Il a estimé que les recommandations faites alors par le Fonds monétaire national (FMI) avaient été basées sur des erreurs de diagnostique, et a donné pour exemple les recommandations qui avaient été faites en faveur d’une dévaluation en Asie, alors que les pays de la région n’étaient pas affectés par l’inflation.  La CNUCED, quant à elle, fait de son mieux lorsqu’elle se livre à une analyse, a assuré M. Panitchpakdi.

« Pourquoi devons-nous mener une analyse intégrée, qui tienne compte des questions connexes? » s’est-il interrogé. Pour répondre à cette question, il a notamment expliqué que les distorsions constatées dans les taux de change ont à leur tour causé des distorsions dans le commerce, et que ces deux faits devenaient une « question intégrée ».  Une croissance inclusive passe par le développement de tous les secteurs, a-t-il précisé, citant le cas des États-Unis qui en ce moment déploient des politiques visant une relance de leur développement industriel.

En ce qui concerne les facteurs de production, M. Panitchpakdi a invité les acteurs économiques et financiers à aligner le niveau et la qualité des capitaux sur les programmes de développement des pays, afin de leur permettre de disposer ainsi d’investissements de qualité.  Il faut aussi investir dans l’agriculture et dans le transfert de technologie, a-t-il conseillé.  Enfin, le Secrétaire général de la CNUCED a observé qu’il ne sert à rien d’éduquer les jeunes si on ne met pas simultanément en place des opportunités d’emplois et des débouchés professionnels en leur faveur.

Le Président de l’Union interparlementaire (UIP), M. ABDELWAHAD RADI, ancien Président de la Chambre des représentants du Maroc, a assuré que l’UIP soutient les travaux que mène la CNUCED dans sa recherche d’une mondialisation centrée sur le développement, avant de souligner qu’il y a une interdépendance entre le développement et la démocratie.

Récemment à Kampala, en Ouganda, les membres de l’UIP ont tiré les leçons du « printemps arabe », non seulement sur le plan des droits de l’homme et de la démocratie, mais aussi sur le plan économique et social, a indiqué M. Radi.  Les préoccupations du peuple devraient toujours être au centre des décisions politiques, a-t-il dit, lançant cet appel aux membres de la CNUCED.  Nous croyons aussi que dans chaque pays, l’existence d’un parlement librement et régulièrement élu, doté de toutes ses fonctions et prérogatives législatives, budgétaires et de contrôle, est un élément nécessaire au développement.  Mais, même des démocraties établies de longue date peuvent souffrir d’un déficit démocratique, a-t-il averti, en prenant pour exemple la crise dans laquelle est plongée la zone euro.

Transparence et responsabilité font parfois défaut, a-t-il aussi regretté, soulignant que les institutions de crédit ne consultent pas les gouvernements au sujet des stratégies de développement.  En outre, les politiques de développement ne sont pas toujours soumises au Parlement, a-t-il aussi signalé.  M. Radi a souhaité que la CNUCED se prononce en faveur de la consultation des parlements dans la définition des politiques budgétaires et de développement de chaque pays.

Si l’aide publique au développement (APD) n’est pas la source de financement du développement la plus importante, elle reste cependant capitale pour la promotion du développement dans certains pays, notamment les plus faibles et vulnérables, et ceci est encore plus vrai après la crise financière mondiale, a souligné M. Radi.  L’UIP estime que le volume de l’APD ne doit donc en aucun cas baisser, a-t-il indiqué.

S’exprimant aussi sur la politique menée par les institutions de Bretton Woods, auxquelles il a été souvent reproché de ne pas être assez démocratiques et de manquer d’inclusion, il s’est réjoui qu’une nouvelle tendance, inverse, semble émerger.  Enfin, le Président de l’Union interparlementaire s’est félicité de l’existence de la Conférence parlementaire de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), « qui a contribué à dépouiller cette organisation de ce qui la rendait opaque au monde extérieur et a permis de mieux faire comprendre les négociations commerciales du Cycle de Doha ».

La représentante de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) est intervenue et a ensuite tenu à faire part de la préoccupation de tous les gouvernements face aux prévisions de croissance économique mondiale, qui sont à la baisse.  Elle a jugé encore plus préoccupant que les conséquences de cette « sclérose mondiale » se fassent sentir le plus dans les pays qui en sont les moins responsables.  Elle a attiré l’attention sur le fait que les échanges commerciaux représentent la partie centrale de la stratégie de croissance, même s’ils ne peuvent pas toujours, à eux seuls, être efficaces ou couronnés de succès.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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